ENSAE-DAKAR CENTRE-STATISTIQUE
OUAGADOUGOU, Novembre 2015
MINISTERE DE L’ECONOMIE DES FINANCES ET DU PLAN AGENCE NATIONALE DE LA STATISTIQUE ET DE LA DEMOGRAPHIE
Unité – Progrès - Justice
UNION ECONOMIQUE ET MONETAIRE OUEST AFRICAINE
Un peuple – Un but – Une foi
Rédigé et présenté par :
OUEDRAOGO Abdoul-Aziz
Elève Ingénieur Statisticien Economiste
Sous la supervision de :
M. Namaro YAGO
Chargé d’étude Statistique et Economique à l’UEMOA
MEMOIRE PROFESSIONNEL
IMPACT DU TARIF EXTERIEUR COMMUN SUR LES
ECHANGES INTRA-UEMOA
i Avertissement
Les opinions qui y sont exprimées ne représentent pas les points de vue de la Commission de l'UEMOA encore moins de l'ENSEA d'Abidjan et de l’ENSAE-Sénégal. Elles n'engagent que
leur auteur qui reste seul responsable des erreurs et insuffisances.
ii Remerciements
Ce travail marque une étape très importante du cycle des Ingénieurs Statisticiens Economistes (ISE). Le mérite de ces années d'études supérieures est une expression de divers efforts physiques et intellectuels. C'est ainsi que nous tenons à exprimer nos vifs remerciements à tous ceux qui par leurs assistances, leurs idées, leurs expériences ont participé de près ou de loin à la réalisation de ce travail. Plus précisément, nous tenons à remercier sincèrement :
o M. Cheikhe Hadjibou SOUMARE, Président de la Commission de l'UEMOA et M. Bakary SACKO, Responsable du Centre Statistique pour nous avoir permis d'effectuer notre stage dans sa direction ;
o M. Namaro YAGO, notre maître de stage pour l'encadrement et les précieux conseils malgré son emploi du temps très chargé ;
o M. Daouda DIARRA, chargé des Statistiques Economiques et Financières avec qui nous avons partagé le bureau et surtout pour l’ambiance qui à prévalue ;
o M. Salé MALAM ABDOU, chargé des Statistiques du Commerce Extérieur pour nous avoir facilité l'accès aux données ;
o Tout le personnel de l'UEMOA et plus particulièrement le Centre Statistique de la commission de l'UEMOA aussi dynamique que sympathique pour avoir facilité notre intégration !
o M. Yaya KEHO et M. Loesse ESSO, Professeurs agrégés, enseignants chercheurs à l'ENSEA pour les conseils et le suivi technique ;
o Le Directeur de l'ENSEA pour la qualité de la formation ;
o Le Directeur de l'ENSAE pour nous avoir permis d'achever notre formation au sein de son école à Dakar dans le cadre du programme de mobilité ;
o Tous nos camarades de la promotion ISE 2013-2016 des deux écoles.
iii Sommaire
Avertissement ... i
Remerciements ... ii
Sommaire ... iii
Sigles et abréviations ... iv
Liste des illustrations ... v
Avant-propos ... vi
Résumé ... vii
Abstract ... viii
Introduction générale ... 1
Chapitre I : Revue de littérature ... 4
I. Revue théorique de l'étude ... 4
II. Revue empirique de l'étude ... 9
Chapitre II : Etat des lieux des échanges au sein de l'UEMOA ... 13
I. Environnement économique de l'UEMOA ... 13
II. Analyse de quelques indicateurs ... 22
Chapitre III : Cadre méthodologique et résultats ... 25
I. Méthodologie et approche économétrique ... 25
II. Estimations, discussion des résultats et limite de l'étude ... 33
Conclusion et recommandations ... 38
Bibliographie ... ix
Table des matières ... xi
iv Sigles et abréviations
ALENA : Association de Libre Echange Nord-Américain ASEAN : Association of South-East Asian Nations
BCEAO : Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest
CEDEAO : Communauté Economique Des Etats de l'Afrique de l'Ouest CEPII : Centre d'Etudes Prospectives et d'Informations Internationales
CET : Common External Tariff
CSTAT : Centre Statistique
DOTS : Direction Of Trade Statistics
ECOWAS : Economic Community Of West Africa States
ENSAE : Ecole Nationale de la Statistique et de l'Analyse Economique
ENSEA : Ecole Nationale Supérieure de Statistique et d'Economie Appliquée FMI : Fonds Monétaire International
ISE : Ingénieur Statisticien Economiste
M : Importations
MCO : Moindres Carrés Ordinaires PIB : Produit Intérieur Brut
PPMV : Poisson Pseudo-Maximum de Vraisemblance PQML : Poisson Quasi-Maximum Likelihood
TEC : Tarif Extérieur Commun
UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest Africaine UMOA : Union Monétaire Ouest Africaine
WAEMU : West Africa Economic and Monetary Union WDI : World Development Indicators
X : Exportations
ZMO : Zone Monétaire Optimale
v Liste des illustrations
Liste des tableaux
Tableau 1: Principaux produits d'exportations par pays ... 17
Tableau 2 : Matrice moyenne des échanges en Millions de F CFA ... 18
Tableau 3: Les principaux produits échangés au sein de l'UEMOA ... 18
Tableau 4 : Résultat des estimations du modèle à effets fixes ... 34
Liste des graphiques
Graphique 1 : Evolution du commerce intra et extra UEMOA ... 13Graphique 2 : Evolution du poids de l'UEMOA (en %) ... 14
Graphique 3 : Exportations extra-communautaires par produits (en %) ... 15
Graphique 4 : Importations extra-UEMOA par produits (en %) ... 16
Graphique 5 : Evolution des PIB par tête des pays membres de l'UEMOA ... 20
Graphique 6 : Evolution des IDE des pays membres de l'UEMOA ... 21
Graphique 7 : Evolution du taux de couverture et d'ouverture ... 22
Graphique 8 : Evolution du taux de croissance de la balance commerciale intra-UEMOA ... 23
Graphique 9 : Coefficient d'intégration de l'UEMOA ... 24
vi Avant-propos
La formation d'Ingénieur Statisticien Economiste (ISE) dure trois ans. Au cours de cette formation, un stage de trois mois est organisé afin de préparer les ingénieurs en devenir au travail de terrain. C'est l'occasion pour l'étudiant de mettre en pratique les connaissances théoriques reçues dans les différentes disciplines enseignées au cours de sa formation. Il permet aussi à l'étudiant de se familiariser au milieu professionnel. Sous cet angle, le stage est perçu comme le pont qui concilie la théorie à la pratique. Le présent document est présenté à l'issu d'un stage que nous avons effectué à l'UEMOA, plus précisément au Centre statistique de l'UEMOA, sous le thème « Impact du Tarif Extérieur Commun sur les échanges intra- UEMOA ».
Nous tenons à signaler également que nous avons effectué la majeure partie de notre formation à l'ENSEA d'Abidjan. Mais, dans le cadre du programme de mobilité entre les Ecoles de Statistique Africaine, nous avons été admis à faire la troisième année à l'ENSAE de Dakar.
