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De la fièvre syphilitique · BabordNum

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(1)

FACULTÉ DE

MÉDECINE

ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX

ANNÉE 1898-1899 111

DE LA

FIÈVRE SYPHILITIQUE

THÈSE POUR LE DOCTORAT EN MÉDECINE

Présentée et soutenue publiquement le 31 juillet 1899

PAR

Léon-Nlaximin-Edniond NODIER

à Labesserette (Cantal), le 29 mai 1872

'MM. ARNOZAN,professeur... Président.

Examinateurs de la Thèse : ) VERGELY,professeur ) / DUBREUILH,agrégé

j

Juges.

K RÉGIS,chargédecours...)

Le Candidat répondra aux questions qui lui seront faites sur les diverses parties de l'Enseignementmédical.

BORDEAUX

G. GOUNOUILHOU, IMPRIMEUR DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE

il, RUE GUIRAUDE, II

i899

(2)

FACULTÉ DE MEDECINE ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX

M. DE NABIAS Doyen. | M.

PITRES.

Doyenhonoraire.

PROFESSEURS: MM. MICE . . .

AZAM. . .

DUPUY.. . MOUSSOUS MM.

Professeurshonoraires.

Cliniqueinterne . . .

Clinique externe. . .

Pathologie etthérapeu¬

tiquegénérales. . .

Thérapeutique. . . . Médecineopératoire .

Cliniqued'accouchements.

Anatomiepathologique. .

Anatomie

Anatomie générale et histologie

Physiologie ...

Hygiène

PICOT.

PITRES.

DEMONS.

LANELONGUE YERGELY.

ARNOZAN.'

MASSE.

LEFOUR.

COYNE.

N...

VIAULT.

JOLYET.

LAYET.

Médecinelégale .

Physique ....

Chimie

Histoire naturelle Pharmacie . . . Matièremédicale.

Médecineexpérimentale .

Cliniqueophtalmologique.

Clinique desmaladieschi¬

rurgicalesdesenfants .

Cliniquegynécologique

Cliniquemédicale des

maladiesdesenfants Chimie biologique . .

MM.

MORACHE.

BERGON1É.

BLAREZ.

GUILLAUD.

FIGUIER.

deNABIAS.

FERRÉ.

BADAL.

PIÉCHAUD.

BOURSIER.

A. MOUSSOUS.

DENIGÈS.

AGRÉGÉS EN EXERCICE:

section de médecine(Pathologie interne etMédecinelégale.)

MM.GASSAET.

AUGHÉ.

SABRAZÈS.

MM. LeDANTEC.

IIOBBS.

section de chirurgie etaccouchements

(MM.BINAUD.

Pathologie externe., BRAQUEHAYE ( CHAVANNAZ.

Accouchements.|MM. CHAMBRELENT.

FIEUX.

Anatomie

Physique.

section des sciencesanatomiques et physiologiques

IMM.PRINCETEAU. I Physiologie . . . MM.PAGHON.

'

'( GANNIEU. I Histoirenaturelle.

BEILLE.

section des sciences physiques MM.SIGALAS. Pharmacie . . .

COURS COMPLÉMENTAIRES Cliniquedes maladiescutanées et syphilitiques

Cliniquedes maladiesdes voies urinaires. . . . Maladiesdularynx, desoreilles etdunez. . Maladiesmentales

Pathologie externe Pathologie interne

Accouchements Chimie

Physiologie

Embryologie . .

Pathologie oculaire

CONFÉRENCEd'hydrologieetminéralogie.

M.BARTHE.

MM.DUBREUILH.

POUSSON.

MOURE.

RÉGIS.

DENUCÉ.

RONDOT.

CHAMBRELENT.

DUPOUY.

PACHON.

GANNIEU.

LAGRANGE.

CARLES.

LeSecrétaire de laFaculté: LEMAIRE.

Pardélibération du 5 août1879, la Faculté a arrêté que les opinions

émises dans les

Thèses quiluisont présentéesdoivent être considérées commepropres

à leurs auteurs, et

qu'ellen'entend leurdonnerniapprobation niimprobation.

(3)

MEIS ET AMICIS

(4)
(5)

A MON PRÉSIDENT DE THÈSE

A MONSIEUR LE DOCTEUR ARNOZAN

PROFESSEUR A LA FACULTÉ DE MEDECINE MÉDECIN DES HOPITAUX

(6)
(7)

INTRODUCTION

En faisant notre thèse sur la fièvre syphilitique, nous avons

eu pour but de réunir en un travail d'ensemble les idées sur

ce sujet qui, dans la littérature médicale, étaient éparses un peu partout.

Nous avons eu notamment pour but de réunir, autant qu'il

nous était possible, les dernières opinions qui ont été émises

par les auteurs sur ce sujet.

Il està remarquer, en effet, que, depuis 1889, aucun travail

d'ensemble n'a paru sur la question. En 1889, Vialaneix a fait

un travail sur la question et a signalé la fièvre syphilitique

comme prodrome de la période secondaire.

Depuis cette thèse, aucun travail n'aparu sur ce sujet.

L'ensemble de notre thèse est divisé en trois parties. Dans

la première, nous feronsun historique succinct de la question.

