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Texte intégral

(1)

- CC2-S2 - - 2017-2018 - – Correction - Analyse - Probabilités –

Exercice 1 1. On considère la fonctionf définie sur]−1,1[×[0, π] par :

f(x, t) =

ln(1 +xcost)

cost sit6= π 2

x sit= π

2 a. Montrer quef est continue sur]−1,1[×[0, π].

Pour tout(x, t)∈]−1,1[×[0, π],1 +xcost >0.

D’après les théorèmes généraux,f est continue sur]−1,1[×h 0,π

2

h∪]−1,1[×iπ 2, πi

, où le cosinus ne s’annule pas.

Soita∈]−1,1[. Etude de la continuité def en a,π

2

:

Le développement limité à l’ordre 1 du logarithme en 0 donne : ln(1 +u) =u+uε1(u)avec lim

u→0ε1(u) = 0.

On a donc pour (x, t)∈]−1,1[×h 0,π

2

h∪]−1,1[×iπ 2, πi

: f(x, t) =xcost+xcostε1(xcost)

cost =x(1 +ε1(xcost)).

Par composition, on a : lim

(x,t)→(a,π2)

ε1(xcost) = 0, puis par somme et produit :

lim

(x,t)→(a,π2)x(1 +ε1(xcost)) =a=f a,π

2

. On en déduit quef est continue en a,π

2

. b. Montrer quef est de classeC1 sur]−1,1[×[0, π].

D’après les théorèmes généraux,f est de classeC1 sur]−1,1[×h 0,π

2

h∪]−1,1[×iπ 2, πi

, et elle admet une dérivée partielle par rapport à sa première variable sur ]−1,1[×[0, π].

Pour tout(x, t)∈]−1,1[×[0, π], on a : ∂f

∂x(x, t) =

 1

1 +xcost sit6= π 2

1 si t= π

2 .

Les théorème généraux donne la continuité de la dérivée partielle de f par rapport à sa première variable sur son domaine.

Soit a∈]−1,1[. Etude de l’existence et de la continuité de la dérivée partielle par rapport à la deuxième variable en

a,π 2

: Pour t6= 0 tel quet+π

2 ∈[0, π], on a : f a, t+π2

−f a,π2

t = −ln(1−xsint)−asint tsint . Le développement limité à l’ordre 2 du logarithme en 0 donne :

ln(1−u) =−u−u2

2 −u2ε2(u)avec lim

u→0ε2(u) = 0.

Ansi, f a, t+π2

−f a,π2

t = asint+12a2sin2t+a2sin22(asint)−asint

tsint = a2sint

t 1

2 +ε2(asint)

On a lim

t→0

sint

t = 1et, par composition, lim

t→0ε2(asint) = 0.

On en déduit que lim

t→0=f a, t+π2

−f a,π2

t = a2

2 ; ainsi,f admet une dérivée par rapport à sa deuxième variable en

a,π 2

, et ∂f

∂t

a,π 2

= a2 2 . D’autre part, pour(x, t)∈]−1,1[×h

0,π 2

h∪]−1,1[×iπ 2, πi

, on a :

∂f

∂t(x, t) =− xsint

cost(1 +xcost)+ln(1 +xcost) sint cos2t .

(2)

Ainsi,

∂f

∂t(x, t) = sint×−xcost+ (1 +xcost)(xcost−12x2cos2t−x2cos22(xcost)) (1 +xcost) cos2t

= sint x2(12−ε2(xcost)−12xcost−xcostε2(xcost) 1 +xcost

Les théorèmes généraux donnent : lim

(x,t)→(a,π2)

∂f

∂t(x, t) = a2 2 = ∂f

∂t

a,π 2

.

On en déduit que la dérivée par rapport à la deuxième variable de f est continue en a,π

2

. 2. On considère l’intégrale

F(x) = Z π

0

f(x, t)dt a. Montrer queF(x)est définie pourx∈]−1,1[.

On a montré à la question 1 que f est continue sur ]−1,1[×[0, π]; en particulier pour tout x∈]−1,1[, l’application partiellet7→f(x, t)est continue. On intègre une fonction continue sur un compact, l’intégrale est donc définie pour toutx∈]−1,1[

b. Montre que F est de classeC1 sur]−1,1[.

• ∀x∈]−1,1[, t7→f(x, t)est intégrable sur[0, π], comme démontré à la question précédente.

• ∀t∈[0, π], x7→f(x, t)est de classeC1 sur]−1,1[, comme démontré à la question 1 (la fonctionf étant de classe C1 sur ]−1,1[×[0, π], ses applications partielles sont toutes de classe C1 sur leurs domaines respectifs.)

