C AHIERS DE
TOPOLOGIE ET GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIELLE CATÉGORIQUES
H ORST D IETER I BISCH
Sur la conjecture annulaire et les microfibrés stables
Cahiers de topologie et géométrie différentielle catégoriques, tome 10, n
o2 (1968), p. 169-268
<http://www.numdam.org/item?id=CTGDC_1968__10_2_169_0>
© Andrée C. Ehresmann et les auteurs, 1968, tous droits réservés.
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SUR
LACONJECTURE ANNULAIRE ET LES MICROFIBRÉS STABLES
par Horst Dieter IBISCH
INTRODUCTION
Le
problème
à la base de ce travail concerne laconjecture
annulaireAn (annulus conjecture):
larégion
fermée entre deuxsphères
localementplates
etdisjointes
de dimension n- 1 dans Sn est-elle nécessairementhoméomorphe
àsn-1
x[0.1] ?
L’importance
de ceproblème
pour laTopologie géométrique
a étésoulignée
parJ.
Milnor à l’occasion duCongrès
deTopologie
à Seattleen
1963.
Ilfigure
dans son énumération des septproblèmes
« lesplus
difficiles et les
plus importants »
de laTopologie géométrique. (Voir:
Problems in
Differential
andAlgebraic Topology [15], problem No. 29).
Il est bien connu que la
conjecture
annulaireAn
est vraie pourn
3. Il a été démontré dans[9]
queAk
est vraiepour k n
si larégion
fermée entre deux
sphères
localementplates
etdisjointes
de dimensionk - 1 dans
S k
admet unetriangulation
pourk n;
il suit alors de[211
etde
[1]
queAn
est vraiepour n
3.En
général (pour
toutn)
lesconjectures
annulairesanalogues
dansles
catégories
semi-linéaires([251, chap.3,
théorème8, cor.3)
et diffé- rentiables sont vraies. Il existe unegénéralisation
de ces deux théorèmes[131,
mais elle n’aboutit pas à la formulation de conditions suffisantes purementtopologiques (elle implique
une notion de normalité locale pour les couronnes desplongements
desn-1
dansSn).
Dans
[6]
M. Brown et H. Gluck ont démontré queAk pour k n
estéquivalente
à laconj ecture
que tous leshoméomorphismes
deS k (ou
deR k) qui préservent
l’orientation sont deshoméomorphismes
stables pourk n.
Unhoméomorphisme
h de S n(ou
deR n)
est stable s’il existe deshoméomorphismes hi
de S n et des sous-ensembles ouvertsÜi
non-videsde S n tels que h =
hm, ... , hi
ethi Ui -
idpour i
=1, ... ,
m. Dans cemême
travail,
Brown et Gluck définissent les variétéstopologiques
stablescomme celles dont les
changements
de cartes n’admettent que des homéo-morphismes
stables. Les variétésdifférentiables,
semi-linéaires et trian-gulables
sont desexemples
de variétés stables. Lespropriétés
lesplus importantes
des variétés stables sont:- leur
homogénéité
dans le cas où elles n’admettentqu’une
seule structurestable
([6], II,
théorème19.1),
et- le fait que toute
sphère
localementplate
de dimension 1 dans une variétéstable admet un
voi sinage
tubulaire trivial([6], III).
Si la
conj ecture
annulaire est vraie dans toutes lesdimensions,
toutes les variétés
topologiques
admettent des structures stables. L’intérêt des structures stables s’accroît donc avec laprobabilité
de l’existence de dimensions n oùAn
est fausse.Le résultat du
premier chapitre
de ce travail semble apte à renforcercette
probabilité
et àjustifier
des étudesapprofondies
portant sur lesstructures stables. Nous démontrons en effet
qu’une
formeparamétrisée
de la
conj ecture
annulaire est fausse dans certaines dimensions. Pour obtenir cetteinformation,
on s’estinspiré
del’analogie
évidente entreAn
et le théorème de Schônflies. M.Brown,
partant dans[4]
des idées deB.
Mazur,
a démontré que, pour toutcouple
deplongements fi , f2
localementplats
deS n-1
dansS n,
il existe unhoméomorphisme
h de S n tel quehfl - f2.
Par lasuite,
M. Morse et W. Huebsch[20]
ontremarqué
que le théorème de Schônflies reste valable si on y introduit un nouveauparamètre (voir chap. 3, § 1).
Enanalogie
avec ce théorème de Schônfliesparamétrisé
nous avons formulé une
conjecture
annulaireparamétrisée APk,,n
pour lesproduits Ak
XS n-1,
oùA.
est lesimplexe
standard de dimension k(voir chap. 1).
Si k -0, APo ,n
estéquivalent
à laconjecture
annulaire ordinaireAn.
