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Industrialisation par substitution importation au Mali

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Academic year: 2022

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•,

INDUSTRILLISLT ION

rf~

SUBSTITUTION D

1

UfPORT J;T! ONS ilU IIJ.LI

Pn,ge 1

Le r8le de 1' industrialisi:ttion dans le développement économique du f.Iali est un vaste sujèt d'étude qui mérite des recherches approfondies dans le sens de l'appréhension des méconismes essentiels p2r lesquels l'industrialisa- tion contrï buc à 2.pprofondir la dépendance de l'économie malienne vis à vis de

,'· -·1 .

l'extérieur. Los données stu..tistiques officielles actuellement disponibles ne sont p2.s do nature a faciliter de telles recherches. Cette difficulté nous vaut dans les qualqUes pages qui suivent, de nous limiter à c1égager •quclques trni ts dbminnnts de l 'industrü..Jisation malienne et à proposer une orient d ion

d'~alysd dos mécanismes de l'extraversion.

Le secteur industriel malien ét~t pratiquement inexistant en 1960

lorsque le pcys accédait à l'indépendance po1i tique. L'industrie malienne cl..ont le produit représentait CNclquc

2 %

de la production intérieure brute occupait à cotte époque, 900 sal2riés environ ct réalisait un chiffre d'affaires de moins-d'un milliard de francs dont 160 millions de frnnds versés nu titre des salaires.

·Le premier plan QUinc~ennal

(1 96 1-1966)

dont,les grandes orientations sc fondaient, entre autres, sur lo, croy3!lce que l'industrialisation est un des moyens essentiels ~ft.itân~;tion -de la dépend<l.l'lce économique vis à vis de l'oxt'ôriour ct avait pour objectifs principaux, do jeter les bases d'une éco- nomie ple.nifiée diversifiée p2.r ln vnlorisd ion des procl..ui ts ae;ricoles. Lo remplacement des importations par la production locale de produits industriels pour le marché interne clvvenait do cc fait la stratégie officielle qui elevait _permettre d'imposer à l'économie nationale un rythme do croissance accélérée

tout en assurant les ch2ngomonts nécessaires à sa structure. L'objectif on matière cl' industrialisation c~u programme dit cle rodrossomcnt économique formulé au lendemain cl..o la chute de IIocli bo Keita, pour la période

1 970-1 972

no diffé- rait pas fonclamentéü oment clo celui du premier "plan" quinquennal ct visait, en plus do la création do nouvelles unités, à assurer la viabilité économic~e

des entreprises existantes.

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CS/2612-2 Pe.ge 2

Le l~ali a connu un processus cl' inclustri c..lisat ion relati vomcmt rapide pendant la décennie écoulée, not amment depuis les dernières années 'elu premier "plan" quin

-

quennal. Le t nbloau suivru1t retrace l'évolution d'ensem-

ble du secteur irtclustriol moc'..orne (~ont le trait dominélllt ost son caractère f ortement étatique

I.

Nombre d'entreprises industrielles los

plus impcrtantos dont·:

Secteur d' étnt Soctour privé I I . Effectif des salnriés dont :

Secteur cl 'état Soctour privé

12

3

9 6700

5226

1 474

III. Chiffe d'_nffniros clobal (on milliards cle francs)

5·0

dont : Secteur d'état Secteur privé

IV • Valeur ajoutée aux prix du marché

en': mi lliarcls cle frru1cs -

c~ont Secteur cl 1 ét at

Secteur privé . 0.2

1970/71

36

16

20

10400

8736 1664

21.0

n.o

8.0 .

8.8

-5•6 . . 3·2

La progTossi on du rroc~ui t industriel qui ost passé dons ln production intérieure brute cl 'un pou plus do 27; on

1964/65

à 7~b on

1970/71

.est due dans sa qun~i tot alité à ln contribution élevée des industries manufactu- rières légères clo transformc.:.tion dont le rythme de croissMce minimum a été plus de trois fois supéri eur au taux annuel cl 1 augment ation do la pro- duction agricole.

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cs

2612/2

Page 3 ',t .

