G ERGONNE
Optique. Recherches de dioptrique, renfermant la solution du dernier des deux problèmes proposés à la page 288 du X.e volume de ce recueil
Annales de Mathématiques pures et appliquées, tome 11 (1820-1821), p. 229-267
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229
OPTIQUE.
Recherches de dioptrique , renfermant la solution du
dernier des deux problèmes proposés à la page
288 du X.e volume de
cerecueil ;
Par M. G E R G O
N N E.DIOPTRIQUE.
LE but
que nous nous proposons ici est d’examiner comments’opère
la vision et sousquelle
apparence seprésentent
lesobjets
lumineux ou
éclairés, lorsque
cesobjets
se trouventplongés
dansun milieu
homogène
d’une densité constante , et que l’oeilqui
lescontemple
se trouve dans un autre milieuhomogène, également
d’une densité constante ,
contigu
à celui-là etséparé
de lui par unplan
indéfini. C’est exactement le cas où nous sommeslorsque
nousregardons
lespoissons
dansl’eau,
et c’est aussi celui où ils setrouvent , ainsi que les
plongeurs lorsqu’ils
nousregardent.
Nousaurons
occasion ,
cheminfaisant ,
detraiter ,
comme cas très-particulier,
ledernier
des deuxproblèrnes proposés
à la page 288 du X.e volume de ce recueil.Bien que la
question
que nous abordons ici soit une desplus simples
de toutes celles que ladioptrique peut
avoir en vue , ellene laisse pas que d’être assez
compliquée.
Elle adéjà
été som-mairement traitée par M.
Lenthéric, professeur
aucollége royal
de
Montpellier,
dans une thèsequ’il
a soutenue pour ledoctorat,
à la faculté des
sciences ,
en maiI820 ;
et nous n’avons d’autreTom. XI
n.°VIII , I.er février
I82I. 3Ibut ici que de
développer davantage
et desimplifier
en mêmetemps , s’il est
possible ,
les résultats obtenus par cetestimable
professeur.
Pour fixer les idées et éviter en même
temps
lescirconlocutions
Mous supposerons constamment que les deux milieux dont il
s’agit
sont l’air et
l’eau ;
que , parconséquent ,
leplan
indéfiniqui
lessépare
est unplan horizontal ;
et que le milieu inférieur est celui des deuxqui
réfracte leplus cnergiqueinent
lalumière ;
mais onsent fort bien que nos formules et nos méthodes n’en seront pas moins facilement
applicables
à toute autrehypothèse qu’on
voudrafaire sur la nature des deux milieux. Nous aurons d’ailleurs a examiner successivement le cas où
l’objet,
estdans
l’eau et l’oeildans
l’air et celui oilc’est,
aucontraire ,
l’0153ilqui
est dansl’eau ,
tandis que
l’objet
est dansl’air,
nous verrons que ces deux cas, bien que peudifférens
en apparence , sontcependant
bien loind’offrir des résultats
analogues.
Soit donc un
point
lumineuxplongé
dansl’eau ;
cepoint
darderadans tous les sens des rayons de lumière dont la direction sera
rectiligne
et constante tantqu’ils
demeureront’dans cefluide;
maisune fois que ceux
qui
serontdirigés
de manière àpouvoir
en scritrauront atteint la surface de
l’eau ,
ils continueront leur marchedans l’air suivant une
direction encorerectiligne ,
mais différentede
lapremière
etplus éloignée qu’elle
de la direction verticale(*).
Si un oeil se trouve situé d’une manière
quelconque
dansl’air, plusieurs
des rayonsqui
y aurontpénétré viendront
lefrapper.
(’) Je
n’adopte
icil’hypothèse
de l’émission que pourplus
desimplicité.
Jen’ignore
pas que les, belles recherches de M. Fresnel semblent présentementfaire
pencher
la balance en faveur del’hypothèse
des ondulations. Je sai& aussi que la lumière parvenue à la surface de l’eau nepénètre
pas toute dans l’air,et
qu’une partie y
rentre en se réfléchissant à cettesurface;
mais c’est là unecirconstance dont il est permis ici de faire abstraction
D I O P T R I Q U E.
