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Ecole, communes, canton : le cas du Pays de Vaud

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Ecole, communes, canton : le cas du Pays de Vaud

VOLET, Simone

VOLET, Simone. Ecole, communes, canton : le cas du Pays de Vaud . Genève : Université de Genève, Faculté de psychologie et des sciences de l'éducation, 1982, 197 p.

Available at:

http://archive-ouverte.unige.ch/unige:33400

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(2)

UNIVERS1Tt DE GENtVE - fACULTt DE PSYCHOLOGIE ET DES SCIENCES DE L·toUCATION Cahiers de la Section des Sciences de l'Education

PRATIQUES ET THÉORIE

ÉCOLE, COMMUNES, CANTON:

LE CAS DU PAYS DE VAUD

Simone Volet

Série Mémoires de licence N°

Ill Cahier N° 29

UNIVERSITE DE GENEVE

FACULTE DE PSYCHOLOGIE ET DES.SCIENCES DE L'EDUCATION

ECOLE, COMMUNES, CANTON : LE CAS OU PAYS DE VAUD

Simone Volet

Cahier No 29

Pour toute corresponqance :

Section des Sciences de l'Eduattion UNI Il

1211 -Genève 4 (Suisse)

MAI 1982

(3)

INTRODUCTION

Chapitre 1

LE PAYS DE VAUD AVANT LA REFORME 5 1. Situation gdn6ralo

2. Les éeolM avant la Réfonne 6

Chapitre Il

LE PAYS DE VAUD SOUS LE REGIME BERNOIS (1536-1798) 11 1, Situation �6role

2. Création den 6eolcs primaires 12

3. Le m6moi re du pasteur Dupraz 22

Chapitre Ill

LA REVOLUTION VAUDOISE ET LE CANTON D U LEMAN

(1793-1803) 31

1. Situation g6n6role

2. Es.soi de centrolîs.otion de l'odministrotion scolaire 32

3. Le départ du régent Reymond 39

Chapitre IV

CREATION OU CANTON DE VAUD (1806-1833) 53 1. Situotion g6n6ralo

2. Portage dos rotpansobilit& conton-conmunM 3. l'affaire Ooloiguo

Chapitre V

LES LIBERAUX AU POUVOIR (1834-1845) 79 1. Situation g6n<!rale

2. Réforme de l'enscig'letnent, création do1 ccmmission1 5coloircs 80

(4)

Chapitre VI

REVOLUTION DEMOCRATJQUI: ET CRISE RELIGIEUSE (1846-1861)

1. Situotion générale

2. Los pottevrs écort�s des outOf'lt•s scolaires 3. Oest itution du r�ent Tissot

Chapitre VI 1

CONSTITUTION FEDERALE ET CONSTITUTIONS CANTONALES (1861-)

1 . Situation générale

2. Cr'°tion du Déportement do l' instruction publique

Chapitre VI 11

LES GROUPEMENTS SCOLAIRES

Chapitre lX

COMMISSIONS SCOLAIRES ET DIRECTEURS D'ECOLE 1 . les cctnmiuions scoloire1

2. lo-1 directeurs d'école

Chapitre X

ESSAI DE SYNTHESE

1. Ecole, conton, COT1mune : les grands thbmos 2. L'au tonomie communale : povr un nouvoou sens ? CONCLUSION , UNE HISTOIRE OU DES HISTOIRES ?

Tableau synoptique de l'orgcriisotion de l',cole primaire dont Io canton de Vaud

8i bl iogrq>hie

93

94 101

113 114

135

149 159

167

175 178

181 191

INTRODUCTION

Dons Io canton de Voud, Io <8Spcnsobilit6 do 1'6cole est port�e entre Io canton e t les Côn'WT'lunes.

Dons Io volume 5 de l'Encyclop6die illustr6o du Pays de Vaud, ou d)ophre des écolfl, on peut lire : "L'école est sovs Io double rosponsobil1t6 de l'outorité cantonale ot des communes'' (23, p.165);

plus loin : 11Lo responsabilité et l'autorité sont portogéos puisquB los Mvnieipolités et les commissions scololres concourent ovcc le D6portement b l'applicotlon des lois" (23, p. 165); oillours, ou chapitre det groupements seoloires : 11 Le transfert des compétences locolet b uno commis.sion tcoloire r6gionole o parfois provoqu6 dos r6'sistonces ccmpr6hensibles" (23, p. 38).

En F6vriet' 1981, Ion de Io ,.,..ion du Grond Conseil sur l'axposé des rnotifs et projet cfe décret sur la réforme de l'dcole voudoife, un cM:pvl6 soc;ioliste manifesta son inqui6tvda foce ou proiet d'or·

gonilO'tion odmlnistrotive; il y voyait une "atteinte b l'autonomie des ocnwnunes". Peu oprè$ cette intervention, un dfput•, libéral cette fois .. ci, s'exprima wr le même thème, offinnont que los sttuc­

tvres odministrotivM proposées enlevaient des pr6rogotives aux commiuions scolairè'S et provoqueroient ainsi une "porto d'autono­

mie des oonimunos".

Ces critiques, émanant de repré.ientonts de deux partis oppO�$, no peuvent qu'inciter a la réflexion; le terme d'ovtonomio communale ost unan1mMt reconnu e t défendu por les membre1 du Parlement, quollo qua JOit leur appartenance poil tique. C'ost donc que c;e concept o uno signiAcotion profonde. Si les commvnêS voudoises d6fondent une certaine autonomie en mati�re sooloîre c'bt que, jusqu'à pr6s9'1t, elles ont b!n6ficié d'une relative ind6pendonce concomant pt"incipalement l'orgc:wtisorion des cloues, les bâtiments scolaires et le choix des ensei(J\onts. D� la cri:ation d e l'école, il y o ou dons les villages des personnes mondot6H qui ovoiont pour tôche do s'occuper de 50n odoninistrotion ot de JO surveillon­

co. Pondant longtemps, les canmunes ont ouun6 seules les charges finonc:i�fl relativfi b cet objet.

(5)

Cetté loogue histoire de responsabilités communales et de prise en charge locale dos problèmes d'administration scolaire a mo.rqu6 Io Poyi de Vaud. Nous ovons pens4 que pour comprendre Io situation actuelle ;i folloit remonter d""' le passé.

"Non pos que le pO$$é doive nous masquer l'oventr, ni que nous oyon.s à l'imiter sottement, ni mime nous en inspirer, - il fOJt savoir innover ot on ne fera jomols Io port trop gironde � l'imagi­

nation (qui est Io chose qui manqua le plus à no• hommes d'Etat).

Mois on ne eonnon bien le pr6sont et on ne s'oriente bien d�s le futuT qu 1b Io faveur de ce qui est venu 'avant', qui explique le présent, qui conditionne le futur" (39, p. 18), 6c:rivoit Ramuz dons l'introduction de l'ouvrage de Paquier, •1e Pays de Vt:Nd".

Ce pou6 q,ue novJ voulions essoyer de mieux comprendre n1.§toit accessible qu1b trover-$ les dacumonts 6crft1. Nous avons tout d10·

bord reoens6 lot ouvrages de synth&se traitant do l1ln.struction pu·

blique don• le Poy1 da Voud. 11 y on o fort peu et ouc:un ne comprend Io période contempot0lne.

Nous n'avions clone pas Io posslbilitf de °"""""er diffiirenn poinn de vue et dlff4rontes interpr&totionJ sur Io même 'poque. Aussi

JOmmes-nous remonté oux sources et ovons··nous coruult4 directe­

ment les documents d1orchives : cotte démarche o 4it6 bênéfique b tou1 égo rds.

Reconstituer l'histoire de l'�volullon do la répartition de> QO!Tlp6- tenœs entre Io canton e1 les commvnM était poulble en suivant dm>nologiquement l'opporition des lois "t des d6cren. Cependant, Io Mcessit6 de connaitre les roiaons des chonganents successifs nous obligeo b consulter d1ovtres documents revistres des Conseils

d1Jnst·ruction pvbllque, correspondance 6chongée avec les communes, bulletins du Grond Conseil, rapports du Conseil d'Etat, etc.

Mois nous n0U1 sommes rendu compte qu'a une 6tudo basée sur l'exanen do loi1 et de r�lementi analysés en fondion d'événe­

ments poli tiques, rêligieux ou 6conomique11 �it encore une dimension, celle de Io r6olité concràte, ou niveau des individus1 des groupes soctouM et de leur1 interactions. Il fallait inclure Io façoo dont les lols étaient véa1os, interprété.es, tron1formées, ou besoin dé•oumh1 par les dlff6rent• oc;teurs.

