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Introduction à la théorie du tecnetron
A.V.J. Martin
To cite this version:
A.V.J. Martin. Introduction à la théorie du tecnetron. J. Phys. Phys. Appl., 1960, 21 (S3), pp.24-36.
�10.1051/jphysap:0196000210302400�. �jpa-00212771�
24
INTRODUCTION A LA THÉORIE DU TECNETRON Par A. V. J. MARTIN
(*)
Résumé. 2014 Le tecnetron est un dispositif amplificateur à semiconducteur. Il utilise la striction
centripète due à l’effet de champ appliqué à une structure cylindrique. Son étude est divisée en
deux parties. La première contient la théorie fondamentale approchée de base, d’où découlent les caractéristiques principales du tecnetron ainsi que quelques conclusions pratiques. La seconde
étudie quelques effets secondaires et leur répercussion sur la théorie de base et sur la réalisation
pratique du tecnetron.
Abstract. 2014 The tecnetron is a semiconductor amplifying device. It uses the centripetal
striction produced by the field effect in a cylindrical structure. Its analysis is divided into two
parts. Part one establishes the approximative fundamental theory and deduces the principal
characteristics of the device, as well as some practical conclusions. Part two deals with secondary
effects and their bearing on the fundamental theory and the practical design of the device.
PHYSIQUE
PHYSIQUE APPLIQUÉE TOME 21, MARS 1960, PAGE
Introduction. - La variation
apparente
de résis-tance d’un semiconducteur par
application
d’unchamp électrique,
ou effet dechamp, peut
être miseà
profit
pour la réalisation d’éléments solidesampli-
ficateurs. Bien que l’effet de
champ
ait été connudepuis longtemps [1],
ce n’estqu’au
cours de cesdernières années que des recherches
théoriques
etexpérimentales [2, 3, 4]
ont attiré l’attention surles intéressantes
possibilités d’application
dans ledomaine des
amplificateurs
à semiconducteurs[5].
Nombre de variantes
pratiques d’application
duprincipe
sontpossibles
et ont étéproposées.
Unegéométrie qui
semble intéressante est celle àsymé-
trie de
révolution, qui
a faitl’objet
de travaux,entre autres par les laboratoires du C. N. E. T.
et S. Teszner sous le nom de tecnetron
[6].
L’étude
qui
suit est le fruitpartiel
de recherchesindépendamment
conduites par l’auteur au cours des trois dernières années sur undispositif
iden-tique.
La dénomination de tecnetron a étéadoptée
au bénéfice de l’uniformité. L’étude a été divisée
en deux
parties.
La
première,
Théorieapprochée,
constitue uneanalyse théorique
de base du tecnetron. Elle secompose essentiellement d’une
adaptation
d’unepublication
américaine antérieure de l’auteur(IRE Convention, 1958), quelque
peu modifiée en accord avec certains résultats récents.La
deuxième, Compléments théoriques,
étudiequelques
effets secondaires ou à tout le moins nonfondamentaux,
ainsi que certaines variantes pos- sibles dudispositif
de base.(*) Directeur de la Revue
.Électronique
et Automatisme, 61, rue de Maubeuge, Paris (9e).Ce travail a été effectué alors que l’auteur était Ass. Prof., E. E. Dpt, Carnegie Institute of Technology, Pittsburgh,
U. S. A., avec financement partiel par la Marine améri- caine, Contrat 0 N R. Nonr 760
(09).
PREMIÈRE
PARTIE Théorieapprochée
Caractéristiques physiques.
- PRÉSENTATION.- Le tecnetron se
présente
sousl’aspect
d’unbâtonnet
cylindrique
de semiconducteur danslequel
a étépratiquée
une gorgeprofonde fig. 1).
FIG. 1. - Aspect physique du tecnetron.
L’ensemble est très
petit ;
des dimensionsrepré-
sentatives seraient par
exemple : longueur
1 mm,diamètre
0,5
mm,largeur
de la gorge0,1
mm, dia- mètre du filament central dans la gorge0,1
mm.Actuellement,
les bâtonnets sont extraits d’unmonocristal de
germanium
dutype N,
et les por- teurs decharge
sont parconséquent
des électrons.Le bâtonnet
porte
trois contacts. Deux sont pure- mentohmmiques
et sonappliqués
aux extrémités.Le troisième est unidirectionnel et
peut
être indiffé-remment obtenu au moyen d’une
jonction
P-N oud’un contact redresseur
métal-semiconducteur,
cedernier
procédé
étantpratiquement
utilisé avec del’étain ou de l’indium. Le métal est
déposé
au fondArticle published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphysap:0196000210302400
de la gorge du filament de semiconducteur et cons-
titue une électrode annulaire.
