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Étude théorique de la diffusion des solides

Jean Cichocki

To cite this version:

(2)

ÉTUDE

THÉORIQUE

DE LA DIFFUSION DES SOLIDES

Par JEAN CICHOCKI.

Institut de

Physique Théorique

de l’Université de Poznan.

Sommaire. 2014 Nous avons étudié théoriquement la diffusion mutuelle des métaux. Dans le cas de la diffusion de deux métaux en contact nous admettons que le plan de séparation disparait et qu’il se forme à sa place une couche d’alliage des deux métaux. La diffusion se passe comme si les fronts de cette couche d’alliage avançaient dans chacun des deux métaux avec des vitesses proportionnelles à des constantes de diffusion d’un métal dans l’autre Le rapport de ces deux constantes de diffusion de Au en Pb et de Pb en

Au est de l’ordre de 1026 à la température T = 285° C.

Appliquant les lois du calcul des probabilités nous avons obtenu une équation (7). qui permet de calculer les valeurs numériques de la constante de diffusion mutuelle des deux métaux ou de l’autodiffusion Nous

avons exprimé à partir des constantes atomiques des métaux considérés les deux constantes A et b (9) et

(10) de l’équation sémi-empirique (8).

Les valeurs de la constante de diffusion D calculées à l’aide de l’équation (7) et les valeurs observées sont données dans les tableaux (II, III et IV).

Appliquant les mêmes raisonnements nous avons obtenu une formule (22) donnant la concentration

ou le degré des défauts du réseau.

1. - Considérons

un

métal,

cristallisé en un réseau

solide. Les atomes vibrent autour de leurs

positions

d’équilibre,

nous supposons dans nos raisonnements que leur

fréquence

d’oscillation v est

égale

à la

fréquence

caractéristique

du métal On

peut

évaluer cette fré-quence par diverses

méthodes,

nous

appliquons

la formule de Lindemann

C)

où C est une

constante,

sa valeur est

(1) pour

un réseau

cubique

à faces centrées :

et pour un réseau cube centré :

Ts

est la

température

de fusion du métal en

degrés

absolus,

llI sa masse

atomique

et V le volume d’un

atome-gramme

au

point

de fusion.

Nous nous proposons de calculer la

probabilité

P de

sortie d’un atome

métallique

de sa

place

normale dans

le réseau cristallin à la

température

7’. Sur

chaque

atome du réseau

agissent

des forces de liaison dues à l’interaction avec des atomes voisins.

L’énergie

de

liai-son des atomes dans le réseau sera de même ordre de

grandeur

que

l’énergie thermique

des atomes au

point

de

fusion,

parce

qu’à

cette

température

l’énergie

des atomes oscillants est suffisante pour rompre les liens de liaison.

Considérons un

mé tal,

cristallisé en un réseau

cubique

a, faces

centrées. Soit T sa

température

et d la

cons-tante du réseau.

Chaque

atome a douze voisins

(fig.)

et dans le volume d3 d’un cube élémentaire il y a en

moyenne

quatre

atomes.

Chaque

atome,

par

hypo-thèse,

possède

la

fréquence

d’oscillation v.

Fig.i.

Si l’atome 0 passe de sa

place

normale de son

plan

initial EFGH à la

position

0’ dans le

plan

ABCD,

les

possibilités

de son évolution ultérieure

peuvent

être :

a)

0 reviendra de 0’ à sa

place

primaire

0.

b)

0 passera de 0’ à la

place

d’un des

quatre

atomes ABCD et l’atome substitué occupera la

place

vacante

0,

dans ce cas, il

n’y

a

qu’un changement

de

position

entre l’atome 0 et un des atomes du

plan

ABCD.

c) 0

restera en 0’ et sa

place

normale 0 va être

occupée

(3)

421

par un des atomes

voisins ;

la nouvelle

place

vacante est à son tour

remplie

par un atome voisin et il nait ainsi dans le réseau une

place

vacante

vagabonde,

un

« trou »

vagabond

et un atome « interstice » 0’.

En suivant l’évolution ultérieure du « trou » et de

l’atome « interstice » on doit

conclure,

qu’après

un

certain nombre de transitions le « trou » rencontre un

atome

intersticiel,

ils

disparaissent (annihilation

de la

paire

« trou »

+

«

interstice »);

il y a ainsi une série

de

changements

de

place

(réactions

de chaîne = Ketlen-reaktion

(2)).