Nous avons olon <Ucovvert une out,.. version des 6v6nements.

C'est ô travers le mémoire du pasteur Dupro2, Io cl6porf du régent Re>""""d, l'affaire Oeloigue et Io destitution du r6gent Tiuot que nous avons compris qu'il n'y avait pos. "une" histoire, rnois •des"

liistotres de l'in5tr.uction publi"'e.

los chapitres 1 b VII sont ccmposés

d'uno br�ve portie hi,torique relatant lti f!vénement's politi�es ou religieux oyant d6tennîl'M1 un dlongoment dons Io politique 5colaire,

d'une prétentotion de Io situation de l'en1ei91"ement primaire ô I o sulto de ces 6v6nornents; éloborotion de novvetlet loi1, expo­

s6• de1 motir., d6bots ou Grond Conseil (dès 1830), changements ou sein des autorités, portiçvfarités, problknes de mise en oppli­

o:rtion, finonc:emetit.

Les c:hopitres Ir, Ill, IV et VI 10nt suivis do Io présentation d'un foit r6ol tir6 des archives communales de Saint·Cergue.

Lo ohopltre VIII sur les groupemenh •colairos o été réolis<I en partie gr8ce l'oimoble collaboration do Monsieur Ernest Covin, nnclen chef du service primaire du Déportement de l'instruction publique. Nous l'en remcttcions trM sincfioment.

Lo chapitre IX oyant pour titre "cx:mmiuion.s scolaires et directeurs d16cofe" n'est pas un chapitre historique.

Nous avons tenté dans ces quelques poges de présenter les cornmis­

•lons scolaires vaudoises (leur cc:mpositîon, leur rôle, leur fonction­

nement). A portir de 10, nous ovons t§mis quelques consid6rotions personnelles sur les répercussions que pou«oit ovoir !'institution g6n6rolh6e de cflrec:teurs d'6c:ole doru tout le canton, porollllle­

monl avx commissions scolaires.

Nous avons demandé b un certain nombre de personnes de s'e><pr-i­

"'"'' a ce sujet1 entre outres MeS5ieurs Fernand Barbey, Poul Nleod

•f Armand Veilloo. Nous les remercions lei trb.s vivement d1avoir nccept� de donner Jeur ovi1.

(6)

d>apitre 1

LE PAYS DE VAUD AVANT LA REFORME 1. SIT\JATION GENERALE

Au XIVe 1illcle, le Pays do Vaud était ma<cel6 en un grand nombre do seigneureties rivales.

Petit à petit le$ comtes de Savoie révssirent b regrouper sous 14".lr domination une bonne portie des terres voudoi1a. Ifs FovoriMrent le développement dos villes en los datant do franchi,....

les sujets voudois bén6fîcloient d'un statut et de privilèges porti­

culiers. Une asJ.emblée dito des "Etats do Vaud" (trois Etats : nobles, occ:lésiostiques, bourgeois) se réunissait périodiquement b Moudon.

(Les

terres de 1"6viché do Lausanne 6taient lnd<!pondantes de Io Savoie, mais l'Evôque porticipoit oux os.sernbl�es de1 Etots

de Vaud.) Cotte OS&ernblh pouvait siége< sons l'autorisation pr6o­

loble du comte de Savoie, œ qui témoigne de sa partielle indt­

pendonc.e. los bourg1 vaudois eurent donc des contacts fr6quont1 et cette solidarité contribua b créer uno unit6 du pays.

Ôrqanlsotlon QOmmunole

Avant le milieu du XIVe si�cle, il n'y o pœ d'outorit�s oommuno­

les. let fonctionnaires. dont font mention los c:hortes sont des repré­

sentants du seigne.,,r et non des 'lus de Io communout�.

Ouelquoi villês obtiennent avec leur fronchl10 l'outori'°tion d16to,­

blir des gouverneurs ou syndics. Ailleurs, l1outonomie odrninlstro­

live se d6velcppe spont�ment et empirlquement.

les orgoni50tions mvniçlpoles qui se crient ou XIVe si�cle pennet­

ten1 de rfgler œrtoines questions él�mentoires et ptatiques d'ordre éconcm1que intéressant l'en*1tb1e de Io population. En principe

les d6cision1 des bourgeois ov commvnieri devaient être roti04es par le seigneur ov son repr6sentont, le châtelain. Mois, en foit, l'ossernbl6e des bourgoois 6toit souveraine dons son domaine do comp6t�ce.

Dàs Io fin du XIVe si�cle, Io plupart des bourgs vaudois ont un Comeil gtMrol (en...,,ble des hobitonl1), un Conseil de ville

(7)

(une dout.oine d'61us) et des syndics, proo.>reurs ou communiers charg6s de l'odministrotion couronte. Mois les c;onseiJs de ville oequiàr�t bientôt une Importance pré�ronte, fovorisant ainsi le pouvoir do Io bourgeoisie.

Dons les compow"los, "11 Eglise contribuera a 1'6volution en a'°"' à peu prà1 dont toutes les paroisses et mime les villages, les con­

fr6rie1 du Soint Esprit, associations pieu"'5 el charitables qui grouperont les hobitonts autour d'un conseil élu, qui tantôt devien­

dra c:elui do Io c:ommunout6, tantôt disporoi)ro devant lui" (58, p. "3). AIJ XVe siàcle on trouve assez souvent un ou deux gou­

vemevrs, agents e-'QJtitt de l"OS$emblêe des bourgeois.

2. lB ECOlB AVANT!-' JIE�

Le.s ouvl"Ogtls traitant de l'onselgnemenr 6l�mentoire avant Io �­

fcwme tont peu nombreux. Lo pluport des outeun Ol)Ofemporoins se

r6�rent oux articles de Maxime Reymond qui fut directeur intiri­

moire d"' Archives de l'Etol de Voud ou début de ce siècle. Ce dernier o tir� ses renseigriements des archives locales de certaines villeJ voudoises, qui poufdoîent un çompte de ville heureusement conserv', ou de doc:un'lentt ptîvés.

Pour Io r<ldoctlon de ce chopltre nous nous sommes 'gaiement réM­

ré b 1"1 Histoire do l'instruction publicp.te dans le Pays de Vaud"

d1Andr6 Gindroz et b ! .. 'Histoire de l'instrvc:tion publique don$ le conton d e Vovd" de Chorles Archinard.

Sol°" Glndroz, "co n'est pas aux temps dons Jesquels les peuples ne sont gu�ro consld6r6s que comme Io propriété ou l'instrument du pouvoir, qu'il rout demonder des institutions qui éclairent l'es­

prit et fortifient

l'Sme" (26,

p.

3).

LO"gtemps dons les oampognes "on s'émeNeillo lorsqu'on apprenait d'un honvno qu1 n'6to1t ni clore ni notoire qu'il sovait lire et 6crlre". On b6n1uolt Dieu et on le disait "entré dons Io dévotion"

(1, p. 13).

Pourtont, dts le houl Moyen Age, les conciles el les .ynocles de l'Eglise avaient ordonné l'institution d'éc:oles non seulement dons les villes mola encore dans toutes les paroisses ruroles. Cet ensei­

gnenent devait être grotult el donné por le curé ou son vicaire.

Au Xe aiàcle on P""I noter qu'il exlstoit déj� des écoles rottoc:Mes

à des monastères. Dos onfonts allaient y "apprendre à prier, à chanter Poffioe et pout•Ôtre b lire, dons l'espérance de devenir moines a leur tour'' (1, p. 11).

C1est ou XIVe siàcle, avec le d6veloppement des institutions municipales, que s•ouvr1rent dons toutes- la petites villes vQUCloises

les premiàres •cotes communales. Elles nou.s IOl'lt connues par Io m�tion dv moi'l-re "scol0ti1, rectot', comme témoin dons un ode public. Le plus ancien docunenl dote de 1287, li Vevey. Dès le

">Ne si�cle Io nominotion des r6geritl se nt por IM Conseils des vi lies. A Lausanne, le Chapitre nommait le r6gent du quartier de Io cité et le Conseil de ville celui de Io ville inf6rieure. les villes vaudoises se disputaient les moillevn maitres. A Yverdon les moitres devaient être bacheliers et Io plupart sortaient du collège de Dôle. Des j8"nes gens de fomilles riches, oyonl reçu une ciertoine instruction b Paris, •r,gentoient les 4coles•

rl.7,

p. S) f>/evey, Cossonay, Rolle,

Orbe).

