ALIMENTATION LACTÉE ET CROISSANCE PONDÉRALE
DU LAPIN AVANT SEVRAGE
F. LEBAS
G. SARDI
Station de Recherches sur
l’Élevage
des Porcs,Centre national de Recherches
zootechniqi.es,
78 -Jouy-en-Josas
Institut national de la Recherche
agronomique
SOMMAIRE
Dans ce travail sont étudiées les
quantités
de laitingérées
et la croissancepondérale
delape-
seaux non sevrés, appartenant à des
portées
d’effectif variable. Des relations entre ces 3 facteurs sont démontrées et discutées. Une analysecomplémentaire
montre lapossibilité
d’utilisation dupoids
deportée
à 2jours
pour estimer la valeur laitière deslapines.
INTRODUCTION
Au cours d’un allaitement de 6 semaines un
lapereau multiplie
sonpoids
denaissance par 20. Pendant cette
période qui représente
la moitié de sa vieutile,
sa croissance a été étudiée par des auteurs comme POBISCH(rg5!),
VENGE( 19 6 3 a),
S
ANTORO
( 19 6 7 ),
maisindépendamment
de l’alimentation. Seuls des travaux de VENGE( 19 6 3 b)
ont été consacrés à l’étude de l’influence de laproduction
laitièresur le
gain
depoids
deslapereaux,
mais les effectifs d’animaux utilisés ont ététrop
faibles pourpermettre
des conclusions définitives.Au cours d’un travail
précédent (L EBAS , zg68),
nous avons pu mesurer la pro- duction laitière de nombreuseslapines.
Apartir
de cesrésultats,
nous avonsessayé
de déterminer l’influence du lait consommé sur le
poids
des animaux au sevrage.Nous avons tenté de mettre en évidence les
principaux
facteurs de variation inter- venant dans l’utilisation du lait.Enfin,
nous avonsessayé
de mettre aupoint
unindex
permettant
le calculsimple
desproductions
laitières.MATÉRIEL
ETMETHODES
Animaux et mesure de la
productian
laitièreLes 143
portées
utilisées pour cette étude sont issues de 61lapines
de race Fauve deBourgogne.
Elles
représentent
rz!9lapereaux
nés vivants de mars 1966 à mars 1967. Les conditionsd’élevage
et d’alimentation ainsi que la méthode de mesure de la
production
laitière ont été décrites dans unprécédent
article (LEBAS,19 68).
Le laitproduit
par lalapine
a été contrôlé une tétée sur deux. Iln’a donc pas été mesuré de consommation de lait individuelle.
Pesée des animaux
Les
lapereaux
ont étépesés
individuellement tous les 7jours
dujour
de la mise bas(jour zéro) jusqu’au
moment du sevrage (42ejour).
Cespesées
ont eu lieu sur une balanceautomatique
de 10kg
de
portée,
permettant de réaliser des mesures avec uneprécision
de a- i g.Méthodes de calcul
Dans le but
d’homogénéiser l’expression
des résultats, lespoids
de lait et ceux deslapereaux
ont été considérés
globalement
par portée. Ainsi, la quantité hebdomadaire de lait reçue parlapereau correspond
à laproduction
de lalapine,
rapportée à l’effectif moyen de la semaine. De même, n’estpris
en considération que lepoids
moyen deslapereaux
de laportée
et non lepoids
individuel réel de chacun des animaux(pour
le calcul des indices de consommation enparticulier).
L’unité de tempsservant de référence pour les opérations est la semaine. Sauf note spéciale, tous les calculs ont été réalisés sur la totalité de la
population
étudiée, soit 14.3portées.RÉSULTATS
I. - Corcsommation de lait
par
leslapereaux
Durant les 6 semaines
d’allaitement,
unelapine produit 7 ogo ±
280 g de lait pour uneportée
dont l’effectif varie deg,o8
à8, 1 6
du début à la fin de lapériode.
Ainsi, chaque lapereau
sevréreçoit
en moyenne872 !-
29 g de laitmaternel,
soit environ 20 gchaque jour.
Évolution de la quantité
de lait consomméepar lapereau
enfonction de l’âge.
Cette évolution est
présentée
au tableau i de même que celle de l’effectif de laportée.
