LA REGULATION INTERACTIVE DANS
LA FORMATION MEDIATISEE PAR ORDINATEUR
Serge AGOSTINELLI
Centre Interdisciplinaire de Recherche en Sciencesdel'Education (CIRSE), Aix en Provence.
SUMMARY : The software C.A.L design is based on presuppositions concerning the student computer interaction (S.C.I). An experiment conducted in the framework of learning mediated by computer in the domain of physics indicates clearly that students' strategies are different according to different versions of the sarne electrical circuit. The frndings indicate that even though these versions are isornorphic (the structure and functional aspects of the circuit are the sarne), the students' expectations are different for each of these versions and depending on whether they work alone or in pairs. The dicussion based on a didactic analysis of interactive situations and on an experirnental validation of the prototypes suggests a broadening approach in the S.C.I.
1. ORDINATEUR ET APPRENTISSAGE
1.1. L'E.A.O. classique
L'ordinateur présente des caractéristiques intrinsèques d'individualisation et d'interaction suffisantes pour que l'élève assimile les connaissances prédéfinies. Représentations de la technique informatique, ces caractéristiques se fondent sur des a-priori pédagogiques. Pour conduire l'élève d'un état de connaissanceàun autre, les situations présentéesàl'écran procèdent d'un découpage de la matière où le simple précède le complexe. Elles s'organisent selon une vitesse de présentation qui dépend des difficultés rencontrées par les élèves et des erreurs commises. Les messages d'erreurs portent sur l'écart constaté entre la réponse donnée et la réponse attendue. Si les évaluations intermédiaires attestent que le parcours de l'élève est conforme au chemin prévu,ilpasseàl'étape suivante; dans le cas contraire,ilretourneàl'étape précédente. On retrouve le cheminement classique et le principede régulation de l'enseignement programmé.
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1.2. L'interaction élève-machine
Les messages d'erreurs ne renseignent l'élève ni sur ce qu'il fait au moment où il le fait, ni sur la nature des blocages rencontrés. L'évaluation ainsi fondée sur la comparaison entre le résultat produit et le résultat attendu ne peut faire l'objet d'un dialogue élève-machine. De fait, l'interaction dépend des possibilités du système (retourner d'un ou plusieurs écrans en arrière, passer directement àla sollicitation suivante...) et des différentes fonctions qu'il peut proposer: appel d'un lexique, d'une fonction de calcul, aideà l'utilisation d'un langage de commande etc. Plus l'initiative de l'élève est limitée par les possibilités et les fonctions du système, plus l'interaction est réduite. Ainsi il n'est pas étonnant que l'interaction entre élèves soit plus efficiente que l'interaction élève-machine.
2. BUTS ET CONTEXTE DE L'EXPERIMENTATION
Le but de l'expérimentation est de montrer d'une part, le rôle que jouent des facteurs situationnels dans l'interaction élève-machine, et d'autre part, de rendre compte des stratégies utilisées par des élèves dans la détection de pannes dans un circuit électrique. Quatre circuits différents sont proposés à quatre groupes d'élèves indépendants (72 élèves de classe de seconde travaillent seuls ou àdeux). Chaque groupe doit trouver des pannes dans un seul circuit présenté.Les circuits présentés sont isomorphes du point de vue électrique, seule l'organisation spatiale des informations diffère. Les contenus traités sont donc identiques mais l'organisation spatiale correspond soitàdes "schémas canoniques" (appris en classe) soità des "schémas non-canoniques" .
2.1. Les résultats
Selon que les élèves travaillent seul ou deux, ils n'utilisent pas dans l'ensemble, les mêmes stratégies. Globalement, les solos font plus de manipulations que les dyades. Le plus grand nombre d'actions permettrait de penser que les solos interagissent davantage avec la machine. Cependant, les résultats montrent que les réponses des solos témoignent d'une analyse superficielle du circuit, alors que les dyades ménent davantage une analyse fonctionnelle et recherchent une solution. En effet, les solos réalisent moins de tests essentiels que les dyades, surtout dans la situation canonique qui est cependant une situation familière d'enseignement.
2.2. Conclusion
Ces résultats montrent que l'interaction entre l'organisation spatiale des données (canonique~
non canoniques) et la modalité de travail (seul ouàdeux) détermine le dialogue élève-machine. Ces résultats nous invitentàenvisager une autre voie d'analyse de l'interaction élève-machine (LE.M.). Cette dernière serait fondée sur une analyse didactique de la tâche proposée, et sur l'expérimentation sur le terrain. Cette perspective permettrait de préciser, outre le contenu de l'apprentissage, sa mise en jeu dans des situations d'interaction élargies.