Par l’effet de l’habitude
cet
0153il croira lepoint
lumineuxplacé
dans- la direction suivant
laquelle
il en aura reçu lasensation ,
etprécisément
à l’endroit d’où les rayons du faisceau entrédans,
laprunelle divergeraient, s’ils
n’avaientpoint
été rompus à la surfacede l’eau.
Si,
par lepoint lumineux
onconçoit
unplan
verticalquel-
conque, ce
plan
contiendra un certain nombre de rayons émanés dupoint
dont ils’agit ;
or , les circonstances étant absolument les mêmes depart
et d’autre de ceplan ,
les rayons a leur entrée dansl’air ,
tout enprenant
une nouvelledirection,
ne s’écarteront ni à droite ni àgauche
de ce mêmeplan ,
et nepourront con-
séquemment parvenir
à l’0153ilqu’autant qu’il
y sera lui-mêmesitué ;
c’est donc aussi dans ce
plan
quel’image
sera aperçue.On voit donc que
si ,
par l’0153il et par lepoint lumineux,
onconçoit
unplan vertical
c’est dans ceplan uniquement
que se passera tout lephénomène
de lavision ;
d’où il résulte encore quesi,
au lieu d’unpoint unique ,
on a unobjet
visible d’une cer-taine
étendue ;
pourvu que les diversesparties
de cetobjet
se trouventcomprises
dans un mêmeplan
vertical avecl’oeil ,
sonimage
setrouvera aussi toute entière
comprise
dans le mêmeplan.
Dansce cas
particulier ,
leproblème ,
au lieud’appartenir
a lagéométrie
à trois
dimensions ,
n:est doncqu’un simple problème
degéométrie plane.
Enconséquence ,
c’est p-ar lui que nous croyons devoircommencer , d’autant que le
problème général peut
ensuite s’en déduire avec facilité.i.
Supposons
donc( fig. i )
que leplan
de lafigure
soit leplan
vertical conduit par l’0153il et par lepoint
lumineux. Soit CXl’intersection de ce
plan
avec la surfacesupérieure
duliquide ;
soitP le
point
lumineux et soit CY une verticale conduite par cepoint.
Considérons deux rayons infiniment voisins
PI, PI’ , atteignant
lasurface de l’eau en
1 , I’;
en entrantdans l’air,
ilsprendront
lesdirections nouvelles
IL,
PL/.Suit p
lepoint
de concours de cesnouvelles
directions ;
il est clairqu’un
oeilplace
vers LL/ seradans le même cas
que si, l’eau
n’existant pas, lepoint lumineux
au lieu d’être en
P ,
se trouvait en p ;c’est-à-dire ,
en d’autrestermes , que
lepoint
p sera le lieuapparent
oul’image
dupoint
P.2.
Or,
il est visible que lepoint p
est unde
ceux de la courbe à-laquelle
tous les rayons réfractés sonttangens, c’est-à-dire ,
dela courbe
enveloppe
de tous ces rayons ; et que deplus
le rayon réfracté IL esttangent
à cette courbe en p ; sidonc ( fig. 2 )
MNest la
courbe enveloppe
de tous les rayons réfrdctés relatifs aupoint P ;
enquelque point
O que l’0153il se trouve dansl’air,
enmenant
par cepoint
0 unetangente Op
à cettecourbe, son point
de contact p sera le lieu de
l’image , c’est-à-dire,
le lieuapparent
du
point P ,
pour un oeil situé en 0. La courbeMpN
estce qu’on appelle
laCaustique
relative aupoint
P.3.
L’objet principal de
larecherche qui
nous occupe doit donc être la détermination de la nature de cette courbe. Pourparvenir
à ce
but ( fig. 3 ) ,
soientprises respectivement
l’horizontale CXet la verticale CY pour axes des x et
des
y ;désignons
par k l’en- foncement CP dupoint
P au-dessous du niveau del’eau ;
et con..sidérons un rayon
quelconque
émané dupoint P , ayant
PI pourdirection
dans l’eau et IL pour direction hors de l’eau.Désignons
par z la distance variable CI de
l’origine
C aupoint d’incidence I ;
et , par cepoint I ,
menons la verticaleindéfinie GH ; l’angle
GIP= IPC sera ce
qu’on appelle l’angle
d’incidence etl’angle HIL
sera ce
qu’on appelle l’angle
deréfraction.