A une

température

donnée la concentra-tion des

paires

est

définie,

on

peut

la calculer en écri-vant les conditions

d’équilibre,

c’est à-dire que le nombre des

paires

naissantes est

égal

au nombre des

paires disparaissant pendant

le même intervalle de

tcmps.

On

peut

ainsi définir le

degré

des défauts du réseau

(§ 4)

en fonction de la

température.

Les différentes

possibilités

d’évolution de 0 venu en

0’ auront des

probabilités

de réalisation

différentes,

elles

dépendent

du bilan

énergétique

du

cycle

consi-déré et en

premier

lieu de la

probabilité

P de

réalisa-tion de la transition de l’atome 0 en

0’,

que nous

allons calculer.

2. Calcul de la

probabilité

de transition l’. -La transition de l’atome 0 en 0’ aura

lieu,

si les condi-tions suivantes sont

remplies :

a)

Si le volume

disponible

autour de 0’ est assez

grand

ou si les forces de liaison entre les atomes

voi-sins de 0’ sont assez faibles pour que l’atome 0

puisse

y

pénétrer.

b)

Si l’atome 0 est dans un état

énergétique

suffisam-ment élevé pour rompre les liens de liaison avec les

atomes de son

plan

de sortie EFGH.

Soient ~a et pb les

probabilités

correspondantes.

La

probabilité

cherchée P

pendant

le

temps

d’une

période

d’oscillation

1/ tJ

sera alors

Calcul de pa. - Le volume autour de 0’ sera

suffisam-ment

grand

pour que l’atome 0

puisse

y

penétrer

si les atomes voisins ABCDO" ont simultanément des

phases

d’oscillation en

s’éloignant

de 0’ et si leurs

énergies,

par

conséquent

aussi leurs

amplitudes d’oscillation,

sont

égales

ou

dépassent

une valeur définie E. La valeur de E

dépend

de

l’énergie

de liaison des atomes dans le réseau et de l’état

physique

de l’atome 0

ap-prochant

0’ - il

peut

s’approcher

vers 0’ étant ionisé

ayant

ainsi un volume v’ différent de son volume

nor-mal v. Considérons un des 5 atomes, par

exemple

l’atome A, Il doit

s’éloigner

de 0’ et sa

phase

d’oscilla-tion doit être favorable. La

probabilité correspondante

est

parce que 1 : 4 de sa

période

d’oscillation et 4 sur 6 de ses

possibilités

d’oscillation en direction sont

favo-rables. ~

La

probabilité

pour que les 5 atomes ABCDO"

rem-plissent

simultanément les mêmes conditions est alors

En

outre,

l’énergie

de chacun des 5 atomes ABCDO"

doit être

égale

ou

dépasser

une certaine valeur. Pour

l’évaluer,

nous supposons que les atomes du réseau

peuvent changer

au

point

de fusion leurs

positions

normales en conservant leurs volumes

atomiques

v. Au

point

cle fusion

chaque

atome oscillant vient en contact serré

avec ses voisins

et la structurecristalline

s’effondre,

on

peut

donc

conclure,

que

l’énergie

des atomes oscil-lants doit t être

égale

ou

dépasser

la valeur

afin que le volume

disponible

autour de 0’ soit suffisam-ment

grand

pour que l’atome 0 en conservant son

volume

atomique v

(au point

de

fusion) puisse

y

péné-trer.

D’autre

part,

il

peut

arriver que le volume de l’atome 0

approchant

0’ est v’

~ v.

Si par

exemple

l’atome 0

pendant

la transition 0 -. 0’ est

ionisé,

alors en

géné-ral v’ v et par

conséquent

nous pouvons

conclure,

que

l’énergie

des atomes entourant 0’

peut

être

égale

à F’ E. Nous pouvons admettre

que L’

et E’ sont

proportionnelles

à v et

v’,

d’où

et par

conséquent

La

probabilité

pour que les 5 atomes ABCDO"

pos-sèdent simultanément des

énergies égales ou supérieures

à E’ est alors Pa2’

La

probabilité

totale pa X pa2 est donc

ul r ... m

Calcul

de pb .

-

Nous avons pb =

pb1 X OÙ pbi est la

probabilité

pour que l’atome 0

possède

la

phase

et la direction d’oscillation favorable de

péné-trer en 0’

quand

les conditions

précédeutes (3 e)

y sont

remplies :

est la

probabilité

pourque l’atome

0 possède

l’éner-égale

ou

supérieure

de

l’énergie

de liaison de l’atome 0 avec ses

quatre

atomes voisins EFGH de son

plan

de sortie. Nous ne pouvons

qu’évaluer approxi

mativement cette

énergie

E.

