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Du hoquet dans le cours de la fièvre typhoïde · BabordNum

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(1)

FACULTÉ DE MÉDECINE ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX

ANNÉE 1894-1895 N° 59.

DU HOQUET

DANS

LE COURS DE LA FIEVRE TYPHOÏDE

THESE

POUR LE DOCTORAT EN MEDECINE

Présentéeetsoutenue publiquement le l#r Mars 1895

PAR

Jean-François DA.XJFIEIT *T iA.3\"

Né le 26Décembre 1869 àAuch (Gers)

MM. VERGELY professeur, Président

_ . , , , v ) JOLYET professeur,

Examinateurs dela Tbese.. MOUSSOUS agrégé

DUBREUILH agrégé Juges

Le Candidat répondra àtouteslesquestions qui lui seront faites sur les diverses

parties de l'enseignement médical

BORDEAUX

IMPRIMERIE DU MIDI, P. CASSIGNOL

91, EUE POBTE-DIJEAUX, 91

1895

(2)

FACULTÉ DE MÉDECINE ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX

M. PITRES Doyen.

PROFESSEURS

M. MICÉ

AZAM

Messieurs v PICOT.

Professeurs honoraires

Clinique interne « ^ PITRES

. I DEMONS.

Cliniqueexterne j LANELONGUE.

Pathologie interne DUPUY.

Pathologieet thérapeutiquegénérales VERGELY.

Thérapeutique ARNOZAN.

Médecineopératoire MASSE.

Cliniqued'accouchements MOUSSOUS.

Anatomie pathologique COYNE.

Anatomie BOUCHARD.

Anatomiegénéraleet Histologie VIAULT.

Physiologie JOLYET.

Hygiène LAYET.

Médecinelégale MORACHE.

Physique BERGONIE.

Chimie BLAREZ.

Histoire naturelle GUILLAUD.

Pharmacie... FIGUIER.

Matière médicale #. deNABIAS

Médecineexpérimentale FERRE.

Clinique ophtalmologique BADAL.

Clinique des maladies chirurgicales des enfants PIÉCHAUD.

AGRÉGÉS EN EXERCICE

MOUSSOUS.

DUBREUILH.

Pathologie interne etMédecine légale ( MESNARD.

CASSAET.

AUCHE.

SECTION DE MEDECINE

SECTION DE CHIRURGIE ET ACCOUCHEMENTS POUSSON.

Pathologie externe j DENUCE.

( VILLAR.

Accouchements } RIVIÈRE.

) CHAMBRELENT.

SECTION DES SCIENCES ANATO.UIQUES ET PHYSIOLOGIQUES

Anatomie etPhysiologie

j PRINCE IEAU.

Histoire naturelle N.

SECTION DES SCIENCES PHYSIQUES

Physique SIGALAS.

Chimieet Toxicologie DENIGES.

Pharmacie BARTHE.

COURS COMPLÉMENTAIRES

Maladies mentales.... MM. RÉGIS.

Pathologie externe DENUCE

Accouchements RIVIÈRE

Chimie DENIGÈS

Zoologie BEILLE

Clinique int. des enf. MM. MOUSSOUS Cliniq.desMaladiessyphilitiqueset cutanées DUBREUILH Cl. des mal. des fem. BOURSIER Cliniq. des maladiesdes voies urin. POUSSON

Mal. dularynx,desoreillesetdunez MOURE

Le Secrétaire delaFaculté :LEMAIRE.

Par délibération du 5 août 1879, la Faculté a arrêté que les opinions émises dans lesauteurs1 bèses qui lui sont présentées, doivent être considérées comme propres a leurs

etqu'elle n'entend leur donnerniapprobation ni improbation.

(3)
(4)
(5)

A mon Président de Thèse

MONSIEUR LE

DOCTEUR VERGELY

PROFESSEUR DE PATHOLOGIE ET THÉRAPEUTIQUE GÉNÉRALES

CHEVALIER DE LA LÉGION D'HONNEUR

MEMBRE CORRESPONDANT DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE

(6)
(7)

INTRODUCTION

L'observation d'un symptôme rare,

le

hoquet, dans

le

cours d'une fièvretyphoïde, chez un des

professeurs les plus

distingués de notre

Faculté,

et

dont la

présence ne

laissa

pas

que de causer de

vives inquiétudes

à son entourage, est

devenu pour nous un sujet

d'études aussi ardu

à

réaliser

à

cause de l'absence de matériaux que par le fait de notre insuffisance.