Nous vous saurions gré de toute critique et recommandation que vous ferez à l'endroit de ce document en vue de son amélioration1.
1E-mail : [email protected]
vii Résumé
Cette étude apporte quelques éléments de réponse à la question suivante : quel est l'impact du Tarif Extérieur Commun (TEC) sur les échanges intra-UEMOA? A cet effet, nous utilisons le modèle le plus approprié dans l'analyse des échanges intra-zone : le modèle de gravité. La principale innovation étant l'application d'une nouvelle technique d'estimation, l'estimateur Poisson du Pseudo-Maximum de Vraisemblance. Il ressort des estimations que l'appartenance à l'UEMOA impacte positivement les flux commerciaux sur toute la période de l’étude, c’est- à-dire de 1995 à 2013. Mais nous constatons que cet impact tend à baisser après les années 2000 malgré la mise en place d’une union douanière qui s'est concrétisée par l'application du Tarif extérieur commun (TEC). Ce constat met ainsi en évidence l'inefficacité du Tarif Extérieur Commun (TEC). A cela il faut ajouter qu'il n'y a eu ni création de commerce ni de détournement des échanges en faveur des pays membres. Promouvoir au sein de l'union la spécialisation des productions en tenant compte des avantages comparatifs et veiller à l'application des règles s'avèrent nécessaire au sein de l'union.
Mots clés : TEC, Gravité, union monétaire, flux commerciaux, UEMOA, CEDEAO, PPMV.
vii i Abstract
This study provides some answers to the question: what is the impact of the Common External Tariff (CET) on intra-WAEMU trade? For this purpose, we use the most appropriate model in the analysis of intra-area trade: the gravity model. The main innovation is the application of a new estimation technique, the Poisson Quasi Maximum Likelihood estimator. Estimates indicate that membership in WAEMU impact positively trade flows throughout the period of the study, that is to say from 1995 to 2013. But we find that this impact tends to decline after years 2000, despite the establishment of a customs union which resulted in the application of the common external Tariff (CET). This finding thus demonstrates the ineffectiveness of the Common External Tariff (CET). But we should add that there has been no trade creation or trade diversion in favor of member countries. Promote within the Union the specialization of production taking into account the comparative advantages and ensure the application of rules prove necessary within the union.
Keywords : CET, Gravity model, monetary union, Trade flows, WAEMU, ECOWAS, PQML.
1
Introduction générale
L'allégresse inhérente à l'intégration économique a favorisé l'émergence des zones économiques. Les avantages préconisés d'une telle intégration semblent évidents, en occurrence l'allocation optimale des ressources, l'accroissement des investissements et la mobilisation de l'épargne intérieure. Dès lors, la formation des zones économiques, a fait nourrir aux pays et en particulier ceux de l'Afrique Occidentale, l'envie de se mettre ensemble. Ainsi, l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) a été créée par le Traité signé à Dakar le 10 janvier 1994 par les Chefs d'Etat et de Gouvernement des sept pays de l'Afrique de l'Ouest ayant en commun l'usage d'une monnaie commune, le Franc CFA. Il s'agit du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d'Ivoire, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo. Le Traité est entré en vigueur le 1er août 1994, après sa ratification par les États membres. Le 02 mai 1997, la Guinée- Bissau2 est devenue le 8ème État membre de l'Union.
Plusieurs raisons ont motivé la création de l'UEMOA. Tout d'abord, l'unification des espaces économiques nationaux pouvait transformer l'Union en un marché porteur et attractif pour les investisseurs. Par conséquent on assistera à une croissance de la production et de l'expansion des importations qui permettront d'améliorer l'efficacité productive. En particulier, la création d'un grand marché unifié de l'UEMOA permettrait aux producteurs de bénéficier des avantages provenant des économies d'échelle. Deuxièmement, une tendance à la hausse des accords commerciaux régionaux dans le monde a mis la pression sur les pays membres de l'UEMOA à former une zone de libre-échange car ils ont vu qu'une telle tendance entraînerait une discrimination contre leurs produits sur leurs marchés d'exportation. Ces attentes semblent plutôt être compromises. En effet, Foroutan et Pritchett (1993) donnent des explications de l'échec de l'intégration en Afrique au sud du Sahara. Ils ont conclus que sur le plan du commerce régional, la principale raison qui freine l’efficacité des unions régionales est l'incapacité et/ou le manque de volonté de la part des pays membres à procéder à des réformes commerciales préférentielles. Pour eux, ces reformes constituent un préalable nécessaire à la création de
2 La Guinée-Bissau serait exclu dans la suite de l’étude à cause d’un volume énorme de données manquantes.
2 courants additionnels d'échanges au sein des zones d'intégration. Au sein de l’UEMOA, un des piliers de la libéralisation du commerce est le Tarif Extérieur Commun (TEC) qui a permis d'harmoniser les droits de douane sur le commerce entre les pays membres, qui est entré en vigueur en janvier 2000. Toutes ces vertus sont censées permettre aux économies de l'espace, de tirer profit des opportunités offertes par la mondialisation. Elle se justifie par le fait que la coordination des politiques économiques à l'échelle sous régionale pallierait la vulnérabilité extérieure et agrandirait leurs poids dans les négociations internationales.
Cependant, l'Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) n’arrive pas à faire de l'intégration économique, un instrument utile pour faire face aux enjeux et défis de la mondialisation afin d'asseoir les bases d'une croissance économique durable aux pays membres.
Il s'avère judicieux de s'interroger sur l'état d'évolution de l'intégration au sein de l'Union après quelques réformes politiques. En effet, un des objectifs de chaque union est de renforcer et d'améliorer les relations commerciales des pays membres par la mise en œuvre d'un certain nombre de réformes tarifaires et non tarifaires communes. Ainsi, dans un contexte d'intégration des économies, nous nous proposons de réfléchir sur le thème : Impact du Tarif Extérieur Commun sur les échanges intra-UEMOA.
Face à la situation d'un faible niveau d'intégration des économies au sein de l'UEMOA après plus d'une vingtaine d'année de marche vers une intégration économique parfaite, la mise en place du Tarif Extérieur Commun (TEC) depuis janvier 2000 nécessite une évaluation d'impact réel. Quel est alors l'impact de ce tarif sur le commerce intra-communautaire? Résulte-il du concept de création ou de détournement de commerce comme l’a souligné Jacob VINER?
Partant de ces différentes questions, l'objectif général de la présente étude est de mesurer le degré d'agissement du TEC sur les flux commerciaux au sein des pays membres de l'UEMOA.
Plus spécifiquement :
Evaluer l'impact du TEC sur le commerce intra-UEMOA ;
Capter la provenance du surplus commercial s’il en existe. Autrement dit, est-ce-que le TEC a engendré une création ou un détournement des échanges ?
Mettre en évidence l’évolution des déterminants du commerce intra-UEMOA.
Afin d'atteindre ces objectifs, nous engageons l'analyse en utilisant deux approches : une approche descriptive et une approche économétrique. Premièrement, nous examinons l'évolution des tendances du commerce intra régional de l'UEMOA de 1995 à 2013 en utilisant
3 des données commerciales régionales. Deuxièmement, nous effectuons des analyses de régression sur deux sous-périodes3 en appliquant un modèle de gravité en vue de mettre en évidence l'évolution des principaux déterminants des échanges bilatéraux.
