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Academic year: 2022

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(1)

Notions de Toxicologie

Cours IFSI

(2)

Qu’est-ce qu’un toxique ?

Définition

Une substance est dite toxique lorsqu’elle provoque, après pénétration dans l’organisme, des troubles d’une ou de plusieurs fonctions vitales, pouvant aller jusqu’à leur suppression complète et amener la mort

de façon passagère ou durable,

dans l’immédiat, à court terme ou à long terme,

quelque soit la voie,

à dose relativement élevée, administrée en une fois ou plusieurs fois très rapprochées,

ou par petites doses longtemps répétées.

(3)

Qu’est-ce qu’un toxique ?

Points forts

substance provoquant des effets délétères sur l’organisme

à plus ou moins long terme

Quelle que soit la dose

Quelle que soit la voie d ’administration

« Seule la dose juste permet de distinguer un médicament dun poison »

Paracelse

(4)

Plusieurs formes de toxicité

En fonction du site d

action

toxicité locale : HCl  OAP lésionnel, brûlure

toxicité systémique : HCN  inhib°respiration cellulaire CO  poison de l’hémoglobine

toxicité mixte : H2SO4  OAP lésionnel + inhibe respiration cellulaire

En fonction du mode d

action

Action rapide, toxicité aiguë : AsH3  hémolyse fatale

toxicité à court terme : Paraquat  fibrose pulmonaire en 8-10 jours

toxicité à long terme : benzène  leucémie

toxicité cumulative : Cd  atteinte rénale et osseuse

(5)

Plusieurs formes de toxicité

Toxicité fonctionnelle (psychotropes)

Inhibition temporaire d’une fonction normale de l’organisme

- Symptômes et sévérité de la concentration du toxique au niveau de la cible

- Bonne corrélation concentration plasmatique / effets

- Evolution favorable en l’absence de complications

Toxicité lésionnelle (paracétamol, paraquat, métaux lourds, colchicine)

Lésions des organes ou de cellules cibles

- Symptômes sans rapport avec la concentration plasmatique

- Interprétation des troubles en fonction du délai d’ingestion

- Risque de séquelles

(6)

Plusieurs formes de toxicité

Toxicité

fonctionnelle

Toxicité

lésionnelle

(7)

Modulation des effets toxiques

Facteurs concernant la substance toxique

La voie dadministration et la rapidité d administration

La concentration

(les acides sont plus corrosifs sous forme concentrée que diluée)

Les solubilités et lionisation (intervenant dans l étape de résorption)

La spéciation (forme spécifique dun élément selon sa composition, isotopique, état doxydation, structure moléculaire, association avec molécules organiques)

Hg métal, Hg2+, méthylmercure

Cr3+ : se fixe sur les protéines. Ne franchit pas les membranes cellulaires Cr6+ : passe les membranes. Est réduit en Cr3+ => fixation protéique

=> mutagène et cancérigène

(8)

Modulation des effets toxiques

Facteurs concernant le sujet atteint par le toxique

Espèce (faible toxicité de la Thalidomide sur le rat )

Différences génétiques au sein d’une même espèce : idiosyncrasie

Age (forte sensibilité des nnés, jeunes enfants et personnes âgées) (Pb est 5x mieux absorbé chez l enfant )

Sexe (femmes plus sensibles ?)

Poids corporel

(les toxicités sont généralement exprimées en mg / kg poids corporel)

État nutritionnel (plus forte toxicité à jeun)

Pathologies (insuf hépatique, rénale…)

Facteurs physiologiques (grossesse…)

(9)

Modulation des effets toxiques

Autres facteurs de toxicité

Intolérance

Naturelle (sensibilité d ’espèce, polymorphisme génétique)

Acquise (réactions allergiques)

Tolérance : adaptation de l ’organisme à certaines substances

 augmenter les doses pour retrouver les mêmes effets

Dépendance à l’égard des drogues ou substances psychoactives

(10)