A
l’exception
de lapremière semaine,
la mortalité deslapereaux
est faible. Laquantité
de lait reçue parlapereau augmente jusqu’en
troisième semaine. Elle atteint alors un maximumreprésentant
deux fois celle de lapremière
semaine et diminueensuite
(tabl. i).
Influence
del’effectif
de laportée
sur Laquantité
de lait consomméePar lapereau.
Les coefficients de corrélations entre l’effectif de la
portée
et le lait consommé parlapereau
pour lespériodes
o-3semaines, 4 -6
semaines et o-6 semaines sont dans l’ordre : — 0,35, - 0,31 et —0 , 3 8.
Tous trois sont hautementsignificatifs. Quelle
que soit la
période considérée,
laquantité
de lait consommée par unlapereau
estplus
faible au sein d’uneportée
nombreuse que dans uneportée
à effectifplus
réduit.Ainsi,
pour l’ensemble de lapériode,
unlapereau appartenant
à uneportée
de 4reçoit théoriquement près
de i ooo g de lait alorsqu’un jeune
faisantpartie
d’unenichée de 12 n’en
reçoit
que 75o g(fig i).
II. - Croissance
pondérale
deslapereaux.
Durant la
période d’allaitement,
lepoids
moyen d’unlapereau
s’accroît en mo-yenne de 54g
( ± 2 )
à la naissance à 1 026 g( ± 2 8)
six semainesplus
tard au momentdu sevrage.
Évolution
avecl’âge
des animaux :- de la vitesse de croissance.
On trouvera sur la
figure
2 la courbe de croissance moyenne et l’évolution dugain
depoids
moyen avecl’âge
deslapereaux (fig. 2 ).
Si en
première analyse,
la courbe sembleprésenter
une évolutionrégulière,
lacourbe du
gain
depoids
montre deuxruptures
dans la vitesse de croissance : l’une entre la 2e et la 3esemaine,
l’autre entre la 5e et la 6e semaine. La vitesse de crois-sance maximum de la
5 e
semainereprésente
presque trois fois celle des 2e et3 e
semaines. Il fautégalement
noter que l’accélération de la vitesse de croissanceenregis-
trée à
partir
de la4 e
semaine va depair
avec une diminution del’apport
lacté(tabl. i).
- de l’indice de consommation.
L’indice
de consommationpeut
être défini comme laquantité
de laitingérée correspondant
augain
depoids
unitaire. Le tableau 2 donne l’évolution de cet in- dice pour les 3premières
semaines(alimentation
lactéestricte).
Avec le
temps,
l’utilisation du lait est de moins en moins bonne et la variabilité de laréponse
à unequantité
donnée de laitaugmente
considérablement.Cependant,
pour la
période
0-21jours, prise
dans sonensemble,
la variabilité est seulement de 9,9 p. 100.L’étude
de la corrélation entre l’indice de consommationo-2i j
et lepoids
à21
jours
montre que ces deux facteurs sont liés(r
= —o, 3 i).
Les animaux lesplus
lourds à 21
jours
ont été les meilleurs utilisateurs du lait.Influence de la quantité de
lait consomméepar lapereau :
- sur la croissance
pondérale
deslapereaux.
Le tableau 3
indique
ledegré
de liaison entre laquantité
de lait consommée parlapereau
et lepoids
de celui-ci en fin depériode.
Pour les trois
périodes considérées,
la corrélation entre lepoids
moyen deslape-
reaux et la
quantité
de lait consommée est hautementsignificative ;
mais la relation estbeaucoup plus
fortependant
les troispremières
semaines où lejeune
utilise uni-quement
le lait de sa mère.La
figure
3 donne l’évolution dans letemps
du coefficient de corrélation entre laquantité
de lait consommée parportée
et legain
depoids
hebdomadaire de celle- ci.Le coefficient de corrélation diminue
régulièrement
de la ire à la 5e semaine où la variation dugain
depoids
due au lait(r 2 ) représente
encoreq p.
ioo de la varia-tion totale contre 97 p. 100pour la
première
semaine. Entre la 5eet la 6esemaine,
on assiste à une chute brutale de l’intensité de la liaison et le laitn’explique
alorsplus
que 5 p. 100de la variation.
- sur l’indice de consommation.
