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Academic year: 2022

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(1)

Notions de Toxicologie

Cours IFSI

(2)

Plan

Généralités & Toxicocinétique

Les intoxications

Démarche analytique en toxicologie hospitalière

Cas cliniques

(3)

Qu’est-ce qu’un toxique ?

Définition

Une substance est dite toxique lorsqu’elle provoque, après pénétration dans l’organisme, des troubles d’une ou de plusieurs fonctions vitales, pouvant aller jusqu’à leur suppression complète et amener la mort

dans l’immédiat, à court terme ou à long terme,

Quelle que soit la dose (faible ou élevée),

Quelle que soit la voie d’administration,

Quelle que soit la fréquence d’administration (unique ou répétée).

(4)

Plusieurs formes de toxicité

En fonction du site d’action

toxicité locale : HCl  OAP lésionnel, brûlure

toxicité systémique : HCN  inhibition respiration cellulaire CO  poison de l’hémoglobine

toxicité mixte : H2SO4  OAP lésionnel + inhibition respiration cellulaire

En fonction du mode d’action

Toxicité aiguë : AsH3  hémolyse fatale

Toxicité à court terme : Paraquat  fibrose pulmonaire en 8-10 jours

Toxicité à long terme : benzène  leucémie

toxicité cumulative : Cd  atteinte rénale et osseuse

(5)

Plusieurs formes de toxicité

Toxicité fonctionnelle

(psychotropes)

 Inhibition d’une fonction de l’organisme

- Symptômes et sévérité dépendent de la concentration du toxique au niveau de la cible

- Bonne corrélation concentration plasmatique / effets

- Evolution favorable en l’absence de complications

(6)

Plusieurs formes de toxicité

Toxicité

fonctionnelle

(7)

Plusieurs formes de toxicité

Toxicité fonctionnelle

(psychotropes)

 Inhibition d’une fonction de l’organisme

- Symptômes et sévérité dépendent de la concentration du toxique au niveau de la cible

- Bonne corrélation concentration plasmatique / effets

- Evolution favorable en l’absence de complications

Toxicité lésionnelle

(paracétamol)

 Lésions des organes ou de cellules cibles

- Symptômes sans rapport avec la concentration plasmatique

- Interprétation des troubles en fonction du délai d’ingestion

- Risque de séquelles

(8)

Plusieurs formes de toxicité

Toxicité

fonctionnelle

Toxicité

lésionnelle

(9)

Éléments de toxicocinétique

La Toxicocinétique

But : préciser dans le temps le devenir du toxique dans l ’organisme

L’effet d ’un toxique dépend de sa concentration … au niveau de son site d ’action !

Interdépendance des processus

absorption, diffusion, métabolisation, élimination

(10)
(11)

Toxicocinétique

Absorption / résorption

Passage du toxique depuis son site d’administration jusqu’au sang

VO

Voie pulmonaire

Voie cutanée

Voie parentérale

(12)

Toxicocinétique : Absorption

Voie pulmonaire

Inhalation de substances gazeuses ou de particules volatiles

Grande surface d ’échange (100 m2 de surface alvéolaire)

 absorption rapide , intense

Diffusion rapide (80 m2 de surface capillaire ; perfusion +++)

Absorption

gaz et vapeurs

En fonction de leur propriétés physico-chimiques

Ex : CO, chloroforme

Aérosols et particules

Pénétration dans larbre pulmonaire en fct de la taille des particules

Ex : silice, résidus de combustion

(13)

Nez et voies aériennes sup particules > 10 µm

Arbre trachéo-bronchique particules 2 - 5 µm

Alvéoles pumonaires Particules 0,5 à 3 µm

(14)

Toxicocinétique : Absorption

Voie cutanée

Peau : barrière hermétique

Pénétration des substances lipophiles

surface et lieu d application

âge de l intoxiqué, état de la peau

formulation du produit appliqué (liposolubilisation), pansement occlusif

Voie digestive

Voie perlinguale, Intestin grêle +++

Irrigation sanguine : veine porte  foie (métabolisation : 1er passage)