Modulation des effets toxiques

• Interactions

La toxicité d’une substance peut être modifiée par l’exposition préalable, simultanée ou consécutive à une autre substance. Les effets peuvent

s’amplifier ou au contraire se combattre – Synergie

• Si leffet global est supérieur à la somme des effets de chaque substance prises séparément, il y a effet synergique ou potentialisation des effets

• Ex : amiante + tabagisme ; CCl4 + éthanol

(11)

Modulation des effets toxiques

• Interactions

La toxicité d’une substance peut être modifiée par l’exposition préalable, simultanée ou consécutive à une autre substance. Les effets peuvent

s’amplifier ou au contraire se combattre – Antagonisme

• Il y a antagonisme lorsque lintroduction d une substance réduit la toxicité dune autre substance.

• Lantagonisme est compétitif lorsque les 2 subst. agissent sur le même récepteur ou le même enzyme.

• Ex : irritants respiratoires (HCl, Cl2) et toxiques cellulaires (HCN, CO) dans les fumées d incendie

(12)

Éléments de toxicocinétique

La Toxicocinétique

But : préciser dans le temps le devenir du toxique dans l ’organisme

L’effet d ’un toxique dépend de sa concentration … au niveau de son site d ’action !

Interdépendance des processus

absorption, diffusion, métabolisation, élimination

(13)

Toxicocinétique

Absorption / résorption

Passage du toxique depuis son site d’administration jusqu’au sang

VO

Voie pulmonaire

Voie cutanée

Voie parentérale

(14)

Toxicocinétique : Absorption

Voie pulmonaire

Inhalation de substances gazeuses ou de particules volatiles

Grande surface d ’échange (100 m2 de surface alvéolaire)

 absorption rapide , intense

Diffusion rapide (80 m2 de surface capillaire ; perfusion +++)

Absorption

gaz et vapeurs

Ex : CO, chloroforme

En fonction de leur propriétés physico-chimiques (tension de vapeur, hydrosolubilité  absorption)

Aérosols et particules

Pénétration dans larbre pulmonaire en fct de la taille des particules

Ex : silice, résidus de combustion (Hydrocarbures Ar. Polycycliques)

(15)

Nez et voies aériennes sup particules > 10 µm

Arbre trachéo-bronchique particules 2 - 5 µm

Alvéoles pumonaires Particules 0,5 à 3 µm

(16)

Toxicocinétique : Absorption

Voie cutanée

Peau : barrière hermétique

Pénétration des substances lipophiles

surface et lieu d application

âge de l intoxiqué, état de la peau

formulation du produit appliqué (liposolubilisation), pansement occlusif

Voie digestive

Voie perlinguale, Intestin grêle +++

Irrigation sanguine : veine porte  foie (métabolisation : 1er passage)

Cycle entéro-hépatique

Variabilité : pH, alimentation, efflux (Pgp)…

(17)

Le cycle entéro-hépatique

(18)

Toxicocinétique : Distribution

Distribution

Une fois dans la circulation sanguine, le toxique va se distribuer dans le sang puis diffuser vers les tissus

Fixation aux protéines plasmatiques

Tissus : irrigation, tropisme particulier (cérébral : alcools,

plomb, psychotropes; poumons : paraquat), stockage (graisses :

DDT, dioxines, THC)

(19)

Toxicocinétique : métabolisation

Métabolisation

Biotransformations que va subir le toxique avant d’être éliminé de l’organisme.

foie +++ , réactions enzymatiques, cytochromes P450

Transformation en métabolite inactif (le + souvent)

Améliorer leur hydrosolubilité

(20)

Toxicocinétique : Métabolisation

2 types de réactions

(dans la même cellule)

Réaction de dégradation, de fonctionnalisation, de phase I (oxydation, réduction, hydrolyse)

essentiellement situées dans le réticulum endoplasmique (CYP 450)