Les eommunes se ehorgeoient donc elles-mêmes d'assurer à leon res.sortiuonts un minimum d'instruction dont les futurs syndics, no­

toires et membres du ConseU pourraient avoir besoin.

Por contre, dons les villages de Io compagne, i l ne •omble pos qu'il y oit eu pouibilit6 do s'instruire; Io pluport des canpognards de>1oient être dos lllottr6s.

Les êooles 416mentolres vovdolses ovont to Ri6formo ne concernaient qu'vne minorlt6 de Io population. L'in1truction n'avait pas un co­

roctàre populaire. Foute do dlroctivos cantroles (le Pays de Vaud ne formait pot une entité polîtlquo), il n'y out pos d'unité en matière scololre - comme nulle port oilleun.

Finoncemefll dos 4colcs

Les régents étoiont solarlét por les villes; leur maigre troitcrnent s1ougmentoit d'un écolage perçu sur los élèves.

Dons un testament d'un r6gent de Moudon en 1489, on apprend que çeful-ci 11toucholt un double salaire, do Io ville et des parents, mols que les 900vemours ou111 bien quo les portiwliers négligeaient

souvent de le poyer"

(57,

p. 4). Co l)lllllmo finoncier semble être le pl1t1 couront 6 l'époque.

les solairos annuels vers.61 par le. villes variaient de c:inq à dix­

huit florins. A lousonne en 1467, les mo1'-réS d'êoole reoevoier'lt dix .. huit norins plus I• logement et SCl\S doute le bois. to même

(8)

onr\fe le troitement fixe fut supprim� mois l'écolage port6 a huit el douze sols por on el por élève.

Il C\?P(lfOÎI dau un leslonenl d• 1449, a Pay-•, que le r6gent

"recevrait, en sus des huit ftoriru donnés par la ville, huit sols des enfants ouxquols Il en.seignerait l1alphobet, dix de çeux qui opprondroient les sept p$0umes et dou·ze sols des élèves nourti1 des

auteurs -et de Io doctrine" {57, p. 5).

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(9)

Chapitre Il

LE PAYS DE VAUD SOUS LE REGIME BERNOIS (1536-1798)

1. SITUATION GEN!IW.E

Au XVe sl&cle la ville de Berne, dont l1innuonc0: 4tait prépondé­

ranto on Sui»e occidentale, commença 0 s'intéressor au Pays do Voud. A plvsieul'S reprises (es Semois occ:upàrent le Poys mais duronl se retirer suite à l'intetvention du roi de Froooe. L'établis­

sement de Io Réforme b Genève et Beme cr6a ontro ces villes une eommunOut6 de convictions et d'intérêts:.

En 1536 la ville de Beme déclDTa la gvorro au duc de Savoie et occupa mllltairemcnl le Pays de Vaud. Co fut la fin du r6jjime wvoyord ot du régime �piseopol lr LoU"SOnno. 11 n'y eut ni effusion de song ni �1is1·C1"1ce du duc ou de 1'6viquo. Beme prcmit d'ob­

server los franchiMK que les villes voudoiMK avaient obtenues du duc do Savoie et de l16vêque oiNi que les droits seigneuriaux de leurs vououx.

Leur> Excellences d e Beme (LLEE) portag6ront le poyt en bailla·

oos dont l'administration fut confiée b des mogistrots bomois. Ces baillis représentaient l'oligarchie de Seme; ils 'talent principale­ ment des odministroteut'$ et des receveurs. "Si fes Voudois n'oppré­

cioicnt pos toujours Io rigueur morale d'un 90Uvemement paternel, ils appréciaient par contre so probité et sa iustico, l'ordre et Io s.éeuri t6 qv' il faisait ré"'er, Io paix s.urtovt dont le pays bénéfi­

ciait sou• sa pvlssonte 6gide" (Charles Gilliord).

Organisation ccmmunole

les villes avaient des orgonisotions tr�s d1venes; Borne essaya, mois en vain, de les unifier. Le gouvemll!Tlenl occordo b touh!1 communaut6 le pouvoir d'6toblir un Conseil pr6sid6 par le chôte­

loin et chorg6 de l'odministration des bient ccwrwn.unoux, du bieri de• pouvrM et en g6!>6rol des intérêts de Io localit6. Le Conseil pouvait se recrvt&r lui-même.

Dons les villes, b l'imoge de ce qui se pos.Klit b Berne, dn ten­

dances olipchiques se firent de plU$ en phn tentir; petit 6 petit los Conseils gi6n6roux n e furent plus c;onvoquo6s. Bon nombre de

(10)

communes rurales n•ovolent pas de conseils ; l'odninistration conti­

nuait b être eKercde par l'ensemble des communiers qui désignaient des gouvemeurs.

C' .St SOUS le r'aime bernois que les communM furent rencfues res­

pansobles dos indlgents, autrefois b la charge des fglises, couvents ou ccnfr6rie1. c•.,t dans le même esprit que les communovt�s furent chorg6es de pourvoir b l'instruction des

enfants. Lo

commune devint petit ai petit � instrument de f'Etot, un v�ritable organe de gouvememMit et d'od-ninistration générale.

2. ClfAllON OlS KOUS mMAIRES (l)

C;est 10US Io ck:minotion bernoise que furent crues les �cotes pri­

maires dons Io canton do Vaud. L'impulsion donMe ou d6veloppe­

mont de l'instruction publique ovoit simplemef\t pou r but de fovo·

riser Io Mfonne. Luther ovoit coonpris que Io force de sa Réforme d6pendoit du degré d1instruç_tion dv peuple. Il rec.cmmondoit uno 6cole obligo1olre ot 6101il6e. Dons '°" c6l�bre "appel oux mogis­

trots", il dilOit 1 ''C'est b vous, seigneurs, de prendre cette œuvre en main eor si on remet ce 50in oux parents, nous périrons: cent fols ovonl que le choix se f0$Se"

(29,

p. 70).

"Instruire le peuple, c'61oil lui penneflre de lire Io Bible, r6F6·

renco suprême du protestant, ot de lutter contre les popisttn par 1'6tudo du cor6chlsme er de l'écriture soinre"

(23,

p. 163).

l1êeole Fut pour oîns1 dire "fondue dons: l'Eglise". En Pays réfor­

m6, le rôle do l'Etot dans les affarr .. •colalre• fut très lmportonl;

"Les lntêrits do l'école no sont fomois sêporês de cevx de l'Eglise : toutes deux '°"' mises ou sorvfco des: bvts politiques visés par Io

souveroin" (34,

p. 855). Les Bernois: voulaient bien d'une instruc·

tlon populolro mals ''l:i folblo dose et seulement en ce qui leur porolsKJ1t strictement n6cesso1re pour offennir Io réfoimotion" (1, p. 26).

Povrton1 l'instruction fut d�clor�e obligatoire. Les régents étaient chorg6s d'oKoreer une wrvoillonce morale sur Io population des

1, '<iur Io N«tctfort et. ce chopltt• nou' noous taM'let souven• r4('''' b la thtM • G.otg..s � •les •çoles vovdolUo! 6 Io fin du rél)Ïm•

.... (37).

lieux où le posteur ne r'sidoit pas (poroiues comprenant plusieurs

v

illa

ges)

.

les

contrôles de fréquontation ou p<êche - plutôt qu'b la messe - furent plus serrés que ceux concernant Io fréqventotion d .. écoles.

Au XVIIIe siàcle, le gouvememont "'l'froit grâce b l'insrruction lutter efficacement contre Io sorcellerie, le pav�risme et l'irr61i­

gion. Mois b mesure qu'on s16loigno du temps de Io r6fonnotion, il apporta de plus en plus d• mol-Il l'établissement de nouvel­ les 6cola, don1 Io mesure où Io IUfonne 6toit installée dons le Pays de Vovd.

Notons que Berne n'o

i

cwnois penM b irnpo$er l'allemand dons ses terres romandes. Les otdonnonces furent toujoun trodvites:. •Le rayonnement d• Io clvllisotion ffo,çoise au XVII• et ou XVI llo siècles evt pour effer de r.u.ci- Io plupart des aristocraties gou­

vemonles. Ce ne fur donc pos por 6jlOfd pour les sujets romand•

do Beme que le frcriçois fut maintenu, mois por égard pour le roi de France•

(33,

p.

156).

En fondant l'Acod6mie de Lou ... ine pour fo""er des pasteurs en

1537,

Leurs Excellences créèrent un Foyer intèllectuel qv'alle1 wrent maintenir ou même titre que Io Haute Ecolo de Borne.