Cycle entéro-hépatique

Variabilité : pH, alimentation, efflux (Pgp)…

(15)

Toxicocinétique : Distribution

Distribution

Une fois dans la circulation sanguine, le toxique va se distribuer dans le sang puis diffuser vers les tissus

Fixation aux protéines plasmatiques

Tissus :

Irrigation

Tropisme particulier (cérébral: alcool, plomb, psychotropes ; os: métaux)

Stockage (graisses : dioxines, THC)

(16)

Toxicocinétique : Métabolisation

Métabolisation

Biotransformations que va subir le toxique avant d’être éliminé de l’organisme.

foie +++ , réactions enzymatiques, cytochromes P450

Transformation en métabolite inactif (le + souvent)

Améliorer leur hydrosolubilité

(17)

Toxicocinétique : Métabolisation

2 types de réactions

Réaction de dégradation, de fonctionnalisation, de phase I par CYP 450 (oxydation, réduction, hydrolyse)

Réaction de conjugaison, de phase II (O, N, S glucurono-conjugaisons)

Phase I

OH

Phase II

O-conjugué

(18)

Toxicocinétique

Élimination

Étape finale du devenir du toxique dans l’organisme

Soit au niveau rénal +++ (molécules hydrosolubles)

Variabilité : fonction rénale (personnes âgées, IR)

Soit au niveau biliaire (molécules de haut PM, non hydrosolubles)

Variabilité : cycle entéro-hépatique (morphiniques)

(19)

Les intoxications

(20)

Epidémiologie

Exposition à un toxique

(CAP, TV, 2006)

200 000 cas / an en France

> 80% sont accidentelles

1 cas / 2 : médicaments ou produits domestiques/ménagers

Intoxications CAP en 2006, Villa A et al., 2008

(21)

Epidémiologie

Exposition à un toxique

(CAP, TV, 2006)

200 000 cas / an en France

> 80% sont accidentelles

1 cas / 2 : médicaments ou produits domestiques/ménagers

1 cas / 2 : enfant de 1 à 4 ans

Intoxications CAP en 2006, Villa A et al., 2008

(22)

Epidémiologie

Exposition à un toxique

(CAP, TV, 2006)

200 000 cas / an en France

> 80% sont accidentelles

1 cas / 2 : médicaments ou produits domestiques/ménagers

1 cas / 2 : enfant de 1 à 4 ans

Cause fréquente d’admission en réanimation (14% de l’activité)

Intoxications CAP en 2006, Villa A et al., 2008

(23)

Epidémiologie

Accidentelles

Accident domestique : enfants +++

Surdosage médicamenteux : sujets âgés, IR, médicaments à marge thérapeutique étroite, interactions médicamenteuses

Volontaires = IMV

15-20% des intoxications

Adultes

Femmes (62.4%)

Conduite suicidaire +++ (> 90%)

Acte criminel (3.9%)

Toxicomanie (3.4%)

(24)

Epidémiologie

Intoxications graves

- Médicaments (80%)

- Substances récréatives (20%)

- Substances non médicamenteuses (5%)

(25)

Epidémiologie

Intoxications graves

- Médicaments (80%)

Psycholeptiques (45.8%) : antipsychotiques, anxiolytiques, hypnotiques

Antalgiques (13.4%)

Psychoanaleptiques (11.7%) : antidépresseurs

Mortalité variable selon médicaments

Psychotropes : < 1%

Antalgiques : 3%

Cardiotropes : 15-20%

(26)

Epidémiologie

Intoxications graves

- Médicaments (80%)

(27)

Prise en charge hospitalière

Une intoxication accidentelle ou volontaire est toujours une urgence

Ne pas nuire & Aller vite

La prise en charge repose sur :

SAMU

Anamnèse (recueil d’informations)

Alerte dun centre anti-poison (CAP)

(28)

Anamnèse

« Recueil des informations au lit du malade (ou par son entourage) »

Anamnèse : ETAPE ESSENTIELLE

Qui est intoxiqué ? (une ou plusieurs personnes)

Age ? (enfant ou adulte)

Nom du (ou des) produit(s) ?