Sous l'inspiration

de

notre maître,

M. le professeur Ver-

gely, et grâce à ses

conseils,

nous avons

fait quelques recher¬

ches dans la littérature médicale, et nous avons pu nous convaincre que,

quoique n'étant

pas

décrit dans les Traites

classiques, ce symptôme

avait cependant été quelquefois

observé.

Faire œuvre utile dans de telles conditions serait une ambition plus

excusable

sous une

plume plus autorisée

que

la nôtre. Trop heureux

si les quelques documents, les

rares pierres que nous

apportons à l'édifice, pouvaient devenir

pour un autre

l'origine d'un travail

que

le talent d'observa-

(8)

8

tion et le temps qui nous a

fait défaut lui permettraient de

mener à bonne fin.

Pour nous,, plus

modeste dans notre entreprise, après

quelques

considérations physiologiques et générales sur le

hoquet, nous

envisagerons l'étude clinique de ce symptôme

dans la fièvre typhoïde,

d'après les

rares

observations

que

nous avons pu nous procurer, nous

étudierons son retentis¬

sement sur la fonction cardiaque,

le

système nerveux,

le

tube

gastro-intestinal. Mais disons-le d'ores et déjà, notre

étude portera

uniquement

sur

le hoquet qui se manifeste

dans le cours de la maladie et non pas sur ce

hoquet final,

indice d'uneterminaison

prochaine

et

fatale.

Quant à la

pathogénie,

nous ne pourrons

qu'émettre des

hypothèses; muettes sont, en

effet,

sur ce

point, les autop¬

sies de fièvre typhoïde, et nous

n'apportons nous-même rien

de ce côté.

Avant d'entrer en matière, c'est pour nous un

devoir bien

doux de rendre

publiquement

un

hommage à la fois mérité

etsincère àceux de nos maîtres qui nousont

toujours honoré

de leur attention durant le cours de nos études

médicales.

Nous ne saurions trop

remercier M. le docteur Baudri-

mont de la bienveillance qu'il

n'a

cessé

de

nous

témoigner

pendant les

deux

années

nous avons eu

la bonne fortune

d'être son externe.

Notre plus

vive reconnaissance est acquise à M. le docteur

Courtin qui abien

voulu

nous

faire l'honneur de nous pré-

(9)

parer à

l'internat, ainsi qu'à M. le docteur Monod qui

nous a

initié, pendant près

de deux

ans, à

la pratique des maladies

des femmes.

Enfin, nous sommes doublement

reconnaissant

à

M. le

professeur

Vergely, d'abord

pour

la bienveillance qu'il

nous a toujours

témoignée

et

pendant le

cours

de

nos

études

et pendantces

derniers mois, où,

pour

l'élaboration de

ce

travail,

ni ses conseils éclairés ni ses sympathiques encouragements

ne nous ont manqué, et ensuite pour

l'honneur qu'il

nous

a fait de nous donner l'idée de notre thèse et d'en accepter

la

présidence.

Nous n'oublierons jamais son

enseignement

savant au

lit

des malades, ni ses leçons trop courtes où

il

nous

apprit

à

aimer la médecine en nous la rendant pleine d'attraits et d'intérêt; le souvenir en restera toujours aussi

durable qu'empreint d'un respect affectueux dans notre mémoire.

D 2

(10)

DIVISION DU SUJET

Chapitre ï. Etude générale sur Je hoquet.

Chapitre II. Historique.

Chapitre III. Observations.

Chapitre IV.

Symptomatologie.

Chapitre V. Pathogénie.

Chapitre VI. Pronostic.

Chapitre VII. Traitement.

Chapitre VIII. Expériences.

Conclusions.

Index bibliographique.

(11)

DU HOQUET

DANS

LE

COURS

DE LA

FIÈVRE TYPHOÏDE

CHAPITRE

PREMIER

Etude générale sur le laocquiet,

« Le hoquet est une contraction subite et spasmodique du diaphragme, déterminant une brusque secousse de la paroi

abdominale etthoracique et s accompagnant d'un bruit rau-

que et inarticulé, causé par le resserrement et lavibration

sonore des lèvres de la glotte. » (Dictionnaire des sciences

médicales.)