Pour les 3
premières
semainesd’allaitement, prises
dans leurensemble,
iln’y
apas de liaison
significative
entre laquantité
de lait consommée parlapereau
et l’in-dice de consommation
(r
=0 , 0 6). L’indice
de consommation estdonc pratiquement indépendant
de laquantité
consommée.Ainsi, chaque
gramme de laitsupplémen-
taire
donne,
pour cettepériode,
le mêmegain
depoids, quelle
que soit laquantité
de lait initiale.
Influence
del’effectif
de laportée’
- sur la croissance
pondérale
deslapereaux.
Quelques corrélations,
pour l’ensemble de lapériode d’allaitement,
entre l’effec-tif de la
portée
et lepoids
des animaux à 42jours
sontconsignées
dans le tableau 4.Il existe une liaison
négative,
à la limite de lasignification,
entre lepoids
d’unlapereau
et l’effectif de saportée.
La corrélationpartielle
àquantité
de lait cons-tante est
pratiquement nulle,
ainsi donc les animauxqui
ont reçu la mêmequantité
de lait ont un
poids
au sevrageindépendant
de l’effectif de leurportée.
Pour l’en-semble de la
portée,
lepoids
total deslapereaux
est liépositivement
à l’effectif. Bien que leslapereaux
deportées
nombreuses soient un peuplus légers,
lepoids
de laportée,
dans sonensemble, augmente
linéairement avec l’effectif commel’indique
la
figure
4. Le tableau 5 donne l’évolution dans letemps
de la corrélation entre l’effec- tif de laportée
et lepoids
individuel deslapereaux.
Pour l’ensemble des 6
semaines,
il existe une liaisonnégative
entre l’effectif de laportée
et lepoids
vif deslapereau;.
Mais l’intensité de cette liaison diminue àpartir
de la4 P
semaine.- sur l’indice de consommation.
Pour les 3
premières
semainesd’allaitement,
il n’existe pas de corrélationsigni-
ficative
(r
=0 , 0 8)
entre l’effectif de laportée
et l’indice de consommation du lait.Ainsi,
unequantité
de laitsupplémentaire
donne la mêmeaugmentation
dugain
de
poids
si elle est distribuée à uneportée
de 5 ou de 10lapereaux.
Si par le calcul.on considère des
lapereaux
arrivés au mêmepoids
à 3 semaines ouayant
consomméla même
quantité
delait,
iln’y
a pas de corrélationpartielle significative
entreeffectif et indice de consommation. Il
apparaît
ainsi que l’effectif de laportée
n’exerceaucune influence sur l’utilisation du lait.
III. - Estimation de la
production
laitièrepar
lepoids
de laportée
La croissance de la
portée
et laproduction
laitière de lalapine
étant en fortecorrélation,
il estlogique d’essayer
d’estimer laproduction
laitière par lepoids
desanimaux à un stade donné. Pour évaluer la
précision
de cetteestimation,
nousavons contrôlé la totalité des tétées sur 35lactations durant 6 semaines. Nous avons
ensuite calculé la corrélation entre le
poids
de laportée
et laproduction
laitièretotale ;
ce résultat estconsigné
au tableau 6 avecl’équation
derégression.
Lapré-
cision de l’estimation est donnée par l’intervalle de confiance au seuil P = 0,05
(erreur maximum).
I,a meilleure estimation est faite par le
poids
de laportée
à 2ijours,
mais l’erreurpossible
dans ces conditions est de 23p. 100malgré
une corrélation élevée(r
=o,go).
Il est bon de remarquer que l’utilisation du
poids
de laportée
au sevrage, au momentoù elle a effectivement reçu la totalité de la
production laitière,
donne la moins bonne estimation de toutes(erreur
de 4o p.zoo).
I,e même calcul pour des lactations
plus
courtes,de 4
à 5 semaines parexemple,
montre que le
poids
de laportée
à 21jours,
donnetoujours
la meilleure estimation de laproduction laitière,
mais laprécision
de cette évaluation varielégèrement
comme
l’indique
le tableau 7.On se rend ainsi
compte
que même pour des lactations courtes, laprécision
estencore faible lors de cette estimation indirecte de la
production
laitière.DISCUSSION
I. - Consommation de lait
pav
leslapereaux
Un
premier point important
àsouligner
est lacapacité d’ingestion
considérable d’unjeune lapin.