Dans lepremier chapitre,
nous démontrons le théorème 1 :Il existe un
couple (k, n)
E(N
U{0})
X N tel que laconjecture
annu-laire
paramétrisée AP k,n
estfausse.
Plus
particu lièrem ent,
nou s démontron s quel’hypothè se AP k n
entrâine que tout espace fibré
topologique
de fibre R n au-dessus d’uncomplexe simplicial
localement fini contient un autre espace fibré defibre D
n,
dont laprojection
s’obtient par limitation. Or ceci est en contra-diction avec un théorème de W. Browder
[3], qui,
à son tour, est une consé- quence de la différence non-triviale entre la k-théorietopologique
et lak-théorie
orthogonale
établie par Milnor[18].
Le théorème 1 cité montre donc
qu’il
existe une différence notableentre le
problème
de Schônflies et laconjecture
annulaire. Ilappelle
aussi une étude
approfondie
du groupe desautomorphismes topologiques
fibrés de
Ak
X R nqui figurent
dansl’hypothèse
deAPk,nO
C’est le groupesemi-simplicial Gf
desautomorphismes topologiques
de Rn(voir [11])O
Envue du théorème
1,
si on peut démontrer que tous les éléments de ce groupe pourk >
1 satisfont à lapropriété AP k,n ,
on aura démontré en même tempsl’existence d’un n où
An
est fausse. Lespremiers
résultats dans cettedirection sont contenus dans le
chapitre
4 de ce travail(placé
à lafin,
car ces travaux seront
poursuivis ultérieurement).
L’idée essentielle(théorèmes 7, 8)
estd’ approcher
pourk >
1 les éléments du groupeGa
pardes
homéomorphismes
fibrés semi-linéaires et de réduire ainsi laconjecture
annulaire
paramétrisée
à laconj ecture correspondante (avec
condition aubord)
dans lacatégorie
semi-linéaire(où
laconjecture
annulaire ordinairea été
prouvée [25]).
Dans ce
but,
nous modifions lestechniques développées
parE.H. Connell dans
[7],
où il est démontré que lesautomorphismes
stables(non-paramétrisés)
de Rn peuvent êtreapprochés
par desautomorphismes semi-linéaires,
cecipour n >
7 etprobablement pour n > 5,
lescas n
3étant bien connus
([2]
et[19]).
Ces méthodes sont utilisées pour réduirel’approximation
semi-linéaire des éléments deGan
à deuxhypothèses
dansla
catégorie semi-linéaire,
concernant notamment unegénéralisation
ducélèbre
Engulfing
Theorem deJ. Stallings [22];
elle feral’objet
d’unepublication
ultérieure.A ces
justifications
des recherchesentreprises
dans le domaine des structures stables sur les variétéstopologiques s’ajoute,
auxchapitres
2 et 3 de ce
travail,
une étude desmicrofibrés
stables. Ils sont associésaux variétés stables de la même manière que les mictofibrés
topologiques [18]
sont associés aux variétéstopologiques (voir chap. 2).
Dans[6], II,
théorème
13.1,
M. Brown et H. Gluck ont démontré que les notions de sta-bilité locale et de stabilité
globale
d’unautomorphisme
d’une variété stable M sontéquivalentes.
Dans lechapitre 2,
nousgénéralisons
ce résultatpour les germes
d’automorphismes
des microfibrés stables(théorème 2).
Dans ce
but,
nous étudions l’ensemble des classes stables desplonge·
ments fibrés de D"z X Dn dans le
produit
d’unepartie
ouverte Ü d’unevariété stable Mm avec Rn. Le fait essentiel est que cet ensemble
possède
une
propriété
d’excision.Dans le
chapitre 3,
nous étudions le rapport entre les microfibrés stables de fibre RP au-dessus d’une variété stable Mm et les microfibrés«
stables- en-chaque-fibre »
de fibreRm+P (voir
introduction duchapitre 3).
Ces microfibrés
stables·en·chaque·fibre
constituent des éléments inter- médiaires utiles entre les microfibrés stables et les microfibréstopolo- giques.
D’une part, l’ensemble des classes stables des microfibrés stabless’applique
defaçon injective
dans l’ensemble des classes des microfibrésstables·en·chaque·fibre.
D’autre part, les bases de ces microfibrés sontindépendantes
de la structure stable des fibres et peuvent donc être libre-ment choisies. En
particulier,
on peutprendre
pour base descomplexes simpliciaux.
Ceci permet d’utiliser dans lacatégorie
des microfibrésstables·en·chaque-fibre
les méthodesdéveloppées
pour l’étude des micro- fibréstopologiques
au-dessus descomplexes simpliciaux.