A cet égard, l'étude comprend trois chapitres. Le premier chapitre est consacré à la revue de littérature. Les aspects théoriques et empiriques relatifs à l'intégration monétaire et économique y sont abordés. Le deuxième fait l'état des lieux du commerce au sein de l'UEMOA. A cet effet, il met en évidence la structure interne et externe des échanges des pays membres de l'UEMOA.
Le dernier quant à lui, présente le modèle de gravité sous sa forme spécifiée, les résultats des estimations et les différentes analyses qui en découlent.
3Avant la mise en place du TEC : 1995-2000 et après la mise en place du TEC : 2001-2013.
4
Chapitre I : Revue de littérature
Le cadre théorique qui sous-tend le débat suscité dans le présent travail est la théorie des zones monétaires optimales (ZMO) et celle des unions douanières. En effet, l'adhésion à une union monétaire et économique est souvent considérée comme synonyme d'accepter de perdre le contrôle absolu de sa monnaie. Cette dernière étant pourtant considérée comme un symbole de souveraineté d'une nation. Cette idée a ainsi suscité tant d'études théoriques qu'empiriques.
I. Revue théorique de l'étude
L'existence d'un grand partenaire aux échanges réduit l'opportunité d'une politique monétaire autonome pour un petit pays, puisque la stabilité des échanges nécessite une certaine convergence des quelques variables macroéconomiques fondamentales. Ainsi, les petites économies, relativement ouvertes, auraient intérêt à se joindre à d'autres, dans le cadre d'une zone monétaire. Elles tireraient avantage de la stabilité de leurs échanges, sans subir de préjudice important lié à la renonciation à l'indépendance de la politique monétaire.
Les développements récents de la théorie des zones monétaires privilégient une analyse en termes d'économie politique et mettent l'accent sur la notion de crédibilité de la politique monétaire. Le plus grand bénéfice lié à l'appartenance à une Union monétaire, par rapport au coût de renonciation à la flexibilité des taux de change, serait la rigueur et la discipline qui découlent des engagements institutionnels pris au niveau supranational (Alésina et Barro 2002).
La crédibilité de ces engagements constitue le gage de l'efficacité de la politique monétaire et garantit donc la stabilité macroéconomique. Il ressort de l'analyse développée par Alésina et Barro que le type de pays le plus susceptible de renoncer à une monnaie propre serait un petit pays, marqué par un passé inflationniste et jouissant d'une proximité avec un grand pays réputé stable du point de vue monétaire. Aussi, les premières analyses théoriques sur les ZMO sont de Robert Mundell (1961) qui soutient qu'il y'a des avantages pour les régions qui utilisent une monnaie commune. Selon lui, l'union monétaire facilite le commerce international car un unique moyen des échanges réduit le coût des transactions. Toutefois, il stipule qu'une monnaie
5 commune peut être source de problème. Mundell conclut que la zone monétaire optimale est celle au sein de laquelle le facteur travail est mobile.
Les travaux de Mundell ont été complétés par ceux de McKinnon (1963). Ce dernier va proposer de son côté, à travers ses travaux intitulés « le degré d'ouverture des économies » comme critère à l'établissement d'une zone monétaire. Autrement dit, les coûts liés à l'abandon du taux de change comme instrument de politique économique diminuent en fonction du degré d'ouverture des économies et de l'importance de leurs échanges réciproques. Comme explication, il estime que plus une économie est ouverte, plus les prix nationaux sont affectés par les effets de variations du taux de change qui peuvent provoquer des modifications des coûts de production. Les variations de change auraient un fort impact sur les prix relatifs des biens, exprimés en monnaie locale pour les pays relativement ouverts. En effet, si l'ouverture est forte, toute dépréciation du change qui interviendrait en cas de changes flexibles aura un impact significatif sur le rapport demande locale sur demande externe. L'affectation des ressources sera ainsi fortement perturbée et l'impact des variations de change par la modification des prix relatifs sera très sensible. Par contre, si l'ouverture est faible, le secteur des biens non échangeables dominera ; ce qui aura pour effet d'atténuer le rôle perturbateur des variations de prix relatifs dues au change. Une parité fixe est donc préférable pour les économies ouvertes du fait que les variations du taux de change nominal auraient, sans doute, des effets sensibles sur leur compétitivité réelle. Par conséquent, (selon McKinnon (1963)), les économies ouvertes ont intérêt à constituer une zone monétaire afin d'éliminer les risques de change qui sont sources de fortes instabilités financières et économiques.
Mackinnon (1963), soutient que lorsqu'un petit pays échange avec un grand partenaire, il n'est pas à même de mener une politique monétaire totalement monotone. Les petits pays ouverts ont donc intérêt à former des unions monétaires pour garantir la stabilité de leurs échanges sans porter préjudice à l'indépendance de leur politique monétaire déjà limitée.
Kenen (1969), quant à lui, soutient qu'une plus forte diversification des économies conduit à peu de chocs asymétriques. Les pays qui ont donc une forte diversification des économies n'ont aucun avantage à conduire une politique monétaire nationale.
Frankel et Rose (1998) montrent que l'aptitude d'un pays à entrer dans une union monétaire dépend de l'intensité des échanges entre les membres de cette Union et la mesure dans laquelle ses cycles économiques sont corrélés avec ceux des autres membres.
6 Une attention est portée par Ingram (1969) et Johnson (1970) respectivement sur la mobilité des capitaux et sur la centralisation du budget. Selon ces auteurs, ces deux facteurs seraient importants pour l'optimalité d'une zone monétaire. En effet, les capitaux étant plus mobiles que le travail pourraient résorber les distorsions observées au niveau de la balance des paiements et le fédéralisme budgétaire est un bon moyen de compensation de l'absence d'ajustement par l'échange, et permet de contrer les effets de chocs asymétriques dans le système.
En ce qui concerne la théorique des unions douanières, nous mettons l'accent sur la théorie des unions douanières et son implication sur les flux commerciaux basée sur les travaux pionniers de J. Viner (1950) et ses extensions.
Avant d'aborder la théorie traditionnelle de l'intégration douanière, il est préférable dans un premier temps de rappeler son principe fondamental. La théorie traditionnelle de l'intégration douanière s'intéresse à une situation dans laquelle la rentabilité, le progrès technologique, les goûts des individus et les formes de l'organisation économique sont tous considérés comme des constantes.
Cette théorie fut véritablement abordée en 1950 d'une manière complète suite aux travaux de VINER. En effet, VINER a montré que l'union douanière ajoute une condition supplémentaire à l'optimum parétien de libre-échange. Pour lui, ce gain est la différence entre le commerce créé (une augmentation du commerce entre les pays membre de l'union) et le commerce détourné (une réduction du commerce avec le reste du monde). Cette analyse de VINER des effets de l'union douanière permet d'apprécier les effets de court terme de l'intégration économique.
