A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
É. G OURSAT
Recherches sur la théorie des caractéristiques
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 2
esérie, tome 8 (1906), p. 427-475
<http://www.numdam.org/item?id=AFST_1906_2_8__427_0>
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RECHERCHES
SUR LA
THÉORIE DES CARACTÉRISTIQUES,
PAR M.
É. GOURSAT.
Étan t
donnée uneéquation
aux dérivéespartielles
ou unsystème d’équations
auxdérivées
partielles
d’ordrequelconque,
on sait que l’onappelle multiplicité
ca-ractéristique
toutemultiplicité
d’éléments ponrlaquelle
leproblème
deCauchy,
ou le
problème analogue plus général
relatif ausystème
considéréd’équations
aux dérivées
partielles,
seprésente
sous forme indéterminée. Sauf dans des casexceptionnels,
cette indétermination estréelle,
c’est-à-direqu’il y a effectivement
une infinité
d’intégrales
admettant tous les éléments de lamultiplicité
caracté-ristique,
situés dans un domainesuffisamment petit,
etholomorphes
dans cedomaine. Mais ce n’est là
qu’un premier
pas de fait dans cette théorie. Pourl’approfondir davantage,
il serait nécessaire d’étudier lesintégrales,
non pas seu- lement dans un domainerestreint,
mais dans levoisinage
de lamultiplicité caractéristique
toutentière,
parexemple
rechercher lessingularités
mobilesqu’elles
peuvent avoir sur cettemultiplicité,
étudier la nature de cessingu- larités,
etc. Il y a là évidemment unchamp
de recherches très vaste, d’autantplus
que la notion de
caractéristique
n’est. encorequ’imparfaitement
élucidée pour lessystèmes
lesplus généraux d’équations
aux dérivéespartielles.
Je ne
m’occupe
dans ce Mémoire que desplus simples parmi
lesproblèmes
decette nature, ceux
qui
sont relatifs auxéquations
dupremier
et du second ordre à deux variablesindépendantes;
mais la méthode peuts’étendre,
avecplus
oumoins de
difficulté,
à desquestions beaucoup plus générales,
commeje
me pro-pose de le rnontrer dans la suite
(~).
_( 1 ) Les résultats essentiels de ce Mémoire ont été résumés dans une Note présentée à l’Académie des Sciences ( Comptes rendus, 26 mars Igo6).
428
I.
1. Nous
rappellerons
d’abordquelques
définitions relatives aux courbes et auxsurfaces
analytiques.
Un
point (xo,yo, ~o~
d’une surfaceanalytique
S est unpoint
ordinaire pourcette surface
si,
endésignant
parx, y, z
les coordonnées d’unpoint voisin,
l’unedes trois différences x - xo, y - yo, est
égale
à la somme d’une série entière ordonnée suivant lespuissances positives
des deux autresdifférences,
etconvergente
lorsque
les modules de ces différences restent inférieurs à un nombrepositif
convenablement choisi. Si l’on suppose les coordonnées d’unpoint
de lasurface S
(ou
d’uneportion
de cettesurface), exprimées
au moyen de deux para- mètres arbitraires il et vles fonctions
f, 03C8
étant.holomorphes
dans levoisinage
des valeurs u0, vo,qui correspondent
aupoint (xo,yo, zo),
ilsuffit,
pour que cepoint
soit unpoint
or-dinaire,
que l’un au moins des troisjacobiens
soit différent de zéro pour ic = ico, v = v0 (Cours
d’Analyse,
t.I,
p.460).
Soitzo)
unpoint
d’une surface S.Imaginons
que l’on effectue une transfor- mationponctuelle
définie par les formulesF,, F 3
étant des fonctionsholomorphes
dans levoisinage
des valeurs xo,Yo, ~o, et le déterminant fonctionneln’étant par nul pour x = xo, y = yo, z = ,:o. Si le
point (x, y, â)~
décrit la por- tion de la surface S voisine dupoint i (xo , yo , zo ),
lepoint
de coordonnées(X, Y, Z)
décrit une
portion
de surfaceanalytique ~
voisine dupoint (Xo, Yo, Zo) qui
cor-respond
aupoint (xo,
yo,zo),
et ces deuxportions
de surfacesS,
et 03A3 se corres-pondent point
parpoint,
car l’on peu inversement résoudre leséquations ( 1 )
parrapport
à x, y, z, dans levoisinage
des valeursXo, Zo
.Si le
point (xo,yo, zo)
de lasurface
S est unpoint
ordinaire pour cettesurface,
lepoint (Xo, Yo, Zo)
est lui-même unpoint
ordinaire pour la sun-face
03A3.En
effet,
supposons les coordonnées x, y, z d’unpoint
de Sexprimées
aumoyen de deux
paramètres
il et v, les troisjacobiens
n’étant pas nuls à la fuis pour les valeurs u = v = vo,
qui correspondent
aupoint (xo, yo, z0).