Au moment de sortie du

plan EFHG,

l’atome 0 est lié avec ses

quatre

atomes voisins. Il y a donc en total

quatre

liens de liaison entre l’atome 0 et entre ses

(4)

suppo-422

sons avec M. VV.

Hume-Rothery (:1)

que les liens de liaison des atomes

métalliquee

dans le réseau cristallin sont constitués par

accouplage

des électrons de valence. Nous faisons

l’hypothèse qu’au

moment de sortie de l’atome de son

plan

normal naissent des nouveaux

liens de

rappel

constitués par des électrons des couches

plus

profondes

des atomes. Les

quatre

électrons

cor-respondants

aux

quatre

liens de liaison de l’atome 0

pendant

la transition 00’ se divisent alors en groupes;

les électrons

appartenant

à la couche extérieure

(de

valence)

seront les

plus actifs,

les électrons

apparte-nant aux couches

plus profondes

sont de moins en

moins actifs. On

peut

ainsi

parler

d’un

degré

d’acti-vité x des électrons. Le

degré

d’activité a

dépendra

aussi de la stabilité des couches

électroniques

de l’ion 0

qui

se forme

pendant

la transition 00’. l’our les électrons de

valence,

les

plus

actifs,

nous posons

ai =

1,

pour les électrons de la couche

sous-jacente,

la

deuxième,

nous supposons valable la loi

quadra-’12

i

tique,

a2 - J

4’

etc.

tique,

a2 ==

2 4

4’

etc.

Pour calculer e, on doit évaluer

l’énergie

de liaison

correspondante

aux électrons les

plus

actifs,

pour

les-quels

(X ==11.1 _-_ 1. Dans ce

but,

nous supposons que

l’énergie E - 3 k Ts

des atomes

métalliques

du réseau

au

point

de fusion est suffisante pour rompre un des

liens les

plus

actifs avec ses voisins

(la

structure cristalline en

conséquence

s’effondre).

Nous obtenons alors pour E

en

posant L tJ.i ni

=

X, où

les ai

sont les

degrés

d’activité et les ni les nombres des électrons de la

couche i,

pour la couche de valence

i i 9,

pour la suivante

sous-jacente

i - 2,

etc. L’atome 0 étant lié

pendant

la

sor-tie de son

plan

avec

quatre

atomes, nous avons

E ni=

4.

La

probabilité

cherchée Pb2 est alors :

et la

probabilité

1 Ir

et enfin la

probabilité

totale f’ de la transition de l’atome 0 de sa

place

normale 0 à la

place

0’ pendant

t le

temps

d’une

période

d’oscillation est

égale

au

pro-duit de deux

probabilités

pa et Pb, nous obtenons

, --, ,, - t"B rp

3. Diffusion mutuelle des métaux. - Pour

appliquer

la formule

(5)

à la diffusion des métaux et pour comparer les valeurs

théoriques

avec les données

expérimentales,

nous faisons les raisonnements sui-vants : soient deux

métaux,

mi et en contact. Si

nous considérons le

plan

de leur contact, nous

pou-vons admettre

qu’il

disparaît

et

qu’il s’y

forme,

grâce

à la diffusion

mutuelle,

une

phase intermédiaire,

une

couche

d’alliage

de et na2

d’épaisseur

croissant. La diffusion des atomes m1 dans j/i2 se passe comme si le front de cette couche

d’alliage

avançait

vers ni2. La vitesse d’avancement de ce front t dans et de même le coefficient de diffusion D des atomes 11t1 dans rrc2

dé-pend

de la concentration ci et du

gradient

dans la dn

direction n vers m2 des atomes na, dans le front de

cette couche

d’alliage.

Calculons le coefficient de diffusion D de 11/’1 en m2,

c’est-à-dire la masse en grammes de nii

qui

traverse l’unité de surface du front mobile de la couche

d’al-liage

dans la direction n - 00’0"

(fig.)

vers m2 dans l’unité de

temps

t.

Nous avons

iV,

est le nombre d’atomes dans l’unité de surface

N est le nombre

d’Avogadro

et

V2

est le volume d’un

atome-gramme

du

métal îît2

à son

point

de fusion

(TS),.

