• Aucun résultat trouvé

ARTheque - STEF - ENS Cachan | Adoptons la ville et ses déchets

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2021

Partager "ARTheque - STEF - ENS Cachan | Adoptons la ville et ses déchets"

Copied!
8
0
0

Texte intégral

(1)

Marzia CAMPIONI

Responsable du Projet pour l'Ecole Lega per l'Ambiente

Giulia BARBIERI I.R.R.S.A.E. Lombardia (Groppo di Ricerca IRRSAE :

Alessandro BASILICO, Paola BERNARDINI MOSCONI, Raul GAGLIARDI, Enrico GUAZZONl)

MOTSCLES : ADOPTONS VILLE DECHETS REPRESENTATIONS MENTALES -STRA1EGIE EDUCATIVE

RESUME : A partir de l'élaboration d'un questionnaire sur les déchets, pour identifier les représentations mentales des élèves, nous proposons une stratégie pour éviter les erreurs linguistiques ou scientifiques.

SUMMARY : Using a questionnaire already designed to assess the ways students perceive waste and ils disposaI, we propose a strategy to avoid linguistic and scientific mistakes.

(2)

1. INTRODUCTION

Faire de l'Education pour l'environnement à l'école aujourd'hui devient de plus en plus important, en raison de la dégradation progressive de l'environnement. Nombreuses sont les instances qui demandent dans ce domaine des méthodes d'intervention homogènes, permettant de suivre un itinéraire éducatif permanent à l'intérieur de l'école, ainsi que des "critères de qualité" objectifs et concrets.

Ce besoin est de plus en plus actuel dans l'école italienne, sans cesse saisie de projets d'Education pour l'environnement d'origine diverse et dont, parfois, on n'évalue que la quantité, en négligeant la qualité.

De même qu'une sectorialisation des disciplines, une sectorialisation des interventions est,à notre avis, tout aussi dangereuse pour l'environnement et elle ne saurait ameneràune solution des problèmes, qui s'impose aujourd'hui plus que jamais.

Sans aucun doute dans ce domaine l'exactitude et la cohérence d'une proposition ne peuvent qu'être axées sur la coopération et sur le dialogue entre les différents interlocuteurs qui,àdes titres différents s'occupent de l'environnement.

2. PROBLEMATIQUE

Il s'agit là d'une caractéristique remarquable du projet "Adoptons la ville et... ses déchets", proposé à tous les collèges de la Ville de Milan et qui a été réalisé en collaboration avec IRRSAE Lombardia, Département de l'Education de la Ville de Milan et la Lega per l'Ambiente. C'est un événement d'une grande importance, car pour la première fois une institution scolaire (lRRSAE Lombardia), une collectivité locale (la mairie de Milan) et une association écologique (la Ligue de l'environnement) travaillent en équipe pour réaliser un projet d'éducation pour l'environnement. Cette collaboration s'est déroulée àpartir d'un dialogue continu sur le plan de la méthodologie, des contenus, des conceptions fondamentales, des stratégies d'intervention, jusqu'à l'évaluation de l'itinéraire éducatif et du résultat obtenu.

En effet, IRRSAE Lombardiaya contribué avec son équipe de recherche afin de défmir le côté méthodologique et didactique, la mairie de Milan l'a financé et fait connaître dans les écoles et s'est occupée d'en diffuser les résultats, en soulignant les exigences mises en évidence par les travaux des élèves, tandis que la Lega per l'Ambiente a élaboré et coordonné ce projet dans toutes ses phases et a également fourni les experts des différents thèmes.

(3)

3. UN PROJET D'EDUCATION POUR L'ENVIRONNEMENT "ADOPTONS LA VILLE ET..."

"Adoptons la ville et. .. " (les pointsdesuspension sous-entendent un thème écologique, comme dans notre cas celui des déchets) est un projet d'Education pour l'environnement que la Lega per l'Ambiente propose aux écoles de tous les niveaux, dans de nombreuses villes italiennes, du Nord, du Centre et du Sud. Les caractéristiques principales du projet sont les suivantes:

- il analyse les problèmes de l'environnement, tout d'abord au niveau du territoire habité par les élèves et ensuite au niveau global de notre Planète ;

- il choisit comme point de départ les perceptions, les raisons et les besoins de l'élève; - il attribueàl'enseignant un rôle de guide. Ce dernier recherche en effet avec l'élève les solutions possibles et ne doit pas prétendre qu'il possède la "vérité" ;

- il essaie de redéfinir les contenus didactiques axés sur l'interaction et sur des réseaux conceptuels;

- il encourage l'enseignantàmener un travail qui dépasse les limites de sa matière afin d'aboutir à un projet interdisciplinaire auquel la plupart des membres du corps enseignant de la même classe puissent apporter leur contribution;

- il vise à obtenir, grâce àune vision d'ensemble, des méthodologies conduisant à un renouvellement scolaire afin d'introduire dans les programmes d'enseignement les thèmes de l'environnement;

- il entend obtenir, en travaillant sur le terrain, des résultats concrets, comme symbole d'un changement dans les anitudes.

