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Academic year: 2021

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(1)

HAL Id: jpa-00233256

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Sur la diffusion du recul radioactif

C. Chamié

To cite this version:

(2)

SUR

LA

DIFFUSION DU

RECUL RADIOACTIF

MIle C.

CHAMIÉ.

Sommaire. 2014 Ce travail confirme la théorie de M. P. Langevin sur la diffusion du recul et donne des

expériences nouvelles sur l’extraction du recul par des récepteurs chargés. Dans le cas ou la distance entre le récepteur et la source est inférieure au parcours, on trouve que la quantité de Th C" recueillie sans

champ fait 8 pour 100 et avec champ saturant 27 pour 100 de la quantité totale de Th C" présente dans la

source, ce qui met en évidence l’importance de la réadsorption du recul par la source qui le rejette.

J’ai

montré,

dans des

publications

antérieures

(1),

comment se faisait la diffusion

rejeté dans

l’air

à pressionnormale parrecul a

à

partir

du

ThC, et

ce

qui

distinguait

ce

phénomène

de la diffusion des

gaz. M

P.

Langevin (2)

a donné une théorie de ce

phénomène

dont le résultat conduit à une loi

hyperbolique

de

variation de l’activation par les atomes de recul en

fonction de la distance du

récepteur

à la source. Le but

de ce travail était de vérifier la loi de P.

Langevin,

d’étudier comment se

comportent

les atomes de recul

dans un

champ électrique

et d’établir le rendement

d’activation avec ou sans

champs.

I. Vérification de la loi de P.

Langevin.

-Dans mes

expériences précédentes,

les durées

d’activa-tion étaient presque

toujours

très

courtes,

de l’ordre de

cinq

à six secondes. Dans ces

conditions,

les courbes

qui représentent

la

quantité

de ThC" recueillie en

fonc-tion de la distance du

récepteur

à la source donnent

une branche

hyperbolique

pour les distances

com-prises

entre la fin du parcours du recul

(0,13

mm)

et

0, 5

mm

ettendentaprèsàdevenirdesexponeatielles.

J’ai

repris

les mêmes

expériences

avec des durées

d’activa-’ion

supérieures

à 10 minutes. La

période

du ThC"

étant de

3,1 minutes,

pour des durées d’activation

courtes,

la

quantité

de ThC’" recueillie

augmente

pro-portionnellement

au

temps

et atteint sa valeur limite

lorsque

la durée

approche

de 10 minutes.

La

technique

des

expériences

a été

également

per-fectionnée. Le

dépôt

actif du

équivalant

en rayons

y à 6 mg de Ra était

porté

par un

disque d’argent

par-faitemeut

plan

et

poli

de 5 cm de diamètre. Les

récep-teurs étaient des

disques

de laiton de 8 cm. de diamètre. Les distances entre le

récepteur

et la source étaient mesurées avec une

précision

de

0,01

mm. La

quantité

de ThC’’ recueillie était déterminée par

extrapolation

des courbes de décroissance du courant d’ionisation du

ThC" au moment de la fin d’activation

pris

pour

ori-gine.

Cette

quantité

1’/ a été

exprimée

en unités arbi-traires du courant d’ionisation mesuré

eii rayons à.

Pen-(’) :Bllie C. CHAMIÉ, C. R. 1933, 19ô, 910 î et 19.-,’3, 197, 1031 ; J. de phys. et Rad. 1934, 5, 54-56.

(z) P. LANGEVIN, J. Phys., 193!~, 5, 57-60.

dant

chaque expérience

on faisait les corrections de la

décroissance de la source. Le tableau 1 et la courbe de

la

fig.

1 donnent les résultats d’une

expérience

faite à

température

constante de 2i° et à la

pression

normale.

On voit que la courbe est une

hyperbole.

Le

produit

de la

quantité

de ThC" recueillie

N par

la distance 1

mesu-rée en mm est constant et

égal

en moyenne à

7,2

à :2 pour 100

près

dans

l’expérience

donnée.

TABLEAU 1

(3)

437

D’autre pai t, P.

Langevin

considère le

rapport §

du nombre d’atomes recueillis à une certaine distance 1 au

nombre total émis P et donne la formule a =

1 ;

P est la distance moyenne de la source à

laquelle

sont arrêtés les atomes de recul. Dans

l’expérience qui

donne la courbe et le tableau

I,

j’ai

trouvé : P =

56,4

pour 1 ==

0,08

mm, c’est-à-dire dans la

région

où la

courbe est

parallèle

à l’axe des abcisses. On obtient alors pour a en

moyenne : a

=

0,1?8

mm ce

qui

cor-respond

bien au parcours du recul

(1).

Cette

expérience

confirme donc avec une

précision

suffisante les formules

qui

dérivent de la théorie de P,

Langevin.

Il. Activation du

récepteur

dans un

champ

électrique. -

Dans ces

expériences

le

disque

qui

por-tait la source était mis au sol tandis que le

récepteur

était

porté

au

potentiel négatif.

La durée d’activation était de 10 minutes. Les mesures se faisaient en rayons

y à

travers 1 ou 3 cm de Pb.

1. Distance

supérieure

à

0,8

cm. - Dans une

série

d’expériences,

la distance entre la source et le

récepteur

était

supérieure

à

0,8

cm pour que la

quantité

de ThC"

qui

arrive par diffusion soit

négligeable.

En

effet,

à la distance de

0,8

cm le

récepteur

non

chargé

ou

chargé positivement

ne recueillait aucune activité. A cette distance fixe on faisait varier le

potentiel

néga-tif du

récepteur

pour obtenir la courbe

qui représente

la

quantité

de ThC" extraite en fonction du

champ (iig 2).