Pondant toute Io p6rtode bemoise, 11 n'y eut pas d'orgonis:otion gén6rale en ço qui concerne l1înst-ructi0f\ publlque. Aucun orga­

nisme centrol ne velllolt li l'oppllcotlon des ordonnances gouverne­

mentales. "Tout roposalt sur ta bonne volont6 des CorM'lune.s:, le

•�Io dos posteurs, Io vlgllonc:. des Classes(•) et l'lntérSt évttntuel d'un boilll Il la choso soololre" (37, p.

41),

Ouelqvos principes copendont furent pooés. Ainsi on 1676, soit cént quoranta ans opr�s l1oecupotlon du Pays de Voud, parut Io première otdonn°"'ce ronformont des principes gén�roux en moliàre d'in.strvction primalro. If s'oglt do la vorslon française de celle 6dict6c pour le Pays ollemond on 1675. D'après ce règlement l'école est obligotoil'e. Les communes doivent en faire les frais.

"La principale faibles.se do cet Mflt r6sidoit dons Io situotfcn faus­

se faite ovx commvneJ11

(37,

p.

38)

: on effet, elles supportaient tov.s les frais de l'•tobllucment do l16cole et n'avaient même p<n Io droit de nommer, contrôle' ou r6voquer I� régeats - c'�tait

l'afFoiro dos baillis. Les: commvnes m1rent souvent peu d'empresse­

méclt ti cr6er do !"ouvellos 6QOIOS, b ougnenter ou payer le solaire dos rfgenh; elles n•on avalent d'oilleun porfois pas le5 moyens .

•Vintroblet c� foll. Kcplt•I) 1 onoridl-.. ecc'61. �le tfgl.M ti.moi:l .t I'*"''.-, 1863.

(11)

Le postevr devait alon intervenir el, s'il n'obtenait pas gain d e cause, avertir le Boilli.

lei communes qui poyoient r6guli�rement levrs moilres d1école supportaient mol de ne pas pouvoir nonwner ou révoquer leurs ré­

gents. Ce sera une des premiàre:s rev.,,dlcotians des c:o-nmunes lorsque: la R.s.volution 6clotera.

En 1746, 1758 et 1m, des principes plus complet> furent édicté•

por Berne. Ain.si nul enfant ne devait sortir des dcole;s qu'il ne sache par cœur le cot6chitme. C1est l'origine de Io coïncidence de la sortie des 6coles ovoo Io première communion. Mois IM ordonnances de Berne ne rvrent pos tovi04Jrs bien exécutées.

Celles de 1758, par e>eemple, se heurtèrent b l'opposition des etv­

torités communales qui estimaient que los Jntérêh locoüx n1étoient pas res:pec;tés {gtiefs ayont princlpaloment trait oux fonctions cssi­

gnfes oux pasteurs); les out-eurs du code 6toiont oe�s d'une port de vouloir tout �fomenter Iusquo dans les moindres d<ltails et d'autre port de ne pas tenir compte des usoges locaux et des coutun.es régionales •qui servent en quelcp.1e sorte de canmentoire et de canplMtent, parfois de c:otT'ectif oux textes de loi, et CfJe ces us et coututnes on ne les ignore pas Ïmf>'#16nent·• (63, t. 4, p. 85). Le gouvernement se vit alors controint de procéder à un e revisian d.,. 0..donnances de 1758; i l comulto l es Clas>eS de Pasteurs el tint compte de leu11 observatloni. Los âi;positions sui les écoles, ainsi qve les Ordonnances eccfésiostiques de ln3, restèrer>I en vigueur jusqu'en 1806 - date � laquelle le Grond Conseil vovdois adopta Io lol sur l1instruct1on publique.

Si l'on compare les OrdonnaneH do 1773 au Mand<lt >OUVeraln de 1676, Otl constate que dan1 l'ens.,.,ble l'organi$0tion scolaire e-st toujours Io même. Cependant, certains points portent Io marque

de l'évolution qui s'est op6r6e pendant un sièçle. LM Conieils do vil l e obtiefln&nt le droit de nommer leurs régents. te1 en fonts pourront quitter les �cotes lol'lqu1ll1 auront .. fini leurs cours et appris les chose$ néce:ssoires11 (37, p. 48); on ne parle plus expres- 5ément de "savoir par cceur Io QOt6chisme• (35, titre onzif::me, art XIX). Dans le domaine do Io discipline, an parle de douceur et non plus de châtiment por Io verge. Enfin i l ett oon.ieillé OJX r6gents de "former l'intelli900ce des enfants par des e.xpliQOtions simples, sur lescp.1elles les r6gents reeeyrcnt eux-mêmes des instrvc­

tions de Io port des pasteurs• (36, titre septiM-ie, art. 6).

l'enquite sur le paupérisme de 1764 ovail montrf qve l'instrvction des enfonts pauvres et riches laÏ$.SOÎf beoueoup b cMsiror. Le ptinci­

pot obltocle 4toit financier-. Berne pouvait bten d6clorer 1'6cole obligatoire : si let ccmmvnes n1011aient pos les moyons d'entretenir un r6gertt et que LLEE ne suhYentionnaient pos les 6Cl01n, ces

demlàres resteraient insuffisantes, surchorg6es d1enfonts et fr6quen­

t6es ir,.�liMement.

Nous avons dlt prêci6dernment qu-e 6eme no cr6o pas d'organisme g6n6rol chargé do la surveillance das 6coles. Lo Schulrat (>énal ocod6miqvo de Berne) ovoit officiellement la houto mo1n svr toutes les offoiro1 d'6cole, tant du pays welscho qvo du pays allemand.

Mots on ne trouve pas trace d1intervention du s.6not bernois dons la mise on application des ordonnances destlndes b !•enseignement primaire.

Parmf les outor·itfs scolaires plus prodles, citons les baillis, les Colloques ou les Classes de pasteur<, los Cansl1tairos, les pasteurs

ot los communout6s (communes, paroisses, villes).

los baillis 6toient l'outorit6 de nomination des r6gents. En fait, ils se contont�rent souvent de ratifier le choix p<op<M par les ministres. Ils roc:evaient les plaintes STOVM centre les r6gents, les parents et les enfants n6gligents. Ils 6taient l'instance odrni·

nittrotive.

Les Colloques el les Cl"'5es de posteurs êtaient les juges noturels du pasteur. Ils avaient pour inttruction do contrôler "si celui-ci visitait les 6coles assidûment, s'il en procurait dos visites généra­

les et annuelles at s• il obligeait les régents b foiro lour devoir ..

(35, p. 97). Comme les boillis, ils n'intervenaient pas >pantoné­

ment mais étaient sollicités par les minl1trcs qui cherchaient leur oppui pour obtenir dM anéliorations en faveur des écoles et dos r4igont1.

Los Consi•toires étaient des .. tribvnovx do moeurs, nomm6s et su-r­

vcill6s po< le boilli; ils portageoient l<!galomont avec le pasteur Io soin do surveiller les 6coles. Pratlc:p.19'nont Io Consistoire se d<!dlorgeoit de ses responsobililés presque entiàromont sur le mi­

nistre q,ii <!toit de droit l'un de - memb<e1• (37, p. 108).

Les pasteurs 4!taient les véritables responsables d• l'instruction directevn. des 6coles, leurs compétences 6taienl tr�s 6tendves. Ils exerçaient une véritable surveillance sur les ccmmunoul,s, les r6gents, los 61èves et leurs parents. Ils veillaient en premier lieu

(12)

b ce que les conwnunes re-npliuent leurs obligotions. l'instruction religieuse 6f'ont unie b l'instruction conwnune, les rfgenb 6toient en quelque sorte les auxiliaires des ministres et 1'6c:ole -sel0t1 Io c:onc:option de l'époque -'"Io pépiniàre de l'Eglise" (63, t.2, p. 3791. Lo position du pœtevr vis-li-vis des parents et des en­

fonts •toit rr�s forte puisque c'était lui qui jugeait si un élève 'toit suffisomment irutruit pour SOftir de 1'6cola et être oQnis O Io Sointe Cène. Il visitait les clossos, contrôlait l'ln.struction et les progr�.s et surtout s'assurait de Io fr6quantotian r�guli�re des 6colicrs. C'est lui qui inscrivait les onfonts b l16cole. Le régent dovoit lui foiire des rapports r6gullers. Choque printemps le pos.­

teur pr6sidoit l'examen public: des 6collers. Oe plus, lorsqu'il s'ogiS.$0h de povrvoir une régence d'un monre, c'est li lui que s'odressalent les postulants; il les excwninoit et d6signoit les deux meilleurs ou choix du boil li. Mois Io tache Io plus impo<tante qui lui 4tait confiée était de diriger le rfgant dons "°" trovoil. Non seulement il devait lui expliquer le cot6chhrne mois sovvent encore lui enseigne< l'orthographe, le ool..,J et l''c:ritvre. le pasteur fi­

xoh l'horaire des leçons, la dot·e des VOOGnces (ovec les cc:rnrnu­

noutfs) et occonloit les cong!s.