Comme
exemple
de l’efficacité de cesméthodes,
nous démontronsle théorème
6, qui
estl’analogue
dans lacatégorie
stable du théorèmetopologique
de Ki ster·Mazur[14]:
Toute classe de
microfibrés
stables au-dessusd’une
variététopo-
logique séparable
et métrisablequi supporte
une structure stable contientun
fibré
stable(c’ est·à·dire :
un fibrétopologique
au sens de Steenrod[23]
muni d’une structure
stable)
et unseul,
à uneéquivalence près
au sensdes
fibrés
stables.Ceci réduit la classification des microfibrés stables à celle des fibrés stables. Les mêmes méthodes permettent de démontrer que les s-classes des microfibrés stables au-dessus d’un
complexe
de dimensionfini constituent un groupe abélien.
Les résultats du
chapitre
3 montrent enparticulier qu’on
retrouvedans la
catégorie
stable les notions fondamentales et certains résultats bien connus descatégories
semi-linéaires ettopologiques.
Ceci permet des’attendre
à d’autres résultats(concernant
notamment l’existence des microfibrésnormaux),
intéressants dans la mesure où la suite des recher- ches commencées dans lechapitre
4 permet de démontrer effectivement queAn
est fausse dans certaines dimensions.CHAPITRE I
LA CONJECTURE ANNULAIRE
PARAMÉTRISÉE
En
analogie
avec le théorème de Schônfliesparamétrisé
de M. Morseet W. Huebsch
[20 ],
nous définissons laconjecture
annulaireparamétrisée
AP k,n
comme suit.Soit
Ak
lesimplexe
euclidien standard de dimension k. Soitf
unautomorphisme topologique
fibré de(Ak
XRn, Ak
X{0}) qui
induit l’iden- ti té sur la baseAk,
tel queoù aDn est la boule euclidienne de rayon a autour de
l’origine
dans Rn.Il existe alors un
plongement fibré g
deAk
XSI"’
X 1 dansAk
X Rnau-dessus de la
base Ak
tel que:(3)
g est « rond s au-dessus du bordaAk ,
c’est-à-direoù
pr2
est laprojection Ak
X Rn -+ Rn.REMARQUE. Si k = 0 et, par
conséquent, (9A. = 0, AP O,n
estéquivalent
à la
conjecture
annulaire ordinaire.AP0,n
est en effet un casspécial de An.
Inversement ondéduitAn deAPO,n
à l’aide du théorème de Schônf lies[4]
et du théorème de la couronne de M. Brown[5].
Sifi : Sn-1 -->
S r sontdeux
plongements
localementplats
dont lesimages
sontdisjointes,
il suitdu théorème de Schanflies-Brown
qu’on
peutprolonger fi
à desplongements
de D n dans
S n.
En enlevant unpoint°°
bien choisi deS n,
on peut consi- dérerles fi
comme desplongements
de Dn dans Rn tels quefl(Dn)
Cf2(Dn).
On choisit ensuite une boule aDn avec a>0 dans Rn telle que
f2(Dn)
CafJn.
D’après AP 0,n
il existe deux anneaux, c’est-à-dire deuxplongements Fi :
S n’1
X 1 --> R n tels queD’après
le théorème de la couronne[5],
il existe unplongement
F2* : Sn-1
X[-1,21 -+ Rn-f1(Dn), qui prolonge F2.
Soit h
l’homéomorphisme
de Rn défini par:pour pour Alors
hofi
est unplongement
.Dans la suite de ce
chapitre,
nous nous proposons de démontrer le THÉORÈME 1. Il existe uncouple (k, n)
E(N
U{0 })
X N tel que laconjec-
ture annulaire
paramétrisée APk,n
estfausse.
REMARQUES.
- Si
APk,n
est vraie pour toutcouple (k, n)
E N XN,
il suit du théorème 1que la
conjecture
annulaire ordinaire est fausse dans au moins une dimen- si on n.- Si
APk,n
est fausse pour uncouple (k, n)
avec n3,
il suit de[9, 21,
1]
que dans ce cas k > 0.- La démonstration du théorème 1 utilise essentiellement un théorème de W. Browder
[3].
DÉFINITION 1.
a)
Nous notonsGn
le groupesemi-simplicial
desautomorphismes topologiques
de(Rn, 0);
c’est-à-dire(comparer [11])
nous posonsGn =
{G k,n ;
k =0, 1, 2, ...},
etf
EGk,n
si et seulement sif
est un automor-phisme topologique
fibré de(Ok
XRn , Ok
X{0}) qui
induit l’identité surla base
Ak.
b)
Soi tGn (S n -1 )
={ G k,n (S n -1) ;
k =0, 1, 2, ...;
1 e sous-groupesemi-simplicial
deGn qui
est défini par lacondition f
EGk,n (S n-1 )
siet seulement si
f
EGk,n
etf(Ok
XSn-1)
COk
XSn-1.
c)
Soitl n
=1 Jk,,n ;
k =0, 1, 2, ...1
le sous-groupesemi-simplicial
des
homéomorphismes f
deGn qui
sontisotopes
au sens fibré à des élé-ments de
Gn (Sn-1).