Contraction du diaphragme, agitation convulsive de l'ab¬

domen et du thorax, vibration de la glotte, production d'un

bruit sonore, telle estla succession de ces différents actes.

(12)

12

Lacontraction du diaphragme, acte

initial, est brusque,

spasmodique,

involontaire. Elle refoule les organes contenus

dans l'étage supérieur de la

cavité abdominale dont elle

ébranle la paroi antérieure.

Le mouvement d'inspiration

détermine dans les voies

aériennes la précipitation avec

violence d'air qui frappe

l'orifice glottique. Mais la

glotte vibre aussi

par

suite du

resserrementdeses lèvres,à la

contraction de

ses mus¬

clestenseurs. La dilatation glottique n'est

donc

pas

isochrone

avec l'abaissement du diaphragme, comme

dans l'inspira¬

tion normale : donc le hoquet est un acte

de l'inspiration. De

même que dans tous les autres

phénomènes convulsifs, la

respiration est

anxieuse pendant toute la durée du hoquet.

Mais quelles sont les causes

du hoquet

au

point de vue

physiologique ? Ici,

l'accord n'a

pas

toujours régné parmi les

observateurs. Sans nous attarder sur leurs

opinions, disons

seulement que pourles uns,

le hoquet était dû à

un

trouble

des voies digestives, pourles autres, à un

trouble des voies

respiratoires. Bœrhaave

accusait l'œsophage, Hippocrate

l'estomac, Hoffmann mettait le diaphragme

seul

en cause :

« Septi transversi,

disait-il,

et annexarum

quarumdam par-

tium concussio spasmodica,

convulsiva, interrupta, molesta,

sub inspiratione facta, etcum sonora

aeria jper

os

explosione

stipata. »

La clinique nous montre

aussi le hoquet dans les affections

des organes

génito-urinaires (néphrites, calculs vésicaux,

cystites, cancer

de la prostate, abcès et tubercule de cet

organe, urétrites, etc.), dans

les affections du système ner¬

veux, l'hystérie, par

exemple,

et

dans

un

grand nombre de

troubles de ses fonctions.

Depuis longtemps

aussi,

on

connaît le hoquet des satur¬

nins, celui des tabagiques : ceux-ci

relèvent de l'intoxication.

(13)

Mais à côté d'eux, ne pourrait-on donner une place aux hoquets des maladies fébriles ? au hoquet

de la fièvre

typhoïde ? qu'il soit un signe

d'ataxo-adynamie

au même

titre que d'autres troubles nerveux; qu'il soit

à

l'action de

l'agent morbigène, microbe au ptomaïne, sur

les

centres

nerveux, il peut avoir pour cause, comme les hoquets toxiques, lesaltérations du sang, l'intoxication.

Rarement, sans doute, l'attention a été attirée sur ce point,

et, si nous lisons les anciens Traités, si nous consultons les

observations de fièvres infectieuses, nous ne le trouvons que peu signalé. Faut-il rapporterson absence à un

oubli de la

part des observateurs, ou bien à sa rareté ? Nous

incline¬

rions volontiers vers cette dernière opinion.

(14)
(15)

CHAPITRE

II

HISTORIQUE

Faire l'historique d'une question sur laquelle tous les

auteurs sont passés, sans même la plupart du temps y faire

la moindre allusion, d'un symptôme qui a rarement été

remarqué par les observateurs, est chose, on en conviendra

avec nous, tellement simple, que nousserons bref là-dessus.

Sydenham, parlant du hoquet dans les fièvres continues, s'exprime ainsi :

ce Hoc symptoma plerumque senibus (febri continua labo- rantibus) posteopiosas evacuationesaccidit vel per secessum

et diarrhœa, vel maxime pervomitiones, atque sœpenumero mortem prœforibus adesse denunciat (1) ».

Nous aurons plus tard, dans le cours de ce travail, l'occa¬

sion de revenir sur ce passage de Sydenham et de modifier le pronostic qu'il donne de ce symptôme.

