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Super-algèbres non associatives avec des structures homogènes
Imen Ayadi
To cite this version:
Imen Ayadi. Super-algèbres non associatives avec des structures homogènes. Anneaux et algèbres [math.RA]. Université Paul Verlaine-Metz, 2011. Français. �NNT : 2011METZ002S�. �tel-01752964v2�
Universit´ e Paul Verlaine-Metz
Laboratoire LMAM, CNRS UMR 7122 Ecole doctorale IAEM Lorraine
D´ epartement de Math´ ematiques
TH` ESE soumise en vue de l’obtention du
DOCTORAT DE L’UNIVERSIT´ E PAUL VERLAINE-METZ
par
Imen AYADI
Super-alg` ebres non associatives avec des structures homog` enes
Soutenue le 10 Mars 2011 devant le Jury compos´e de
Helena Albuquerque Universit´e de Coimbra (Portugal) Ignacio Bajo Universit´e de Vigo (Espagne)
Sa¨ıd Benayadi Universit´e Paul Verlaine-Metz, Directeur de th`ese Michel Goze Universit´e de Haute Alsace-Mulhouse
Richard Kerner Universit´e Pierre et Marie Curie (Paris VI) Salah Mehdi Universit´e Paul Verlaine-Metz
Angela Pasquale Universit´e Paul Verlaine-Metz
Rapporteurs : Alberto Elduque Universit´e de Zaragoza (Espagne)
Michel Goze Universit´e de Haute Alsace-Mulhouse
Table des mati` eres
1 G´en´eralit´es 6
1.1 Super-alg`ebres associatives. . . 8
1.1.1 Classification des super-alg`ebres associatives simples . . . 9
1.2 Super-alg`ebres non associatives . . . 16
1.3 Super-alg`ebres avec des structures homog`enes . . . 19
2 Super-alg`ebres de Novikov sym´etriques 22 2.1 Propri´et´es des super-alg`ebres de Novikov sym´etriques . . . 22
2.2 Exemples de super-alg`ebres de Novikov sym´etriques . . . 25
2.3 Structures et description inductive des super-alg`ebres de Novikov sym´etriques . . 29
2.3.1 Quelques extensions de super-alg`ebres de Novikov sym´etriques . . . 30
2.3.2 Description inductive des super-alg`ebres de Novikov sym´etriques . . . 33
3 Super-alg`ebres associatives sym´etriques homog`enes 37 3.1 Incompatibilit´e des structures sym´etriques paires et des structures sym´etriques impaires . . . 37
3.1.1 Caract´erisations des super-alg`ebres associatives sym´etriques homog`enes . 38 3.2 Super-alg`ebres associatives sym´etriques homog`enes simples . . . 40
3.3 Super-alg`ebres associativesA=A¯0⊕ A¯1sym´etriques homog`enes telles que leurs parties paires sont desA¯0-bimodules semi-simples. . . 43
3.3.1 Super-alg`ebres associatives sym´etriques impaires telles que leurs parties paires sont des bimodules semi-simples. . . 44
3.3.2 Super-alg`ebres associatives sym´etriques paires telles que leurs parties paires sont des bimodules semi-simples . . . 49
3.4 Descriptions inductives des super-alg`ebres associatives sym´etriques homog`enes . 53 3.4.1 Structures et description inductive des super-alg`ebres associatives sym´etriques paires . . . 54
3.4.2 Description inductive des super-alg`ebres associatives sym´etriques paires . 56 3.4.3 Structures et description inductive des super-alg`ebres associatives sym´etriques impaires . . . 58
4 Super-alg`ebres associatives super-commutatives avec des structures homog`enes 62 4.1 Super-alg`ebres associatives super-commutatives symplectiques homog`enes . . . . 63
4.1.1 Super-alg`ebres associatives super-commutatives symplectiques paires . . . 63
4.1.2 Super-alg`ebres associatives super-commutatives symplectiques impaires . 66 4.2 Super-alg`ebres associatives super-commutatives sym´etriques homog`enes symplec- tiques homog`enes . . . 68
4.2.1 Super-alg`ebres associatives super-commutatives sym´etriques paires avec des structures symplectiques homog`enes . . . 69
4.2.2 Super-alg`ebres associatives super-commutatives sym´etriques impaires avec des structures symplectiques homog`enes . . . 77 5 Super-alg`ebres de Lie avec des structures homog`enes 85
i
5.1 La compatibilit´e et l’incompatibilit´e de certaines structures homog`enes . . . 85
5.2 Super-alg`ebres de Lie symplectiques homog`enes . . . 89
5.2.1 Super-alg`ebres de Lie symplectiques paires . . . 89
5.2.2 Super-alg`ebres de Lie symplectiques impaires . . . 92
5.3 Super-alg`ebres de Lie quadratiques homog`enes symplectiques homog`enes. . . 94
5.3.1 Super-alg`ebres de Lie quadratiques impaires avec des structures symplec- tiques homog`enes . . . 95
5.3.2 Super-alg`ebres de Lie quadratiques paires avec des structures symplec- tiques homog`enes . . . 102
5.4 Super-alg`ebres de Lie quadratiques homog`enes symplectiques homog`enes et les super-alg`ebres de Manin homog`enes . . . 106
5.4.1 Description inductive des super-alg`ebres de Manin impaires symplectiques impaires sp´eciales. . . 107
5.4.2 Description inductive des super-alg`ebres de Manin paires (resp. impaires) symplectiques impaires (resp. paires) sp´eciales. . . 109
6 Super-alg`ebres Poisson-admissibles avec des structures homog`enes 111 6.1 Super-alg`ebres Poisson-admissibles symplectiques homog`enes . . . 111
6.1.1 Super-alg`ebres Poisson-admissibles symplectiques paires . . . 111
6.1.2 Super-alg`ebres Poisson-admissibles symplectiques impaires. . . 116
6.2 Super-alg`ebres Poisson-admissibles quadratiques homog`enes . . . 119
6.2.1 Construction des super-alg`ebres de Lie quaratiques homog`enes `a partir des super-alg`ebres Poisson-admissibles quadratiques homog`enes . . . 119
6.2.2 Double extensions g´en´eralis´ees des super-alg`ebres Poisson-admissibles qua- dratiques homog`enes . . . 121
6.3 Super-alg`ebres Poisson-admissibles quadratiques homog`enes symplectiques ho- mog`enes . . . 130
6.3.1 Super-alg`ebres Poisson-admissibles quadratiques paires symplectiques paires132 6.3.2 Super-alg`ebres Poisson-admissibles quadratiques impaires symplectiques impaires . . . 134
6.3.3 Super-alg`ebres Poisson-admissibles quadratiques paires (resp. quadratiques impaires) symplectiques impaires (resp. symplectiques paires) . . . 135
Introduction
La th´eorie des super-alg`ebres non associatives munies des formes bilin´eaires est une branche int´eressante des math´ematiques. Nous trouvons des applications de cette th´eorie dans diff´erentes disciplines [3], [21], [24], [36].
Les super-alg`ebres non associatives envisag´ees dans cette th`ese sont les super-alg`ebres de Lie et les super-alg`ebres associatives. Rappelons que la terminologie ”super-alg`ebres non associatives”
signifie super-alg`ebres non n´ecessairement associatives.
Nous nous int´eressons `a des super-alg`ebres non associatives quadratiques homog`enes et/ou sym- plectiques homog`enes.
• Une super-alg`ebre non associative (A, .) est dite quadratique homog`ene paire (resp. impaire) si elle est munie d’une forme bilin´eaire B homog`ene paire (resp. impaire), super-sym´etrique, non-d´eg´en´er´ee et invariante (c’est `a direB(x.y, z) =B(x, y.z), ∀x, y, z∈ A.).