En foi• le rôle d .. pœteun dons les 6coles des po<oi""5 étoit clfteiminonl. Som eux, l'éoole eût 616 dans un étot cUploroble.

De nombreux roppom �anant de pasleurs furent envoyés Il Berne, wppliont LLEE de venir en oide aux ccmmunos pouvrti. Leun observation-s font part de la "petitesse du traitement des régents et sont frdquemment oc:compog'l4es de dol,onces sur l'inhobilehS do ces ouvriers si mof récompons6s" (26, p. 19). D'outro port ils su­

r4ml an malntes occ:asions garder lour tnd6pendonco d'esprit a 1'6gard de Bcme. Aussi, lorsque les 6v6nements de 1798 mettront fin b l'ordre 6tobli sous l'Ancien R6gîme, ils ne seront pas con

fondus dons ta même disgrâce quo LLEE. Les consi1otoires dispc:raî­

tronl ovec le'S baillis, "mois on ne tongero pos a enlever ovx mi­

nistres leur ovtorité sur les fc:oles" {37, p. 110).

Citons enfin les oammunout�s; elles avaient surtout des devOÎI'$

et Fort pev d e droits. Ell.,.. pouvaient "' plaindre de Io conduite ou du mouvais travail de leur r'gent mois ne pc;vvoienl ni le nonwnor ni le destituer. 11 semble cependant que l'u'°ge était r6pandu d'adjoindre ou pasteu< des r"J>'Mentonts de Io cornm<Pte Ion de l'examen des aspirants li Io r6gence.

A �im, on 1679, le candidat r�I s'était p<6senté "pot devont le sieur mini1tre et les conseillen de Begnin1• pour y subir l'exa­

men. I l ut sp6cifi6 que "'" eogogement o eu lieu "pour obtempé­

rer ov bCl1 vouloir souverain de tôc:her d o faire instruire Io jeunei­

se du dit lieu, du mieux possible et pour ogr6er oudit sieur minis­

tre ... Enfln, Io contrat précise qu"ou •çOS oO il ne s'ocqvitteroit do so dite diorge, lont ou contentement du siour ministre que dei communion dudit lieu, il pouno être cong6di." (59, p. 23).

los dispooitions légoles o l'égord des nominotloru do r6(l<!Ots pré­

voyalont que ''les communautés n'6tobliront point los maOres d16co­

le, ni lei villes les régênh, quoiqu1ils les payant, ions Io portici­

potlon deJ posteun, qui ju9Cront de Io copocit' dei postulonts"' (35, tltre on:z.1ètne, art. IV). Ainsi, les repnSsontont• do Io commu­

ne (ouoient plutôt le rôle de spec:toteurs. C'6talt Io pasteur qui monoit l'interrogotion; il était certainement le mieux quoli06 pour le foire. De même il esl �vu que "ee n'mt point aux villes, ni aux conmurtOUtés, de suspendre ou de cos.ser les maitres d'6cole ou les régents., 1ors�êtne que ces communoutM font et ont 6tobli les pensions ••• • (35, titre onz:iàme, ort. IV).

Lo conwnune de Ouillier, qui ovoit oong6di6 '°" r6gent et l'ovoit remploc6 por un outre qui ne semblait pas d6siroble., provoqua une rfaction du Colloque de Nyon li l'égard du boilll et une menoce de recours b LlEE. A d'outr� ocoosioru c'dloit le choix du mini1-

tre qui n'6tait pot do goût des cammunlen. A Pully, en 1780, une r6gente fut nommée contre l'avis du pasteur.

Plus on 10 rapproche de la fin du XVIIIe si�cle, plus lei revendi­

cations se font nombreuses. les communes qui payaient r6gulière·

mont lour maître d'éoofe acceptaient toujours plus dl(Ficilement de ne pouvoir les choisir. Les Conseils des vlllM revendiquaient oncore plus fortement ee droit cor ils n•ovoîcnt lc::rnais reoonc:é à

loun droits seignevrîovx. De nœ'lbreux connits do compétences ngurent dons les Actes des classes. Ces conOlts '°"' princlpole­

mont du1 ou foît que l'école publique primaire o 6t6 crue contre le gr6 des oonvnunes el des parents. le probllime dos villes est diff6rent - ot d'outont plus crucial sous Io dorninotion bemoir.e - puisqv'ou Moyen Age il y ovait d'jll des écoles, que celles-çi avaient ft6 crHes par Io volonté dH villes etles-mêmes et qu'elles

6roient entiàrement g6rées par elles.

Pour Io majorité des campognords, ou XVIIIe sibcle, il n•,tait f>O$

(13)

n4ceuojre, dan.s Io vie de tOU5 les jours, de sovoir lire ou écrire. L.e Pays de Voud était principolemen1 o::wnpoM d'un peuple de paysans. Les assemblées de commune ne tenaient pos de procès­

ver'boux ni d'oiHeun les Conseils

(b St-Cer�e

les premiers compte,, rendu• de '6<lnces dolent de Io fin dv XVI lie •i�cle). les docu­

ments antfrieurs sont dé!i actes notorîd:s. Seul fe pasteur devait 1ovoir lire.

Comment dès lors foire canp

r

endro OUM c:cmmunes ot oux parents qu•ri est de leur devoir de faire de1 sacrtflce1 financiers pour l'école? Il y a non seulement Io manque b gogner mois souvent l'6cologe et les foumitures � payer. les onfonts semblent être occupés béoucoup plus utilement lorsqu'ils vont menor pailre le b61oil comme "boveyrons11• C'est pourquoi, jusqu'au milieu du XXe si�cle encore, les poysans domandoront d&s dispenses d'école pour les enfaits pendCl'\t Io belle IOÎJOn. De mê.ne, los vacances no M>nt pas destinées à � reposer ma1s b trovailler CJux

chcmps.

eH .. oont li><ée< au moment dM r6c:oltes. A., XVIIIe

siècle, 00.:s

les villages, pltJS des deJ.nc tiers des enfants n o vont à l'école que l'hiver (St-Cerg..e, elfedifs 1799 : cinquante-cinq enFonts en hiver, huit li douze en 616 (104)).

A Io compagie le seul moyen d'obtenir Io fréquentation r6g.Jliàre des enfants est de Io rendre obligatoire, mois le problmie de

l'obligation scolaire se heurte ou linoncemont de l'éœle et il devient rapidement un problème polltlque. A partir du moment o1l l'institution scotoire est occept6e et que le.s communM finmlcent r6guliè-rement les écoles, elles désirent avoir un droit de contrôle s

r oel ob

j

et.: choisir le régent, pouvoir ou besoin le renvoyer,

fixer son solo1re en fonction des conditions locales. L'espl'it de soumission des populations cc:wnmenco b foire place ou d6sir de participer li l'administration et ô la gestion dos affaires comnuna­

les.

Ces renvendiçotions $fJtl'lblent lustif'i6es dons Io mewre OI.) les cxm­

munét supportent seules le potds du finoncem9"t des écoles. Mois l'Etat craint -parfois à juste titre - les intrigues, les négligences et les obus; c1ést pourquoi -SOUi tous les r6gimes -il s'assure le c:oncoun de personnes dévouées a Io oouse scolaire et non­

d6pendcw\tes des ecmrrn .-.es, . afin de contrôler Io benne ma

r

che de 1'4c:ole.

A 1'6poque bémoise, ce sont les posteun, solori6s pcw Beme;

IOUJ Io REpublique helvétique� outre los postoun, ce sont les ins­

pecteurs et le Conseil d'éducation, b6n6vole$ int·fre1-s.6s

ou

déve­

loppement de l'instrudicn. Or, si dons Io protiquo il y o souvent concertation entre les différents portenoire$, les communes n'ont

auo.;n droit selon les otdonnonces bernoises; c'est

pourquoi,

lors­

qu'il y o divergenc.e d'opinion, des QOt\nits de ccmp4tencei écla­

tent et dos revendications surgissent.

Financement d.,. écol.,.