Dans la seconde, nous définirons exactement ce que l'on

doit entendre par fièvre syphilitique. Nous éliminerons toutes

les causes d'erreur, tous les faits qui pourraient en imposer

pour de la fièvre syphilitique.

Nous décrirons cette fièvre syphilitique suivant les périodes auxquelles on peut l'observer, suivant les anomalies ou les

divers modes qu'elle peut présenter.

Autant que possible, nous réunirons à ce sujet-là le plus

de documents que nous pourrons.

Dans la troisième partie, nous ferons pour ainsi dire le diagnostic différentiel de la fièvre syphilitique; nous décrirons

(8)

8

sa fréquence suivant les âges et suivant les sexes, sa date d'apparition, sa durée totale, et non seulement cette durée

suivant les périodes, mais encore la durée des accès eux- mêmes.

Quandnous disons : la durée dela fièvre syphilitique, qu'on

ne se méprenne pas sur le sens de nos paroles; nous enten¬

dons par là la durée ou plutôt le temps ou la période pendant laquelle on peutrencontrer des accès de fièvre syphilitique.

Dans la dernière partie enfin, nous tirerons les conclusions

quel'ensemble des faits étudiés nous aura imposées.

Des observations compléteront ce travail.

En terminant cette introduction, qu'il nous soit permis de

remerciernosmaîtres de la Faculté et des Hôpitaux de toute

la bonté qu'ils ont eue pour nous pendant le cours de nos études médicales.

MM. les professeurs Picot et Démons, dans le service des¬

quels nous avons eu le bonheur de faire une bonne partie de

nos études, laisseront dans notre mémoire le souvenir de

«

maîtres dont la science s'allie à la bonté.

Que MM. les professeurs Badal et Lagrange veuillent rece¬

voirl'expression de notre gratitude pour toute la bonté qu'ils

ont eue pour nous.

Que M. le professeur agrégé Beille reçoive ici l'expression

de toute notre reconnaissance pour la bienveillance avec laquelle il a bien voulu s'occuper d'un de ses modestes compatriotes.

En acceptant la présidence de notre thèse, M. le professeur

Arnozan nous a fait un grand honneur et nous permet une fois de plus d'apprécier son indulgente bienveillance; qu'il eçoive nos remerciements sincères.

(9)

DE LA

FIÈVRE SYPHILITIQUE

HISTORIQUE

Lafièvre syphilitique a été connue de tout temps; il semble

même qu'avec les accidents tertiaires elle ait été ce qui a le plus attiré l'attention des premiers syphiligraphes.

En effet, ils s'étonnaient qu'unemaladie aussi terrible quele

malfrançais oule mal napolitain, donnât lieu à sipeu de réac¬

tions fébriles.

C'était pour eux une source d'étonnement et de curiosité, et, de fait, quoique la syphilis ait réellement bien changé depuis cette époque au point de vue de la malignité, sur ce

point, les syphiligraphes modernes n'en savent guère plus long

que leurs prédécesseurs.

Pourquoi la syphilisest-elle une maladie somme toute apy-

rétique? c'est ce que l'on n'a pas encore expliqué. Sans doute,

il ne faut pas prendre apyrétique dans le sens absolu du mot,

au pied même de la lettre; ce serait exagéré.

Il y a de la fièvre dans la syphilis; mais cette fièvre passe le plus souvent inaperçue. C'est sous la dénomination de dou~

leurs vagues, de malaise général, de courbature, qu'on la

désigne.

(10)

10

Ordinairement,comme elle

apparaît

au

début de la période

secondaire, on yprête peu

d'attention;

on se

contente de for¬

muler du mercure, et tout est

dit. Voilà comment, petit à

petit, surla

foi des auteurs,

on

était arrivé à vouloir faire de

lavérole une affection, ou plutôtune

infection apyrétique.

Actuellement, on tend de

plus

en

plus à faire de la syphilis

une maladie infectieuse; par analogie, on a

pris la contre¬

partie des

anciennes opinions, et

on a

voulu à toute force que

la syphilis soit une

maladie dont l'évolution et particulière¬

mentl'invasion esttoujours marquée

de fièvre.

La vérité, à notre avis,

n'est ni dans l'un ni dans l'autre cas :

elle setrouve entre les deux; les deux

partis ont trop exagéré.

C'est dans un juste milieu

qu'est la vérité. Sans doute, la

syphilis n'est pas une

infection franchement apyrétique, mais

son évolution ne se passe jamais sans

qu'il

y

ait,

une

fois ou

l'autre, d'ascensions

thermiques types, dont la cause est impu¬

table incontestablement à la syphilis.

Il est vrai que le plus

souvent cette ascension thermique

passe inaperçue, comme nous

le disions tout à l'heure, du

médecin et du malade, perdue au

milieu de la poussée géné¬

rale secondaire. Fait qui explique

la raison

pour

laquelle les

anciens auteurs avaient fait de la

syphilis

une

maladie dont

l'évolution ne s'accompagnejamais

de fièvre.

C'est ainsi que Nicolas

Léonicène disait,

en

1497

: «

C'est

une règle presque

générale

que

les malades affectés du mal

français sont exempts

de réaction fébrile

;

si la fièvre se mon¬

tre en quelques

occasions, elle est toujours si faible qu'ils en

ont à peine conscience. »

Dans la même année, Gaspard

Torella disait,

en

discutant

de la syphilis : « Les

lettrés l'appellent grosse vérole ; mau¬

vaise dénomination, car ce n'est pas une

espèce de variole

(pas defièvre,

symptômes bien différents).

