HAL Id: jpa-00233201
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Submitted on 1 Jan 1934
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Sur un problème d’activation par diffusion
P. Langevin
To cite this version:
P. Langevin. Sur un problème d’activation par diffusion. J. Phys. Radium, 1934, 5 (2), pp.57-60.
�10.1051/jphysrad:019340050205700�. �jpa-00233201�
. SUR UN
PROBLÈME
D’ACTIVATION PAR DIFFUSION Par P. LANGEVIN.Sommaire. 2014 L’auteur étudie le problème de diffusion posé par les expériences de Mlle Chamié sur l’activation par les atomes de recul de ThC’ et montre que le résultat conduit, en accord suffisant avec l’expérience, à une loi hyperbolique de variation de cette activation en fonction de la distance entre la lame activée et la lame source de l’émission de ThC".
1. - Dans le Mémoire
précédent,
Chamié aétudié l’activation
produite,
à travers l’air à lapression atmosphérique.,
par une lameplane
Sportant
undépôt
actif de
ThC,
sur une lameparallèle
Lgrâce
à la diffu- sion vers celle-ci des atomes de recul deThC",
émispar S. Ces atomes sont arrêtés au
voisinage
de lasource dans une mince couche d’air
d’épaisseur égale
à leur parcours,
0,13
mm. La décroissancerapide
del’activation
quand
la distance 1 entre les deux lamesaugmente
m’a semblépouvoir s’expliquer
de la manièrela
plus simple
par le fait que les atomes de ThC" diffu- sant dans l’airaprès
leurarrêt,
sont adsorbés dèsqu’ils
viennent au contact de l’une ou de l’autre des lames S et L. Il en résulte une concentration nulle deces atomes dans l’air au
voisinage
immédiat de cha-cune des lames. Le
problème
de diffusion ainsiposé comporte
une solution trèssimple qu’il
m’a paru inté- ressant de clonner ici et de comparer aux résultats de Mlle Chamié.Nous admettrons que les dimensions de la source sont assez
grandes
parrapport
à la distance 1 pour que la concentration n, ou nombre d’atomes de Th C,"parti- cipant
àl’agitation thermique
par unité de volume d’airne soit
fonction, indépendamment
dutemps
t, que de la distance .x à la source. Laproduction
p, ou nombre d’atomes de recul arrêtés dans l’air par unité de volume et par unité detemps,
sera, dans les mêmesconditions, uniquement
fonction de x. Bien que; dans lesexpériences
deChamié,
cettefonction
s’an-nule pour .z ~
0,13
mm, et que la distance 1soit,
engénéral, supérieure
à cettelimite,
nous traiteronsd’abord le cas
général où p
est une fonctionquelcon-
que de ~? et où, par
conséquent,
le parcours ai des atomes de reculpeut
êtresupérieur
à 1. Le nombre N d’atomes de Th C" quereçoit
la lame L par unité de surface et par unité detemps,
se composera de deuxparties :
le nombreN p
de ceuxqui
sontprojetés
par lasource à distance du
plan
de celle-cisupérieure
à 1 etqui atteignent
directement L sous forme d’atomes derecul,
et d’autrepart
le nomhrede
ceuxqui
arri-;ent-à L par diffusion
après
avoir été arrêtés dans l’air à distance de S inférieure à 1. On a, évidemment :et,
endésignant
par D le coefficient (le diffusion des atomes de Th C" dans l’air :2. - Si ),
représente
la constante radioactive duon obtient facilement pour
l’équation
àlaquelle
satisfait fonction ri des (leux variahles
indépendante;
,1’ e l 1 :
La solution est déterminée par la connaissance de la distribution initiale à
l’origine
(1utemps
110 commefonction de .x et par la double condition que )t s’annule
quel
que soit t pour x - 0 et pour .r ==l,
c’est-à-diresur les deux lames S et L.
Nous commencerons par chercher la solution 7i1
(x)
de
régime permanent qui
s’établit au bout d’untemps théoriquement
infini maispratiquement
très court,ainsi que nous le verrons. Cette solution doit satisfaire à
l’équation :
-.et se trouve déterminée par la double condition de s’annuler pour x = 0 et pour a = l.