Réaction de conjugaison, de phase II généralement réalisées dans le cytosol (O, N, S glucurono-conjugaisons)

Phase I

OH

Phase II

O-conjugué

(21)

Toxicocinétique : Métabolisation

Facteurs de variation du métabolisme

Polymorphisme génétique

mutation au sein du gène CYP 2D6

10% métaboliseurs lents chez les blancs

1% métaboliseurs lents chez les asiatiques

déficit en alcoolDH en Asie

Facteurs pathologiques

insuffisance hépatique

(22)

Toxicocinétique : Métabolisation

Facteurs de variation du métabolisme

Inhibition enzymatique

par compétition entre 2 toxiques, substrats de l ’enzyme

la  du métabolisme dépendra des concentrations relatives des 2 mdcts et de leur affinité pour l enzyme (ex : cimétidine, kétoconazole)

en détruisant l ’hème du cyt. P450 (ex: sécobarbital)

Induction enzymatique

substrat accélérant synthèse de l ’enzyme => dégradation s’accélère

alcool (CYP 2E1), tabac (CYP 1A), HAP (CYP 1A)

(23)

Éléments de toxicocinétique : Métabolisation

Conséquence de la métabolisation : bioactivation de composés toxiques

Exemple des HAP

La biotransformation des HAP par les cytochromes P450 en dérivés hydroxylés, plus hydrosolubles et se prêtant à des réactions de conjugaison passe par la formation d’une forme époxyde, instable, électrophile, susceptible de former des liaisons covalentes avec l’ADN

(24)

Toxicocinétique

Élimination

Étape finale du devenir du toxique dans l’organisme

Soit au niveau rénal +++ (molécules hydrosolubles)

Variabilité : fonction rénale (personnes âgées, IR)

Soit au niveau biliaire (molécules de haut PM, non hydrosolubles)

Variabilité : cycle entéro-hépatique (morphiniques)

(25)

Ingestion Contact cutané Inhalation Absorption

Diffusion

Métabolisation

Élimination

Peau

Tissu adipeux

Reins

Vessie Urine Foie

Bile

Sang / lymphe Tractus GI

Fèces

Cerveau Os, tissus

conjonctifs

Arbre respiratoire

Air expiré

Benzène

CCl4

CCl4 Pb

Pb HCl

HAP

DDT, dioxines goudrons

As, Thorium

(26)

Toxicologie Hospitalière

(27)

Epidémiologie

Exposition à un toxique

(CAP, TV, 2006)

200 000 cas / an en France

> 80% sont accidentelles

1 cas / 2 : médicaments ou produits domestiques

1 cas / 2 : enfant de 1 à 4 ans

Poly-intoxications

Intoxications CAP en 2006, Villa A et al., 2008

(28)

Epidémiologie

Intoxications

Accidentelles

Accident domestique : enfants +++

Surdosage : sujets âgés, IR, médicaments à marge thérapeutique étroite

Iatrogénie : effets indésirables, interactions médicamenteuses

Accident thérapeutique

(29)

Epidémiologie

Intoxications

Volontaires = IMV

18 344 cas / an (2006) : 14% de l ’ ensemble des cas d ’ intox

Adultes

Femmes (62.4%)

Conduite suicidaire +++ (> 90%)

Acte criminel (3.9%)

Toxicomanie (3.4%)

(30)

Epidémiologie

Classe de médicaments

Psycholeptiques (45.8%) :

antipsychotiques, anxiolytiques, hypnotiques

Antalgiques (13.4%)

Psychoanaleptiques (11.7%) :

antidépresseurs

(31)

Epidémiologie

Médicaments

(32)

Epidémiologie

Cause fréquente d ’ admission en réanimation (14%)

21000 séjours / an

- Médicaments (80%)

- Substance récréative (20%)

- Substances non médicamenteuses (5%)

(33)