Dons los premières années qui avaient suivi Io Réforme, Berne ovait fovoris6 dans un certoin n0tnbre de localitds Io fondation d'école$

primoires. Elle y affecta quelques "légères parcelles de biens occl6siostique> confisqués"

0,

p. 15). Lo ville do Moudon se vit accorder qvelques portions de ces biens b l1uso99 de l'ontretien d'un "moistre d'esehole". A Yverdcn 6golomont, Io pramiàre 6colo MWnblc avoir 616 fa-t<Me ou moyen d1une portion des biens du cl ergot cotholl.., .. céd6e a J '

hôp

itol. Lo c:onYnune de Criuier reçu·t du gouvernement bemoi.s cinq eent cinquante livres. pour fonclotion de oon école.

Panc:haud o colc:ulé, d'opr� l'enquête Stopfer, que "•2 régence<

ont bfn6Fici� do copitoux de Beme d'une

voleur

totale d'environ 10'000 fr<slcs "" 9ui ou toux .,..,..1 a l'époque de S% roppcrtait SOO froncs por on"

(37,

p.

306)

: cette somme est t

r

� foible. Un certain nc:imbre de régents recevaient égolement une partie de leur solaire du so..iiverain. Au total, Io port dy souvoraîn bernois a l'ent retien des maîtres d'école otteignoit 11 % d\J total dos pensions poy6e• dons le Pays de Vaud.

la gouvemement bernois fut parcimonieux dons sera aide ou>< éco­ le1 primaires. Ce fut certoinement dlsproportionn6 en c:omporoison des 6norme1 revenus qo1il retirait du canton de Voyd : plus de 6501000 francs por année, toutes dépense' poy6e:1, dit un outevr ononyme en 1814 (37, p.

309).

les secours au• comMunes ne furent que des exceptions : en 1624 por exompto, 8ome "accorde 10 Oorlns ou régent de Gronges mois 6 condition qu'il renonce 6 mendier ot "''il loiue en paix Io Sei9"1eurerio" (1, p. 25).

Co furent donc pr

i

ncipalement IM c:orrrnune:s ot les porticvliers qui finonœrent les 6coles. Selon l'anlonnance de 1676, ln oom­

munes 6toient charlJées d e fournir Io locol oinsi que le logement et un solaire convenable pour le r6gent.

O'outre

part, elles de-

(14)

voient subvenir OUM besoins des enfont1 dont le1 porent5 étaient trop pauvres pour les nourrir et les habiller, tant qu'ils 6toient en âge d'aller b l'•c:ole.

Les bôtiments scolaires, tràs criticp.1'1 por Gindraz en 1853, étaient, selon Ponchovd, "b la mesure du conFort de l'ipoque" (37, p. 73) : les conditions vorioient consid6roblement d'un endroit b l'outre.

selon les circonstances ou les rasource1 finonciàres de5 CQITl'nunes.

L''cole n''toit pos instoll6e dons une W»lle s;p6ciolement mnén�e ô cet usage mols dons une chanbte quelconcp.1e d'un bâtiment public ou priv6. Le r6gont hobitoit en g6né-rol Io même maison, lageoit souvent avec '° f..,,ille dan• la salle d'école. Ocns ce<­

toins villages, los ccmmvnien reçoivent b tour de rôle l'école chez eux (&sef1ines, OllCW'I, etc.), cette solution étant éc:oriomi­

que pour Io bou"9 cornmvnolo. A d'autres endroits le r6gent passe de fœnille en famille, b raison de quinze jours par enront (Villars­

Epeney). Dans l'enquête Stop fer, peu de r�ts se ploi!Jlent do bâtiment d'•cale ot de l'inconfort do la plupart des dosses. Il es.I probable que lfl campagnards eux-mêmM n'étaient pas beau­

coup mioux logés.

On ne dhpose pOI de vue d'ensemble svr Io totolit6 des pensions des r6gents du Pays de Voud, ô une mêrno dat·e pour tous, pendCllt 1'6poque bemoise. On 50if teulement que les solaires versés étaient fort différent$ d'une canmune 0 l'autre (Archinard parle de UJ 0

175 florins mais Il no cite pas do date). Par contre l'enquête Stapfer do 1799 fournit de• renseignements suffisamment précis pour nous donner une id6e de Io monière dont le corps enseignant était pay6 b Io fln du r6gimo bemah. Panchaud o fait, en dépouil­

lant eetto onquôte, un recensement des Jources dont dérivent les pensions.

Le poids dos troitements repose princlpolement sur les communes mois surtout sur les bouries dos pouvres (la bouno des pauvres était M!par6o do colle do la commune) ou sur los particulien. le boilli

do Romoinmôtier, accusant en 1764 les ecmmunes de ne pas 0$SÎs­

tor corroc·toment los pauvres et les 6c::oles, disait : "Il faudrait leur ôter de l'esprit oette distinction de Io bourse des pauvres et eielle de la commune ( ..• ) ie c::tais que ce serait là le moyen d'avoir plu• de soin des enfants et des pouvres ( ... ) ainsi que des mailres d'6colo" (124). Son vœu sera réalisé en 1806 puisque l'article 12 do la lal 'P'cifio q.ie le traitement du régent est

pay6 do1 bi""' de la commune.

En ce qui concerne les 6colages, Porichoud o cal culé qve dons 1 e 35% des cc:mmunes l'enseignement flt QfOtuit, doru 9% des cos l es enfants de non-bourgeois seuls payent un 6colage et que dons le 56% rostont taus paient un 6calage. le montant de ces con­

tributions est encaiss4 toit por Io ccmmune soit par le régent lui­

mêrne, mais. ce demier a souvent du mal b les encaisser. Les

scmmes "orient grCl'\doment d1une c::ommune b l'outre. Souvent le chauffage du lacol d'•c:ole est b Io ch«ge des parents; en hiver l os enfants appo<tent chaque matin une bûche de bois.

Les ven.ement5 en otgent ''oient rorem.,t l'unique source de la pension des r6gents. On trouve 4galement des ""''""'�rotions en graines, en vin, en bois, ptodu1ts divers, sous fonne de loge­

ment ou de ten'Oins. "Le toloire moyen d'un r6gent en 1799 était do Fr. ISO.- par on ou '1 c. par jour" (37, p. J.45). Pour oomporoison, Il est ch� d'autres salaires : manœvvres, 80 c. b 1 fr.

par jour; ovvrien quo1ifl61 (çhorpontiers, paveurs, maçons, iOTdi­

nien, etc.), 1 rr. b 1 fr. 30. Bon ncmbre de régents ne pouvaient pos s:ubvenir oux besoins de leurs fcmilles avec un tel solaire et exarçoient un outre mftier b oôt• de jtfçole. Lo révocotion de

!'Edit de Nantes de 1685 provoqua l'o><Ode de nombreux r6fugi6s

en Suisse romondo. Nombre d1ontro eux prirent dM emplois de maitres d'école el furent bien accueillis cor le poys en ovoil besoin. En 1698 on ne ccmpte pas moins de quinze régents fran­

çais dons le bailliage de Nyon. Les seuls moyens d'existence consistaient on vn "molgte 1alalre poy6 por Io commune, îc::i ou lb des l�ans donn6es dans uno famille noble d& réfugiés, quel- ques écritures, de m�us 1ervlces rendus b des. voisins" (22, p. t 48).

Reste le problème dos fovmitures 1coloiros (quelques livres religieux, du popier, des plvmo1 et do l1oncre); elles étaient b Io charge des parents. Mals l'�colo no pouvait être ob1tgatoire sons qve les fournitures lcolatros solont grotuttos pour les pauvres. En mettant à Io charge dos communes les habits et les livres nécessaires oux.

enfants des pauvres, Io gouvernement atténuait l'efficacité de son ordonnance. AIJ vu dos toloires c:Mri.aire:s des r6gents, on Git en droit de penser quo les. communes ne devaient pas être plu' empras�es pour fournir les 11vres •14mentoires b leurs ressortissants indigent•. "Quant au papiet, plumes et encre, c'est pour n'avoir pu s'en procurer durant les cours d16cole que tant de paysans ne

(15)

sovetit pœ écrire'"

é

crivait 8ridel en

1799.

A Io fin dv XVIIIe siècle, de

Lohorpe (1)

occvsoit violenwnent le gouvemement de Berne '"d'avoir maintenu volontairement le peuple dans l'ignorc:rioe pour obtenir de fui une oWilsonce

pass

ive et d'avoir refusé de foire les socrifioei n6

�so

ires b l'instruction de ses su

i

e

ts tout

en s'enrichis.sant b 1e:s dépens"

(37,

p. 366).

