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du pro-`-groupe des unités logarithmiques E e

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Annulateurs circulaires des groupes de classes logarithmiques

Jean-François Jaulent

Résumé. Étant donnés un corps abélien réel F de groupe G

F

et un nombre premier impair `, nous définis- sons le sous-groupe circulaire E e

F

du pro-`-groupe des unités logarithmiques E e

F

et nous montrons que pour tout morphisme galoisien ρ de E e

F

dans Z

`

[G

F

], l’image ρ( E e

F

) annule le `-groupe des classes logarithmiques C` e

F

. Nous en déduisons une preuve de l’analogue logarithmique de la conjecture de Solomon.

Abstract. Given a real abelian field F with group G

F

and an odd prime number `, we define the circular subgroup E e

F

of the pro-`-group of logarithmic units E e

F

and we show that for any Galois morphism ρ : E e

F

→ Z

`

[G

F

], the subalgebra ρ( E e

F

) annihilates the `-group of logarithmic classes C` e

F

. We deduce from this a proof of the logarithmic version of Solomon conjecture.

Introduction

Les `-groupes de classes logarithmiques C` e F introduits dans [11] sont des invariants arithmé- tiques canoniques attachés à un corps de nombres F pour chaque nombre premier `.

Ces groupes, qui sont finis sous la conjecture de Gross-Kuz’min, donc inconditionnellement pour F abélien, s’apparentent aux groupes de classes de diviseurs des corps de fonctions (ils s’obtiennent comme quotient du groupe des diviseurs de degré nul par son sous-groupe principal), sont liés aux noyaux sauvages de la K-théorie et interviennent naturellement en théorie d’Iwasawa.

Par exemple, la conjecture de Greenberg sur la trivialité des invariants structurels attachés aux

`-groupes de classes dans la Z ` -extension cyclotomique F

/F revient à postuler que le `-groupe C e ` F des classes logarithmiques de F capitule dans F

pour F totalement réel (cf. [13, 14]).

La première ambition de ce travail est de transposer aux groupes de classes logarithmiques des corps abéliens réels les théorèmes d’annulation obtenus par Thaine, Rubin, All et al. (cf.

[1, 3, 5, 18, 20, 22, 23]) pour les groupes de classes habituels. Nous introduisons pour cela la notion d’unité logarithmique circulaire en intersectant le `-adifié du groupe des éléments circulaires à la Sinnott avec le pro-`-groupe des unités logarithmiques E e F . C’est l’objet de la section 1.

Ce point acquis, la section 2 suit l’approche de Rubin [20] et de All [1] pour établir (Th. 9) : Théorème A. Étant donné un corps abélien réel F de groupe de Galois G F et ` un premier impair, pour tout morphisme galoisien ρ de E e F dans Z ` [G F ], l’image ρ(e E F

) du sous-groupe des unités logarithmiques circulaires annule le `-groupe des classes logarithmiques C e ` F .

Nous en déduisons une version logarithmique d’un résultat conjecturé par Solomon (Th. 12) : Théorème B. Soient F un corps abélien réel, G F son groupe de Galois, ` un nombre premier impair, l une place de F au-dessus de ` et Z

l

l’anneau des entiers du complété l-adique F

l

; puis ϑ le Z ` [G F ]-morphisme du pro-`-groupe E e F des unités logarithmiques de F dans F

l

[G F ] défini par :

ϑ(ε) = P

σ∈G

F

Log

l

σ

−1

.

Alors, pour tout élément a de l’algèbre F

l

[G F ] tel qu’on ait aϑ(e E F ) ⊂ Z

l

[G F ], l’image aϑ( E e F

)du pro-`-groupe des unités logarithmiques circulaires annule Z

l

Z`

C e ` F .

Rappelons enfin qu’en présence des racines `-ièmes de l’unité les éléments de Stickelberger et

leurs reflets permettent également de construire des annulateurs galoisiens pour les `-groupes de

classes logarithmiques (cf. [15]), à la manière de Gras et Oriat (cf. [8, 19]).

