Cas clinique : Arthrite Microcristalline
Mme S...., 52 ans, avait un père et un oncle goutteux. Elle habite l'Aveyron profonde et depuis 2 à 3 ans , après la ménopause, et le traitement de son hypertension par du Lasilix*, présente un rhumatisme "déformant" qu'elle traite au coup par coup par de l'Aspirine, peu efficace et de l'Indocid*. Outre les douleurs et les déformations des doigts , elle a eu plusieurs arthrites des gros orteils, de l'avant-pied gauche, des 2 chevilles et des 2 genoux. Lorsque vous l'examinez, elle a un volumineux épanchement du genou droit.
Sa VS est à 45, La NFS normale, la créatininémie à 100, l'uricémie à 520 mmol/l., ACAN, Latex, Waaler-Rose sont négatifs.
Questions :
1) Au vu des radiographies des mains ( celles des pieds sont sensiblement identiques, celles des genoux normales), de la clinique et de la biologie, quel diagnostic évoquez-vous ? Pourquoi ce cas est-il atypique ?
2) Quel geste et quel examen complémentaire confirmeront ce diagnostic avec certitude ? 3) Quel traitements allez-vous proposer ?
Réponse :
1) Goutte tophacée polyarticulaire avec tophi sur les mains et les doigts , géodes juxta-articulaires radiologiques ( la goutte est rare chez la femme mais peut survenir après la ménopause, sur terrain familial : probable déficit enzymatique ) et elle était favorisée chez cette malade par la prise de Lasilix* et d'Aspirine.
2) Ponction du genou avec recherche de cristaux d'urates.
3) Infiltration du genou ( 1 Diprostène*) , arrêt du Lasilix* et de l'Aspirine, Profénid* 300mg/jr ou Voltarène* 150 mg/jr, pendant un mois . Zyloric 200 mg/ jr 15 jours après la guérison clinique.
Dans les gouttes évoluées, polyarticulaires, les AINS sont souvent plus efficaces que la Colchicine *, celle-ci peut cependant leur être associée, à faible dose ( 1mg/jr).
Le traitement hypo-uricémiant ne doit pas être débuté en pleine crise. Il peut lui même déclencher une crise et doit être commencé sous couvert d'AINS. Après 1 mois de traitement il faut controler l'uricémie qui doit être nettement inférieure à la normale ( 200 à 250 mmol/l) pour éviter de nouvelles crises.