Epidémiologie

Mortalité variable selon médicaments

Psychotropes : < 1%

Antalgiques : 3%

Cardiotropes : 15-20%

15 % toutes causes confondues

Deuxième cause de mortalité < 30 ans

Région Bourgogne particulièrement touchée

Intoxications aigues, Baud F. et al., 2013

(34)

Epidémiologie

La gravité des intoxications dépend de :

Toxicité propre du toxique

Dose ingérée

Terrain

Délai de prise en charge

Complications

(35)

Prise en charge pré-hospitalière

Une intoxication accidentelle ou volontaire est toujours une urgence

Ne pas nuire & Aller vite

La prise en charge repose sur :

SAMU

Anamnèse (recueil d’informations)

Alerte dun centre anti-poison (CAP)

(36)

Anamnèse

« Recueil des informations au lit du malade (ou par son entourage) »

Anamnèse : ETAPE ESSENTIELLE

Qui est intoxiqué ? (une ou plusieurs personnes)

Age ? (enfant ou adulte)

Nom du (ou des) produit(s) ?

Dose ingérée ?

Circonstances de découverte ?

(37)

Circonstances de découverte

Boites de médicaments vides

Ordonnances

Seringues vides

(opiacés, insuline, curares, potassium…)

Lieux de découverte

(garage, lieux de travail, nature)

Antécédents

(dépression, TS)

Profession

(médecins, infirmières & pharmaciens, chimistes, vétérinaires)

(38)

Anamnèse

« Recueil des informations au lit du malade (ou par son entourage) »

Anamnèse : ETAPE ESSENTIELLE

Qui est intoxiqué ? (une ou plusieurs personnes)

Age ? (enfant ou adulte)

Nom du (ou des) produit(s) ?

Dose ingérée ?

Circonstances de découverte ?

Symptomatologie ?

(39)

Symptomatologie

Certains patients peuvent être sévèrement intoxiqués mais sans symptômes au moment de la consultation

D’autres sont sévèrement intoxiqués avec des défaillances au moment de la consultation

Intervalle libre entre la pénétration dans

l’organisme et l’apparition des signes cliniques et

biologiques

(40)

Toxiques avec intervalle libre

Paracétamol

(24h)

Anti-vitamines K

Anti-dépresseurs tricycliques et tétracycliques

Colchicine

Ethylène glycol, méthanol

(12h)

CO

Paraquat

(pls jours)

(41)

Toxiques avec intervalle libre

En urgence, la certitude n’est pas nécessaire : la seule suspicion d’intoxication suffit au raisonnement

 Définir le risque encouru par le patient : paramètres cliniques et biologiques à surveiller, gravité

 Administration précoce d’antidote

Paracétamol  N-acétylcystéine Anti-vitamine K  Vitamine K1

Ethylène glycol, méthanol  Fomépizole

(42)

Toxidromes

Ensemble de symptômes cliniques, biologiques et/ou ECG évocateur d’une pathologie toxique.

L’approche clinique doit être orientée sur la recherche de toxidromes

Evoquer une pathologie toxique qui devra être confirmée

Envisager l’usage d’antidotes

(43)

Toxidromes

Type de coma

Calme : Benzodiazépines, opiacés, carbamates, barbituriques…

Agité : Anti-dépresseurs, cocaïne, amphétamines, CO, alcools…

Pupilles

Mydriase : antidépresseurs, cocaïne, méthanol…

Myosis : opiacés, anticholinestérasiques…

ROT, tonus

ROT diminués, hypotonie : BZD, alcools, phénobarbital…

ROT vifs, hypertonie : Antidépresseurs, neuroleptiques, CO…

Fréquence respiratoire

Bradypnée : opiacés, barbituriques, curares, anticholinestérasiques…

(44)

Toxidromes

(45)

