ASPECTS BIOMÉTRIQUES
DE LA CROISSANCE PONDÉRALE DU PORCELET
I. - INFLUENCE DU SEXE, DE L’ANNÉE DE NAISSANCE, DU NUMÉRO
ET DE LA TAILLE DE LA PORTÉE
A. AUMAITRE C. LEGAULT E. SALMON-LEGAGNEUR J. RETTAGLIATI, A.-K.
MOISANT,
THRAN-THE-THONG
Station de Recherches sur
l’Élevage
des Porcs,et Stalion centrale de
Génétique
animale,Centre national de Recherches
zootechniques,
78 -Jouy-en-Josas
SOMMAIRE
Les résultats des pesées individuelles de 6 669 porcelets à des intervalles moyens
de 3 jours
de la naissance au sevrage ont été utilisés pour étudier
statistiquement
les variations des courbes de croissance, dupoids
et des vitesses de croissance à différentespériodes
en fonction de la race, du sexe, de l’année de naissance, du numéro et de la taille de la portée.Les courbes de croissance sont dans leur ensemble du 3e degré et présentent un point d’inflexion entre le me et le 17ejour, localisant ainsi l’âge où la vitesse de croissance est minimum
(crise).
L’effet du sexe n’est
significatif qu’au voisinage
de la naissance, mais il estindépendant
desautres causes de variation étudiées ; par ailleurs, les effets de l’année, du numéro et de la taille de la portée ne sont pas
indépendants
et leur importance est discutée.Les corrélations intra-portées entre
poids
et vitesse de croissance aux différents âges estiméessur des données corrigées pour l’année et le numéro de portée sont
également
discutées.INTRODUCTION
L’étude de la croissance
pondérale
du Porc peut s’aborder aussi bien sousl’aspect
des courbes de croissance que sous celui des causes de variation dupoids
à un
âge
donné.L’évolution du
poids corporel
avecl’âge
dans des conditions de milieu donnéespeut
sereprésenter
par des « courbes de croissance », faciles à établir et constituant pour l’éleveur uneindication précieuse
sur lesaptitudes
d’un animal ou l’efficacité d’une ration. Leurétude,
par des méthodesqui peuvent
êtregraphiques
ouanaly-
tiques,
adéjà
étéentreprise
par différents auteurs(B RODY , 1945 ).
Ces courbes ont été souvent définies sur des intervalles detemps
relativementlongs, depuis
la nais-sance
jusqu’à l’âge
adulte. D’autrepart, lorsque
celles-ci concernent lapériode particulière
del’allaitement,
les effectifs sont souvent limités ou le nombre despesées
restreint
(pesées
hebdomadaires oumensuelles) ; enfin,
elles sont souvent établies àpartir
de données moyennes obtenues parportée
et non de données individuelles.En
fait,
laplupart
des travaux sont limités à l’étude des variations dupoids
duporcelet
à desâges types (naissance,
21jours, sevrage) présentant théoriquement
une certaine
signification zootechnique.
I,’étude de la variation du
gain
depoids journalier (vitesse
decroissance)
aseulement été
évoquée
parquelques
auteurs utilisant la méthodegraphique (I,!ROy
et
I,É R y , rg 4 6 ; C ICVAR E K ,
rg55 ; M!x:!Exs etM C C R E A , tg58).
Or, ce critèreparait
mieux
adapté
que lepoids corporel
à l’étudedynamique
de la croissance(AuMmTx!
et
S ALMON -L EGAG &dquo;’EU R , ig6i), l’expression graphique
de la vitesse de croissance a en effetl’avantage
d’êtrebeaucoup plus
sensible aux variations de milieu(alimen- tation,
étatsanitaire).
Par
ailleurs,
nousrappellerons
que la croissance desporcelets placés
dans unmilieu donné
dépend
de nombreux facteurs que nous pouvons classer arbitrairementen 4
catégories :
. le sexe,
. les facteurs
d’origine
héréditaire :race,
effets maternelsd’origine génétique, génotype
de l’individu lui-même(effets
additifs et non additifs desgènes),
. les facteurs de milieù communs à tous les animaux d’une
portée
ou « effetportée
», propre auxespèces multipares :
année et saison denaissance,
numéro et taille de laportée,
effets maternels nongénétiques
et effets de milieu non contrôlés.. les variations dues au milieu entre les animaux d’une même
portée.