Dose ingérée ?

Circonstances de découverte ?

(29)

Circonstances de découverte

Boites de médicaments vides

Ordonnances

Seringues vides

(opiacés, insuline, curares, potassium…)

Lieux de découverte

(garage, lieux de travail, nature)

Antécédents

(dépression, TS)

Profession

(médecins, infirmières & pharmaciens, chimistes, vétérinaires)

(30)

Anamnèse

« Recueil des informations au lit du malade (ou par son entourage) »

Anamnèse : ETAPE ESSENTIELLE

Qui est intoxiqué ? (une ou plusieurs personnes)

Age ? (enfant ou adulte)

Nom du (ou des) produit(s) ?

Dose ingérée ?

Circonstances de découverte ?

Symptomatologie ?

(31)

Symptomatologie

Certains patients peuvent être sévèrement intoxiqués mais sans symptômes au moment de la consultation

D’autres sont sévèrement intoxiqués avec des défaillances au moment de la consultation

 Intervalle libre entre la pénétration dans l’organisme et

l’apparition des signes cliniques et biologiques

(32)

Toxiques avec intervalle libre

Paracétamol

(24h)

Anti-vitamines K

Anti-dépresseurs tricycliques et tétracycliques

Colchicine

Ethylène glycol, méthanol

(12h)

CO

Paraquat

(pls jours)

(33)

Toxiques avec intervalle libre

En urgence, la certitude n’est pas nécessaire : la seule suspicion d’intoxication suffit au raisonnement

 Définir le risque encouru par le patient : paramètres cliniques et biologiques à surveiller, gravité

 Administration précoce d’antidote

Paracétamol  N-acétylcystéine

Anti-vitamine K  Vitamine K1 Ethylène glycol, méthanol  Fomépizole

(34)

Toxidromes

Ensemble de symptômes cliniques, biologiques et/ou ECG évocateur d’une pathologie toxique.

L’approche clinique doit être orientée sur la recherche de toxidromes

Evoquer une pathologie toxique qui devra être confirmée

Envisager l’usage d’antidotes

(35)

Toxidromes

Type de coma

Calme : Benzodiazépines, opiacés, carbamates, barbituriques…

Agité : Anti-dépresseurs, cocaïne, amphétamines, CO, alcools…

Pupilles

Mydriase : antidépresseurs, cocaïne, méthanol…

Myosis : opiacés, anticholinestérasiques…

ROT, tonus

ROT diminués, hypotonie : BZD, alcools, phénobarbital…

ROT vifs, hypertonie : Antidépresseurs, neuroleptiques, CO…

Fréquence respiratoire

Bradypnée : opiacés, barbituriques, curares, anticholinestérasiques…

(36)

Toxidromes

(37)

Traitement évacuateur gastrique

Objectif :

Évacuer le toxique de l’organisme avant d’atteindre sa cible, via le sang

Techniques :

Vomissements

Lavage gastrique

Charbon actif +++

(38)

Traitement évacuateur gastrique

Induction de vomissements

Sirop d’ipéca (buvable), apomorphine (injectable)

Plus recommandé

Lavage gastrique

Traitement lourd à mettre en œuvre et long

Ne dissuade pas de la récidive

Utilisation limitée aux composés très toxiques si PEC < 1-2 h, toxiques non adsorbés par charbon activé, toxiques à résorption digestive lente (carbamates, forme LP)

CI : produits moussants, caustiques, troubles hémodynamiques, troubles de la conscience si patient non intubé,

Ex : Antidépresseurs tricycliques, Carbamates, Colchicine…

(39)

Charbon actif (CARBOMIX)

Objectif : agglomérer le toxique sur le charbon et empêcher son absorption digestive

Efficacité clinique démontrée

Molécules adsorbables , délai d’ingestion < 1-2h

Forme LP, molécules ayant un cycle entéro-hépatique

Dose unique ou répétée :

25-50 g chez l’enfant, 25-100 g chez l’adulte

Effets indésirables

Peu fréquents car bien toléré

Vomissements si administration trop rapide

Constipation

(40)