•Une super-alg`ebre non associative (A, .) est dite symplectique homog`ene paire (resp. impaire) si elle est munie d’une forme bilin´eaireωhomog`ene paire (resp. impaire), super-anti-sym´etrique, non-d´eg´en´er´ee qui satisfait
(−1)|z||x|ω(x, y.z)+(−1)|x||y|ω(y, z.x)+(−1)|y||z|ω(z, x.y) = 0, ∀x∈ A|x|, y∈ A|y| et z∈ A|z|.
Les super-alg`ebres de Lie quadratiques homog`enes ont ´et´e beaucoup ´etudi´ees ([?], [1], [9], [13], [14], [28], [33], [34]). Les alg`ebres de Lie semi-simples, les super-alg`ebres de Lie classiques basiques et plusieurs super-alg`ebres de Lie r´esolubles sont des super-alg`ebres de Lie quadratiques paires.
En revanche, les super-alg`ebresd(n)/KI2n, n≥3, sont des super-alg`ebres de Lie quadratiques impaires. Dans [33], A. Medina et Ph. Revoy ont introduit le concept de la double extension des alg`ebres de Lie quadratiques et ils ont utilis´e ce concept pour donner une classification inductive des alg`ebres de Lie quadratiques. D’autres descriptions des alg`ebres de Lie quadratiques ont ´et´e donn´ees dans [18], [30]. Dans [13], une g´en´eralisation de la double extension introduite par A.
Medina et Ph. Revoy dans le cas des super-alg`ebres quadratiques paires a ´et´e faite. `A l’aide de cette nouvelle notion de double extension, une description inductive des super-alg`ebres de Lie quadratiques paires g=g¯0⊕g¯1 telle que dimg¯1 = 2 a ´et´e obtenue dans [13]. La question suivante a ´et´e pos´ee dans [13] : ” Soit (g, B) une super-alg`ebre de Lie quadratique paire B- irr´eductible non simple. Peut-on obtenirgpar doubles extensions ?” Une r´eponse affirmative a cette question a ´et´e donn´ee dans [14] dans le cas des super-alg`ebres de Lie quadratiques paires
1
g=g¯0⊕g¯1telle que l’action deg¯0 surg¯1 est compl`etement r´eductible. De plus, en introduisant une notion particuli`ere de la double extension des super-alg`ebres de Lie quadratiques paires dans [14], S. Benayadi a donn´e une description inductive des super-alg`ebres de Lie quadratiques paires g = g¯0⊕g¯1 telle que g¯0 est une alg`ebre de Lie r´eductive et l’action de g¯0 sur g¯1 est compl`etement r´eductible. Dans le but de donner une description inductive des super-alg`ebres de Lie quadratiques paires, en particulier celles qui satisfontz(g)∩g¯0={0}, les auteurs de [9]
ont introduit la notion de la double extension g´en´eralis´ee des super-alg`ebres de Lie quadratiques paires. En particulier, ils ont montr´e que toute super-alg`ebre de Lie quadratique paire r´esoluble est obtenue par une s´erie finie de doubles extensions g´en´eralis´ees par une super-alg`ebre de Lie de dimension 1. La notion de la double extension g´en´eralis´ee a permis aussi aux auteurs de [1], de donner une description inductive des super-alg`ebres de Lie quadratiques paires g=g¯0⊕g¯1
telle que g¯0 est une alg`ebre de Lie r´eductive. Plus pr´ecis´ement, le travail fait dans [1] est une am´elioration de l’´etude des super-alg`ebres de Lie quadratiques pairesg=g¯0⊕g¯1telle queg¯0 est une alg`ebre de Lie r´eductive et l’action deg¯0 surg¯1est compl`etement r´eductible faite dans [14].
Dans un travail r´ecent [2] , H. Albuquerque, E. Barreiro et S. Benayadi ont d´evelopp´e l’´etude des super-alg`ebres de Lie quadratiques impaires en donnant deux descriptions des super-alg`ebres de Lie quadratiques impaires telles que leurs parties paires soient des alg`ebres de Lie r´eductives. La premi`ere description est obtenue au moyen de la notion de la double extension g´en´eralis´ee des super-alg`ebres de Lie quadratiques impaires. En revanche, la seconde description n’utilise pas la notion de la double extension.
D’autres travaux int´eressants ont ´et´e consacr´es `a l’´etude des super-alg`ebres de Lie quadratiques homog`enes avec en plus des structures symplectiques homog`enes [4], [10] et [12]. En particulier, dans [4], A. Aubert a donn´e une description inductive des alg`ebres de Lie quadratiques symplec- tiques en moyen du concept de la double extension symplectique. Dans [10], nous trouvons deux autres descriptions inductives de ces alg`ebres. La premi`ere description a ´et´e obtenue `a l’aide de la double extension quadratique. Ensuite, en remarquent que toute alg`ebre de Lie quadratique symplectique est une alg`ebre de Manin, les auteurs de [10] ont donn´e une deuxi`eme description inductive de ces alg`ebres `a l’aide de la double extension des alg`ebres de Manin [32]. R´ecemment, une g´en´eralisation aux cas des super-alg`ebres de Lie quadratiques paires symplectiques paires de ces deux descriptions a ´et´e faite dans [12]. Suite au travail fait dans [12] deux questions naturelles se posent :
1. Existe-t-il d’autres super-alg`ebres de Lie quadratiques homog`enes symplectiques homog`enes que celles consid´er´ees dans [12] ?
2. Si la r´eponse `a la question ci-dessus est positive, peut-on donner une description inductive de ces super-alg`ebres `a l’aide des techniques de doubles extensions ?
Dans cette th`ese, nous donnons une r´eponse positive `a la premi`ere question. Ensuite, nous
´etudions les super-alg`ebres de Lie quadratiques homog`enes symplectiques homog`enes. En parti- culier, nous d´eveloppons certains concepts de doubles extensions.
L’autre classe des super-alg`ebres que nous avons ´etudi´e est celles des super-alg`ebres associatives sym´etriques homog`enes et/ou symplectiques homog`enes. Dans la cas nonZ2-gradu´e, en utilisant le concept de la double extension d’une alg`ebre associative sym´etrique par une alg`ebre associative,
Introduction 3 une description inductive des alg`ebres associatives sym´etriques a ´et´e obtenue dans [4]. Dans [11], nous trouvons une ´etude de la structure des alg`ebres associatives commutatives sym´etriques sym- plectiques qui utilise laT∗-extension introduite par M. Bordemann [18] et la double extension des alg`ebres associatives sym´etriques utilis´ee dans [4]. Dans cette th`ese, nous g´en´eralisons la double extension faite dans [4] aux cas des super-alg`ebres associatives sym´etriques homog`enes. Dans un premier temps, nous utilisons la double extension g´en´eralis´ee des super-alg`ebres associatives sym´etriques paires par une super-alg`ebre associative de dimension 1 `a produit nul, pour ´etudier la structure des super-alg`ebres de Novikov sym´etriques paires. Ces super-alg`ebres sont des super- alg`ebres associatives sym´etriques paires avec une condition suppl´ementaire. En particulier, nous donnons une description inductive de ces super-alg`ebres. Ensuite, nous montrons que, contraire- ment au cas Lie [28] et [34], toutes les super-alg`ebres associatives simples poss`edent des structures sym´etriques homog`enes. Plus pr´ecis´ement, nous donnons explicitement sur chaque super-alg`ebre associative simple une structure sym´etrique homog`ene. Finalement, nous obtenons une descrip- tion inductive compl`ete des super-alg`ebres associatives sym´etriques homog`enes. Ces r´esultats sur les super-alg`ebres associatives sym´etriques homog`enes sont publi´es dans [5] et [6]. Nous obtenons d’autres r´esultats sur les super-alg`ebres associatives super-commutatives sym´etriques homog`enes symplectiques homog`enes qui nous permettent d’´etudier les super-alg`ebres Poisson-admissibles quadratiques homog`enes symplectiques homog`enes.