Plusprécisément :
pour toutf
EJk,n
il existe uneisotopie
fibréede base
Ak,
telle que pou r toutd)
SoitG a
n =IGka ;
k,n k =0, 1, 2, le
sous-groupe grou psemi.simplicial
des
homéomorphismes f
deGn
tels quef (aAk
XSn-1)
Ca0k
Xsn-t.
e) Fin alem ent,
soitla
={Ja k.m
k =0, 1, 2, ...1
le sous-groupe....
n k,n
a ..
semi-simplicial
deshoméomorphismes f
deGn qui
sontisotopes
au sensfibré à des éléments de
Gn (snet)
selon uneisotopie qui
est relativeau-dessu s du bord
aAk;
c’ est-à·dire : pour toutf
EJ(9
il exi ste unek,n
isotopie
fibréede base
I1k
telle queho= f, hl E Gk,n (S n-1) et ht e G ak,n
pour tout tel.P RO P O SIT IO N 1. Si
An
estvraie,
ona ,Jn = Gn.
La démonstration utilise 1’ « astuce d’Alexander » :
a)
Si k =0, f E Go,n
est unautomorphisme
de(R n, 0).
On choisita > 0 tel que
f (D n)
CaDn. D’ aprè s An
il exi ste unplongement g :
Sn-1
X 1 --> R n tel que :Soit a :
sn -1
X 1-> aDn - Dnl’homéomorphism e a (y, t) = (t(a -1) + 1)y.
On définit un autre
homéomorphi sme
cp de(Rn, 0)
par:et on
prolonge
(p surC aDn
par linéarité :Soit t/J l’automorphisme
de(Rn,0) qui
est défini surC aDn
part/J | C aDn
=cp| CaDn
etqui
estprolongé
sur aDn par linéarité :Finalement,
soitXt (y) = (t/Jcp-1 ( y)) .
t pour(y, t)
E Rn X(0,1].
t
On peut
prolonger
X defaçon
continue sur Rn X 1 en posantXo(y)
= y poury E Rn. Alors
Xtof
e st un eisompie
d eXoof = f
àX1 of,
et comm e o n aX1of
est un élément deGo n (Sn-1)
b)
Soit maintenant exi ste un eisotopi e
g :On définit ensuite une
application
continueSoit r une rétraction de 1 X
Ak
sur{0,1}
XAk
U 1 X{s}.
On définitalors
l’isotopie
fibréepar
Alors it
est uneisotopie
fibrée deP RO P O SIT ION 2. Pour tout
couple (k,n)
E(N
U{0})
XN,
AP k n entraîneJa
=Ga ,
k, n
k, n
La démonstration utilise l’ « astuce d’Alexander *
paramétrisée.
Pour k = 0 l’affirmation est contenue dans la
proposition
1.Supposons
k > 0. Soitf
EGa .
Il existe alors un a > 1 tel que k,nf (Ak
XDn) C Ak
X aDn.D’ apré s AP k,n
il exi ste unplongement
tel que
Soit a
l’homéomorphisme
dequi
est défini par
a (x, y, t)
=(x, (t(a- 1)
+1)y).
On définit unautomorphisme
0
et on
prolonge
cp surAk X C
aDn par linéarité :Soit t/J l’ automorphisme qui
est défini surOn alors
l’ application
défini e par:Si on
prolonge
X surAk
X Rn X101
parx(’ x,Y,O)
=(x,y),
X est aussi continue auxpoints (x0,...
y0,0)
deAk
X Rn X{0 };
car si f Dn(y 0)
est uneboule de rayon e autour de Yo dans
Rn,
si U est unvoisinage
ouvert deXo dans
Ak
et sito --- E 4a,
on obtient1 est alors une
isotopie qui possède
les
propriétés
sui van te s :.
est une
isotopie
relative au-dessus du bordaAk;
eneffet,
sipour tout
x E a0k,
,donc,
si on poseEn outre, on a pour 1
|v |
a et pour x Eâ0k, d’après
la conditionau bord pour g, .
En posant v = -, ceci entraîne t
On a
donc
pr2o Xt o f(x,y) 1 =
1 pour(x,y)EaA k
XS n-1 et t > 0 ;
pour t = 0 cela est évident.D É F IN IT IO N 2. Nous
appe lons f ibré topologique
def ibre (Rn, 0)
un « fibrebundle » au sens de Steenrod
[23]
de fibre(Rn, 0),
dont le groupe est le groupe deshoméomorphismes
del’espace
euclidien Rnqui
laissent fixel’origine;
ce groupe est muni de latopologie
de la convergence compacte(«
compact-opentopology »).