Au moyen des formules( 1 ),
onpeut exprimer
aussiX, Y,
Zpar des fonctions
holomorphes
de u etde v,
et il suffit de montrer qne les troisjacobiens
.ne sont pas nuls à la fois pour u = c~ = vo. Or on peut résoudre les trois
équations ( i )
parrapport
à x, y, z, et l’on aavec deux autres relations
analogues.
Si les trois déterminants(3)
étaient nuls à la fois pour u == Uo, (J = vo, il en serait donc de même des trois déterminants(2 ),
contrairement à
l’hypothèse.
,Nous dirons pour
abréger
que la transformationponctuelle ( 1)
est réversibledans le
voisinage
d’unpoint (xo, yo, zo ), lorsque lejacobien A
n’est pas nul pour les coordonnées de cepoint.
Laproposition précédente peut
alors s’énoncercomme il suit : :
Toute
transformation ponctuelle
réversiblechange
icnpoint
ordinaire enun
point
ordinaire.Rappelons
encore lapropriété
suivante.Si,
en unpoint
ordinaire d’unesurface,
le
plan tangent
n’est pasparallèle
à l’axe dans levoisinage
de cepoint, l’équa-
tion de la surface
peut
être mise sous la formele second membre
désignant
une série entière en x - xo s’ensuit quelorsque,
dans levoisinage
d’unpoint (xo,yo, zo), l’équation
d’une surface estde la forme
la n’étant pas
holomorphe
dans le domaine des valeurs xo, y~, des variables x ety, cepoint
est unpoint singulier
pour lasurface,
à moins que leplan
tangent en cepoint
ne soitparallèle
à Oz.Lorsqu’il
en estainsi,
les dé-rivées
partielles
(ou
au moins l’une deviennent infinies pour x = xo, y = yp, Par consé- quent s’il arrive que la fonction~~x, y)
et ses deux dérivéespartielles
dupremier
ordre conservent des valeurs finies pour tandis que l’uneau moins des dérivées du second ordre ou d’ordre
plus
élevé devient infinie pources
valeurs,
onpeut
affirmer que lepoint correspondant
est unpoint singulier
dela surface.
2. Une courbe
analytique
r est définie par unsystème
de troiséquations
f, c~, 00FF~
étant trois fonctionsanalytiques
de la variable u. Pour lesapplications
audomaine
réel,
nous supposerons que ces trois fonctionsf (u), r’(u), y(u)
sontholomorphes
et prennent des valeurs réelleslorsque
la variable u dédit un seg-inent (uo, u, )
de l’axeréel,
etqu’à
unpoint
d’un segment AB de rcorrespond
unevaleur de u et une seule dans cet intervalle
u, ).
Ces trois fonctions sont alorsholomorphes
à l’intérieur d’unrectangle
R duplan
de la variablecomplexe u,
limité par les
perpendiculaires
à l’axe réel menées par lespoints
d’abscisses Moet u,, et par deux
parallèles
à cet axe suffisammentvoisines,
menées de part et d’autre.Lorsque
le segment AB neprésente
pas depoint singulier,
on peut choisir leparamètre
u defaçon
que les troisy’(u)
ne s’annulentpas simultanément pour aucune valeur réelle de u
comprise
entre uo et u,. Nous supposerons même que les deux dérivées et-~’(ic)
ne s’annulent pas enmême
temps lorsque
u varie de uo à u~. On peut faire cettehypothèse
sansrestreindre la
généralité.
Eneffet,
si l’on étantcompris
entre uo et us, la tangente anpoint correspondant
de r seraitparallèle
àl’axe Oz. Or ou peut
toujours
supposer que l’on apris
l’axe des z defaçon qu’il
ne soit pas une
génératrice
du cône formé par lesparallèles menées
del’origine
aux tangentes à l’arc AB de r. Les axes étant choisis de cette
façon, l’expression
ne s’annule pour aucune valeur réelle de u dans
l’intervalle (u0, u, ),
et l’on peut évidemmentprendre
la hauteur durectangle
R assezpetite
pour que d ne s’annule pas nonplus
dans cerectangle.
