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Polarisation des vibrations atomiques dans les cristaux

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Academic year: 2021

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HAL Id: jpa-00236719

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00236719

Submitted on 1 Jan 1962

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Polarisation des vibrations atomiques dans les cristaux

N. Boccara

To cite this version:

N. Boccara. Polarisation des vibrations atomiques dans les cristaux. J. Phys. Radium, 1962, 23 (11),

pp.921-924. �10.1051/jphysrad:019620023011092100�. �jpa-00236719�

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POLARISATION DES VIBRATIONS ATOMIQUES DANS LES CRISTAUX Par N. BOCCARA,

Laboratoire de Physique Théorique, Collège de France, Paris.

Résumé.

2014

Une étude de l’influence de la symétrie du milieu cristallin sur sa dynamique permet

de construire

un

tableau faisant connaître la polarisation des oscillations atomiques qui sont pilotées par

un

vecteur d’onde donné. Les conditions nécessaires et suffisantes pour qu’un vecteur

d’onde parallèle à

une

direction donnée pilote, quel que soit

son

module, des oscillations rectilignes longitudinales pures

ou

transversales pures sont ensuite établies dans le

cas

général d’un cristal dont la maille élémentaire renferme plusieurs atomes.

Abstraet.

2014

Thermal vibrations in crystals are generally neither longitudinal

nor

transverse.

The purpose of this paper is first to present in tabular form the polarization of the atomic vibra- tions corresponding to

a

given wave vector and then to discuss,

in

the general

case

of polyatomic crystals, the existence of pure longitudinal and pure transverse modes.

LE JOURNAL DE PHYSIQUE ET LE RADIUM TOME 23, NOVEMBRE 1962,

Définitions et notations.

-

Dans un cristal la

position d’un atome peut être repérée par trois translations : m + j + um. La première m est une

translation du réseau cristallin, la seconde j est

inscrite dans la maille et la troisième um exprime le déplacement de l’atome à partir de sa position

moyenne m + j. Pour simplifier on appellera

atome mj, l’atome dont la position moyenne. se trouve à l’extrémité du vecteur m + j.

En accomplissant un déplacement ul à partir de

sa position moyenne, un atome pk exerce sur un

atome m ayant lui même effectué un déplace-

ment ur, une force de rappel dont les composantes,

à l’approximation de Hooke, sont :

Les constantes de rappel ci§" ainsi définies forment un tenseur d’ordre 2, covariant et symé- trique en oc et P. Si on pose

La force globale appliquée sur l’atome mj a pour

expression

Si g est le nombre d’atomes par maille élémen- . taire et n le nombre de mailles élémentaires que

comporte le cristal, celui-ci constitue un système dynamique à 3ng degrés de liberté dont les équa-

tions sont :

(LI est la masse d’un atome de type j.

Pour obtenir des solutions sous forme d’ondes

harmoniques planes, posons :

(f = p# exp , 12 pi est la composante contra- variante sur l’axe

a

du vecteur caractérisant l’oscillation accomplie par un atome j, q est le vecteur d’onde. En portant (2) dans (1) on obtient :

et

Les termes yj sont les éléments d’une matrice hermitienne et définie positive d’ordre 3g X 3g,

dite

«

matrice de Fourier », dont les valeurs caracté-

ristiques sont égales aux carrés des pulsations des

oscillations atomiques pilotées par un vecteur d’onde q. Chaque vecteur d’onde pilote 3g oscil-

lations harmoniques. Le nombre de vecteurs d’onde indépendants est donc égal à n ; ceux de plus petit

module sont inscriptibles dans une première zone

de Brillouin.

Influenee de la symétrie du milieu cristallin.

-

Le cristal n’est rigoureusement périodique que si les atomes occupent leurs positions moyennes. Les coefficients cif, fonction de ces positions

moyennes, sont donc soumis à la symétrie du

milieu cristallin. Lorsque le vecteur d’onde n’a pas une direction absolument quelconque, il est souvent

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphysrad:019620023011092100

(3)

922

possible d’obtenir une expression réduite de la matrice de Fourier.

