Université de Cergy-Pontoise Polynômes et suites
Licence 1 MIPI 2017-2018
Corrigé de l’examen
Questions de cours.
1. L’inégalité triangulaire pour le module des nombres complexes s’énonce ainsi :
∀(z, z′)∈C2,|z+z′| ≤ |z|+|z′|.
2. Le théorème de d’Alembert-Gauss pour les polynômes complexes affirme que tout poly- nôme complexe non constant possède au moins une racine.
3. Le théorème de Bolzano-Weierstrass affirme que toute suite réelle ou complexe bornée possède une sous-suite convergente.
Exercice 1.
1.(i) Comme le nombrez1=iest non nul, il possède deux racines carrées que nous pouvons noterω1 et−ω1. Si nous posonsω1 =x+iy, nous savons que
i=ω21 = (x+iy)2 =x2−y2+ 2ixy, de sorte que
x2−y2 = 0, et 2xy = 1.
Le module de l’égalité précédente conduit à la troisième identité 1 =|i|=|ω12|=|ω1|2 =x2+y2. Nous obtenons donc
x2=y2 = 1 2, soit
x=± 1
√2, et y=± 1
√2.
La formule2xy= 1 assure que les nombresx ety sont de même signe, et nous concluons que les deux racines carrées du nombreisont
ω1 = 1
√2+ i
√2, et −ω1=− 1
√2− i
√2. (ii) Le nombrez2 = 1+i√
2 n’est pas nul, donc il possède deux racines carrées ω2 et−ω2. Si nous notonsω2 =x+iy, nous obtenons à nouveau
√1 2 + i
√2 =x2−y2+ 2ixy,
ainsi que
1 = 1
√2 + i
√2
=x2+y2.
Nous déduisons de ces identités que x2−y2 = 1
√2, et 2xy = 1
√2,
puis que
2x2 = 1 + 1
√2, et 2y2 = 1− 1
√2. Comme 2xy = √1
2, les nombres x et y sont de même signe, donc les deux racines carrées du nombre 1+i√
2 sont égales à
ω2=
√√ 2 + 1 2√
2 +i
√√ 2−1 2√
2 , et −ω2=−
√√ 2 + 1 2√
2 −i
√√ 2−1 2√
2 .
(iii) Nous observons que
z3=−z2,
de sorte queω3 est une racine carrée de z3 si et seulement si z2 =−z3=−ω32 = (iω3)2,
c’est-à-dire si et seulement siiω3 est une racine carrée de z2. Il s’ensuit que iω3=±ω2,
oùω2 est la racine carrée du nombrez2 calculée à la question 1.(ii). Comme 1i =−i, nous concluons que les deux racines carrées du nombre complexez3 sont
ω3=
√√ 2−1 2√
2 −i
√√ 2 + 1 2√
2 , et −ω3=−
√√ 2−1 2√
2 +i
√√ 2 + 1 2√
2 .
2.a. Le nombre complexeωest une racines quatrième du nombre complexeisi et seulement si
i=ω4=( ω2)2
, c’est-à-dire si et seulement siω2 est une racine carrée de i.
b. D’après la question 2.a, un nombreω est une racine quatrième de du nombre complexe i si et seulement si ω2 est une racine carrée de i. D’après la question 1.(i), nous savons donc que
ω2 = 1
√2 + i
√2 =z2, ou ω2 =− 1
√2 − i
√2 =z3.
D’après les questions 1.(ii) et 1.(iii), les quatre racines quatrièmes du nombre complexe i sont par conséquent égales à
√√ 2 + 1 2√
2 +i
√√ 2−1 2√
2 , −
√√ 2 + 1 2√
2 −i
√√ 2−1 2√
2 ,
et √√
2−1 2√
2 −i
√√ 2 + 1 2√
2 , −
√√ 2−1 2√
2 +i
√√ 2 + 1 2√
2 .