Ferons-nous rentrer dans le cadre de notre historique les

observations de fièvressingultueuses des anciens et devons-

nous considérer leur symptomatologie comme analogue à celle des fièvres typhoïdes avec hoquet ? Nous ne le croyons

pas.

(1) Sydenham. Sect. 1., cap. 4.

(16)

16

Cependant, malgré l'impossibilité danslaquellenous avons

été de nous les procurer, c'est pour nous un devoir de con¬

science de signaler trois noms qui, chacun à leur,temps et

dans leur pays, ont observé un cas de hoquet dans le cours d'une fièvre typhoïde :

Lentilius (H-)- Febris m'aligna singultuosa non lethalis

confirmatio. Mise. Acad. nat. curios 1685. Norimb, 1705.

2 decuria IV, 292-299.

Tilingius. De febri maligna singultuosa non lœthali in

feminà quàdam. Mise. Acad. nat. curios. 1683, Norimb, 1698.

2 decuria II, 124-132.

Beigel. Typhusabdominalis, gefahr drohender singultus

im stadium reconvalescentiœ, Heilung durch f'aradisation des

Zwerchfells. (Wienn. med. Wochenchr. 1859, IX, 837.)

D'autre part, Monneret, dansson Traitéde pathologiegéné¬

rale, nous dit :

« Il n'est pas rare d'observer le hoquet sympathique chez

les sujets atteints d'hémorrhagie ou de ramollissement

cérébral, de fièvre typhoïde, d'ictère grave, d'hémorrhagies scorbutiques (1) ».

Enfin, Murchisson (2), ce Des mouvements spasmodiques,

tels que : soubresauts, contractures de la bouche, hoquets prolongés, ne se manifestent que dans le stade avancé des

casgraves. Jeles ai notés dans 11 de mes 100 cas, 8 de ces 11 cas, 13 des 89 autres cas furent mortels. »

Voilà, avec nos Observations I et II empruntées au passé,

tout ce que de laborieuses et longues recherches nous ont permis de trouver dans la science. C'est avec un bagage

aussi modeste etsans que rien ait jamais été écrit sur la question que nous avons entrepris notre pénible travail.

(1) Ed. Monneret. Traité de Path. gèn., tome III, partie, p. 417.

(2) Ch. Murchisson. Traité de la fièvre typhoïde,p. 147.

(17)

CHAPITRE

III

Observation I (Abrégée).

Sur la fin d'octobre 1784, je fus appelé à l'auberge Saint-Jacques

pour voir M. Lignon, qui était dansles premiers jours d'une fièvre violente.

Trois semaines avant de tomber malade, il ressentait quelques douleurs dans le bas-ventreavecmalaisegénéral.

Le 26 octobre, je trouvai le malade avec une fièvre violente, un pouls petit et vif; j'y observailes caractères du pouls intestinal, com¬

pliqués du stomacal. Le bas-ventre était météorisé, les urines étaient rouges et épaisses, la langue blanche.

Des douleurs vagues se faisaient sentir dans toutes les parties du corps, notamment aux reins où elles étaient très aiguës.

Les redoublements de fièvre se prolongèrent tellement qu'on n'observaitplus aucunintervalle entre eux ; le délire se manifestait detempsà autre, et, dans la nuit du dernieroctobre, lehoquet survint.

Les différents symptômes de la maladie, tels que la sécheresse dela

langue, la noirceur des dents et des lèvres, le météorismedu bas- ventre, me firent porter un pronostic sinistre. Les préparations d'opium, laliqueur minérale anodine d'Hoffmann, l'acide du citron,

l'eau froide, tout lut inutile pour apaiser le hoquet ; les convulsions

ne s'arrêtaient qu'un instant etrecommençaientavecplus de violence.

Lemalade, tourmenté par desvents qui ne pouvaient sortir qu'avec beaucoup d'efforts, rendaitquelques glaires paruneexpectorationtrès

gênée, et alors les convulsions étaient moins vives et les intervalles plus longs.

D

3

(18)

18 -

Le mardi au soir, le malade renditpar la bouche un verlong et

vivant. Le hoquet continuaavecla même force. L'opium augmenta

latranspiration sans amener aucun soulagement.