Cela
posé,
soit S une surfaceanalytique
passant par la courber,
et surlaquelle
tous les
points
du segment AB de cette courbe sont despoints
ordinaires.Appli-
quons à cette surface la transformation
ponctuelle
définie par les formuleson a dans ce cas
Au segment AB de r
correspond
le segment CD de l’axeOX, compris
entre lesdeux
points
X = uo, X = u,, et,d’après
leshypothèses qui
ont étéfaites,
cesdeux
segments
secorrespondent point
parpoint.
Toute surface S passant par le segment AB de r sechange
donc en une surface Spassant
par lesegment
CD del’axe OX. A un
point
de rqui
est unpoint
ordinaire de Ja surface Scorrespond
un
point
dusegment
CD de OXqui
est unpoint
ordinaire de~,
car lejacobien
D (x, y, z) D(X, Y, Z)
se réduit à’2 (X)
+’2 (X)
pour Y = o, etce jacobien
est différentde zéro
lorsque
X varie de llo à Uj.La transformation
précédente remplace
donc une courbeanalytique quel-
conque r, ne
présentant
pas depoint singulier,
par unsegment
deligne droite,
etune surface
analytique passant
par r(et n’ayant
sur r aucunpoint singulier)
parune autre surface
analytique passant
par un segment deligne
droite etn’ayant
sur ce segment aucun
point singulier.
Pourétudier,
par lasuite,
les surfacesanalytiques passant
par une courbeanalytique donnée,
nous supposeronsqu’on
commence par effectuer cette transformation.
Si la surface S
passant
par la courbe r doit être uneintégrale
d’uneéquation
aux dérivées
partielles,
la surface transformée £ doit être aussi uneintégrale
d’une
équation
aux dérivéespartielles
que l’on déduira comme il suit de la pre- mière.Désignons
par P etQ
les dérivéespartielles
de Z parrapport
à X et Y. De la relationon
Lire,
enremplaçant
x, y, z par lesexpressions (5)
et dZ par P dX +Q dY,
Si l’on connaît les valeurs de p et
de q
tout lelong
deI’,
on en déduira les valeurs de P et deQ
tout lelong
dusegment
CD de l’axe OX en faisant Y = odans les formules
précédentes. Inversement,
en résolvant leséquations (6)
parrapport
à p et à q, touteéquation
aux dérivéespartielles F(x,
y, z, p,q)
= o sechange
en uneéquation
de mêmeespèce ~(X, Y, Z, P, Q)
= o, et l’onopérerait
de même pour une
équation
aux dérivéespartielles
du secondordre,
etc.3. Nous pouvons donc supposer
qu’il s’agit
d’étudier une surface passant parun segment de l’axe
OX, compris
entre les deuxpoints
d’abscisses xo et ,x,, etn’ayant
aucunpoint singulier
tout lelong
de ce segment. La valeur de p =~z ~x
est nulle pour tout
point
de ce segment; si leplan
tangent à la surface est lui- même connu enchaque point
du segment, la dérivéepartielle
q =du ,.
est une
fonction connue de x dans l’intervalle
(xo,
Cette fonction de xpeut
devenir infinie dans cet intervalle si leplan tangent
en certainspoints
se confond avec leplan
y = o1’ ). Mais,
si la surface considérée n’a pas depoints singuliers
sur lesegment
CD,
lafonction
q(x)
ne peut avoir que despôles
commesingula-
rités
dans
l’intervalle(xo, ce,)...
wSupposons,
eneffet, qu’en
unpoint (a,
o,o)
de la surface leplan
tangent soit leplan y
= o ; la surface devant passer par l’axe des x,l’équation
de la surface dans levoisinage
de cepoint peut
donc s’écrireP(x -
a,z) désignant
une série entière en x - a et a,qui
ne renferme pas determe constant. Le
plan
tangent a donc pouréquation
pour un
point
de l’axe0 z,
cetteéquation
se réduit àSi le
plan
tangent ne se confond pas avec leplan
y = o tout lelong
du segment, . la fonctionP(x-a, o)
n’est pasidentiquement
nulle et l’on a( 1 ) Dans le cas où q serait infini tout le long de CD, le plan tangent en chaque point
serait le
plan y
= o et il suffirait de permuter y et z pour avoir p = q = o tout le long dusegment.
de sorte que le
point (a,
o,o~
est unpôle
pour cette fonction. Onpeut
remar-qner que c’est un
pôle
dupremier ordre,
à moins que lepoint
considéré ne soitun
point parabolique.