Traitement symptomatique

Seuls traitements qui doivent être fait en urgence, avant les résultats des analyses toxicologiques

Maintien des fonctions vitales :

Cœur & vaisseaux (arrêt, arythmie, choc) ECG/TA

Poumons (Détresse respiratoire…)

Troubles métaboliques, ionogramme

Cerveau (convulsions, hyperthermie…) myosis/mydriase

Stabiliser le patient

Lanalyse biologique prime sur lanalyse toxicologique

(41)

Antidotes

Substances capables de modifier

Soit la cinétique du toxique

Soit les effets du toxique

Soit les 2

Spécifiques d’une intoxication

Identification préalable du toxique

Certaines antidotes : visée diagnostique (naloxone NARCAN,

flumazénil ANEXATE)

(42)

Antidotes

Antidotes modifiant la cinétique du toxique

Charbon activé : limite l’absorption du toxique

N-acétylcystéine FLUIMUCIL (intox au paracétamol) : favorise la métabolisation du produit toxique

Carboxypeptidase VORAXAZE (intox au méthotrexate) : favorise la métabolisation du produit toxique

Fomépizole (intox par éthanol, méthanol, éthylène glycol) : bloque la métabolisation et la formation du produit toxique

Diurèse alcaline (intox par salicylés, phénobarbital) : favorise

l’élimination rénale du produit toxique

(43)

Antidotes

Antidotes modifiant les effets du toxique

Naloxone (intox par opiacés)

Flumazénil (intox par benzodiazépines)

Corrections des effets périphériques du toxique : glucose, calcium…

Antagonisme compétitif

(44)

Sites d’action des antidotes

(45)

Démarche analytique en toxicologie humaine

Intérêts de l’analyse toxicologique Importance du prélèvement

(46)

46

Confirmer une intoxication

• Intoxication certaine

• Le(s) toxique(s) connu(s)

• Étiologie toxique évoquée

• Produits inconnus

Symptômes en accord avec toxiques ou doses

incriminés

Symptômes en

désaccord avec toxiques ou doses incriminés

ANALYSE

INDISPENSABLE ANALYSE NON

INDISPENSABLE

Collaboration indispensable avec le clinicien pour envisager

les autres hypothèses toxiques

Interrogatoire du patient, des témoins, de la famille

Examen clinique

Evolution des premières heures Examens biologiques standards

(47)

Coma chez une personne âgée

AVC

Intoxication au CO

Convulsions chez un enfant

méningite

toxique

SCREENING INDISPENSABLE

Collaboration indispensable avec le

clinicien pour envisager les autres hypothèses toxiques

Exclure une hypothèse toxique

Poser une diagnostic différentiel d ’ intoxication

(48)

Intérêt diagnostic de l ’ analyse toxicologique

Orientation qualitative : DEPISTAGE

Résultats en moins d’une heure

Recherche de familles médicamenteuses

Sang, urine

Analyse quantitative : DOSAGE

Tous les médicaments peuvent être dosés mais NECESSITE de savoir ce que l’on cherche

Hors urgences, moyens analytiques importants (coût élevé) & délai de rendu de résultats plus long (envoi vers labo spécialisé)

Sang, urine, liquide gastrique, cheveux…

(49)

Intérêt pronostic de l ’ analyse toxicologique

On dose spécifiquement la molécule

Toxiques fonctionnels

Bonne corrélation effets toxiques - concentrations

Limites : valable en intox aiguë

Exemples : théophylline, psychotropes, lithium, digitaliques

Toxiques lésionnels

Tenir compte du délai entre ingestion et prélèvement

L’analyse permet d’apprécier la gravité avant l’apparition des signes cliniques

Exemples : paracétamol, métaux lourds

(50)

Intoxication aigue au paracétamol

Diagramme de Prescott

(51)

Autres intérêts de l ’ analyse toxicologique

Intérêt thérapeutique

Le traitement immédiat ne dépend pas de l’analyse toxicologique

Guide pour la thérapeutique ultérieure (antidotes)