La
terminologie
habituellementappliquée
auxélectrodes des tubes
électroniques,
si ellepeut
êtreadoptée
dans le casparticulier considéré,
est parcontre incorrecte dans le cas
général.
En consé-quence, l’électrode d’où
proviennent
lesporteurs
decharge
a étébaptisée
la source, et l’électrode parlaquelle
ils sont évacués a été nommée le drain.Cette nomenclature est en accord avec
l’usage anglo-saxon.
La troisièmeélectrode,
ou électrode decontrôle,
seraappelée
legoulot
selon unprécédent
établi et parce que le G
rappelle
à la fois le termeanglo-saxon
de «gate
» et le rôle del’électrode,
tout à fait
comparable
à celui de lagrille
d’un tubeélectronique
ou,peut-être plus exactement,
auwehnelt d’un tube
cathodique.
FONCTIONNEMENT. - La source est
prise
commeorigine
despotentiels.
En fonctionnementnormal,
le drain est
porté
à une tensionpositive
dequelques
dizaines de
volts,
et legoulot
estpolarisé négati-
vement de
quelques
volts. Le contact métal-semi- conducteur est donccontre-polarisé
etprésente
uneFlrr. 2. - Tensions appliquées.
résistance élevée
(fig. 2).
Unerégion
annulaire decharge d’espace, dépouillée
de sesporteurs
decharge mobiles, apparaît
dans le semiconducteur sous-jacent
augoulot.
Cetterégion
est isolante et neconduit pas le courant. Il en résulte une réduction de la section droite de la
partie
conductrice dusemiconducteur,
donc uneaugmentation
de sa résis-tance
apparente.
C’est l’effet de variation de résis- tanceapparente précédemment
mentionné. Lapartie
conductrice centrale du semiconducteur estappelée
le canal. Leproblème
du canal est com-pliqué
du fait de la chute de tension axiale due aucourant de drain. Cette chute de tension a pour résultat une tension
goulot-drain qui
varie en fonc-tion de la
position
lelong
de l’axe.TECNETRON IDÉAL. - La seule
partie
active dutecnetron est la zone de faible diamètre. Les extré-
mités
sont de forte section par raison de commoditépratique
et pour réduire la résistanceohmmique
entre les contacts de source et de drain et la
partie
active.
Idéalement,
le tecnetron serait constitué d’un mince filament degermanium,
muni d’uneélectrode de
goulot
sur sapériphérie
et de deuxcontacts
ohmmiques
sur ses faces terminales. Une telle structure idéalisée seraanalysée
avec leshypo-
thèses suivantes. Le
goulot
estlong
etmince ;
il
n’y
a pas de modulation de conductivité. La densité deporteurs
decharge
est constante. La résistance inverse degoulot
est infinie. Les résis- tancesohmmiques
de source et de drain sont nulles.L’effet de certaines de ces
hypothèses,
ainsi que de lagéométrie
réelle du tecnetron, sera discutéplus
loin.
Le fonctionnement du tecnetron résulte de deux effets
distincts,
l’un dû à la tension degoulot,
l’autre à la tension de drain. Ces deux processus seront d’abord
analysés séparément, puis
combinéspour obtenir les
catactéristiques
de transfert.Circuit d’entrée. - SECTION DROITE APPARENTE.
- L’effet de la tension
négative
degoulot
est deréduire la section droite
apparente
ducanal,
doncde diminuer la conductance drain-source. En l’absence de tension de
drain,
le canal estsupposé cylindrique,
les effets d’extrémité étantnégligés.
Pour une tension de
goulot nulle,
le canal occupe tout lesemiconducteur,
de rayon b et delongueur 1
FIG. 3. - Géométrie du goulot.
(fig. 3).
La résistance en l’absence detensions,
ourésistance à
froid,
est doncou a est la conduotivité du semiconducteur et
Go
la conductance à froid.
Une tension
négative
est maintenantappliquée
au
goulot.
Soit a le rayon du canal résultant.L’équation
de Poisson s’écrit engénéral
En coordonnées
cylindriques
Le terme en p
disparaît
évidemment par raison desymétrie.
Mêmeainsi, l’équation
n’a de solutionsimple
que si l’on supposede sorte que le dernier terme aussi
puisse
êtrenégligé. Alors,
pour une variation lente ou gra- duelle lelong
del’axe,
onpeut employer l’équation approximative
Une solution est Soit
La tension de
goulot
est alorsLe terme
logarithmique disparaît
pour les valeurs limites de a, c’est-à-dire 0 et b. Lepremier
cas, ainsiqu’on
va levoir, correspond
à la coupure ets’applique
enconséquence
au calcul duparamètre statique fondamental,
la tension de coupure.Le
paramètre dynamique important
est la fré-quence
limite, qui dépend
descapacités parasites.
La
capacité goulot-canal
est maximum si a est presqueégal
àb,
et le termelogarithmique peut
alors être
négligé.