4. Or ,
suivant lespremiers principes
de ladioptrique,
pour les deux mêmesmilieux ,
lerapport
du sinus d’incidence au sinus de réfraction doit, être constant , et tout- à-faitindépendant
de ladirection du rayon incident.
Supposant
donc que le sinus d’inci-dençe
dansl’eau
soit constamment au sinus deréfraction dans
l’air dans lerapport de q
à p, nous auronsd’où
mais on a
donc
d’oùoù
de sorte
qu’en posant ,
pourabréger ;
d’où
nous aurons
En
conséquence , l’équation
du rayonréfracté IL , c’est-à-dire ; l’équation générale
de tous les rayons réfractésrelatifs
aupoint
P sera
234 RECHERCHES
équation dans laquelle z
est unparamètre
tout-à-faitindéterminé.
5.
Suivant
donc lesprincipes
du calculdifférentiel , l’équation
del’enveloppe
de tous les rayonsréfraçtés, c’est-à-dire, l’équation
dela
caustique ,
sera(*)
le résultat de l’élimination de z entre cettedernière
équation
et sadifférentielle , prise uniquement
parrapport
à cette lettre. Cette différentielle est, toutes réductions
faites ,
Pour éliminer facilement z
entre
elle etl’équation primitive
durayon
réfracté,
nous les résoudrons parrapport
à x et y , ainsi que nousl’avons déjà
fait dans une circonstanceanalogue (
tom.V , pag. 288 ).
Cette dernière donne immédiatement la valeurde x ;
et , en la substituant dans
l’autre,
on obtientd’où résulte
ajoutant
donc ces deuxéquations
membre àmembre,
nousaurons
pour celle de la
caustique cherchée
6.
Or ,
it est connu( tom. V, pag. 288) que l’équation d’une ellipse
étant(*) Voyez
lapage
36: du III.e volume de ce recueil.l’équation
de sadéveloppée
estdonc notre
caustique
n’est autre que ladéveloppée
d’uneellipse
dont les demi-diamètres
principaux
sont donnés parles
deuxéquations
d’où ,
onayant égard
à la relationn2=I+m2 ,
trouvée ci-dessus(4),
on tirede sorte que
l’équation
decette ellipse
estOn a, en outre,
7.
Ainsi,
toutes les foisqu’un point
lumineux estplongé
dansl’eau ,
ceux d’entre les rayonsqui
en émanentqui
sontcompris
dans
un mêmeplan
verticalquelconque passant
par cepoint, donnent
naissance , après
leur sortie duliquide ,
à unecaustique qui
n’estautre chose que la
développée
d’uneellipse qui
a son centre a lasurface
duliquide,
et songrand
axe vertical. L’ua desfoyers
decette
ellipse
est lepoint
lumineuxlui-même ;
et sesdimensions , proportionnelles à
l’enfoncement de cepoint
nedépendent
quedu
rapport
du sinus d’incidence au sinus deréfraction ;
de tellesorte que les
ellipses qui répondent
àdivers points ,
et par suite leursdéveloppées,
sont des courbes semblables. On aurait des con-séquences analogues
pour deux autres milieuxtranspar ens ,
solidesou
fluides ;
iln’y
aurait absolument dechangé
que lerapport
des dimensions desellipses (*) ;
pourvu toutefois que lepoint
lumineuxfût
toujours
danscelui
des deux milieuxqui jouirait
dupouvoir réfringent
leplus énergique.
Onconçoit ,
ausurplus, qu’il n’y
aque celle des deux moitiés de la
développée
del’ellipse qui
ap-partient
à ce milieuqui puisse
être utile auproblème ;
de sorteque c’est
seulement
cettedemi-developpée qui
doit être considéréecomme la
caustique.