En 1514, Jean de Vigo

disait

: «

C'est

une

petite fièvre qui,

se surajoutant aux

symptômes qui précèdent, conduit les

malades à l'étisie progressive et

à la mort.

»

S'opposant à ces

idées, Jacques deBéthencourt, en 1527, pré-

(11)

11

tendait que « la fièvre est, en revanche, un symptôme qui fait

le plus habituellement défaut ».

Matthiole (de Sienne), qui fut le premier à administrer le

mercure à l'intérieur, s'il faut en croire Kurt Sprengel, dit,

dans son travail sur le mal français, que la forme bilieuse de

cette maladie s'accompagne d'une petite fièvre, soit du mode tierce, soit du mode étique.

Fracastor, dans son Sphilidis sive de morbo gallico (t. III),

dit : « que les premiers symptômes étaient des lassitudes, de l'abattement, de lafaiblesse, de la pâleur du visage... », mais

sans parler aucunement de la fièvre syphilitique.

De même, Ambroise Paré (liv. XIV, ch. iv) indique « une lassitude générale au point que les malades semblent avoir été battus de bâtons et ne peuvent cheminer ni porter les mains

sur la tête, sinon avec grande difficulté ».

Comme on le voit, les premiers syphiligraphes ont tousou à

peu près nié l'existence de la fièvre dans la syphilis, d'où le

vieil adage : Morbus gallicusest morbus absquefebre.

Il faut arriver à l'époque moderne pour trouver des études

sur ce symptôme.

Hunter, le premier, dans son ouvrage : A treatise on the

venereal diseases (London, 1876), en indique les caractères et

distingue la fièvre syphilitique deuxième symptomatique et la

fièvre syphilitique essentielle ;

« Cette fièvre, dit-il, ressemble à la fièvre rhumatismale.

Les altérations locales de la syphilis constitutionnelle s'accompagnentordinairement de fièvre,d'agitation,d'insomnie

et souvent de céphalalgie.

» Ces symptômes se montrent souvent indépendamment

de toute action locale et sans en être accompagnés. Il est très difficile alors de reconnaître la véritable nature de la

maladie, et, dans les cas qui,ne sont pas susceptibles d'une démonstration bien claire, il faut étudier et rassembler avec soin toutes les circonstances.

» Plusieurs de ces symptômes cèdent à l'emploi du mercure et c'est peut-être la seule circonstance qui puisse me porter à

(12)

12

admettre qu'ils dépendent de la présence du virus syphi¬

litique. y>

Cette dernière affirmation ne paraît pas suffisante à Swe- daur, qui conteste la réalité de la nature syphilitique de

certaines fièvres intermittentes rapportées par ses prédé¬

cesseurs.

En revanche, c'est lui qui, le premier, a nettementdistingué

la fièvre essentielle prodromique de la période secondaire.

Swedaur, dans son Traité complet sur les symptômes des effets, la nature et le traitement de la syphilis (Paris, 1798),

s'étendit longuement sur les prodromes de l'invasion syphi¬

litique : ce Avant que le virus syphilitique existant dans

le système du corps produise des éruptions ou autres effets nuisibles, les malades tombent souvent dans des abattements

et des langueurs extraordinaires... Outre ces symptômes, les

malades éprouvent souvent de la faiblesse et de la lassitude

non seulement pendant le jour, lorsqu'ils sont debout, mais plus spécialement le matin lorsqu'ils se lèvent.

Le sommeil

ni le lit ne leur procurent aucun repos, aucun

rafraîchisse¬

ment, ils sont attaqués d'une fièvre de l'espèce lente, avec

un pouls faible et accéléré, les yeux enfoncés, le

cercle de

l'orbite livide, ils ont les épaules et les côtés douloureux.

La physionomie montre une constitution harassée et viciée,

en un mot le maladedépérit sensiblement. » '

Plus tard, Hecker et Morelli distinguèrent cette fièvre pro¬

dromique de la période secondaire de la fièvre prodromique

des éruptions secondaires.

Ricord, Vidal de Cassis, Bazin en parlèrentsans s'y arrêter

et surtout sans yattacher d'importance capitale.

Guntz, dans son mémoire : Das Syphilitische (Farge's Zeitschrift, neue Folge, II, 3, 1863), fit la chose d'une façon plus scientifique, et c'est avec le thermomètre qu'il étudia ce

symptôme. Il trouva, en outre, en même temps, un nouveau symptôme qui s'ajoutait à la fièvre : la boulimie.

Il nota que la fièvre prodromique de la période secondaire

est continue et rénitente; il nota, enfin, chose discutable, la

(13)

13 -

gravité consécutive de la syphilis lorsque celle-ci est accom¬

pagnée de fièvre. Il discuta, en outre, longuement des carac¬

tères différentiels de la fièvre syphilitique et de celle de la

rougeole, de lavariole et autres exanthèmes fébriles.

Lancereaux, dans son Traité de la syphilis, ne fit queredire

ce qu'avait signalé Guntz; il parla de l'élévation de la tem¬

pérature et de lafréquence du pouls.