(2)

1 Éléments circulaires et unités logarithmiques

1.1 Rappel sur les classes et unités logarithmiques

Soient ` un nombre premier donné et F un corps de nombres. À chaque place finie p de F , il est attaché dans [11] une application à valeurs dans Z ` , définie sur le groupe multiplicatif F

p×

du complété de F en p par la formule :

˜

ν

p

(x

p

) = ν

p

(x

p

), pour p - ` ; et ˜ ν

p

(x

p

) = −

deg1p

Log ` (N F

p

/

Qp

(x

p

)), pour p|` ;

où Log ` désigne le logarithme d’Iwasawa et deg p est un facteur de normalisation, dont l’expression exacte est sans importance ici, destiné à assurer que l’image de F

p×

soit dense dans Z ` . Cette application induit un morphisme surjectif du compactifié `-adique du groupe multiplicatif F

p×

R F

p

= lim

←− F

p×

/F

p×`n

dont le noyau, dit sous-groupe des unités logarithmiques de R F

p

,

U e F

p

= {x

p

∈ R F

p

| ν ˜

p

(x

p

) = 0}

s’identifie par la Théorie `-adique locale du corps de classes (cf. [12]) au sous groupe normique de R F

p

associé à la Z ` -extension cyclotomique F

p

c de F

p

. C’est donc l’analogue du groupe

U F

p

= {x

p

∈ R F

p

| ν

p

(x

p

) = 0}

des unités de de R F

p

, qui correspond, lui, à la Z ` -extension non-ramifiée de F

p

.

Soit maintenant J F le `-adifié du groupe des idèles de F , i.e. le produit J F = Q

res

p

R F

p

des compactifés R F

p

des groupes multiplicatifs des complétés F

p

, restreint aux familles (x

p

)

p

dont presque tous les éléments tombent dans le sous-groupe unité U F = Q

p

U F

p

. La Théorie `-adique globale du corps de classes (cf. [12]) assure l’existence d’un isomorphisme de groupes topologiques compacts entre le `-groupe des classes d’idèles C F défini comme quotient

C F = J F /R F

de J F par son sous-groupe principal R F = Z ` ⊗

Z

F

×

et le groupe de Galois G F = Gal(F

ab

/F ) de la pro-`-extension abélienne maximale de F . Dans la correspondance ainsi établie (cf. [11, 12]) :

(i) Le groupe de normes associé à la Z ` -extension cyclotomique F c = F

de F est le sous- groupe des idèles de degré nul : J e F = {x = (x

p

)

p

∈ J F | deg(x) = P

p

e ν

p

(x

p

) deg p = 0}.

(ii) Le groupe de normes associé à la plus grande sous-extension F

lc

de F

ab

qui est localement cyclotomique (i.e. complètement décomposée sur F c en chacune de ses places) est le produit U e F R F du sous-groupe U e F = Q

p

U e F

p

des unités logarithmiques locales et de R F .

(iii) En particulier, le groupe de Galois Gal(F lc /F c ) s’identifie au quotient C e ` F = J e F / U e F R F , lequel peut être regardé comme quotient du groupe D f ` F = J e F /e U F des diviseurs logarith- miques de degré nul par son sous-groupe principal P` F = R F U e F / U e F , le numérateur f D ` F

s’identifiant au sous-groupe ⊕ e

p

Z ` p des diviseurs de degré nul de la somme formelle ⊕

p

Z ` p.

(iv) Et le noyau E e F = R F ∩ U e F du morphisme div : f x 7→ P

p

e ν

p

(x) p de R F dans D f ` F est le sous-groupe des normes cyclotomiques (locales comme globales) de R F .

Définition. Nous disons que C` e F = J e F / U e F R F ' f D ` F /P ` F est le `-groupe des classes logarith- miques (de degré nul) du corps F et que E e F est le pro-`-groupe des unités logarithmiques globales.