On verraplus
loin que celas’applique
au moins à unepartie
du canal. Deplus, près
de la zone de strictionmaximum, a
est trèspetit
et le termelogarithmique peut
encore êtrenégligé.
Enconclusion,
pour une bonnepartie
du canal le terme
logarithmique
estpetit.
Onpeut
remarquer
qu’il
atteint sa valeur maximum poura =
0,6
b, Il semblequ’en
vue de lasimplification
considérable des
calculs,
et en raison des résultats exacts ou suffisammentapprochés
obtenus pour lesparamètres principaux,
onpuisse
entièrementnégliger
le termelogarithmique.
Cela a été fait danscette
analyse, qui
n’est doncqu’approximative.
Évidemment,
ils’agit
là d’une décisionquelque
peu
draconienne,
et uneanalyse plus poussée
ouplus précise
devrait tenircompte
de ce terme.Cependant, l’approximation
faite n’estguère plus
arbitraire ou
importante
que cellequi
résulte de l’abandon du terme à variation axiale dansl’équa-
tion différentielle
fondamentale,
et que l’on estobligé
defaire,
même pour desgéométries planes,
si l’on veut résoudre
l’équation
de Poissonanaly- tiquement.
Une étude
semi-graphique,
danslaquelle
on tientcompte
du termelogarithmique,
a été faite par l’auteur en collaboration avec J. LeMée, également
du
Carnegie
Institute ofTechnology,
àPittsburgh,
U. S. A. Elle sera
prochainement publiée.
La
plus
grosse erreur introduite ennégligeant
leterme
logarithmique porte
sur la valeur de la résis-tance totale du
canal,
dont le termelogarithmique
modifie sensiblement la
configuration, particu-
lièrement dans la zone médiane. Le résultat pra-
tique important
est que la limite enfréquence
estinférieure à celle que l’on obtient dans la
présente étude,
basée sur uneéquation
dedépart simplifiée.
Néanmoins,
les résultatsqualitatifs,
sinonquanti- tatifs,
restentvalables, principalement
en cequi
concerne l’effet des divers
paramètres physiques.
Comme la
simplification apportée
par l’abandon du termelogarithmique
estimportante,
on a décidéd’en bénéficier dans
cette première
tentative de théorieapprochée.
La tension de
goulot
sera doncsimplement
écrited’où
Yg ayant
une valeurnégative.
Il en résulte quela
section droite du canal est une fonction linéaire de la tension de
goulot.
CONDUCTANCE. - Soit
6c
la conductance du canal.Elle atteint sa valeur maximum
Go
àfroid,
c’est-à-dire en l’absence de
tensions,
oo l’on ade sorte que
Cette
expression
montreque
la conductance du canal est une fonction linéaire de la tension degoulot.
Deplus, la
conductancenulle,
ou coupure,se
produit
pour une tensionOn
peut
donc cérire la conductanceCircuit de sortie. - RÉSISTANCE DU CANAL. -
Le
goulot
est maintenant directement connecté â la source, de sortequ’il n’y
a pas depolarisation
exté-rieure de
goulot.
Une tensionpositive Va
estappli- quée
au drain. Il en résulte un courant de drainqui
crée aulong
du canal une chute de tensionVz
fonction de la distance axiale z, mesurée
depuis
l’extrémité source du canal.
Par
suite,
en toutpoint
ducanal,
une tensionexiste entre le canal et le
goulot,
et cette tensionaugmente
en valeur absolue de la source vers le drain. Le résultat est une diminutionprogressive
de la section droite du
canal,
dont le rayon a est fonction de z.En tout
point cependant
leséquations (3)
et(5) s’appliquent, RC
etVg
étant maintenant fonctions de z. On a doncPuisque
le courant est constant dans le canalet en
portant
dansl’équation précédente
dont la solution est
La tension maximum se
produit
à l’extrémitédrain,
pour1 aquell e
et elle est
égale
à la tension de drain. Il en résulteoù
Va
est la tension de drain.La limite de validité est
pour Jaquelle
Par
conséquent,
la résistance du canal estégale
àdeux fois la résistance à froid pour une tension de drain
égale
à la tension de coupure.Au delà de cette
valeur,
uneaugmentation
de latension de drain
produit
uneaugmentation impor-
tante de la résistance du
canal,
de sorte que laplus grande partie
de la chute de tension seproduit
auxbornes de la zone étroite du canal et que le courant
se maintient virtuellement à la valeur de saturation ci-dessus. C’est là l’effet
d’étranglement.
VARIATION DE COURANT.
-L’expression (7) peut
être résolue pour le courant dans la zone où il varie et donne
Le
premier
terme est linéaire et donne le courantohmmique qui
circulerait à travers une résistanceégale
à la résistance à froidR.,
pour la même ten- sion de drain. Le second terme estparabolique
etnégatif, puisque Vco
estnégatif ;
il donne la réduc- tion de courant due à l’effetd’étranglement.