Le modèle malien d'industrialisation est conforme à celui qu'ont connu les pays elu Tiers-Honde développés, notmnment l'Amérique Latine. Le . . Bali e_~t _dé~a §l-s.sez avancé . dans la première phase çie c~. proce:3sus qui va

en remontant, des industries manufacturières légères de transformation (industries agricoles,, alimentaires, boissons et .tabacs, industries manufac- turières de biens semis-durables et durables), à l a fabrication des biens intermédiaires et à l'industrie lourde.

L'ineérence dans le secteur industriel par la création de sociétés ct entreprises étatiques elevait permettre à l'Etat de prendre progressivement

"' en main 1' économie nationale ct de procéder à 1' accurnuld ion du capital [7âce

aux profits de ces entreprises. Dans l'ensemble, mal conçues ct mal gérées à l'exception des unités de production construites par les chinois, cos sociétés et entreprises réalisées à grands frais n'ont pu réunir toutes los garanties de succès ct l'accumulation qui avait été escomptée n'a pas cu

..

lieu. L'insuffisance do cadres compétentents, la réalisation de projets mal étudiés débouchant sur des inndaptations aux besoins réel~, l' abscrice de l'esprit d'entreprise etc sont au nombre des raisons essentielles du succès trés limité des entrepr'i·ses nd ionales qui sont devenues à la longue des

charges de pl~s en plus lourdes pour le budeet d'état. Cotte situation relève en effet ~ des difficuHés de trésorerie dues notamment à l'insuffis;:mco des fonds de roulement ct à la fniblesse relative des résultats globau.X c~ége.cés

par les soci_étés ct entreprises cl' état qui no eloi vont finalement leur survie qu'à des concours bance.ires importants ot au non· paiement de leurs clot tes fiscales. Cos difficultés sc sont répercutés sur tout le secteur économique org2.nisé, entrainant une situation inflationniste. Les mesures de redresse- mont prises depuis 1966/67 n'ont pas abouti aux résultats souhaités. Do plus, l'effort d'industrialisation ne s'ost pas traduit par uno Qtténu~tion

scnsi ble do 1 'intéeration cle 1 'économie malienne au marché capitaliste mon- dial. Bien au contraire, le, dépendance vis à vis dos économies du contre persiste et s'approfondit nvoc lo développement de l'industrialisation par substitution.

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4

( ~

b.,'inè.ustrialisation par substitution comme ferme d'extraversion de l'économie . malienne

L'Etat

a

voulu, dans le processus d'industrialisation, sc substituer aux mécanismes du marclié quant à la diversifïc~tion de la demande ct à l 1 organisation cle la proclucti6n. Cette poli tique consistait clcr1s la prati- que, à créer des industries locales c"'..o transformation orientées vers la production clos biens de cdnsommation finale auparavant importés. L'indus- trialisation était donc destinée dès le départ à couvrir un marché déjà existant de procluits.clits clc luxe pour l 1ossenticl, représentant plus cle 605{:, du volUme total des importations on 1960 et 1964. C'est clans co cadre qu'il f aut si tuer le poli tique cle valorisation clos productions acricoles et de fabrication de biens manufacturés qui répondent aux besoins c~c la minorité rclativcmont aisée do 1@ population. Cette minorité qui comprend los fonc- tionnaires, les GTOS commerçants, les riches agriculteurs notQffifficnt do la zone cotonnière ••• rcpr6sentait .en 1964/65 moins do 2% dc•la population totale et accaparait plus du dixième .elu revenu nationaL Orientée suivant los schémas c'..e, consommntion importés ct au profit de la couche rri vi légiéo, l'industrialisation malienne tend à accentuer la dépendance do l 1 économie vis à vis de l'extérieur. Le coefficient do capital est on effet déterminé par

la qualité des produits cJcigôe par: cotte minorité aisée. L'hétérogénéité tochnologic.rue c_iUi s'en suit au niveau d.c l'économie aggrave à son; tour, et do pl"ril.s en plus, l'inécalité c~ans la répartition socie,lo .des revenus.