Gestes à faire et… à ne pas faire

INGESTION

Ne jamais faire boire

Ne jamais faire vomir

Ne pas attendre

INHALATION

Sortir la victime du lieu

Aérer la pièce

Mettre la personne en PLS

CONTACT PEAU

• Retirer le vêtement

• Laver à grande eau

• Éviter de frotter la peau

CONTACT ŒIL

• Laver l’œil à grande eau pendant 15 min minimum

• Consulter un ophtalmo

• Ne pas retirer la lentille APPELER LE CAP

(46)

Traitement évacuateur gastrique

Objectif :

Évacuer le toxique de l’organisme avant d’atteindre sa cible, via la circulation systémique

Techniques utilisées :

Vomissements

Lavage gastrique ± charbon actif

Charbon actif

(47)

Traitement évacuateur gastrique

Induction de vomissements

Sirop d’ipéca (buvable), apomorphine (injectable)

Obsolète

Lavage gastrique

Traitement lourd à mettre en œuvre et long

Ne dissuade pas de la récidive

Utilisation limitée aux composés très toxiques si prise en charge <

1 h, toxiques non adsorbés par charbon activé, toxiques à résorption digestive lente (carbamates, forme LP)

CI : produits moussants, caustiques, troubles de la conscience si patient non intubé, troubles hémodynamiques

Ex : Antidépresseurs tricycliques, Paraquat, Colchicine…

(48)

Charbon actif (CARBOMIX)

Efficacité clinique démontrée

Molécules adsorbables (3500 m2/g)

Délai d’ingestion < 1-2h

Forme LP

Indiqué pour les molécules ayant un cycle entéro-hépatique

Dose unique ou répétée :

25-50 g chez lenfant, 25-100 g chez ladulte

Effets indésirables (bien toléré)

Vomissements si administration trop rapide

Constipation (ne pas donner de laxatifs)

(49)

Traitement symptomatique

Seuls traitements qui doivent être fait en urgence, avant les résultats des analyses toxicologiques

Maintien des fonctions vitales :

Cœur & vaisseaux (arrêt, arythmie, choc) ECG/TA

Poumons (Détresse respiratoire…)

Troubles métaboliques, ionogramme

Cerveau (convulsions, hyperthermie…) myosis/mydriase

Stabiliser le patient

Lanalyse biologique prime sur lanalyse toxicologique

(50)

Applications de la toxicologie

RECHERCHE TOXICOLOGIQUE

TOXICOLOGIE ENVIRONNEMENTALE Analyses datmosphères Analyses deaux

Analyses des sols

TOXICOLOGIE HOSPITALIERE

Tentatives de suicide, IMV Intoxications involontaires

TOXICOLOGIE MEDICO-LEGALE

(51)

Démarche analytique en toxicologie humaine

Intérêts de l’analyse toxicologique Importance du prélèvement

(52)

Intérêt diagnostic de l ’ analyse toxicologique

Analyse qualitative :

Intérêt diagnostic est certain

Pas toujours indispensable

Demande ciblée en fonction des symptômes

Recherche à l’aveugle coûteuse et peu efficace

Analyse quantitative :

Indispensable si conditionne la thérapeutique

Utile si corrélation concentration sanguine et effets toxiques

(53)

53

Confirmer une intoxication

• Intoxication certaine

• Le(s) toxique(s) connu(s)

• Étiologie toxique évoquée

• Produits inconnus

Symptômes en accord avec toxiques ou doses

incriminés

Symptômes en

désaccord avec toxiques ou doses incriminés

ANALYSE INDISPENSABLE ANALYSE NON

INDISPENSABLE

Collaboration indispensable avec le clinicien pour envisager

les autres hypothèses toxiques

Interrogatoire du patient, des témoins, de la famille

Examen clinique

Evolution des premières heures Examens biologiques standards

(54)

Coma chez une personne âgée

AVC

Intoxication au CO

Convulsions chez un enfant

méningite

toxique

SCREENING INDISPENSABLE

Collaboration indispensable avec le

clinicien pour envisager les autres hypothèses toxiques

Exclure une hypothèse toxique

Poser une diagnostic différentiel d ’ intoxication

(55)