En différentiant
(9)
avec
Il est à remarquer que la
pente d7/dFo
s’annulepour la tension
d’étranglement
Une
représentation graphique
de(9),
y inclus leFIG. 4. - Variation du courant en fonction de la ten- sion de drain pour une polarisation de goulot nulle.
début de la zone de
saturation,
est donnéefigure
4en coordonnées normalisées.
Caractéristiques
de transfert. - COURANT DE DRAIN. - Il reste maintenant à combiner les effets des tensions degoulot
et de drain.Comme on l’a vu, l’effet de la tension de
goulot
seule est une réduction du diamètre du
canal, qui
demeure
cylindrique.
La tension degoulot,
si elleest suffisamment
négative, peut
provoquer la fer- meture totale ducanal,
c’est-à-dire la coupure.L’effet de la tension de drain est une réduction
progressive
du diamètre du canal lelong
del’axe, jusqu’à
ce quel’étranglement
seproduise
à l’extré-mité drain. A
l’étranglement
et audelà,
le courantatteint sa valeur de saturation mais ne s’annule pas.
La
superposition
des deux effets est obtenue enécrivant que la tension de
goulot Yg
en toutpoint
est la somme de la
polarisation
degoulot Fic
et dela chute de tension axiale - V due au courant de drain
L’équation (7)
devientL’étranglement
seproduit
maintenant pource
qui
donneCette
expression
montre que lespoints
pour les-quels
le courant de drain atteint la saturation sontrépartis
sur uneparabole
dans la famille de carac-téristiques I
=f( Va).
On
peut
résoudre(11)
pour le courantUne
représentation graphique
de cetteéquation
est donnée
figure
5 pour différentes valeurs deVc,
FIG. 5. - Variation du courant en fonction de la ten- sion de drain pour différentes tensions de polarisation.
avec les mêmes coordonnées normalisées que
précé-
demment. On remarquera que le courant de drain est une fonction linéaire de la tension de
goulot Vc.
Par
comparaison
avec(9),
il est évident quereprésente
la résistance accrue de canal due à la tension degoulot,
de sorte quemontre encore que le
premier
terme linéaire corres-pond
au courantohmique
et le second termeparabolique correspond
à la réduction de courant due à l’effetd’étranglement.
CONDUCTANCES DE DRAIN ET DE TRANSFERT. -
La différentiation de
(12)
parrapport
àVa
pourVc
constant procure .
Cette
pente
s’annule pour la tension d’étran-glement
la résistance en alternatif du canal devenant infinie.
Outre la
possibilité
derégulation
de courantcontinu,
lephénomène
ouvre donc desperspectives
dans le domaine de l’élimination de
composantes
alternatives. On
peut
aussi différentier(12)
parrapport
àFic
pourVa
constant afin d’obtenir la conductance de transfertqui
atteint évidemment sa val eur maximumpour la valeur maximum de
Y,a
soitCela se
produit
àl’étranglement
pour une tension degoulot
nulle.CHOIX DU POINT DE FONCTIONNEMENT. - La conclusion
qui précède indique
que le meilleurpoint
de
fonctionnement,
au moins en cequi
concerne lapente maximum,
est obtenu par une tension degoulot juste
suffisante pour maintenir legoulot négatif
pourl’amplitude
maximum dusignal d’entrée,
et par une tension de drainjuste
au-dessous de la tension
d’étranglement.
Avec unebonne
approximation,
onpeut
écrire dans ce casd’où il résulte
Ces conditions de fonctionnement
s’appliqueront
à la
majeure partie
del’analyse qui
suit.L’expression (6) peut
être transformée pour donner directement le rayon du canal en fonctionde la distance axiale z mesurée
depuis
l’extrémitésource :
Au même
point,
la tension est donnée parCapacitances
et limites enfréquence.
- CHARGETOTALE. -- Le volume total
occupé
par lacharge d’espace
estet la
charge
totale estL’équation (2) peut
s’écrireoù
Fic
est la tension depolarisation négative
entrele
goulot
et la source, et -Yx
la chute de tensionaxiale,
due à la tension dedrain,
entre la source etle
point considéré,
à une distance z de la source.On en déduit
CAPACITANCES D’ENTRÉE ET DE SORTIE. - Dans le cas
général
où des tensions sontappliquées
augoulot
et audrain, l’équation (11) s’applique.
Onpeut l’écrire,
à l’aide de(12) :
Si J’on pose
pour
alléger l’écriture,
lacharge
est donnée parEn
intégrant
On
peut
différentier cetteexpression
parrapport à Vp
A
l’étranglement
et la
capacitance
d’entrée estDe même la
capacitance
de sortie estLIMITES EN
FRÉQUENCE.