Toutes ces raisons montrent l’intérêt d’une
analyse plus précise
des différentsaspects
de la croissancepondérale
duporcelet
au cours de lapériode d’allaitement,
mais en laissenttransparaître
lacomplexité.
Un nombre
important
deporcelets pesés
individuellement à des intervallesrapprochés depuis
la naissancejusqu’à
60jours
étant à notredisposition,
nous nousproposons dans cette
première partie
d’étudiergraphiquement, puis analytiquement, quelques
courbes decroissance,
d’estimerl’importance
de certaines de leurs causes de variation : le sexe, l’année denaissance,
le numéro et la taille de laportée,
etenfin,
de déterminer les corrélationsphénotypiques qui
existent entrepoids
et vi-tesses de croissance aux différents
âges.
Cette
analyse
estcomplétée
par l’étudegénétique
de la croissancepondérale
du
porcelet (L EGAUU
etAu:vmrTR!, ig66).
MATÉRIEL
ETMETHODES
i. Anizrza2ts
Les données
analysées proviennent
des résultatsenregistrés
sur desporcelets
nés de 1954 à 1961 à la Station de Recherches surl’Élevage.
Le troupeauexpérimental
dont sont issus les ani-maux était composé de géniteurs inscrits, pour la
plupart,
aux livresgénéalogiques.
Quatre
des racesexploitées
en France sont représentées : la race Large l l’hile, laplus
répandue,figure
notamment dans lesélevages
importants d’un bon niveautechnique ;
la race Limousineest le type même de la race locale, non améliorée en voie d’extinction ; la race Normande (Blanc
de
l’Ouest)
est généralement entretenue en petites unités de plein air ; enfin, la race de Piétrain est une race d’introduction récente dont on connaît lesqualités
de conformation.Les
porcelets proviennent
de truies contrôlées sur tout oupartie
de leurproduction ;
les nu-méros des
portées
dont ils sont issus s’échelonnent de i à 9 avec unemajorité
depremières
por- tées(tabl. 2 ).
Ces animaux ont été élevés de la naissance au sevrage dans deuxporcheries
condi-tionnées
(-!-
20DC, 60 p. 100d’humidité)
parchauffage
en hiver et ventilation en été. Ilspouvaient
téter librement et
disposaient
à volonté d’eau de boisson et d’un alimentcomplémentaire
granuléde
composition
constante(A UMAITR E
et SALMON-LEGAGNEUR,ig6 l )
àpartir
du ioejour.
Ils ontété sevrés à 56
jours
et lesporcelets
mâles ont été castrés entre la 2eet la 3esemaineaprès
la naissance.Chaque
porcelet a faitl’objet
de pesées individuelles effectuées dès la naissance,puis
à desintervalles rapprochés (2à 5 jours) à l’aide d’une balance Toledo d’une
précision
de ± 2j g. L’échan- tillon étudié se compose de 6 669animaux à la naissance et 5060après
sevrage (60 jours) provenant de 763 portées(tabl.
i) dont :Les effectifs à
5 âges
de référencecorrespondant
aux 4 races sont présentés dans les tableaux i et 2.2
. Calculs
statistiques
I,es calculs nécessités par
l’interprétation statistique
des données ont été effectués enmajeure
partie sur ordinateur I. B. M. 1620 à la Station centrale deGénétique
animale. Ils ont été réalisésen étapes que nous examinerons successivement :
a)
Recueil et élaboration des données.Après perforation
et vérificationlogique
des données, le dossier final était constitué par unensemble d’environ 130000
couples
« date de pesée-résultat de pesée »,chaque
animal ayant été pesé en moyenne 20 fois à des âges variables. 1.’étudestatistique
a été précédée d’un calcul despoids
à âges fixes avec intervalle de 3jours (durée
moyennequi sépare
deux peséessuccessives).
