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A. Norme d’opérateur d’une matrice

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SESSION 2015

Concours commun Mines-Ponts

DEUXIÈME ÉPREUVE. FILIÈRE MP

A. Norme d’opérateur d’une matrice

1) Pour tout x de Sn−1, kxk = 1. Donc, Sn−1 est borné. On sait que l’application N : (Rn,k k) → (R,| |) x 7→ kxk est continue. PuisqueSn−1=N−1({1}),Sn−1est un fermé deRnen tant qu’image réciproque d’un fermé par une application continue.

Sn−1est un fermé, borné deRn et donc un compact deRn d’après le théorème de Borel-Lebesgue.

Soit M∈ Mn(R). L’application x7→ Mx est un endomorphisme de Rn qui est un R-espace de dimension finie. Donc, l’application x 7→ Mx est continue sur Rn à valeurs dans Rn. Puisque l’application y 7→ kyk est continue sur Rn, l’application x 7→ kMxk est continue sur Rn à valeurs dans R. On sait alors que l’application x 7→ kMxk admet un maximum sur le compactSn−1. On en déduit l’existence de kMkop.

2)• k kopest une application deMn(R)dansR.

•Pour toutM∈Mn(R), kMkop>0.

•SoitM∈Mn(R)telle quekMkop=0. Pour toutxdeRn\ {0}, 1

kxkx∈Sn−1et donc

M 1

kxkx

6kMkop=0 puis 1

kxkkMxk=0 et doncMx=0ce qui reste vrai pourx=0. Ainsi, pour toutxdeRn,Mx=0et doncM=0.

•Soientλ∈RetM∈Mn(R). Soitx0∈Sn−1tel quekMkop=kMx0k. Alors, pour toutxdeSn−1,kλMxk=|λ|kMxk6

|λ|kMx0k avec égalité effectivement obtenue pourx=x0. DonckλMkop=λ|kMx0k=|λ|kMkop.

•Soit(M, N)∈(Mn(R))2. Soitx0∈Sn−1 tel quekM+Nkop=k(M+N)x0k.

kM+Nkop=k(M+N)x0k6kMx0k+kNx0k6kMkop+kNkop. On a montré quek kop est une norme surMn(R).

Soientxetydeux éléments deRn tels que x6=y. Alors, 1

kx−yk(x−y)∈Sn−1 et donc kMx−Myk

kx−yk =

M 1

kx−yk(x−y)

6kMkop

puiskMx−Myk6kMkopkx−yk, ce qui reste vrai quandx=y.

3)SoitD=diag(λi)16i6n ∈Dn(R). Pourx= (xi)16i6n∈Sn−1,

kDxk=k(λixi)16i6nk= v u u t

Xn

i=1

λ2ix2i 6Max{|λi|, 16i6n}× v u u t

Xn

i=1

x2i =Max{|λi|, 16i6n}.

avec égalité effectivement obtenue six=ei0 = (0, . . . , 0, 1, 0, . . . , 0)∈Sn−1oùi0est un indice tel que Max{|λi|, 16i6n}=|λi0|. Donc,kDkop=Max{|λi|, 16i6n}.

SoitS ∈ Sn(R. D’après le théorème spectral, il existe D ∈ Dn(R) et P ∈On(R) telles queS = PDtP. Pour x∈ Sn−1, puisquePest une matrice orthogonale,

kMxk=kPDtPxk=kD tPx k.

PuisquetPest une matrice orthogonale, xdécrit Sn−1si et seulement sitPxdécritSn−1et donc kMkop=Max{kMxk, x∈Sn−1}=Max{kD tPx

k, x∈Sn−1}=Max{kDxk, x∈Sn−1}

=kDkop=Max{|λ|λ∈σ(D)}=Max{|λ|λ∈σ(M)}.

(2)

4)Si n=1, J1= (1) =I1admet1pour valeur propre simple. Le sous-espace propre associé est R1.

Supposonsn>2. rg(Jn) =1ou encore Ker(Jn−In)est de dimensionn−1.Jn admet donc0pour valeur propre d’ordre n−1au moins. La dernière valeur propreλdeJn est fournie par la trace deJn :

0+. . .+0+λ=Tr(Jn) =n,

et doncλ=n. Ainsi, Sp(Jn) = (0, . . . , 0, n). Le sous-espace propre associé à la valeur propre0est l’hyperplan d’équation x1+. . .+xn =0et le sous-espace propre associé à la valeur propre nest la droite d’équationsx1=. . .=xn.

Jn est symétrique. D’après la question 3),kJnkop=Max{|0|,|n|}=n.