- Lacapacité
d’entréea l’effet habituel : elle limite la
réponse
en fré-quence. La constante de
temps qui
lui est associéefixe une limite à la vitesse avec
laquelle
la tensionpeut
varier aux bornes de lacapacité.
De
plus,
la tension de drain et lalongueur
dugoulot
déterminent letemps
de transit. Ce pro- blèmepeut
êtrecompliqué
par le fait que la mobi- lité desporteurs
decharge
n’estplus indépendante
de l’intensité du
champ électrique
au-dessus d’une valeur déterminée.CONSTANTE DE TEMPS A L’ENTRÉE, - Pour une tension de
goulot nulle,
la tensionVz
entre la sourceet un
point
à la distance axiale z est donnée par(6).
Comme le courant est constant dans le canal
est la résistance du canal entre la source et le
point
z. Sa valeur moyenne est donnée parEn
intégrant
A
l’étranglement, l’équation (6)
donnede sorte que
La constante de
temps
d’entrée estque l’on
peut
écrireIl en résulte une limite en
fréquence
TEMPS DE TRANSIT. - Le
temps
de transit r aulong
dugoulot dépend
de la vitesse v desporteurs
de
charge
et de lalongueur 1
dugoulot
Là vitesse est donnée par
où E est l’intensité du
champ électrique et y
lamobilité.
Puisque
et que
on en tire
et en
remplaçant Va
par sa valeurLa limite de
fréquence correspondante peut
êtrefixée à une
demi-période,
d’où il résulteCependant, ce
résultat n’est valide que pour une mobilité constante, c’est-à-dire pour deschamps
devaleur inférieure à 103
V/cm
sensiblement. Prati-quement,
cette limite sera atteinte pour des valeurs faibles de la tension de drain. Audelà,
une augmen- tation de la tension de drain ne résultequ’en
unaccroissement réduit de la vitesse. Cela
indique
toutefois
qu’il
est bon sous cerapport également
d’utiliser la tension de drain
maximum,
c’est-à-dire la tensiond’étranglement.
Si l’on continue à accroître la tension de
drain,
lavitesse des
porteurs
atteint une valeur maximum limiteapproximativement égale
à 6 X 106cm/sec.
La limite de
fréquence
absoluecorrespondante
estalors
simplement
où F est en MHz et 1 en ern.
Il s’avère que, pour les valeurs
pratiques
desparamètres
que l’onpeut
atteindre en l’état actuel de latechnique,
la limitation due autemps
detransit intervient bien avant la limitation due à la constante de
temps.
Effet des
paramètres.
- RÉCAPITULATION. 2013 Aupoint
de fonctionnementpréférentiel,
pour unetension de
goulot
nulle et une tension de drainégale
à la tensiond’étranglement,
lesprincipaux
résultats obtenus sont
rappelés
ici :La dernière
équation exprime
lapuissance
encontinu,
obtenue enmultipliant
la tension de drain par le courant de drain.Ces
expressions
ont été écrites defaçon
à mettreen évidence l’effet des dimensions du
goulot.
Si l’on
augmente
lerapport b/l
du rayon dugoulot
à salongueur,
on accroît la limite de fré- quence et lapente,
mais aussi le courant de drain et lapuissance.
Si l’on
augmente
la conductivité cr, etpuisque
on
augmente
la limite defréquence
et lapente,
mais aussi la tension de drain et le courant, d’où il résulte un accroissement
rapide
de lapuissance.
L’importance
des deuxpremiers
facteursjustifie
au moins
partiellement l’emploi
d’un semicon- ducteur de haute conductivité.Pour un
rapport b il fixe,
uneaugmentation
de bet 1 se traduit par un accroissement de la
pente,
des
capacités parasites,
de la tension de drain et du courant dedrain,
ces deux derniers effets résul- tant en uneaugmentation
trèsrapide
de lapuis-
sance.
Comme la
majeure partie
de lapuissance
estdissipée
dans la courte zoned’étranglement,
il estévident que le
problème
de l’évacuation de la chaleur occupe uneplace prépondérante.
Enfait,
c’est là
probablement
le facteurqui
limite l’amélio-ration de
performances
que l’onpeut espérer
parun
ajustement
des dimensions dugoulot.
VALEURS REPRÉSENTATIVES. - Pour un choix
pratique
deparamètres représenté
par les valeurs suivanteson obtient
La limite en
fréquence
due à lacapacitance
d’entrée est au-dessus de 3 000
MHz,
et la limitede
fréquence
due autemps
de transit àvélocité
maximum est
Avec les valeurs
ci-dessus,
il se trouve que la tension de drain nécessaire résulte en une intensité dechamp électrique
biensupérieure
à la valeurcritique.