’
-
La condition
précédente
étantremplie,
la fonctionq~(x~, qui
estsupposée
connue, est de la forme
~~x)
étant deux fonctionsholomorphes
de x dans l’intervalle~~xo, ce,); qui
ne s’annuJent pas simultanément. Cela
posé,
faisons la transformation .Cette transformation est réversible pour Y == Z == étant
compris
entre ~oet
carlejacobien D(x, y, z) D(X, Y, Z)
se réduit à03C02(x)+ 03C82(x) pour Y = Z
=o. Celaposé,
si une surfacepassant
par O.r admet lepoint (a, o, o)
pourpoint ordinaire,
Je
plan
tangent en cepoint ayant
pouréquation
l’équation
de la surface est, dans Jevoisinage
de cepoint,
les termes non écrits étant au moins du second
degré
en y et z.L’équation
de lasurface
qu’on
en déduit par la transformation~~ )
est donc de la formeles termes non écrits étant au moins du second
degré
en Y et Z. De cetteéquation
on déduira
pour Z
undéveloppement
suivant lespuissances
de Y commençant parun terme du second
degré
au moins. La transformation(7 ) remplace
donc la sur-face
primitive
par une nouvelle surface tangente auplan
Z== o
tout lelong
dusegment
(xo, x,)
de l’axe des x, et pourlaquelle
tous tespoints
de ce segmentseront des
points
ordinaires.Supposons
encore cette transformation effectuée. Lesfonctions p
=~~’ dx .
ety=: sont alors
identiquement
nulles tout lelon g
dusegment (xo x1)
del’axe Ox. Il en est de même des dérivées du second ordre r et s et la dérivée t
= ~2
doit être
(n° 1)
une fonctionholomorphe
de x dans l’intervalle(xo, x,)
pour quetous les
points
du segment soient despoints
ordinaires de la surface. Si la valeur de cette dérivée est une fonction connue de x,. t ~p(x),
enposant
on sera ramené à étudier une nouvelle surface pour
laquelle
les dérivées du pre- mier et du second ordre de z parrapport
à x et à y sont nulles tout lelong
dusegment.
4. Soit
une
équation
aux dérivéespartielles
dupremier
ordre dont lepremier
membreest une fonction
analytique
des variablesqui y figurent.
Unecaractéristique
est,comme on le
sait,
une suitesimplement
infinie d’éléments(x,
y, ~, p,q),
satisfai-sant à
l’équation (t)
et aux relations différentiellesoù
Supposons
que l’on ait détermine unecaractéristique;
on démontre dans tousles
Ouvrages classiques
que tous les éléments de cettecaractéristique
suffisam-ment voisins d’un
élément
détermineappartiennent
à une infinité de surfacesintégrales, moyennant
certaines conditionsqui
serontrappelées
dans la suite dece travail. Mais ce n’est là
qu’un premier
pas dans l’étude desintégrales
passant par unecaractéristique
donnée. Nous nous proposons decompléter
ce résultat enétudiant les surfaces
intégrales, qui passent
par unecaractéristique;
tout lelong
de cette
caractéristique,
enparticulier
de rechercher s’ilpeut
y avoir sur la carac-téristique
despoints singuliers
de lasurface,
variables d’uneintégrale
àl’autre,
etd’examiner la nature de ces
points singuliers.
Pour
préciser
leproblème,
nous supposerons lacaractéristique représentée
par lescinq
relationsles trois fonctions
f,, f~, fj
étantholomorphes
dans un domaine (1)ucomprenant
un segment de l’axe réel dans le
plan
de la variablecomplexe
u et les trois déri-vées
f’1(u), f 2 ( u), f’3(u)
ne s’annulant pas à la fois dans ce domaine. Les fonc- tions 03C62(u)peuvent
devenir infinies sur cesegment
de l’axeréel,
mais ellesne
peuvent
avoir que des discontinuitéspolaires
si lespoints correspondants
sontdes
points
ordinaires d’une surface admettant tons les éléments de la caractéris-tique.
