- Développement économique et social

Dans le document Le défi du développement soutenable en Corée du Sud: croissance rapide et globalisation (Page 50-77)

Ce chapitre décrira le processus de développement économique tel qu'il a été construit pour amener à la situation d'aujourd'hui, réussite économique dans le modèle dominant de la globalisation, mais également nouveaux échecs et problèmes qui sont certainement liés à ce modèle.

Le contexte international de l'époque a permis à la Corée du Sud d'obtenir une aide financière massive dans le cadre de la politique de l'endiguement des Etats-Unis, et de rendre possible son démarrage économique. Les objectifs visés étaient d’obtenir des taux de croissance élevés, ainsi que le développement du tissu industriel dont la production était majoritairement tournée vers l’exportation.

Tous les autres secteurs (agriculture, éducation, épargne, service, Recherche et Développement) étaient subordonnés à ces objectifs de croissance, production, exportation et compétitivité internationale. L'analyse du développement sud-coréen permet de montrer que la réussite provient d'un mélange de facteurs:

l’environnement économique international favorable, une politique intérieure cohérente ainsi que l’apport de capitaux étrangers massifs, majoritairement américains dans le cadre de la politique de l’endiguement.

2.1. - Les principaux éléments du développement rapide coréen : de la pauvreté à l'entrée dans l'OCDE

2.1.1. - Le développement économique

Dirigé par le gouvernement, le développement de l’agriculture coréenne avait pour but premier de soutenir les efforts d’industrialisation en offrant une main-d’œuvre peu chère et de la nourriture pour tous à un prix abordable. Cette politique agricole put se mettre en place grâce à une réelle réforme agraire, permettant une révolution agricole, prémices de la révolution industrielle selon le modèle de développement suivi par les pays occidentaux. La Corée du Sud a également utilisé les bases industrielles mises en place lors de la colonisation japonaise28. Les entreprises existantes sous l'occupation japonaise ont été le moteur de ce premier pas vers l'industrialisation. Ces firmes ont été soutenues, par le gouvernement, et d'autres ont été développées par les investissements étatiques ou américains créant les Chaebols, grands conglomérats industriels,

28 Rappelons que les Japonais avaient modernisé le système agricole coréen lui permettant de plus hauts rendements et avaient installé des industries légères dans le sud du pays, faisant entrer la Corée dans une nouvelle modernité.

base industrielle de l’économie coréenne, stratégie favorisée par une politique de crédit facilitant les emprunts.

Le modèle économique suivi a été proche de celui des Japonais. Ce modèle est assimilé à celui de la stratégie par substitution d’importations ou sur l'appellation plus spécifiquement connue dans cette région de "développement en vol d’oies sauvages", modèle théorisé par Akamatsu dans les années 30. Selon cet auteur, le modèle de développement du Japon, et des pays qu’il a inspirés, suit un paradigme de développement en forme de V inversé, au niveau régional comme au niveau local. Dans chaque pays, l’économie se fonde sur les industries textiles qui réclament une grande intensité en main-d’œuvre puis se transforment au fur et à mesure en entreprises de gammes de production plus larges qui nécessitent par la suite la création d'entreprises sous-traitantes. La reproduction de ce processus agit comme des pôles de croissance qui suscitent la création d’autres entreprises par sous-traitance suivant le leadership des premiers pôles dans leur sillage. La deuxième caractéristique du vol des oies sauvages est le fait qu'il semble erratique. Il n’est pas linéaire mais plonge pour remonter plus haut dans les airs à chaque fois, permettant à long terme de gagner de plus en plus de hauteur, les plongeons fonctionnant comme des tremplins. Dans le cas des pôles de croissance de ce modèle, le système met en place les mêmes caractéristiques et à chaque creux de la vie d'un produit, un nouveau est mis sur le marché, apportant plus de valeur ajoutée, permet de relancer l'entreprise sur le marché. Les importations servent dans un premier temps à faire entrer les technologies des pays les plus avancés afin de les copier. Ces technologies sont reproduites, voire améliorées, pour être ensuite exportées sur les marchés extérieurs. Cette stratégie nécessite de protéger les marchés intérieurs des produits manufacturés extérieurs. Ce schéma est entretenu jusqu’à ce que le pays soit lui-même capable de créer ses propres technologies. Le même schéma peut exister au niveau régional : le Japon fonctionne comme premier pôle de croissance, invitant progressivement d’autres sous-traitants dans d’autres pays moins avancés qui sous-traiteront à leur tour lorsqu’ils se développeront industriellement. Ce modèle régional permet d'analyser le dynamisme économique de cette zone géographique posant le Japon comme leader des oies sauvages, puis les dragons d'Asie (Corée du Sud, Taiwan, Hong Kong et Singapour) comme seconde vague et enfin les tigres asiatiques (Vietnam, Malaisie, Indonésie, Philippines, Thaïlande, Chine, Bruneï) comme pays suiveurs.