Créer une union douanière permet d'éliminer les droits de douane entre les pays membres et à ériger un tarif extérieur commun4. Si ce dernier est calculé de manière à rendre compétitive l'offre des pays partenaires qui sont membres de l'union, le prix mondial après tarif du produit sera supérieur aux prix d'offre du pays partenaire communautaire. Par conséquent le reste du monde serait éliminé sur le marché communautaire. Le prix d'offre du pays partenaire s'impose alors sur le marché domestique. Cela engendre donc un détournement de trafic du reste du monde au profit d'un partenaire de l'union.
VINER montre ensuite que pour que l'effet net qui est en fait l’effet de création auquel au soustrait l'effet e détournement soit positif il faut : une protection initiale élevée, une élasticité prix des importations élevée et que le partenaire dispose d'un coût de production proche du prix
4Souvent calculé sur la base d'une moyenne des anciens droits nationaux des pays.
7 mondial. Ainsi, on obtient un effet de création nul si le prix du partenaire est égal au prix domestique et un détournement nul si le prix du partenaire est égal au prix mondial. Le gain net quant à lui est d'autant plus probable que les pays sont différents en termes d'avantages comparatifs et donc de prix relatifs. Plus ces prix relatifs sont différents, plus l'accord régional
« réplique » le libre-échange mondial et donc plus le gain net est important.
Cependant on remarque que l'analyse menée précédemment ne s'intéresse pas au commerce avec le reste du monde après la constitution de l'union. Un résultat connu sous le nom de théorème de Kemp et Wan est qu'il est toujours possible dans ce cadre de choisir un tarif extérieur commun qui maintienne les importations en provenance du reste du monde constantes et garantisse que l'union soit purement créatrice de commerce. Il existe ainsi une possibilité de manipulation optimale du tarif extérieur commun par les pays de l'union qui serait néfaste au bien-être mondial. On remarque donc que l'analyse de VINER se limite au problème de trafic.
Des auteurs comme MEADE, BYE et GEHRELS ont élargi ces travaux en appliquant aussi bien aux modèles de production qu'à celui de consommation. Mais, l'analyse de VINER reste indispensable pour analyser les problèmes d'intégration.
La logique de VINER est simple à comprendre. En effet, considérons une zone d'intégration douanière et le reste du monde. Admettons que deux ou plusieurs pays décident de supprimer leur barrière douanière et d'adopter un tarif extérieur commun. Si l'un des pays membres établit un droit de douane, trois possibilités peuvent se présenter :
Si le pays qui établit le tarif produit à un coût d'opportunité inférieur à ses partenaires, il sera alors exportateur de ce bien et il n'aura aucun avantage comparatif pour l'importation de ce produit. Dans ce cas-là, le tarif douanier ne joue aucun rôle de protection et il est réellement inutile.
Si la somme du prix établi chez le partenaire et du droit de douane est supérieure au prix du pays, le pays considéré n'a aucun avantage à importer ce bien et, dans ce cas, le tarif est prohibitif.
Dans le dernier cas possible, c'est-à-dire lorsque la somme du droit et du prix établi chez l'autre pays membre de la zone est inférieur au prix du pays, alors le pays est importateur.
En parcourant la littérature sur le thème de l'intégration économique et monétaire depuis le début des années 50, et au-delà de la diversité des travaux, on peut mettre seulement en évidence deux faits. Le premier est que les développements ont tourné principalement autour de la théorie des unions douanières et opposaient deux conceptions analytiques différentes. Il y'a d'abord les analyses des classiques qui montrent l'importance des mécanismes de marchés et fondent
8 l'intégration sur l'échange et ensuite celles de la conception volontariste qui ne croient pas aux vertus des lois du marché et mettent l'accent sur les politiques, sur la production et non sur l'échange. Cette dernière conception est complétée par une autre, qui ne s'en démarque que très légèrement, c'est-à-dire, la conception organisationnelle qui, en plus des politiques volontaristes insiste sur l'harmonisation des règles. Le deuxième fait est que ces analyses ont considéré l'intégration Comme un processus graduel, allant de l'économie réelle à l'économie monétaire comme l'atteste les différentes étapes de l'analyse de B. Balassa :
La première étape du développement de Balassa est la zone de libre-échange ou les droits de douanes et les restrictions quantitatives sont abolies entre les pays participants, mais où chacun d'eux conserve ses propres tarifs douaniers avec les pays non-membres.
La deuxième est l'Union douanière, qui tout en supprimant toutes les discriminations en ce qui concerne les mouvements de marchandises à l'intérieur de l'Union, égalise les tarifs douaniers dans le commerce, avec les pays extérieurs par l'établissement d'un Tarif commun, appliqué à tout produit importé en dehors de l'Union douanière.
La Troisième étape est le marché commun. Elle conduit à une intégration complète, puisque l'abolition des restrictions, ne concerne pas seulement les échanges de produits, comme dans l'Union douanière, mais aussi, les mouvements des facteurs de production, la mobilité parfaite de ceux-ci dans l'optique de réaliser l'optimum économique.
La quatrième étape apparaît avec l'Union économique qui, en plus de la suppression des restrictions concernant les mouvements de capitaux, exige une certaine harmonisation des politiques économiques nationales, afin d'éliminer les discriminations dues à des disparités qui peuvent naître des politiques de libéralisation. Les mesures d'harmonisation concernent les domaines des politiques monétaire, financière, commerciale et sociale.
La cinquième étape est l'intégration économique parfaite, qui suppose l'unification des politiques monétaires, fiscales, commerciales, sociales et requiert l'établissement d'une autorité supranationale dont les décisions lient les Etats-membres.
Les effets théoriques du commerce international semblent très bien identifiés et présentent moins de controverses au regard des impacts de l’union monétaire sur le commerce. Nous présentons dans la section qui suit quelques études empiriques.
9
II. Revue empirique de l'étude
Les décennies récentes sont marquées par de nombreuses études empiriques portant sur l'impact des unions monétaires sur le commerce. Nous distinguons les études menées en Afrique et celles menées hors de l'Afrique.
1. Etudes hors Afrique
Frankel et Wei (1993) ont utilisé le modèle de gravité afin d'examiner la structure des échanges bilatéraux à travers le monde. Ils montrent que le taux de change joue un rôle important dans les échanges commerciaux internationaux. Adam et Cobham (2007) ont fait une analyse des effets sur le commerce d'un ensemble de régimes de change. Selon ces auteurs, la participation à une Union monétaire est généralement très pro-commerce.
La première étude considérée comme la plus célèbre, ayant fait une évaluation empirique de l'impact de l'union monétaire sur les flux commerciaux est celle de Rose (2000). En effet, il a utilisé un modèle de gravité du commerce bilatéral en y introduisant l'union monétaire représentée par une variable binaire. Cette variable prenait la valeur 1 ou 0 pour deux pays selon qu'ils appartiennent à la même union monétaire ou pas. En introduisant d'autres variables de contrôle telles que le partage d'une frontière commune, un langage commun, des liens coloniaux, l'appartenance à une même zone de libre-échange, etc., il constate que deux pays qui partagent une monnaie commune échangent trois fois plus que des pays similaires ayant des monnaies différentes. L'article de Rose (2000) a suscité de nombreuses critiques concernant l'ampleur de l'effet de la monnaie commune. Ces critiques ont porté, pour la plupart, sur l'existence de biais dans les résultats notamment un biais d'auto-sélection (Persson, 2001 ; Tenreyro, 2002), un biais d'agrégation (Nitsch, 2004), et un biais dû à la présence de variables endogènes. Pour Persson (2001), les résultats de l'article de Rose (2000) seraient biaisés à cause de l'existence d'un phénomène d'auto-sélection5. En effet, il pourrait exister une corrélation entre l'union monétaire et des déterminants du commerce. Par exemple, des petits ou pauvres
5La probabilité pour deux pays d'adopter une même monnaie est non aléatoire et pourrait dépendre de certaines variables explicatives.