Nous poserons ensuite :
Par substitution dans
(3)
et en tenantcompte
de(4),
on obtienl pour
l’équation
àlaquelle
satisfait n’ :La solution n’ est déterminée par les conditions de s’annuler
quel
que soit t pour x = - 0 et 7; =1,
de pren- dre àl’origine
dutemps
la valeur obtenue en faisant t == 0 dansl’équation (5) :
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphysrad:019340050205700
58
et de s’annuler pour t infini, en
régime permanent, quel
que soit x.L’application
de la méthode de Fourier àl’équa-
tion
(6) conduit,
en tenantcompte
des conditions auxlimites pour x, à
représenter
la solution cherchée pour n’ par une somme de la forme :où 111
prend
toutes les valeurs entières de 1 àl’infini,
avec :
ou, en
posant :
La condition de
régime permanent
est satisfaite parl’équation (7)
dont les coefficients se déterlninerontau moyen des conditions initiales :
c’est-à-dire en
décomposant
la fonction connueno’ (x)
en série de Fourier suivant la formule
(90).
Le
temps
que lerégime permanent
ni mettra à s’éta-blir est déterminé par les
constantes X.
dont la valeuraugmente rapidement
avec l’entier Si l’onadopte
pour D la valeur
0,1, qui
est trPs inférieure à ce quepermet
deprévoir
la théoriecinétique
etconduira,
parconséquent,
à des valeurstrop
faibles pour lesBn
etpar
conséquent, trop
fortes pour letemps
nécessaire à l’établissement durégime permanent,
et si l’on intro- duit pour ),, constante radioactive du T11 C" la valeur3,61
X 10 -3 on obtient pour ),1 la valeur :et comme, dans les
expériences
de Mlle Chamié 1 a étéau maximum
égal à 0,17
cm, on obtient :Il en résulte que le
premier
terme dansl’expression (7)
de rz’ et parconséquent
afortiori
les termes sui- vants pourlesquels ),m
estplus grand,
deviennentnégligeables
au bout d’une fraction de seconde certai- nement inférieureà 1,
5de
sorte que lerégime
perma-nent intervient seul dans les conditions où les
expé-
riences que nous discutons ont été faites.
3. - Examinons maintenant ce
régime permanent
niqui
nous donneral’apport
par diffusion. Pour obtenir la solution cherchée del’équation (4)
nousprofiterons
du caractère linéaire de celle-ci pour
décomposer
leproblème
en une infinité deproblèmes
élémentaires dans chacundesquels
laproduction
sera limitée à unetranche infiniment mince
comprise
entre les abscissesa et a
-~
da où lafonction p prend
lavaleur p (a),
lasolution élémentaire
correspondante
satisfaisant auxconditions de s’annuler pour .r,. = 0 et x - 1 et de
satisfaire,
en dehors de la tranche deproduction d’épaisseur
d a où laproduction
par unité detemps
est
égale
àl’équation :
Pour trouver cette solution élémentaire, nous
décomposerons
l’intervalle entre les lames S et L endeux
régions ;
larégion (1) comprise
entre x ~ 0 etx -- a et la
région (2) comprise
entre x = a+
da et aLa solution de
l’équation (11)
du côté(1), qui
doits’annuler pour x ~
0,
eflt nécessairement de la forme :et la solution du côté
(2), qui
doit s’annuler pour.r =
/,
est nécessairement de la forme :Les constantes
~11
i etA9
sont déterminées par deux condi tions : d’unepart,
la concentration n doit varier defaçon
continue au passage de larégion (1)
à larégion (2),
c’est-à-direqu’on
doit avoir pourx ~ a :d’autre
part,
le flux totalqui
sort par diffusion de la tranche d adoit,
pour cette solution élémentaire danslaquelle
la concentration n est infinimentpetite
de l’or-dre de
da,
êtreégal
à laproduction pda,
la destructionspontanée
dans cettetranche, À n da
étant infinimentpetite
du second ordrepuisque ii,
est dupremier.
Leflux du côté
(~ )
sortant de la tranche d a est :et le flux du côté
(2)
vers Lest :La condition de conservation des atomes de Th C" est donc :
d’où,
en tenantcompte
de(14) :
Les deux fonctions n,
(.2,)
et(x) qui composent
lasolution élémentaire sont donc données par :
Pour avoir la solution totale n, en un
point
d’abs-cisse x, il faut
ajouter
les solutions élémentaires du côté(2)
pour0 --’ a z--’ x
et du côté(1)
pourceci donne pour ii,
:~
Il est facile de vérifier que cette fonction de x satis- fait bien à
l’équation (~) caractéristique
durégime
per- manent. Pour le flux par unité de surface à, la dis- tance ~~ on obtient :En vertu de la formule
(2), l’apport
par diffusion sur la lame L est donné par la formule trèssimple :
En
ajoutant
à cetapport
par diffusionl’apport
parprojection
directe de recul que donnel’équation (1),
nous obtenons la solution
générale
pour l’activation par unité detemps
de la lame L :Ce résultat
prend
une formeparticulièrement simple
si l’on suppose que la distance 1 entre les lames est
supérieure
au parcours ai des atomes derecul;
il vientdans ce cas à
partir
de(17) :
Par
conséquent,
dès que la distance entre les lames estsupérieure
au parcours, e’est-à-dire dès que la zonede
production
des atomesqui diffusent,
ou d’arrêt des atomes derecul,
est entièrementcomprise
entre leslames,
l’activation de la lame L variesimplement
enraison inverse de Sh kl.