Dans la derni`ere partie de cette th`ese, nous ´etudions les super-alg`ebres de Poisson quadratiques homog`enes symplectiques homog`enes. Une super-alg`ebre de Poisson est un espace vectorielZ2- gradu´e A muni de deux lois ” [,] ” et ”◦” tel que (A,[,]) est une super-alg`ebre de Lie, (A,◦) est une super-alg`ebre associative super-commutative et les super-d´erivations int´erieures pour la structure de Lie sont des super-d´erivations pour la structure associative super-commutative. Une description d’une alg`ebre de Poisson `a l’aide qu’une seule op´eration bilin´eaire a ´et´e donn´ee dans [17], [25] et [31]. Ce point de vue a permis aux auteurs de [25] d’´etudier les alg`ebres de Poisson en tant qu’alg`ebres non associatives. Plus pr´ecis´ement, ils ont ´etudi´e leurs propri´et´es alg´ebriques et cohomologiques, d´etermin´e leurs d´eformations en tant qu’alg`ebres non associatives et donn´e leurs classifications en petites dimensions. Dans [17], S. Benayadi a donn´e une autre description des alg`ebres de Poisson `a l’aide d’une seule op´eration bilin´eaire ´equivalente `a celle donn´ee dans [25].
Ensuite, il a donn´e explicitement toutes les structures de Poisson sur des classes int´eressantes d’alg`ebres de Lie. Dans [16], il est montr´e comment on peut construire des alg`ebres de Lie quadratiques de dimensions plus grandes `a partir des alg`ebres de Poisson quadratiques.
Cette th`ese est constitu´ee de six chapitres qui sont organis´es de la mani`ere suivante.
Dans le premier chapitre, nous donnons les d´efinitions des super-alg`ebres ´etudi´ees dans cette th`ese et nous rappelons les diff´erents r´esultats int´eressants li´es `a ces super-alg`ebres. Dans la premi`ere section de ce chapitre, nous rappelons la classification des super-alg`ebres associatives simples sur un corps K de caract´eristique diff´erente de 2 [29]. Cette classification est dˆu `a C.
Wall [35]. Ensuite, nous d´eduisons la liste des super-alg`ebres associatives simples sur un corps Kalg´ebriquement clos. Cette liste co¨ıncide avec celle cit´ee dans [22]. Dans la deuxi`eme section, nous donnons une description d’une super-alg`ebre de Poisson `a l’aide d’une seule op´eration bi- lin´eaire. Cette description g´en´eralise celle donn´ee dans le cas des alg`ebres de Poisson dans [17].
Finalement, la troisi`eme section de ce chapitre consiste `a regrouper quelques r´esultats sur les
super-alg`ebres qui sont munies de structures quadratiques homog`enes et/ou de structures sym- plectiques homog`enes.
Dans le deuxi`eme chapitre, nous ´etudions les super-alg`ebres de Novikov gauches et les super- alg`ebres de Novikov droites qui sont munies de structures sym´etriques paires. Nous montrons dans la premi`ere section que dans une super-alg`ebre munie d’une forme bilin´eaire paire, super- sym´etrique, associative et non-d´eg´en´er´ee, les notions de super-alg`ebre de Novikov gauche et de super-alg`ebre de Novikov droite co¨ıncident. Par cons´equent, nous parlerons simplement de super- alg`ebre de Novikov munie d’une forme bilin´eaire paire, super-sym´etrique, associative et non- d´eg´en´er´ee. D’apr`es la description d’une super-alg`ebre de Poisson `a l’aide d’une seule op´eration bilin´eaire faite dans le chapitre pr´ec´edent, nous d´eduisons que les super-alg`ebres de Novikov sym´etriques paires sont des super-alg`ebres Poisson-admissibles quadratiques paires. Les alg`ebres de Novikov sont apparues dans [7], [8], [19], [20] et [37]. En particulier dans [37], il a ´et´e d´emontr´e que les alg`ebres de Novikov sym´etriques de dimension≤4 sont commutatives. De plus, un exemple d’alg`ebre de Novikov sym´etrique non-commutative de dimension 6 a ´et´e pr´esent´e dans [37]. Dans la deuxi`eme section de ce chapitre, nous donnons plusieurs exemples de super- alg`ebres de Novikov sym´etriques paires non-super-commutatives et nous obtenons des r´esultats int´eressants sur la structure des super-alg`ebres de Novikov sym´etriques paires. En particulier, nous montrons que toutes les alg`ebres de Novikov sym´etriques de dimension 5 sont commuta- tives. La classification des super-alg`ebres de Novikov sym´etriques paires (`a isomorphismes pr`es) semble tr`es difficile. N´eanmoins, nous pouvons donner une description inductive de ces super- alg`ebres. Dans la troisi`eme section, nous introduisons quelques notions de doubles extensions de super-alg`ebres de Novikov sym´etriques paires. Plus explicitement, nous montrons que toute super-alg`ebre de Novikov sym´etrique paire de dimension n >1 peut ˆetre obtenue `a partir de {0}, Kou l’alg`ebre de dimension 1 `a produit nul par une s´erie finie de double extensions.
Le troisi`eme chapitre est r´eserv´e `a l’´etude des super-alg`ebres associatives sym´etriques homog`enes.
Dans la premi`ere section, nous montrons que toute super-alg`ebre associative `a produit non-nul ne peut pas poss´eder simultan´ement une structure sym´etrique paire et une structure sym´etrique impaire. En particulier, dans la deuxi`eme section, nous montrons que contrairement aux super- alg`ebres de Lie simples ([28], [34]), toutes les super-alg`ebres associatives simples poss`edent des structures sym´etriques homog`enes en donnant explicitement dans chaque cas la structure sym´etrique homog`ene. Dans la troisi`eme section de ce chapitre, nous donnons une description inductive des super-alg`ebres associatives A := A¯0⊕ A¯1 avec des structures sym´etriques ho- mog`enes telles que leurs parties paires sont desA¯0-bimodules semi-simples. En particulier, dans le cas des super-alg`ebres associatives sym´etriques impaires dont les parties paires sont desA¯0- bimodules semi-simples, nous donnons une description int´eressante de ces super-alg`ebres sans utiliser les techniques de doubles extensions. Finalement, nous terminons ce chapitre par intro- duire la notion de la double extension g´en´eralis´ee des super-alg`ebres sym´etriques paires et celle des super-alg`ebres sym´etriques impaires dans le but de donner des descriptions inductives de ces deux types de super-alg`ebres.
Introduction 5 Le quatri`eme chapitre consiste `a ´etudier les super-alg`ebres associatives super-commutatives sym´etriques homog`enes symplectiques homog`enes. La double extension g´en´eralis´ee d’une super- alg`ebre associative super-commutative sym´etrique homog`ene par une super-alg`ebre de dimension 1 `a produit nul est un cas particulier de la double extension g´en´eralis´ee d’une super-alg`ebre as- sociative sym´etrique homog`ene introduite dans le chapitre pr´ec´edent. Ce cas particulier va ˆetre tr`es utile dans ce chapitre. Dans la premi`ere section, nous g´en´eralisons la double extension symplectique d’une alg`ebre associative commutative symplectique par l’alg`ebre de dimension 1 `a produit nul introduite dans [11]. Ensuite, nous introduisons la double extension g´en´eralis´ee d’une super-alg`ebre associative super-commutative symplectique impaire par une super-alg`ebre de di- mension 1 `a produit nul. Nous utilisons ces doubles extensions afin de donner une description inductive des super-alg`ebres associatives super-commutatives symplectiques homog`enes nilpo- tentes. Dans la deuxi`eme section, nous nous int´eressons `a l’´etude des super-alg`ebres associatives super-commutatives qui sont munies simultan´ement des structures sym´etriques homog`enes et des structures symplectiques homog`enes. Nous utilisons les r´esultats obtenus dans [11] et nous d´eveloppons d’autres concepts de doubles extensions dans le but de donner une description in- ductive pour ce type de super-alg`ebres.