Une opération de symétrie S transporte la posi-

tion moyenne d’un atome mj sur la position

moyenne d’un autre atome m’ j’, identique (à l’iso- topie près), les deux atomes devant avoir le même environnement avec la même orientation. L’opéra-

tion de symétrie S la plus générale se décompose en

une translation suivie d’une rotation directe ou

inverse représentée, lorsqu’on a fait choix d’un

système d’axes, par une matrice orthogonale. La

méthode généralement adoptée pour réduire une

matrice consiste à identifier deux expressions de

cette matrice se déduisant l’une de l’autre par

l’application d’une opération de symétrie du milieu

cristallin. Si on désigne par m’ j’ et p’k’ les trans-

formés par l’opération de symétrie S des atomes mj

et pk, on a

Pour pouvoir identifier y(à et y il est néces-

saire que j’ - j et k’

=

k. Donc, les seules opéra-

tions de symétrie qui sont intéressantes à consi- dérer sont celles qui a un point occupant une posi-

tion donnée dans la maille élémentaire font corres-

pondre un point occupant la même position dans

une autre maille élémentaire. Autrement dit, il faut

se limiter aux seules opérations de symétrie ponc-

tuelle, le point fixe de la transformation pouvant

être situé sur n’importe quel atome. Ainsi par

exemple si le milieu cristallin possède un centre de symétrie nous n’utiliserons cet élément que si

chaque atome est centre de symétrie. Notons cepen- dant que les sous-matrices y relatives à l’inter-

action entre deux atomes en même position dans la

maille élémentaire peuvent avoir une forme plus

réduite que les sous-matrices y relatives à deux

atomes en position différente dans la maille élémen- taire. Cela provient du fait que le réseau constitué par tous les atomes d’un même type peut avoir une symétrie supérieure à celle de la structure. Consi- dérons donc l’opération de symétrie ponctuelle S qui amène les atomes mj et pk en position m’ j et p’k.

En notation matricielle on a

et

S désignant la matrice transposée de S, d’où

Applieations.

-

Utilisons les résultats précé-

dents afin de préciser l’état de polarisation des

oscillations des atomes d’un cristal possédant cer-

tains éléments de symétrie, le vecteur d’onde q étant dirigé suivant une direction donnée de l’es-

pace réciproque. Les repères dans l’espace direct et

dans l’espace réciproque sont orthonormés, leurs origines coïncident et la direction du vecteur d’onde est toujours choisie comme axe des x.

1. CHAQUE ATOME EST CENTRE DE SYMÉTRIE.

--

Dans ce cas :

et

La matrice de Fourier est donc réelle, il en est de

même de ses vecteurs propres, toutes les oscil- lations atomiques sont rectilignes quelle que soit la direction du vecteur d’onde. C’est toujours le cas

pour un cristal monoatomique.

2. LE VECTEUR D’ONDE EST DIRIGÉ SUIVANT UN AXE DE SYMÉTRIE DIRECTE D’ORDRE n.

-

L’opéra-

tion de symétrie ne modifiant pas la valeur de

l’argument de l’exponentielle, la réduction de la

matrice de Fourier est donc, la même que celle d’un tenseur d’ordre 2, on trouve :

Donc si n est supérieur à 2 on a des oscillations

rectilignes qui sont, soit longitudinales pures, soit transversales pures, ces dernières étant dégénérées.

Si n

=

2, seules les vibrations longitudinales pures sont rectilignes, les autres sont en général ellip- tiques, le plan de l’ellipse étant toutefois perpen- diculaire au vecteur d’onde.

En considérant ainsi tous les éléments de symé-

trie possibles et leurs combinaisons, on peut déter-

miner dans tous les cas la polarisation des oscil-

lations atomiques. Les résultats sont rassemblés dans le tableau et les notations sont les suivantes : C : désigne un centre de symétrie.