Cependant il ne suffit pas de connaître l'environnement dans toutes ses implications; il faut également recréer un rapport émotionnel, qui peut aller du plaisir de contempler un beau paysage ou un coucher du soleil,àl'amour pour le territoire ou la région que l'on habite,àla connaissance des traditions locales et de sa propre culture, jusqu'à l'acceptation des cultures des autres, en tani que patrimoine commun qui enrichit notre vision de l'environnement. A ce propos, le terme "adoption" a une signification précise dans ce projet: il implique la connaissance, mais aussi un côté d'affectivité, afin de repérer les racines culturelles de son propre environnement, souvent négligées, surtout dans les grandes villes. Ce n'est que lorsque l'homme redécouvre ses racines dans son territoire d'appartenance qu'il peut renouer le lien, qui a toujours été très fort, entre lui-même et le lieu qu'il habite.

Tout cela n'a rien de "sentimental", car nous sommes convaincus que la connaissance des traditions et l'enracinement dans son propre territoire pennettent d'un côté d'être plus attentifs envers ce dernier et de l'autre de mieux comprendre la culture et les traditions des autres, ainsi que l'importance de ne pas les modifier, voire les anéantir, car la diversité n'est en fait qu'une richesse.

Tout cela nous permet de comprendre qu'une Education pour l'environnement signifie également acquérir la capacité de devenir un citoyen conscient de son territoire, mais aussi de sa Planète, afin de la garder intacte pour les hommes de demain.

(4)

Pour cette raison le projet "Adoption" vise avant tout à la compréhension du "vécu" de l'élève et de ses représentations mentales, aîm d'en rechercher les motivations et les différences, pour identifier des stimulations et des stratégies permettant d'aboutir àun changement des attitudes envers l'environnement. Ce changement constitue en effet le but du projet.

Cependant la Legaperl'Ambiente estime qu'on ne saurait changer les attitudes si tous ceux qui s'occupent de l'Environnement n'agissent pas dans le même sens et ne s'efforcent pas d'améliorer la qualité de la vie, en visant surtout à l'avenir au-delà de toute "idéologie" ou "délimitation de compétences", qui ne peuvent que donner des résultats incomplets et isolés.

4. LE PROJET SUR LES DECHETS

4.1. Un instrument : le questionnaire

La première démarche a été l'élaboration d'un questionnaire sur les déchets (voir annexes), afin d'identifier les connaissances et les idées des élèves à ce sujet. Ce questionnaire a été naturellement soumis à un échantillon assez élargi (environ 500 élèves), ce qui a permis d'élaborer quelques conclusions, en ce qui concerne l'usage et la qualité d'un tel instrument et les résultats et les réponses les plus caractéristiques.

Je tiens à ajouter que le questionnaire n'a pas été le seul instrument pour identifier les représentations mentales ou les enchaînements des concepts auprès d'un élève. D'autres méthodes prévues sont axées sur des techniques moins linguistiques et plus pictographiques ou bien sur des techniques moins rigides (brain-storming, libre association, libre perception de l'environnement, etc.). Toutes ces méthodes présentent, en tout cas, des avantages et des inconvénients etilfaudrait donc en utiliser plusieurs en même temps.

En effet l'élaboration d'un questionnaire, notamment au sujet des déchets, est loin d'être simple, pour des raisons coexistantes:

• les idées toutes faites ou les représentations mentales de l'auteur du questionnaire peuvent influencer la formulation des questions, qui suggèrent parfois la réponse que l'on veut obtenir ;

• le choix de la réponse de la part de l'élève peut être conditionné par une question contenant déjà les thèmes;

• le langage utilisé pour poser la question peut engendrer plusieurs interprétations. En effet, le langage de l'auteur peut présenter des différences par rapport au lecteur, qui peut même rencontrer des passages qui lui sont incompréhensibles;

• il n'est pas toujours possible de donner des réponses ouvertes ayant une interprétation objective, même si l'on se tient à des critères objectifs et non pas subjectifs.

L'accent a été mis sur des mots tels que nature, ordure, ressources et même sur le terme pollution, qui figurait dans le questionnaire et dont l'interprétation ne semble pas très univoque dans

(5)

l'échantillon analysé. Dans notre cas, on a lié le questionnaireàla réalisation d'un dessin qui avait pour titre: ''Dessine un endroit pollué et ensuite le même endroit "guéri" de la pollution".