Nous ´etudions dans le cinqui`eme chapitre les super-alg`ebres de Lie quadratiques homog`enes sym- plectiques homog`enes. Ce chapitre est constitu´e de trois sections. Dans la premi`ere section nous montrons que les seules super-alg`ebres de Lie qui poss`edent simultan´ement des structures qua- dratiques paires et des structures quadratiques impaires sont les super-alg`ebres de Lie ab´eliennes.
Ensuite, nous donnons des contre-exemples qui montrent qu’il existe des super-alg`ebres de Lie non-ab´eliennes qui poss`edent `a la fois des structures symplectiques paires et des structures sym- plectiques impaires. Dans la deuxi`eme section, nous g´en´eralisons au cas des super-alg`ebres de Lie symplectiques paires la double extension symplectique faite dans [4]. Ensuite nous introduisons le double extension (g´en´eralis´ee) symplectique impaire des super-alg`ebres de Lie symplectiques impaires dans le but de donner une description inductive des super-alg`ebres de Lie symplectiques homog`enes nilpotentes. Finalement, dans la troixi`eme section nous compl´etons l’´etude des super- alg`ebres de Lie quadratiques homog`enes symplectiques homog`enes commenc´ee dans [12].
Dans le sixi`eme chapitre nous exploitons toutes les techniques de double extensions introduites dans les chapitres pr´ec´edents afin de d´efinir des double extensions g´en´eralis´ees des super-alg`ebres Poisson-admissibles quadratiques homog`enes et/ou symplectiques homog`enes. En utilisant ces nouvelles notions de double extensions, nous obtenons des descriptions inductives des super- alg`ebres Poisson-admissibles quadratiques homog`enes symplectiques homog`enes.
Chapitre 1
G´ en´ eralit´ es
Dans ce chapitre, on regroupe quelques d´efinitions et r´esultats sur les super-alg`ebres non asso- ciatives. Dans cette th`ese, toutes les super-alg`ebres envisag´ees sont de dimensions finies sur un corpsKalg´ebriquement clos de caract´eristique z´ero.
D´efinition 1. UnK-espace vectoriel Γ-gradu´eV (o`u Γ repr´esente l’anneau des entiers relatifs Zou l’anneau des entiers relatifs modulo 2,Z2=Z/2Z) est un espace vectoriel qui poss`ede une famille (Vγ)γ∈Γ de sous-espaces deV telle que
V =M
γ∈ΓVγ.
Un ´el´ement v ∈ Vγ est dit homog`ene de degr´eγ. Dans la cas o`u V est un espace vectoriel Z2- gradu´e, les ´el´ements deV¯0 (resp. deV¯1) sont dits pairs (resp. impairs).
D´efinition 2. Soient V et W deux K-espaces vectoriels Γ-gradu´es. Une application lin´eaire f :V −→ W est dite homog`ene de degr´eα(o`uα∈Γ) si
f(Vγ)⊆ Wα+γ, ∀γ∈Γ.
f est dite aussi un homomorphisme homog`ene d’espaces vectoriels Γ-gradu´es de degr´e α et l’ensemble des homomorphismes homog`enes deV dansW de degr´eαest not´ee (Hom(V,W))α. Dans le cas o`u V=W,f est dite un endomorphisme homog`ene deV de degr´eα.
En particulier, si W = K, o`u K¯0 := K et K¯1 := {0}, alors V∗ := Hom(V,K) est un espace vectorielZ2-gradu´e. Plus pr´ecis´ement,
Vα∗:={f :V −→K; f(Vα+¯1) ={0}}, ∀α∈Z2.
Dans certains cas, on a besoin de changer la graduation d’un espace vectorielZ2-gradu´e. D’o`u la d´efinition suivante.
6
Chapitre 1. G´en´eralit´es 7 D´efinition 3. Soit V = V¯0⊕ V¯1 un espace vectoriel Z2-gradu´e. On note P(A) := W¯0⊕ W¯1
l’espace vectorielZ2-gradu´e tel que P(V) =V en tant qu’espaces vectorielsZ2-gradu´es et W¯0:=V¯1 et W¯1:=V¯0.
De plus, si l’on consid`ereV∗ l’espace dual deV, alorsP(V∗) =V∗ en tant qu’espaces vectoriels Z2-gradu´es avec
W¯0∗=V¯1∗ et W¯1∗=V¯0∗.
D´efinition 4. ([34]) UneK-alg`ebre (A, .) est dite une alg`ebre Γ-gradu´e si l’espace vectoriel sous- jacent `aAest un espace vectoriel Γ-gradu´e (c’est `a direA=L
γ∈ΓAγ, o`uAγ est un sous-espace vectoriel deA, ∀γ∈Γ) tel que Aα.Aβ ⊆ Aα+β, ∀α, β∈Γ. Une alg`ebreZ2-gradu´e est dite une super-alg`ebre.
Dans la suite, on consid`ere A une super-alg`ebre. Un ´el´ement x∈ A est dit homog`ene si x ∈ A¯0∪A¯1. Les ´el´ements consid´er´es dans la suite seront homog`enes. Dans le cas contraire, la mention non homog`ene sera sp´ecifi´ee. Pour un ´el´ement homog`enex, on utilise la notation standard|x|∈
Z2={¯0,¯1}pour indiquer son degr´e. Pour un ´el´ement homog`enexdeA, on consid`ere les deux applicationsLx etRxqui sont d´efinies respectivement par
Lx(y) :=x.y et Rx:= (−1)|x||y|y.x, ∀y∈ A|y|
et qui sont appel´ees respectivement la multiplication gauche et la multiplication droite par x dansA.
D´efinition 5. Soient (A, .) une super-alg`ebre etHun sous-espace vectoriel deA. (i) Hest dit un sous-espace vectoriel gradu´e deAsiH= (H ∩ A¯0)⊕(H ∩ A¯1).
(ii) H est dit une sous-super-alg`ebre de A (o`u une sous-alg`ebre gradu´e de A) si H est un sous-espace vectoriel gradu´e tel que H.H ⊆ H.
(iii) Hest dit un id´eal bilat`ere gradu´e deAsiHest un sous-espace vectoriel gradu´eAtel que H.A ⊆ H etA.H ⊆ H.
D´efinition 6. Soit (A, .) une super-alg`ebre.
(i) L’ensemble Ann(A) :=V ect{x∈ A, x.y=y.x= 0, ∀y∈ A} est un id´eal bilat`ere gradu´e deAappel´e l’annulateur deA.
(ii) L’ensemble [A,A] :=nP
f inie[x, y], x, y∈ Ao
, o`u [x, y] :=x.y−(−1)|x||y|y.x, est un id´eal bilat`ere gradu´e deA− appel´e l’alg`ebre de commutateur de A.
D´efinition 7. Soient (A, .) et (B,∗) deux super-alg`ebres. Un homomorphisme de super-alg`ebres f :A −→ B est un homomorphisme d’espaces vectorielsZ2-gradu´es de degr´e z´ero qui satisfait
f(x.y) =f(x)∗f(y), ∀x, y∈ A.
En outre, un isomorphisme de super-alg`ebres est un homomorphisme de super-alg`ebres bijectif.
1.1 Super-alg` ebres associatives
D´efinition 8. Soit (A, .) une alg`ebre associative. (A, .) est dite une alg`ebre associativeZ2-gradu´e (ou une super-alg`ebre associative) si l’espace vectoriel sous-jacent `aAest un espace vectorielZ2- gradu´e tel queAα.Aβ⊆ Aα+β,∀α, β∈Z2. Remarquons que contrairement `a une super-alg`ebre de Lie [34], une super-alg`ebre associative est une alg`ebre associative.
Exemple 1.1.1. Soient V =V¯0⊕ V¯1 un espace vectoriel Z2-gradu´e et Hom(V) l’ensemble de tous lesK-endomorphismes deV. Muni de laZ2-graduation d´efinie par
Hom(V)
α={f ∈Hom(V); f(Vβ)⊆ Vα+β, ∀β∈Z2}, ∀α∈Z2, Hom(V) est une super-alg`ebre associative.