Il est doncjustifié
d’utiliser la limite defréquence indiquée.
Cette remarque
souligne
de même l’intérêtqu’il
y a à se
pencher
deplus près
sur cequi
se passe au delà de la valeurcritique. Cela, toutefois,
faitpartie
des considérations auxiliairesqui
serontabordées dans la deuxième
partie
de cette étude.DEUXIÈME
PARTIECompléments théoriques
Mobilité variable. - Il s’avère que dans l’état actuel de la
technique
le tecnetron fonctionnera enbonne
part
avec unchamp hypercritique,
c’est-à-dire
dépassant
la limitecritique
de 103V/cm
envi-ron, au delà de
laquelle
la mobilité n’estplus
constante, mais décroîtquand
lechamp augmente.
Il est
possible
de traiter leproblème
du tec-netron dans ce cas en suivant les mêmes
lignes
que pour le calcul à mobilité constante. L’intérêt de cetravail est
réduit,
car l’on estobligé
de poser enhypothèse
une loi de variation de la mobilité.Néanmoins,
il est incontestable que des résultats mêmequalitatifs
sont intéressants car ilsindiquent
dans
quelle
directionjouent
lesparamètres.
Onpeut
obtenirsimplement
ces résultats de lafaçon
suivante. En
première approximation,
soitoù yn
est la mobilité pour unchamp E,
etlLo la mobilité (constante)
au-dessous de la valeur cri-tique Eco
On a alors avec les mêmes notations
Le fonctionnement en zone
hypercritique
estobtenu par une
augmentation
deVa,
donc deb2, qui
se réfléchit dans lesparamètres. Compte
tenude cette remarque, on
peut
substituer les valeurs ci-dessus dans lesexpressions,
et l’on obtient les coefficients deproportionnalité
suivants :Comme k est
plus petit
que1,
on voit immédia- tementl’avantage
pour lapente
et la limite de fré- quence àemployer
le k leplus petit possible,
doncla tension de drain maximum.
Toutefois, l’augmen-
tation de
puissance
est trèsrapide
et constitue lefacteur
qui
limite 1 es améliorations dans cette direc- tion.On
peut
conclure que, dans le cas du fonction- nementhypercritique
comme dans le cas du fonc-tionnement
normal,
le meilleurpoint
de fonction- nement est obtenu pour zéro volt depolarisation
de
goulot
et une tensionde
drainégale
à la tensiond’étranglement,
sous réserve des limitations enpuissance.
Il est intéressant de
signaler
que, si l’on accroît indéfiniment lechamp électrique,
la vitesse desporteurs
decharge
estasymptotique
à 1 a valeur maximum de 6 X 106 cm sec-1 environ. Cette vitesse n’est que deux foissupérieure
à la vitesse obtenue pour lechamp critique.
Enconséquence,
lefonctionnement en
régime hypercritique apportera
au maximum une amélioration de deux fois dans les
performances
enfréquence,
et cela auprix
d’une
augmentation importante
de consommation et depuissance dissipée.
Ceproblème
faitl’objet
d’une étude
qui
serapubliée prochainement.
Cependant,
d’autres considérations entrent enjeu,
ainsi que l’évaluation de la tensioncritique
vale montrer.
Tension
critique.
- L’intensité duchamp
axialcroît
rapidement
dans la zoned’étranglement.
Ilest difficile de définir directement un critère pour déterminer la valeur
critique
de la tension de drain.On
peut attaquer
leproblème
en considérant legradient
de tension dans le canald V z Idz.
On aoù
Ya
est la tension de drain. Par suiteSi l’on définit le
gradient
moyen paron
peut
écrire legradient
en zPour
par
exemple, l’équation précédente
a pour solution On voit que lechamp
dans le canal serasupérieur
au
champ
moyen seulement dans le dernierquart
du
canal,
du côté drain. Onpeut
de même montrerque le
champ
excèdera dix fois la valeur moyenne dans les derniers0,25 %
du canal seulement.Compte
tenu de la réductionprogressive
de mobilité desporteurs
decharge,
ilpeut
sembler raisonnabled’adapter
une tension de drain tellequ’on
obtienneun
champ
moyenégal
à la valeurcritique.
Celaconduit à
où
Va
est en volts et 1 en cm. Pour les valeursusuelles
de l,
cetteexpression
donne des valeursplutôt
faibles pourVa.
Comme cette tension doit être la tensiond’étranglement,
ilpeut
fort bien enrésulter des valeurs
inacceptables
desparamètres.
On est donc bien
obligé d’employer
des tensions de drainplus élevées,
de sorte que lechamp
devienthypercritique
dans une bonnepartie
du canal.Résistances
ohmiques. -
Les contacts de sourceet de drain ne sont pas faits directement aux extré- mités du canal. Il en résulte deux résistances
ohmiques
indésirables. Lagéométrie
du tecnetronest telle que leurs valeurs sont faibles vis-à-vis de la résistance du canal.