La fin duhoquet et de la vie du malade fut précédé d'un vomisse¬

ment considérable de matière épaisse, tenace et de couleur de fer.

(Nosereau, Journal deMédecine, 1785).

Observation II (Résumée).

Le docteurGamererrapporte lefait d'un homme âgé de soixante-

sept ans, d'une forte constitution, qui fut pris d'une fièvretyphoïde à

forme ataxique; traité dès le principe par le calomel, le malade, à

partir du huitième jour, éprouva des sueurs abondantes, après

lesquellesuneaméliorationsensible sedéclara dans les symptômes;

maisquelquesjoursaprès,ilsurvintuneéruptionaphteusesurles deux-

côtés de lalan'gue. En même temps, lemalade fut pris d'un hoquet

trèspénible qui le tourmentait surtout la nuit. Cependant les autres phénomènes morbidesnes'aggravaient point,si ce n'estune insomnie

fatigantequi paraissait due àce hoquet.

Emploi du sulfate de quinine aveclaudanum et limonade gazeuse-

Auboutdequelquesjours, sousl'influencedeces moyens,lehoquet

disparutet la maladie marchavers laguérison. (Mediçinischeu Cor-

respondenzBlatt, 1850.)

Observation III

(Due à l'obligeance de M. le Dr Laiturgue, de La Tresne, Gironde.)

M. D..., soixante-quatre ans, tonnelier, est atteint le 15 mars 1880

de lièvretyphoïde à forme abdominale: diarrhée abondante et. par¬

ticulièrement fétide: dix à douze selles parvingt-quatre heures. Au

(19)

19

trentième jour de la maladie, hémorrhagiesintestinales très abon¬

dantes qui se prolongent pendant sept jours, amenant un abaisse¬

ment considérablede latempérature qui, jusque-là. avait oscillé entre 39° le matin et 40° le soir.

En même temps que se produisent les hémorrhagies intestinales,

se,montre un hoquet eonvulsif, incessant, se produisant trente fois par minute, persistant pendant le sommeil. Ce hoquet dure pendant dixjourset dix nuits consécutifs sansinterruption.

(fuérison complètele quarante-cinquièmejour.

Le malade a eu uneconvalescence assezlongue, mais il a parfaite¬

ment guéri etjouit depuisneufans d'uneexcellente santé.

L'examen de l'urine n'a'pas étéfait pendant toute la durée de la maladie.

Le cas a étéparticulièrement grave.

Observation IV

(Duc al'obligeance de M. le DrMartin du Magny, médecin deshôpitaux)

MlleL..., dix-neufans, tempérament lymphatique, polysarcique, a

présentéle 1er octobre 1894 des accidents très nets de fièvretyphoïde, caractérisés par de la céphalalgie avec diarrhée, gargouillement dans

lafosseiliaque droite, apparition de taches rosées lenticulaires. Con¬

gestion des deux bases despoumons. Pas d'augmentation de volume de larate; pas de délire; pasd'hémorrhagies intestinales.

Durée de la maladiejusqu'au2 novembre 1894.

Jamais latempérature n'a dépassé38c6.

Le seul phénomène remarquable a été une respiration suspirieuse, entrecoupée de soupirs très profonds, donnantun peu le type de la respiration de Cheyne-Stockes. Pendant la journée du 19 octobre, la

(20)

20

nuit du même jour et la journée du 20 octobre, on< constata une augmentationnotable des soupirs,; la maladeéprouva quelques efforts

devomissements, et le hoquet apparut, se montrantpar crises.

Douleurspontanée ressentit1 au niveau des huitième, neuvième et

dixième cartilages chondro-sternaux du côté gauche.

Douleur provoquéepar la pression surle trajet du nerf phrénique,

excessivement intense pour le phrénique gauche entre les deux

scalènes ou à lapartie inférieure au niveau du bouton de Gruéneau de Mussy, relativement moindre pour ledroit moins hyperesthésié.

Etatvaporeux de la malade qui cependantn'étaitpas dans le coma., Il est à remarquer que depuis le début de lamaladie, les urines ont

été d'une rareté excessive(1/4 à 1/2 litre,parjour), sans compensation

soit du côté des sueurs, soit du côtédes selles.