Nous écrivons ensuite les valeurs

qui

se

rapportent

au

mélal sans l’indice 2. Nous avons au-dessus

exprimé IV,

à l’aide de N et Y en tenant

compte

de la relation

P est défini par

(5)

et nous supposons que l’atome 11’1, venu de 0 en 0’

(fig.)

reste dans le

plan ABCD.

v est défini par

(1)

ni, =

VI, :

1V est le

poids

d’un atome du métal

J11

est le

poids

d’un

atome-gramme.

Substituant dans

l’équation (6)

les valeurs

corres-pondantes,

nous obtenons .

En

changeant

l’indice 1 en

2,

on obtient le coefficient de la constante de diffusion de lU2 en mi , les valeurs

sans indices se

rapportent

alors au métal mi ; en omet-tant

l’indice,

on obtient le coefficient de l’auto diffusion du métal considéré.

Les résultats

expérimentauxde

la diffusion des deux métaux sont

représentés

par la formule

(5)

-423

Par

comparaison

des

équations (7)

et

(8)

nous

obte-nons

1-Pour

appliquer

lcs formules

précédentes,

on doit connaître les valeurs

III,

V, TS, v,

v’ et ’X. Nous avons

rassemblé des valeurs

correspondantes

pour des mé-taux différents dans le tableau I. Pour évaluer la valeur de

v’,

nous supposons que l’atome 0

pendant

la transi-tion 00’

(fig.)

possède

une couche

complète

de 8 ou

18

électrons,

sauf dans le cas des métaux Au,

Hg,

Tl, Pb, Bi,

où la couche extérieure est

constituée

par les deux « s n électrons de l’atome

Hg; d’après

M. C. D. Niven

(,),

la couche de deux électrons « s »

dans la couche de ces éléments

possède

une stabilité

extraordinaire. M. Niven propose de

changer

la

(8-N)

règle

de

Hume-Rothery (1)

comme suit : *. « Pendant la

cristallisation,

chaque

atome

possède

(6

-

.N)

voisins,

.V est le nombre des « p » électrons dans la couche extérieure des électrons de l’atome. »

Pour les mêmes raisons nous calculons x pour ces

métaux en tenant

compte

de la stabilité de la « s »

couche. Nous posons pour

Hg :

ai =

0,5,

a2 _-_

0,2tL

Pour le Tl et Pb

qui possèdent

des « pi »

électrons,

nous posons pour ces électrons

xi == 1

et pour les élec-trons

appartenant

à la « s » couche a2 =

0,5.

Dans le

cas de

Bi,

nous posons pour le « }J2 » électron a,

=1,

pour les

deux « pi

» électrons CX2 = -

0 ,5

et pour le « s »

électron a3 -

0,25.

Le cas de Au est

particulièrement

intéressant.

Ayant

la couche « s »

incomplète,

il tend à

capturer

un

électron,

il s’ensuit que les forces de

rappel

de son

plan

de sortie au moment de la transi-tion 00’

(fig.)

diminuent

d’unité,

et il ne reste que les liens de liaison des électrons de la couche

sous-jacente.

Ainsi

s’explique

sa

grande

vitesse de

diffu-sion,

par

exemple

dans le

plomb,

comme le montrent les

expériences.

Le volume v’ pour le Na et le

Mg,

nous avons calculé à l’aide des rayons des ions Na+

(r

= 1,52

1)

et

Mg++ (r

=

1,20 À) calculés par M.

Jen-sen

().

TABLEAU 1 donnant les valeurs

M, V,

l,,

v, v’ et y = ja, x1

+

n~ ~2

-f-

113 3 a3 pour différents rnétaux.

A l’aide de la formule

(7)

et du tableau 1 on

peut

calculer pour les métaux considérés le coefficient de diffusion D d’un métal dans un

autre,

si on fixe la

d* valeur -

20132013

X

cl. Dans le cas de l’auto-diffusion on

dn

peut

mettre c, --- 1 et

dc1

= - 1. Considérons deux

dn

métaux ml et nl2 en

contact,

dans le cas de

l’autodiffu-sion l1lf = 17l2. Soit

(fig.)

EFGH et ABCD les deux

plans

limites de in, et m2. Dans le

plan

EFGH la

concentra-tion c1 =1,

dans le

plan

ABCD,

ci=0. Par

consé-quent

nous avons dans le

plan

de contact le maximum du

gradient

de la concentration :

Si nous calculons

d’après (8)

la valeur de À nous

obte-nons dans le cas de l’autodiffusion de Pb :

La. valeur

expérimentale

obtenue à l’aide de

(7)

par

Hevesy

(2)

est

Cette valeur

est,

comme M.