Néanmoins,
il est bon d’enenvisager
les effets. La résistanceohmique
ducontact de drain
RD
provoque uneperte
de ten-sion
RD IA
que l’onpeut
aisément compenser. Il en résultequand
même un accroissement indésirable de lapuissance dissipée
par le tecnetron. Par ail-leurs, RD
devientpart
de la résistance decharge,
et le
signal
à ses bornes estperdu
pour le circuit de sortie.La résistance
ohmique
de sourceRS
a les mêmeseffets en ce
qui
concerne la chute de tension encontinu et la
puissance dissipée. Incidemment,
cettechute de tension
peut
être mise àprofit
pour fournirpartiellement
ou en totalité lapolarisation
de
goulot.
Lepoint important cependant
est quecette résistance introduit une contre-réaction d’in- tensité avec deux résultats
principaux.
Lapente
est réduite dans la
proportion
et la
fréquence
limitecapacitive
est divisée par le facteurOn voit que ces deux effets ne sont pas très
importants pour les
valeurs usuelles desparamètres.
Courant de
goulot.
- Lajonction
ou le contactqui
constitue 1 egoulot
estcontre-polarisée.
Le cou-rant inverse
qui
circulepeut
être calculé à l’aidedes
équations classiques
desjonctions.
Onpeut
l’évaluer
simplement
con1me suit pour obtenir une indicationapproximative.
La surface dugoulot
estSi la densité de courant inverse est
J,
le courantinverse total sera
Si l’on admet une valeur
typique
pour la densité de courant inversele courant de
goulot
devientavec b et 1 en cm.
Par
exemple,
pour les valeursprécédemment indiquées
pour bet l,
soit 25 et 50microns,
onobtient
Effet
pelliculaire.
- En raison du faible diamètre ducanal,
onpeut
se demander à bon droit si l’effetpelliculaire
n’entre pas enjeu
auxfréquences
élevées de fonctionnement.
L’analyse qui
suitrépond
à cettequestion.
La théorieclassique
del’effet
pelliculaire, appliquée
à un conducteurcylindrique long, mince,
etrectiligne,
donne unesolution exacte pour la distribution du courant dans la section du conducteur :
avec
Les fonctions Ber et Bei sont données par les tables
classiques
et l’onpeut
donc sans difficultérésoudre pour les valeurs
numériques.
En raison de l’allure de la variation de cesfonctions,
il se trouveque pour
l’effet
pelliculaire
estpratiquement négligeable
ainsi
qu’on peut
le voir en résolvant la distribution du courant.Dans le cas du
germanium,
soit parexemple
La valeur de m est alors
que l’on
peut
écrireou encore
En introduisant la valeur limite pour l’eif et
pelliculaire
on obtient
Il est aisé de voir que toute valeur admissible pour a conduit à des
fréquences
biensupérieures
aux
fréquences
atteintes par le tecnetron. Onpeut
donc conclure que l’effet
pelliculaire
estnégligeable
pour les tecnetrons courants dans leur gamme de fonctionnement. Cette conclusion ne
dépend
pas de la conductivité dugermanium utilisé,
en raisonde la gamme relativement étroite des conductivités
disponibles,
mais découle du fait que la conduc- tivité esttoujours
relativementfaible,
parrapport
à un métal par
exemple.
Tecnetron tétrode. - En raison de la distri- bution de
résistance,
et decapacité
aulong
ducanal,
ilpeut
semblerattrayant
de scinder en deux l’électrode degoulot
afin de réduire la constante detemps
d’entrée et d’accroître la limite defréquence correspondante.
On obtient ainsi le tecnetrontétrode,
ouplus
exactementbigrille,
danslequel
lapremière
électrode degoulot
nereçoit qu’une
ten-sion continue
(qui peut
êtrenulle)
et a pour but deFIG. 6. - Géométrie du goulot pour un tecnetron tétrode, créer une
pré-striction
du canal(fig. 6).
La deu-xième électrode de
goulot reçoit
enplus
lesignal
d’entrée.
Toutefois,
lacapacité linéique
étant constante, la réduction decapacité
estproportionnelle
à laréduction de
longueur
de l’électrode H. F. D’un autrecôté,
la valeur moyenne de la résistance aug- mentelorsque
l’on réduit lalongueur
de l’élec- trode H. F. Les deux effetsjouent
en sens con-traire,
et il faut avoir recours àl’anal yse
mathé-matique
pourpréciser
ces considérationsquali-
tatives.
Soit x la
longueur
de l’électrode depré-striction, analogue
à lagrille
dechamp
d’unelampe bigrille.