En une seuletétée,
ilingurgite
unpoids
de laitégal
à 15 p. 100de son
poids
enquelques minutes,
au cours de lapremière
semaine.D’après
les résul-tats de SALMON-LEGAGNEUR et AUMAITRE
( 19 6 2 )
unporcelet n’ingérerait
que i à2p. 100de son
poids
enlait,
au cours dechaque tétée,
c’est-à-dire unequantité
consi-dérablement
plus
faible. Nos résultats sont en accord avec ceux de VENGE( 19 6 3 b) qui
trouve desingestions quotidiennes passant
de 5 à 16 g parlapereau
au coursde la seule
première
semaine. Les variationsinterspécifiques enregistrées
corres-pondent
auxrythmes
de tétée différents : une fois par 24 heurespour le Lapereau,
une fois toutes les heures pour le Porcelet.
Si la
quantité ingérée
àchaque
tétée estimportante,
celle-ciaugmente rapide-
ment
jusqu’à
3 semaines. Unlapereau
a une consommation deux foisplus impor-
tantes à la 3e
qu’à
la Iresemaine( 209
g contre roig).
Pour lePorcelet,
par contre, lerapport
entrel’ingéré
hebdomadaire maximum et celui de lapremière
semaineest de
1 ,68 (Set,MOx-I,!GnGV!ux
etA UMAITR E, 19 6 2 ) ;
pourl’Agneau
il est au maxi-mum de 1,44
(Ow!x, 1957).
Par
rapport
à cesespèces,
lelapereau
a donc une consommation de lait àchaque
tétée relativement
plus importante
etplus
variable avec l’avancement de la lacta- tion. La diminution del’apport
lactéaprès
le stade maximum estégalement
trèsrapide,
cequi implique
une consommation d’alimentcomplémentaire
enaugmenta-
tionrapide.
Nous retrouvons au niveau dulapereau
l’évolutiondéjà
constatée pour laproduction
laitière de la mère(I,!sns, 19 68).
Ceparallélisme
dans l’évolution est laconséquence
de la mortalité réduite( 3 , 4
p. 100 de la Ire à la 6esemaine).
Lorsque
le nombre delapereaux
au sein de laportée augmente,
la consomma- tion moyenne diminue. Legrand
nombre de lactations contrôlées dans notre cas( 143
) permet
d’obtenir un coefficient de corrélation hautementsignificatif,
maisrelativement faible. VENGE
( 19 6 3 b),
par contre, n’avait pas réussi à mettre en évi- dence cetterelation,
vraisemblablement à cause de la variabilité desperformances
de
chaque lapine.
II. - Cvoissance
pondérale
deslapereaux
Les
poids
moyensenregistrés
à 21jours
pour noslapereaux
Fauve de Bour-gogne sont semblables à ceux
rapportés
par SnrrTOxo( 19 6 7 )
pour desportées
d’effec-tif
identique
et de même race. Les deuxpoints
d’inflexion de la courbe decroissance,
mis en évidence par la courbe du
gain
depoids figurent également
et dans la mêmesituation sur les courbes de croissance de
lapereaux
Bleu de Viennerapportées
par VENGE( 19 6 3 cc).
Dans une étude surl’allaitement,
ZARROWet al.( 19 65) enregistrent
le
premier
ralentissement de la croissance relative 9 à 10jours après
la mise bas.La meilleure
précision quant
à la date de cette inflexion estpermise
par le nombre de contrôlesplus importants :
unepesée
par semaine dans le cas de SANTORO( 19 6 7 )
etpour notre
étude,
une fois parjour
dans le cas de ZARROWet al.( 19 6 5 ).
Ces derniers auteurs ayant arrêté leur étude à des animaux de 30jours,
le deuxièmepoint
d’in-flexion ne
peut
être fourni avec uneprécision supérieure.
Dans une étude sur la crois-sance du
Porcelet,
AuMmTxE et al.( 19 66) enregistrent
une courbe de croissance avecdeux
points
d’inflexion pour des animaux de la racePiétvain,
mais un seul pour ceux de la raceLarge
White. Une telle différence dans les courbes de croissances d’animaux de races différentes existant dansl’espèce porcine,
il serait intéressant de savoir s’il y a, pour cecritère,
des différences entre races dans le cas dulapin.