Pour
chaque
animal, on a ainsi déterminé lespoids
de 3en 3jours jusqu’au
sevrage parinterpolation
linéaire, la linéarité de la croissance ayant étépréalablement
démontrée pour des intervalles allantjusqu’à
20jours
(LEGAULTet CnrrorrcE, 1965). Nous avonségalement
calculé les vitesses de crois- sance individuelles des animaux (exprimées en grammes degain
depoids par jour)
au cours des 4phasessuivantes : 3 à y, 18-30, 33-45 et 48 à 6o jours.
b)
Étude des courbes de croissance.Après
détermination dupoids
individuel des porcelets aux 21 âges de référence, les courbes de croissancepondérale (B RODY ,
1945) ont été établies en fonction des facteurs suivants : race, sexe, année de mise bas, numéro et taille de la portée à 36jours.
Pour l’étude de ce dernierfacteur, les
porcelets
ont étépréalablement répartis
en 4classes suivant leur appartenance à des portées dont l’effectif àl’âge
arbitraire de 36jours
étaitrespectivement :
Les
équations
de ces courbes ont été déterminées parrégression polynomiale
(LEGAULT et CANONGE
,
i 9 6 5 ).
Leurs dérivéescorrespondent
auxéquations
des courbesreprésentatives
de lavitesse de croissance de l’animal.
c) Causes de vayiation.
Seuls les
porcelets
de raceLarge
White, d’un effectif suffisant, ont été considérés et les 9 va-riables suivantes ont été étudiées :
. Poids individuel à o, 6, 21, 36, 60
jours.
. Vitesse de croissance entre 3-15, 18-30, 33-45 et 48-6o
jours.
Les quatre causes de variation proprement dites ont été considérées trois à trois au cours de deux
analyses
successives par la méthode des moindres carrés. Chacune de cesanalyses
peut sedécomposer
de la manière suivante :i. Test des interactions entre facteurs
pris
deux à deux en supposant le troisième facteurindépendant
(3 tests).2
. Tests des effets des trois facteurs
précédents
dansl’hypothèse
de non-interaction entre cesfacteurs.
3
. Estimation des effets des différents niveaux de ces 3facteurs dans
l’hypothèse
de non inter-action entre ces 3 facteurs.
La
première analyse
concernant le sexe, l’année de naissance et le numéro de portée apermis
d’établir
l’indépendance
de l’effet du sexe. Dans la secondeanalyse
nous avons donc considéré l’année, le numéro de portée et la taille de laportée
à 36jours (après répartition
desporcelets
en4 classes).
L’étude de l’influence de la taille de la
portée
a étécomplétée
par la détermination des corré- lations intra année et numéro deportée
entre la taille dela portée
et lepoids
moyen desporcelets
de cette portée à différents âges, par la vérification de la linéarité de ces liaisons, et enfin par le tracé de
graphiques
représentant l’évolution dupoids
moyen desporcelets
en fonction de la taille de laportée.
d)
Corrélationsphénotypiques
entre variables.Les données ont d’abord été transformées,
séparément
pourchaque
sexe, en écarts réduits àla moyenne des animaux nés la même année dans des
portées
de même numéro. Puis, les coefficients de corrélationintraportée,
entre les 9 variables étudiées, ont été calculés.RÉSULTATS
I. - COURBES DE CROISSANCE DES PORCELETS
a) Étude graphique.
Les courbes
représentatives
de l’évolution dupoids
moyen desporcelets
entrela naissance et
6o j jours (courbes de croissance)
sontprésentées
à lafigure
z. Les courbesde croissance des animaux classés par race sont
représentées
à lafigure
i-A. A l’inté-rieur d’une même race
(Large White)
les animaux ont été ensuite classés par sexe i-B, par année de naissancei-C,
par numéro deportée
i-D et par classe de taille deportée
à3 6 jours
i-E.Un
simple
examengraphique
montre l’ouverture de l’éventail des courbes de croissance suivant le mode de classification :larges
variationslorsque
les animaux sont classés par race, par année de naissance ou par taille deportée,
variationsplus
restreintes
lorsqu’ils
sont classés par sexe ou par numéro deportée (à l’exception
des animaux issus de la
première portée).