De Castelnau et Ghausset, dans les Annales des maladies de la peau (numéros de juin 1845 et d'avril 4852), ont décrit

une fièvre syphilitique primitive que les auteurs modernes n'ont pas admise.

Bassereau, dans son Traité des affectionsde lapeau symp- lomatiques de la syphilis, insista longuement sur la fièvre. Il fit même une statistique sur la fréquence des symptômes prodromiques.

En 1854, Yvaren, dans son Traité des métamorphoses de la

syphilis, parla de la fièvre syphilitique; Diday, dans Y Histoire

naturelle de la syphilis, donna son opinion sur la question.

Depuis cette époque, Courtaux, Ingold, Antonini, Viala-

neix ont publié des mémoires sur ce sujet.

Le professeur Fournier qui, déjà en 1873, avait fait une

statistique sur la fièvre syphilitique, en 1881, dans ses leçons cliniques : De la syphilis étudiée principalement chez la

femme, s'occupa de la fièvre syphilitique.

« Ce n'était pas cependant, écrit M. Fournier, que de toute nécessité on eût observé de temps à autre des accidents fébriles chez des sujets syphilitiques.

» Mais ces accidents, on croyait trouver de bonnes raisons pour les expliquer et les rapporter à telle ou telle cause

étrangère à la syphilis : c'étaient des coïncidences, disait-on.

C'étaient des accidents fébriles imputables à des causes étran¬

gères, à des maladies incidentes venant faire intercurrence dans la syphilis, ou bien encore ces symptômes n'étaient que

la conséquence de manifestations syphilitiques qui en étaient

la conséquence inflammatoire, ce qui est vrai pour certains

cas, nous le verrons bientôt. Mais jamais il n'était venu à

(14)

, 14

l'esprit de personne,

sauf de Hunter peut-être, que la syphilis

pût réaliser un état

fébrile

propre,

essentiel, sine materia,

indépendant de toute

manifestation locale appréciable. »

La doctrine actuelle va directement à

l'encontre de

ces

croyances du passé, et

donne

pour

base à l'étude de la fièvre

syphilitique lesdeux

points suivants

:

1° La syphilis, loin d'être une

affection invariablement

apyrétique, est

l'occasion fréquente, très fréquente même,

d'accidents fébriles, variés comme

forme,

comme

intensité,

comme durée, etc.;

2° Ces accidents fébriles ne sont pas toujours symptoma- tiques de troubles

fonctionnels

ou

de lésions qui les provoquent

et les expliquent : le plus souvent, au

contraire, la véritable

fièvre syphilitique a son

existence

propre,

dérive immédiate¬

mentde la diathèse,se produitsans

intermédiaire, et constitue

ainsi une fièvre essentielle spécifique.

R.ollet (Traité des mal. vén.),

parlant des symptômes qui

accompagnent l'infection

syphilitique dit

: «

Ils s'accompagnent

rarement de fièvre : onvoit cependant des

individus chez qui

le pouls est

accéléré. C'est habituellement

sous

forme d'accès

que la fièvre se montre,

et

presque

toujours

au

moment des

exacerbations des douleurs. Ces accès sont généralement noc¬

turnes, caractérisés alors par

la chaleur, suivis de

sueurs,

mais sans frisson initial. »

En 1888, le Dr Morin, dans sa

thèse intitulée

:

De la typhose

syphilitique, étudia les

symptômes primordiaux de l'invasion

du virus syphilitique, mais

il s'occupa surtout de

ce que

Fournier a appelé : la fièvre

syphilitique essentielle.

Voilà, en quelques mots,

résumé l'ensemble des titres des

travaux qui ont trait à la

question.

(15)

CHAPITRE PREMIER

La fièvre

syphilitique

en général.

Quelles quesoient lespériodes auxquelles onpeutl'observer,

la fièvre syphilitique a, d'une façon à'peu près constante,

presque toujours quelques grands caractères généraux, toujours les mêmes.

Nous allons donc l'examiner en premier lieu et indiquer les

caractères principaux qu'elle affecte, quelle que soit l'époque

à laquelle elle se manifeste.

Les auteurs ont insisté avec juste raison sur la difficulté d'en indiquer le symptômeinitial. Quelquefois, assez rarement

même, le symptôme annonçant la fièvre se traduit par un ou

plusieurs frissons qui ouvrent lascène, une sensation de froid

qui peut même allerjusqu'au claquement des dentsets'accom.

pagner de tremblement dans tous les membres; tel est le début.