On ledémontre,
commeplus
haut(n° 3),
dans le cas où lacaractéristique
se réduit à l’axe Ox. Les transformations
qui
ont étéIndiquées permettent
deramener le cas
général
au casparticulier
où lacaractéristique
estreprésentée
parles
équations
Après
cestransformations,
lepremier
membre de la nouvelleéquation
aux déri-vées
partielles peut
êtredéveloppé
en une série entière ordonnée suivant lespuis-
sances
positives
de y, y z, p, q, dont les coefficients sont fonctions de x, et il nedoit y avoir dans ce
développement
aucun terme de la formef(x) y
ou de laforme
f (x)
q pour que lamultiplicité (I I)
soit bien unemultiplicité
caractéris-tique.
Soitla nouvelle
équation,
les termes non écrits étant au moins du seconddegré
en y, .~, p, q. Les coefficients
A, B, C,
... sont des fonctions de xqui
doivent êtreholomorphes
dans un certain domaine (1)x contenant unsegment (xo,
de l’axeréel ;
onpeut
supposer,évidemment,
que ~x estsimplement
connexe etprendre,
par
exemple,
pour unrectangle
formé de deuxperpendiculaires
à l’ax.e réel menées par lespoints
d’abscisses xo et x, sur cet axe dans leplan
de la variablecomplexe x
et deuxparallèles
infiniment voisines à cet axe depart
et d’autredu segment
(xo, x,~. Quelle
que soit la forme de cedomaine,
nous supposerons que la série(12)
est convergente,quelle
que soit la valeur de x dans pourvu que les modules des variables y, z, p, q nedépassent
pas une certaine limitepositive
p. Toutes ces conditionss’expliqnent d’elles-mêmes,
étant donné leproblème
que l’on se propose. Nous ferons unehypothèse
deplus
et nous suppo-serons que le coefficient A de p ne s’annule
pas
lelong
du segment(xo,
ni.
par suite dans le domaine rox, si ce domaine est suffisamment
petit.
Cette dernièrehypothèse
a unesignification Importante.
Nous dironsqu’un
élément(x, y,
z, p,q),
dont les coordonnées satisfont à la relation F = o est un élément
singulier
pourcette
équation
si les coordonnées de cet élément satisfont aussi aux relationsles
équations
différentiellesqui
déterminent lamultiplicité caractéristique passant
par un élément seprésentent
sous forme indéterminéelorsque
l’élément initialest un élément
singulier.
Pour tous les éléments de lacaractéristique (t i)
del’équation (I2),
on a bienpour que l’on eût aussi P == o pour un de ces
éléments,
il faudrait que A fût nul pour l’abscisse de cepoint. L’hypothèse
faite en dernier lieupeut
donc s’énoncer ainsi ; : on suppose que laportion
decaractéristique
considérée ne contientaucun élément
singulier.
Cela
étant,
en divisantpar A
tous les coefficien ts de la série(~ 2~,
onpeut
supposer le coefficientde p
réduit àl’unité ;
les autreshypothèses
relatives au domaine deconvergence étant conservées. En résolvant alors
l’équation (12)
parrapport
à p,on en déduit un
développement
en série entièreordonnée
suivant lespuissances
de y, ,~, q, dont les coefficients sont des fonctions
holomorphes
de x dans ledomaine (1)x et
qui
est convergente,quelle
que soit la valeur attribuée à x dans cedomaine,
pourvu que les modules des variables y, z, q restent inférieurs à un nombrepositif r 1 ’ ). D’après
la forme del’équation (12),
cette série ne doitrenfermer ni terme en y, ni terme en y; il est donc de la forme
les termes non écrits étant au moins du troisième
degré
en y, z, qet les
fonc- tions étant des fonctionsholomorphes
de x dans le domaineRemarquons
que toutchangement
de variable de la forme x =û(x’)
nechange
pas la forme de
l’équation (i 3 ).
Pour la démonstration des théorèmes de conver-gence, on
peut
donc supposer que l’on a effectué tout d’abord sur cette variableune transformation conforme
convenable,
defaçon
que le domaine ffix soit un cercle ayant pour centre lepoint
x = o. La fonction ~r, ,~,q)
est alors unefonction
holomorphe
des variables x, y, z, q, pourvu que l’on aita et r étant deux nombres
positifs.