(*) Dans le passage de l’eau dans l’air on a , à
très-peu pies, p=4 , q=3 ,
d’oùn=4 3
, m=7 3,
ou sensiblementm=8 9.
Celadonne n =3 2 ;
c’est-à-dire que l’axe vertical de
l’ellipse
est à son axe horizontal environ dans le rapport de 3 à .2.S’il s’agit
du passage duverre
dansl’air ,
on aura , àtrès-peu près
p=3 ,q=2, d’où n=3 2, m=
5 2 , ou
sensiblement m=2 3. Cela donne n m=4 3, c’est-
à-dire que l’axe vertical de
l’ellipse
est à son axe horizontal environ dans le rapport de 4 à 3.S’il
s’agit
enfin du passage du verre dans l’eau, on aura, àtrès-peu près,
p=g,
q=8 ,
d’oun=9 8, m=I7 8, ou sensiblement m=I 2. Cela donne
n m=9 4 ,
c’est-à-dire que l’axe vertical de l’ellipse
est à son axe horizontal
na
environ dans le rapport de
9 à 4.
En
général, l’ellipse
est d’autantplus alongée
que lespouvoirs réfringens
desdeux milieux sont moins différens.
8.
DIOPTRIQUE. 237
8. De ce
qni précède,
et de lafigure
connue de ladéveloppée
de
l’ellipse
, il est facile de déduire diversesconséquences,
dontles
plus remarquables
sont les suivantes :I.° Tant que l’ceil du
spectateur
ne sort pas de la verticalequi
passe par le
point lumineux , l’image
de cepoint
ne sort pas nonplus
de cetteverticale ,
surlaquelle l’ce!! peut
d’ailleurs se mou-voir sans que cette
image paraisse
aucunementchanger
deplace.
Elle
paraît toujours
d’ailleursplus rapprochée
de la surface de l’eauque
l’objet lui-même ,
et d’unequantité
constammentproportionnelle
à l’enfoncement de cet
objet (*).
2.° Si l’0153il se meut sur la surface même de
l’eau, à
mesurequ’il s’étonnera
de la verticale menée par lepoint lumineux, l’image
de cepoint s’éloignera
aussi de cette même verticale etdans le même sens , en se
rapprochant
peu à peu de la surface de Feau.Lorsque
l’0153il se trouvera distant de la verticale de la(*) Si l’ceil est dans l’air , suivant que
l’objet
sera dans l’eau ou dans le verre, sonimage
se trouverarapprochée
d’un quart ou d’un tiers duplan
horizontal
qui sépare
les deux milieux. Si l’0153il est dans l’eau etl’objet
dansle verre , ce
rapprochement
sera seulement d’un neuvième.Lorsque
M. Lenthéricsoutint,
à la faculté des sciences deMontpellier,
lathèse dont il a été question ci-dessus , un des
juges
luiobjecta
que la réfrac- tion étant nulle dans le sens normal,l’objet
doit être vu à sa véritableplace lorsque
l’oeil se trouve verticalement au-dessus. Celapourrait
être vrai, sil’ouverture de la
prunelle
était unpoint mathématique ;
mais cette ouverture est laplus grande
des deux bases d’un tronc de cône formé par ceux d’entre les rayons lumineuxqui ,
étant sortis de l’eau ,parviennent
à l’0153il. Ce troncde cône a sa
plus petite
base à la surface de l’eau, et cette dernière est ,à son tour , la base d’un cône entier , ayant son sommet au
point
lumineux,et comprenant les mêmes rayons dans l’eau. Or , c’est au sommet du cône ; dont
le tronc pose sur l’0153il , que
l’image
doit être aperçue ; et , comme ce cône estplus
obtus que celuiqui
a son sommet àl’objet,
il s’ensuit que l’image doitêtre
plus
voisine de l’oeil que ne l’est eetobjet.
Tom. XI. 32
238
quantité k n , l’image
se confondra aveclui ; c"est - à - dire que n
cette
image
sera aussi à la surface de l’eau et à la distancek n
de
la
verticalequi
passe parl’objet.