Le questionnaire a été proposé dans 22 collèges de la Ville de Milan, répartis dans presque tous les arrondissements de la ville (un seul arrondissement sur 20 n'est pas représenté), aussi bien du centre que de la banlieue. La plupart des étudiants constituant l'échantillon fréquentent la deuxième et la troisième année du collège (ils ont donc 12 et 13 ans) et affirment (364 élèves sur 514) avoir eu des expériences antérieures d'Education Ecologique. Leurs représentations mentales devraient donc être influencées par les connaissances acquises aussi bien à l'école primaire qu'au cours des premières années du collège, ainsi que par les expériences vécues et par le contact avec les médias.

4.2. L'interprétation des résultats

Les points fondamentaux mis en évidence par l'interprétation des résultats sont les suivants: - les élèves ne sont pas conscients de la dichotomie "déchets-pollution", qu'ils ne distinguent pas de celle "déchets-saleté".

- 74% des élèves estiment polluer lorsqu'ils jettent "un bout de papier par terre" et 25 % des élèves pensent ne pas polluer "en jetant tout dans les boitesà ordures".

A ce propos, il faut relever que le rappon entre déchets et pollution (donc les déchets en tant que phénomène non naturel) ne peut que dériver d'une connaissance correcte qui n'est pas toujours atteinte avant la fin du collège. Le rappon entre l'homme, l'environnement et la société et par conséquent le problème de la pollution ne sont en effet prévus que dans les programmes de la troisième (et dernière) année.

Lapollution dont tous les élèves parlent et qu'ils représentent également dans leurs dessins fait partiede moments situés au dehors de leur vie quotidienne. Ce point est très bien mis en évidencepar

les réponsesàla question: "parmi les déchets que tu as indiqués, lesquels sont polluants? Et si tu penses aux différentes activités humaines, lesquelles estimes-tu produire le plus de déchets 7". Les matières plastiques occupent la première place; cependantilne s'agit pas de celles que l'on utilise quotidiennement, mais plutôt des matières que l'on produit (300 réponses), alors que l'activité la plus polluante est l'industrie (95%des élèves).

Dans l'échantillon analysé, la césure entre le monde de la production et le monde de la consommation parait évidente: en général le consommateur ne pollue pas, tout au plus il salit, s'il est mal élevé. Le responsable de la pollution est le producteur de nouveaux matériaux qui n'existaient pas auparavant, "à l'époque de nos grands-parents" et qui sont rendus nécessaires à cause "de l'industrialisation" et "du progrès".Lapollution ne dérive que du développement des industries et de la découverte de nouveaux matériaux et de nouvelles technologies (seulement 16 élèves sur 514 ont parlé de l'augmentation démographique et, par conséquent, de la consommation).

A ce sujet, le recyclage semble constituer une issue possible, la seule d'après quelques élèves. Quoi qu'il en soit, la solution ne dépend pas directement de l'élève, qui se borneàtrier les déchets, mais ne les réutilise pas dans sa vie quotidienne. La phrase la plus caractéristique dans ce sens "nous pouvons recycler les gaz d'échappement des voitures" souligne l'inquiétude au sujet de la condition de l'air auprès des élèves qui vivent dans une grande ville, telle que Milan.

(6)

L'élève parle comme si tout était en dehors de sa vie quotidienne: tous les gestes de sa journée (il se lave, il produit des déchets organiques,ilse sert de vêtements, etc.) semblent devenir autant de points de repère qu'il ne faut pas mettre en question (même si je chauffe ma maison jusqu'à 25° Cou bien si je gaspille l'électricité, si je prends mon bain tous les jours ou encore si je jette trop d'ordures à la poubelle sans les recycler car je ne dispose pas du récipient spécial, ete.). D'ailleurs la question qui surgit spontanément à ce sujet est la suivante: "peut-on vivre sans déchets 1". L'idée de mettre en question la quantité de déchets pour améliorer la qualité de la vie semble très éloignée. Du reste à la question "qui doit agir pour résoudre le problème des déchets 1", la réponse a été: l'Etat, la Mairie et les citoyens qui ont la même importance, tandis que l'école est hors question.

Toutes les affIrmations sont confIrmées par les dessins, où personne n'a représenté "la maison" ou "l'école" comme endroits pollués ou l'élève puisse donner sa contribution pour entamer le "changement". La vie quotidienne fait partie de la "normalité", d'un style de vie qui ne peut qu'être "juste", car tout le monde s'y rapporte. Le modèle culturel et de vie ne peut pas être mis en question. Du reste les médias nous poussent à la recherche du bien-être avec leurs messages publicitaires qui nous incitentàconsommer davantage et non pas à sauvegarder des biens tels que l'eau, l'air, la santé, la végétation,la culture,lesilence, la collectivité, etc... Les symboles du succès ne sont jamais mis en question, tout au plus on les modifIe habilement dans le message publicitaire afin d'encourager à consommer les nouveautés.