D´efinition 9. Soient (A,∗) une super-alg`ebre associative,V un espace vectorielZ2-gradu´e etφ etψ deux applications bilin´eaires d´efinies par
φ:A × V −→ V ; φ(x, v) :=x.v et ψ:V × A −→ V ; ψ(v, x) :=v.x.
AlorsV est dit un bimodule deA(ou unA-bimodule) si
(x∗y).v =x.(y.v), (x.v).y=x.(v.y), (v.x).y=v.(x∗y), ∀x, y∈ A, v∈ V
D´efinition 10. Une repr´esentation d’une super-alg`ebre associative (A,∗) dans un espace vec- torielZ2-gradu´eV est un couple (l, r) d’applications lin´eaires homog`enes de degr´e z´erol:A −→
End(V) etr:A −→End(V) tel que
l(x∗y) =l(x)l(y), r(x∗y) = (−1)|x||y|r(y)r(x), l(x)r(y) = (−1)|x||y|r(y)l(x), ∀x∈ A|x|, y∈ A|y|.
Soient A une super-alg`ebre associative et V un espace vectoriel Z2-gradu´e. Si (l, r) est une repr´esentation de A dans V, alors on v´erifie facilement que V est un A-bimodule, o`u φ : A × V −→ V d´efinie par x.v =l(x)(v) et ψ: V × A −→ V d´efinie parv.x = (−1)|x||v|r(x)(v).
R´eciproquement, si V est un A-bimodule, alors le couple (l, r) d´efini par l : A −→ End(V) ; l(x)(v) =x.v etr:A −→End(V) ;r(x)(v) = (−1)|x||v|v.xest une repr´esentation deAdansV.
Exemple 1.1.2. Soit (A,∗) une super-alg`ebre associative etA∗ son espace dual.
(i) Aposs`ede une structure deA-bimodule au moyen de (L, R), o`u L:A −→End(A) ; L(x)(y) :=Lx(y) =x∗y,
R:A −→End(A) ; R(x)(y) :=Rx(y) = (−1)|x||y|y∗x, ∀x∈ A|x|, y∈ A|y|.
Chapitre 1. G´en´eralit´es 9 (ii) A∗ poss`ede une structure deA-bimodule au moyen de (L∗, R∗) o`u
L∗:A −→End(A∗) ; L∗(x)(f) = (−1)|f||x|f◦Rx,
R∗:A −→End(A∗) ; R∗(x)(f) =f◦Lx, ∀x∈ A|x|, f ∈ A∗|f|.
D´efinition 11. SoientA une super-alg`ebre associative etV et W deuxA-bimodules. Un mor- phisme deA-bimodules est une application lin´eaire Φ :V −→ W qui satisfait
Φ(v.x) = Φ(v).x et Φ(x.v) =x.Φ(v), ∀x∈ A, v∈ V.
1.1.1 Classification des super-alg` ebres associatives simples
Dans ce paragraphe, on rappelle la classification des super-alg`ebres associatives simples sur un corpsKde caract´eristique diff´erente de 2 obtenue dans [35]. Ensuite, on d´eduit la liste suivante des super-alg`ebres associatives simples sur un corps K alg´ebriquement clos de caract´eristique z´ero qui a ´et´e donn´ee aussi dans [22].
(a)A=Mn(K), l’alg`ebre des matrices carr´ees d’ordrensurKtelle que : A¯0=
( a 0 0 b
!
:a∈Mr(K), b∈Ms(K) )
,A¯1=
( 0 c d 0
!
:c∈Mr×s(K), d∈Ms×r(K) )
, o`u r≥1,s≥0 etr+s=n. Cette super-alg`ebre est not´eeMr,s(K).
(b) La sous super-alg`ebreA=A¯0⊕ A¯1 deMn,n(K) telle que : A¯0=
(
˜
a:= a 0 0 a
!
:a∈Mn(K) )
,A¯1= (
¯b:= 0 b b 0
!
:b∈Mn(K) )
. Cette super-alg`ebre est not´eeQn(K).
D´efinition 12. SoitAune super-alg`ebre associative etSun sous-espace vectoriel gradu´e deA. Le centralisateur deS dansAnot´e par ˆCA(S) est la sous-super-alg`ebre deAd´efinie par
CˆA(S) :=V ectn
x∈ A|x|, xs= (−1)|x||s|sx,∀s∈S|s|o .
Si S∩ A¯1 = {0}, alors ˆCA(S) = CA(S), o`u CA(S) :=V ect{x∈ A, x.s=s.x, ∀s∈S} est le centralisateur deS dansAdans le sens usuel (non-gradu´e).
D´efinition 13. SoitAune K-super-alg`ebre associative.
(i) Aest dite centrale sur Ksi ˆZ(A) := ˆCA(A) =K.
(ii) Aest dite centrale simple surKsiAest centrale surKtelle que les seuls id´eaux bilat`eres gradu´es deAsont{0}et A.
Il est clair que ˆZ(A) est diff´erent de Z(A) := CA(A), le centre de A en tant qu’alg`ebre non- gradu´ee. Cependant,Z(A) est aussi une sous-super-alg`ebre de Atelle que (Z(A))¯0= ( ˆZ(A))¯0.
On remarque que siA=A¯0, alors on a ˆZ(A) =Z(A). Par cons´equent, dans ce cas, les notions de super-alg`ebre centrale, super-alg`ebre simple et de super-alg`ebre centrale simple co¨ıncident respectivement avec les notions d’alg`ebre centrale, alg`ebre simple et alg`ebre centrale simple.
D´efinition 14. Soient (A, .) et (B,∗) deuxK-super-alg`ebres associatives. Le produit tensoriel gradu´eA⊗Bˆ deAetBest une super-alg`ebre associative telle que
(A⊗Bˆ )¯0:=A¯0⊗Bˆ ¯0⊕ A¯1⊗Bˆ ¯1, (A⊗Bˆ )¯1:=A¯0⊗Bˆ ¯1⊕ A¯1⊗Bˆ ¯0
(a⊗b)(a′⊗b′) = (−1)|b||a
′|
a.a′⊗b∗b′, ∀a∈ A, a′∈ A|a′|, b∈ B|b|, b′∈ B.
Th´eor`eme 1.1.3. ([29]) Soient (A, .) et (B,∗) deuxK-super-alg`ebres associatives et A′ et B′ deux sous-super-alg`ebres deAet Brespectivement, alors
(i) ˆCA⊗Bˆ (A′⊗Bˆ ′) = ˆCA(A′) ˆ⊗CˆB(B′). En particulier, si A et B sont centrales sur K, alors A⊗Bˆ est centrale sur K.
(ii) SiAest centrale simple surKet Best simple, alorsA⊗Bˆ est simple.
(iii) SiAetBsont centrales simples surK, alorsA⊗Bˆ est centrale simple surK.
Preuve. On montre (i) par double inclusion. L’inclusion ” ⊇” est directe. R´eciproquement, soient e un ´el´ement homog`ene de ˆCA⊗Bˆ (A′⊗Bˆ ′) et {bi}1≤i≤n2 une base homog`ene de B. Par cons´equent, on a :e=Pn2
i=1ai⊗bi, o`u aiest un ´el´ement homog`ene deAtel que
|ai|+|bi|≡|e| (mod 2), ∀i∈ {1,· · ·, n2}. (1.1) Par d´efinition dee, on a (a′⊗1)e= (−1)|e||a
′|
e(a′⊗1) pour touta′ ´el´ement homog`ene de A′. En utilisant la condition (1.1), on obtient que a′ai = (−1)|a′||ai|aia′, ∀i ∈ {1,· · ·, n2}. D’o`u, ai ∈ CˆA(A′) et il s’ensuit que e ∈ CˆA(A′) ˆ⊗B. Si maintenant on suppose que {αi}1≤i≤m est une base homog`ene de ˆCA(A′), alorse=Pm
i=1αi⊗βi, o`u{βi}1≤i≤mest une famille d’´el´ements homog`enes deB′. En raisonnement de la mˆeme mani`ere que ci-dessus, on d´eduit queβi∈CˆB(B′) et par cons´equent,e∈CˆA(A′) ˆ⊗CˆB(B′). D’o`u le r´esultat.