3.a. Comme|i|= 1 et arg(i) = π2 mod 2π, la forme exponentielle du nombre iest donnée par
i=eiπ2.
b. D’après la question 3.a, la forme exponentielle des racines quatrièmes du nombreiest donnée par les formules
eiπ8 , eiπ8+iπ2 , eiπ8+iπ, et eiπ8+3iπ2 , c’est-à-dire
eiπ8, e5iπ8 , e9iπ8 , et e13iπ8 . 4. Comme0< π8 < π2, nous savons que
cos (π
8 )
>0, et sin (π
8 )
>0,
ce qui équivaut au fait que
Re(eiπ8 )>0, et Im(eiπ8 )>0.
Par définition, les quatre solutions de la question 2.b sont égales aux quatre solutions de la question 3.b, donc nous déduisons des inégalités précédentes que
eiπ8 =
√√ 2 + 1 2√
2 +i
√√ 2−1 2√
2 , ce qui conduit aux formules
cos (π
8 )
=
√√ 2 + 1 2√
2 , et sin (π
8 )
=
√√ 2−1 2√
2 .
Exercice 2.
1. La division euclidienne du polynômeP1 par le polynôme P2 s’écrit
X6 + X5 + 3X4 + 2X3 + 3X2 + X + 1 X4+X3−X−1
− (X6 + X5 − X3 − X2) X2+ 3 3X4 + 3X3 + 4X2 + X + 1
− (3X4 + 3X3 − 3X − 3) 4X2 + 4X + 4
Le quotientQet le resteR de cette division euclidienne sont donc égaux à Q=X2+ 3, et R = 4X2+ 4X+ 4.
2. Poursuivons l’algorithme d’Euclide débuté à la question 1. La division euclidienne du polynômeP2 par le polynômeR s’écrit
X4 + X3 − X − 1 4X2+ 4X+ 4
− (X4 + X3 + X2) 14 (
X2−1 )
− X2 − X − 1
− (− X2 − X − 1) 0
Le dernier reste non nul dans l’algorithme d’Euclide est donc égal àR= 4X2+ 4X+ 4, et le PGCD des polynômesP1 etP2 vaut par conséquent
PGCD(P1, P2) =X2+X+ 1.
3. Revenons à la question 1. La division euclidienne du polynôme P1 par le polynôme P2 s’écrit aussi
P1 =QP2+R, ce qui revient à l’identité
P1=(
X2+ 3)
P2+ 4(
X2+X+ 1) ,
d’où il découle que
X2+X+ 1 = 1 4P1−1
4
(X2+ 3) P2.
Les polynômes
U = 1
4, et V =−1 4
(X2+ 3) ,
satisfont donc l’identité
U P1+V P2 =X2+X+ 1.
Exercice 3.
1.a. Le nombre1 est une racine du polynôme aXN+1+bXN + 1si et seulement si a1N+1+b1N + 1 = 0.
La condition nécessaire et suffisante recherchée est donc a+b+ 1 = 0.
b. SoitP =aXN+1+bXN+ 1. Si le nombre 1est une racine double du polynômeP, alors il est déjà racine deP, de sorte que par la question 1.a,
a+b+ 1 = 0.
De plus, le nombre1 est aussi racine de
P′ = (N+ 1)aXN+N bXN−1.
Par conséquent, les nombresaetb satisfont aussi (N + 1)a+N b= 0.
Il découle de ces deux équations que
b=−1−a, puis que
(N + 1)a−N −N a= 0.
Il vient ainsi
a=N, puis b=−1−N.
Réciproquement, sia=N etb=−N−1, alors,
P(1) =N1N+1−(N + 1)1N + 1 = 0, et P′(1) =N(N + 1)1N −N(N+ 1)1N−1 = 0.
Enfin, nous avons
P′′= {
N2(N+ 1)XN−1−N(N−1)(N+ 1)XN−2, siN ≥2, N2(N+ 1), siN = 1,
ce qui implique que
P′′(1) =
{N2(N + 1)−N(N −1)(N+ 1) =N(N + 1)̸= 0, siN ≥2,
N2(N + 1) = 2̸= 0, si N = 1.
Le nombre1est donc une racine double deP, ce qui achève la preuve de l’équivalence.