Si lepremier
point
d’inflexionpeut s’expliquer
par unapport
de laitinsuffisant,
le second restemomentanément sans
explication
car lesjeunes disposent
alors d’un aliment com-plémentaire
à volonté.L’utilisation
du lait est de moins en moins bonne tant que lejeune
ne consommeque celui-ci. Snr,MOx-L!GaGrr!ux et AUMAITRE
( 19 6 2 ) enregistrent
unphénomène analogue
chez le Porcelet. Au cours des 2e et3 e semaines,
la vitesse de croissance est la même( 14
g parjour),
maisl’ingestion
de lait estplus
forte pour la3 e
semaine.On
peut expliquer
la nécessité de cetapport
alimentaire enaugmentation
par la notion de besoin de croissance et d’entretien. Les animauxvieillissent,
lepoids
aug-mente
(fig. 2 ),
lapart
de l’entretien s’accroît et celle de la croissance diminue.Cepen- dant,
l’absence de liaison entre laquantité
de lait et l’indice de consommation pour des animaux de mêmeâge,
laisse penser que lapart
de l’entretien estnégligeable
devant celle de croissance.
L’hypothèse
d’une variation durapport
entretien-crois-sance semble donc devoir être
rejetée.
Deux autresphénomènes peuvent agir éga-
lement : une modification de la
composition
du lait maternel et une constitution différente des tissusdéposés
aux différents stades. Ces deuxpoints n’ayant
pas étéanalysés
pour laprésente étude,
il conviendra de lespréciser
à l’avenir.L’augmen-
tation de la variabilité dans l’indice de
consommation,
par contre, estplus
difficile-ment
explicable
si ce n’est pasl’augmentation
del’importance
de facteurs différents du lait et éventuellement par des effets cumulatifs.Au cours des 5
premières
semainesd’allaitement,
les variations del’apport
lacté
expliquent
lapart
laplus importante
de la variabilité dugain
depoids.
En6
e
semaine,
cettepart
est trèsfaible ;
l’allaitement pour cette dernièrepériode
ne sembledonc
présenter qu’un
intérêt très limité pour laportée.
L’augmentation
de l’effectif deportée
se traduit par une diminution de la quan- tité de lait mise à ladisposition
dechaque lapereau.
Il est donclogique
de constaterune diminution du
poids
moyen deslapereaux
deportées
nombreusesprincipale-
ment durant les 3
premières
semaines où l’utilisation du lait estindépendante
de saquantité.
Nous retrouvons ainsi les résultats de ScHU!TZE( 1954 )
sur les Ratons, deOw!!
( 1957 )
sur lesAgneaux
ou de SAr,MO!r-L!c.nGr·!uR et Au!zmTx!( 19 6 2 )
surles Porcelets. Par contre, à l’inverse de ces auteurs, pour l’allaitement strict tout au
moins,
nous ne trouvons pas de relation entre le nombre delapereaux
au sein de laportée
et l’utilisation du lait(r
=0 , 0 8).
Cetteparticularité
del’espèce
cunicole està mettre en relation avec l’absence de liaison entre la
quantité
de laitingérée
et l’uti-lisation
qui
en est faite pour la croissance. Il estparadoxal
de constaterqu’un
mêmekg
de lait divisé entre 5 ou 10lapereaux
donne la même croissance totale. Cecipeut s’expliquer
enpartie
par les différences depoids
desindividus,
lacomposition
destissus
déposés
par deslapereaux
de diverspoids
n’étant pas lamême,
maiségale-
ment par un besoin d’entretien
négligeable
vis-à-vis de celui de croissance.III. - Estimation de lcc
production
laitièrePour avoir une bonne connaissance de la
qualité
laitière deslapines reproduc-
trices en vue de la sélection
principalement,
il est nécessaire depouvoir disposer
d’un outil
simple.
Le contrôle parpesée
de lalapine
avant etaprès
un certain nombre de tétées esttrop
coûteux en main-d’oeuvre pour êtreappliqué
àgrande
échelle. C’estpourquoi
nous avonsessayé
d’estimer laproduction
laitière d’unelapine d’après
la croissance de ses
jeunes.