L'opposition entre les structures do consommation modernes importées ct los structures tradi tionnclles c'..c consommation de Cclsio Furtado appel lé

"dualisme" culturel consti tu'o la manifestation cle la c~iffércnci~tion des

'

ni venu.x technologiques entre le,s lJranches d 1 activités .économiques ct se r eflète nécessairement cl2ns les structures productives. Les rap_ports d'iné- cali tés sectorielles cle rcntabili té qui ét ai ont déjà importants en_ 1964/65 entre le secteur des industries m.::mufacturières léeère~. et l' ae:,Ticul turc ( ac;ricul ture moderne cl' exportatior y comprise) sc sont agc;ravés avec 11 ac- célération c.~è l'industrie.lisation :

(6)

•• ..

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Page

5

Procl.ui t par actif (on milliers cle Francs)

Agriculture

Industries manufacturières lécères

22 285

1970/71

25

865

Le rapport est passé de

1

à

13

on

1964 /65

à

1

à

35

en

1970/7 1.

Cette inégalité de rentabilités est sous-jacente à une dispersion écalorrtent impor- tante des compositions orr;anic~ues c~e capital d'une branche à 11 2.utre princi- palement entre les branches d'activités industrielles et l'ac~iculture. Un écart aussi significatif cl1une composition organique à l'autre sc trac:ui t forcément rar clos différences clo rémunérations de facteurs (travail ct capi- tal) entre les secteurs inGustriol ot acricole ou égard à la trnnsmission

n

l'économie malienne, clos structures de prix relatifs clos pnys è6velorpés. De plus, l'industrie mc,licnno qui fait appel à clos tochnic~ucs d'impor- tation ost hautement c~pital-uaing. Elle n'ost p~s orientée cl~1s le sons do l'optimalité parétionno attendu que c'est la mGin-cl'oouvro ot non lo capital

c~i est sous-employée. L'offre do mGin-cl'oouvre .étant abondante, les salaires sont de co fait maintenus à un niveau relativement bas. Sur ru1o soixantaine

c 1

1entroprisos (étatiques, mixtes ct privées) actuellement

existantes, los cloux complexes textiles ct quelque quatre unités de produc- tion de biens alimentaires qui totalisent

55%

.du chiffre d'nffaires indus- triels représentent à elles seules

63%

elu volume elobal des capitaux appor- tés ct le dixième seulement do l 'emploi inc1.ustriel total.

L'importation à coût élevé de biens d'éc~ipement ct do tcch~olocio

Gr;crave davantaee le prcblèmc do l ' import-substi tu ti on du moment que les contres do dùcisions en matière d'adoption de techniques se situent finale- ment dcns les pays d'oricino dos capitaux investis. Le contr8le du secteur 4 (l)ions cl 1 équipements dans le schéma S[l)llirien) ne pout empêcher un tel état do faits. L'intervention de l'Etat n'a pas entraîné, tout le lonc cle la dernière décennie de changements notables dcns la structure de distri- bution des revenus. La poli ti~rue "socialiste" a été é1U contraire

(7)

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Pél{je 6

..

orientée dênS le domaine de l'industrie vers la consolidation des b~ses Q1une

"cnclc.ve" sociale dont le modèle de consommation est conforme c.u niveau et aux formes de consommation des pays du centre. Cette couche sociale privilé- Giée d'origine bureaucratique, commerçante ct technique constitue la courroie ess.entieJ:le de transmission dons le mécanisme de dépendance économique du

· I.inli. C'est d'elle que relèvent au ni veau national, les d(,cisions on matière d'industrialisation. Il vient de là que l'extension du secteur étatique au

. détriment elu secteur privé est une condition nécessaire mais non point suffisQnte du passage du développement dépendant au développement 1111tonome.

Pour profiter aux larcos masses grâce à l'uniformisation clos formes do consommation par l' auonentation du taux do salaire moyen accompq:;néo de l'introduction limitée QO produits nouveaux, et 'permettre en même 'temps une cccumulction a.ccélérée la stratét;ie do l'industrialis·ation doit reposer sur ln réduction, puis 1' élimination dé 1 f hétérogénéité technologique entre los différents secteurs ct sur l'utilisation ln plus efficiente des ressources oxistontos. Toutefois, une tolle stratégie dépend dans son applicé1t.ion, do la structure existante du pouvoir politique ct do la mesure clnns laquelle les rapports de forces arrivent à basculer du c8té dos massés.