Passé ce terme , l’oeil aura beau s’écarterdavantage ,
il verratoujours l’objet à
la mêmeplace
à la surface de l’eau
(*).
3.° Dans toute situation intermédiaire de
l’0153il , l’image paraîtra toujours
hors de la verticale du même côté quelui,
etplus élevée-
que
l’objet. Si ,
enpartant
d’une situationdonnée,
cet oeil s’élèveverticalement
, il verral’image
s’enfoncer pardegrés ,
en se rap-prochant
de laverticale ;
ce sera le contraire si l’ceil descend ver-ticalement.
Si , partant
de la mêmesituation
, l’0153il se meut hori.zontalement ,
en s’écartant de laverticale , l’image
s’en écarteradans le même sens et se
rapprochera
peu à peu de la surface de Feau. On reconnaîtra enfin queI’oeil ,
muobliquement ,
dans unedirection
rectiligne , parcourt
unetangente
a lacaustique , lorsque malgré
son mouvement ,l’image
lui semblera immobile. Cette cir- constancepourrait
même offrir unmoyen
de déterminer lacaustique
d’une manière
expérimentale ,
et d’en conclure ensuite lerapport
dû sinus d’incidence au sinus de’réfraction.
g. De ce que les
caustiques
relatives àdifférens points
sont sem-hlables ,
etsemblablement
situées parrapport
à laligne
deniveau ,
résulte un
procédé graphique assez simple
pour déterminer le lieu del’image
de tant depoints
visiblesqu’on
voudra. Soittoujours CX ( fig. 4 ) le
niveausupérieur
deJ’eau,
et soit O’ le lieu fixe(*) L’0153il étant dans
l’air,
suivant quel’objet
sera dans l’eau ou dans leverre , la
distance k n
sera les trois quarts ou les deux tiers de renfoncement del’objet.
Si l’oeil est dansFeau
et l’objet dans le verre, cette distance seraLes
huit neuvièmes de l’enfoncement de cet objet.239
de
l’0153il ;
sur la verticaleCP ,
conduitepar O’ ,
onprendra
arbi-trairement un
point P ,
pourlequel
on tracera avec soin la caus-tique MNM’ ,
que nousappellerons
lacaustique
normale. On fera bien d’ailleurs deprendre
lepoint
P leplus
baspossible ,
afind’avoir une
caustique
deplus grande
dimension. Cettecaustique ,
ainsi
tracée ,
une fois pour toutes , rien neseraplus
aisé qued’assigner l’image
d’unpoint donné quelconque ,
pour un 0153ilplacé
en O’.Soit,
eneffet ,
P’ lepoint
dont ils’agit ;
,en menantPP’ ,
sonpoint
d’intersection S avec CX sera évidemment le centre de simi- litude descaustiques
relatives auxpoints P ,
P’. On menera P’O’et SO’
qu’on
fera couper en O par uneparallèle
PO à P’O’. Onmenera par
O ,
à lacaustique normale ,
latangente Op
latou-
chant en p. On menera enfin
Sp qu’on
fera couper enpl
par uneparallèle Olpl lt Op ;
etalors ,
de même que p estl’image
deP
pour un 0153il
placé
enO ; p’
seral’image
deP’ ,
pour un oeilplacé
en
O’ ,
etconséquemment
lepoint
demandé.10. En renversant cette
construction,
on pourradéterminer,
pourune situation donnée de
l’0153il ,
enquel
lieu doit se trouver unpoint
lumineux,
pour que sonimage
soit vue en unpoint
donné.Soit
toujours
O’ le lieu del’0153il ,
et soitp’ l’image
donnée d’unpoint
dont il fautassigner
la situation. On menerap’O’
et ,paral-
lèlement à cette
droite,
unetangente pO à
lacaustique
normale.p étant le
point
de contact de cettetangente,
on mènerapp’
cou-pant
CX enS,
et SOIcoupant pO
en 0. On menera enfinOP,
et ensuite
SP , coupée
en pl par uneparallèle
O’P’ à OP. Il estclair
qu’alors P étant ,
pour l’oeilplacé
en0,
le lieu del’objet
dont
l’image
est en p ; pl serapareillement ,
pour un oeilplacé
en
O’,
le lieu del’objet
dontl’image
est vue enp’ ; c’est-à-dire,
que Pl sera le
point
cherché.II. Sachant
ainsi ,
pour une situation donnée del’0153il , assigner
soit le lieu de
l’image
d’unpoint
donnéquelconque ,
soit le lieu d’unpoint
dontl’image
estdonnée ;
rien ne seraplus
aisé quede tracer par
points ,
soitl’image
d’uneligne
droite ou courbe240
plane quelconque située,
avecl’0153il ,
dans unplan vertical ,
soitla
ligne
dont uneligne
donnée droite ou courbeplane
située dansun même
plan
vertical estl’image.