Intérêts de l’analyse toxicologique

Orientation diagnostic

Autres critères d’orientation

Effet des antidotes :

Narcan® (naloxone)

Anexate® (flumazenil)

Anomalies biologiques

Acidose et Trou anionique (méthanol, éthylène glycol)

Hyperkalièmie (digitaliques)

Hypokaliémie (théophylline, chloroquine)

Hémolyse (As, chlorate)

MétHb (nitrites, chlorate)

Anomalie à l’ECG (cardiotropes)

(56)

Intérêt pronostic de l ’ analyse toxicologique

On dose spécifiquement la molécule

Toxiques fonctionnels

Bonne corrélation effets toxiques - concentrations

Limites : valable en intox aiguë

Exemples : théophylline, psychotropes, lithium, digitaliques

Toxiques lésionnels

Tenir compte du délai entre ingestion et prélèvement

L’analyse permet d’apprécier la gravité avant l’apparition des signes cliniques

Exemples : paracétamol, métaux lourds

(57)

Intoxication aigue au paracétamol

Diagramme de Prescott

(58)

Autres intérêts de l ’ analyse toxicologique

Intérêt thérapeutique

le traitement immédiat ne dépend pas de l’analyse toxicologique

Guide pour la thérapeutique ultérieure (antidotes)

Contrôle avant la mise en œuvre de traitements lourds, hasardeux et coûteux (greffes)

Intérêt médico-légal

Détermination des causes de décès

Qualification pénale des peines

Intérêt scientifique

Essais cliniques et études épidémiologiques

(59)

Prélèvement

Sang

+ : reflet de l’imprégnation du patient

- : fenêtre de détection étroite, prélèvement difficile, concentration faible

Urines

+ : facilité de prélèvement, longue fenêtre de détection, métabolites

- : dépistage

Lavage gastrique : de moins en moins

Autres : cheveux, méconium, LCR, liquide pleural…

(60)

Prélèvement

Tube de prélèvement

Tube sec : pas d’anticoagulant  sérum

Tube hépariné / EDTA : sang total / plasma

Tube avec gel : à éviter en Pharmacologie – Toxicologie

 interactions entre le médicament et le gel inconnues

Tube héparinate de lithium : pas pour le dosage du lithium

(61)

Prélèvement

Conservation

Stabilité de certains médicaments : dégradation  interprétation faussée

Formation de composés de dégradation  faux positifs (amines de putréfaction si prélèvement ancien, non conservé à +4°C  risque de faux positif pour dépistage amphétamines)

(62)

Prélèvement

Date et heure de prélèvement

Délai avec prise de médicament

Interprétation du résultat

Ex : paracétamolémie : interprétable > 4h après prise

(63)

La démarche de l’analyse toxicologique

Première étape : ORIENTATION QUALITATIVE

Résultats en moins d ’une heure

Recherche de familles médicamenteuses

Sang, urine, (liquide gastrique)

Intérêt entre prise en charge symptomatique et antidotique

(64)

Techniques automatisées

Immunodosages (réaction antigène / anticorps)

Immunoenzymatique (EMIT)

Immunofluorescence (FPIA)

Immunoturbidimétrie (KIMS)

Colorimétrie / automate

 Dépistage et/ou dosage

Dépistage et/ou dosage

(65)

Techniques automatisées

Avantages

Rapidité, facilité d’emploi

Automatisation

Dosages sanguins

Recherche urinaire (seuil de positivité)

Inconvénients

Manque de spécificité (familles)

Interférences (ATC et phénothiazines)

Faux négatifs / faux positifs

Limite de détection

Coût (appareil, réactifs)

(66)