5. De
même,
si l’on veut étudier les surfacesintégrales
d’uneéquation
auxdérivées
partielles
du second ordreF(x,
y, z, p, q, r, s,t)=
o, admettant tous les éléments d’unecaractéristique
déterminée du secondordre,
on commencera par effectuer une transformationponctuelle (voir
n°3),
defaçon
que cette caracté-( i ) Pour la démonstration de ce
point,
voir mon Mémoire : : Sur lesintégrales infini-
ment voisines des
équations
aux dérivéespartielles
(Annales de l’École Normalesupé-
rieure, I906, p. 42g et suivantes).ristique
soitreprésentée
par leséquations
L’équation
aux dérivéespartielles,
étant ordonnée suivant lespuissances
de y, yz, p, q, r, s, t, est de la forme ’
les termes non écrits étant au moins du second
degré
en y, z, p, q, et les coefficientsA, B, C,
... étant des fonctions de xholomorphes
dans un certaindomaine
simplement
connexe, renfermant un segment de l’axe réel. Pour que les relations(14) représentent
uncaractéristique
del’équation ~u~,
il faut d’abordque l’on ait
(t)
n...pour tous les éléments de cette
caractéristique,
c’est-à-dire que le coefficient C doit être nul. Il faut deplus
que l’on ait.- ==
o pour tous les éléments de la carac-téristique,
ou que le coefficient G soit nul. Ces conditions sont suffisantes pour que leséquations (14) représentent
unemultiplicité caractéristique
du secondordre de
l’équation (t5),
mais nous ferons encore unehypothèse
deplus.
Engénéral,
tout élément du second ordre(x,
y, z, p, q, o, s,t),
dont les coordonnées satisfont à la relation détermine dans l ’élément dupremier
ordre(x,y,
z, p,q) qu’il
contient deux directionscaractéristiques,
données parl’équation
du secondordre
Nous dirons
qu’un
élément estexceptionnel
si les deux racines del’équa-
tion
(16)
sontégales,
c’est-à-dire si l’on a, pour les coordonnées de cetélément,
la relation
( 2 )
Cela
posé, nous
admettrons que lacaractéristique considérée
nerenferme
( 1 ) Leçons sur l’intégration des
équations
aux dérivées partielles dcc seeond ordre à deux variablesin.dépendantes
(t. t,Chap.
1V). _(2) Ce qui comprend le cas où l’on aurait à la fois R = S = T ^ o.
aucun élément
exceptionnel,
cequi
exclut le cas oùl’équation (1 5)
aurait sesdeux
systèmes
decaractéristiques
confondus. Comme l’ est nul pour tous les éléments de lacaractéristique (14), il
faudra que S soit différent de zéro pourtous ces
éléments,
ou que le coefficient B de s ne s’annule en aucunpoint
dusegment de l’axe réel intérieur à ni par suite en aucun
point
de cedomaine,
pourvu
qu’il
soit suffisamment voisin de l’axe réel. En résolvant alorsl’équa-
tion
(15)
parrapport à s,
on en déduira undéveloppement
en sér ie entière ordonnée suivant lespuissances de y,
~, p, q~, r, t,les termes non écrits étant au moins du second
degré
en y, z, p, ~, t, et les coefficients étant des fonctionsholomorphes
de la variable x dans La sériequi
est au second membre deInéquation (18) représente
une fonctionho)omorphe ’
des variables x, y, z, p, q, r, t
lorsque.
la variable x décrit le domaine pourvu que les modules des autres variables y, :, p, ~, r, t restentplus petits qu’un
nombre
positif.
Pour lesquestions
de convergence, onpeut
encore, comme on l’aremarqué plus haut,
supposer que le domaine ~~,~ est un cercle ayant pourcentre
l’origine.
Nous allons
maintenant
étudier successivement Jeproblème
ainsisimplifié
pour une
équation
aux dérivéespartielles
dupremier
ordre et pour uneéquation
du second ordre.
II.
6. Soit
une
équation
aux dérivéespartielles
dupremier
ordre admettant lamultiplicité
caractéristique
.Les fonctions sont des fonctions de la variable x,
holomorphes
dans undomaine
simplcment
connexe (1)x,comprenant
un segment(xo,
de l’axeréel,
et la série
F(x, y,
z,q)
estconvergente, quelle
que soit la valeur de x dans cedomaine,
pourvu qne l’on aitp étant un nombre
positif.