Lehoquetaété calmépar l'anesthésie du phrénique produite par l'application de compresses au niveau du cou et de la base de la poitrine, imbibées avec lasolution :

La cessation du hoquet et des soupirs a étépresqueimmédiate. Les reprises ont été en s'abaissant rapidement. Mais il est à noter égale¬

ment que.cette détente fut accompagnée de la diurèse.

M. B..., trente-six ans, professeur à laFaculté de médecine, éprou¬

vait, depuis le 7 octobre 1894, une grande lassitude et avait la bouche

amère et pâteuse.

15 octobre. Toujours grande lassitude, malaise, inappétence. Le

maladeprend de la quinine.

Ether Chloroforme Menthol....

âà 30 gr.

4 gr.

Observation Y

(21)

21

A ce moment-là. M. Yergely futfrappé de l'altération de ses traits

et surtout de la fétidité de l'haleine. La température atteignait déjà

39° environ.

17 octobre. Toujours malaise, peau chaude. Pouls. 80; tempé¬

rature =39°.

Le malade continue cependant àvaquerà ses occupations.

19 octobre. Le malade s'alite. L'état général est toujours le

même. M. Yergely constate alors la présence de quelques taches

rosées lenticulaires; le foie est augmenté de volume çt. déborde de

trois travers de doigt le rebord des fausses côtes. La rate est égale¬

ment hypertrophiée; on ne constate pas de gargouillement dans ,la

fosse iliaque droite qui, cependant, est douloureuse à la pression.

M. Yergely diagnostique une fièvre typhoïde au début.

Le malade avait déjà pris des cachets renfermant :

Magnésie calcinée 0 gr. 50 cent.

Naphtolp 0 25.

Pour un cachet 21 3 parjour.

etde laquinine.

Sulfate de quinine 0 gr. 15 cent.

Pour un cachet 12 3 parjour.

Le maladea de la diarrhée. Cependant il se rend encore à une réunion préparatoireau Congrès pour l'avancement des sciences.

20 octobre. Lemalade s'alite définitivement; il ressent un grand malaise, beaucoup de fatigue. Son affaissement est extrême. Il a

toujours de la diarrhée.

Température : 38° à 39°.

Toujours fétidité de l'haleine.

22 octobre. Matin, 37°5; soir, 39°4.

Une selle diarrhéique.

23 octobre. Même état général. Matin, 37°5; soir, 39°4.

Une selle diarrhéique.

M. Yergely quitte le malade; il est remplacé auprès de lui par MM. Arnozan et Cassaët.

(22)

22 -

24 octobre. Matin, 37°5; soir, 39°6.

25 octobre. Matin, 37°8; soir, 38°8.

26 octobre. Aggravation. Matin, 38°4; soir, 40®.

27 octobre. Matin, 37°6: soir, 39°

On donne un purgatif à la manne.

28 octobre. Le malade a un petitaccès de hoquet isolé, qui est remarqué parM. Arnozan.

Matin, 37°8; soir, 39°.

L'analyse des urines est faite parM. Denigès.

Quantité émiseen 24 heures : 1,600 gr. Examen microscopique :

dépôt abondant d'acide urique amorphe et d'urates acides.

Densité à 15° centigrades = 1.029.

Résidu sec à 100° par litre= 63 gr. 80.

Résidu fixe au rouge par litre = 11 gr. 50.

Réaction = très acide.

Couleur=jaune foncée.

Urée =37 gr. par litre.

Acicle urique= 0 gr. 90 par litre.

Chlorures (en ClNaa)=4 gr. 50 parlitre.

Phosphates (en Ph205)=3 gr. 20 parlitre.

Sulfates (en SO3) =2 gr. 85 parlitre.

Sucre =0. ' Inosite =0.

Sels biliaires =0.

Matières colorantes biliaires= 0.

Urobiline petite quantité.

Indican= augmenté.

Serine =0.

Globuline=0.

Pyine0.

Peptone= 0.

29 octobre. Le hoquet revient par accès irréguliers. Le malade prend un purgatifléger à lamanne. Matin, 37°8; soir, 38°.

(23)

30 octobre. Le maladeéprouve un accablement considérable. Il

a un ou deux vomissements bilieux. La situation est très aggravée.