S’il
s’agit d’un
dessin tant soit peucompliqué,
cequ’il y
aurade mieux à
faire ,
sera de tracer àl’avance,
soit lesimages
d’unesuite de droites verticales et horizontales
équidistantes ,
soit lescourbes
ayant
pourimages des
droites verticales et horizontaleséquidistantes.
On achèvera ensuite le dessinproposé ,
de la mêmemanière que l’on trace les
anamorphoses.
12.
Essayons présentement
de traduire ces diverses constructionsen
analise ; c’est-à-dire,
de déterminer les coordonnées depl
par celles deP’ ,
etréciproquement. Appelons x’y’
lespremières , X’ ,
Y’ les
dernières ;
tout se réduira évidemment à trouver deuxéqua-
tions de relation entre ces
quatre
variables et les constantes du.
problème.
13. Appelons k
lalongueur
arbitraireCP ,
et h la hauteurCOI
de l’ceil au-dessus du niveau de l’eau. Tout étant d’ailleurs dans lafigure 5 ,
commedans
lafigure 4- ,
abaissons dupoint
0 laperpendiculaire
OT sur CS et dupoint P’
laperpendiculaire
P’C’$ur la même
droite ;
en menantOC , O’C’ , TP , CP’ ,
lestriangles rectangles
C/GOI et CTO serontsemblables ;
et il en serade
mêmedes triangles rectangles P’C’C
etPCT ;
on auradonc
c’est-à-dire;
en
conséquence ,
leséquations
dupoint
O seront, en ayantégard
aux
signes
Désignons ,
en outre , parx" , y"
les coordonnées dupoint p
de contact de la tangente
Op
menée par lepoint 0
à lacaustique
relative au
point P ;
en abaissant despoints p, pl
lesperpendicu-
laires pq,
plql
surCS ,
nous auronsc’est-à-dire "
d’où ,
enayant égard
auxsignes ,
il ne
s’agit
doncplus
que de chasser de ces dernières formulesx" , y" ,
enexprimant qu’elles
sont les coordonnées d’une tan-gente
menée par lepoint
0 à lacaustique
relative aupoint
P.I4. D’abord ,
parce que lepoint p
est sur cettecaustique ,
onaura
d’où ,
endifférentiant ,
242 RECHERCHES
en
conséquence, l’équation
de latangente
en p seraou
puis donc que
cettetangente
doitpasser
par lepoint 0 ;
onaura
où
Il
faudrait donc se servir deséquations (3 , 4)
pour chasserx" , y"
deséquations (2) ;
mais il revient aumême y
et il est incom-parablement plus simple
de seservir
de cesdernières qui donnent
pour chasser x" , rll
des deux autres Celadonne -
ensupprimant
les
accens ,désormais superflus ,
Ainsi ,
enprenant
l’axe des x à la surface de l’eau etprenant
pour axedes y
la verticalepassant
parl’0153il ,
on pourra , a l’aide de ceséquations , déterminer,
soit au moyen des coordonnéesX,
.Y d’un
point
les coordonnées x , y de sonimage ,
soit au moyen des coordonnées x , y de cetteimage ,
les coordonnéesX , Y du
point auquel
elleappartient.