Il
existe
une infinitéd’intégrales
del’équation (1 9)
admettant tous les élémentsde la
caractéristique (20) ;
l’unequelconque
estcomplètement
déterminée si l’onse donne la fonction
f (y~
àlaquelle
elle se réduit pour une valeurparticulière
x = a,
comprise
entre xo et x, . Pour que cetteintégrale
admette l’élémentparticulier (a,
o, o, o,o),
il faut et il suffit que la fonctionf ( y~
et sa dérivéef’( y~
soient nulles pour y = o.Supposons
donc quef( y)
soit une fonctionholomorphe
de la variable y dans le domaine del’origine,
s’annulant ainsi quesa dérivée poury==o. Pour étudier
qui
se réduità f (y~
pour x = c~, dans levoisinage
de l’axe des x, il est naturel d’ordonner ledéveloppement
decette
intégrale
suivant lespuissances de y,
et nous savons apriori
que ce déve-loppement
doi t être de la formepuisque l’intégrale /
renfermant l’élément x = y = 2 - o, p = q = o, doit admettre tous les éléments de lamultiplicité caractéristique (20).
Les coefficients’f2’ c~3,... ~n, ...
sont des fonctions de x dont on connaît les valeurs pour x = a,car le
développement
de la fonctionf( y)
doit êtreidentique
àDe la formule
(21)
on déduiten
remplaçant
z, p, q par leursdéveloppements
dans les deux membres del’équa- tion (I9),
et enégalant
les coefficients des mêmespuissances
de y, on obtientune suite indéfinie
d’équations différentielles, qui, jointes
aux conditionsinitiales, permettent
de déterminer deproche
enproche
les fonctionsc! 3, ... ~? ’ ’ "
.En
égalant
les coefficientsdey2,
on obtient d’abord uneéquation différen-
tielle de
Riccati,
ne renfermant que la fonction inconnue03C82 (x),
Cette
équation
déterminecomplètement
la fonctionc~2 (x), puisqu’on
connaîtla valeur initiale
c~ ~ (a) ; d’après
lespropriétés
connues del’équation
deRiccati,
~2 (x), qui
est certainementholomorphe
dans levoisinage
de la valeur x = a, nepeut avoir que des discontinuités
polaires
dans le domaine et cespôles
sontvariables avec la valeur initiale
’f2 (a).
D’une
façon générale,
le coefficient deylt
dans le second membre del’équation
(19) après
la substitution ne peutdépendre
que des coefficients et des fonc- tions~r2, ~3?... ? tbn.
Eneffet,
dans les termesqui renferment ~,
la fonctionpar
exemple
esttoujours
associée à unepuissance dey d’exposant
an moinségal
à n + i. D’autre
part,
dans ledéveloppement
d’unepuissance
de q, deqk
parexemple ~I>
>I),
on aet le seul terme en
yU
renfermantû"
nepeut
être que le termelorsque
~ = 2. Le seul terme
dépendant
de est doncsomme de trois termes provenant
respectivement
des termes en z, yq etq2
dansl’équation (19).
Enégalant
les coefficients deyn,
on arrive donc à uneéquation
de la forme
P(~~~, ~.! ~,
...,désignant
unpolynome
à coefficients entiers parrapport
aux fonctions ..., et aux coefficients 03C6ikl
jusqu’à
ceux d’un certainrang. ,
Cette
équation (23 )
est linéaire parrapport
à la fonction inconnue >2).
Supposons
que lepremier
coefficientû~(x~
soitholomorphe
dans un domainesimplement
connexeD’x
intérieur à En faisant successivement n =3, 4, 5,
...,on voit que tous les coefficients
suivants, Y3, ,
...,qui
sont déterminés par deséquations
linéaires à coefficientsholomorphes,
sont eux-mêmes des fonctionsholomorphes
dans le domaine7. On obtient donc ainsi une série
(21),
satisfaisantformellement
àl’équa-
tion
(19),
dont tous les coefficients sont des fonctionsholomorphes
dans etqui
se réduit àf(y) quand
onremplace
x par a. Cette série coïncide forcémentavec la série entière
P(x- a, y) qui représente l’intégrale holomorphe
se rédui.-sant à
f( y)
pour x = a,quand
on ordonne cette série parrapport
auxpuissances
croissantes Nous sommes donc assurés de la convergence de la série
(21)
pour les valeurs de y et de x - a dont le module est suffisamment
petit.
Pourcompléter
cerésultat,
nous nous proposons d’étudier la convergence de cettesérie
lorsque lyl
seul est trèspetit,
la variahle x restant dans le domaine où tous lescoefficients
sontholomorphes ;
cequi
revient évidemment à consi- dérerl’intégrale
dans levoisinage
de lacaractéristique.