Hevesy

le remarque,

envi-ron mille fois

plus grande

que les valeurs de A

obte-nues par d’autres auteurs

(’)

et pour d’autres métaux. M.

Hevesy explique

cette valeur élevée de ~1 par une

réaction de chaîne.

Pour être en accord avec les données

expérimentales,

(6)

pour différents métaux ln

i diffusant

dans le

plomb.

Le tableau II donne une

comparaison

des résultats

expé-rimentaux et

théoriques

de la, constante de diffusion des différents métaux diffusant dans le Pb à la

tempé-rature T = 280°C.

II. - Constantes de

diffusion

D des métaux

lVli

diffusant

rlaos le Pb

(M2)

à la

température

T = 285°C.

Si nous calculons par la formule

(7)

la diffusion de

Pb en

Au,

nous trouvons à la même

température

Dpb/An

= 10-27 et

bpb/An

== 40 000. Dans le tableau suivant nous donnons des valeurs de D calculées

d’après

(7)

et les valeurs observées pour la diffusion de Au et de Th-B

(Pb)

dans le

plomb

en

fonction de la

température.

TABLEAU 111. - Constantes de la

diffusion

de Au et de Th-B

(Pb)

dans le

plomb

en

(onction

de la

,

Remarque. -

1

On voit

d’après

les données du tableau

III,

que M.

Hevesy

a favorisé dans le calcul des

constantes A et b de

l’équation

(8)

les résultats

expéri-mentaux au

voisinage

du

point

de fusion. On

pourrait

rapprocher

la concordance des valeurs de D calculées

à l’aide de

(7)

aux résultats

expérimentaux

au voisi-nage du

point

de fusion si on

supposait

que la valeur

v’

v dans

l’exponent

de

(7)

ne devient pas

brusque-z

ment

égale

à zéro au

point

de fusion

(pour

le Pb la

tem-pérature

de fusion est

3270C)

mais

cIu’elle

tend vers

zéro dans un intervalle de

température plus

ou moins

étendu au-dessous du

point

de fusion.

La même remarque est à faire dans le cas de calcul du

degré

de la

perturbation 3

du réseau au

point

de

fusion du

métal,

voir

l’équation (il).

Si on considère un autre

système

des

métaux,

par

exemple

Au -

Ag,

on doit choisir une autre valeur

dci

l,

pour - -

X Ci, pour être en accord avec les

expé-dn

riences. Le tableau I’V nous donne le coefficient de la diffusion D de Au en

Ag en

fonction de la

température.

Pour calculer D dans ce cas nous avons

posé :

TABLEAU IV. - 6oïislaitte de la D observée et

calculée de Au

dillusaîtt

en

Ag

en

fonction

de la

températures.

Au

phénomène

de la diffusion mutuelle des métaux

se rattache le

phénomène

de la diffusion des atomes

métalliques

des sels dans des métaux

(1°). Lorsque

le sel est en contact avec le

métal,

il se

produit

une

réduction

partielle

du métal du sel et sa diffusion dans

le métal. Les atomes métalloïdes libérés du sel

réa-gissent

avec le métal ou forment un gaz

(1’).

Dans l’étude

expérimentale

de l’autodiffusion de Pb M.

Hevesy

(2)

définit le

degré

de

perturbation

8 du réseau

(Auflockerungsgrad)

par le

rapport

des

cons-tantes de diffusion D au-dessus et au-dessous du

point

de fusion.

Nous pouvons définir a

théoriquement

à l’aide de

l’équation (7)

(7)

425

Calculant 8 par

(11),

nous avons fait

l’hypothèse

qu’à

l’état

liquide chaque

atome

possède

l’énergie

3kTs

(au

point

de

fusion)

et alors la

probabilité exprimée

par

(3d)

est

égale

à l’unité.

Si on

appliquait

à la formule

(1~)

le raisonnement de la remarque

précédente,

on obtiendrait un meilleur accord entre la valeur calculée et observée.

4. Calcul du

degré

des défauts du réseau. -Pour calculer la concentration des « trous » et des atomes « interstices

»,la

concentration des «

paires » (11)

dans le cas d’un métal cristallin dans un réseau

cubique

à faces

centrées,

nous écrivons la condition

d’équilibre

entre le nombre des

paires

naissantes et entre le nombre des

paires

disparaissantes

à

une

température

donnée dans le même intervalle de

temps.