M : désigne un miroir.

A. désigne un axe de symétrie directe d’ordre n.

Â. désigne un axe de symétrie inverse d’ordre n.

R : désigne une oscillation rectiligne.

E : désigne une oscillation elliptique.

L : désigne une oscillation longitudinale.

T : désigne une oscillation transversale.

nL : désigne une oscillation qui n’est pas longitu-

dinale.

nT : désigne une oscillation qui n’est pas trans- versale.

RT, == RT2 : signifie que les vibrations transver- sales sont rectilignes et dégénérées.

A titre d’exemple, utilisons ce qui précède pour

déterminer la polarisation des oscillations des

(4)

TABLEAU

POLARISATION

DES OSCILLATIONS

ATOMIQUES

DANS LES CRISTAUX

CONTENANT

PLUS DE UN ATOME PAR MAILLE

ÉLÉMENTAIRE

atomes d’un cristal du type diamant. Le réseau

est cf c et la maille élémentaire comporte deux

atomes identiques. Cette structure est classée dans l’holoédrie cubique (m3m). Or, on a vu que seules

sont à considérer les opérations de symétrie qui

font correspondre entre eux des points occupant la

même position dans la maille élémentaire. Donc,

tout se passe comme si les deux atomes de la maille élémentaire n’étaient pas identiques et la réduction

de la matrice de Fourier est semblable à celle d’un cristal du type blende classé dans l’hémiédrie té-

traédique (4 3m). En particulier, chaque atome

n’étant pas centre de symétrie, les oscillations seront en général elliptiques. Si q est parallèle soit

à la direction 100 soit à la direction 111 on a des ondes RL et RT dégénérées, si q est dans le

plan 110 (miroir diagonal il existe une vibration

transversale rectiligne perpendiculaire au miroir.

Notons que si q est parallèle à la direction 110 on

n’a pas de vibration longitudinale rectiligne.

Propriétés réciproques.

-

Dans le cas général

d’un cristal dont la maille élémentaire renferme

plusieurs atomes, nous avons trouvé que lorsque le

vecteur d’onde q est dirigé suivant certains élé- ments de symétrie, les oscillations atomiques sont longitudinales ou transversales. Il nous faut exa-

miner maintenant quelles sont les conditions néces- saires et suffisantes pour qu’il en soit ainsi.

CAS,DES OSCILLATIONS LONGITUDINALES. - COM- mençons par établir le lemme suivant :

La condition nécessaire et suffisante pour que le

vecteur d’onde q, dirigé suivant l’axe des x, pilote quel que soit son module, les oscillations longitu-

dinales pures, est que, pour tous les couples il possibles l’on ait :

La sommation portant . uniquement sur des

termes tels que le module et la composante sur

l’axe des x de b + j

-

k soient constants.

La condition (6) est évidemment suffisante car

elle entraîne que quel que soit le module de q tous les termes en xy et tous les termes en xz de la matrice de Fourier sont nuls.

La condition (6) est nécessaire car, pour que tous les termes en xy et en xz de la matrice de Fourier soient nuls quels que soit le module de q, il faut que l’on ait :

les sommations portant sur des termes tels que la

composante sur l’axe des x de b -)- j - k soit cons- tante. Or ces relations seraient purement fortuites (valables par exemple seulement à une tempé-

rature donnée) si elles n’étaient pas conséquence de

relations analogues, mais portant sur des termes

pour lesquels le module de b -)- j - k serait, lui

aussi constant.

Les C2k et Cg ne pouvant pas être tous nuls, les

sommations portent nécessairement sur plus d’un

terme.