• ∀x∈]−1,1[, t7→ ∂f

∂x(x, t)est continue sur[0, π], carf est de classeC1.

• Soit[a, b]⊂]−1,1[. La fonction ∂f

∂x est continue sur le compact[a, b]×[0, π], elle est donc bornée. Ainsi, il existe une constante Φa,b telle que ∀(x, t) ∈[a, b]×[0, π],

∂f

∂x(x, t)

≤ Φa,b. La fonctiont 7→ Φa,b est constante, donc intégrable sur le compact[0, π].

Le théorème de dérivation donneF de classeC1 sur]−1,1[.

c. Montrer que pour t∈[0, π[,cost=1−tan2 2t 1 + tan2 2t.

∀t∈[0, π[,cost= 2 cos2 t

2 −1 = 2

1 + tan22t −1 = 1−tan2t2 1 + tan2t2. d. En déduire que pour tout x∈]−1,1[, on a :

F0(x) = π

√1−x2.

La formule de Leibniz donne pour toutx∈]−1,1[: F0(x) =

Z π 0

∂f

∂x(x, t)dt= Z π

0

dt 1 +xcost =

Z π 0

1 + tan2t2

1 + tan22t +x−xtan22tdt.

On effectue un changement de variable, en posant u= tan t

2, avecdu= 1

2(1 + tan2 t 2)dt: F0(x) =

Z +∞

0

2du

1 +x+ (1−x)u2 = 2 1−x

Z +∞

0

du

1+x

1−x+u2 = 2 1−x

"r 1−x 1 +xArctan

r1−x 1 +xu

!#+∞

0

=

√ 2

1−x2 ×π

2 = π

√ 1−x2.

e. En déduire l’expression deF(x)pourx∈]−1,1[.

F(0) = 0, on a donc :F(x) = Z x

0

F0(u)du=πArcsin(x).

(3)

Exercice 2

Résoudre les équations aux dérivées partielles suivantes, en utilisant les changements de variables proposés : 1.

∂f

∂x +∂f

∂y =f

u=x v=y−x

On poseg(u, v) =f(x, y). La règle de la chaîne donne :





∂f

∂x = ∂g

∂u−∂g

∂f ∂v

∂y = ∂g

∂v En remplaçant dans l’équation, on obtient : ∂g

∂u =g.

On en déduit queg(u, v) =C(v)eu, avecC∈C1(R), puisf(x, y) =C(y−x)ex. 2.

y∂f

∂x −x∂f

∂y =f

x=rcosθ y=rsinθ

On poseg(r, θ) =f(x, y). La règle de la chaîne donne :





∂g

∂r = cosθ∂f

∂x+ sinθ∂f

∂y

∂g

∂θ =−rsinθ∂f

∂x +rcosθ∂f

∂y On a : y∂f

∂x −x∂f

∂y =rsinθ∂f

∂x−rcosθ∂f

∂y =−∂g

∂θ. L’équation devient :−∂g

∂θ =g.

On en déduit queg(r, θ) =C(r)e−θ, avecC∈C1(R), puisf(x, y) =C(p

x2+y2)e−Arctanyx, en supposant que l’on résout sur un domaine oùxne s’annule pas.

Exercice 3

On dispose d’une pièce pour laquelle la probabilité d’obtenir Face estp∈]0,1[. On noteq= 1−p.

1. soitn∈N. O, effectuenlancers indépendants de cette pièce, et on note : Fk =" on obtient Face aukème lancer"

On note également

An=" au cours desnlancers, Face n’est jamais suivi de Pile"

a. Exprimer l’événementAn en fonction des événementsFk, k∈[[1, n]].

An= (F1∩F2∩ · · · ∩Fn−1∩Fn)∪(F1∩F2∩ · · · ∩Fn−1∩Fn)∪ · · · ∪(F1∩F2∩ · · · ∩Fn−1∩Fn)

b. En déduireP(An). (On distinguera deux cas.)

An est l’union d’évènements deux à deux incompatibles, et les lancers sont indépendants donc

P(An) =

n

X

k=0

qkpn−k =pn

n

X

k=0

q p

k

Dès lors, deux cas se présentent : – Si q

p6= 1(c’est à dire si p6= 1 2) alors

P(An) =pn× 1−q

p

n+1

1−pq =pn+1−qn+1 p−q – Si q

p= 1(c’est à dire si p= 1 2) alors

P(An) = 1

2 n

×(n+ 1) = n+ 1 2n

(4)

2. Si l’on admet que l’on peut lancer indéfiniment la pièce, est-il possible que Face ne soit jamais suivi de Pile ? SoitAl’évènement "face n’est jamais suivi de pile". On a alorsA= \

n∈N

An. De plusAn+1⊂An donc(An)n∈

N est une suite décroissante d’évènements ; par limite monotone, on obtient : P(A) =P

\

n∈N

An

!