(ii) On suppose queIest un id´eal bilat`ere gradu´e non-nul deA⊗Bˆ et on montre que 1A⊗Bˆ ∈I.
Il est clair que tout ´el´ement homog`enez deIest de la forme Xr
i=1
ai⊗bi, tel que pour touti on a ai∈ A|ai|, bi∈ B|bi| et |ai|+|bi|≡|z| (mod 2). (1.2)
Parmi les ´el´ements homog`enes non-nuls de I, on consid`ere l’´el´ement z qui satisfait l’´equation (1.2) tel querest le plus petit entier possible. D’o`u, il s’ensuit que∀i∈ {1,· · ·, r},aiet bi sont des ´el´ements non-nuls. D’abord, on a la famille{a1,· · · , ar} est lin´eairement ind´ependante car s’il existeki ∈Ktel que a1 =Ps
i=2kiai, o`u a1,· · ·, as sont des ´el´ements homog`enes de mˆeme degr´e, on obtient quez=Pr
i=1ai⊗bi =Ps
i=2ai⊗(kib1+bi) +Pr
i=s+1ai⊗bi. Ceci implique quezest un ´el´ement homog`ene non-nul deIqui est la somme der−1 termes. Ce qui contredit
Chapitre 1. G´en´eralit´es 11 le choix de r. En appliquant le mˆeme raisonnement, on d´eduit que {b1,· · · , br} est aussi une famille lin´eairement ind´ependante. Ensuite, on cherche `a trouver un ´el´ement homog`ene non-nul deI tel quea1⊗b1= 1⊗1. On v´erifie facilement queAa1Aest un id´eal bilat`ere gradu´e non-nul deA. CommeAest simple en tant qu’alg`ebre gradu´ee, alors on aAa1A=A. Par cons´equent, il existecj ∈ A|cj| etdj∈ A|dj|, o`uj∈ {1,· · ·, n1}avecn1=dimA, tels que :Pn1
j=1cja1dj= 1.
cjzdj =cj( Xr i=1
ai⊗bi)dj = (cj⊗1)(
Xr i=1
ai⊗bi)(dj⊗1) = Xr i=1
(−1)|dj||bi|cjaidj⊗bi, ∀j∈ {1,· · ·, n1}.
D’o`u
n1
X
j=1
(−1)|b1||dj|cjzdj = 1⊗b1+ Xr i=2
a′i⊗bi,
o`u a′i := Pn1
j=1(−1)|dj|(|bi|+|b1|)cjaidj. Si on notez1 := Pn1
j=1(−1)|b1||dj|cjzdj, alors on d´eduit quez1est un ´el´ement homog`ene non-nul deItel quea1= 1. L’hors du passage dez`az1la famille {b1,· · · , br}n’a pas chang´e. Donc, en r´ep´etant le mˆeme proc´edure, on obtient un ´el´ementz2ho- mog`ene non-nul deItel quez2:= 1⊗1 +Pr
i=2a′i⊗b′i. Maintenant, soita∈ A|a|. Il est clair que az2−z2aest un ´el´ement homog`ene deI. D’autre part,az2−z2a=Pr
i=2(aa′i−(−1)|a||b
′ i|
a′ia)⊗b′i. Par cons´equent, on d´eduit que az2 =z2a, ∀a∈ A|a|. Ceci implique que aa′i = (−1)|a||a′i|a′iaet donca′i ∈Zˆ(A), pour touti. Le fait queAest centrale surK, implique quea′iest un scalaire pour tout i. Comme la famille {1, a′2,· · ·, a′r} est lin´eairement ind´ependante, on conclut que r = 1.
Ce qui ach`eve la d´emonstration de l’assertion (ii).
(iii) d´ecoule imm´ediatement de l’assertion (i) et l’assertion (ii).
Th´eor`eme 1.1.4. ([29]) SoientAet B deux super-alg`ebres associatives. S’il existez ∈ Z(A¯0) tel quez2= 1 et zx=−xz ∀x∈ A¯1, alors A⊗Bˆ et A ⊗ B sont isomorphes en tant qu’alg`ebres gradu´ees.
Preuve. SoitB′ = 1 ˆ⊗B¯0+z⊗Bˆ ¯1. Il est clair queB′ est une sous-super-alg`ebre deA⊗Bˆ qui est isomorphe en tant qu’alg`ebre gradu´ee `aB au moyen deϕ:B −→ B′ d´efini par
ϕ(b¯0+b¯1) = 1⊗b¯0+z⊗b¯1, ∀b¯0∈ B¯0, b¯1∈ B¯1.
D’autre part, `a l’aide d’un calcul simple, on v´erifie facilement queA ⊆CˆA⊗Bˆ (B′). Par cons´equent, il s’ensuit que l’application lin´eaireφ:A ⊗ B −→ A⊗Bˆ ′ d´efinie parφ(a⊗b) := aϕ(b),∀a∈ A et b∈ B, est un homomorphisme de super-alg`ebres associatives. En outre,φ|A¯0⊗B¯0 =id|A¯0⊗B¯0, φ|A¯1⊗B¯0 =id|A¯1⊗B¯0, φ|A¯0⊗B¯1 =Lz|A¯0⊗B¯1 et φ|A¯1⊗B¯1 =−Lz|A¯1⊗B¯1. Comme Lz est une bijec- tion, on conclut queφest un isomorphisme de super-alg`ebres associatives.
Les exemples de super-alg`ebres associatives centrales simples donn´es dans la suite, vont ˆetre tr`es utiles dans la classification de ces super-alg`ebres.
Exemple 1 :Toute alg`ebre associativeAcentrale simple surKest une super-alg`ebre associative centrale simple surKnot´ee par (A), o`u (A)¯0=Aet (A)¯1={0}.
Exemple 2 :L’alg`ebre des matricesMn(K) est une super-alg`ebre centrale simple surK.
Rappelons que siLest une extension quadratique de K, alors il existea∈K\ {0}qui n’admet pas de racine carr´ee dansKtel que Lest isomorphe `a K(√a).
Exemple 3 : Soit L := K⊕zK, o`u z2 = a ∈ K\ {0} une extension quadratique de K. En posant, L¯0 =Ket L¯1=zK, on v´erifie facilement queL poss`ede une structure de super-alg`ebre associative. De plus, le fait queLest un corps commutative, il s’ensuit queLest une super-alg`ebre associative centrale simple. En tant qu’une alg`ebre gradu´eeLest not´ee parK<√a >.
Soient a, b ∈K\ {0}. On d´efinit l’alg`ebre des quaternions A= (a,bK) sur Kcomme l’alg`ebre `a deux g´en´erateursiet j avec les relations suivantes
i2=a, j2=b, ij =−ji.
Si on posek=ij, alors, on obtient quek2 =−ab∈K\ {0}, ik=−kiet kj =−jk. Avec ces multiplications, il est clair que A= (a,bK ) est engendr´ee par{1, i, j, k} et que {1, i, j, k} est une base deA.
Exemple 4 : Toute alg`ebre des quaternions A = (a,bK ) sur K est une super-alg`ebre centrale simple. En effet, consid´erons A¯0 := K⊕kK et A¯1 := iK⊕jK, on v´erifie que A poss`ede une structure de super-alg`ebre associative. En tant qu’alg`ebre gradu´ee, A est not´ee par < a,bK >.