10 pays peuvent commercer davantage entre eux non pas parce qu'ils ont une monnaie commune, mais parce qu'ils partagent des caractéristiques géographiques et culturelles communes.
Une telle corrélation, si elle existe, ne permet pas de comparer les pays ayant une monnaie commune aux autres pays de l'échantillon. On ne peut donc pas conclure que l'union monétaire accroît le commerce, toutes choses égales par ailleurs.
Pour corriger donc ce biais d'auto-sélection, Persson (2001) utilise une méthode d'appariement (matching method). D'abord, il cherche à trouver les déterminants des unions monétaires et calcule un score de propension d'union monétaire pour chaque couple de pays. Ensuite, pour chacune de ses couples, il constitue un groupe de contrôle constitué de pays ayant chacun leur propre monnaie, mais qui ont des caractéristiques du couple de pays en union monétaire selon le score de propension. Enfin, il estime les effets de l'union monétaire sur le commerce en utilisant exclusivement les couples de pays en union monétaire et leurs groupes de contrôle.
Ainsi, il trouve que l'effet des unions monétaires sur le commerce, compris entre 13% et 25%, est faible.
Tenreyro (2001) tente aussi de corriger le biais d'auto-sélection présente dans la méthode de Rose (2000). Elle estime d'abord la probabilité que deux pays adoptent une monnaie commune, puis vérifie les impacts des unions monétaires sur le commerce après avoir expliqué l'auto- sélection. Elle trouve que l'union monétaire accroît le commerce en son sein de 60%.
Selon A. Micco, E. Stein et G. Ordoñez (2002), l'un des problèmes constatés dans l'étude de Rose (2000) est que la plupart des unions monétaires dans l'échantillon sont constituées soit par des pays très petits ou pauvres partageant une monnaie commune (comme les pays de la zone CFA en Afrique) soit par des pays très petits ou pauvres adoptant la monnaie des grands pays (comme la Réunion et la France). Selon eux, ces résultats sont difficilement extensibles à des pays plus grands.
Lochard (2005) soutient qu'introduire des variables muettes permettant d'isoler chaque type d'unions monétaires, peut réduire le biais d'agrégation. En procédant ainsi, elle obtient un accroissement du commerce de 238%. Elle conclut alors que l'effet large obtenu par Rose est dû au poids des unions unilatérales dans son échantillon.
En somme, la plupart des études suscitées par les résultats de Rose (2000) ont adopté d'autres méthodologies ayant abouti à des ampleurs plus faibles. Elles restent toutefois unanimes que l'union monétaire accroît le commerce.
11
2. Etude en Afrique
Carrère (2004) évalue l'impact des accords régionaux sur le commerce en Afrique subsaharienne sur la période 1962-1996 à partir d'un modèle de gravité estimé en panel. Les résultats indiquent que suite à leur mise en œuvre, les accords commerciaux régionaux africains ont été à l'origine d'une augmentation significative des échanges entre les membres. Elle trouve également que les unions monétaires en vigueur dans la zone CFA ont fortement accru cet effet positif.
Avom D. (2005) cherche les déterminants du commerce intra-UEMOA à partir d'un modèle de gravité en mettant l'accent sur les réformes économiques intervenues dans les années 1980- 1990. Il scinde leur période d'étude en deux : 1990-1994 et 1996-2000. Ils trouvent que l'intégration régionale accroît substantiellement les échanges entre les Etats membres de l'Union.
Agbodji (2007) tente d'isoler les impacts de l'union monétaire et économique sur les échanges intra-UEMOA. A l'aide d'un modèle de gravité dynamique amélioré, il montre que l'appartenance à la zone UEMOA et la mise en œuvre des réformes économiques ont eu des effets significatifs en termes de détournement6 des importations et des exportations même si les distorsions économiques, considérées comme des incitations aux échanges commerciaux frauduleux, ont significativement réduit les échanges commerciaux bilatéraux dans l'union.
Ces travaux ont inspirées plusieurs investigations empiriques au sein de la CEDEAO. Dans le contexte des pays de l'UEMOA, Masson et Pattillo (2004), se servant d'un modèle de gravité montrent que le volume des échanges au sein des unions monétaires en Afrique est trois (3) fois plus élevé qu'il ne l'est dans les autres pays du continent. Toujours à l'aide d'un modèle de gravité, Diop (2007) montre que les facteurs géographiques et structurels, ainsi que l'appartenance à l'UEMOA déterminent l'intensité des flux d'échanges bilatéraux en Afrique de l'Ouest. Il montre également que l'impact de la monnaie commune se traduit par une création nette de commerce au sein de la zone.
6Traduit le fait que les pays membres échangent plus qu'avant la mise en place de l'Union au détriment des autres pays non membres.
12 Decaluwé et al. (1998) ont évalué les effets potentiels de la création d'une union douanière dans zone UEMOA à l'aide d'un modèle d'équilibre général calculable statique et multi pays. Après avoir effectué des simulations, ils ont montré que l'union douanière est bénéfique sur le bien- être dans presque tous les pays bien que les économies soient différentes. Par ailleurs, ils ont conclus que la création d'une zone de libre-échange n'engendre que de faibles gains par rapport à ceux de l'union douanière puisque la mise en place de l'union douanière a une incidence positive sur les échanges régionaux au sein de l'union qui augmentent de près de 9%. Toutefois ils soulignent que les gains de bien-être mentionnés dans l'étude sont probablement sous- estimés. En effet, la prise en compte dans l'analyse des barrières non tarifaires et des effets d'accumulation des facteurs aurait sans doute généré des gains plus substantiels. Laporte (1996) de son côté, montre en utilisant un modèle de gravité incluant les 15 pays de la CEDEAO comment l'UEMOA pourrait s'affirmer comme le pôle de développement durable en Afrique de l'ouest.
N'garesseum et Gbetnkom et Avom respectivement en 2003 et 2005 ont étudié l'impact spécifique de l'UEMOA sur le commerce intra-communautaire. Leurs résultats convergents, puisque leurs travaux révèlent que l'intégration régionale entraine une hausse des échanges entre les Etats membres de l'union après les réformes économiques. Aussi, ils soutiennent qu’il existe de potentialités commerciales entre les économies des pays membres de l’UEMOA.
Toutefois les données utilisées ne s'arrêtent qu'en 2000.
13
Chapitre II : Etat des lieux des échanges au sein de l'UEMOA
Cette analyse se divise en deux sections. La première section présente l'environnement économique de l'UEMOA dans un contexte mondial tout en précisant la nature des échanges.