C’est en suivant cette idée que COWIE( 1947 )
a évalué laproduction
lactée de rattes et que Ow!:v( 1957 ),
RICORDEAU et BOCCARD(1961)
ont calculé celle de Brebis. Les résultats que nous fournissons au tableau 8 montrent que cette estimation est
possible
chez laLapine,
mais que l’erreur estimportante :
de 18 à 23 p. 100 pour des lactations ayant duré de 4 à 6 semaines. PAVLOV
( 19 6 3 )
a
déjà
constaté que lepoids
de laportée
à 2 mois est un mauvais indicateur de laproduction
laitière. Il utilise lepoids
de laportée
à 21jours
pour estimer laquantité
de lait
produite.
Nous trouvons des résultatsanalogues
avec lepoids
au sevrage et nous avons vérifié ses observationsquant
à l’utilisation dupoids
deportée
à3
semaines ;
c’esttoujours
ce dernierqui permet
la meilleure estimation de laproduc- tion, qu’elle
dure q., 5 ou 6 semaines.Compte
tenu de la forme de la courbe de lac-tation,
on est en droit de penserqu’il
en est encore de même pour des lactationsplus longues.
Dansl’hypothèse
de lactationsplus
courtes, de 15 ou 21jours,’ (Pxun’aorr
et
B!r&dquo; 19 68)
la connaissance de laproduction
laitière est fournie par lepoids
ausevrage.
CONCLUSIONS
En conclusion de cette
étude,
lespoints importants
à retenir sont les suivants : LeLapereau
consomme en une seule foischaque jour
une masseimportante
de
lait, pouvant
atteindre 15 à 20p. 100de sonpoids
vif(en première semaine).
La
quantité
de lait consommée en3 e
semainereprésente plus
du double de celle de Ireou de 6e semaine.L’accélération
de la vitesse de croissance deslapereaux
marque deuxtemps d’arrêt,
l’un aux environs de 2semaines,
l’autre entre 5 et 6 semaines.Globalement,
au cours de
l’allaitement,
unlapereau multiplie
sonpoids
de naissance par 20.Le lait reçu par le
Lapereau joue
un rôleprépondérant
dans sa croissance avant sevrage(r
=0 ,58).
Cette
quantité
de lait diminuelorsque
l’effectif de laportée augmente ;
en consé-quence, les
lapereaux
desportées
nombreuses sont individuellement moins lourds.Le
poids
de laportée augmente cependant
linéairement avec l’effectif.Durant la
période
d’allaitementstricte,
il faut1 ,8 2
g de lait par gramme degain
depoids.
Pour les 3
premières semaines,
l’utilisation du lait est fonction dupoids
indivi-duel des
lapereaux,
mais elle n’est liée ni à laquantité
de laitdisponible
parportée,
ni à l’effectif de cette dernière.
Il est
possible
d’estimer laproduction
laitière deslapines d’après
lepoids
de laportée.
Lapesée
à 21jours permet
la meilleureévaluation,
mais son utilisationpeut
entraîner des erreurs allant de 18 à 2q. p. 100 pour des lactations durant de 4 à.
6 semaines.
Reçu pour
publication
en avrili 9 6 9 .
SUMMARY
MILK FEEDING AND PONDERAL WEIGHT OF THE RABBIT BEFORE WEANING
In the present report young rabbits have been studied during suckling to determine the rela-
tionships which may exist between weight increase, milk intake, and the number of young in the
litter. Recordings were made on 143 litters of the Fauve de Bourgogne breed during a 6-week suckling period. The growth of young rabbits (average of 23 g per day) has 2 slowing-down periods, one at about 2weeks, and the other at about 5-6 weeks. Growth in general is related to the amount of milk intake (r = 0.58). This decreases as the number of young in the litter increases. Thus, the individual weight of the young is less in large litters, but the general weight
of the litter increases linearly as the size of the litter increases (between 3 and 13). During the
3
first weeks of strict suckling, an average of 1.82kg of milk is needed for one kilogram of weight gain. During this period, utilization of the milk does not depend on its quantity nor on litter size.
In a complementary study, we tried to use litter weight to evaluate milk production of the
mother rabbits. We thus established a relationship between the milk produced and the litter
weight at various ages. Best estimation may be made from the weight at 21days, but this com- putation may cause an error of i8-2q p. 100(P = 0.05) for 4to 6 week sucklings.
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