b) Équation
des courbes de croissance.L’évolution
dupoids (y)
en fonction del’âge (x)
a étéreprésentée
par uneéqua-
tion du
4 e degré
de la forme :Les valeurs de la constante K et des coefficients a,
b, c, d figurent
au tableau 3. Toutes les courbes decroissance,
à uneexception près, présentent
unpoint
d’inflexion dont l’abscisse(obtenue
en annulant la dérivée seconde dey) figure
au tableau 3.Celui-ci
indique
que la vitesse de croissance passe par une valeur minimum entre le me et leI7 e jour d’âge.
Ce minimumcorrespond également
à unpoids
relativement constant( 3 , 4
à4 ,8 kg) quelles
que soient la race et l’année. Onpeut cependant signaler
que le minimumcorrespond
à unâge
et à unpoids
d’autantplus
élevésque la truie est
plus jeune ( I re
et 2eportée). Enfin,
il existe un secondpoint
d’in-flexion mis en évidence pour les seules races Normande et Piétrain aux
âges respectifs
de
56
et4 8 jours.
II. - CAUSES DE VARIATIONS
En vue de
simplifier
laprésentation
desrésultats,
seules les valeurs de F ob- tenues dans lesanalyses
de la variance des 9 variables considérées sontrapportées
dans le tableau 4.
a) Analyse
des interactions.La
première partie
du tableau 4serapporte
aux tests des interactions entre les troispremiers
facteurspris
deux à deux ensupposant
le troisième facteurindépen-
dant. Les résultats montrent que les interactions année de naissance-numéro de
portée
sont hautementsignificatives
alors que le sexe estpratiquement indépendant
des autres causes de variation.
La seconde
partie
dutableau 4 montre
que les interactions entre année et numéro deportée
d’unepart
et taille de laportée
à3 6 jours
d’autrepart (étudiées simplement
pour les 5premières variables)
sont toutes hautementsignificatives.
I,e tableau
5 rapporte,
à titred’exemple,
les valeurs moyennes dupoids
desporcelets
à 6ojours
au cours des différentes années et en fonction du numéro deportée.
Ces valeurs
expérimentales
montrent ’que pour cecaractère,
le numéro deportée
a un effet variable au cours des années.
b)
Estimations deseffets.
Le tableau 6
rapporte
les effets du sexe, de l’année denaissance,
du numéro deportée
et de la taille de laportée
à3 6 jours.
Ces valeurs ont été calculées par la méthode des moindres carrés dansl’hypothèse
de non interaction entre ces facteurs.En
conséquence,
seules les estimations relatives au sexe ont une valeurgénérale ;
celles
qui
sont relatives àl’année,
au numéro et à la taille de laportée
nereprésentent
que la moyenne des effets observés au cours des années
ig 54 -6i,
et il n’est pas pos- sible d’en tirer des conclusionsgénérales.
1
° Se!ee :
Les
porcelets
mâles sontsignificativement plus
lourds que les femelles à la naissance(tabl.
4 etf , fig. i-B),
mais cetavantage
s’atténue(en
valeurrelative)
auvoisinage
du sevrage. Les animaux mâlespèsent
en effet 33 g deplus
que les femelles à lanaissance,
118 g à 2rjours
et 126 à6o jours. Cependant,
la vitesse de croissance observée dans les intervalles detemps
considérés n’est passignificativement
diffé- rente, si bien que la différence depoids
observée au sevrage entre les deux sexesn’est
plus significative.
2
° Année de naissance.
Le
poids
et la vitesse de croissance varient dans le même sens pour une même année(tabl.
6 etfig. zC). Néanmoins,
il existe une variation considérable entre les années. L’étendue de la variation despoids
moyens à 60jours
atteint 3,9kg
entreles années
195 8
etzg6o,
soit une différence de r3og/jour
dans la vitesse de croissance de4 8
à 60jours.
3
° Numéro de
portée
L’effet du numéro de
portée (tabl.
