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Sur l'aimantation

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Academic year: 2021

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Texte intégral

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HAL Id: jpa-00238646

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00238646

Submitted on 1 Jan 1886

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M. Mascart

To cite this version:

M. Mascart. Sur l’aimantation. J. Phys. Theor. Appl., 1886, 5 (1), pp.293-301.

�10.1051/jphystap:018860050029300�. �jpa-00238646�

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293

SUR L’AIMANTATION;

PAR M. MASCART.

1. Lorsqu’un corps faibleinenu magnétique est placé dans un champ uniforme, il prend une aimantation parallèle et propor- tionnelle à la force magnétisante, c’est-à-dire à l’intensité du

champ. Le coefficient d’aimantation h, que Sir W. Thomson ap-

pelle susceptibilité nlagnétÍque) est le rapport du molnent ma-

gnétique du corps par unité de volume, ou intensité d’aimantauion,

fi l’intensité du champ. La valeur de k est positive ou négative

suivant que le corps est paramagnéticlue ou diamagnétique.

Avec les substances très magnétiques, comme le fer, le nickel

et le cobalt, le phénomène est beaucoup plus complexe. La force magnétisante réelle en chaque point est la résultante du champ

extérieur et de la réaction produi te par le magnétisme induit.

Si le corps, ayant une structure absolument isotrope, est ter-

miné par une surface telle cju’une aimantation uniforme produise

une réaction constante dans tout le volume, ce qui est le cas d’une sphère, d’un ellipsoïde ou d’un cylindre circulaire indéfini, la

réaction est proportionnelle à l’aimantation induite. Dans un

champ uniforme F, l’intensité d’aimantation induite A est alors

constante et la force Inagnétisante de la forme F u- ÇA, ce qui

donne

ou

La constan te C est égale à -4 2 03C0 pour la sphère, à - 203C4 pour

un cylindre indéfini aimanté dans une direction transversale et à zéro pour le xnême cylindre aimanté longitudinalemen t.

L’expérience montre que le coefficient k est une fonction de la force magnétisante. On voit aussi que, s’il est très grand, l’inten-

sité d’ainlantation dans le cas de la sphères différera très peu de sa valeur maximum 3 F . Ce coefficient peut donc varier dans des limites très étendues sans que le moment magnétique du corps soit sensiblement modifié, de sorte que l’emhloi des sphères ne

convient pas pour déterminer la valeur de k; les ellipsoïdes, à

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:018860050029300

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Enfin, les échantillons sur lesquels on opère ne sont jamais ho- mogènes et les moindres variations de structure ont alors une

influence considérable.

On a souvent déterminé le coefficient d’aimantation du fer par

l’emploi de cylindres disposés parallèlernent au champ et qu’on assimile, pour le calcul, soit à des cylindres indéfinis, soit à des ellipsoïdes de même longueur et de même section inédiane. La

première hypothèse n’est admissible, comme on le verra, que pour des cylindres extrêmement longs par rapport à leur diamètre

et il est facile de voir qne la seconde s’éloigne notablement de la vérité. L’emploi d’un ellipsoïde de révolution très allongé paraît plus correct, mais il ne semble pas que les valeurs ainsi obtenues soient tout à fait satisfaisantes, sans doute à cause des défauts

d’homogénéité de la matière.

Supposons, par exemple, que l’on opère avec un cylindre. On

peut déterminer son moment magnétique par l’action qu’il exerce

sur un déclinol1lètre. Le quotient du moment magnétique par le volume donne l’aimantation moyenne A et le rapport de cette

quantité à l’intensité F du champ détermine un coefficient moven

d’aimantation

.

D’autre part, si A, est l’intensité moyenne d’aimantation dans la section médiane S, F, l’action du magnétisme induit dans cette

région, et qu’on tienne compte du champ extérieur F, le flux d’in-

duction magnétique dans cette section est S (4rA1- F, t -+- F).