Ces occusotions n'étaient que portiollemenl oxoctes. Il est vrai qve s1 le gouvernement de Berne ontretet"loit l'Acodbnie et en partie les collèges, sa porticipot1on ou po1ement des moih'es d1éc.o­

lo 61émentoire était ridiculement faible. Par contre on ne pouvait occ:user Bome d'avoir voulu molntonir volontairement le peuple dons l'igrnoronce : preuve en sont les nombreu>e mandats souverains et ordonnances ecclésiastiques concernant P4colo.

D'autre port·, il faut cependont constater quo, même si Io qualité de l'enseignement lo

i

WJit b désirer, l'onolphoWtisme avait disparu du canton de Vaud ou XVIIIe sibclo, ce qui était loin d'être le cos dcris d'avtres

çontcns

de la Suisse. "l'•tot de Pinstrvdion dons le Poys de Vovd étoit sup4ritM b co qu'il "oit dons les Etott voi1ins, en particulier en France, et, en ��roi, dons le;

pays

ootholiques•

(37,

p. Jn).

3. l.f MfMOIKf llU MSTfUR OUfMZ

En

1764,

le govvemement bernois, d

é

sirant être renteign6 sur les progrè$ du paupérisme dons le pays allemand et tôf'l'\ond, adressa b tovs les pCStêurs un questionnairo touchant aux communes de

leurs poroisses. Lo bîbllothàquo cantonolo et universitaire de Lausanne po.ssède une copie de:s r6ponses, sous le titre 11Ropports statistiques odressM ou gouvomomont do 8orno sur los paroisses du

Poys de Voud"

(1764)

(dits"Enquête sur le poup6risme")

(124) (2).

1. Oe l.ohorpe, Vca.idof, rfvolutiOW10l,. r publl• .,. 1797 W'I •eao1 "" Io Cô"Slitutlan &. PO)" ôe Vaud"' dom I� Il d,.... un 4.lf r�iûtoire coitre

1•om.W.httatian bet'nch�e; dé(� I� lntfrit• dv PO)" de Vaud ou Congrès.

d. Vienne; est menl:q du Gnncf c.an .. 11 6tp.ih. 1816; dev lent cti.r W parti lib6rol �·a dir19'f'O Y""' la ,-.,oM1°" e<ndltvtfomelle de 1830.

2, Tout" 101-citotiOM entr• $PJÏ119net• d9 et c.hoip4tre teint tir._ et. ce docu·

""°"''. f'bn; OW(1r):_l renonc4 & '*.pft., � Fol• Io tource.

Lo ma

i

orit6 dM "'estions adressées aux pmteun s.o rapportaient à la situation des pauvres; une ô 1"4ducotion dos enfonts, deux aux mœun dos habitants et t.A"le aux terres cultiv6es. Nous 0Yan1 vu dons le

dlap

itre consacré ô Io création des 6col°' Io rôle J>f"6pon­

d6rant Jou6 por les; pasteurs des paroisses. Qu1 mieux qu'evx, sem­

ble-1-il, pouvoH rendre canpte b LUE de 8eme de 1'6to! de pau­

vret6 dans lequel se t

rouv

aient les habitan

ts

et lm communautés?

le bailli de Rcmoinmôtier déclare avoir rêvn1 les pasteurs à un colloque tout un matin, afin de leur donner dos instructions ou sujet de l'enquête, mois, ojoute·t-il, "les uni no se 1ont donné gubro d'lnstl'Uc:tion et les autres n'ont pas voulu on recevoir du tout". Il émot des réierves q

von

t oux ;ndicotions donnée-1 por les poslouri do

son

boillioge mols les problème. devaient être onologues portovt "11 y o lb bien des bi

za

rreries et des contradictions, sons potier des inexoctitvdes ( ...

)

; mon ministre par exemple qui o tort de dire qu'il n'y o point de terroin inculte dons la paroisse, tondis qu'tl peut en voir peut-êtf'e 500

poses

quasi depuis

ses

fenê­

tres• : il est 6Yident

que

les int6rêts n'6taient pos los mêmes : le minist

re

ouroit plutôt eu tendance b peindre Io situation e1' noir, d6fendont por lb les int&êt• de

ses paro

iHions; Io bol Ili por con­

tre ouroit pc6fér6 d6peindre un boillio90 riche et bien odmini•lré.

Le bailli rec.ommande le mémoire de certain1 mini1tres; pour les ourres "lis ne contiennent guère que dei lieux c:ommun1 1•, dit-il don• so lettre à LLEE.

Los r6ponses données à l'enquête por le pasteur Ouproz. de St­

Cergue pemiotte.ftf d'obtenir des rensei'1'1êf'T'lcnl1 assez précis sur Io situation sociale, �conornique et finonc1bro de la commune.

EllM nous donnent 6golement dei donn6os 1oute1 subjectives Jur Io façon dont le pasteur

j

ugeait le ccmportement des porolssiens, gouvorn8"rt, r6gent, porents, enfants; le ralo qu'll s'attribuait don.s Io fonctionnement de l''cole e t dans la vie do Io commune en 9é­

rM.Srol, ainsi

que ses

rapports avec. le gouvomement bernois.

On imagine rac11ement, en lisant ses remorques oyant trait ou pro­

bl�e de l'ogticulture, au problène dos

sources

d'eou, oux travaux b l 'oiguille protiCfJés

par

les fttrmes,

qu

il no s1int6reuoit pas uniquement au solut des êrnes mois que son octiCl"I

port

ail tout ou­

tont sur Io vie sociale, voire économique do so poroisse

(11

dit ovoir introduit Io culture de 1o

ponwne

de terre); l'attitude de Io conYnune b l'égard des pauvres donne sûrement une assez. bonne

(16)

idée do Io façon dont 1'6colo ol Io r6gont sont traités.

A St-Cergvo 11îl n'y o per50nno do ridio, tous vivent de leur peine mois une choie remorqvoblo et pevt .. être unique e'Mt que jomois St-Corguois n'o mendi6 dans le poy>" (le bailliage de Nyon 6toit un dos plu1 pauvres pormi los douze boilliogos romands de Bome). Les goii.1 s'entraident plutôt que de recourir b Io Bourse des Pauvres e t "celo por fausse c:Mlicxrtm.5e•. Lo commune n'entre pour rien don-t l'œsistonce oux "'ces.sité\lx. Auçvn membre de Io paroisse n•o encore implor6 Io b6n6ficiance du Souverain (le pre­

mie< se<a Io r6gont Reymond, qui on'Îve en 1786 et bénéficie déjà onnuellemont d1une gratification del 8emoi1). Lo conwnune est même si pauvre, dit Ouproz., que "gtêce ou ciel il n'y o <J.1100 seul pGJvre invalide; s'il y en avait plusieurs, ils seteient fort à plaindre b moins que le Souverain ne daiSJ1ôt la œ.sister, ce que Io cotm'ttJn• ne poutr0it foire•.

Et pourtant la commune doit entretenir une 6cole. Lo pension du r6gont est do vingt-quotro 6cus en 1764 (vingt-cinq plus un "pour lire b l1691isa Io fovr du Jeûne", selon les comptes canmunoux), JOit environ Fr. 80.-, ce qui est fort peu, dit Ovpro·z; avec un tel traitement "on ne souro1t se notter d'avoir un bon suiet pour martre d'école"; le poitevr, quant à lui, reçoit 438 florins, soit Fr. 175.-du Château do Nyon, plus do nombreux ovontO!)éS en nature, vin, c:41r6ales, otc. Nous no sovoo.s pos par contre si 1'6colo 6toit tenue &n 6t6 (trente ... cinq ons plus tord, elle ne sero tonue quo trois houros por Jour pondant Io belle saison) : il est possible que Io rfgont ait pratiqu6 en été un outre métier à côté de son onsolgnemont, mols lequel? En 1781, Io régent de St-Cor­

guo prenoit "les taupo1 et les derbon.s sur les bîMls de Io c;omm

no11. Lo nouveOu r6gent, on 1789, "moublo set voconces en creusCX'lt des trous pour Io poso do çitomes communales" (119). Il ost pres­

que certain d11autre port que le 50loire en argent était augnenté de prostotion• on noturo (on 1799 le régent roçoit annuellement vingt llvros clo bourre ot vingt de fromage ainsi que du bois).