Le développement économique et industriel de la Corée du Sud fut donc parmi les premiers à être répertorié dans ce modèle en tant que succès. L'évolution et les résultats de la politique économique soulignent l'importance que la Corée a prise en tant que "modèle économique".

Tableau 4: Principales données économiques de la Corée du Sud (1960-2002)

% 1965-1980 1980-1988 2002

PIB 9.6 9.9 7

Agriculture 3 3.7 -3.5

Industrie 16.4 12.6 7.4

Manufacturier 18.7 13.5 7.6

Service 9.6 8.9 7.8

Dette ext. Totale/X 130.6 44.7

Dette ext. Totale/PIB 48.7 15.8 32.5

Source : Rapports sur le Développement dans le Monde, Banque Mondiale, annuel

Comme le montre le tableau 4, le taux de croissance économique de la Corée du Sud a été en moyenne de 8 à 10 % durant ces années. L'évolution de la place de l'agriculture et de l'industrie souligne l'importance du changement de structure économique. Le deuxième signe important de l'industrialisation du pays est l'évolution de la nature des exportations. Nous pouvons mettre en exergue non seulement la croissance exponentielle des exportations pendant les années 70-80 (de 30 millions de dollars en 1960, elles ont, en 1988, la valeur de 61 millions de dollars)29, mais également les changements de structure. Les exportations sont maintenant composées essentiellement de produits manufacturés à haute valeur ajoutée.

29 Choi Sung-Kyu (1993)

Les importations ont aussi changé de structure afin d'atteindre l’indépendance en biens de consommation. Pendant cette période, la Corée n’a importé que les produits qui faisaient réellement défaut, les matières premières. La production a graduellement changé de structure, les industries lourdes et celles de haute technologie formant le moteur économique du pays. La transition entre le développement agricole et industriel était accomplie. Aujourd’hui, la part des différents secteurs dans le PIB est comparable à celui des pays occidentaux.

2.1.2. - Les aspects sociaux

Tableau 5: Evolution des données socio-économiques 1960-2004 Evolution du Sources: Rapport sur le développement dans le monde, Banque Mondiale, Rapport sur le développement humain, PNUD, AmsdenAlice (1989); Chaponnière Jean-Raphaël (1982); Song Byung-Nak, (1990); Il Sakong (1993)

Après quelques phases de crises où la Corée a dû avoir recours au FMI pour des ajustements structurels, elle a montré sa capacité à s’adapter à un environnement international changeant, en particulier lors des crises du pétrole.

Le PNB par habitant a été multiplié par trente entre 1966 et 1997, ce qui ne signifie pas pour autant que toute la population ait bénéficié de cette croissance.

Cependant, en analysant les différents indicateurs sociaux, nous pouvons voir qu’il y a eu une certaine répartition dans la redistribution des revenus lors du processus de développement. Cette "équité" dans le partage des fruits de la croissance a été un facteur de stabilisation sociale et économique. Le coefficient de Gini ne montre qu'une faible augmentation dans les premières années de développement pour ensuite diminuer à partir des années 199030. Plusieurs hypothèses peuvent être émises pour expliquer la hausse des inégalités de revenus dans les années 70-80: soit le développement n’a pas profité à tous, soit les gens pauvres sont moins pauvres et les riches sont encore plus riches. C’est cette deuxième hypothèse qui a été retenue. En effet, avec des indicateurs tels que l’indice de consommation, nous pouvons noter que, effectivement, la population en général consomme plus et surtout son budget accorde une part croissante à des dépenses de loisirs, de frais de santé et d’habillement.