L’expression
devientplus simple
encore si l’on tientcompte
des ordres degiandeur. D
étant certainementsupérieur
à0,1
et i,égal
à3,6r
X 1U~~3sec-’,
on a, par la formule(2) :
et comme
1 0,17,
on atoujours kl 0,032.
cequi permet
deremplacer partout
le sinushyperbolique
parl’argument
avec une erreur inférieure ausix-millième;
a
fortiori, puisque
dans(18)
ai est inférieur à 1 onpeut remplacer
dans cetteéquation
par ka et l’on obtient :c’est-à-dire une loi
hyperbolique
et non une loi expo- nentielle de variation de l’activation avec la distance dès que celle-ci estsupérieure
à a1,c’est-à-dire
à0,13
mm pour le Th C" dans l’airatmosphérique.
Quand
1 devient inférieur au parcours a, et tend verszéro,
la formule(17)
montre que l’activation 1V tendvers une constante
égale
à l’émission totale des atomes de recul 1’ :-
-
4. - La loi
hyperbolique (~19) présente
ce caractèreremarquable
d’êtreindépendante
à la fois du coefficient de diffusion et de la constante radioactive de la subs- tancequi
constitue les atomes derecul,
de sorte que desexpériences
de ce genre nepermettent
pas la détermi- nation du coefficient de diffusionquand
on connaît laconstante
radioactive,
contrairement à cequi
se passe dans le cas de l’actinon.La confirmation de notre théorie
peut
être cherchéetout d’abord à
partir
des résultatsnumériques
deChamié en vérifiant que, pour
1 >
0,13 mm, leproduit
de l’activationN par
la distance 1 reste cons- tant audegré
deprécision
des mesures. Le tableau 1 donne le résultat de cettecomparaison
pour lapremière
série
d’expériences
danslaquelle
une duréed’exposi-
tion de dix secondes a été utilisée :
TABLEAU I.
60
- La du
produit
est très satisfaisantejusqu’à
la distance
0,~~
double du parcours des atomes derecul ;
la diminution ultérieure est asseziirfgulière
etne
correspond a
la distanceU,6
mmqu’il
une différencede ~0 pour 100 sur le
produit
alors que la distance a été presquequintuplé(,;
la baisserapide
rend d’ailleursles mesures moins
précises quand
la distance aug- mente.La seconde série de mesures
correspond
à dessitions de dix
minutes;
les nombres du tableau IIreprésentent
chacun la moyenne dequatre expé-
rences :
TABLEAU II.
Les variations du
produit
se montrent ici encoretrès faibles par
rapport
à la variation de ladistance;
le
produit
se retrouve exactement le mêmelorsque
cette distance varie de
0/!5
à~1,
c’est-à-dire dans unrapport
voisin de 1. Il est difficile d’attribuer uncaractère
systématique
aux variations duproduit,
que la difficulté des mesures suffit certainement t ii
expliquer.
5. - Une autre confirmation intéressante résulte de In
comparaison
entre l’activation obtenue sur la lame L et l’émission totale T’ des atomes de recul dans l’air :En
désignant par a
la distance moyenne de la lame ,~’à
laquelle
sont arrêtés les atomes derecul,
onpeut
écrire la formule(19)
sous la forme :(Tou :
Chamié
indique
pour une distance 1 de mm un « rendementt
cle l’orclre dc 20 p our 1()0. Cela
un «
rendement » -
de l’ordre de 20 pour 100. Cela donne pour a : .’valeur tout à fait d’accord avec la valeur du par-
cours des atomes de recul,
puisque ceux-ci,
suivant ladirection de leur émission par
rapport
à la normale à la la lame source S’ sont arrêtés dans le gaz à des dis- tances de cette lamecomprises
entre 0 et11,9;1 mm.
Uneétude
plus précise
de ce rendementpourrait
certaine-ment conduire à une
comparaison
intéressante entrel’expérience
et la théorie.Manuscrit reçu le 10 janvier 1934.