Corrig´ e du Devoir Libre n ◦ 3
Exercice 1 : jeu de boules
On consid`ere n( n ≥2) urnes num´erot´ees U1, U2, . . . , Un. L’urne num´ero k, Uk contient k boules blanches et n−k boules noires.
1. On choisit une urne au hasard puis on tiresuccessivement et avec remisedeux boules de cette urne.
Un r´esultat possible est donc une 2-liste de couleurs, par exemple (B, N). Ainsi, nous prenons Ω = {B, N}2. Les ´ev´enements ´el´ementaires ne sont pas a priori ´equiprobables. En effet tout est conditionn´e par l’urne dans laquelle on tire les boules... Notons pour k ∈ [[1, n]] Uk l’´ev´enement “le tirage se fait dans l’urne Uk”. Nous pouvons repr´esenter cette exp´erience al´eatoire par un arbre :
Ω
U1
(N, N) (N, B) (B, N) (B, B) .. .
Un
(N, N) (N, B) (B, N) (B, B)
Afin d’all´eger l’´ecriture, notonsBl’´ev´enement (B, B). On cherchep(B).
Remarquons tout d’abord que l’urne dans laquelle les triages s’effectuent ´etant choisie au hasard, les ´ev´enements U1, ... ,Un sont ´equiprobables, par cons´equent pour toutk ∈ [[1, n]], p(Uk) = n1. Ainsi la famille (Uk) est un syst`eme complet d’´ev´enements non n´egligeables. D’apr`es la formule des probabilit´es totales, nous avons :
p(B) =
n
X
k=0
p(Uk)×p(B|Uk).
Soitk∈[[1, n]] fix´e, calculonsp(B|Uk). On effectue deux tirages successifs avec remise dansUk. Un r´esultat pos- sible est donc un couple de boules deUk. Notons Ωk=Uk×Uk. Les ´ev´enements ´el´ementaires ´etant ´equiprobables Ωk est muni de la probabilit´e uniforme. D’o`u p(B|Uk) =Card B∩Ωk
Card Ωk =k2 n2. Finalement, la formule des probabilit´es totales donne :
p(B) =
n
X
k=0
1 n
k2 n2 = 1
n3
n(n+ 1)(2n+ 1)
6 = (n+ 1)(2n+ 1) 6n2
N 2. On choisit une urne au hasard puis on tiresuccessivement et sans remisedeux boules de cette urne. Notons comme pr´ec´edemment, Ω = {B, N} et B = (B, B). En revanche Ωk d´enote d´esormais A(2, Uk) puisque les tirages dans les urnes se fontsans remise. D’apr`es la formule des probabilit´es totales, nous obtenons :
p(B) =
n
X
k=0
1 n
k(k−1)
n(n−1) = 1 n2 (n−1)
n
X
k=0
k2−
n
X
k=0
k
!
= 1
n2(n−1)
n(n+ 1)(2n+ 1)
6 −n(n+ 1)
2
=(n+ 1)(2n+ 1−3 6n(n−1)
= n+ 1 3n .
N
1
Probl` eme 1 : Promenades dans le plan
Dans tout le probl`eme, n ∈ N? est fix´e. Dans le plan rapport´e `a un rep`ere orthonorm´e (O,~i,~j), on consid`ere un quadrillage constitu´e de (n+ 1)2 points : En ={0,1, . . . , n} × {0,1, . . . , n}. On note A le point sup´erieur droit, de coordonn´ees (n, n).
Partie I. Chemins monotones
1. Un exemple
a. La figure ci-contre repr´esente un chemin monotone de l’origine au pointAde coordonn´ees (6,6).
b.c. Dans un chemin monotone reliant l’origine au point de coor- donn´ees (6,6), le point mobile effectue 12 d´eplacements, 6 vers la
droite, 6 vers le haut ! N
d. Un chemin monotone de l’origineOau point de coordonn´ees (6,6) peut-ˆetre repr´esent´e par une 12-liste de fl`eches vers le haut ou vers la droite telle que →apparaˆıt exactement 6 fois. Ainsi notre exemple peut ˆetre cod´e par
(↑,→,↑,↑,→,→,↑,↑,→,→,→,↑).
Un chemin monotone de l’origineOau point de coordonn´ees (6,6) correspond `a un choix de 6 emplacements de la liste pour les→.
Il y a donc 12
6
chemins monotones possibles deO `aA. N
2. Soit 0≤p≤n. On noteMn−p,pl’ensemble des chemins monotones de l’origine au pointMn−p,pde coordonn´ees (n−p, p). Un chemin monotone reliant l’origine au pointMn−p,ppeut -ˆetre repr´esent´e par unen-liste d’´el´ements de{↑,→}dans laquelle apparaissent exactementn−pfl`eches→.
Par cons´equent il y a n
n−p
= n
p
chemins monotones de l’origine `aMn−p,p. N 3. Je d´enombreMn−p,p suivant que le premier d´eplacement s’effectue vers le haut ou vers la droite.