Quant à la deuxième, elle se rapport à l'évolution de certains indicateurs qui sont associés aux échanges intra-UEMOA.
I. Environnement économique de l'UEMOA
Dans cette sous-section, il s'agira de faire une analyse descriptive sur le niveau d'intégration au sein de l'UEMOA. Retenons tout au long de cette analyse que l'un des objectifs de l'Union est d'accroître les échanges entre les Etats membres, tout en renforçant leur présence sur le marché international.
1. Commerce intra et extra-UEMOA
Nous affichons ici l'évolution du commerce intra-UEMOA qui représente le commerce total au sein de l'union et celle du commerce extra-UEMOA qui représente le commerce total de l'union vis-à-vis de l'extérieur.
Graphique 1 : Evolution du commerce intra et extra UEMOA
Source : Données CSTAT, nos calculs
0 5000 10000 15000 20000 25000 30000 35000
1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014
En Milliards de F CFA
Commerce extra-UEMOA Commerce intra-UEMOA
14 L'examen des tendances sur le graphique 1 révèle que le niveau de participation des Etats membres au commerce intra régional n'a pas fondamentalement varié. Cependant nous notons une croissance plus significative au niveau des échanges avec l'extérieur.
Nous notons que les flux commerciaux des pays de l'UEMOA sont majoritairement orientés vers le reste du monde7. Le commerce intra-UEMOA reste peu développé malgré les différentes politiques d'intégration. Cela peut s'expliquer par le fait que les exportations des pays de l'UEMOA se composent principalement de produits primaires à faibles valeurs ajoutées (café, cacao, coton, arachide) et de produits miniers (or, pétrole, uranium, phosphate), tandis que les importations sont principalement constituées de produits alimentaires (le riz principalement), de produits pétroliers et de biens d'équipement qui ne sont pas produites dans l'union.
Analysons maintenant le poids de l'UEMOA dans le commerce mondial. Le graphique suivant montre son évolution :
Graphique 2 : Evolution du poids de l'UEMOA (en %)
Source : Données CSTAT, nos calculs
L'analyse du graphique 2 ci-dessus montre que le poids de l'UEMOA connait au fil des années une amélioration. En effet, il est resté pratiquement stable autour de 0,10% sur la période 1995- 2008. Il passe autour de 0,15% de 2009 à 2012 et connait une hausse en 2013 avec 0,22%. Ce pic en 2013 s'explique par le fait que les pays membres, en particulier le Burkina et le Mali sont
7Le principal partenaire commercial étant l'Union Européenne (plus de 2/3 des exportations), en particulier la France.
0 0,05 0,1 0,15 0,2 0,25
1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014
En pourcentage (%)
15 devenus subitement grands exportateurs d'or et de zinc. Ce qui aurait pour conséquence l'augmentation des exportations extra-UEMOA donc du poids de l'UEMOA dans le commerce mondial.
2. Evolution des échanges par grandes catégories de produits
Le graphique 3 montre l'évolution les exportations extra-UEMOA par grandes catégories de produits sur la période d'étude.
Graphique 3 : Exportations extra-communautaires par produits (en %)
Source : Données CSTAT, nos calculs
L'analyse du graphique 3 montre que hors de la zone UEMOA, les Etats membres exportent essentiellement des produits agricoles sur toute la période. En 1995, l'exportation des produits agricoles représentait environ 80% des exportations totales hors UEMOA. Mais ce poids connait une baisse au cours du temps, et il ne représente que 40% en 2013. Cela est dû au fait que l'industrialisation devient de plus en plus une réalité8 dans les Etats membres de l'UEMOA.
Non seulement les produits agricoles sont de plus en plus transformés sur place faisant décroitre ainsi la part des produits agricoles dans les exportations mais on assiste aussi à un accroissement
8Même si ce niveau reste encore très faible.
0 20 40 60 80 100 120
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
En pourcentage (%)
Produits agricoles Produits des industries extratives Produits manufacturés Autres produits
16 des produits d'extraction. La plupart des exportations des pays membres concerne les produits utilisés pour l'approvisionnement industriel.
Ces produits sont principalement l'or non monétaire, le coton et les matières premières non transformées, traduisant une faiblesse du tissu industriel national donc de sa compétitivité. Un niveau de développement industriel plus élevé pourrait non seulement contribuer à transformer ces produits locaux, mais aussi permettre de disposer sur le marché local des produits de consommation substituables aux importations.
Qu'en est-il des importations extra-UEMOA?
Graphique 4 : Importations extra-UEMOA par produits (en %)
Source : Données CSTAT, nos calculs
L'examen du graphique 4 révèle que les produits importés hors de la zone UEMOA sont constitués principalement de produits industriels et agroalimentaires. Sur toute la période, la part des importations de l'UEMOA en produits manufacturés est restée supérieure à 50% des importations totales. Une analyse plus approfondie montre que les produits les plus importés sont les combustibles et huiles minérales, les céréales (le riz principalement), les machines, engins et appareils mécaniques, les voitures automobiles, tracteurs, cycles et autres véhicules terrestres et les machines et appareils électrique. Mais la prépondérance des produits alimentaires et les biens de consommation durables tels que les moyens de transports sont
0 20 40 60 80 100 120
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
En pourcentage (%)
Produits agricoles Produits des industries extratives Produits manufacturés Autres produits
17 nécessaires pour accompagner l'intégration en facilitant non seulement la mobilité mais aussi le processus de production. Parmi les biens de consommation durables nous notons que les véhicules, les appareils électroménagers et les produits dérivés du pétrole sont les principaux produits importés.
Selon les Nations Unions, en 2013 la liste suivante résume les principaux produits d'exportations des pays membres de l'UEMOA :
Tableau 1: Principaux produits d'exportations par pays
Bénin Coton (59%), noix (11%)
Burkina Faso Coton (64%), Or (17%)
Cote d'Ivoire Cacao (61%)
Guinée-Bissau Noix (85%)
Mali Coton (85%)
Niger Uranium (54%), bétail (20%)
Sénégal Pétrole raffiné (16%), dérivés du phosphore (12%)
Togo Ciment (29%), coton (13%)
Source : Données CSTAT, nos calculs
Ainsi, comme la plus part des pays, la différence de spécialisation est en grande partie liée à la situation géographique. Au cours de ces dernières années on distingue trois groupes de pays au sein de l'UEMOA. Le premier groupe constitué du Bénin, de la Côte d'Ivoire et de la Guinée- Bissau est caractérisé par des exportations dont plus de la moitié porte sur des produits agricoles. Le deuxième groupe (Burkina Faso, Mali et Niger) est caractérisé par des exportations dominées par les produits issus des industries extractives. Le troisième groupe (Sénégal et Togo) a des exportations variées sans prépondérance de groupe particulier de produits. En ce qui concerne le commerce intra-UEMOA, nous établissons la matrice des échanges présentée au sein de l'Union afin d'en dégager les liens de partenariat existants entre les Etats membres. En ce qui concerne les pays partenaires, le Niger a exporté pour la plus grande part vers le Burkina Faso (plus de 95%). La Côte d'Ivoire a exporté également beaucoup plus vers le Burkina Faso (environ 40%) et le Mali (environ 30%). Par contre, ses importations intracommunautaires ont été principalement d'origine Malienne (environ 53 Milliards de F CFA), Sénégalaise (environ 46 Milliards de F CFA). Le Sénégal, a eu comme principaux clients pour ses exportations vers les pays de l'Union, le Mali (62,37%), la Côte d'Ivoire (15,92%) et
18 le Burkina Faso (9,63%). Au même moment, 88,6% de ses besoins communautaires étaient pourvus par la Côte d'Ivoire.