La démarche de l’analyse toxicologique

Deuxième étape : IDENTIFICATION et DOSAGE

Tous les médicaments peuvent être détectés et dosés

Gros moyens analytiques nécessaires (coût élevé) (GC-MS, LC-MS, couplage MS-MS)

Délais rendu de résultats plus long (envoi vers labo spécialisé)

Sang, urine, liquide gastrique, cheveux,

 Dosages : Nécessite de savoir ce que l ’ on cherche

 Sinon : screening / criblage

(67)

Techniques séparatives

Chromatographie

Séparation des composants d’un mélange

Phase liquide / phase gazeuse

Dosage

Recherche (criblage/screening) et identification / bibliothèques

Inconvénients

• Prix d’achat

• Lourdeur technique (extraction) Avantages

• Spécificité, recherche

• Limite de détection basse

(68)

Techniques séparatives (LC) : screening

(69)

Techniques séparatives (LC) : screening

(70)

Techniques séparatives (LC) : screening

(71)

Techniques séparatives (LC) : screening

(72)

Les antidotes

(73)

Antidotes

Substances capables de modifier

Soit la cinétique du toxique

Soit les effets du toxique

Soit les 2

Spécifiques d’une intoxication

Identification préalable du toxique

Certaines antidotes : visée diagnostique (naloxone NARCAN,

flumazénil ANEXATE)

(74)

Antidotes

Antidotes modifiant la cinétique du toxique

Charbon activé : limite l’absorption du toxique

N-acétylcystéine FLUIMUCIL (intox au paracétamol) : favorise la métabolisation du produit toxique

Carboxypeptidase VORAXAZE (intox au méthotrexate) : favorise la métabolisation du produit toxique

Fomépizole (intox par éthanol, méthanol, éthylène glycol) : bloque la métabolisation et la formation du produit toxique

Diurèse alcaline (intox par salicylés, phénobarbital) : favorise

l’élimination rénale du produit toxique

(75)

Antidotes

Antidotes modifiant les effets du toxique

Naloxone (intox par opiacés)

Flumazénil (intox par benzodiazépines)

Corrections des effets périphériques du toxique : glucose, calcium…

Antagonisme compétitif

(76)

Sites d’action des antidotes

(77)

Bibliographie

Toxicologie clinique (Chantal Bismuth,2000, 5

ème

édition, Flammarion)

Intoxications aigues (F. Baud, 2013, édition Springer)

(78)

Cas cliniques

(79)

Cas n ° 1

Un homme de 58 ans dépressif depuis plusieurs semaines est retrouvé dans le coma à son domicile et immédiatement hospitalisé

Tableau clinique

coma profond sans réaction aux stimulations nociceptives

myosis bilatéral, ROT vifs, diarrhée importante,

râles bronchiques, hyper-encombrement entraînant des difficultés respiratoires (++)

ECG : bradycardie sinusale (50 / min) sans troubles de conduction

TA : 80 / 60 mmHg

(80)

• Quel est le syndrome présenté par ce patient ? – Syndrome cholinergique

• diarrhée, bradycardie, hypotension, hypersécrétion bronchique

• myosis, coma

(81)

• L'analyse du plasma par HPLC - UV - barrette de diodes met en évidence 2 molécules : Théophylline et Dipyridamole avec une identification spectrale parfaite

• Le dosage de théophylline par AXSYM donne un résultat à 285 mg / l [théophylline Pl] : 10 à 20 mg / l => efficacité

: > 20 mg / l => risque toxique dipyridamole : Cléridium® , Persantine®

• Signe de l’intoxication théophyllique : hyper-réflexie, convulsions, troubles du rythme ventriculaire (fibrillation), hypotension artérielle, convulsions, arrêt respiratoire, coma, mort

• L’hypothèse d’une intoxication par la théophylline vous semble-t-elle probable ? – Non ! Le patient ne présente pas de troubles cardiaques

– Les troubles bronchiques ne sont pas expliqués

– Avec une telle dose de théophylline, il devrait être mort !!!