Un fibré
topologique relatif
defibre (Rn, Dn, 101)
est un «fibre bundle »de fibre
(Rn,Dn,{0}),
dont le groupe est le groupe desautomorphismes topologiques
relatifs de(Rn,Dn, {0}),
muni de latopologie
de la conver-gence compacte.
DÉ F INIT ION 3. Si
Z, Z’
sont deux espaces fibrés au-dessus de B ayant lesprojections
p :E (Z) --> B, p’ : E (Z’)--> B,
on diraque e
contientet, s i E (z’ ) C E (z ) et
sip 1 E (e’) = p’.
PROPOSITION 3. Si
J
=Gn
et,la
=G9,
toutfibré topologique
defibre (R n, {0})
au-de ss us d ’uncomp le xe s imp lic ial
e uc lid ie n loc ale me ntfini
Kcontie nt un
fibré topologique re latif
defibre (Rn , Dn , 101).
DÉMONSTRATION.
a)
L’affirmation de laproposition
3 est triviale pour lescomplexes
Kde dimension 0.
Le cas de la dimension 1 suit facilement de
l’hypothèse J0,n = G0,n ,
donc, d’après
laproposition 1, de An.
Eneffet, si z
est un fibrétopolo-
gique
au-dessusde K, z K°
est un fibrétopologique
relatif trivial. SoitQ un
simplexe
de dimension 1 de K. Nous allonsprolonger z KO
en unfibré relatif q au-dessus de
Ko
U o-qui
est contenudans Z| K0
U a, tel queE (17)
= E(z |K0 U a). z|o-
est trivial.Si on identifie Q
à [- 1, + 1],
on a une trivialisationet, provenant
de ’1 Ko,
deux trivialisationsOn pose
Si on choisit 0 a
1,
on déduit deJ o,n
=Go,n
l’existence desisotopies
it+
Rn --> Rn pourt E [a, 1]
outE [-1,-a]
te lle s queOn définit alors les deux trivialisations suivantes pour q au-dessus de a :
On vérifie facilement que les deux
homéomorphismes
et
prolongent h+
eth
et que la transformationa la
propriété (d -1 o d+ )x (Sn-1 ) _ S n-1
pour toutx E (- a, a).
On obtient ainsi un fibrérelatif n
au-de ssus deK°Uo- qui prolonge z| K0.
De lamême manière on
prolonge z| K0
au-dessus de tout K.b)
Ensuite on vérifie facilement l’affirmation suivante pour k > 0.Soit B =
101
XDk
U 1 XSk-1
et soit g unautomorphisme topologique
fibréde
(B
XRn, B
X101) qui
induit l’identité sur la baseB,
tel queIl suit alors de
l’hypothèse Jf
=G a qu’on
peutprolonger
g en un auto-morphisme topologique
fibrég’
de((1 x Dk)
XRn, (l
XDk) X 101) qui
induitl’identité sur la base 1 X
Dk,
tel queEn
effet,
on choisit unhoméomorphisme
a de 1 XDk
sur lui-mémequi
Comme
ja -
k,nGa
k, nd’après l’hypothèse,
on peutprolonger ho
en un auto-morphisme topologique
fibré h de((l
XDk) x Rn , (j
XDk) X toI) qui
induit l’identité sur la base 1 XDk,
tel queB-1 o hoB
est alors unhoméomorphisme
fibré de(1 X Dk) X Rn
sur lui-même tel que
c)
Soit maintenant k > 1 et supposons que tout fibrétopologique e
de fibre
(Rn, fOl)
au-dessus d’uncomplexe
localement fini de dimension k- 1 contient un fibrétopologique relatif 7y
de fibre(Rn , Dn , {0})
etqu’en plus E (e)
= E(r¡).
Soit alors K un
complexe
localement fini de dimension k etsoit z
un fibré
topologique
de fibre(Rn, 101)
au-dessus deK,
avec laprojection IIz : E (£) - K. D’après l’hypothèse
derécurrence,
nous pouvons supposerqu’il
existe un fibrétopologique
relatif q de fibre(Rn , Dn , 0)
et de baseKk-1, qui
est contenudans" Kk-1,
et enplus
que E(7î)
= E(z| K-1).
La
proposition
3 résultera alors de l’affirmation suivante :Il existe un fibré
topologique
relatif 8 de fibre(Rn , Dn , {0})
au-dessusde
Kk-1, qui
estéquivalent à 71
au sens strict[23, p. 8]
des fibrésrelatifs ;
8 peut êtreprolongé
en un fibrétopologique
relatif w de fibre(Rn, Dn, 0)
au-dessus de
K, qui
e st contenudans z ;
deplus, E (6))
= E(z ).