Si l’on entoure la section médiane d’une bobine de p spires cois- l11uniquant avec un galvanomètre balistique par un circuit de résistance totale R, et qu’on enlève brusquement la bobine à une grande distance, la décharge induite Q est déterminée par l’équa-

lion

La méme expérience répétée avec le champ seul donnerait unie

décliar-@e q due au champ 11-’ et l’on aurait, par différence,

(4)

295

Si, au lieu d’enlever la bobine induite, on change brusquement

le signe du champ, par exemple en retournant le corps bout pour

bout, on double la décharge induite et l’on a, de 111êlne,

Lorsque les déviations du galvanomètre balistique restent pe- tites, la décharge Q - q est proportionnelle à la déviation corres-

pondante S. On élimine d’ailleurs la constante du galvanomètre

par la méthode connue en ayant soin que le circuit renferme une

bobine de surface S’et l’on observe la déviation ô’ produite par le

retournement de cette bobine face pour face à partir d’une posi-

tion horizontale. En appelant Z la composante verticale du champ

terrestre et Q’ la décharge, on a

et, par sui te,

L’expérience donne ainsi la quantité At - - et l’on en déduit

41!

le napport

Les coefficients y et /1 ont des significations un peu différentes ;

les valeurs obtenues par expérience ne seront donc pas les mêmes,

surtout pour des cylindres courts, mais chacun d’eux deviendrait

égal au coefficient d’ain1antation k si le cylindre était indéfini,

parce du’alors l’ainlantation serai t uniforme et la force F, nulle.

Le cylindre indéfini n’est pas réalisable, mais on obtient un effet équivalent avec un anneau fermé aimanté dans le sens de sa

longueur. Cet anneau, étant constitué par des filets n1agnétiques l’eriiiés, est sans action sur les corps extérieurs. On détermine

alors, soit le magnétisme temporaire par la décharge induite dans

une bobine qui entoure la section quand on supprime la force iiiag-nétisanue, soit le magnétisme total par la décharge qui corres- pond à l’inversion de la force magnétisante.

Supposons, pour siiiiplifier, que le rayon de l’anneau soit très

grand par rapport au diamètre de sa section S, dont la forme est

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quelconque. régulière qui

a n spires par unité de longueur. Si cette bobine est parcourue par un courant 1, le champ intérieur est F = 41tnj 1; l’intensité d’aimantation de l’anneau est hF = 4 tn1 kI et. le flux d’induction

qui traverse la section est

L’anneau étant entouré en un point par une bobine de p spires qui communique avec un galvanomètre balistique, la décharge Q qui correspond au renversement du courant d’excitation 1 donne

l’équation

L’impulsion du galvanomètre balistique et la mesure du cou-

rant 1 donnent donc directement la valeur de k. Telle est la mé- thode employée par M. Stoletow (1) et par M. Row.land (2).

Or, la méthode des anneaux a toujours conduit à des coefficients d’aimantation notablement plus élevés que les valeurs de f et de fit

déterminées par l’emploi des cylindres, ou même que les coeffi- cients obtenus à l’aide des ellipsoïdes. On peut donc se demander si l’une des méthodes est en défaut et s’il se produit, par exemple,

dans les anneaux fermés, un phénoinène particulier qui exagère

les effets d’induction.

Pour résoudre cette question j’ai employé, avec les mêmes fils

de fer, des anneaux fermés et une série de tiges cylindriques

dans lesquels le rapport de la longueur au diamètre variait entre

des limites très étendues.

Les tiges, qui avaient 1mm de diamètre environ et dont la lon- gueur ne dépassait pas om, 60, étaient placées dans l’axe d’une bobine cylindrique de i"’, 2o de longueur et de 0m, 03 de diamètre,

de sorte que le champ intérieur du courant pouvait être considéré

comme sensiblement uniforme dans une longneur de plus de

o III 80. Cette bobine était dirigée normalement au méridien magné- tique, dans le voisinage d’un déclinomèlre, et son action propre était compensée par celle d’un cadre extérieur traversé par le Inênle courant.

(1) STOLETOW, Pogg. Ann., t. CXLVI, p. 442; 1872.

(2) BOWLAND, Phil. Mag., [4], t. XLVI, p. 140; 1873.

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297 Le déclillonlètre est dans une direction perpendiculaire au

milieu de la tige et à la distance R. En appelant D la distance de

chaque pôle au déclinomètre, M le moment magnétique de la tige

et H la composante horizontale du champ terrestre, la déviation S donne le moment M par l’équation

11 faudrait connaître en toute rigueur la position des pôles ou, du

moins, répéter la mesure de la déviation à deux distances diffé-

rentes pour déterminer le terme de correction fi ; mais, dans les

condi tions de l’expérience, les règles établies par Coulomb per- mettaient de calculer la distance des pôles avec une approxima-

tion suffisante.