Le résultat fondamentalqui
va être démontré est le suivant : :’
Soit un domaine
simplement
connexe tel que lafonction ~L2 (x), qui
prend
lavaleur f"(o) I.2
pour x = a, soitholomorphe
dans ce domaine etsur-la
courbe
qui
lelimite;
à ce domainey
onpeut
associer un nombrepositi f
~,tel que
l’intégrale
del’équation (I9), qui
se réduit àf(y)
pour x = a, soitune
fonction holomorphe
des variables x et y,lorsque
la variable x décrit le domaine D’x, et la variable y le cercle de rayon décrit dccpoint
y = ocomme centre.
Il résulte de ce théorème que la série
(zi)
est nécessairement convergentelorsque
les variables x ety restentrespectivement
dans les domainesprécédents.
Ainsi
qn’on
l’adéjà
fait observer(n° 4),
on peut supposer que le domaine està l’intérieur d’un cercle de rayon i décrit du
point
x = o pour centre. Car onpeut
toujours,
sanschanger
la forme del’équation (I9),
effectuer une transforma- tion conforme defaçon qu’un
domaine renfermant viennes’appliquer
sur uncercle,
lepoint
x = a intérieur àcorrespondant
au centre Ju cercle. Nous admettrons parconséquent,
poursimplifier
la démonstrationqui
vasuivre,
quele second membre de
l’équation (19)
est une fonctionholomorphe
des variables x, y, ,~, ~, pour tous lessystèmes
de valeurs de ces variablesqui
satisfont auxconditions
pétant
un nombrepositif,
et en outre quel’intégrale
del’équation (22) qui prend
la valeur-
pour x = o est elle-même une fonctionholomorphe de x,
pourvu
que
l’on ait~xi ~ t ,
Onpeut toujours
satisfaire à cette dernièrecondition,
si l’on fait
correspondre
au cercle de rayon i un domaine renfermantax,
maisassez voisin pour que
~z ~x)
soitégalement holomorphe
dans Nous pouvons même supposerque ta
fonctionf ~x)
estnulle,
car il suffit de poser z= f( y)
+ fi,en
désignant
par il une nouvelleinconnue,
pour être ramené à ce cas, et ce chan- gement d’inconnue ne modifie pas les autreshypothèses.
Les
intégrales
deséquations (22)
et(23), qui
sont nulles pour x = 0, sont donc toutesholomorphes,
pourvu queIx
nedépasse
pas l’unité. Nous pouvons,sans diminuer la
généralité,
supposer~~ - c~~
_-_ o, car si l’on posele
développement
de Z commencera par un terme eny~
ou dedegré supérieur.
Toutes ces transformations étant
effectuées, l’équation (22)
doit admettre l’inté-grale particulière ’f2==
o, cequi exige
que l’on ait =o ; l’équation (19)
est donc de la forme
( 24 )
p=F1(x, y, z,q)
== 03C6010z + 03C6110yz + 03C6101yq + 03C6011zq +’et il
n’y
aura pas nonplus
de terme eny3
dans le secondmembre, puisque
l’équation ~2~~
doit admettre uneintégrale
dont ledéveloppement
suivant lespuissances de y
commence par un terme eny~
ou dedegré supérieur.
Le secondmembre de
l’équation (24)
étant une fonctionholomorphe
des variables x,y, z, q, pour les valeurs de ces variables satisfaisant aux conditionsle théorème
qu’il
de démontrerpeut
alors s’énoncer ainsi :A tout nombre
positif
6 i on peut associer un autre nombrepositif ~
lelque
l’intégrale
del’équation (24), qui
se réduit à zéro pour x = o, soit unefonction holomorphe
des variables x et ylorsque
l’on cc à lafois
Ce théorème étant
supposé établi,
il suffira deprendre
pour a un nombreinférieur à
l’unité,
mais assez voisin de i pour que le domaine soit tout entier à l’intérieur du cercle de rayon a décrit dupoint x
= o pour centre, et l’on endéduira la
proposition
que l’on a en vue.Nous pouvons encore, pour
simplifier
ladémonstration,
fairedisparaître
lestermes en z et en yq dans
l’équation (24). Posons,
eneffet,
u étant la nouvelle fonction
inconnue ;
il vientEn substituant ces valeurs de z, p, q dans les deux membres de
l’équation (24),
et divisant par e °
;>".
, on voit
qu’il n’y
aura pas de terme depremier degré
en u dans la nouvelle
équation.
Nous pouvons donc supposer, en conservant les mêmes
.notations,
que l’on ao = o dans
l’équation ( ~ 4).
Faisons encore le