Ensuite, on consid`ereB:=K⊕iKetC:=K⊕jK. Le fait queAet Bsoient isomorphes respec- tivement `aK<√a >etK<√
b >, il s’ensuit queAetBsont deux super-alg`ebres associatives centrales simples. Finalement, comme A ∼=B⊗Cˆ , on conclut queAest une super-alg`ebre asso- ciative centrale simple.
Lemme 1.1.5. ([29]) SoitAune super-alg`ebre associative simple telle queA¯16={0}, alorsA¯0= A2¯1. En outre, siIest un id´eal bilat`ere non-nul deA¯0, alorsA¯0=I+A¯1IA¯1etA¯1=IA¯1+A¯1I.
Preuve. La preuve consiste `a v´erifier queA¯12
⊕ A¯1 et (I+A¯1IA¯1)⊕(IA¯1+A¯1I) sont deux id´eaux bilat`eres gradu´es non-nuls deA. D’o`u le r´esultat d’apr`es la simplicit´e deA.
Lemme 1.1.6. ([29]) SoitAune super-alg`ebre associative simple telle queA¯16={0}. Supposons queJ est un id´eal bilat`ere non-gradu´e propre deA, alors les deux projections π0:J −→ A¯0et π1:J −→ A¯1sont deux isomorphismes deA¯0-bimodules.
Preuve. Le fait que A = A¯0⊕ A¯1 est une somme direct de deux A¯0-bimodules, il s’ensuit qu’il existe deux projectionsπ0 :A −→ A¯0 et π1 :A −→ A¯0 telles que πi2 =πi, o`u i∈ {0,1} π¯0+π¯1=idAetπ¯0◦π¯1= 0. Soientx0∈ A¯0 ety=y0+y1un ´el´ement deA, alors
πi(x0y) =πi(x0(y0+y1)) =πi(x0y0+x0y1) =x0yi=x0πi(y), πi(yx0) =πi((y0+y1)x0) =πi(y0x0+y1x0) =yix0=πi(y)x0, ∀i∈ {¯0,¯1}.
D’o`u, on en d´eduit queπ0 et π1 sont deux morphismes deA¯0-bimodules. PosonsI =J∩ A¯0. On v´erifie facilement que I est un id´eal bilat`ere de A¯0. De plus I est nul car sinon, d’apr`es le Lemma 1.1.5, on obtient que 1 ∈ A¯0 = I +A¯1IA¯1 ⊂ J ce qui contredit le fait que J est propre. D’autre part, Posons I′ =π0(J). En utilisant le fait que π0 est un morphisme de
Chapitre 1. G´en´eralit´es 13 A¯0-bimodules, on v´erifie facilement que I′ est un id´eal bilat`ere de A¯0. Il est clair, d’apr`es la simplicit´e de Aen tant qu’alg`ebre gradu´ee, queπ¯0(J)6=J∩ A¯0. D’o`u, il s’ensuit queI′6={0}. En appliquant de nouveau le Lemme 1.1.5, on obtient que A¯0 = I′ +A¯1I′A¯1. Le fait que A¯1idA(J)A¯1=A¯1(π0(J) +π1(J))A¯1⊆J, il s’ensuit queA¯1π0(J)A¯1⊆π0(J) et par cons´equent, on en d´eduit que I′ = A¯0. D’o`u, on a I = {0} et I′ =A¯0. Il s’ensuit que π0 et π1 sont deux isomorphismes deA¯0-bimodules.
Proposition 1.1. ([29]) Soit A une super-alg`ebre associative simple. Si A n’est pas simple en tant qu’alg`ebre non-gradu´ee, alors A¯0 est une alg`ebre associative simple et A¯1 = A¯0u o`u u∈ Z(A)∩ A¯1 tel queu2= 1.
Preuve. Soit J un id´eal bilat`ere propre non-gradu´e deA. Comme A¯1 6={0}, alors d’apr`es le Lemme1.1.6, il existe un unique ´el´ement deJ de la forme 1 +u, o`uu∈ A¯1. Le fait queJ est un id´eal bilat`ere deA, implique queu(1 +u) =u+u2est aussi dansJ. D’autre part, il est clair que π¯1(u+u2) =π¯1(u+ 1). Par cons´equent d’apr`es le Lemme1.1.6, on d´eduit queu2= 1. Mainte- nant, on montre queu∈ Z(A). Pour z∈ A¯0 (resp.z ∈ A¯1), on aπ0(z(1 +u)) =π0((1 +u)z) (resp.π1(z(1 +u)) =π1((1 +u)z)). D’o`u, en appliquant de nouveau le Lemme1.1.6, il obtient que zu = uz et par cons´equent u ∈ Z(A)∩ A¯1. Soit x ∈ A¯1, alors x = x.1 = x.u2 ∈ A¯0u.
D’o`u, il s’ensuit que A¯1 = A¯0u. Reste maintenant `a v´erifier que A¯0 est simple. Soit I un id´eal bilat`ere non nul de A¯0. D’apr`es le Lemme 1.1.5, on obtient que A¯0 = I+A¯1IA¯1. Or A¯1IA¯1=A¯0uIA¯0u⊆ A¯0uIu⊆Iu2=I. D’o`u, on conclut queI=A¯0 et par cons´equentA¯0 est simple.
Corollaire 1.1.7. SoitAune super-alg`ebre associative centrale simple surKtelle queA¯16={0}. SiZ1:=Z(A)∩ A¯1 est non nul, alors il existez1∈ Z1\ {0} tel quez126= 0.
Th´eor`eme 1.1.8. ([29]) SoientAune super-alg`ebre associative centrale simple surKtelle que A¯16={0}etZ(A) =K⊕ Z1o`uZ1=Z(A)∩ A¯1. Alors,
(i) Z1 = {0} si et seulement siA est une alg`ebre centrale simple sur K (en tant qu’alg`ebre non gradu´ee).
(ii) Z16={0}si et seulement siA¯0 est une alg`ebre centrale simple surK.
Preuve. (i) Il est ´evident que si A est une alg`ebre centre simple sur K, alors Z1 = {0}. R´eciproquement, supposons queZ1={0}. Il est clair queAest centrale. Si de plusAn’est pas simple, alors d’apr`es la Proposition1.1, on a A¯1={0}. D’o`u la contradiction.
(ii) Supposons que Z1 6={0}. Par cons´equent, en appliquant le Corollaire 1.1.7, il existe z1 ∈ Z1\ {0}tel quez12=a∈K\ {0}. CommeA¯1=A¯1a=A¯1z21⊆ A¯0z1, il s’ensuit queA¯1=A¯0z1
et par cons´equent pourx∈ Z(A¯0) on a
xA¯1=xA¯0z1=A¯0xz1=A¯0z1x=A¯1x.
D’o`u, x∈ Z(A) et il s’ensuit que Z(A¯0)⊆ Z(A)∩ A¯0 =K. Par cons´equent, A¯0 est centrale sur K. Finalement, en utilisant le Lemme 1.1.5 et le fait que A¯1 = A¯0z1, on conclut que A¯0
est simple. R´eciproquement, supposons que Z1 ={0}. D’apr`es l’assertion (i) de ce th´eor`eme, il s’ensuit que Aest une alg`ebre associative non-gradu´ee centrale simple sur K. Par cons´equent, d’apr`es le Corollaire 1.7 page 82 [29], on a C := CA(A¯0) est une alg`ebre associative centrale simple sur K telle que A ∼= A¯0⊗C en tant qu’alg`ebre non-gradu´ee. D’o`u, C = C¯0⊕C¯1, o`u C¯0=Ket C¯16={0}. En appliquant le Lemme1.1.5, on obtient queC¯12=C¯0=K. C’est `a dire, il existe u, v ∈ C¯1 tels queuv 6= 0. Par cons´equent, on aC¯1 =C¯11 = C¯1uv ⊆C¯0v =Kv et il s’ensuit que C=K⊕Kv est une alg`ebre associative commutative. Ceci contredit le fait que C est une alg`ebre centrale simple surK.