Auparavant, la consommation se résumait aux dépenses de première nécessité uniquement31. De plus, le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) place la Corée au 26e rang mondial sur la base de son IDH (Indice de Développement Humain), soulignant de grands progrès dans le domaine de l’éducation ( 98.8% de la population adulte est alphabétisée, contre environ 30% en 1950), des soins de santé et d'hygiène, un taux de mortalité infantile en baisse, une espérance de vie qui a augmenté de 20 ans, ainsi qu’une réduction du taux de croissance de la population de 2.7% à 1.3%. Nous avons également pu souligner que les salaires ont augmenté, et le chômage a été réduit à un niveau structurel de fonctionnement. Les salaires ont progressé fortement dès les années 70, bien qu'avec l’inflation et l’endettement des années 70-80, ils aient dû être réduits et réajustés. Cela étant, cette hausse des salaires a permis aux Coréens d’accéder à un meilleur niveau de vie. Une impression de richesse s’est forgée durant ces années de développement. Ainsi, 60% de la

30 Evolution du coefficient du Gini : 0.34 en 1964, 0.39 en 1976 et 0.316 en 1988 (source: Rapport de la Banque Mondiale, annuel).

31 En effet, pendant les 20 premières années de développement, la consommation était limitée afin de consacrer la production exclusivement à l'exportation, et l'épargne forcée ainsi réalisée était investit par l'Etat dans les nouvelles industries. Entre 1980 et 1985, la Corée consacre 35% de son revenu à l'alimentation, 6% à l'habillement, 11 au loyer, 4 aux soins de santé, 8 à l'éducation, 9 au transport et surtout 27% aux autres biens de consommation durable. Cette répartition de la consommation est comparable à celle du Portugal à la même période (source: World Development Report, World Bank, 1991).

population se déclare appartenir à la classe moyenne. Cette "classe moyenne"32 de la Corée du Sud est composée des individus qui peuvent se permettre des loisirs et d’accéder à des biens de consommation courante ainsi que de luxe. Il s’agit en général de la population dont les revenus se situent entre 20 à 60% des revenus moyens, les nouveaux cadres ou familles ayant les moyens de payer des études à leurs enfants.

Selon les indicateurs classiques du développement que nous avons vu jusqu'à présent, la Corée fait partie des pays nouvellement industrialisés; elle n'est plus un pays en voie de développement. Un des principaux signes de sa réussite est son intégration à l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques) en 199633,, bien que cette adhésion "au club des riches" ait suscité des inquiétudes de la part de certains membres de la société civile sur une baisse des standards de l'OCDE.

2.2. - Les acteurs institutionnels du développement sud-coréen

Dans l'analyse de ce développement économique "réussi", nous avons vu qu’il fallait attribuer une place importante à l’Etat et aux Chaebols. La relation entre les deux est très forte et chacun d’entre eux est un acteur important. Aujourd’hui, l’analyse qui est faite de la Corée montre que les Chaebols ont été le moteur du développement économique. Ce sont ces entreprises qui génèrent le plus de revenus à la Corée et qui sont le principal employeur. Ces Chaebols ont toujours eu une assise financière fragile (70% environ des fonds financiers proviennent de dettes34), mais elles sont soutenues par l’Etat et les banques. Elles restent encore aujourd'hui le symbole économique sud-coréen.

32 Peut-être faudrait-il d’abord définir ce terme qui reste très flou. En effet, l’appartenance à la classe moyenne, n’est pas aisée à définir. Il s'agit comme tout terme reprenant une notion vague et regroupant une grande catégorie de personnes, d’un terme générique, comme celui de pauvre. La classe moyenne est sensée être constituée de gens qui pensent ne plus être pauvres mais ne pas avoir suffisamment de moyens financiers pour se dire riches. Il s’agit d’une notion subjective, qui dépend largement du contexte dans lequel il est utilisé. En effet, dans un pays tel que la Corée du Sud où plus de la majorité de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté, la capacité de pouvoir manger à sa faim, d’avoir un travail stable, de pouvoir s’offrir une voiture, un téléviseur, peut conduire ces personnes à se considérer comme appartenant à une classe supérieure à celle des pauvres. Ce terme de classe moyenne est donc à utiliser avec précaution. Il s’agit plus de conscience d’appartenance que d'une classification objective de la société.

