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- CC2-S2 - - 2020-2021 - – Correction - Analyse –

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

- CC2-S2 - - 2020-2021 - – Correction - Analyse –

EXERCICE 1

On considère la fonctionf :x7→

Z +∞

0

e−t(1−itx)dt 1. Montrer quef est définie surR.

On noteg: (x, t)7→e−t(1−itx). Soitx∈R.

X t7→g(x, t)est continue sur [0,+∞[ donc localement intégrable.

X |g(x, t)|=e−tet Z +∞

0

e−tdtest une intégrale de référence convergente.

On en déduit que Z +∞

0

g(x, t)dtest absolument convergente, et donc quef est définie surR. 2. Montrer que pour toutp∈N, l’intégrale

Z +∞

0

tpe−tdtconverge. On la noteIp. Soitp∈N.

X t7→tpe−test continue sur[0,+∞[, donc localement intégrable.

X Par croissances comparées, lim

t→+∞t2tpe−t= 0, donctpe−t =

t→+∞o 1

t2

. Z +∞

1

1

t2 est une intégrale de Riemann convergente, donc par comparaison, Z +∞

1

tpe−tdt converge.

On en déduit que pour toutp∈N, l’intégrale Z +∞

0

tpe−tdtconverge.

3. Déterminer une relation entreIp+1 et Ip, pour tout entier naturelp, et en déduire la valeur deIp. Soitp∈N. On considèreu:t7→e−tet v:t7→ tp+1

p+ 1. uestv sont de classeC1 sur[0,+∞[et lim

t→+∞u(t)v(t) = 0, par croissances comparées.

On a montré que Z +∞

0

tpe−tdt converge, donc le théorème d’intégration par parties donne : Z +∞

0

tpe−tdt= tp+1

p+ 1e−t +∞

0

+ 1

p+ 1 Z +∞

0

tp+1e−tdt. On en déduit que :

Ip= 1 p+ 1Ip+1

On aI0= 1, et une récurrence immédiate donne pour tout entierp: Ip =p!

4. Montrer quef est indéfiniment dérivable surR, et déterminerf(p)(x), pour toutp∈N, et toutx∈R. Montrons par récurrence surpque pour toutp∈N,f est de classeCp surRet que pour tout réelx:

f(p)(x) =ip Z +∞

0

t2pe−t(1−itx)dt X On a montré que pour tout réelx,f(x)existe.

X ∀t∈[0,+∞[, x7→g(x, t)est de classeC1 surRet ∂g

∂x(x, t) =it2e−t(1−itx)dt.

X ∀x∈R, t7→ ∂g

∂x(x, t)est continue.

X ∀(x, t)∈R×[0,+∞[,

∂g

∂x(x, t)

=t2e−t, et on a montré que Z +∞

0

t2e−tdt converge (question2).

(2)

Le théorème de dérivation sous le signe intégral donnef de classeC1 surRetf0(x) =i Z +∞

0

t2e−t(1−itx)dt Soitp∈N, on suppose quef est de classeCp et que pour toutx∈R, f(p)(x) =ip

Z +∞

0

t2pe−t(1−itx)dt.

On notegp: (x, t)7→t2pe−t(1−itx). X Par hypothèse, pour tout réelx,

Z +∞

0

gp(x, t)dtconverge.

X ∀t∈[0,+∞[, x7→gp(x, t)est de classeC1 surR, et ∂gp

∂x(x, t) =it2p+2e−t(1−itx). X ∀x∈R, t7→ ∂gp

∂x(x, t)est continue sur[0,+∞[.

X ∀(x, t)∈R×[0,+∞[,

∂gp

∂x(x, t)

=t2p+2e−t, et on a montré que Z +∞

0

t2p+2e−tdt converge (question2).

Le théorème de dérivation sous le signe intégral donnef(p)de classeC1surRetf(p+1)(x) =ip+1 Z +∞

0

t2p+2e−t(1−itx)dt Par principe de récurrence, la fonction f est de classe C sur R, et pour tout entier p et tout réel x, f(p)(x) =ip

Z +∞

0

t2pe−t(1−itx)dt

5. En déduire le rayon de convergence de la sérieX

p≥0

f(p)(0)

p! xp. La fonctionf est-elle développable en série entière au voisinage de 0 ?

D’après la question précédente, on a :

∀p∈N,f(p)(0) p! = ip

p!

Z +∞

0

t2pe−tdt=ip

p!I2p=ip(2p)!

p!

Ce terme n’est jamais nul et on a pour tout entierp:

f(p+1)(0) (p+1)!

f(p)(0) p!

=(2p+ 2)(2p+ 1)

p+ 1 −→

p→+∞+∞.

La règle de d’Alembert donne le rayon de convergence de la sérieX

p≥0

f(p)(0) p! xpnul.