En outre, une bobine de quelques spires, enroulée sur la por- tion moyenne de la tige, communiquait avec un galvanomètre balistique et l’on mesurait la décharge induite par inversion de l’aimantation .

Enfin on mesure par une boussole des tangentes l’intensité 1 du courant qui traverse la bobine; si elle a ni spires par unité de

longueur, le champ intérieur est F = 4Tn1I. On détermine ainsi les coefficients f et f, .

L’expérience montre d’abord qu’on a toujours > f. Très dif-

férents pour des tiges courtes, ces deux coefficients se rapprochent

de plus en plus et leur rapport tend vers l’unité à mesure que la

longueur augmente. En même temps, les plus grandes valeurs

des coefficients correspondent à des champs d’autant plus faibles

que la tige est plus longue. Enfin les valeurs de f’ et de fi four-

nies par des tiges très longues sont égales au coefficient k donné par les anneaux fermés.

Avec le fer dont je me suis servi, quand le rapport de la lon- gueur au diamètre variait de 4o à 5oo ou 600, la valeur maximum des coefficients f ou f, a varié de 25 à 1 go, ou de 4o à 220, tandis que les champs correspondants diminuaient depuis 20 ou 25 uni-

tés C. G. S. j u squ’à 3 unités ; les mêmes fils, employés sous forme d’anneaux, donnaient pour le maximum de k une valeur d’environ

200 avec un champ de 3 unités. La concordance de ces résultats

(7)

paraîtra satisfaisante, si l’on remarque combien il

est difficile d’obtenir la parfaite identité des échantillons sur

lesquels on opère.

La méthode des cylindres, à la condition que leur longueur

soit au moins de 5oo fois le diamètre, est donc équivalente à celle

des anneaux; on y trouve cet avantage qu’on peut connaître à

chaque instant l’étal magnétique du métal et qu’il est facile de le désaimanter pour le soumettre à de nouvelles épreuves.

2. L’aimantation des cylindres courts mérite une attention par- ticulière. A mesure que le rapport À de la longueur au diamètre diminue, le coefficient moyen f d’aimantation longitudinale di-

minue très rapidement et ne tarde pas à devenir de même ordre que le coefficient moyen relatif à l’aimantation transversale. En outre, l’aimantation induite reste proportionnelle au chanlp exté-

rieur entre des limites beaucoup plus étendues.

En formant avec des paquets du même fil une série de cylindres

de même longueur, on a obtenu comme valeurs moyennes de ces

coefficients 1 et f’ dans des champs de i à 10 unités :

Des parallélépipèdes rectangles de fer doux ont donné, de même,

pour les coefficients moyens d’ain1antation f, f’ et f" parallèle-

m en t aux trois arêtes;

Dans le cas d’un cylindre indéfini, le coèfficient moyen d’ai-

(8)

299 inantalion transversale

est très peu inférieur à 1 2c = o, 1 59 lorsque! s’agit de corps très

magnétiques comme le fer. On voit, par les nombres qui précè- dent, que l’expérience donne des valeurs très voisines de cette li-

mite, même quand la longueur du cylindre ne dépasse pas trois fois le diamètre.

Pour un ellipsoïde à trois axes inégaux, il y a lieu de consi- dérer aussi trois coefficients moyens d’aimantation f’, f’ et f’" rela-

tifs aux directions des axes.

D’une manière plus générale, lorscru’un corps magnétique et isotrope est de forme quelconque, il existe trois directions rectan-

gulaires pour lesquelles l’aiiuaniation est parallèle au champ exté- rieur ; ces directions sont des axes principaux et définissent trois coefficients moyens d’aimantation sensiblement constants.

Dans un champ uniforme F dont la direction fait avec les axes

des angles qui ont respectivement pour cosinus ),, )/ et î,", l’ai-

mantation induite est la superposition de trois aimantations f T F, f’T’F et f" f" F. Si ce corps peut tourner autour de l’axe f" et que

son volume soit u, le couple D qui provient de l’action du champ

est

Le résultat est exactement le même due si l’on avait à considérer

une sphère de substance anisotrope peu magnétique dont les coef-

ficients d’aimantation principaux seraien[f, f1 et fff.