Dans ce but nous

rappelons

que le carré

moyen

p2

de la distance d’un « trou » par

exemple

après 13

transitions de

grandeur h depuis

son

point

de naissance est

(13) :

Si nous considérons un trou dans le

réseau,

il est

entouré de 12 atomes voisins distants

de f N/2

fi ..

2

Chacun de ces 12 voisins

peut

prendre

la

place

vacante

avec la

probabilité p égale

d’après

l’équation

(4c)

à :

pendant

le

temps

d’une

période

d’oscillation,

et

comme À est

égal

au pas d’une transition d’un « trou »

pendant

le

temps t

= nous avons :

Dans le cas

d’équilibre

nous pouvons

admettre,

que

les « trous » et de même les atomes

d’interstice,

en

nombre

égal,

sont

répartis

uniformément dans le

réseau ;

leur distance moyenne est p. Il y a alors dans

un cube de volume

égal

à

p3

un « trou » et un atome

d’interstice - une

paire

- et la concentration des

paires

est

en

exprimant

p à l’aide de

l’équation

(14)

nous avons

Le nombre des

paires disparaissant

est

proportion-nel à leur concentration c, dans le cas

d’équilibre

ce

nombre est

égal

au nombre L des

paires

naissantes. Nous avons donc la relation

où y est un coefficient de

proportionnalité.

Considérons l’intervalle de

temps t

= n X

1 /v

égal

à la vie moyenne d’une

paire ; i-i

est alors

égal

au nombre de transitions d’un « trou

» depuis

sa naissance

jusqu’à

sa

disparition.

L,

le nombre des

paires

naissant dans

le même intervalle de

temps,

est

égal

au nombre des atomes 1 : c, à l’intervalle de

temps égal

à la vie moyenne d’une

paire

et à la

probabilité

P’ de naissance d’une

paire. L’équation (17)

devient donc °

P’ est

égal

à P de

l’équation (5) multiplié

par la

proba-bilité p pour

qu’un des

8 atomes

E,F,G,H,I,K,L,M (fig.)

occupe la

place

vacante 0

pendant

la transition 00’ dans l’intervalle de

temps

égal

à

1 /v. D’après

les raison-nements

du § 2

nous avons

et alors

Substituant dans

l’équation (18)

la valeur de P’ nous

arrivons à une

équation

de

laquelle

nous obtenons n :

en substituant la valeur de n de

(21)

dans

l’équation

(16)

nous obtenons

où a = est un nouveau coefficient de

proportion-nalité. ’

(8)

M. Kléber

(1~) estime que la concentration des défauts

dans un réseau cristallin est

où k

et 1

sont des coefficients de valeur voisine de

l’unité.

Je tiens à remercier M.

Thadée Peczalski, professeur

à l’Université de

Poznan,

pour ses valeureuses discus-sions de ce travail.

Manuscrit reçu le 13 juillet 1936.

BIBLIOGRAPHIE (1) Voir A. EUCKEN. Grundriss der Physikalischen Chemie, Leipzig,

1934, p. 459-161.

(2) G. V. HEVESY, W. SEITH et A KEIL. Z. Physik, 1932, 79, 191.

(3) W. HUME-ROTHERY. The Metallic State, Oxford, 1931.

(4) C. D NIVEN Phil. Mag., 1936, 21, 291.

(5) H. JENSEN. Z. Physik, 1936, 101, 150.

(6) J. D. BERNAL. Fortschritte der

Röntgen-Kunde

II, Leipzig

1931.

(7) S. DUSHMANN et I. LANGMUIR, Phys., Rev., 1922, 20, 113;

S. A. M. LIEMPT. Z. anorg. Chemie, 1931, 195, 366; C J. SMITHELLS et C. E. RANSTEY. Proc.

Roy.

Soc. (A), 1935, 150, 172.

(8) G. V. HEVESY et W. SEITH, Metallwirtsch.,

1934, 13,

479.

(9) International Critical Tables, vol. 5, p. 77.

(10) T. PECZALSKI et J. CICHOCKI, C. R., 1929, 188, 699; J.

CI-CHOCKI,

Journal de

Physique

et le Radium, 1935, 6, 397.

(11) T. PECZALSKI, C. R., 1925, 181, 463.

(12) Voir à ce sujet SMEKAL. Handb. d. Physik, 1933, II.

(13) G. L. de HAAS-LORENTZ. Die Brownsche Bewegung, Brauns-chweig, 1913, p. 20.

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