Contrôle avant la mise en œuvre de traitements lourds, hasardeux et coûteux (greffes)

Intérêt médico-légal

Détermination des causes de décès

Qualification pénale des peines

Intérêt scientifique

Essais cliniques et études épidémiologiques

(52)

Prélèvement biologique

Pré-analytique

(prélèvement)

Analytique

(dosage)

Post-analytique

(interprétation)

(53)

Prélèvement biologique

Pré-analytique

(prélèvement)

Analytique

(dosage)

Post-analytique

(interprétation)

- Patient

- Tube de prélèvement

- Heure de prélèvement / prise médicament - Conservation

- Examens prescrits

- Informations complémentaires

La conformité du prélèvement est indispensable à la

réalisation du dosage et à l’interprétation du résultat

(54)
(55)
(56)

Matrice biologique

Sang Urine

Cheveux

- Reflet de l’imprégnation du patient

- QUANTITATIF

- Fenêtre de détection étroite - Prélèvement difficile

- Concentration faible

(57)

Matrice biologique

Sang : seul milieu biologique pour lequel sont définis :

Des concentrations thérapeutiques

Des concentrations toxiques

Des concentrations létales

Ex de l’oxazépam dans le sang d’un sujet naïf en µg/L)

(58)

Matrice biologique

Sang Urine

Cheveux

- Reflet de l’imprégnation du patient

- Résultat QUANTITATIF - Fenêtre de détection étroite - Prélèvement difficile

- Concentration faible

- Facilité de prélèvement

- Longue fenêtre de détection - Métabolites

- Dépistage

- Résultat QUALITATIF (présence/absence)

- Bonne conservation - Fenêtre de détection +/- longue

- Analyse et interprétation difficiles

(59)

Matrice biologique

Sang Urine

Cheveux

(60)

Prélèvement sanguin

Tube de prélèvement

Tube sec : pas d’anticoagulant  sérum

Tube hépariné / EDTA : sang total / plasma

Tube avec gel : à éviter en Pharmacologie – Toxicologie

 interactions entre le médicament et le gel inconnues

Tube héparinate de lithium : pas pour le dosage du lithium

(61)

Prélèvement

Conservation

Stabilité de certains médicaments : dégradation  interprétation faussée

Formation de composés de dégradation  faux positifs (amines de putréfaction si prélèvement ancien, non conservé à +4°C  risque de faux positif pour dépistage amphétamines)

(62)

Prélèvement

Date et heure de prélèvement

Délai avec prise de médicament

Interprétation du résultat

Ex : paracétamolémie : interprétable > 4h après prise

(63)

Intoxication aigue au paracétamol

Diagramme de Prescott

(64)

Bibliographie

Toxicologie clinique (Chantal Bismuth,2000, 5

ème

édition, Flammarion)

Intoxications aigues (F. Baud, 2013, édition Springer)

(65)

Cas cliniques

(66)

Cas n ° 1

Un homme de 58 ans dépressif depuis plusieurs semaines est retrouvé dans le coma à son domicile et immédiatement hospitalisé

Tableau clinique

coma profond sans réaction aux stimulations nociceptives

myosis bilatéral, ROT vifs, diarrhée importante,

râles bronchiques, hyper-encombrement entraînant des difficultés respiratoires (++)

ECG : bradycardie sinusale (50 / min) sans troubles de conduction

TA : 80 / 60 mmHg

(67)

• Quel est le syndrome présenté par ce patient ? – Syndrome cholinergique

• diarrhée, bradycardie, hypotension, hypersécrétion bronchique

• myosis, coma

(68)

• L'analyse du plasma par HPLC - UV - barrette de diodes met en évidence 2 molécules : Théophylline et Dipyridamole avec une identification spectrale parfaite

• Le dosage de théophylline par AXSYM donne un résultat à 285 mg / l [théophylline Pl] : 10 à 20 mg / l => efficacité

: > 20 mg / l => risque toxique

dipyridamole : Cléridium® , Persantine®

• Signe de l’intoxication théophyllique : hyper-réflexie, convulsions, troubles du rythme ventriculaire (fibrillation), hypotension artérielle, convulsions, arrêt respiratoire, coma, mort

• L’hypothèse d’une intoxication par la théophylline vous semble-t-elle probable ? – Non ! Le patient ne présente pas de troubles cardiaques

– Les troubles bronchiques ne sont pas expliqués

– Avec une telle dose de théophylline, il devrait être mort !!!