(5)

924

Le module de b + j

-

k étant constant pour tous les termes d’une même somme, les rela- tions (6) ne sont que la traduction d’une propriété géométrique de la structure cristalline. Il est pos- sible de mettre en évidence le caractère purement géométrique de cette propriété en faisant corres- pondre de façon biunivoque à chaque tenseur symé- trique Clk,, le tenseur ( b + k),,, (b + k)g pro-

duit des composantes sur l’axe

oc

et sur l’axe p du

vecteur b + j

-

k. Les atomes bk sur lesquels

s’effectuent la sommation dans (6) étant tous situés

dans un même plan x

=

Cte, aux relations {6) cor- respondent, après simplification les relations :

la sommation portant sur les mêmes translations b que précédemment. D’où le corollaire :

La condition nécessaire et suffisante pour qu’un

vecteur d’onde q dirigé suivant une direction donnée, pilote quelque soit son module, les oscil- lations rectilignes longitudinales, est que la pro-

jection sur un plan perpendiculaire à la direction

de q de la somme des vecteurs b + j

-

k, joignant

un atome origine 0 j aux atomes bk, équidistants de l’origine et situés dans un même plan perpendi-

culaire à la direction de q, soit nulle.

Les extrémités des vecteurs b + j - k tels que

(b + i

-

k).,

=

Cte sont les noeuds d’un réseau de Bravais à deux dimensions. Or si dans un tel réseau

on considère l’ensemble des vecteurs issus d’une

origine quelconque et dont les extrémités tombent

sur un même cercle centré sur l’origine (chaque

cercle devant passer par au moins 2 noeuds) la

somme de tels vecteurs ne peut être nulle que si

l’origine est sur un axe de symétrie d’ordre 2, 3, 4

ou 6 du réseau plan. Ces conditions devant être réalisées- pour tous les cercles de tous les plans per-

pendiculaire à q, et l’origine 0 j pouvant être choisie

sur un atome quelconque, il est donc nécessaire que q soit porté par un axe de symétrie d’ordre 2, 3,

4 ou 6.

1

Ces résultats semblent laisser de côté les axes inverses. Il n’en est rien, car les axes inverses

d’ordre 3, 4 ou 6 sont aussi des axes directs respec- tivement d’ordre 3, 2 et 3 on énoncera donc :

THÉORÈME 1 : Si on considère un cristal dont la

maille élémentaire renferme plusieurs atomes, la con- dition nécessaire et suffisante pour qu’un vecteur

d’onde q, pilote, quel que soit son module des oscil- lations atomiques rectilignes longitudinales pures, est

qu’il soit dirigé suivant un axe de symétrie d’ordre 2,

3, 4, 6, 3, 4 ou 6.

CAS DES OSCILLATIONS TRANSYERSALES.

Il est possible de procéder de façon analogue. Le

vecteur d’onde q étant toujours dirigé suivant l’axe des x, pour qu’il pilote des oscillations atomiques

transversales pures dirigées, par exemple, suivant

l’axe des y, il faut et il suffit que tous les termes

en yx et en yz de la matrice de Fourier soient nuls. Ceci entraine que l’on ait :

La sommation sur h devant s’effectuer comme

précédemment sur toutes les translations du réseau cristallin telles que la composante sur l’axe des x

et le module de b + j - k soient constants. Géomé-

triquement les conditions (8) sont équivalentes aux

conditions :

et

La première condition est une des conditions de l’étude précédente, elle peut donc être satisfaite quand l’axe des x est un axe de symétrie ; mais elle peut aussi être satisfaite si le plan xoz est un miroir

La deuxième condition devant être satisfaite simul- tanément on est conduit à éliminer les axes de

symétrie d’ordre 2 et 4. On peut donc énoncer : THÉORÈME 2 : Si on considère un cristal dont la maille élémentaire renferme plusieurs atomes, la con- dition nécessaire et suffisante pour qu’un vecteur

d’onde q pilote, quel que soit son module, des oscil-

lations atomiques rectilignes transversales pures est

qu’il soit dirigé suivant un axe de symétrie d’ordre 3

4, 6, 3, 6 ou contenu dans un miroir.

Manuscrit reçu le 13 juin 1962.

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