6 etfig. i-D)
estplus
limité que celui de« l’année ». Bien
qu’il
y ait une interactionsignificative
entre ces deuxfacteurs,
ilsemble que, en
général,
lesporcelets
issus depremières portées
aient une croissanceinférieure aux autres.
4
°
Taille de laportée
1,’effet de la taille de la
portée
à3 6 jours (tabl.
6 etfig. i-E)
estégalement important.
Bienqu’il
ne soit pas déterminé avecprécision
en raisonde
l’interactionsignificative
avec le numéro deportée
et l’année de naissance(tabl. q),
nous devonsremarquer que les
porcelets appartenant
àdes portées
inférieures ouégales
à 6 ontune
supériorité pondérale
de 95 g à la naissance et de2 ,6 kg
à 60jours
parrapport
à ceuxappartenant
à desportées
d’effectifssupérieurs
ouégaux
à II.Les corrélations entre taille de la
portée
etpoids
moyen desporcelets
à différentsâges, rapportées
dans le tableau 7, sont toutesnégatives ;
ellesindiquent
que I à 16 p. 100 de la variance
( 1 )
dupoids
duporcelet dépend
de la taille de laportée.
Le tableau 7
rapporte également
les valeurs de F relatives aux tests de linéarité de ces différents coefficients de corrélation. Nous pouvons constater que ces derniersne sont pas tous linéaires et c’est
précisément
le cas des relationsqui
existent entretaille de la
portée
à 6ojours
d’unepart,
etpoids
moyen desporcelets
ào,6
et 2ijours
d’autre
part.
Lafigure
IIreprésente,
à titred’exemple,
l’évolution dupoids
moyendes
porcelets
en fonction de la taille de laportée
à o, 21,3 6
et 60jours.
III. -
ÉTUDE
DES CORRÉLATIONS ENTRE VARIABLESEn vue de déterminer
l’importance
des liaisons entre les 9 critères considérésprécédemment,
nous avons calculé les coefficients de corrélationintra-portée
pources variables sur les données
corrigées
pour l’année de mise bas et le numéro deportée,
soit 2 043 mâles et 1 g57 femelles. L’examen de ces coefficients
regroupés
dans letableau 8
appelle quelques
remarques :. Les valeurs trouvées sont toutes hautement
significatives
etpositives,
cequi souligne l’importance
des liaisons entre lepoids
aux différentsâges.
. Il existe très peu de différence entre les valeurs relatives aux deux sexes.
. Le
poids
à la naissanceexplique
seulement 16 p. 100 de la variation dupoids
à 60
jours
et4 ,8
p. 100 de la variation de la vitesse de croissance de4 8
à 60jours
chez le mâle. Les chiffres
correspondants
chez les femelles sontrespectivement
11,5 et 2,9 p. 100.. Chez les
mâles, 6 5 ,6
p. 100 de la variation dupoids
à 60jours dépend
dupoids
à3 6 jours
contre68, 9
p. ioo pour les femelles. De la mêmefaçon, 6 0 ,8
p. 100 de la variation de cepoids dépend
de la vitesse de croissance entre 33 et 45jours
chez le
mâle,
contre6 2 , 4
pour les femelles.DISCUSSION ET CONCLUSION
I
. Courbes de croissance
De nombreuses tentatives de détermination des « courbes de croissance de réfé-
rence » pour le
porcelet
ont étéfaites,
laplupart
dutemps
par des méthodesgraphi-
ques : NIUMFORD
(1923),
NICI!!NZI!(1926),
RICHTER(1928),
ITTNER et HUGH!S(1
93
8), ASHTON
et CPAMPTON(1943). Quelques
auteurs ont tenté de trouver uneexpression mathématique
de la croissance du porc, soit de la naissance àl’abattage (Do:!nr,D,
Ig4o ; BRODY, z945 ; ABARCA etT APIA , 19 6 3 ),
soit de la naissance ausevrage
(CICVA R EK,
Ig55 ;C H OU L A M OUNTRY, 1956 ; CAM!RI,YUCK, 1960).
De cesdernières
études,
réalisées àpartir
depesées
effectuées à des intervalles detemps
( 1
) Pourcentage de la variance calculé en élevant au carré le coefficient de corrélation.
supérieurs
ouégaux
à unesemaine,
il découle que la croissancepeut s’exprimer
suivant le cas par une fonction
parabolique ou exponentielle.