Nous devons ajouter que, comme le dit Courtaux, ce frisson n'acquiert que très rarement une semblable intensité. Dans

quelque cas, la fièvre éclate brusquement; tout à coup, le

malade se met à frissonner et à grelotter, etle frisson ne tarde pas à être suivi d'une réaction intense, Dans d'autres cas, les plus fréquents du reste, c'est plus insidieusement que débute

la fièvre syphilitique : on observe alors des symptômesprécur¬

seurs que les auteurs ont soigneusement notés; des sortes de

(16)

16

prodromes permettant d'annoncer la venue prochaine de la

fièvre syphilitique. Ces symptômes précurseurs consistent en lassitude générale, de la courbature accompagnée de douleurs

de tête, tantôt sourdes, tantôt aiguës, mais que le malade

connaîtbien ; à l'avance, le malade vous dit qu'il va avoir un accès fébrile, et il ne se trompe pas. Quelle que soit, du reste,

la façon dont l'accès de fièvre syphilitique a débuté, il est

constamment caractérisé par l'élévation de la température et

l'accélération du pouls, phénomènes auxquels viennent se joindre la fatigue générale et les troubles concomitants

des

autres fonctions de l'organisme dans lesquelles la syphilis vient porter la perturbation. D'après Guntz, la fièvre, dans les cas

ordinaires, se traduirait par une température de 38° le soir

et de 37°4le matin. D'après Viallaneix, la fièvre syphilitique

atteindrait brusquement 39°, oscillerait pendant quatre jours

entre 39°5et38°6, et tomberait le cinquième jour, d'une façon brusque, presque à la température normale, et au momentoù l'éruption est complètement effacée; il n'y auraitlàqu'un stade

d'état et une descente brusque. Dans une de ses observations,

Viallaneix cite un cas dans lequel la fièvre était continue et atteignait parfois 40°. Ce fait n'a rien d'étonnant, et a déjà été signalé par Brenner etVajda. Le pouls est régulier sans être trop accentué. D'après Lancereaux, dans son Traité de la syphilis, on peut compter 110et même 120 pulsations. «Petit

à petit,dit Diday, quoi qu'il ensoit, on constateunediminution plus ou moins brusque des symptômes prodromiques de la

fièvre au moment survient l'éruption cutanée. Celle-ci

semblait concentrer tous les efforts de l'économie; mais sou¬

vent, aulieu de disparaître, ces manifestations fébriles persis¬

tent ou mêmes'aggraventpendant les deux ou trois premières

semaines de l'éruption syphilitique. Lancereaux dit qu'en

même temps que la fièvre disparaît, l'éruption apparaît,

comme dans quelques maladies infectieuses, ou bien, elle persiste, devenant de plus en plus forte, comme dans la scar¬

latine, ou enfin elle persiste, plus ou moins amendée, comme dans la rougeole.

(17)

17

Parmi les particularités de la fièvre syphilitique, on a cité le manque d'appétit, malgré Guntz et ses observations de

boulimie, des sueurs profuses, phénomènes généraux n'exis¬

tant pas dans les autres fièvres.

Enfin, la fièvre disparaissait lors de

l'éruption,

preuve de

sa dépendance de la syphilis.

Comme symptômes généraux, on a signalé d'abord la

céphalée, plus forte la nuit, localisée à la région frontale et

pariétale surtout, parfois généralisée à toute la tête; un lum¬

bago général, de

l'affaiblissement,

de

l'inappétence,

de l'em¬

barras gastrique, la langue sale, des envies de vomir, des

troubles nerveux, des

éblouissements,

des bourdonnements d'oreille, des vertiges, du délire, des névralgies, des troubles de la sensibilité, des douleurs articulaires et musculaires vagues, de la dyspnée, de la diarrhée ou constipation.

On a môme été jusqu'à citer de véritables cas de démence

passagère; 4 cas d'aliénation mentale, d'après Kieman, au cours d'un fièvre précédantla roséole.

En un mot, on a cité tous les symptômes possibles.

Nous allons ne nous occuperque des symptômes importants

et sérieux; et le premier de tous, si c'est à la fièvre de la

période secondaire que l'on a affaire, est la concomitance d'une éruption qui se généralise plus ou moins rapidement.

Pourquelques symptômes, les auteurs ne sont pas d'accord;

ainsi, pour

Viallaneix,

la langue saburrale et le peu d'ap¬

pétit seraient de règle. Pour

Courtaux,

au contraire, très

souvent l'appétit serait conservé, sinon entièrement, du moins plus que ne l'auraient fait supposer l'accélération du pouls et l'élévationde la température. En second lieu, la langue serait nette, presque absolument normale. Ces différences dans la

symptomatologie de la fièvre syphilitique proviennent surtout de ce que les auteurs n'ont pas bien indiqué les périodes auxquelles ils l'observaient. C'est qu'il faut chercher la cause véritable de toutes ces contradictions.

Les faits qui suffisent à donner à la fièvre syphilitique

une allure spéciale, sont : d'abord son inconstance même, son

MONIER

2

(18)

évolution variable, sa durée, qu'il est

impossible de déter¬

miner. Lefrissonnement plutôt que le

frisson répété, léger et

fugace.

L'association à l'état fébrile de symptômes tels que

la cé¬

phalée, de douleurs

ostéocopes, des arthralgies, des myo-

salgies, phénomènes sur

lesquels

nous

reviendrons.

(19)

CHAPITRE

II

Fréquence.

Les auteurs qui ont traité la fièvre syphilitique sont loin

d'être d'accord sur safréquence.

Alors que les uns la prétendent fréquente, d'autres, au contraire, la prétendent rare; d'après M. Fournier, sur

1,120 femmes traitées à l'hôpital de Lourcine, on aurait observé 351 phénomènes fébriles dûment caractérisés, sans

qu'aucune autre cause soit intervenue pour produire cette pyrexie. D'après Courtaux et Morin, cette proportion serait

encore inférieure à la vraie : il y aurait nombre de femmes qui n'auraient été observées qu'après un temps trop court.