Tableau 2 : Matrice moyenne des échanges en Millions de F CFA Exportateurs
/Partenaires Bénin BF RCI Mali Niger Sénégal Togo Total Bénin -- 2 017 3 555 436 11 440 568 6 863 24 879
BF 3 638 -- 20 337 9 530 10 364 783 6 999 51 651
RCI 33 277 239 549 -- 180 363 27 432 66 237 52 357 599 215 Mali 15 221 40 798 52 566 -- 1 872 27 563 980 139 000 Niger 12 661 643 417 3 815 7 283 -- 90 4 246 671 512 Sénégal 11 730 27 752 45 882 179 735 8 141 -- 14 911 288 151 Togo 59 321 93 994 10 581 11 949 53 263 4 976 -- 234 084 Total 135 848 1 047 527 136 736 389 296 112 512 100 217 86 356 2 008 492 Source : Données CSTAT, nos calculs
Les principaux produits9 échangés au sein de l'Union sont constituées de : Tableau 3: Les principaux produits échangés au sein de l'UEMOA
Produits Chapitres
Combustibles minéraux, huiles minérales Chap. 27
Ciments, chaux, plâtres, souffre, sel Chap. 25
Graisses et huiles animales ou végétales chap. 15
Engrais Chap.31
Préparations alimentaires diverses Chap. 21
Tabacs et succédanés de tabac fabriqués Chap. 24
Poissons Chap. 3
Matières plastiques et ouvrages en ces matières chap. 39
Fer, acier, fonte Chap. 72
Savons, agents de surfaces, cires, produits d'entretien Chap. 34 Source : Données CSTAT, nos calculs
Il est important donc de faire ressortir la situation dans chaque pays :
Bénin : les exportations béninoises vers les autres Etats membres sont constituées de toiles de coton, de fer, de ciments, de tourteaux et de gaz butane.
9D'après le rapport 2014 sur la surveillance commerciale de l'UEMOA, plus de 90% de la valeur des produits échangés se concentrent sur une quinzaine de chapitres de la nomenclature tarifaire de l'UEMOA.
19 Burkina Faso : l'année 2013 mérite une attention particulière. En effet, le zinc qui n'était pas parmi les principaux produits exportés au sein de l'Union s'est trouvé au premier rang. Ainsi, 20,3% de ses exportations vers les autres Etats au sein de l'Union ont concerné ce seul produit contre 0% en 2012 et 2011. Cependant, il faut noter que la majeure partie de ce produit a pour destination le port d'Abidjan en vue d'exportation vers les marchés internationaux. En réalité, la Côte d'Ivoire n'est qu'un pays de transit. En dehors du zinc, le Burkina est reconnu comme exportateur de produits agropastoraux non transformés comme par exemple le sésame, les animaux vivants, le haricot sec.
Côte d'Ivoire : La moitié (50,2%) des exportations ivoiriennes (en valeur) vers les autres Etats membres de l'Union est constituée entre autres de supercarburant (11%), d'huile à base de palme (8,3%), d'énergie électrique (4%) et de tabac à fumer.
Mali : les exportations vers les autres Etats membres sont constituées de bovins ou d'ovins (41,7%), d'engrais minéraux ou chimiques (34,2%), d'huiles moyennes ou de préparation de pétrole (16,7%).
Niger : exporte dans la zone UEMOA essentiellement des produits pétroliers et agricoles. Les produits agricoles exportés sont constitués d'oignon en 2013 (77 000 tonnes), de haricot et de sésame. Les exportations du Niger vers la zone UEMOA sont très peu diversifiées.
Sénégal : Classé deuxième pays le plus géant exportateur au sein de l'Union, il offre principalement aux autres Etats membres, du Ciment (20,3%), des huiles moyennes ou lourdes (15,2%), des bouillons pour la préparation alimentaire (12,1%), du poisson (7,9%), du sel (2,7%), etc.
Togo : exporte dans la zone UEMOA, principalement du ciment (31,4%), les eaux minérales et boissons gazeuses (5,7%), les engrais (2,8%), les sacs, sachets et pochettes en polyéthylène (2,5%), les mèches et similaires en matières synthétiques (1,6%).
3. Evolution des PIB par tête et des IDE dans les pays de l'UEMOA
Le meilleur indicateur qui sert à évaluer la production de biens et services d'un pays pendant une année donnée est le Produit Intérieur Brut (PIB). Par contre la croissance économique est captée par le PIB par habitant. Il illustre l'importance de l'activité économique d'un pays ou encore la grandeur de sa richesse générée pour chaque individu. Nous analyserons l'évolution des PIB par tête dans un premier temps et celle des IDE dans un second temps des pays membres de l'UEMOA à l'exception de la Guinée-Bissau.
20 Graphique 5 : Evolution des PIB par tête des pays membres de l'UEMOA
Source : Données WDI, nos calculs
Les différentes évolutions des PIB par tête des pays de l'UEMOA ont suivi une tendance croissante de 1995 à 2013. Globalement, la Côte d'Ivoire se démarque des autres pays. Son PIB par tête est environ trois fois ceux des autres pays à l'exception du Sénégal. En effet, en 2013, le PIB par tête de la Côte d’Ivoire s’est chiffré à plus de 1540 dollars alors que le Niger affiche 430 dollars environ, le Togo affiche autour de 636 dollars et le Sénégal environ 1046 dollars.
Nous notons une légère baisse en 2011 qui est sans doute dû à la crise post-électorale en Côte d’Ivoire. Le Sénégal vient en deuxième position.
Quant aux autres pays c'est à dire le Bénin, le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Togo, ils étaient pratiquement au même niveau de 1995 jusqu'en 2000 avant de s'écarter de façon considérable. Le Niger est le pays qui affiche le PIB par tête le plus faible dans l'Union.
