Universit´e Joseph Fourier 1`ere ann´ee de Licence
MAT128 Analyse ´el´ementaire 2`eme semestre 2006/2007
Correction du Contrˆ ole continu n
o1
M´ethodologie : pour utiliser efficacement un corrig´e, il faut de mani`ere g´en´eral avoir r´efl´echi sur l’exercice avant. Ensuite, on lit le corrig´e et on cherche `a le comprendre. On pourra refaire l’exercice imm´ediatement apr`es lecture du corrig´e (et mˆeme en s’aidant du corrig´e). Finalement il est imp´eratif de v´erifier que l’exercice est bien compris en le re- faisant sans aucune aide 3-4 jours apr`es avoir lu le corrig´e. Cela est aussi valable pour le TD : il faut refaire les exercices plusieurs jours apr`es y avoir r´efl´echi ou vu le corrig´e pour la derni`ere fois afin de distinguer la r´eelle compr´ehension `a long terme de la m´emorisation
`a court terme.
Exercice 1 :
• On pose f1(x) = ex3ln(1 +x2). Cherchons le domaine de d´efinition de f1. La fonction exponentielle ainsi que les fonctions polynˆomes sont d´efinies et d´erivables de R dans R donc x7→ ex3 est d´efinie et d´erivable de R dans R . La fonction x7→1 +x2 est d´efinie et d´erivable de R dans [1,+∞[ et la fonction ln est d´efinie et d´erivable de ]0,+∞[ dans R. Comme [1,+∞[⊂]0,+∞[, la fonction x7→ln(1 +x2) est d´efinie et d´erivable de R dansR. Au total,f1 est donc d´efinie et d´erivable sur toutR. En appliquant les r`egles de d´erivation, le calcul de sa d´eriv´ee donne :
f10(x) = 3x2ex3ln(1 +x2) +ex3 2x
1 +x2 =ex3
3x2ln(1 +x2) + 2x 1 +x2
.
• Soit f2(x) = cos √ 1−x
. La fonction cos est d´efinie et d´erivable sur tout R et la fonction y 7→ √y est d´efinie sur [0,+∞[ et d´erivable sur ]0,+∞[. Il faut donc regarder quand x est tel que 1−x ∈ [0,+∞[ et quand x est tel que 1−x ∈]0,+∞[. On trouve finalement quef2 est d´efinie sur ]− ∞,1] et d´erivable sur ]− ∞,1[. Puis, pour toutx <1,
f20(x) =−sin √
1−x −1 2√
1−x = sin √ 1−x 2√
1−x .
•Soitf3(x) = Arcsin(2x+1)
x−3 . La fonction Arcsin est d´efinie sur [−1,1] et d´erivable sur ]−1,1[.
Il faut donc trouver les valeurs dexpour lesquelles 2x+ 1∈[−1,1] et celles pour lesquelles 2x+ 1 ∈]−1,1[. On trouve que la fonction x7→ Arcsin(2x+ 1) est d´efinie sur [−1,0] et d´erivable sur ]−1,0[. Or x−3 ne s’annule pas sur [−1,0] donc f3 est d´efinie sur [−1,0]
et d´erivable sur ]−1,0[. D´erivons f3 :
∀x∈]−1,0[, f30(x) =
√ 2
1−(2x+1)2(x−3)−Arcsin(2x+ 1)
(x−3)2 .
• Soit f4(x) = (1 + Arctan(x2))3. La fonction f4 est d´efinie et d´erivable sur R comme compos´ee de fonctions d´efinies et d´erivables sur R. Le calcul de sa d´eriv´ee donne
f40(x) = 3 1 + Arctan(x2)2 1
1 + (x2)22x= 6x(1 + Arctan(x2))2
1 +x4 .
Exercice 2 : On consid`ere la fonctionf : R→R d´efinie par f(x) =x e−x2. Notons tout d’abord que f est d´efinie et d´erivable sur tout R comme produit et compos´ee de fonctions continues et d´erivables sur toutR. La d´eriv´ee de f est
f0(x) =e−x2 +xe−x2(−2x) =e−x2(1−2x2) .
Le facteur e−x2 est toujours strictement positif. La d´eriv´ee f0(x) est donc du signe de 1−2x2. En outre,
x→±∞lim
x e−x2
= lim
y→+∞
√ye−y = 0
par croissance compar´ee. On obtient alors le tableau de variation suivant.
x −∞ −1/√
2 0 1/√
2 +∞
f0(x) − 0 + 0 −
1/√ 2e
% &
f(x) 0 0 0
& %
−1/√ 2e
On trouve donc quef atteint son maximum en 1/√
2 et que ce maximum vaut 1/√
2e. On d´eduit aussi de ce tableau de variation que le graphe de f est de la forme
-3 -2 -1 0 1 2 3
-0.5 -0.4 -0.3 -0.2 -0.1 0.0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5
2
Exercice 3 : Dans ce type d’exercice, on peut soit proc´eder par changement de variables, soit par d´erivation. On se propose de corriger les deux m´ethodes.