2.a. Nous calculons
PN+1−PN =(N+ 1)XN+2−(N+ 2)XN+1+ 1−N XN+1+ (N+ 1)XN −1
=(N+ 1)XN+2−2(N+ 1)XN+1+ (N+ 1)XN
=(N+ 1)XN(
X2−2X+ 1)
=(N+ 1)XN(
X−1)2 .
b. Nous déduisons de la question 2.a que
∀2≤k≤N, Pk−Pk−1=kXk−1(X−1)2.
Nous pouvons sommer ces identités afin d’obtenir
∑N k=2
(Pk−Pk−1)
=
∑N k=2
kXk−1(X−1)2= (X−1)2
∑N k=2
kXk−1.
Nous observons que
∑N k=2
(Pk−Pk−1)
=PN −PN−1+PN−1−. . .−P2+P2−P1 =PN −P1,
d’où la formule
PN =P1+ (X−1)2
∑N
k=2
kXk−1.
CommeP1=X2−2X+ 1 = (X−1)2, il vient
PN = (X−1)2 (
1 +
∑N
k=2
kXk−1 )
= (X−1)2
∑N
k=1
kXk−1.
Exercice 4.
1.a Comme a est strictement positif, le nombre a+x est strictement positif lorsque x est positif. La fonctionfa est donc bien définie sur R+ et à valeurs strictement positives.
Sachant que la fonction racine carrée est de classeC∞ sur ]0,+∞[, la fonction fa est de classeC∞sur R+, et sa dérivée vérifie
∀x∈R+, fa′(x) = 1 2√
a+x >0.
Aussi la fonctionfaest-elle strictement croissante sur R+.
b. D’après la question 1.a, la fonctionfa est bien définie deR+ surR+. Par récurrence sur n∈N, et puisqueu0 = 0, la suite (un)n∈Nest donc bien définie et à valeurs positives. En ce qui concerne sa stricte croissance, nous raisonnons aussi par récurrence surn∈N. Nous observons que
u1−u0 =√
a−0>0.
Supposons alors que
∀0≤k≤n, uk+1−uk>0,
et étudions le cask=n+1. Les nombresunetun+1sont positifs, et satisfont par l’hypothèse de récurrence
un< un+1.
D’après la question 1.a, la fonctionfa est strictement croissante surR+, ce qui assure que un+1 =fa(un)< fa(un+1) =un+2.
Par récurrence surn∈N∗, nous concluons que
∀n∈N, un< un+1, de sorte que la suite(un)n∈N est strictement croissante.
2.a. Il s’agit de résoudre l’équation
x=fa(x) =√ a+x,
pourx∈R+, puisque ce nombre est la racine carrée positive du nombrea+x. Nous avons x2−x−a= 0,
et le discriminant de cette équation algébrique du second degré est égal à
∆ = 1 + 4a >0.
Cette équation possède donc deux solutions
x+= 1 +√ 1 + 4a
2 , et x−= 1−√ 1 + 4a
2 .
Commex−<0, le seul point fixe possible estx+, et nous vérifions que
fa(x+) =√
a+x+=√(
x+
)2
=x+.
L’unique point fixe de la fonctionfaest donc
x+ = 1 +√ 1 + 4a
2 .
b. Nous raisonnons par récurrence surn∈N. Au rangn= 0, nous vérifions que
u0 = 0≤ 1 +√ 1 + 4a
2 .
Supposons que
∀0≤k≤n, uk ≤ 1 +√ 1 + 4a
2 ,
et étudions le cask=n+ 1. Par la question 1.b, et l’hypothèse de récurrence, nous savons que
0≤un≤ 1 +√ 1 + 4a
2 .
Comme la fonctionfa est croissante surR+ par la question 1.a, il vient
un+1=fa(un)≤fa
(1 +√ 1 + 4a 2
) ,
ce qui équivaut au fait que
un+1 ≤ 1 +√ 1 + 4a
2 ,
puisque 1+
√1+4a
2 est un point fixe defa. Par récurrence surn∈N, nous arrivons à
∀n∈N, un≤ 1 +√ 1 + 4a
2 .
c. D’après les questions 1.b et 2.b, la suite(un)n∈N est croissante et majorée, donc conver- gente. Comme la fonction fa est continue, sa limite est un point fixe de cette fonction, et par unicité de ce point fixe, nous concluons que
un →
n→+∞
1 +√ 1 + 4a
2 .