Seul CICVARRK( 1955 )
a émis
l’hypothèse
d’une formeplus compliquée
ensignalant
3phases
distinctesdans la croissance du
porcelet.
Notre
étude, s’appuyant
sur despesées
individuelles d’ungrand
nombre deporcelets
à des intervalles de 3jours.
nous apermis
de tenircompte
de diverses sources de variation. Les différentes courbes de croissance que nous avons établiespeuvent
êtreassimilées
dans leur ensemble à des fonctions du 3edegré
en accordavec les résultats de LEGAUl/r et CA--’!0,-,IGU
(rg6 5 ). Toutefois,
suivant les conditions demilieu,
la forme de la courbe a tendance à varier : c’est ainsi que des conditions sanitaires mauvaises en 1959conduisent à une courbe de croissancelinéaire,
s’écartantainsi sensiblement de la courbe moyenne.
Aussi,
comme l’ontsouligné
roxsaew- et al.(1953),
une courbe de croissance nepeut-elle
serapporter qu’aux
animaux d’unerace
donnée,
vivant dans des conditions déterminées et contrôlées.Les variations de la vitesse de croissance ne sont pas moins intéressantes à considérer : la
principale caractéristique
dugain
depoids journalier
est, eneffet,
sa variation dans le
temps ;
l’existence d’unpoint
d’inflexion entre le I Iet le17 e jour signifie
que la vitesse de croissance passe par un minimum à cetâge.
Cephénomène
a été constaté
graphiquement
par AsxTO! et CRAMPTON( 1943 ),
LEROY etI,f;R!
(I94d)!
FORSHAWet al.(ig5 3 ),
MANGERS et McCxkA(rg58).
Ce minimum de la vitesse de croissance ou « crise » est souvent attribué à une insuffisanced’apport
alimentaire(CicvARk!,
zg55 ;AUMAIT R E, 19 6 1
etrg6 5 ) ;
eneffet,
lesporcelets ingèrent
unequantité d’énergie
ou de matière sèche par unité depoids
vif minimum à cetteépoque
de transition entre l’alimentation lactée et l’alimentation sèche. Mais d’autresexpli-
cations ont
également
étéfournies ;
parexemple,
cettepériode peut correspondre
à des
phases
d’accroissement différentiel des divers tissus élaborés(BERGE
et INDREBO, I954 ! ‘!!ooD etGRovEs, zg63 ; !!,sr,!y, 19 6 4 )
et notamment à une formationplus
intense du tissu gras, dont l’élaboration est coûteuse. Plus
classiquement,
oninvoque
aussi des carences en
oligo-éléments
insuffisamment renouvelésdepuis
la naissance.L’existence d’un second
point
d’inflexion chez lesporcelets
de races Normandeet Piétrain
(maximum
de la vitesse decroissance)
semblecorrespondre
chez cesderniers à la « crise » du sevrage.
Dans le cas
présent,
nous n’avons pas estimé laprécision
de la détermination del’âge d’apparition
de ces « crises ». Il nous est donc difficile deprétendre
choisirentre les différentes
explications.
On remarqueracependant
que l’étendue des varia- tions del’âge
et dupoids
desporcelets
au minimum de la croissance est relativement faible(tabl. 3 ).
Le sexe et la taille de laportée
n’interviennentpratiquement
pas, alors que les variations dues à l’année ou au numéro deportée
semblentplus impor-
tantes ; on remarquera enparticulier
« que la date de la crise » sembleapparaître
de
plus
enplus
tôt au cours deportées
successives.Il convient
d’évoquer l’efet
de la racequi apparaît
nettement dans nos résultats.Rappelons simplement
que lesporcelets
de race Normande sont lesplus
lourds àtous les
âges
etqu’ils
sont suivis en cela par ceux de la race Limousine. Mais cetavantage
n’est que relatif etpeut
êtreattribué,
enmajeure partie,
à la faibleproli-
ficité
de
ces deux races(tabl. z). Toutefois,
cettehypothèse
mériteraitd’être
vérifiéesur des effectifs
plus
élevés pour les races Limousine et Normande. Nos résultatssont en accord avec ceux de CAMERi<YNCK
(196 0 )
et Mo!,!NAT et POULLENC(1962),
en ce
qui
concerne les races Piétrain etLarge
White.2
.