I5. Il serait assez difficile de tirer de ces
équations
les valeursdes
coordonnées x , y
del’image
d’unpoint
en fonction des coor-données X,
Y de cepoint;
mais leproblème inverse , c’est-à-dire ,
celui de la
détermination
des coordonnéesX,
Y d’unpoint
enfonction des
coordonnées x,
y de sonimage
est , aucontraire ,
très-facile à
résoudre.
Enéliminant,
eneffet ,
x-X entre les deuxéquations ci-dessus 1
il vientaprès quoi
l’on tire del’équation (II)
et de celle-ciI6.
Qu’on
aitprésentement
uneligne
droite oucourbe plane,
située avec
l’oeil
dans un mêmeplan vertical,
et donnée parl’équation
l’équation
de sonimage
s’obtiendra en mettant pourX, Y
danscelle-ci leurs valeurs données par les
équations (III, IV). Que si ,
au
contraire ,
on donnel’équation
244
d’une
ligne
droite oucourbe plane ,
située dans un mêmeplan
verticalavec
l’0153il ,
etqu’on
demande dequelle
autreligne
elle estl’image ;
il
faudra,
pour résoudre leproblème
combinerl’équation
de cetteligne
soit avec leséquations (I, II)
soit avec leséquations (III , IV)
pour en éliminer
x , y ; l’équation
résultante en’X,
Y sera cellede la
ligne cherchée ;
d’oll l’on voltqu’en général
ce second pro-blème
seraplus
difficile à résoudre que lepremier.
I7. Pour seules
applications
de ceprocédé,
nous chercheronsl’équation
del’image
d’une droite verticale et celle del’image
d’unedroite horizontale. Soit une droite verticale donnée par
l’équation X=g ;
l’équation
de sonimage
sera évidemmentou bien
Soit
qu’on y
fasse y=o ou y=-~, on aégalement
x=g , cequi
nous annonce que la droite et sonimage
se confondentéga- lement
et à la surface de l’eau et à uneprofondeur
infinie dans(*) Il est
très-digne
de remarque que cettecourbe (
tom. V , pag.292 )
esten même temps celle sur
laquelle
se trouveraient lesimages
d’unpoint
lumi-neux situé hors de l’eau , sur le
prolongement
de la verticale dont ils’agit ,
sila surface du
liquide
devenaitla
surface antérieure d’uneglace étamée ,
d’uneépaisseur quelconque.
le
245
le
liquide ;
de sorte que cette droite estelle-même asymptote
deson
image.
Cherchons sous
quel angle l’image
dévie de la droite verticale à la surface del’eau,
etquel
en est leplus grand écartement.
En différentiant
l’équation
de cetteimage,
on en tireA
lasurface de l’eau , dy dx devient
laco-tangente de l’angle
quefait la
verticale
avec sonimage ; puis
doncqu’on
a alorsx=g ;
y=o , endésignant
cetangle par 03B8 ,
on auramais,
si l’ondésigne
par sl’angle que
fait avec la verticale le rayon visuel. mené de l’0153il aupoint
oùla droite
et sonimage percent
lasurface
del’eau ,
on auradone
ainsi ,
latangente
del’angle 03B8 , toujours moindre
que lecube
dela
tangente
del’angle 03B5,
etpouvant
croîtreindéfiniment
commecelle-ci,
est constammentproportionnelle
à soncube.
Pour savoir
présentement
enquel point
latangente
àl’image
denotre verticale lui est
parallèle
et connaître ainsi lemaximum
deTom. XI. 33
246
son
écartement, il suffit d’égaler
à zéro ledénominateur de la valeur de
dy dx ; ce qui
donneéquation qu’il
faudracombiner
avecl’équation
de
l’image)
pouravoir
les coordonnées dupoint cherche.