5) Soit(i0, j0)∈ J1, nK2 tel que |Mi0,j0| = Max{|Mi,j|, 16i, j6n}. Soitx =ej0 ∈Sn−1 le j0-ème vecteur de la base canonique deRn. Puisque la base canonique est orthonormée,

kMkop>kMxk=

Xn

i=1

Mi,j0ei

= v u u t

Xn

i=1

M2i,j0>

q M2i

0,j0=|Mi0,j0|=Max{|Mi,j|, 16i, j6n}. 6)Soitx= (xi)16i6n ∈Sn−1tel que kMkop=kMxk.

kMkop=kMxk=

Xn

i=1

 Xn

j=1

Mi,jxj

ei

= v u u u t

Xn

i=1

 Xn

j=1

Mi,jxj

2

6 v u u u t

Xn

i=1

 Xn

j=1

M2i,j

 Xn

j=1

x2j

(d’après l’inégalité deCauchy-Schwarz)

= v u u u t

Xn

i=1

 Xn

j=1

M2i,j

=

s X

16i,j6n

(Mi,j)2.

On a l’égalité si et seulement il existe un vecteur unitairextel que chaque inégalité deCauchy-Schwarzsoit une égalité ou encore si et seulement il existe un vecteur unitaire xtel que chaque ligne de Msoit colinéaire àx ce qui équivaut à rg(M)61.

kMkop<

s X

16i,j6n

(Mi,j)2⇔rg(M)61.

7)Soitx= (xi)16i6n ∈Sn−1tel que kMxk=kMkop. kMkop6

s X

16i,j6n

(Mi,j)26

s X

16i,j6n

|Mi,j|6

s X

16i,j6n

1=√ n2=n

On a l’égalité si et seulement chaque inégalité écrite est une égalité c’est-à-dire si et seulement si chaque Mi,j est dans

{−1, 1}et Mest de rang1.

Il y a2npossibilités pour la première colonne d’une telle matrice et pour chacune de ces possibilités, il y a2×. . .×2=2n−1 possibilités pour les autres colonnes (C2= ±C1,. . . , Cn =±C1). Au total, il y a2n×2n−1= 22n−1 matrices Mtelles quekMkop=n.

B. Variables aléatoires sous-gaussiennes

8)Pourn∈N,

(2n)! = (2n)×(2n−1)×(2n−2)×. . .×2×1>(2n)×(2n−2)×. . .×4×2=2nn!, ce qui reste vrai pourn=0 et donc, pour tout réelt,

ch(t) =

+

X

n=0

t2n (2n)! 6

+

X

n=0

t2n

2nn! =et2/2.

9)Soientx∈[−1, 1]ett∈R. La fonction exponentielle est convexe surRcar deux fois dérivable surRde dérivée seconde positive surR. Puisque 1+x

2 + 1−x

2 =1avec 1+x

2 >0et 1−x 2 >0,

(3)

1+x

2 et+ 1−x

2 e−t>exp 1+x

2 t+1−x 2 (−t)

=etx. 10)SoitXune variable centrée et bornée par1. Soitt∈R.

E(exp(tX)) = X

xX(Ω)

etxP(X=x) (d’après un théorème de transfert)

6et X

xX(Ω)

1+x

2 P(X=x) +e−t X

xX(Ω)

1−x

2 P(X=x) (carX(Ω)⊂[−1, 1]et d’après 9))

= et+e−t 2

X

xX(Ω)

P(X=x) +et−e−t 2

X

xX(Ω)

xP(X=x)

=ch(t)×1+sh(t)×E(X)

=ch(t) (puisqueXest centrée) 6et2/2(d’après 8).

Donc, une variableXcentrée et bornée par1est1-sous-gaussienne.

SoitXune variable centrée et bornée parα > 0. Alors X

α est centrée et bornée par1. Donc, pour tout réelt, E(exp(tX/α))6et2/2.

Soitt un réel puist=αt. E(exp(tX)) =E(exp(tX/α))6et2/2=eα2r′2/2. Donc, ne variableX centrée et bornée par α > 0estα-sous-gaussienne.

11)Puisque les variablesX1, . . . ,Xn sont mutuellement indépendantes, on sait que les variableseµ1X1, . . . ,eµnXn sont mutuellement indépendantes et donc que

E(exp(t(µ1X1+. . .+µnXn))) = YN

i=1

E(exp(tµiXi))6 YN

i=1

e

α2 µ2it2

2 =e(Pni=1µ2i)α2 t22 =eα2 t22 .

Donc, Xn

i=1

µiXiest α-sous-gaussienne.