33 Cette acceptation dans cette organisation a sans aucun doute entériné le maintien et l'adaptation de la Corée du Sud dans les règles de la globalisation économique et financière.

34 Chaponnière Jean-Raphaël (1982), p.80

2.2.1. - Les Chaebols

Un des principaux facteurs de réussite du développement analysé est le rôle monopolistique et prépondérant joué par les Chaebols. Ces pôles de croissance sur lesquels s'est basée l’industrialisation se composaient essentiellement de PME (Petites et Moyennes Entreprises) au départ. Il s’agissait d'industries de textiles, de sidérurgie, de chimie. Ces industries s'étaient rapidement spécialisées pour permettre de produire toutes les catégories de biens de consommation. La deuxième étape fut celle de l’agrandissement de ces monopoles. Elles permettaient de fournir du travail à la majorité de la population active, entre les employés directs des Chaebols et ceux des nouvelles générations d'entreprises, des véritables PME, créées pour la sous-traitance de ces conglomérats. Ces mêmes Chaebols soutenaient l’éducation par des formations privées et des enseignements technologiques. Il s’agissait du modèle japonais, mais adapté à la Corée du Sud.

Les Chaebols sont donc des conglomérats, de grandes entreprises industrialo-commerciales extrêmement diversifiées. Contrairement aux Zaibatsus japonaises, leur assise financière n'est pas bancaire mais fondée sur une société de commerce international, les Sogo Sosha, sociétés d’import-export à activité financière et permettant les débouchés aux entreprises nationales sur les marchés extérieurs; cette situation fragilise leur structure financière. Jusqu’aux années 70, leur développement n’a pas été extraordinaire, mais dès la décennie 70, elles ont commencé à prendre leur essor et à dominer un tissu industriel coréen assez dense, composé de très nombreuses PME. Le rythme de renouvellement de ces PME au service des Chaebols est très important, selon Alice Amsden35, de 2 à 3 ans durant les années 80-90. Les propriétaires des Chaebols font partie de l’ancienne élite sud-coréenne et forment maintenant le nouveau tissu industriel. Il s’agit d’anciens propriétaires fonciers, ainsi que de militaires issus du coup d’état de 1960. Ils furent mis en place à ces postes clés par le général Park lorsqu’il prit le pouvoir en vue d'établir une dictature militaro-industrielle. Le général passa alors un accord avec ces hommes de confiance: il les laissa gérer leurs affaires comme ils l’entendaient, corruption y compris, tout en assurant à l'Etat le contrôle économique et la direction réelle de ces entreprises au sein de leur conseil d’administration36. La plupart des Chaebols ne provenaient pas des industries qui dominaient la scène économique coréenne de

35 Amsden Alice, (1989)

36 Song Byung-Nak (1990), p.90

1960, reliquats de la colonisation japonaise. Cependant, ces dernières inspirèrent, par la suite, la création de petites entreprises appuyées par les Américains ou les Japonais, comme Daewoo, Chaebol qui s'est créé en 1967 pour le commerce mais qui s’est ensuite diversifiée vers le textile, l’électronique, la construction navale.

La croissance de ces entreprises a été très rapide. En trente ans, elles ont pris une place prépondérante sur le marché mondial, mais encore plus rapidement dans le pays même. En effet, en moins de dix ans, ces entreprises étaient devenues les plus importantes du pays et permettaient déjà d’employer la majorité de la population, et la compagnie d’aéronautique occupait déjà la deuxième place mondiale (1980). En 1975, les cinq premières Chaebols du pays contribuaient à la croissance du PIB à hauteur de 5.1 % et les 46 premières Chaebols à hauteur de 13.4%, ce qui représentait 36.7% de la part manufacturière. En 1978, elles assumaient 8.1% du PIB et, en 1980, 40% des exportations coréennes37.