Si l’on appelle H la composante du champ perpendiculaire à

l’axe de rotation, x l’angle du’elle fait avec l’axe f, on a

Le moment magnétique a pour composantes, parallèles aux axes f et f’, u f’ H cos a. et Zlf’ H sinx. On peu t le remplacer par deux autres, l’un in parallèle à l’axe f, l’autre m’ parallèle à H, les

valeurs de ni et de ni’ satisfaisant aux conditions

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qui

On voit que le moment m’ est constant et que n2 est sensible -

ment constant lorsque l’angle x est très petit.

C’est par des considérations de cette nature qu’on peut évaluer l’influence de l’aimantation induite par la Terre sur un aimant que l’on fait osciller.

En appelant M le moment magnétique rigide, f et f’ les coeffi-

cients moyens d’aimantation longitudinale et transversale, l’ai-

mant se comporte comme s’il avait un moment

Il n’est donc pas exact d’admettre, comme on le fait habituelle- ment, que l’on doit ajouter au moment magnétique primitif NI le

moment ithf du magnétisme induit sur l’aimant supposé dans

une direction parallèle au champ terrestre.

Les expériences citées plus haut montrent déjà que, même avec

le fer doux, le rapport des coefficients f’ et f’ peut atteindre 0, 2D lorsque la dimension transversale est le tiers de la longueur. Les

deux coefficients se rapprochent encore davantage quand on opère avec l’acier doux et à plus forte raison avec l’acier tremper

ce qui contribue à augmenter l’importance de l’aiman ta tion trans-

versale.

Une tige carrée d’acier, par exemple, de 0m, 09 de longueur et

de 0m, 01 de côté, a donné, dans des champs de 0,12 à 1,07, par

conséquent de même ordre de grandeur que le champ terrestre

Pour un aimant de cette forme dont l’intensi té moyenne d’ai- mantation primitive serait égale à 200, l’observation étant faite à Paris où H = 0,194, la fraction qu’il faudrait ajouter au magné-

tisme rigide pour tenir compte de l’induction serait donc

(10)

30I de sorte que la correction n’atteindrait pas un millième. Nous se-

rions porté à croire, en effet, que cette correction a été souvent

exagérée.

SUR LA CAPACITÉ CALORIFIQUE DES COMBINAISONS GAZEUSES DISSOCIABLES;

PAR M. P. DUHEM.

M. Cahours montra, en 1845, que la densité de vapeur de l’acide acétique décroissait rapidement lorsqu’on la déterminait à des températures de plus en plus élevées. Depuis cette époque, les

travaux de plusieurs physiciens ont étendu le nombre des vapeurs dont la densité présente des variations considérables. Tout le monde connaît les recherches de M. Sainte-Claire Deville et

Troostsurle soufre et l’acide hypoazotique, et celles de MM. Crafts

et lB1eyer sur l’iode.

La découverte de ces grandes variations des densi tés de vapeur

a soulevé entre les physiciens un débat d’un haut intérêt qui est

encore loin d’être clos. Pour les uns, ces variations doivent être

regardées comme l’indice de la grande différence qui existe entre les

vapeurs à densité variable et les gaz parfaits. Pour les autres, ces

variations ont une origine chimique,. La vapeur formerait un po-

lymère, plus ou moins stable à basse température et se dissociant graduellement lorsque la température s’élève. Les variations de la densité de cette vapeur seraient alors comparables aux variations

que présente la densité du perchlorure de phosphore gazeux, corps

qui, selon toute probabilité, se décompose graduellement en chlore

et en trichlorure lorsdu’on le chauffe.

La question qui se pose ainsi semble fort difficile à résoudre d’une manière entièrement rigoureuse. Les recherches qui ont été faites jusqu’ici donnent seulement une probabilité plus ou moins

forte à l’une ou à l’autre de ces deux solutions.

Parmi les recherches dont les résultats sont favorables à l’idée des physiciens qui attribuent à un phénomène de dissociation les variations des densités de vapeur, les études thermodynamiques

de M. Gibbs occupent une place importante.

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