D´efinition 15. Soit A une super-alg`ebre associative centrale simple sur K tel que Z(A) = K⊕ Z1, o`uZ1=Z(A)∩ A¯1. On dit queAest une super-alg`ebre associative centrale simple sur Kde type pair (resp. impair) siZ1={0} (resp.Z16={0}).
Dans le Th´eor`eme suivant, on ´etudie les super-alg`ebres associatives centrales simples sur Kde type impairs.
Th´eor`eme 1.1.9. ([29]) SiAune super-alg`ebre associative centrale simple surKde type impair, alors
(i) Z(A) =CA(A¯0) =K⊕zK, o`uz∈ Z1etz2=a∈K\{0}.zest unique `a une multiplication pr`es etZ(A)∼=K<√a >en tant qu’alg`ebres gradu´ees.
(ii) A ∼= (A¯0) ˆ⊗K<√a >∼= (A¯0)⊗K<√a >en tant qu’alg`ebres gradu´ees.
(iii) Sia /∈K2\ {0}, alorsAest une alg`ebre centrale simple surZ(A)∼=K(√a). D’autre part, sia∈K2\ {0}, alorsZ(A)∼=K×Ket A ∼=A¯0× A¯0 en tant qu’alg`ebres non-gradu´ees.
Preuve. CommeZ16={0}, alors d’apr`es le Lemme1.1.7, il existez∈ Z1\ {0}tel quez2=aet A¯1=A¯0z, o`ua∈K\ {0}. Par cons´equent, on v´erifie facilement que Z(A) =CA(A¯0). D’autre part, on aZ(A) =K⊕ Z1. Pour montrer queZ(A) =K⊕zK, il suffit de montrer l’unicit´e dez
`a une multiplication pr`es. Soity ∈ Z1. Comme yz−1 ∈ Z(A)∩ A¯0=K, o`uz−1 est l’inverse de z dansZ1, alors on ay∈Kz. Par cons´equent,Z(A) =CA(A¯0) =K⊕zK, o`uz2=a∈K\ {0} et il s’ensuit queZ(A)∼=K<√a >. Ce qui ach`eve la preuve de (i).
(ii) CommeA=A¯0⊕ A¯0z etZ(A) =K⊕zK, alors il est clair queA¯0etZ(A) engendrentAet dimA=dimA¯0⊗ Z(A). De plus, le fait queA¯0commute avecZ(A) implique que l’application lin´eaire Φ :A¯0⊗Z(A)−→ Ad´efinie par Φ(a⊗b) =abest un isomorphisme d’alg`ebres associatives gradu´ees. D’o`u,
A ∼= (A¯0)⊗K<√
a >∼= (A¯0) ˆ⊗K<√ a > .
(iii) Supposons quea /∈K2\ {0}. CommeZ(A) est centrale simple surZ(A) etA¯0 est centrale simple surKen tant qu’alg`ebres, alors on obtient queA¯0⊗ Z(A) est une alg`ebre centrale simple surZ(A). Supposons maintenant quea∈K2\ {0}. Dans ce cas, il existea′ ∈Ktel que a=a′2 et par cons´equent on peut choisir z′ ∈ Z1 tel que z′2 = 1. On consid`ere l’application lin´eaire suivante Ψ :K⊕zK−→K×Kd´efinie par Ψ(1) = (1,1) et Ψ(z) = (1,−1). On v´erifie facilement que Ψ est un isomorphisme d’alg`ebres. Par cons´equent,
Z(A) ∼= K⊕zK ∼= K×K,
Chapitre 1. G´en´eralit´es 15 et il s’ensuit que
A ∼=A¯0⊗(K×K) ∼= A¯0× A¯0, en tant qu’alg`ebres non-gradu´ees.
D’apr`es le Th´eor`eme1.1.9ci-dessus, on d´eduit que pour toute super-alg`ebre associative centrale simple surKde type impair on a dimA¯0=dimA¯1= 12dimA. Cette situation n’est pas vrai, en g´en´eral, dans le cas des super-alg`ebres associatives centrales simples sur Kde type pairs. D’o`u la difficult´e d’´etudier cette classe de super-alg`ebres associatives. N´eanmoins, dans le Th´eor`eme 1.1.10 suivant, on ´etudie les super-alg`ebres associatives centrales simples sur K de type pairs dans un cadre plus facile et qui nous permet de d´eduire la classification des super-alg`ebres asso- ciatives centrales simples sur un corps Kalg´ebriquement clos et de caract´eristique z´ero. Avant cette ´etude, common¸cons par rappeler la notion ”d’involution principale” d’une super-alg`ebre.
D´efinition 16. Soient A=A¯0⊕ A¯1 une super-alg`ebre etν :A −→ Aun homomorphisme de Ad´efini parν(x0+x1) =x0−x1,∀x0 ∈ A¯0 et x1A¯1. On v´erifie facilement queν est un auto- morphisme de super-alg`ebres de d’ordre 2 (sauf si A¯1 ={0}). ν est dite l’involution principale deAet elle est uniquement d´etermin´ee par la propri´et´eν|A¯0 =id|A¯0 etν|A¯1=−id|A¯1.
Th´eor`eme 1.1.10. ([29]) SoitAune super-alg`ebre associative centrale simple de type pair telle que A¯1 6= {0}. On suppose que A est isomorphe `a Mn(D), o`u D est une alg`ebre de division centrale simple surK. Alors
(i) Z(A¯0) = CA(A¯0) et il existe z ∈ Z(A¯0) tel que Z(A¯0) = K⊕zK et z2 = a∈ K\ {0}. L’´el´ementz est unique `a une multiplication pr`es.
(ii) Sia∈K2\ {0}, alorsZ(A¯0)∼=K×Ket il existe un espace vectorielZ2-gradu´eV =V¯0⊕ V¯1 tel que A ∼=End(V) ˆ⊗(D) en tant qu’alg`ebres gradu´ees (laZ2-graduation de End(V) est d´efinie dans l’exemple1.1.1). De plus,A¯0∼=Mr(D)×Ms(D), o`ur=dimV¯0 ets=dimV¯1. Preuve. Comme Z1 = {0}, alors d’apr`es l’assertion (i) du Th´eor`eme 1.1.8, on a A est une alg`ebre associative centrale simple sur K. Par cons´equent, d’apr`es le Th´eor`eme de Skolem- Noether [29], tous les endomorphismes deAsont des automorphismes int´erieurs. Soitν l’involu- tion principale deA. D’o`u, il existe un ´el´ement homog`enezdeAinversible tel queν(x) =z−1xz,
∀x ∈ A. En utilisant la d´efinition de ν et le fait que ν|A¯0 = id|A¯0, on d´eduit facilement que z ∈ Z(A¯0) et que CA(z) = A¯0. Maintenant, soit x ∈ A tel que xy = yx, ∀y ∈ A¯0. Comme z ∈ A¯0, alors on a en particulier,xz=zx. D’o`u, x∈CA(z) = A¯0. Par cons´equent, on conclut queCA(A¯0) =Z(A¯0). Dans la suite, on montre queZ(A¯0) =K⊕zK. Comme ν2=idA, alors z2∈ Z(A) =K. Ensuite, le fait quezest inversible implique que z2=a∈K\ {0}.
1er cas : Supposons quea /∈K2\ {0}et consid´erons L:=K<√a >=K⊕zKune extension quadratique de K. Le fait que L est simple implique, d’apr`es la Proposition 1.6 page 82 [29], queCA(CA(L)) =L. Or CA(L) = V ect{x∈ A, xz=zx}=A¯0. D’o`u, L=CA(A¯0) =Z(A¯0).
Maintenant pour montrer l’unicit´e dez, on suppose qu’il existey∈ A¯0tel que{1, y}engendreL et quey2∈K\{0}. Siy=α+βzo`uα∈Ketβ ∈K\{0}, alors on obtient quey2=α2+aβ2+αβz.
Par cons´equentα= 0 et on d´eduit quey=βz.