(82)

• La famille retrouve un flacon de Phosdrin® - mévinphos, insecticide organo- phosphoré – retrouvé  oriente l’analyse

• Le mévinphos et l'hexylène glycol, solvant associé au mévinphos sont identifiés par CPG - SM

• La mesure de l’activité des cholinestérases plasmatiques montre un

effondrement caractéristique de l’intoxication par les organo-phosphorés (poison inhibiteur des cholinestérases)

• Explication sur la présence de théophylline et dipyridamole :

– le prélèvement a été réalisé sur un tube CTAD utilisé pour certains examens d ’hémostase (CTAD : Citrate, Théophylline, Adénosine,

Dipyridamole)

• Conclusion : ATTENTION au prélèvement !

(83)

Cas N ° 2

Ex : résultat aberrant de kaliémie sans explication apparente sur un temps court

Contamination EDTA-K2 ou EDTA-K3

Il faut respecter l’ordre de prélèvement

(84)
(85)

Cas N ° 3

Mlle V. 24 ans, est retrouvée inconsciente, dans le jardin familial. Les parents font appel au SAMU. A l’admission, on note un Glasgow à 8. Le coma est calme, hyporéflexique et hypotonique et des troubles à l’ECG. Les parents interrogés rapportent que leur fille dépressive est sous Tofranil

(Imipramine) et Lexomil (Bromazépam).

Le réanimateur demande une recherche de toxiques en urgence BZD &

ADTC, qui s’avère +

Le réanimateur décide au vue de l’altération des fonctions vitales de procéder à une diurèse forcée acide.

(86)

Cas N ° 3

La patiente s’enfonce de plus en plus et le réanimateur rappelle le toxicologue de garde. Le toxicologue décide alors de procéder à une recherche large (screening/criblage).

Il retrouve un pic très important de barbituriques traduisant une

intoxication massive avec ce produit. Le réanimateur arrête alors la diurèse forcée acide pour une diurèse alcaline.

La patiente sortira du coma 48h plus tard.

Patiente fille d’un vétérinaire, s’est injectée une dose de barbiturique en IV dans le jardin où elle a été retrouvée inconsciente. BZD et ADTC n’ont pas été pris pour la TS, étaient présents à doses thérapeutiques !

BESOIN DUNE RELATION CLINICIENS-BIOLOGISTES +++

(87)

Cas N ° 4

Marie, 25 ans, a fait une autolyse. Elle est amenée par un ami à

l’hôpital le plus proche.

Elle refuse dire ce qu’elle a pris. La patiente ne présente aucun

signe clinique patent pouvant orienter l’intoxication. L’interne

décide de la placer sous surveillance et de l’hospitaliser aux

portes.

(88)

Cas N ° 4

24h plus tard, elle se plaint d’avoir mal « au côté droit », délire un peu, on note également un léger ictère conjonctival. Le bilan hépatique montre une élévation des transaminases > 300.

L’interne de ́ cide de transfe ́ rer la patiente a ̀ ho ̂ pital de Beaujon

Quel diagnostic posez-vous ?

Intoxication aigue au paracétamol

Présence d’un intervalle libre de 24h

 retard de prise en charge

(89)

Cas N ° 4

L’hépatologue de Beaujon demande en urgence un BH, un bilan complet hémostase, les sérologies hépatiques et une

paracétamolémie compte tenu du contexte d’autolyse

ALAT, ASAT > 6000, TP = 20%, [para]= 75mg/l au delà de la

16

ème

heure, les sérologies sont négatives

(90)

Cas N ° 4

Diagnostic & traitement ?

Diagnostic = hépatite fulminante par paracétamol

Ttt évacuateur = inutile

Antidote = oui, mais prise en charge trop tardive, très mauvais pronostic

Transplantation hépatique +++

Marie, décédera 2 jours plus tard sans avoir pu trouver un

donneur compatible

Références

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