On construit
d’abord
lefibré re lati f
8. Si u est unsimplexe quel-
conque de dimension k de
K,
on identifie(a, ao-)
à(Dk, Sk-1),
et on choisitsur ao- deux
di sque s
rond sDa’ D 3
de dimen sion k -1 te ls queDU Do-
= aaet que
Do- n Do-’
soithoméomorphe
àS k-2
X 1. Pour tout o-, les deux ensemblesconstituent un recouvrement ouvert de
Kk-1.
Soit{W}
l’atlas des cartes ouvertes deKk-1,
au-dessusdesquelles
q est trivial. Soit{st PI
le recou-vrement ouvert de
Kk-1
donné par les étoiles ouvertes st P des sommets P deKk-1.
On choisit un recouvrement ouvert1 VI plus
fin que(W)
et{st P}.
Soit ensuite
IUI
la famille des intersectionsChaque intersection v
n(n Qa)
de cette famille est un ensemble ouvert;a
en
effet,
comme pour tout V il existe un sommet P de K tel quev C
st Pet comme K est localement
fini,
V nao- # f1
pour un nombre fini seulement desimplexes o-
de dimen sion k deK,
et si r est unsimplexe
de dimensionk de K tel
que V
n ar =0 ,
on obtientV = V n
(Kk-1 - ar) = V
n(Kk-1 _ (ar - br» = V
noT
e t v= v n0 t.
De
plus, {U}
est un recouvrement deKk-l,
car si x EKk-1,
il existe un Vtel que x E V et, pour tout or, on a soit x E
Ou
soit x E0or.
Pour tout a dedimen sion k de K et pour tout U de
1{ U}
on a, soitU C: Ou,
soitU C 0’o- ,
et
{U}
est évidemment un recouvrementplus
fin que{V}.
Onappellera
8 le fibré
topologique
relatif de fibre(Rn, Dn, {0})
au-dessus deKk-1,
dont
l’espace
total estE (q),
laprojection IIn
et dont les trivialisationssont les trivialisations de n limitées aux source s
{ U
XRn}
Prolonge me nt
de 8 au-dessus deKk-1
U (T. Soit a unsimplexe
dedimension k de
K :Z |o-
esttrivial;
soitho- :o-
X Rn ...E (z ( o-)
une triviali-sation
correspondante.
Nousabrégeons D - D, Do- = D’. d | D
etd | D’
sont des fibrés relatifs
triviaux,
ayant comme trivialisations les homéo-morphismes
Pour tout x E D
n D ; (h’-1 o h)x
est unautomorphisme topologique
de(Rn, Dn, {0}).
Soit 0 a 1. On identifie 1 X D etlx
EDk : 1:’
ED, |x| > al
XI
de telle manière que
101
X D ae D. Defaçon analogue,
on identifie 1 XD’
avec
{xEDk: x ED’, |x| > a}.
Soit gl’automorphisme topologique
de(D
XRn ,
D X{0}) qui
e st défini parg (x, y)
=h-1 0 h (x, y).
Du f ait del’hypothèse Jk-1,n
=Gk,"",l,n ,
il existe uneisotopie
fibréetelle que
i. = g et i1,x (Sn-1)
=Sn-1
pour toutx E D,
et queit
induisel’identité sur la base D pour tout t E l. On définit alors
l’automorphisme topologique
fibré H de 1 X. D X, Rn au-dessus de la base 1 X D parH(t,x,y)
=(t,it (x, y)).
De manièreanalogue
à la définition de g, on définitl’automorphisme g’
de(D’
XRn,
D’ XloI)
parg’(x, y)
=h-;.lo h’(x, y).
On aalors,
pour tout u E D flD’,
On définit un
homéomorphisme
fibré de({0}
X D’ U 1 X(D
flD’))
X Rn surlui-même par
(0, g’ (x, y))
sur101
X D’ X Rn et parcomme
pour
tout x E Dn D’.
Il suit alors de la
partie b)
de cette démonstrationqu’on
peutprolonger
cethoméomorphisme
en unautomorphisme topologique
fibré H’ de(1 X D’ X Rn, 1 X D’X {0 }) qui
induit l’identité sur la base 1 XD ;
de telle manière queH1x (Sn-1) - Sn-1
pour toutx E D’.
On
pose A
=aDk
U(1
XD),
A’ =aDk
U(1
XD’)
et on définit destrivialisations pour
l’espace E (z | 1 Kk-1
Uo-)
de la manière suivante :pour
une trivialisation de 8 te lle
que
On pose
N = U n ao-;
N peut être vide. On a alorsest un ensemble ouvert de
est fermé dans
Kk-1 Uo- .