(69)

• La famille retrouve un flacon de Phosdrin® - mévinphos, insecticide organo- phosphoré – retrouvé  oriente l’analyse

• Le mévinphos et l'hexylène glycol, solvant associé au mévinphos sont identifiés par CPG - SM

• La mesure de l’activité des cholinestérases plasmatiques montre un

effondrement caractéristique de l’intoxication par les organo-phosphorés (poison inhibiteur des cholinestérases)

• Explication sur la présence de théophylline et dipyridamole :

– le prélèvement a été réalisé sur un tube CTAD utilisé pour certains examens d ’hémostase (CTAD : Citrate, Théophylline, Adénosine,

Dipyridamole)

• Conclusion : ATTENTION au prélèvement !

(70)

Cas N ° 2

Ex : résultat aberrant de kaliémie sans explication apparente sur un temps court

Contamination EDTA-K2 ou EDTA-K3

Il faut respecter l’ordre de prélèvement

(71)
(72)

Cas N ° 3

Mlle V. 24 ans, est retrouvée inconsciente, dans le jardin familial. Les parents font appel au SAMU. A l’admission, on note un Glasgow à 8. Le coma est calme, hyporéflexique et hypotonique et des troubles à l’ECG. Les parents interrogés rapportent que leur fille dépressive est sous Tofranil

(Imipramine) et Lexomil (Bromazépam).

Le réanimateur demande une recherche de toxiques en urgence BZD &

ADTC, qui s’avère +

Le réanimateur décide au vue de l’altération des fonctions vitales de procéder à une diurèse forcée acide.

(73)

Cas N ° 3

La patiente s’enfonce de plus en plus et le réanimateur rappelle le toxicologue de garde. Le toxicologue décide alors de procéder à une recherche large (screening/criblage).

Il retrouve un pic très important de barbituriques traduisant une

intoxication massive avec ce produit. Le réanimateur arrête alors la diurèse forcée acide pour une diurèse alcaline.

La patiente sortira du coma 48h plus tard.

Patiente fille d’un vétérinaire, s’est injectée une dose de barbiturique en IV dans le jardin où elle a été retrouvée inconsciente.

BZD et ADTC n’ont pas été pris pour son IMV, étaient présents à doses thérapeutiques !

BESOIN DUNE RELATION CLINICIENS-BIOLOGISTES

(74)

Cas N ° 4

Marie, 25 ans, a fait une IMV. Elle est amenée par un ami à l’hôpital le plus proche.

Elle refuse dire ce qu’elle a pris. La patiente ne présente aucun

signe clinique patent pouvant orienter l’intoxication. L’interne

décide de la placer sous surveillance.

(75)

Cas N ° 4

24h après la prise des médicaments, elle se plaint d’avoir mal « au côté droit », délire un peu, on note également un léger

ictère conjonctival. Le bilan hépatique montre une élévation des transaminases > 300.

L’interne décide de transférer la patiente à l’hôpital de Beaujon

Quel diagnostic posez-vous ?

Intoxication aigue au paracétamol

Présence d’un intervalle libre de 24h

 retard de prise en charge

(76)

Cas N ° 4

L’hépatologue de Beaujon demande en urgence un BH, un bilan complet d’hémostase, les sérologies hépatiques et une

paracétamolémie compte tenu du contexte d’autolyse

ALAT, ASAT > 6000, TP = 20%, [para]= 75mg/l au delà de la

16

ème

heure, les sérologies sont négatives

(77)

Cas N ° 4

Diagnostic & traitement ?