Le hoquet apparaît d'une façon bien évidente. Il est caractérisé par des secousses plus ou moins éloignées. Iln'est encore à ce moment

ni fréquent ni intense. Lapression, le long des espaces intercostaux

à. droite et à gauche du sternum neprovoqué aucunedouleur. Pas de

douleur nonplus le long du phrénique ni du pneumogastrique.

Le hoquet fatigue assez le malade pour que l'on prescrive dans le

but de le faire cesser :

Hyposulfite de soude 0 gr. 80 centigrammes Sirop de codéine pure 30 grammes

Eau de laurier-cerise 5

Eau de tilleul 90

pargrandes cuillerées toutes les heures.

On prescrit également du laudanum et de l'eau chloroformée. Mais

le hoquetrésiste àtous ces médicaments.

Matin37u4; soir 37°6.

31 octobre. Matin 36°8: soir 37°.

Toujours hoquets etvomissements.

On donne ;

Vin d'Espagne 90 grammes

Sirop de punch 30

Extrait moudequinquina 4

Alcoolature d'aconit 2

Sulfate dequinine 0 gr. 60 centigrammes

par grandes cuillerées toutes les deux heures.

1er novembre. Matin 37°; soir 37°4. A ce moment, latempérature n'atteignant pas38°, on prescrit :

Extrait mou de quinquina 4 grammes

Sirop de punch 20

Sirop d'écorce d'orange amère 20

Alcoolature d'aconit 1

Eauglycérinée 80

(24)

24

Lapotion est très difficilement supportée. Le lioquet persiste tou¬

jours etles crises se rapprochent de plus en plus. Des vomissements paraissent, assez abondants, tantôt verts, tantôtjaunes, dus à la bile.

Le malade ayant eu quelques tendances à la lypothymie,on croit à de

la faiblesse cardiaque que M. Yergely n'avait pas constatée, au con¬

traire, l'opinion de M. Yergely est confirmée par MM. Pitres et

Arnozan. On donnenéanmoins :

Citrate de caféine 0 gr. 80 centigrammes

Benzoate de soude 0 gr. 50

Sirop de vanille 40 grammes

Eau de citron 80

2 novembre. Même état. Matin 37°2; soir 37°2.

3 novembre. Matin 37°; soir 37°6.

Lemalade est dans un fétat moral déjà fâcheux à cette époque. Il considère safincommeprochaine, faitsesdernières recommandations et désespère de tout. La nuit, l'insomnieest à peu près complète.Le hoquet acquiert une violence très grande. Le malade ne peut rien supporter. Contrele hoquet, on prescrit successivement des révulsifs

au niveau des régions hépatique et épigastrique, des lavements de chloral, du sulfonal.

4 novembre. Matin 37°4; soir 37°8.

Toujours hoquet, même intensité.

5novembre. Matin37°8; soir 37°8. Même état.

6 novembre. Matin 38°; soir 38°2. Même état.

7novembre. Matin37°6; soir 38°6. Même état.

8novembre. Matin 38°8; soir 39°. Même étatgénéral. On prescrit

solution avec :

Bibromliydrate de quinine... 0 gr. 80 centigrammes

Eau distillée 10 grammes

Trois injections par jour. Cette médication a été longtemps con¬

tinuée.

(25)

25

9 novembre. Matin38°2; soir 38°4.

On prescrit :

Hydrate de chloral cristallisé Laudanum

2 gr. 50 centigrammes

6 gouttes 120 grammes

1 Eau distillée.

Jaune d'œuf,

pour un paquet 2, à une heure d'intervalle.

10novembre. Matin 37°6; soir 38°.

Enprésence duvolume du foie, de la sensation d'amertume de la bouche et de vomissements bilieux, on prescrit :

pour un cachet 2.

Ce calomel est d'ailleurs rejeté par le malade et on n'en prescrit plus à nouveau, à cause d'unelégère hémorrliagie intestinale qui fait

son apparition.

L'intensité du hoquet, sa fréquence et l'abondance des matières

vomies vont toujoursen augmentant. On donne:

Hydrate de chloral cristallisé 3 grammes

Laudanum de Syd 6 gouttes

Eau distillée 120 grammes

Jaune d'œuf 1

2° Eau distillée 5 grammes

Ghlorhydrate,de morphine 0 gr. 10 centig.