4.3. Une stratégie

Il est évident qu'en ce qui concerne la didactique, la stratégie doit tout d'abord s'efforcer d'éviter les erreurs linguistiques ou scientifIques, mais elle doit en outre essayer de faire comprendre à l'élève le rapport "consommation-pollution" et l'importance de la quantité dans un processus de dégradation de l'environnement.

Les déchets produits par chacun peuventêtreajoutés aux déchets de tous les habitants de la ville et donc, à ce niveau, le traitement des déchets devient un problème écologique majeur. Il faut que l'élève soit conscient du "poids" des déchets qu'il produit chaque jour pour lui apprendre à consommer moins età"réemployer" les matériaux qu'il utilise généralement.

(7)

ADOPTER LA VILLE ET SES DECHETS

QUESTIONNAIRE

Age Classe Section

Est-ce quetuas déjàtraitéles problèmes de l'environnement dans ton expérience scolaire?

OUI

0

NONO

1. Est-ce que les déchets sont nonnaux dans la nature? OUI

0

NON

0

JE NE SAIS PAS 0

2. Dans ton existence est-ce quetu penses polluer?

OUI

0

NONO

Comment?

3. Essaie de décrire lO types de déchets quetu connais. - Parmi ceux-ci, lesquels à ton avis sont polluants?

- Pense à la vie que conduisaient tes grands-parents, quand ils avaient ton âge, età la tienne maintenant estimes-tu qu'ils produisaient plus de déchets que toi? - Est-ce quetusaurais expliquer pourquoi?

5. Quelle est la fin des déchets qui se produisent danstamaison tous les jours ?

6. Au cours d'une promenade avec tes amis tu t'arrêtes pour un pique-nique dans la forêt. Tu apportes une canette de cola, un sandwich au salami emballé dans du papier en aluminium, une boîte de thon, une pomme et une banane, un jus de fruit dans une boite en carton, une serviette en papier. Tu n'as pas la possibilité d'emporter les restes de ton pique-nique. Tu reviens une année après au même endroit. Que penses-tu qu'il est arrivé aux déchets que tu as laissé sur l'herbe de la forêt?

- Tu les retrouves tous?

ourO

NONO - Lesquels retrouves-tu?

- Que s'est-il passé avec ceux qui ont disparu ?

7. Pourquoi commence-t-on à recueillir et séparer les divers types de déchets? (verre, papier, journaux, aluminium, piles)

(8)

8.De quelle autre marchandise proposes-tu la collecte séparée ?

9. En pensant aux diverses activités de l'homme aujourd'hui,àton avis, celles qui produisent le plus de déchets?

Commerce

0

Artisanat

0

Industrie

0

Agriculture

0

Autres

0

10. Qui doit intervenirpourrésoudrele problème des déchets? (Donner au maximum deux réponses)

ETAT

0

ECOLE

0

MAIRIE

0

CITOYEN

0

GENDARMES

0

AUTRES

0

BALAYEURS(derue)

0

Il. Dessine un endroit pollué.

Références

Documents relatifs

Pédagogiquement, donc, un thème, un fait, un argument compliqué peut être ex-pliqué dans une théorie (queue, en latin) qui est en-seignée (marquée avec des

En contact permanent avec les faits scientifiques, économiques, tech- niques et humains de notre civilisation, la technologie est un moyen de culture.. Extrait de

La série Un projet technique apporte une réponse à ces .interrogations. Elle vous propose différents projets techniques sélectionnés pour leur intérêt pédagogique

** Sur invitation de l'A.F.D.E.T., nous avons assisté le 11 Mai dernier, à un important colloque avec la participation effective du rninistr-e de l'Education Nationale sur le

Si un article dans le bulletin, conçu pour communiquer entre adultes, spécialistes d'une même discipline, se doit d'être clair, explicite, tout en restant suffisamment concis, ces

La mise en jeu de toutes ses ressources sensori-motrices est maximale dans un Parc Naturel; mais elle n'est pas suffisante pour qu'il y ait compréhension spontanée de cet

Il est donc possible par cet exemple de traiter un thème pluridisciplinaire original qui doit pouvoir servir de support à une démarche intéressant non seulement le professeur

Pendant que dans une vision technologique l'hypennédia est défini comme un ensemble de nœuds et de liaisons, au niveau pédagogique il peut être définie comme un environnement