Diagnostic = hépatite fulminante par paracétamol

Ttt évacuateur = inutile

Antidote = oui, mais prise en charge trop tardive, très mauvais pronostic

Transplantation hépatique +++

Marie, décédera 2 jours plus tard sans avoir pu trouver un

donneur compatible

(78)

Cas N ° 5

Enfant de 10 mois amené aux urgences pédiatriques par ses parents pour troubles de la conscience

Interrogatoire

Pas de traumatisme crânien

Vaccins à jour

Notion d’une rhinopharyngite mi-janvier

(79)

26/02/2013

17h : Retour de chez des amis, comportement habituel

18h30 : Se couche, fatigué

27/02/2013

2h : Alternance de cris et somnolence

4h : Enfant non réveillable

6h : Enfant non réveillable

7h : Urgences pédiatriques

(80)

A l’admission (27/02/2013 à 7h30)

Clinique

Somnolence, Glasgow à 11, hypotonie axiale et périphérique.

Absence de fièvre, absence de syndrome pyramidal, pupilles réactives et symétriques

EEG = ralentissement global

Imagerie

TDM + IRM cérébrale = aspect de leucodystrophie bilatérale d'allure métabolique ou toxique

Biologie

Pas de trouble ionique, pas de syndrome inflammatoire

Toxiques urinaires en cours

(81)

Transfert en réa pédiatrique (27/02/2013)

Conscience fluctuante avec absence d'ouverture des yeux (y compris à la douleur), réaction de retrait à la douleur

Hurlements non motivés alternant avec absence de réactivité

Glasgow entre 6 et 10  Intubation

EEG : Tracé anormal

Biologie : Toxiques sanguins

(82)

Biologie

Urines : 27/02/2013 à 7h30

ATC : Négatif

Barbituriques : Négatif

Benzodiazépines : Négatif

Salicylés : Négatif

Phénothiazines : Négatif

Sang : 27/02/2013 à 17h45

Paracétamol < 1 mg/l

Salicylés < 2 mg/l

ATC : Négatif

Barbituriques : Négatif

Benzodiazépines : POSITIF

(83)

Biologie

– Opiacés : Négatif – Cannabis : POSITIF – Cocaïne : Négatif

– Amphétamines : Négatif

Test de dépistage du cannabis par immuno-analyse  Risque de faux positifs en présence de certaines molécules

Dépistage urinaire des stupéfiants

Confirmation par identification urinaire + Dosage sanguin :

- THC : 3.1 ng/ml (substance active)

- 11-OH-THC : 8.5 ng/ml (métabolite actif)

- THC-COOH : 265.6 ng/ml (métabolite inactif)

(84)

Suivi

28/02/2013

Examen neurologique normal, mais reste fatigué stable sur le plan hémodynamique et respiratoire arrêt des sédations, extubation

1/03/2013

Examen clinique et neurologique normal, bonne réactivité

Signalement au procureur

Prélèvement urinaire quotidien  évaluer l'élimination urinaire

Prélèvement de cheveux  évaluer une éventuelle intoxication chronique

2/03/2013

Transfert en UMC Nourrissons jusqu’au 07/03/2013

07/03/2013

Sortie avec IRM cérébral de contrôle dans 3 mois

(85)

Suivi

Dépistage urinaire quotidien de cannabis

1/03/2013 à 13h : POSITIF

2/03/2013 à 10h : POSITIF

03/03/2013 à 13h : POSITIF

04/03/2013 à 8h : POSITIF

05/03/2013 à 10h30 : POSITIF

06/03/2013 à 8h : POSITIF

07/03/2013 à 8h : POSITIF

(86)

Suivi

Prélèvement de cheveux : (racine) 1 – 3 cm (pointe)

 Présence de cannabinoïdes – 1 à 2 mois avant le prélèvement (début décembre 2012 – début février 2013)

THC : 1.21 ng/mg de cheveux

Cannabinol : 0.38 ng/mg de cheveux

Cannabidiol : 2.16 ng/mg de cheveux

Analyse des bains de décontamination :

 Présence de cannabinoïdes : exposition passive (exposition à la fumée et/ou contamination par transfert manuporté)

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