Tableau 6: Combined sales of the top ten Chaebols as % of GNP

Groups 1974 1976 1978 1980 1981 1982 1983 1984 1 4.9 4.7 6.9 8.3 10.5 10.4 11.8 12.0 3 9.0 11.3 16.9 23.9 27.6 27.4 30.5 35.8

5 11.6 14.5 22.9 35 41.3 42.2 46.7 52.4

9 14.7 19.3 28.9 46 53.3 55.1 29.8 64.8

10 15.1 19.8 30.1 48.1 55.7 57.6 62.4 67.4 Source: Amsden Alice, (1989)

La diversification a été effective dans toutes les branches, qu’elle se soit faite de manière horizontale ou verticale38. Les principales Chaebols produisaient de tout, des matières brutes, de la sidérurgie lourde à l’industrie légère, chacune des puissantes Chaebols ayant à son service une cohorte de PME qui sous-traitaient son travail. D’autres Chaebols ont fait faillite du fait de leur fragilité financière.

La sous-traitance se faisait donc par le biais de très nombreuses PME. La concurrence étant rude, ces PME connaissaient un renouvellement assez important. Le tissu industriel était donc très fragile et dépendait des

37 Chaponnière Jean-Raphaël (1982), p.79

38 Pour reprendre Alice Amsden (1989), "In Korea, Hyundai group branched out vertically from construction to cement manufacture and shipbuilding, and from shipbuilding to shipping and steel structure. The Samsung group diversified horizontally in entertainment with broadcasting company and daily newspaper and hotel". Bien sûr, les Chaebols Samsung et Hyundai sont surtout connues en Europe comme constructeurs de voitures et de téléviseurs.

conglomérats. Chaque jour, de nombreuses usines sous-traitantes se créaient et mourraient. Les conditions de travail étaient bien moins bonnes que dans les Chaebols où le licenciement était interdit. Les entreprises n’étant pas sûres, les faillites étaient fréquentes. Toutefois, il était facile de retrouver du travail et le taux de chômage était très faible. La Corée avait absorbé son taux de chômage du début des années 60 par les embauches et le transfert de la main-d'œuvre dans le développement industriel. Le taux de chômage avant la crise se maintenait autour de 2.5%, et ce depuis au moins une décennie.

Tableau 7: Taux de chômage

1963 1980 1997

8.2 5.2 2.6 Source: World Development Report, World Bank, Annual

Le financement de la politique industrielle était largement facilité du fait de l’aide financière américaine et des facilités d’accès au crédit du gouvernement. En réalité, les fonds de chaque entreprise étaient constitués de 75% de dettes soit bancaires soit internationales, et de 25% d’épargne interne39. Chaque conglomérat avait sa propre banque assignée afin de lui permettre d’emprunter à court et moyen terme avec des taux d’intérêt avantageux. De plus, l’aide étrangère, arrivant de tous les pays anticommunistes, et du Japon par la suite, a surtout servi à maintenir la stabilité politique et économique par le biais d’un contrôle sur l’inflation.

L’éducation était un facteur important pour le développement de la Corée du Sud et l'essor industriel s'appuya, notamment sur l'amélioration de la main-d'œuvre qualifiée et du secteur de la recherche et du développement. Au début des années 60, le taux d’alphabétisation était très faible, alors qu'aujourd'hui, il est de 98.8%, soulignant l'importance de l'investissement dans l’éducation pour le développement du pays, comme nous le verrons plus tard.

2.2.2. - Le rôle prépondérant de l'Etat développeur

L’Etat a joué un rôle très fort dans ce processus, comme dans l’ensemble du processus économique du pays, notamment dans la mise en place de la réforme agraire ou des politiques de prix (achat des stocks à un prix supérieur à celui du cours, aide aux crédits...). Il a été très présent dans tous les secteurs et ne ressentait encore que peu de contraintes venant du système international concernant la conduite de sa politique. Le gouvernement a énormément investi

39 Chaponnière Jean-Raphaël (1982)

dans le développement économique du pays et a impulsé les grandes transformations orientées par les plans quinquennaux40 entre 1962-1997. Il voulait un changement rapide pour que la croissance économique soit "durable",

dans le développement économique du pays et a impulsé les grandes transformations orientées par les plans quinquennaux40 entre 1962-1997. Il voulait un changement rapide pour que la croissance économique soit "durable",

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