Effet
du sexeComme dans
beaucoup d’espèces domestiques,
lespoids
lesplus
élevés s’ob- servent chez le mâle.Néanmoins,
cetavantage significatif
à la naissancedisparaît
au sevrage et la vitesse de croissance n’est pas différente d’un sexe à l’autre au cours de l’allaitement. De nombreux auteurs sont en accord avec ces résultats
(BYWATERS,
1937 ;Or.o!ssoN, 194 8 ;
FR!D!!N etP!,ANCx, 196 3 , etc...)
à la foispour les
poids
à la naissance et au sevrage. Ce faitpeut
êtreexpliqué
par l’interven- tion de la castration du mâlequi
ralentit sa vitesse de croissance d’autantplus
que l’animal est castré à unâge plus
avancé(SA!,MON-L!G.9GN!uR
etFÉVRIER, 1959).
3
.
Effets
communs aux animaux d’une mêmeportée
Ces effets
qui
sont souventdésignés
par la dénomination d’ « effetportée
» ausens
large,
concernent, nous l’avons vu, ungrand
nombre de causes de variationparmi lesquelles
nous avons d’abord considéré l’année denaissance,
le numéro et la taille de laportée. L’interaction qui
existe entre ces trois facteurs est difficile àexpliquer ;
il semble(tabl. 5 )
que lesporcelets
issus despremières portées
aient étédésavantagés
au cours des 4 dernières années de contrôle. Ces interactions rendentimpossible
l’estimation exacte del’importance
des effets de ces trois facteurs consi- dérés individuellement.Toutefois,
comme le montrent les tableaux 3 et 4,l’effet
de l’année de mise bas
paraît
trèsimportant,
notamment au cours des années195 8
et 1959. Cela
souligne
le fait que lesporcelets
sont sensibles aux variations de milieu etprincipalement
aux conditions sanitairesqui peuvent
évoluer d’une année à l’autre à l’intérieur d’une mêmeporcherie.
Divers auteurs ont trouvé que l’influence de l’année de mise basreprésentait
de 6 à Io p. Ioo de la variance dupoids
à la naissance(LusH
etal.,
1934 ; FREDEEN etP!,ANK, I g6 3 ).
D’autres auteurs(B YWA TE R S,
1937 ; HAZEi< etal.,
1943 ;KoRxMAx, 1947 )
ontsignalé
que l’année de naissance avait uneinfluence notable sur le
poids
à 2Ijours
et sur lepoids
à56 jours
et queparfois
l’effetétait
particulièrement
accentué pour certaines saisons. L’effet du numéro deportée
intervient de
façon
moins nette, sauf en cequi
concerne lapremière portée
dontl’ensemble des
performances
sembleplus
faible. Cephénomène
a étésignalé
par de nombreux auteurs(McKENZIE, I g 2 8 ; Jo H A N SSO N ,
1931 ; KORKMAN, 1947 ; CES- BRON,195 8 ;
MoI,!NAT et POULLENC,19 6 2 ; L YN C H , 19 65) :
ils’explique
enpartie
du fait que non seulement le nombre et le
poids
des animaux nés sontplus faibles,
mais aussi parce que la
production
laitière de la mère est elle-même moinsimpor-
tante
(SAI,MON-I,EGAGN!UR, 1958).
L’effet
dépressif
de la taille de laportée
sur lepoids
individuel duporcelet
àdifférents stades est un
phénomène
bien connu que nous ne ferons querappeler
ici.De nombreux auteurs ont en effet trouvé des coefficients de corrélation
négatifs
entre le
poids
moyen et l’effectif desporcelets
d’uneportée,
tant à la naissancequ’au
sevrage
(A X F;I,S ON , I g 2 8 ; MURRAY,
1934 ; LuSH etal.,
1934 ; SMITH etDONAI,D,
1937; WINTERS et
al.,
zg4! ;CE SBRON , 195 8 ;
LODGE etMcDONA!,D, zg5g ;
OMT-VEDT et
al., 19 6 5 ).