M´ethode par changement de variables :
1) Pour tout x ∈ [−1,1], il existe un unique θ ∈ [0, π] tel que x = cosθ. On a alors que sin(Arccos(x)) = sin(Arccos(cos(θ))) = sin(θ). Or, siθ ∈[0, π], alors sin(θ) est positif donc
´egal `a p
1−cos2(θ) =√
1−x2. Finalement :
∀x∈[−1,1], sin(Arccos(x)) =√
1−x2 .
2) Pour tout x∈R, il existe un unique θ∈]−π/2, π/2[ tel que x= tanθ. Le changement de variable donne que cos(Arctan(x)) = cos(θ). Mais si θ ∈]−π/2, π/2[, alors cos(θ)>0.
Donc 1 + tan2(θ) = 1/cos2(θ) implique que cos(θ) = 1/p
1 + tan2(θ). En revenant `a la variable x, on obtient
∀x∈R, cos(Arctan(x)) = 1
√1 +x2 . M´ethode par d´erivation :
1) On pose f(x) = sin(Arccos(x)). La fonction f est continue sur [−1,1] et d´erivable sur ]−1,1[. On af0(x) = cos(Arccos(x))√−1
1−x2 = √−x
1−x2. Or √−x
1−x2 est la d´eriv´ee de √
1−x2. On en d´eduit donc qu’il existe une constante C telle que f(x) = √
1−x2 +C pour tout x ∈]− 1,1[. Par continuit´e, cette ´egalit´e est aussi vraie aux bornes ±1. Finalement, f(0) = sin(π/2) = 1 =√
1−0 doncC = 0 et sin(Arccos(x)) = √
1−x2.
2) On posef(x) = cos(Arctan(x)). La fonctionf est d´erivable sur toutRet sa d´eriv´ee vaut f0(x) = −sin(Arctan(x))1+x12. On note que Arctan(x) ∈]−π/2, π/2[ donc f est toujours strictement positive. On peut donc ´ecrire que
f0(x)
f(x) =−sin(Arctan(x)) 1 1 +x2
1
cos(Arctan(x)) =−tan(Arctan(x)) 1
1 +x2 = −x 1 +x2 . En int´egrant chaque membre, on trouve qu’il existe une constante C telle que
ln(f(x)) =−1
2ln(1 +x2) +C c’est-`a-dire f(x) = eC
√1 +x2 . En prenant x= 0, on trouve que la constante C est nulle.
Exercice 4 : On consid`ere la fonctionf(x) = Arccos(2x2 −1).
1) La fonction x 7→ 2x2 −1 est d´efinie et continue de [−1,1] dans [−1,1]. La fonction Arccos est d´efinie et continue de [−1,1] dans R. Donc f est d´efinie et continue de [−1,1]
dans R. En outre, f est paire puisque
f(−x) = Arccos(2(−x)2−1) = Arccos(2x2−1) = f(x) .
2) La fonction x 7→ 2x2 −1 est toujours d´erivable en tant que polynˆome. La fonction Arccos est par contre seulement d´erivable sur ]−1,1[. Il faut donc trouver les x tels que
3
2x2 −1 ∈]−1,1[. Une rapide ´etude de fonctions nous montre que 2x2 −1 ∈]−1,1[ si et seulement si x ∈ ]−1,0[∪]0,1[. En utilisant le th´eor`eme sur la d´eriv´ee d’une fonction compos´ee, on trouve donc que f est d´erivable en tout point x∈]−1,0[∪]0,1[ et que
f0(x) = −1
p1−(2x2−1)2 4x= −4x
p1−(2x2−1)2 .
3) En utilisant la parit´e def, il nous suffit de trouver une expression simple def sur ]0,1[.
Pour tout x∈]0,1[, on a
f0(x) = −4x
√4x2−4x4 = −2x
|x|
√ 1
1−x2 = −2
√1−x2 .
Donc il existe une constanteC telle quef(x) = 2Arccos(x) +C. En utilisant la continuit´e de f, on obtient que f(x) = 2Arccos(x) +C sur [0,1]. En regardant la valeur de f en 1, on obtient que C = 0. Enfin, la parit´e def montre que
f(x) = 2Arccos(|x|). 4) On obtient le graphique suivant
-1.0 -0.8 -0.6 -0.4 -0.2 0.0 0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
0.0 0.4 0.8 1.2 1.6 2.0 2.4 2.8 3.2
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