D'après Bassereau, on l'observerait 143 sur 199 cas. Mac

Carthy (th. de Paris, 1847), sur 60, l'a trouvée 40 fois;

Edm. Guntz (Das Syphilitische Feber, Russenmeisters Seilschrifl,. Leipzig, 1867) note l'élévation de la température statistique; Janomsky (Wiertelsch. f. d. kr. Spilkunde, Vol. GXXV, p. 61, 1875), 23 0/0; Bremer, 19 fois sur 20

aux premiers accidents secondaires, et 16 fois sur 25 à la suite (Nordikst. medicinisk Arkiv, t. VI, 30, 1875); Vajda (Wiertelsch. f. Dermat., Vienne, 1875), 86 fois sur 102,

ou 84 0/0; Jullien est du même avis; Hutchinson n'en a noté que dans la minorité des cas observés.

D'une façon générale on a vu, par l'ensemble des opinions

que nous venons de citer, que la fièvre syphilitique, si elle

(20)

20

n'est pas un

accident constant, n'en constitue pas moins un

symptôme fréquent.

La fréquence suivant le sexe « est

incomparablement plus

grande chez la femme que chez

l'homme. A ce point de vue

même il existe

une

inégalité

digne de remarque.

Les hommes sont très peu sujets à cette

fièvre et encorele plus souvent

n'atteint-elle chez

eux

qu'une

intensité médiocre; la constitution

féminine

se

montre infini,

ment plus accessible que

l'homme

aux

réactions viscérales

et nerveuses pendant la

période secondaire. Lanoereaux, Faid,

Gourteau, Ingold,

Anlonini, Pernin, Lebeuf, Richard, Mauriac

Morin, sont tous unanimes.

C'est surtout chez les jeunes femmes

lymphatiques qu'on

remarque la fièvre

syphilitique

on

la trouve aussi très fré¬

quente chez les gens nerveux.

Drisdale, dans un

article

paru

dans The British med.

Journ., 1881, sur le

pronostic de la syphilis chez la femme

et l'enfant, dit que la

syphilis secondaire est plus grave chez

la femme que chez l'homme, que

les céphalées et les troubles

nerveux y sont et

plus intenses et plus fréquents. Il est

assez rare en outre de trouver chez l'homme ces

accès de

fièvre qui constituent

chez la femme

une

véritable pyrexie.

Quinquaud et

Ullmann dans les Annales de dermatologie

cl desyphiligraphie de

1881, constatent

que

chez les vieillards

on n'observerait pas de fièvre,

tandis

que

chez les jeunes

gens on

observerait des hausses de température de deux à

quatre dixièmes.

Le Df Ohlm (Hosp. Titende,

de B. VII, 2,. 3, Copen¬

hague, 1880),

dans

un

travail

sur

la marche de la température

chez les enfants syphilitiques,

cite 23 observations prises à

l'hôpital de

Copenhague

par

le Dr Engelsted. D'après ce

travail, il n'y aurait que

6 enfants chez lesquels on aurait

observé de la fièvre. D'après cet auteur,

la température

descendraitau-dessous de la normale dans les cas

de syphilis

héréditaire. A l'encontre de cette opinion,

Cannelo Andronico

(Lo Sperimentale,

1886,

p.

628) relate plusieurs cas de fièvre

syphilitique

essentielle chez des enfants syphilitiques héré-

(21)

21 -

ditaires; il parle notamment d'un enfant de sept à huit mois

chez lequel la quinine échoua constamment et chez lequel

le traitement spécifique put seul venir à bout de la pyrexie.

Pour Guntz, la syphilis ne présenterait de fièvre quedans les

cas de syphilis acquise.

Il nous reste maintenant à examiner l'influence des diverses diathèses intercurrentes qui peuventserencontrer au cours de

la syphilis et l'influence de la grossesse et de la parturition

sur la production de la fièvre syphilitique essentielle.

Morin, dans sathèse (Paris, 1875), prétend que lagrossesse prolongerait la duréede la fièvre. Dans son traité de la syphilis,

Lancereauxajoutequela grossesse seraitlacause occasionnelle d'accidents secondaires.

Dans ses leçons sur la syphilis, Fournier dit qu'elle existe

et qu'elle constitue une complication pour la parturition, ne tranchant pas la question. Savreste et Fauconnier prétendent

que lagrossesse s'accompagne toujours de fièvre.

Combes prétend, au contraire, que c'est l'exception, et dans

unelongue statistique, il essaie de montrer qu'il faut chercher

une autre cause à la fièvre syphilitique.

Enfin, Morin prétend que la fièvre serait la règle dans la majorité des cas. Il cite à l'appui une statistique de 788obser¬

vations prises surdes femmes; 239 fois l'étatfébrile aéténoté,

ce qui donne une proportion de 29.92 p. 100, c'est-à-dire un

cas de fièvre sur trois. Quant à l'influence des diverses dia¬

thèses ou infections intercurrentes sur la fièvre syphilitique, il

ne semble pas que ce symptômesoit particulièrementintéressé

par leur présence.

Une rougeole, une fièvre typhoïde survenant au cours d'une syphilis secondaire, sont d'abord des faits assez rares et, dans

ces cas particuliers, les quelques auteurs peu nombreux qui

ont cité des observations, ont très peu parlé île la fièvre.