Fig. ~,

On voit que c’est une courbe de saturation

qui

est atteinte pour des

champs

très

élevés,

environ

(1) La valeur adoptée pour le parcours du ThC" rejeté par recul

est : 0,129 mm à la température de 1::’° et à la pression de ~60 mm.

Cette valeur représente la limite du parcours.

800

volts/cm

pour des sources

équivalentes

des rayons ,,

de:J à 6 mg de

Ra. Si l’on

augmente

la distance, on

trouve

une courbe

analogue

au-dessous de la

première,

mais la saturation est atteinte pour les mêmes valeurs du

champ.

En faisant varier la distance entre la source et

le

récepteur

chargé

à un

potentiel

négatif

fixe on ob-tient des courbes semblables

;fig. 3). Au

début de la

Fig. 3.

courbe la

quantité

de ThC" extraite varie linéairement

avec la distance. Pour des sources faibles

équivalentes

en rayons 1~ à

0,36

mg de

Ra,

la saturation est atteinte

plus

vite

déjà

pour des

champs

de 300

volts/cm.

La valeur si élevée du

champ,

nécessaire pour

ex-traire les atomes de recul à

saturation, peut

s’expliquer

par le fait que les atomes de recul

portent

des

charges

positives

et se

comportent

comme des ions. Ils diffusent clans une

atmosphère

fortement

ionisée par

le

rayonne-ment a de la source et des

champs

très intenses

seule-ment

peuvent

empêcher

la recombinaison d’ions pour

les recueillir sur des

récepteurs chargés négativement.

Si l’on compare la

quantité

de ThC" recueillie par le

champ

saturant à la

quantité

totale de ThC"

présente

dans la source, on trouve que le

récepteur peut

extraire environ 27 pour 100 de ThC". Dans des

expériences

diverses avec des sources de

dépôt

actif du Th

porté

par des

disques d’argent,

la fraction de ThC" recueillie par des

champs

saturants n’a

jamais dépassé

31 pour 100

et,

dans certaines

expériences,

elle était

plus

faible,

de l’ordre de 20 pour 100 au

minimum. Pour

des sources

portées

par des

disques

en or, la

quantité

maximum extraite est un peu

supérieure

et

peut

atteindre au

plus

35 pour 100.

2. Distance inférieure au parcours des atomes

de recul. - Des

expériences

ont été faites en mettant

le

récepteur

à une distance de

0,08

mm de la source.

A cette

distance,

la

quantité

de ThC" recueillie sans

champ

par recul direct fait environ 8 pour 100 de la

quantité

totale de ThC"

présente

dans la source, tandis

(4)

438

d’environ 10

volts,

la

quantité

de Thc" extraite fait environ t7 pour 100. Dans ces

conditions,

on extrait donc la même

quantité

de ThC" que dans les

expériences

avec

0,8

cm de

distance,

et les

champs

saturants sont

également

très élevés 10 volts Le tableau Il donne

également

l très Le tableau lI donne

B0,008cm/

les résultats de

sept

expériences

faites à la distance de

0,08

mm.

TABLEAU II

Les atomes de ThC" sont

rejetés

par recul vers le

haut,

vers le bas et sous incidence rasante à la surface de la source.

De plus,

une

partie

des atomes de recul

peu

t rester à l’état d’occlusion dans la source, comme cela a

lieu pour les émanations. Il est donc normal de recueil-lir avec des

champs

saturants très élevés une

quantité

de de l’ordre de 27 pour 100 de la

quantité

totale

présente.

Mais ilest étonnantdevoir que par recul

direct,

sans

champ,

le

récepteur

recueille seulement 8

pour 100

de ThC".En diminuantladistance de

0,08

mm à

0,U5

mm et en

changeant

le

dispositif expérimental,

le

rende-ment restait à peu

près

le même.

Ainsi,

pour les

acti-vations,

on

posait

le

récepteur

sur des cales fixées aux

bords de la source ou bien sur des cales

disposées

en

croix extérieurement à la source sans que le

pourcen-tage

en ThC" recueilli par recul direct subisse de

grandes

variations. En

portant

le

récepteur

au

potentiel positif

de 10

volts,

laquantité

de ThC" recueillie devient encore

plus

faible. Dans les

expériences

5,

6 et 7 du tableau

lI,

cette

quantité

faisait 3 pour

100; 5,9

pour 100 et

3,6

pour 100.

Le rendement si faible en ThC" recueilli par un

récepteur

non

chargé

ou

chargé

positivement, pourrait

s’expliquer

par

l’hypothèse

de M. P.

Langevin

de la

réadsorption

des atomes de recul par la source

qui

les

projette.

Cette

adsorption

doit

jouer

le rôle d’une véri-table attraction et son

importance

est révélée par la

faible

quantité

de ThC" recueillie aux distances

infé-rieures au parcours. La source

rejette

vers le haut environ 27 pour 100 d’atomes de

ThC",

mais réadsorbe

19 pour 100 en ne laissant

échapper

que 8 pour 100

qui

diffusent. Le

récepteur

doit être

porté

au

potentiel

négatif

suffisamment élevé pour adsorber lui-même le

recul

projeté

en

s’opposant

à l’action

antagoniste

de

l’adsorption

par la source. Le

champ

a donc un double rôle à

accomplir, empêcher

la recombinaison d’ions et

s’opposer

à

l’adsorption

par la

plaque-source

des atomes de recul

projetés.

Ce travail a été fait à l’Institut du

Radium,

au

Labo-ratoire de M-1 P.

Curie,

à

qui

j’exprime

toute ma

reconnaissance pour sa bienveillance. Je

profite

de

cette occasion pour remercier la Caisse Nationale des

Sciences pour la

possibilité qu’elle

m’a donnée de

faire ces recherches.

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