On définit alors une trivialisation
4o De manière
analogue,
sif’ :
V’ X Rn -+E (8 U’)
est une tri-vialisation de 8 telle que
U C Oo-,
on poseN’ = U’ n ao-,
où N’ peutencore être vide. On a aussi
N’ CD’,
et U’ U N’ X[0,1)
est un ensembleouvert de
kk-a
U o- . On défini t une triviali sationOn vérifie alors que les
homéomorphismes d, d ’, e,
e ’ sont les trivia- lisations d’un fibrétopologique
relatifo.
de fibre(Rn, Dn, {0})
au-dessus deKk-1 UQ, qui
est contenu dansz[kk-1 Uu(tel
que E(wo-) = E (zK-1 Uo-))
et
qui prolonge
8. Enparticulier,
pour montrerque wo-
est un fibrérelatif,
on doit vérifier la relativité des transformations :
en outre,
Cas
(2):
Au-dessus de Ufl U ’
on a une transformation relative danschaque
fibre.sont
relatifs,car
lesf, f ; h,
h’ sont des trivialisa- tion s de8.
au-dessus de
(0,1)
XN.
)
au-dessusde (0,1) X N;
Cas
(5) et
cas(6):
Ils s’obtiennent de e ’-10 d =
(e 1-1
od ’)o(d’-1
od)
o
au-dessus de
( U’
U N’ X[0,1 ))
nA -( U’
U N’ X[0,1))
n A ’ô A
o et o ded’"1 o e - (d’-1od) o(d-1 o e)
au-dessus de(U
U N X[0,1))
n An A’,
etde
(1), (3), (4).
Ceci montre que leprolongement
de 8 au-dessus deKk-1
Uoest relatif.
d)
Soit{ok}kEA
l’ensemble dessimplexes
de dimension k de K.Nous supposons que A est muni d’une structure d’ensemble bien ordonné
(~).
Pour tout kE A on définitLÀ
=Kk-1
UU Qv.
SoitkEA.
PourkK, v ~ k
nous supposons que 8 a été
prolongé
en un fibré relatif CùÀ au-dessus deLÀ
et que oh est trivial au-dessus des ensembles d’un recouvrement ouvert{U(k)}
deLk, *
ayant lapropriété
queU (À)
nav :J- 0
pour un nombre fini seu-lement de
v E A.
Nous supposons deplus
que, pour toutU (À)
et pour tout Il >À,
on apour t
=1, 2, ..., m.
En faisant laconstruction
c)
successivement pour lessimplexes a,1
...,Qvm
onobtient,
à
partir
deU(k),
une famille{U;(k)}
d’ensemblesqui
sont ouverts dansest alors un recouvrement ouvert
de
MK
et il existe un espace fibré relatif8K
au-dessus deMI( dont l’espace
total est
U
E(wk)
etqui
e st trivial au-dessus dechaque
élément de n.kK
De
plus,
pour tout03BC~
K et toutU.(k)
de 11 on an 1 n
En
appliquant
la constructionc)
ausimplexe QK
et au recouvrement 11on obtient un
recouvrement 1 U (K)J
deLK
tel que, pourtout p
> K ,et que
U(k) n ov# O
pour un nombre fini seulement dev E A.
Deplus,
cette construction
prolonge 8K
en un fibrétopologique
relatifcvK
de fibre(Rn, Dn, 101)
au-dessus deLK.
Par récurrence
transfinie,
on obtient ainsi un fibrétopologique
relatif m de fibre
(Rn, Dn, 101)
au-dessus de Kqui
est contenudans S,
tel que
E (oi)
=E (C).
Ceci démontre laproposition
3.DÉMONSTRATION DU THÉORÈME 1.
Si la
conjecture
annulaireparamétrisée AP k,n
e st vraie pour toutcouple (k,n)
E(N
U101)
xN,
on a.Tn
=Gn
pour tout n E Nd’après
la pro-position
1 etl n a = G 6
pour tout nE N d’après
laproposition
2. Il suitn
alors de la
proposition
3 que tout fibrétopologique 3’ de
fibre(Rn, {0})
au-dessus d’un
complexe
localement fini K contient un fibrétopologique
re latif 7y de fibre
(Rn, Dn, {0}).*
SifX: Uk
X Rn - E (nlUk),
À EA ,
sont lestrivialisations relatives de n, alors
U fk(Uk X Dn) C E(n)
estl’espace
kEA
total d’un fibré
topologiques
de fibre(Dn, 101)
contenu dansS,
ayant les trivialisationsfk l Uk X
Dn.Mais l’existence d’un tel
fibré C
est en contradiction avec un théo- rème de W. Browder[3,
theorem11 qui
assure l’existence d’uncomplexe
fini L et d’un fibré
topologique
de fibre(Rn, {0})
au-dessus de Lqui
necontient pas de fibré
topologique
de fibre(Dn,{O}).
La
conjecture
annulaireparamétrisée AP k,n
est donc fausse pourau moins un
couple (k,n)
E(N
U101)
X N.CHAP I TRE II
LES AUTOMORPHISMES DES
MICROFIBRÉS
STABLESCe
chapitre
contient le théorème 2 selonlequel
la stabilité localeet la stabilité
globale
des germesd’automorphismes
des microfibrés stablessont des
propriétés équivalentes.