L'école cnt certainement gratuite (en 1799 îl n1y ovoit p0$ d'�co­

logo perçu).

le pasteur t o pr6occ:upe de Io quolit6 de l'en5eigne-

m�t : "lorsque i• wis venu il y o onze ans pour y exercer IM fonctions de pmteur, tout ce qu'on Qf>P'enoit dCWls les écoles oux enfants so bornait b lire même oue� mol, b réçiter ccmme des

perroquets quelques pri6ros ot une partie du petit cot6chisme d'Osterwold". "Il n1on est pas de même ouiourd'hui", oioute .. t·il, et il énU'Tlère tout ce quo savent - grâce l'J son intervention - les cat6chumènos loriqu'11 los reçoit b la communion : connaitre Io n'lusique des. f>50U'"-OS, lire COt"rectement, b peu prH bien .§crire.

11 eJICf)lique notcsnment qu'il enseiSP"O Io roltgion "par rai�onnemef'lt11 en se mettant ô Io pott6e dos en fonts. Dons quelle mosure exo­

gère .. t-il la port6e de son oction; le r6gont étoit ... il si mauvais;

le posteur p<6ddont ne s'lnt6rossoiHI pas ô l'instrucHon? Il foudrait, pour pouvoir relotivi'61' ses poroles, connaitre l'opinion du régent, ou des govvemevn, ou du bail li; or, nous ne dispo­

sons d'aucun document de çe type.

"Pour encoutogOf Io jeunesse b remplir ses deYoirs, ie di.ttribue- aux visites d16colo des livrM quo i'ochàte de mon propre argent, pour épargner œlui do Io commune ou Io bou� des pauvres. Je de.stino surtout b cela tous los 6moluments eoruistotÎCkJX �e ie retire, ouxquels l'ajoute quelque choie s'il est �cessoire." Il opporoil oorm10 tout ô foit plausible que ce soit le posteur qui achàto los livra McossoirOJ b l'instruction; il 6tait vraisemblable­

ment le seul b pouvoir en ressentir Io Mcessit6, cor le régent 6toit trop mol poy6 pour se p.,.,,,ettre d'investir dans l'ochot de

livres d'tlcole. Lo r6gont Reymond, qui est nommé en 1786, achè­

tera lui-même una bible pour sa closso, mois, lonqv'il d6mi.sionne­

ro, ne pouvant pl'obobloment repre-ndro l'ooique exemplaire exis·

tant, il demandera b la commune de bien vouloir lui rembourser le prix d'achat de cette biblo.

Il est probable quo los poronts ne devaient pas être motivés pour foire instruire leurs enfants; lit no lour Font pos apprendre de professions mais les envoient trovolllor dè.s leur plus jO"une âge comme bûcherons, métier qv'tl1 pratiquent tous. "Je ne cMse de

$01 liciter �ros ot mèro1 b les vouer b dat profeuions, très peu encore se sont rendus b mes inttonce1." L'isolement géogrQphiquc de St·Corguo les ouroh obliQés b mottre leurs enfants en pension

et cette perspoctive no los enchantait gu�re; ils préfèrent les foire travailler ovoc eux. Ponchoud cite b ce propos liM remar·

ques d'outrot posteun : "Trop d'instruction est vn dCJOger b la CCW1'1p<JSJ'O ( ••• ) un enfant qui a appris b écrire, qui soit de l'orith­

métique, la terre do ton village ne pout plus le porter, il n e veu1 pas enfouir son tolont, il pcme b 1'6tronger pour le Foire valoir •.• ,

(17)

( ... ) les poyscn� moyennés, foute de régents assez salariés pour être choisis ... envoient leul°S enfants dons les villet pour être Instruits et �levés. Ils s'y d6routent, deviennent des demi-messieurs et se détoument de l'ogrieolture" (37, p. 59). Il Mt possible qu'on oit vécu de sernblobles expériences ô St-Cergue.

Les habitants sont solidairet dons leur powreté : "Ils sont charita­

bles canme on le voit por les collectes qui se font de temps b outres11, ils s'entendent bien entre eux : 1111 n'y a point de chi­

canes, les procès y sont très rares, le consistoire n'a que péU d'occ05ion de s'assembler ( ... ) peut-être n'y o-t-il ovcun peuple dont les individus soient ovssi unis entre eux", offlnne même Duproz.

Le posteur semble avoir très ô coeur l'œnêliorotion du niveClJ de vie des habitants; il 6mct cependant certoinM critiques : pore$Se, nonchalance, oisiveté, alcoolisme, vol; mois il essoie aussi de les exruscr : ignorance. oisiveté forcée pendant l'hiver, pauvreté des particuliers e't de Io commune, esclavage des anciennes coutumes et habitudes. A lire son mémoire, on a l'impression que le village o été longtemps immobile, qu'il o v6cu dons une sorte de torpeur et de fatalisme et que le seul él�ent moteur était Io lutte pour Io 5urvie. Le facteur isolèmant joue probablement un rôle non né9li9"0ble dons oet état de foit.

le past�ur s& donne un rôle de COO$Ciller, il jooe l'animateur du lieu, il dit inciter les habitants ô modifier leurs habitudes sons rencontrer beaucoup de succès d'ailleurs : apprentissage de pro­

fessions : "Très peu se sont rendus à mes inston.ces"; agriculture

"Je continue encore toutes I'" onnt§es li fournir groines et plantes à plusieurs"; citernes : "Il n'y a encore que deux particuliers qui

aient suivi mon cooscil."

Il critique l'<1drninistrotion de Io commune : 11L'odministrotion n'observe ni ordre ni police; il n'y a nulle �conomie chez le porticvlier non plus que pour les biens de Io ccmmune qui sous peu se verra ruinée si on ne Io dirige mieux qu'on ne 110 foit jusqu'ici." Lies critiques concemont l'administration des biens c::ommunovx devaiont être courontes. Dons le boilliogè d'Aubonne, 0vn cQntemporoin dit que les conseillers boivent le produit des omende-s, gourmandent le petit peuple et eonsidàrent Io bien public ootnme leur bien; leor gage immérité diminue les revenus, sans parler des beuverieJ et voc;:otions de cos mauvais économes'' (34, p. 482).

En u qui concerne l'école de St·Cergue, on peut supposer qu'il n'y o pas eu de changements importants entre 1764 et 1799, dote de l'enquête Stopfer. Si donc Io situation était Io même, l'école se t<mait dons une chambre du logement de l'institoteur qui se situait lui-même dœis une aile de !'Auberge (endroit fortement déconseillé �). Le bâtiment appartenait 0 Io commune et en 1799 le r�gent le considérait comme délabré.

En 1799, le traitement du régent est de Fr. 144.- auxquels s'a­

joutent Fr. 20.-de Io Bour>e des Pouvr .. (le régent de 1764 les touchait-il déjo ?) et Fr. 65.- de l'Etat (étant donné que cette porticipation de l' E'tot n'est pos citée par le pasteur en 1764 - ovroit ... il pu l'ignorer? - on peut supposer qu'il s'agit d'une fonda­

tion faite juste avant la Révolution; Panchaud signale d'avtres

"'" de c e genre).

Duproz o déc:rit abondamment l'état de pouvreté des particuliers et de Io commune et il ne s'étonnait pas de rencontrer vne école insuffiscrrvnent entretenue. Les pasteurs de Commugny-Coppet, d'Arzier et de Crassier-Crans adoptent d'ailleurs ce même ton fatolisté : "Ils pensaient s'en procurer un (meillevr régent), mois n'oyant pas de quoi foire un fonds OtJ des revru.us pour cela, les chose.s en sont lb av dommoge de cette école." Ouproz admet que Io COl'M'lune n'est pas en étot de verser dovontoge ou régent.

Dans quelle n>C$ure est-il réaliste qlJ{lnt aux p0$5ibilités financi�re•

de Io e<mmune? 11 semble difficile de pouvoir le vérifier par des chiffres, moi$ leJ foits concordent avec ce qui est décrit dons les communes avoisinantes ét avec les faits qui s,e dérouleront dons le village quelques dizaines d'années plus tord.

Dans son mémoire, Duproz. fait remarquer à LLEE que le traitement du régent est insuffi$ont (quasiment tous les pasteurt du bail liage font la même remarque). Mol$ il ne pr�tend pas être intervenu auprès de Io commune pour foire augmenter cette somme - nous

ovons vu pour quelle rai.son. Por contre, on peut se demonder' pourquoi il ne profite pos de l'occasion qui lui est donnée pour intercéder ouprbs du souverain afin d'obtenir une subvention ou une donation en faveur de l'école (le pasteur de Gressy y a pensé mois il le formule de manière indirecte : "Il n'y ouroit que notre gé�reux et charitable s0t1Vet0in qui fût en pouvoir d'appor­

ter à ce mol un remède efficace"). L'occasion étoi·t .. elle mol choisie? Avait-il reçu des instructions è ce sujet? (le bailli de

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