En ce qui concerne l'évolution des Investissements Directs Etrangers, nous observons les tendances suivantes :
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 1600 1800
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
En dollar par tête
Benin Burkina Faso Cote d'Ivoire Mali Niger Sénégal Togo
21 Graphique 6 : Evolution des IDE des pays membres de l'UEMOA
Source : Données WDI, nos calculs
Les flux nets d'IDE en direction du Bénin se sont accrus en moyenne de 1995 à 2013. En effet, de 40,0 millions de dollars US en 1995, ils sont passés à un peu plus de 200,5 millions de dollars en 2013. L'ampleur des flux enregistrés en 2007 et 2008 est en ligne notamment avec la construction d'une nouvelle cimenterie et les investissements du Groupe BOLLORE au port de Cotonou. Les flux d'investissements directs étrangers au Burkina ont progressé également. La hausse observée en 2006 est marquée par l'opération de cession des parts de l'Etat dans le capital de l'Office National des Télécommunications (ONATEL) à un privé étranger (Maroc-Télécom) pour un montant de 144,3 milliards de FCFA. En dehors du secteur des télécommunications, les flux d'IDE ont été orientés principalement entre 2010 et 2013 vers les secteurs des mines, en relation avec l'exploitation de mines d'or et de zinc. La hausse globale observée entre 2003 et 2007 s'explique par l'arrivée de nouveaux investisseurs pour la mise en valeur du gisement de fer du Mont Nimba et pour l'exploitation du bloc pétrolier CI-102. S'agissant des flux reçus sur la période 2008-2011, ils ont été sensibles aux effets des crises économique et financière récentes. La Côte d'Ivoire est passée de la première à la troisième place des bénéficiaires d'IDE dans l'Union depuis 2009. Les investissements directs étrangers ont progressé à un rythme considérable 2000-2013 au Mali. En effet, ce pays a enregistré en 2009, une opération de privatisation de la SOTELMA, pour un coût évalué à 180,4 milliards. L'évolution des investissements directs étrangers au Niger s'est caractérisée par une tendance haussière depuis 2002, avec une accélération de son rythme à partir de 2006-2013. En effet, les flux entrant d'IDE
-200 0 200 400 600 800 1000 1200
1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014
En millions de $ US
Benin Burkina Faso Cote d'Ivoire Mali Niger Senegal Togo
22 se sont accrus de 76,3% en moyenne par an sur la période 2006-2013. Cette orientation est en rapport avec l'intensification des activités minières (pétrole et uranium notamment). Les flux d'IDE au Sénégal sont marqués par une évolution irrégulière au cours de la période 2000-2005, suivie d'une phase de hausse continue et soutenue de 2006 à 2013. Au cours de cette dernière période, le Sénégal est le quatrième pays ayant reçu le plus d'IDE dans l'Union après le Niger, la Côte d'Ivoire et le Mali. Les flux nets d'IDE à destination du Togo se sont accrus de façon non significative de 1995 à 2005, avant d'amorcer une tendance haussière à partir de 2010, pour atteindre 700 millions de dollars US.
II. Analyse de quelques indicateurs
Parfois pour évaluer la complémentarité entre les pays d'une même zone économique on utilise l'intensité des échanges qui s'avèrent être un indicateur adapté. Dans cette section, nous analyserons quelques indicateurs du commerce intra-UEMOA.
Taux de couverture et d'ouverture
L'impact du commerce intra UEMOA sur la production, la consommation et le bien être est tributaire des rapports de prix internationaux qui s'établissent. D'où la nécessité de faire recours aux termes de l'échange. Sur le graphique suivant nous représentons conjointement le taux de couverture intra-UEMOA, le taux de couverture extra-UEMOA et le taux d'ouverture.
Graphique 7 : Evolution du taux de couverture et d'ouverture
Source : Données CSTAT, DOTS, nos calculs
0 20 40 60 80 100 120 140 160 180
1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
en pourcentage (%)
Taux de couverture intra-UEMOA Taux de couverture extra-UEMOA Taux d'ouverture
23 L'analyse du graphique 7 ci-dessus indique que tout au long de la période, le taux de couverture intra (TCI)10 est resté supérieur à 100% sauf en 2011. Cette chute de performance serait due à la crise ivoirienne car la Côte d'Ivoire est un maillon très important de l'espace. Ceci révèle que la situation est favorable dans l'optique du commerce intra-UEMOA. Ce qui n'est pas le cas pour le commerce extra UEMOA où le taux de couverture est inférieur à 100% sur toute la période. Il révèle aussi un taux d'ouverture commerciale11 en nette progression depuis le début des années 1995, en raison d'une forte augmentation des flux commerciaux et d'importantes mutations en termes de diversification de produits et de partenaires.
Taux de croissance de la balance commerciale intra-UEMOA
Le graphique 8 ci-dessous présente le taux de croissance de la balance commerciale.
Graphique 8 : Evolution du taux de croissance de la balance commerciale intra-UEMOA
Source : Données CSTAT, nos calculs
Il ressort de ce graphique que le taux de croissance de la balance commerciale tout au long de la période d'étude évolue autour de 100%. Cependant, on note qu'en termes de solde, elle évolue elle est restée excédentaire sauf en 2011. Cela pourra être expliqué par la crise ivoirienne qui a fait chuter les exportations de l'Union. Il est parfois d'une croissance à taux positif et négatif tout au long de la période. Le pic de ce solde est atteint en termes de croissance en 2004. En effet, les filières agricoles ont vu leur influence diminuer, face à une montée fulgurante des ventes extérieures de produits miniers et pétroliers en 2004. Sur la période 2005-2011, le groupe
10TCI= prix à l′exportation prix des importations𝑥100.
11 Mesure du poids des échanges extérieurs dans l'activité. Il se calcul de la façon suivante : TO=X+M
2𝑃𝐼𝐵𝑥100 -700
-600 -500 -400 -300 -200 -100 0 100 200
2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014
24 composé du pétrole, de l'or et de l'uranium a procuré l'équivalent de 38,3% des recettes d'exportation contre 25,3% pour le cacao, le coton et le café. Cependant l'analyse de cette balance commerciale par pays cache d'importantes disparités au sein des pays membres de l'UEMOA. En effet, en faisant la moyenne sur la période d'étude on constate que seuls la Côte d'Ivoire et le Sénégal ont réalisé une balance commerciale intra zone excédentaire. Les autres pays présentent par contre une balance déficitaire qui pourrait s'expliquer par la prolifération des opportunités dans l'importation des produits et une faible capacité de production de produits pour l'export.
Coefficient d'intégration
Cet indicateur12 vise à mesurer l'effort d'intégration qui s'opère au sein des pays de l'UEMOA en matière des échanges commerciaux en son sein et par rapport au reste du monde. Le graphique suivant nous permet d'apprécier cet effort.
Graphique 9 : Coefficient d'intégration de l'UEMOA
Source : Données CSTAT, DOTS, nos calculs
Le graphique 9 fait ressortir en fait les failles de fonctionnement au sein de l'Union. On note que malgré l'appartenance à une union monétaire dotée de surcroit d'un Tarif Extérieur Commun et d'un taux de change commun, la grande partie du commerce qu'effectuent ces pays est tournée vers le reste du monde (surtout l'Europe). Tout au long de la période, ce coefficient d'intégration oscille entre 11% et 15%. Ce qui est très faible par rapport à l'objectif escompté (25%). On a aussi, pour UE : 73,8% ; 56% pour la ALENA et 50,3% pour L'ASEAN.
12Il se calcule de la façon suivante : 𝑉𝑎𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑑𝑢 𝑐𝑜𝑚𝑚𝑒𝑟𝑐𝑒 𝑖𝑛𝑡𝑟𝑎 𝑉𝑎𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑑𝑢 𝑐𝑜𝑚𝑚𝑒𝑟𝑐𝑒 𝑒𝑥𝑡𝑟𝑎𝑥100 0
2 4 6 8 10 12 14 16
2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014
En pourcentage (%)