Sif était développable en série entière au voisinage de 0, comme elle est de classeCelle serait égale à sa série de Taylor, c’est donc impossible d’après ce qui précède.

On en déduit quef n’est pas développable en série entière au voisinage de 0.

EXERCICE 2

Soient n et N deux entiers naturels non nuls. On lance successivement n boules au hasard dans N cases numérotées de 1 àN. On suppose que les différents lancers sont indépendants et que la probabilité qu’une boule tombe dans une case donnée est 1

N.

Une case peut contenir plusieurs boules. On noteTn le nombrede cases non videsà l’issue desnlancers.

1. Déterminer, en fonction denetN, les valeurs prises par la variableTn(on distinguera les casn≤N etn > N).

Si n≤N, deux situations extrêmes sont possibles : une seule case est non vide, et elle contient lesnboules, ou lesnboules sont tombées dans des cases différentes, donc il y ancases non vides, et il ne peut y en avoir plus. On a donc :

Sin≤N, alorsTn(Ω) = [|1, n|]

Si n > N, les deux situations extrêmes sont : soit une seule case est non vide et contient toutes les boules, soit toutes les cases sont non vides car elles contiennent toutes au moins une boule. On a donc :

Sin > N, alorsTn(Ω) = [|1, N|] De façon générale, on a :

Tn(Ω) = [|1,min(n, N)|]

(3)

2. Donner la loi deT1 et deT2. Calculer leurs espérances.

• Sin= 1. On a forcémentN ≥netT1(Ω) ={1}. Il est certain qu’il y aura une seule case non vide, contenant l’unique boule doncP(T1= 1) = 1 et par suiteE(T1) = 1.

• Sin= 2:

SiN = 1, alors les deux boules tombent dans l’unique case doncT2(Ω) ={1},P(T2= 1) = 1etE(T2) = 1.

Si N ≥2, alorsT2(Ω) ={1,2}.

On note Xi la variable aléatoire qui donne le numéro de la case dans laquelle tombe la i-ème boule, pour i∈ {1,2}. On a :(T2= 1) =

N

[

j=1

(X1=j)∩(X2=j).

Les événements de cette union étant deux à deux incompatibles, parσ-additivité, indépendance des lancers et équiprobabilité on a :

P(T2= 1) =

N

X

j=1

P(X1=j)P(X2=j) =

N

X

j=1

1 N2 = 1

N. Par passage au complémentaire, on a :P(T2= 2) = 1− 1

N = N−1 N . Par suite,E(T2) = 1

N + 2N−1

N =2N−1 N .

3. On fixe désormaisn≥2.CalculerP(Tn= 1)et P(Tn =n).

• Comme précédemment, on noteXi la variable aléatoire qui donne le numéro de la case où tombe la i-ème boule. On a :(Tn = 1) =

N

[

j=1 n

\

i=1

(Xi =j).

Parσ-additivité, indépendance des lancers et équiprobabilité on a : P(Tn= 1) =

N

X

j=1 n

Y

i=1

P(Xi=j) =

N

X

j=1 n

Y

i=1

1 N = 1

Nn−1.

• Si N < n, l’événement(Tn=n)est impossible, donc de probabilité nulle.

Si N ≥n: Pour qu’aun-ème lancerncases soient non vides il faut qu’au(n−1)-ème lancern−1cases soient non vides, et qu’au lancer suivant la boule atteigne une case vide.

En considérant la partition(Tn−1=n−1, Tn−16=n−1), la formule des probabilités totales donne : P(Tn=n) =P(Tn=n|Tn−1=n−1)P(Tn−1=n−1) +P(Tn=n|Tn−16=n−1)

| {z }

0

P(Tn−16=n−1) On a donc :P(Tn=n) =N−(n−1)

N P(Tn−1=n−1).

Sachant queP(T1= 1) = 1, une récurrence immédiate donne : P(Tn=n) = N!

(N−n)!Nn

4. A l’aide de la formule des probabilités totales, montrer que pour tout entierk≥1: P(Tn+1=k) = k

N P(Tn=k) +N−k+ 1

N P(Tn=k−1). (??) Les événements(Tn=i)pour1≤i≤min{n, N} forment un système complet d’événements.

La formule des probabilités totales donne : P(Tn+1=k) =

min{n,N}

X

i=1

P(Tn+1=k|Tn=i)P(Tn=i).

Pouri > k, on aP(Tn+1=k|Tn=i) = 0(car le nombre de cases non vides ne peut diminuer pas avec un lancer supplémentaire.)

De même,P(Tn+1=k|Tn=i) = 0sii < k−1(car le nombre de cases non vides ne peut augmenter qu’au plus de 1 par lancer supplémentaire). On a donc :

P(Tn+1=k) =P(Tn+ 1 =k|Tn=k)P(Tn=k) +P(Tn+ 1 =k|Tn=k−1)P(Tn =k−1).