12)Soientλ > 0ett > 0.X>λ>tX>tλ⇔etX>e. Puisquee> 0, l’inégalité de Markov permet d’affirmer que P(X>λ) =P etX>e

6 E etX

e 6 eα2 t22 e =exp

α2t2 2 −tλ

.

Pourt= λ

α2 > 0(on note que α2t2

2 −tλ est minimum pourt= λ

α2), on obtient en particulier P(X>λ)6eα2λ2.

D’après la question 11) appliquée avecn=1 etµ1= −1, la variable−Xest égalementα-sous-gaussienne. D’après ce qui précède,

P(−X>λ)6eλ2α2. On en déduit que

P(|X|>λ) =P(X6−λ) +P(X>λ) =P(−X>λ) +P(X>λ)62eα2λ2. 13)PuisqueXest à valeurs dansR+,E(X)existe et est élément de[0,+∞].

Notons[X]la partie entière deX. On a[X]6X6[X] +1. Par croissance de l’espérance, on aE([X])6E(X)6E([X] +1) = 1+E([X]). Par suite, d’après le résultat admis par l’énoncé,

E(X)<+∞ ⇔E([X])<+∞ ⇔

+

X

k=1

P([X]>k)<+∞. Ensuite, pour tout entier naturel non nulk,[X]>k⇔X>ket doncP([X]>k) =P(X>k).

(4)

Donc

+

X

k=1

P(X>k)<+∞ ⇒

+

X

k=1

P([X]>k)<+∞et finalement, E(X)<+∞ ⇔

+

X

k=1

P(X>k)<+∞.

SupposonsXd’espérance finie.E([X]) =

+

X

k=1

P([X]>k) =

+

X

k=1

P(X>k)et l’encadrementE([X])6E(X)61+E([X])fournit

+

X

k=1

P(X>k)6E(X)61+

+

X

k=1

P(X>k).

14)Soitk un entier naturel non nul. D’après la question 12),

P

exp β2X2

2

>k

=P |X|>

√2lnk β

!

62exp

− 1 2α2

√2lnk β

!2

=2exp

− lnk α2β2

= 2

kη oùη= 1 α2β2.

Si αβ < 1, alors η = 1

(αβ)2 > 1 et donc la série de terme général 2

kη, k >1, converge. Puisque exp β2X2

2

est une variable à valeurs dansR+, exp

β2X2 2

est d’espérance finie et E

exp

β2X2 2

61+

+

X

k=1

P

exp β2X2

2

61+2

+

X

k=1

1

kη =1+2ζ(η).

C. Recouvrement de la sphère

15)On a bien sûrK= [

a∈K

{a}⊂ [

a∈K

Ba,ε2. Donc siKest fini, le résultat est immédiat.

Dorénavant,Kest infini. Supposons par l’absurde que pour toutp∈Net pour toutn-uplet(ak)16k6pd’éléments deK, on aK6⊂

p

[

k=1

Bak,ε

2. Soita1 un élément deK.

•K6⊂Ba1,ε2. Donc, il existea2∈K\Ba1,ε2.

•Soitp>2. Supposons avoir construit des élémentsa2, . . . , apdeKtels que∀k∈J2, pK,ak∈K\

k−1

[

i=1

Bai,ε

2. K6⊂Sp

k=1Bak,ε2. Donc, il existe ap+1∈K\

p

[

k=1

Bak,ε2.

On a construit par récurrence une suite(ap)p∈N d’éléments deKtelle que∀p>2,ap∈K\

p−1

[

k=1

Bak,ε2.

Puisque K est bornée, la suite (ap)p∈N est bornée. Puisque Rn est un R-espace de dimension finie, le théorème de Bolzano-Weierstrass permet d’affirmer qu’on extraire de la suite (ap)p∈N une suite aϕ(p)

p∈N d’éléments de K convergeant vers un élémentadeRn. PuisqueKest fermée,a∈K.

On peut alors choisirp0∈Ntel quep>p0

aϕ(p)−a 6ε

4. En particulier, aϕ(p0+1)−aϕ(p0)

6

aϕ(p0+1)−a +

a−aϕ(p0)

2. Puisqueϕ(p0+1)> ϕ(p0), on en déduit que

aϕ(p0+1)∈Baϕ(

p0),ε2

ϕ(p0+1)−1

[

k=1

Bak,ε2. Ceci est une contraction et donc il existe un sous-ensemble finiAdeKtel que K⊂ [

a∈A

Ba,ε2.

(5)

16) Notons p le cardinal d’une partie non vide et finie A de K telle que K ⊂ [

a∈A

Ba,ε2. On note que pour a ∈ A et (x, y)∈B2a,ε

2, on a

kx−yk6kx−ak+ka−yk6ε 2 +ε

2 =ε.