On retiendra de l’ensemble de cesétudes, qui
sont en accordavec nos propres résultats que 5 à 25 p. 100de la variance du
poids
à lanaissance,
et i à 16 p. 100de celle au
poids
du sevrage, sont dus à l’effectif desporcelets
dans laportée.
La
figure
2montre que la relation taille de laportée-poids
duporcelet
est linéairepour des tailles de
portée comprises
entre 5 et zporcelets
et celaexplique
le faitque les coefficients de corrélation
reportés
dans le tableau 7 soient dans leurmajorité
linéaires.
Cependant,
il est admis engénéral (KoRKMa!, 1947 )
que lepoids
moyen duporcelet
s’accroîtjusqu’à
une taille deportée
voisine de 5, pour diminuer ensuite.4
. Corrélations entre
poids
et vitesse de croissance àdiférents âges
I,’influence
dupoids
à la naissance sur lepoids
au sevrage a été souvent étudiée : les diverses estimations de BAKER et al.( 1943 ),
DONALD(rg 39 ),
FopSHAw et aL.(I953)!
TETER et HANSON(rg5 9 ),
LODGE et MCDONALD(ig5g),
LYNCH(zg65),
etc.montrent que 6 à a5 p. 100 de la variance du
poids
au sevragedépendent
dupoids
à la naissance. Par contre, un nombre
plus
limité d’études(LusH,
zg43 ; BLUNNetal.,
1954 ; LODGE et PR!TT,19 65)
serapporte
à ladétermination
des liaisons entre lepoids
à la naissance ou au sevrage et les vitesses de croissance à différentespériodes.
Nos propres résultats dans ce domaine montrent que l’influence du
poids
à la nais-sance diminue
lorsque l’âge augmente.
D’autrepart,
une corrélationpositive
maisfaible existe entre le
poids
auxpremiers âges
et lespoids
et vitesses de croissance ultérieurs. Lepoids
à la naissance intervient defaçon beaucoup plus
limitée sur lesperformances
finales des animaux que sur lesphases précoces
de l’allaitement. Cecine
surprend
pasquand
on sait que lepoids
à la naissance duporcelet représente
0,4 ào,8
p. 100 de sonpoids
adulte contre environ 5 à 10 p. 100 chez la souris ou lesespèces domestiques.
Un autre
problème pourrait
êtreévoqué :
celui de l’estimation de laproduction
laitière des truies par des
pesées
de laportée
à différentsâges.
Lepoids
de laportée
à 2
i
jours
estgénéralement préféré
aupoids
à 6ojours
comme critèrepratique d’appré-
ciation de la
production
laitière des truies. Pourtant, ces deux critères ont sensible- ment la même valeur(Sa!,MOV-I,!G.!GV!uR, 195 8)
et sont, deplus,
fortement liés entre eux. Lepoids
à 60jours
est, d’autrepart,
en corrélation étroite avec legain
de
poids
de4 8
à 60jours qui
caractérisedavantage l’aptitude
individuelle de crois-sance du
porcelet (héritabilité plus élevée,
I,!G!u!,T etA UMAITR E, ig66).
Onpeut
donc trouver une doublesignification
dupoids
au sevrage(6 0 jours).
Ilrenseigne
à la fois sur la
production
laitière de laTruie,
cequi permettrait
d’éviter lapesée
à zr
jours toujours
fastidieuse et rarementeffectuée,
et sur lepotentiel
de croissance de laportée indépendamment
de l’allaitement. On ne saurait donc sous-estimer l’intérêt d’un tel critère.Nos résultats dans leur ensemble
soulignent l’importance
du milieu sur la crois-sance du
porcelet
et les difficultés rencontrées pour maîtriser certaines de ses compo- santes telles quel’année,
le numéro et la taille de laportée ;
cette étude constitueégalement
uneétape
nécessaire à la détermination del’importance
des causes devariation
d’origine génétique.
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