L’électrode
signal
a donc unelongueur (l- x).
Lavaleur de la tension entre l’extrémité source du canal et un
point
d’abscissequelconque
z estdonnée par
l’équation (18) précédemment
calculéeet
rappelée
ici :Le courant étant constant dans le
canal,
la résis-tance du canal
jusqu’au point
z estA l’étranglement
de sorte que
La valeur moyenne de la résistance pour l’élec- trode
signal
estEn
intégrant
Pour x =
0,
on retrouve bien la valeur moyenne pour la totalité dugoulot
Pour toute autre valeur
de x,
la résistance moyenne estaugmentée
dans laproportion
Par
ailleurs,
lacapacitance
estmultipliée
parOn en conclut que la constante de
temps Tam
associée à Félectrode
signal
est liée à la constante detemps Tt
associée à la totalité dugoulot
par la relationCette
expression
a étéreprésentée graphiquement figure
7. Une réduction de deux fois pour la cons-FIG. 7. - Amélioration de la constante de temps pour un tecnetron tétrode en fonction de la longueur de l’élec-
trode de préstriction.
tante de
temps
est obtenuelorsque
l’électrodesignal n’occupe
que lequart
de lalongueur
dugoulot.
Cette
analyse simplifiée
ne tient pascompte
deseffets de
bord, qui
deviennentimportants
dès que l’électrode n’aplus
unelongueur grande comparée
à son
diamètre,
ni ducouplage
inter-électrodes.Variation au
long
du canal. --L’expression (17),
rappelée
iciFIG. 8. - Variation du rayon et du potentiel au long du canal.
permet
de tracer la variation du rayon du canal en fonction de la distance axiale z. Cela a été faitfigure
8 en coordonnées normalisées. Demême, l’expression (18) :
a été
représentée graphiquement
sur le même dia-gramme. Les deux courbes sont évidemment des
paraboles
du second et duquatrième degré.
Conductance de drain. -
L’expression (9) peut
s’écrire
où
GA
est la conductance dedrain,
ou decanal,
en continu pour la tension de drainVa.
Go
est la conductance du canal sans tensionappliquée,
c’est-à-dire la conductance dugoulot.
Cette
expression,
linéaire enVa,
a étéreprésentée
Fie. 9. - Variation de la conductance en cuntinu et de la conductance en alternatif.
figure
9 en coordonnées normalisées. Demême, l’expression (10) peut
s’écrirega étant la conductance de drain en alternatif.
Fie. 10. - Variation de la résistance en continu et, de la résistance en alternatif.
35 Cette
équation
aégalement
étéreprésentée figure
9.Il est
parfois plus
commode d’utiliser les résis- tances que les conductances. Aussi les deux courbesprécédentes
ont-elles été transformées pour donneren
figure
10 la variation de la résistance de drainen continu
RA
et de la résistance de drain en alter- natif ra.Conductance de transfert. - La
pente
estdonnée
par l’expression (15)
et est fonction de la
polarisation
degoulot V,
àtravers
Va.
En
conséquence,
la famille des courbesrepré-
Fic,. 11. --- Variation de la pente
en fonction de la polarisation.
sentant gm a été
reproduire
enfigure
11 avecVc
enparamètre
et en coordonnées normalisées.Ligne
coaxiale. -- Auxfréquences
trèsélevées,
on
peut
considérer lapartie
active du tecnetroncomme une
ligne
de transmission coaxiale. L’élec- trode degoulot
constitue le conducteur externe, lecanal,
le conducteurcentral,
et la zone àcharge d’espace
lediélectrique.
Ils’agit
évidemment d’uneligne
trèsparticulière,
dont lacapacitance linéique
est constante mais dont la résistance et l’induc- tance
linéiques
varient.On
peut cependant appliquer
leséquations
clans-siques
deslignes
de transmission àchaque petite
fraction du
goulot.
La constante depropagation
est définie par
où oc est la constante d’atténuation
et g
la cons-tante de
phase.
Les valeurs
linéiques
derésistance, inductance,
conductance et
capacitance
étantrespectivement
Fie. 12. - Longueur élémentaire de ligne coaxiale équivalente.
pour l’élément considéré
(fig. 12)
on aOn élève au
carré,
onsépare
lesparties
réelle etimaginaire,
et on résout lesystème
de deuxéqua-
tions pour obtenir
Ces deux
expressions
peu faciles à manier peu- vent êtresimplifiées
si l’on admet que l’inductance estnégligeable
vis-à-vis de la résistance élevée ducanal,
et que la conductance shunt estnégligeable
vis-à-vis de la
capacité
shunt. On obtient alorsque l’on va résoudre pour oc : et comme
on obtient
d’où l’on tire l’atténuation totale
et en
intégrant
Le même résultat est valable pour la
phase
totale B de sorte que