Supposons card(Λ) > p+1. Soient x1, . . . , xp+1 p+1 éléments deux à deux distincts de Λ. Puisque K est contenue dans une réunion de pboules, deux au moins des xi appartiennent à une même bouleBa,ε2 (principe des tiroirs). Mais alors, d’après la remarque préliminaire, la distance entre ces deux éléments deΛest inférieur ou égale àε ce qui est une contradiction. Donc, card(Λ)6p=card(A)<+∞.

Supposons de plus queΛest de cardinal maximal et que par l’absurde,K6⊂ [

aΛ

Ba,ε. Soitb∈K\ [

aΛ

Ba,ε. Alors,∀a∈A, kb−ak > ε et donc Λ = Λ∪{x}est un sous-ensemble de K tel que∀(x, y) ∈ (Λ)2, kx−yk > εce qui contredit le caractère maximal deΛ. Donc,K⊂ [

aΛ

Ba,ε. 17)Soienta∈Λpuisx∈Ba,ε

2.

kxk6kx−ak+kak=1+kx−ak61+ ε 2. Donc, [

aΛ

Ba,ε2 ⊂B0,1+ε2. On en déduit que

µ [

a∈Λ

Ba,ε2

!

6µ B0,1+ε2

= 2+ε

2 n

. Puisque pour tout (x, y)∈ Λ2 tel que x6= y, on akx−yk > ε, les boules Ba,ε

2, a∈Λ, sont deux à deux disjointes et donc, en posantm=card(Λ),

µ [

aΛ

Ba,2ε

!

= Xµ

aΛ

Ba,ε2

=mε 2

n

. On en déduit que

card(Λ) =m6

2+ε 2

n

ε 2

n = 2+ε

ε n

.

18)Sn−1 est un compact deRn. Donc, d’après la question 15) appliquée avecε= 1

2, il existe une partie finieAdeSn−1 telle queSn−1⊂ [

a∈A

Ba,1

4. Puisque le diamètre deSn−1 est 2, on peut trouver au moins deux élémentsx ety deSn−1 tels quekx−yk> 1

2. Donc, il existe au moins une partieΛdeSn−1telle que pour tousx,ydistincts dansΛ,kx−yk> ε.

D’après la question 16), toute partieΛ de ce type est finie et est telle que card(Λ) 6card(A). Soit alors Λn une telle partie de cardinal maximum. D’après la question 16),Sn−1 ⊂ [

a∈Λn

Ba,1

2. Enfin, d’après la question 17), le cardinal de Λn est inférieur ou égal à

 2+1

2 1 2

n

=5n.

D. Norme d’une matrice aléatoire

19) Soit i ∈ J1, nK. yi = Xn

j=1

M(n)i,j xj. Les variables aléatoires M(n)i,j sont mutuellement indépendantes et sont α-sous- gaussiennes. Puisque

Xn

j=1

x2j =1, la variableyi estα-sous-gaussienne d’après la question 11).

Les variables M(n)i,j , 1 6 i, j 6 n, sont mutuellement indépendantes. D’après le lemme des coalitions, les variables yi, 16i6n, sont mutuellement indépendantes. Il en est de même des variableseγy2i. Donc,

(6)

E exp γkyk2

=E Yn

i=1

eγy2i

!

= Yn

i=1

E

exp y2i

2

6 Yn

i=1

5(d’après l’inégalité d’Orlicz)

=5n. D’après l’inégalité deMarkov,

P kyk>r√ n

=P

exp γkyk2

>eγnr2

6 E exp γkyk2 eγnr2 = 5n

eγnr2 =

5e−γr2n

. 20)Soitr > 0. Soitx∈Sn−1tel que

M(n)x =

M(n)

op. Il existea∈Λn tel que kx−ak61 2.

M(n)

op

=

M(n)x =6

M(n)a +

M(n)(x−a) 6

M(n)a +

M(n)

opkx−ak(d’après la question 2) 6

M(n)a +1

2 M(n)

op.

On en déduit que

M(n)a >1

2

M(n)

op>r√

n. On a ainsi trouvé un élémentadeΛn tel que

M(n)a >r√

n.

Ainsi, l’événement M(n)

op>2r√

nimplique l’événement [

a∈Λn

M(n)a >r√

n

. On en déduit que

P

M(n)

op

>2r√ n

6P [

a∈Λn

M(n)a >r√

n

!

6 X

a∈Λn

P

M(n)a >r√

n

6 X

a∈Λn

5e−γr2n

(d’après 19))

=card(Λn

5e−γr2n

65n

5e−γr2n

=

25e−γr2n

.

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