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A N N E XE

·n

CS/2612-2 Paee

7

TABLEAU DE·s PRINCIPALES INDUSTRIES AU 30 JUIN 1972

--~~~~~--~---~ Rubrù.rues ·a Nbre : CapRèi té th6oriq_1.1e I) Industries I:Ianufacturières Lét;ères:

de Transformation ~

I : Industries Agricoles, Alimcm-:

a tairas, boissons et tabacs Egren<J.go de coton

Rizeries

-Huilerie d'arachide et do karité'

- Huilerie de coton.

- Sucrerie-Distillerie

Conserverie de fruits ct 16- t,rumes

Torréfaction du thé Biscuits ot p~tes

Abattoir frir,oriquo Laiterie

Boissons gazeuses - Vinaigrerie

Tabncs Allumettes

.. . . . .

22

8

2 1

·1 1

1 1 1 1 1 1 1

1 1

. .

.. ..

. .

'

.97.000 t de coton-grcinos

.20.000 t cio riz

, ;

·-·

.30 à 50.000t d'arG.chides i;ritu.réos. + 6.250 t de beurre do kG.rité

40.000 t de LTainos

6.000 t do sucre + 500.000 li tres-·

d'alcool

1.200 t de concentrée do tomnte

+

400 t de jus de fruits

6·50 t de thé

·· 2 o 100 t c~o biscuits + 500 t. do pâtes 10.000 t de vitmè:e .·

. .

6.000 litres/jour

25.000 hl+ 25 t de glace/jour 540.000 litres ,do vinaigre à 6°

+

750.000 li tres

(1, '

cau de javel à ·12%

+ 2·millions do bouteilles en plas-

tique

": 20 millions de pG.quots de cigarettes

~ 45 millions do boites

. .

. .

lb: Industries Hanufacturd:èros ae biens semi-durables et

durables. 2._:

Comp-lexe toxti le ( comntox) Complexe Textile (ITEr.IA) T.:1pissorie

T2llllerie PE'.X'fumorie

Chaussures et objets en matières plastiques

1 1 1 1

• 1

'

>

'.

9 millions c1o m. do tissus + 800 t :·do filés ·

8 millions do m. d'imprimés +

ss.ooc

couvertures

1200 m2 cle tapis (80c000 noouds)

.

20.000 peaux + 35.000 paires de

.

chaussures

. . .

50.000 litres de produits clivers

. . . .

• 800teilles .000 paires + 400.000 + 1 semilli::..ux on et cuvec~e bou-ttes

(9)

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Rubriques

,

~= Nbre .; . . Cap~_Çi ~héorique

.. _ .. llon:t..aga_de .. post..es. à. tran.s.is.tor.s

.

• - l:Iontage'.:de cycles et cyclomcteur~-

.

- Ileubles, lits et matelas

II) Industries de Biens Intermédi-.

aires et d'Equipement • Cimenterie

Briqueterie ·

- Tuiles, briques, carreaux et appareils sanitaires

Granita et marbre Gaz industriels

- Sacherie de Kénaf (en construc- tion)

-Fabrique d'articles métalliques - Insecticides

-Pointures (en projets) - !J!atériel agricole

. .

:

.

. .

- l':Ienuiserie mécanique, charpentes, chaudrons

Menuiserie métallique

: III. INDUSTRIE LOURDE

1 1 1

~-

1 1

1 1 1 1 1

1 1

1 1

30.000_ r.ecepte_u..r.$.

60.000 bicyclettes + 20.000 cyclo- moteurs + ·t million d:e chambres à

air +_ 70.000_ artis;les ·divers_ ...

.\.

: so.ooo

t

11d000 t de briques + 200 m2/j de carreaux

2.000 t de produits divers + 175t de sanitaires

17.000 m2 de carreaûx + ·19 .000 m2 de plaqUeS de marbre .

300.000 m3 d'oxyeènc + 60.000 m3 d'acétylène

3.000 t de produits finis

6 millions de boites + 2 millions : de sachets

2.000 t

: 6.500 ~harrues : 3.500 mult~cul­

teurs : 3.5v0 charrettes

14.400 m2 de menuiserie métallique : + 360 t de charpente

. . ...

20.000 portes et fenêtres-en aluminium.

: :

. ..

Références

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