• Si le premier d´eplacement est vertical,
je choisis lesn−pemplacements pour les “→” parmi lesn−1 places restantes n−1n−p
possibilit´es
• Si le premier d´eplacement est horizontal,
je choisis lesn−p−1 emplacements pour les “→” parmi lesn−1 places restantes n−p−1n−1
possibilit´es Au total, nous avons :
.
n p
= n−1
n−p
+
n−1 n−p−1
= n−1
p−1
+ n−1
p
N 5. Soitk∈ {0, . . . , n}, on noteBk le point de (∆) d’abscissek. CommeBk appartient `a ∆ ses coordonn´ees (xk, yk) v´erifient l’´equation :xk+yk =n. Comme par construction,xk =k, nous en d´eduisons queyk =n−k. N
a. D’apr`es la question2.il y a n
n−k
chemins monotones de l’origine `a Bk. N
b. Afin d’utiliser les r´esultats de la question2. pour calculer le nombre de chemins monotones deBk jusqu’`a A, je fais un changement de coordonn´ees : les coordonn´ees du pointAdans le rep`ere (Bk,~i,~j) sont
x0A=n−k, y0k=n−(n−k) =k.
Ainsi, le nombre de chemins monotones deBk `aAest n
k
. N
c. En d´eduire le nombre de chemins monotones de l’origine `aA qui passent parBk. 6. Je d´enombre les chemins de l’origineO `aA.
a. En utilisant les r´esultats de la question2., j’obtiens d’une partCard Mn,n= 2n
n
b. D’autre part, en discutant suivant la valeur k ∈ [[0, n]] de l’abscisse du point d’intersection du chemin monotone avec (∆), j’obtiens :
• choix d’un chemin monotone de l’origine `a Bk n−kn
possibilit´es
2
• choix d’un chemin monotone deBk `aA nk
possibilit´es Au total
2n n
=
n
X
k=0
n n−k
× n
k
=
n
X
k=0
n k
2
N
Partie II. Promenades al´ eatoires
On reprend les notations de la premi`ere partie. Soient (p, q)∈N2 fix´e, on noten=p+q.
1. On s’int´eresse `a la probabilit´e pour que le mobile passe par le pointM de coordonn´ees (p, q). Un r´esultat pos- sible est un chemin moniotone quelconque compos´e dend´eplacements. On note Ωn l’ensemble de tels chemins monotones. Comme nous l’avons vu `a la premi`ere partie, un ´el´ement de Ωnest unen-liste de fl`eches vers le haut ou vers la droite. D’o`u
Ωn={↑,→}n
Comme le mobile se d´eplace `a chaque instant vers le haut ou vers la droite avec la mˆeme probabilit´e, Ωn est muni de la proba U. On note queCard Ωn= 2n.
Notons Mp,q l’´ev´enement “le point mobile passe par le point M de coordonn´ees (p, q)”.
D’apr`es la questionI.2.,Card Mp,q= np
= p+qp . Par cons´equent : p(Mp,q) = 2−n
n p
N 2. NotonsP etQles points de coordonn´ees respectives (p,0) et (0, q). On consid`ere le rectangle de sommetsO,Q,
M et P.
Pour tout couple (a, b)∈N2 tel que le point de Ma,b de coordonn´ees (a, b) appartienne au rectangle, on d´efinit l’´ev´enementSa,b : “le mobile sort du rectangle au pointMa,b ”.
a. Il est clair que pour sortir du rectangle au point (a, b), il est n´ecessaire que le mobile passe parMa,b! ! Ainsi p(Sa,b) =p Sa,b∩Ma,b
=p(Ma,b)×p Sa,b | Ma,b
Or, lorsque le mobile passe au pointMa,b du cot´eP Mp,q etMa,b6=Mp,q, il a une chance sur deux de sortir du rectangle `a son prochain d´eplacement : il faut et il suffit pour cela qu’il effectue un d´eplacement hori- zontal.
Par cons´equent : p(Sa,b |Ma,b) = 1
Finalement, en utilisant les r´esultats de la question pr´2ec´edente, nous obtenons :
. p(Sa,b) = 1
2 1 2a+b
a+b a
N b. Supposons que le mobile passe par le point Ma,b du cot´eQMp,q et Ma,b 6= Mp,q. Le mobile a alors une chance sur deux de sortir du rectangle `a son prochain d´eplacement : il faut et il suffit pour cela qu’il effectue un d´eplacement vertical. Nous en d´eduisons comme pr´ec´edemment que
. p(Sa,b) = 1
2 1 2a+b
a+b a
N c. Supposons enfin que le mobile passe par le point Mp,q. Le mobile est sˆur de sortir du rectangle `a son
prochain d´eplacement. Autrement ditp(Sa,b|A) = 1 et par cons´equent :
. p(Sp,q) = 1
2p+q p+q
p
N 3. NotonsD l’ensemble des points du cˆot´eP Mp,q priv´e deMp,q ,H l’ensemble des points du cˆot´eQMp,q priv´e de
Mp,q. Comme la famille (Sa,b)(a,b)∈QOP Mp,q forme un syst`eme complet d’´ev´enements, nous avons : 1 = p(Ωn) = X
(a,b)∈D
p(Sa,b) + X
(a,b)∈H
p(Sa,b) +p(Sp,q)
= 1
2
q−1
X
k=0
1 2k+p
p+k k
+
p−1
X
k=0
1 2k+q
q+k k
+ 2× 1 2p+q
p+q p
! .
En multipliant les deux membres de cette derni`ere ´egalit´e par 2, nous obtenons 2 =
q−1
X
k=0
1 2k+p
p+k k
+
p−1
X
k=0
1 2k+q
q+k k
+ 2× 1 2p+q
p+q p
=
q
X
k=0
1 2k+p
p+k k
+
p
X
k=0
1 2k+q
q+k k
. N
3