(22)

CHAPITRE III

Époques d'apparition.

En même temps que le chancre, on n'a

jamais observé la

fièvre syphilitique. Le moment

précis

où on commence

à l'ob¬

server ne vajamais en deçà des quelques jours

qui précèdent

lapériode secondaire. C'est au moment

où la syphilis

va

mani¬

fester sa présence par l'explosion des

accidents secondaires

qu'éclate la fièvre : c'est une sorte

de fièvre d'invasion. Guntz

dit que dans les cas de chancre

infectant traités

par

l'expecta-

tion, il a vu paraître 65 jours à

partir de la contagion

une

fièvretrès nette plus ou moinsviolente ; il l'a

observée le plus

fréquemment du cinquantièmeau

soixantième jour, plus

rare¬

ment du soixantième au soixante-cinquième. A ce moment-là,

elle s'ajoute aux phénomènes généraux

de la période

secon¬

daire, phénomènesprodromiques,

bien entendu. A

ce

moment-

là, disaientles anciens auteurs,

l'infection est réalisée; signa

labis concepta, disait Fracasla. C'est une sorte

de molimen

pyrétiquè

queLancereauxadmet

comme

phénomènes prodromi¬

ques d'évolution

secondaire. Pour

ce

dernier auteur, il existe¬

rait un intervalle de huit à dix jours entre les débuts de la

fièvre et celui l'éruption, temps qui serait

susceptible de

varier de dix jours à trois semaines. 11 cite à

l'appui de

son opinion les observations de

Yaller

et

Rinecker. Rremer,

Janowsky,Wajda, parlentaussi d'une fièvre

prodromique qui

peut s'élever jusqu'à 40° et au

delà, qui

est

de courte durée et

(23)

23

qui disparaît lorsque la roséole arrive. Fournier est aussi de cet avis; pour lui, il existe des accès de fièvre « avant-cou¬

reurs de poussées éruptives de la période secondaire ». Une

sorte de véritable fièvre d'éruption précède parfois l'appari¬

tion des sypbilides; son intensité n'est jamais bien forte. Il

est rare qu'elle aille au delà de39°, etencoreelle dure au plus

un jour ou deux. « Pour lui, elle consiste en un mouve¬

mentfébrile (plus oumoins accentué, suivant les cas), qui pré¬

lude aux éruptions syphilitiques et tombe presque aussitôt après l'apparition de l'exanthème. On l'a signalée comme

symptôme prodromique de la plupart des syphilides secon¬

daires, qui tendent à se généraliser, à s'éparpiller, c'est-

à-dire à se rapprocher au point de Vue éruptif de ce qu'est

une fièvre éruptive ou un pseudo-exanthème.

» Telles sont la roséole, la syphilide papuleuse et ses varié¬

tés (papulo-squameuse, papulo-acnéique, herpétiforme), les syphilides varicelliformes, varioliformes.

» Au contraire, elle fait toujours et absolument défaut dans les éruptions circonscrites régionales, telles que les syphili¬

des palmaires, les éruptions circonscrites d'ecthyma, etc. »

Fournier, à lasuite, a publié une observation typique dans laquelle on voit, quatrejours après le début de la fièvre, alors

que la température est de 39°4, apparaître la roséole.

Le lendemain, la température baisse de quelques dixièmes

etpendant troisjours elle se maintient entre 38 et38°5, pour, enfin decompte,tomberau-dessous de 37° d'une façon définitive.

Durantcestroisjours, la roséoles'était entièrementdéveloppée.

Comme le dit Morin, le fait estindiscutable dans ce cas. Il y

a corrélation complète entre la fièvre et l'apparition de la roséole; c'est une fièvre d'éruption, bien nette, bien carac¬

térisée. Nous pouvons donc conclure qu'il existe des poussées fébrilesprodromiques des éruptions de la syphilis secondaire.

Ainsi, ces accidents fébriles, avant-coureurs des poussées éruptives de la période secondaire, peuvent, en outre, setrans¬

former quelquefois en une véritable fièvre d'éruption.

Cette fièvre, qui apparaît en même temps qu'éclosent les

(24)

accidents secondaires, est la plus constante; elle survient au moment la poussée se généralise à la gorge et au système lymphatique en particulier. Mais il ne faut pas croire qu'en

dehors des trois périodes que nous avons signalées, on ne

puisse pas trouver la fièvre syphilitique. Ainsi, dit Courtaux,

la fièvre annonce parfoisune poussée d'accidentsverslapeau;

tel malade qui a présenté un état fébrile prodromique de sa première éruption de roséole, offrira un état fébrile prodro¬

mique d'une roséole papuleuse de retour.

D'après Fournier, cette fièvre se montrerait, dans le cours de la période secondaire, vers le septième mois après l'appari¬

tion de l'accidentprimitif, moyenne établie d'après 114 cas de syphilis secondaires recueillis à l'hôpital Lourcine.

De même, on voit de temps à autre un certain ensemble

fébrile se développer à l'occasion d'accidents ,spécifiques

un peu aigus ou de complications éventuelles qui se pro¬

duisent à leur suite : iritis inflammatoire, periostite, arthrite, ténosite, pseudo-rhumatisme secondaire, adénopathies de

formes suppuratives, lymphangites, etc.