= lim

n→+∞P(An) Enfin, deux cas se présentent :

– Sip6= 1 2 alors

n→+∞lim P(An) = lim

n→+∞

pn+1−qn+1

p−q = 0 =P(A) (suites géométriques) – Sip= 1

2 alors

n→+∞lim P(An) = lim

n→+∞

n+ 1

2n = 0 =P(A) (croissances comparées) Il est donc presque sûrement impossible que Face ne soit jamais suivi de Pile.

Exercice 4

Des joueurs en nombre illimité, notésJ1, . . . , Jn, . . .s’affrontent dans un jeu de Pile ou Face.

Ils jouent successivement et dans l’ordre des indices, et le jeu se termine dès que l’un des joueurs obtient Pile.

Pour toutn∈N,Jn obtient Pile avec la probabilitépn∈]0,1[, et on noteqn= 1−pn. On notera par conventionq0= 1.

Enfin, on définit pour tout entiernnon nul l’événementGn=" le joueurJn gagne".

1. Montrer que

∀n∈N,P(Gn) =q0q1· · ·qn−1−q0q1· · ·qn−1qn

Soitn∈N. On a

Gn=

(G1∪G2∪ · · · ∪Gn−1)∩Gn

∪((G1∪G2∪ · · · ∪Gn−1∩Gn))

| {z }

donc

Gn =G1∩G2∩ · · · ∩Gn−1∩Gn

puis par la formule des probabilités composées P(Gn) =P G1

×PG1 G2

× · · · ×PG1∩G2∩···∩Gn−2 Gn−1

×PG1∩G2∩···∩Gn−1(Gn) c’est à dire

P(Gn) =q1q2· · ·qn−1pn=q1q2· · ·qn−1(1−qn) =q1q2· · ·qn−1−q1q2· · ·qn−1qn et commeq0= 1, on obtient bien

∀n∈N,P(Gn) =q0q1· · ·qn−1−q0q1· · ·qn−1qn

2. On définit la suite(Qn)par

∀n∈N, Qn=q0q1· · ·qn

Montrer que la suite(Qn)converge vers un réel qu’on noteraa, avec0≤a≤1.

(Qn)est positive et décroissante car∀n∈N, 0≤qn ≤1, et donc par le théorème des suites monotones bornées, (Qn)converge. Comme de plus,∀n∈N, 0≤Qn ≤1, on conclut que(Qn)converge versa∈[0,1].

(5)

3. Montrer que :

∀n∈N,

n

X

k=1

P(Gk) = 1−Qn et en déduire que :

– sia6= 0, le jeu a une probabilité non nulle de ne pas se terminer, – sia= 0, le jeu se termine avec la probabilité1.

On a

∀n∈N,P(Gn) =q0q1· · ·qn−1−q0q1· · ·qn−1qn=Qn−1−Qn On en déduit par télescopage

∀n∈N,

n

X

k=1

P(Gk) = 1−Qn

Ainsi, de la convergence de(Qn), on en déduit que la sérieX

P(Gn)converge et

+∞

X

n=1

P(Gn) = 1−a

Considérons maintenant l’évènementT ="le jeu se termine" . On aT = [

n∈N

Gn et comme lesGn, n∈N sont deux à deux incompatibles, parσ−additivité, on obtient

P(T) =

+∞

X

n=1

P(Gn) = 1−a

Ce qui signifie bien que :

– sia6= 0, le jeu a une probabilité non nulle de ne pas se terminer, – sia= 0, le jeu se termine avec la probabilité1.

4. Quelle est la probabilité que le jeu se termine dans les deux cas suivants : – ∀n∈N, pn =pavec0< p <1.

∀n ∈ N, pn =p avec0 < p <1. Donc la suite (pn)n∈N est constante. Alors∀n∈ N, Qn = (1−p)n, et puisque0<|1−p|<1, on en déduit que lim

n→+∞Qn= 0et que donc le jeu se termine avec la probabilité 1.

– ∀n∈N, pn = 1 (n+ 1)2.

∀n∈N, pn = 1

(n+ 1)2. On a alors∀n∈N, qn= 1− 1

(n+ 1)2 = n(n+ 2) (n+ 1)2. Puis∀n∈N, Qn=n!(n+ 2)!

2

1

((n+ 1)!)2 = n+ 2

2(n+ 1), et on en déduit que lim

n→+∞Qn= 1

2 et que donc le jeu se termine avec la probabilité 1

2.

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