On obtient le corollaire que tout germed’automorphismes
stables peut s’écrire sous une formecanonique :
commeproduit
de deux germesd’automorphismes
dont chacun est l’identité dansun
voisinage
ouvert d’unpoint
de la section zéro.2.0.
Notationssoit
mo
lacatégorie
desdonnée s
fibréestopologiques (E,B, i,j),
dont les
morphismes f : (E,B,i, j) - (E’,B’ ,i’, j’)
sont lesapplications
continues de E dans
E’ qui
sontcompatibles
avec lesprojections j :
E -B, j’:
E’ -B’ et
les sections i:B - E, i’: B’ - E’. Soit m
lacatégorie
desmicrofibrés
topologiques
et de leurs germesd’homéomorphismes
fibrés[18].
La
première partie
de cechapitre
se situe dans lacatégorie mo,
la deu-xième dans la
catégorie k.
Dans cequi suit,
la base desobjets
dem0
sera
toujours
une variététopologique
connexe M de dimension m. La basedes
objets de ? sera
deplus
stable dans le sens de M. Brown etH. Gluck [6].
Soit
unepartie
ouverte et connexe de M. On noteG (M, U ;n)
legroupe des
automorphismes
de la donnée fibrée triviale(M x Rn,M,
XO,prj), qui appliquent
U X Rn sur lui-méme. Onappellera
g un élémentspécial
de G
(M, U;n)
s’il existe unepartie
ouverte V de U X Rn telle queSoit
SG (M, U;n)
le sous-groupe normal deG (M, U;n) qui
estengendré
par les élémentsspéciaux
de G. Nous dirons que les éléments deSG (M, U;n)
sont des
automorphismes (globalement)
stables dans U X Rn(comparer [6]).
Soit
SCo(M,U;n)
le sous-groupe des éléments deSG (M, U; n) qui
sontégaux
à l’identité en dehors d’une
partie k
X Rn de U XRn,
k compact dans U.On note
G (M, M; n)
parG (M; n),
SG(M, M; n)
par SG(M; n), C(Rm;n)
parGm,n’
SG
(R"z;n)
parSGm,n’
A ces définitions dans
Mo correspondent
les définitions suivantes dansk : soit x
un microfibrétopologique
donné par(E,M,i,j).
SoitR (r)
le groupe des germes
d’homéomorphismes,
c’est-à-dire desautomorphismes
topologiques de x qui
induisent l’identité sur la base M.Si x
est le micro-fibré trivial
(M X Rn, M, X 0, pr1),
on noteR (r)
parR (M;n).
Onappelle
gun élément
spécial
deR (r)
s’il existe unpoint
p dansi(M)
et s’il existe pourchaque représentant
de g unvoisinage
ouvert de p dans E où cereprésentant
estégal
à l’identité. SoitG R (r) (ou G R (M;n))
le sous-groupe normal de 6
qui
estengendré
par les élémentsspéciaux ;
onl’appel-
lera le groupe des
automorphismes stablès
du microfibré Z. SoitG Ro(r)
lesous-groupe des éléments de
6(j) qui
sontégaux
à l’identité en dehors dej-1 (k),
où Ii est unepartie
compacte de M.2.1.
L’équivalence annulaire
etl’équivalence stable des boules fibrées
Pour démontrer le théorème 2 on doit résoudre le
problème
suivant :Peut-on modifier un élément
g E SG (M;n)
de telle manière que g resteinchangé
dans unvoisinage
d’unpoint
de M X101
et que g se transformeen l’identité en dehors d’un
produit
K XRn, K
compact dans M ? Dansce
but,
onregarde l’opération
deSG (M; )
sur les boules fibrées dans M X Rn.Soit Hom
(Dm, M)
l’ensemble desplongements
de la boule unité Dlde Rm dans M
qui appliquent
le bordsm-l
de Dm defaçon
localementplate (comparer [5], [6]).
SoitHomo (D’n,M)
le sous-ensemble de Hom(Dm,M)
formé des
plongements qui appliquent
0 sur 0.DÉ F INITION 3. Soit U dans M comme dans 2.0. On note
Fib (M,U;n)
l’en-semble des
plongements f :
DmX Dn .... U X Rnqui
s’écrivent sous la formeSi V est ouvert et connexe dans
Û,
on aLe groupe
G(M, U ;n) opère
sur les éléments deFib (M, U;n).
Remarque
concernantla factorisation de
boulesfibrées :
Soit
f :
Dm X Dn - M X Rn unplongement
fibré tel quef (x,O)
= 0.On pose
i(D’)
= A et on définitEn introduisant un