Oh tire immédiatement de ces
équations ,
entransposant
etdivisant
ainsi, quels
que soient les,deux
milieux etquelle
que soit la dis- tance de l’ceil a la verticale dont ils’agit ,
c’esttoujours
uneprofondeur
moitié de lahauteur
de l’0153ilau-dessus
de la surface duliquide
que leplus grand
écartement a lieu."En
substituant
cette valeurde y
dans lapremière
des deuxéquations ,
elledevient
équation qui.
n’aévidemment qu’une
seuleracine
réellequ’on pourrait
facilement obtenir par les formules connues.18.
Supposons
ensecond lieu , qu’il soit question
d’une droitehorizontale donnée
parl’équation
J’équation,
de sonimage
sera évidemment247
ou bien
ou encore
d’où l’on voit que cette courbe est
symétrique
parrapport à la
verticale
qui
passe parl’0153il ,
ainsi que cela doit être. Deplus ,
comme
l’équation
est satisfaite enposant simultanément x=±
~et y=o , il s’ensuit que la courbe a pour
asymptote
l’horizontalequi
détermine la surfacesupérieure
duliquide ;
et c’était encore làun résultat facile à déduire de nos constructions
graphiques.
]Q. On
pourrait
aussi rechercher si leliquide
danslequel
lesobjets
sontsupposés plongés amplifie
ou réduit leurs dimensionsapparentes
et s’il donne naissance auxfranges colorées ;
mais lacomplication
de nos formules nous avertit assez que nous ne pour- rions aborder cesquestions
sansdépasser
debeaucoup
lesbornes
que nous devons nous
prescrire
ici. Nous nous contenterons doncd’observer ,
relativement à lapremière
de ces deuxquestions , qu’il
résulte de ce
qui
a été dit(8)
que , si l’0153il se trouve sur le pro-longement
d’une verticaleplongée
dans l’eau et divisée enparties égales,
il la verra aussi divisée enparties égales,
maisplus
pe-tites ;
d’oùl’on
voit que , par l’effet dumilieu,
les dimensions verticales desobjets placés
directement au-dessous de l’oeilparaissent plus petites ;
et il est aisé de déduire de nosconstructions
que, dans les mêmescirconstances y
il en doit être de même de leurs dimen-sions horizontales.
Ainsi
l’effet du milieu sur desobjets qui
nes’écartent pas
trop
de la verticalepassant
par l’oeil doit être de les faireparaître
à la foisplus petits
etplus rapprochés.
248 RECHERCHES
2o.
Changeons présentement
lesrôles ; supposons que
lepoint
lumineux est dans
l’air , tandis
que l’0153il est, aucontraire, plongé
dans
l’eâu.
Soittoujours ( fig. 6 )
leplan
de lafigure
unplan
vertical
passant
parl’objet
et parl’0153il ,
soit CX l’intersection dece
plan
avec la surface del’eau ;
prenons cette droite pour axe desx.
Soit P l’objet;
et prenons pour axedes y
la verticale CY con- fduite
par P. Soit PI un rayonincident quelconque
et Soit ILle
même rayon réfracté.
Par
lepoint d’Incidence
1 soit menée la verticale indéfinie GH. SoientCP=k , CI=z ;
et soittoujours
lerapport
du sinus d’incidence dans l’air au sinus deréfraction dans
l’eau celui dep à
q ; nousaurons
d’où
donc
et par suite
En posant pour abréger ,
d’où
nous aurons
249
En
conséquence, l’équation
du rayon réfracté ou, pour mieuxdire;
l’équation générale
de tous lesrayons réfractés
relatifs aupoint
Psera
équation
danslaquelle z
est unparamètre
tout-à-faitindéterminé.
2I. Il faudrait
donc,
pour en conclurel’équation
de lacaustique
relative
aupoint P ,
éliminer z entre cetteéquation
et sa différen-tielle, prise uniquement
parrapport à z ;
mais cetteéquation,
nedifférant de sa
correspondante (4) ,
relative à lapremière hypothèse qu’en
ce que m et ns’y
trouventrespectivement changés
enm-I
et -n ; nous obtiendrons immédiatement la
caustique cherchée,
enfaisant un
pareil changement
dansl’équation (5)
de lacaustique qui répond
aupremiar
cas ,laquelle deviendra
ainsi21.