Dans tous ces cas, il est bien évident que la fièvre qui

coexiste avec de telles manifestations est déterminée par elles, qu'elle en est dépendante, qu'elle leur est subordonnée;

bref, etd'un seul mot, qu'elle en est symptomatique.

L'intensité de cette fièvre symptomatique n'est jamais

bien forte et elle est absolument identique à toute poussée

fébrile qu'un trouble quelconque fonctionnel de l'organisme pourrait amener; par conséquent, nous la repoussons en tant

que fièvre syphilitique.

En outre, la fièvre peut n'accompagner aucun accident

et n'être, somme toute, qu'un symptôme syphilitique isolé.

Mais un fait persiste: plus on avance dans l'évolution de la

vérole et moins on observe la fièvre syphilitique. A la période tertiaire, elle n'ajamais été signalée. En résumé, on voit que la fièvre syphilitique peut, se produire:

1° En tant que phénomène prodromique de la période secondaire;

(25)

2° En tant que phénomène accompagnant la première poussée secondaire;

3° En tant que phénomène accompagnant les récidives

de la poussée secondaire;

Entant que symptôme isolé.

Nous allons examiner la marche des accès fébriles syphili¬

tiques engénéral.

« La fièvre syphilitique idiopathique est loin de se présen¬

ter toujours sous la même forme. D'abord, elle comporte des

variétés nombreuses, infinies comme intensité, c'est-à-dire degré d'accélération dupouls et d'élévation de la température,

comme troubles sympathiques, comme physionomie géné¬

rale. »

De plus, avec Fournier, tout le monde admet plusieurs types différents : elle peut être intermittente, et les accès sont

espacés les uns des autres d'une façon plus ou moins régu¬

lière.

Dans d'autres cas, sa marche est celle d'une fièvre continue ordinaire ou à paroxysmes ouenfin elle suitune marche tout à fait irrégulière échappant à toute description. Lancereaux, Rollet, Jullien, Mauriac, ont admis cette division. D'autres au

contraire la repoussent. Ainsi, Bremer dit qu'il n'a jamais vu le type intermittent ni le type continu; il n'admet qu'une forme continue à petites rémissions le matin età exacerbations matutinales.

Janowsky n'a jamais vu le type intermittent. Il est vrai qu'il

estun des rares auteurs à émettre cette opinion. Pourla plu¬

part des syphiligraphes, à la période prodromique, le type le plus commun, celui que l'on rencontre le plus souvent, quoi qu'en aientdit certains auteurs, c'est le type intermittent.

Du reste, Fournier est absolument de cet avis. Ce sont des accès de fièvre qui débutent le plus souvent le soir vers six heures; le maladeest lassé, courbaturé, sa langue blanche, les

yeux cernés et luisants, abattu, souffrant d'abord de la tête,

secoué par de petits frissons précurseurs, ou plutôtayant du frissonnement; il cherche danssonlit unreposqu'il netrouvera

(26)

- 26

pas. Dans une durée

d'une heure environ, la fièvre s'établit,

atteintbientôt38°6,puis39°, enmême temps

le pouls s'accélère,

et le malade transpire.

Cet état persiste ordinairement

jusque

vers

deux

ou

trois

heures du matin; à ce moment-là, il se

dissipe

sans

cette

abondante sueur profuse que l'on

observe dans les autres

accès de fièvre. Presque toujours ces

accès fébriles, dans

ces

cas semblables, sont quotidiens et

séparés

par

des intervalles

de temps pendant lesquels

le malade n'a

aucune

ascension

thermique.

Pour Lancereaux, les accès surviennent

le soir le plus

sou¬

vent, sont quotidiens ou

du

type

tierce

ou

double tierce, et il

ajoute :

« Quoique plusieurs des

faits rapportés à

ce

sujet puissent

être mis en doute, il faut reconnaître

cependant

que

la fièvre

syphilitique a, dans

quelques

cas, une

grande analogie avec la

fièvre intermittente. »

A l'appui de son opinion,

il cite des observations de Frank,

de Cardon, de Bâillon, de

Werhlof, qui ont

vu

le type inter¬

mittentde la fièvresyphilitique.

Berkley-Hill l'a aussi constaté.

Dans le Traité des maladies vénériennes

de Jullien,

on

trouve le cas d'un homme de vingt-six ans

qui, après avoir

présenté desaccès

vespérins, qui n'étaient pas paludiques, fut

pris pour un

tuberculeux, et

en

fin de compte présenta des

signes évidents

de vérole.

L'accès syphilitique

intermittent

a

ceci de remarquable

qu'il estàpeu

près impossible d'établir le moment exact où il

va se produire, dit

Mauriac.

«

En outre de cela, ainsi que le

dit Fournier, une desformes

la plus

connue

de la fièvre syphi¬

litique est celle où

l'accès consiste d'un bout à l'autre en une

chaleur continue, passagèrement

entrecoupée de frissons

intermittents. ïl n'est pas rare non

plus

que

les

sueurs, au

lieu

d'être terminales, se manifestent au

milieu de l'accès, et cela

sans ordre, sans méthode. »

A côté de cela, il faut citer

la variété de formes de l'accès

syphilitique : chez un

même malade, alors que rien n'a changé

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