Alg`ebre lin´eaire, corrig´e de la s´erie 20
Jonathan Scott 20 avril 2006
1. On consid`ere TA, TB :F2→F2, o`uA=
·1 2 2 0
¸
et B=
·0 1 1 0
¸
. ´Evidemment,A=A∗ etB =B∗, alorsTA et TB sont auto-adjoints. MaisAB=
·2 1 0 2
¸ 6=
·2 0 1 2
¸
= (AB)∗, donc TA◦TB n’est pas auto-adjoint.
2. D´emonstration par r´ecurrence. ´Evident pour k = 1. Supposons que (Tk−1)∗ = (T∗)k−1. Alors (Tk)∗= (Tk−1T)∗=T∗(Tk−1)∗=T∗(T∗)k−1= (T∗)k, ce qui termine l’´etape de r´ecurrence.
3. (a) Pour tout v ∈V, kT vk=kT∗vk. Alors kT vk = 0⇔ kT∗vk = 0. Par cons´equent,T v = 0⇔ T∗v= 0. Donc kerT = kerT∗.
(b) ImT∗= (kerT)⊥= (kerT∗)⊥= ImT.
4. (a) On d´emontre la proposition par r´ecurrence. Pourk= 1 c’est la d´efinition d’op´erateur normal.
Supposons, pour un certaink≥2, queT∗commute avecTk−1, c.-`a-d. queT∗Tk−1=Tk−1T∗. AlorsT∗Tk =T∗Tk−1T =Tk−1T∗T =Tk−1T T∗=TkT∗, ce qui termine la r´ecurrence.
(b) La preuve est par r´ecurrence. Pourk= 1 c’est ´evident. Supposons queTk−1est normal,k≥2.
Alors (Tk)∗Tk= (Tk−1T)∗Tk−1T =T∗(Tk−1)∗Tk−1T =T∗Tk−1(Tk−1)∗T =Tk−1T∗(T∗)k−1T = Tk−1T∗T(T∗)k−1=Tk−1T T∗(T∗)k−1=Tk(T∗)k =Tk(Tk)∗. On a utilis´e les exercices 2 et 4a.
5. Tout d’abord, le noyau. On utilise la r´ecurrence. Sik= 1 c’est ´evident. Supposons, pour un certain k > 1, que kerTk−1 = kerT. Soit v ∈ kerT. Donc T v = 0, d’o`u Tkv = Tk−1(T v) = 0, alors v ∈ kerTk. Par cons´equent, kerT ⊆ kerTk. R´eciproquement, supposons que v ∈ kerTk. Alors T(Tk−1v) = 0, doncTk−1v∈kerT = (ImT∗)⊥ = (ImT)⊥, en utilisant le r´esultat de l’exercice 3b et le fait queT est normal. Or,k−1>0, alorsTk−1v∈ImT. DoncTk−1v∈ImT∩(ImT)⊥= 0.
Par cons´equent,Tk−1v= 0, c.-`a-d. quev∈kerTk−1= kerT par hypoth`ese, ce qui termine l’´etape de r´ecurrence.
Ensuite, l’image. Soitk ≥1.Tkv =T(Tk−1v) alors ImTk ⊆ImT. R´eciproquement, on consid`ere T v; il faut montrer qu’il existe u ∈ V tel que T v = Tku. Or, V = ImTk−1 ⊕(ImTk−1)⊥. Mais (ImTk−1)⊥ = ker(Tk−1)∗. Selon l’exercice 4b, Tk−1 est normal. Donc, par l’exercice 3a, (ImTk−1)⊥= kerTk−1. De plus, kerTk−1= kerT par la premi`ere partie de cet exercice. Alors, on peut ´ecrirev∈V sous la formev=Tk−1u+w, o`uu∈V etw∈kerT. DoncT v=T(Tk−1u+w) = Tku.
6. (1,2,3) et (2,5,7) sont des vecteurs propres de 0 et 1, respectivement.T est suppos´e auto-adjoint, donc normal. Alors les vecteurs propres des valeurs propres distinctes sont orthogonaux. Mais h(1,2,3),(2,5,7)i= 336= 0. Donc un tel op´erateur n’existe pas.
7. SiT est auto-adjoint, alors on a vu dans le cours que toute valeur propre deT est r´eelle.
R´eciproquement, supposons que T est un op´erateur normal tel que toute valeur propre deT est r´eelle. Par le th´eor`eme sp´ectral, il existe une base orthonormale (e1, . . . , en) de V qui consiste en vecteurs propres deT. On poseT ei=λiei. Par hypoth`ese,λi∈R. Alors pour touti,T∗ei= ¯λiei= λiei=T ei. Puisque (e1, . . . , en) est une base deV, il s’ensuit que T∗=T.
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8. Puisque T est normal, il existe une base orthonormale (e1, . . . , en) de V de vecteurs propres de T. On pose T ei = λiei. Pour tout i, il existe µi ∈ C tel que µ2i = λi. On d´efinitS ∈ L(V) par Sei = µiei pour tout i. Donc (S◦S)ei = S(Sei) = S(µiei) = µiSei = µ2iei = λiei = T ei. Par cons´equent,T =S◦S.
Remarquons que cette preuve marche pour n’importe quel op´erateur diagonalisable ; on n’a pas utilis´e le fait que la base est orthonormale.
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