Or, P(Tn+1 =k|Tn =k) est la probabilité que le nombre de cases vides n’ait pas évolué, c’est-à-dire que la dernière boule lancée tombe dans l’une deskcases déjà occupées parmi lesN disponibles. Par équiprobabilité, on a :P(Tn+1=k|Tn =k) = k

N.

P(Tn+1 = k|Tn = k−1) quant à elle, est la probabilité que la dernière boule lancée arrive dans l’une des

(4)

N−(k−1) cases encore vides, doncP(Tn+1=k|Tn =k−1) = N−(k−1)

N .

On a donc bien :

P(Tn+1=k) = k

N P(Tn=k) +N−k+ 1

N P(Tn =k−1) 5. On noteGn la fonction génératrice de la variableTn.

a. Rappeler la définition deGn. Montrer qu’iciGn est définie surR. Tn(Ω)⊂N donc, là où elle existe,Gn(x) =

+∞

X

k=1

P(Tn=k)xk.

Or ici, Tn prend un nombre fini de valeurs donc cette somme est en fait une fonction polynomiale qui est définie sur R.

b. Rappeler le lien entreGn etE(Tn).

E(Tn) =G0n(1)

c. En utilisant(??), montrer que, pour toutx∈R: Gn+1(x) = 1

N(x−x2)G0n(x) +xGn(x) D’après(??), pour tout réelx, toutes les sommes étant en réalité finies :

Gn+1(x) = 1 N

+∞

X

k=1

kP(Tn=k)xk+

+∞

X

k=1

P(Tn=k−1)xk− 1 N

+∞

X

k=1

(k−1)P(Tn=k−1)xk

= 1

N

+∞

X

k=1

kP(Tn=k)xk+

+∞

X

k=2

P(Tn=k−1)xk− 1 N

+∞

X

k=2

(k−1)P(Tn=k−1)xk carP(Tn= 0) = 0, donc :

Gn+1(x) = x N

+∞

X

k=1

kP(Tn=k)xk−1+x

+∞

X

k=1

P(Tn =k)xk−x2 N

+∞

X

k=1

kP(Tn =k)xk−1

= x

NG0n(x) +xGn(x)−x2 NG0n(x) d. En déduire que E(Tn+1) =

1− 1

N

E(Tn) + 1, puis que :E(Tn) =N

1−

1− 1 N

n . Par dérivation de la relation précédente, pour tout réelx:

G0n+1(x) = 1

N(1−2x)G0n(x) + 1

N(x−x2)G00n(x) +Gn(x) +xG0n(x).

En prenantx= 1, en sachant queGn(1) = 1, on obtient :G0n+1(1) =

1− 1 N

G0n(1) + 1 Donc, d’aprèsb:

E(Tn+1) =

1− 1 N

E(Tn) + 1

On procède par récurrence sur npour montrer que pour toutn≥1,E(Tn) =N

1−

1− 1 N

n : Au rangn= 1on a E(T1) = 1, obtenu à la question2.

On suppose que l’égalité est vraie pour n≥1, alors : E(Tn+1) =

1− 1

N

E(Tn) + 1

=

1− 1 N

N

1−

1− 1

N n

+ 1

= (N−1)−(N−1)n+1 Nn + 1

= N−N(N−1)n+1 Nn+1

= N 1−

1− 1 N

n+1!

(5)

Par principe de récurrence, on a l’égalité pour toutn≥1.

6. Pour1≤k≤N, on noteYk le nombre de boules dans la caseketZk la variable valant 0 si la casekest vide, et 1 si elle contient au moins une boule.

a. Donner la loi de Yk, puis celle deZk.

Si on considère chaque lancer comme une expérience de Bernoulli un succès étant l’obtention de la casek, ces épreuves étant mutuellement indépendantes de probabilité 1

N, on en déduit que Yk ∼B

n, 1 N

. Par définition,Zk suit une loi de Bernoulli de paramètrep=P(Yk≥1)qui vaut :

p= 1−P(Yk = 0) = 1− n

0 1 N

0 1− 1

N n

= 1−

1− 1 N

n

b. Les variables aléatoires (Zk)1≤k≤N sont-elles mutuellement indépendantes ? L’événement

N

\

k=1

(Zk = 0) est impossible car toutes les cases ne peuvent être vides à l’issue de l’expérience,

donc de probabilité nulle, alors que le produit

N

Y

k=1

P(Zk = 0)n’est pas nul.

On en déduit que les variables aléatoires Zk ne sont pas mutuellement indépendantes.

c. Exprimer Tn en fonction des variables aléatoires(Zk)1≤k≤N, et retrouver ainsi l’expression deE(Tn).

Par définition,Tn=

N

X

k=1

Zk; donc par linéarité de l’espérance :E(Tn) =

N

X

k=1

E(Zk) =

N

X

k=1

1−

1− 1

N n

. On retrouve bien

E(Tn) =N

1−

1− 1 N

n

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