Acide salicylique 0 gr. 01

un quart de seringue.

11 novembre. Matin 38°; soir 38°.

L'état vatoujours s'aggravant, du moins au point devuedu hoquet

et des vomissements. Les hémorrhagies intestinales ne sont pas assez abondantes pour expliquer l'abattement dans lequel se trouve le

malade. C'est toujours le hoquet qui est le symptôme le plus alar¬

mant.

D i

Calomel à la vapeur 0 gr. 30 centigrammes

/

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- 26

Onprescrit :

Sirop d'écorce d'oranges amères 150 grammes

Bromure de potassium 10 grammes

Deux grandes cuillerées parjour.

Extrait thébaïque...

Extrait de belladone Iodoforme

0 gr. 01 cent.

0 gr. 01 cent.

0 gr. 003 mil.

Pour une pilule molle 20, une toutes les heures.

4 h. 12 du soir, injection de... 0 gr. 01 cent, de morphine.

6 h. du soir, injection de... 0 gr. 01 cent, de morphine.

9 h. 1/4 du soir, injection de... 0 gr. 01 cent, de morphine.

11 h. 1/2 du soir, injectionde... 0 gr 01 cent, de morphine.

12novembre. Matin : 38° 6; soir : 38° 4.

Le hoquet persiste toujours avec la même violence.

Le malade a plusieurs secousses diaphragmatiques et l'exclamation

vocale qui suit chaque secousse se compose d'une série de « ouh ! ouh ! ouh ! » successifs. Ces crisesdehoquet, qui ne s'attendent pas les unes les autres, empêchentle malade de boire, de parler, etc. Uri

accès de vomissement provoqué par le malade ou survenant sous l'influenced'unecause quelconque, suspend le hoquet, sinon complè¬

tement, du moins pour un certain intervalle de temps, allant de quel¬

quesminutes à uneheure.

A travers la paroi abdominale très amaigrie, on voit, à chaque accèsdehoquet,une série desecousses du diaphragme, qu'on ne sau¬

rait mieux comparerqu'à ce qui se passe dans le flanc d'un cheval atteint de pousse.

A chaque secousse convulsive, lepouls disparaît aux deux radiales

où il n'estplus perceptible.

Du côté du ventre, on note seulement un peu d'hypertrophie du

foie qui déborde le rebord desfausses côtes de deux travers de doigt,

et aussi unpeu d'hypertrophie de la rate.

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Cependant, le malade éprouve dans la fosse iliaque droite des dou¬

leurs assezvives, et telles qu'il ne peut y supporter l'exploration

manuelle la plus douce et la plus attentive. Pas de gargouillement.

Pas de douleur à la pression dans les espaces intercostaux à droite et àgauche lelong du sternum. Pas de douleur non plus le long du phrénique ni dupneumogastrique.

On donne :

Pour uncachet 2, à prendre en deux fois.

4 1t. 1/2 du matin, injectionde 0 gr. 01 cent, de morphine.

7 h. du matin, injectionde 0 gr. 01 cent, demorphine.

Midi 40, glace surleventre.

1 h.50, injection de0 gr. 01 cent, de morphine.

2 h., glace sur leventre.

De 6 h. à 9 h. dusoir, pas de hoquet.

De 9 h. à 9 h. 45, hoquet.

De 10 h. 3/4 à 11 h. 3/4, hoquet.

13 novembre. Matin : 38° 8.; soir : 38°.

Matin. 1 h. 20 à 3 h., hoquet.

4 h. à 5 h. 1 4, hoquet.

6 h. 1/2 à 7 h. 1/2, hoquet.

10 h. 35 à 11 h. 40, sommeil.

11 h. 40 à 12 h. 55, hoquet.

Soir. 2 h. 1/2, injection de 0gr. 01 cent, de morphine.

3 h. 1/2, un cachet menthol et sulfonal.

3h.'50, deuxième cachet pour arrêterle hoquet.

6 h. 10, un cachet sulfonal.

8 h. 41, s'endort.

9 h. 50, se réveille avec le hoquet, injection hypoder¬

mique de quinine.

Sulfonal Menthol

1 gramme 0 gr. 20 cent.

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