Le quotient C e `

F = J F / U e F R F , qui s’identifie non canoniquement à la somme directe de C e ` F et de Z ` , est, par convention, le pro-`-groupe des classes logarithmiques de degré arbitraire.

Comme expliqué dans [11], la conjecture de Gross-Kuz’min (pour le corps F et le premier `) revient à postuler la finitude du (pro)-`-groupe C e ` F ou, de façon équivalente, que le Z ` -rang du pro-`-groupe des unités logarithmiques E e k est le somme r

F

+ c

F

des nombres de places réelles et complexes de F . Elle est toujours vérifiée dès lors que F est abélien.

Enfin, du point de vue de la théorie d’Iwasawa, le groupe C e ` F s’interprète comme le quotient des genres

Γ

T F , relativement au groupe procyclique Γ = Gal(F

/F ), du module de Kuz’min-Tate

T F = lim

←− C `

0

F

n

limite projective des `-groupes de `-classes d’idéaux attachés aux étages finis K n de la tour K

/K.

(3)

1.2 Éléments cyclotomiques logarithmiques

Notons (ζ n ) n>1 un système cohérent de racines primitives de l’unité (en ce sens qu’on ait ζ m m/n = ζ n pour n|m, par exemple ζ n = exp 2iπ/n) et ` un nombre premier arbitraire.

Théorème 1. Soient F un corps abélien de conducteur f > 1 et G F = Gal(F/ Q ).

— Pour ` | f , l’élément η F = N

Qf]/F

(1 − ζ f ) est une unité logarithmique : η F ∈ E e F .

— Pour ` - f , l’intersection du Z ` [G F ] module multiplicatif engendré par η F avec le pro-`- groupe E e F des unités logarithmiques de F contient le Z ` [G F ]-module engendré par l’élément

η e F = η

1−(

F

`)−1

F .

En d’autres termes, on a : η F

Z`[GF]

⊂ E e F dans le premier cas ; η e F

Z`[GF]

⊂ E e F dans le second.

Preuve. Il est bien connu (cf. e.g. [8], §4.2) que les η F satisfont les identités normiques :

N F /KF ) = η

Q

p 1− Kp

−1

K (1)

où, pour toute sous-extension K de F, le produit fait intervenir les symboles d’Artin attachés aux premiers p qui se ramifient dans F/ Q mais non dans K/ Q .

Rappelons en outre que les η F sont des p-unités qui ne sont pas unités lorsque f est p-primaire pour un premier p ; des unités sinon. Cela étant, distinguons les cas :

— Pour ` | f , le cas f = p r avec p 6= ` étant exclu, η F est toujours une `-unité et il vient donc : e v

p

F ) = v

p

F ) = 0, chaque p - `,

puisqu’aux places étrangères à ` les valuations logarithmique v e

p

et ordinaire v

p

coïncident.

Aux places au-dessus de `, il vient, en revanche :

e v

l

F ) =

deg1l

Log ` (N F

l

/

Q`

F )).

Introduisons donc le sous-corps de décomposition F

de ` dans F/ Q . Par hypothèse le premier ` se ramifie alors dans F mais non dans F

et l’on a en outre F `

= 1, de sorte que la formule normique plus haut nous donne immédiatement :

e v

l

F ) =

deg1l

Log ` (N F /F

F )) =

deg1 l

Log ` 1 = 0, sauf dans le cas `-primaire f = ` r , où l’on a directement :

e v

l

F ) =

deg1l

Log ` (N F /

Q

F )) =

deg1l

Log ` ` = 0,

En fin de compte, il vient bien e v

l

F ) = 0 pour l | ` ; et η F est une unité logarithmique.

— Pour ` - f , l’élément η F est toujours une unité (et donc une unité logarithmique aux places en dehors de `), sauf dans le cas primaire f = p r , dans lequel c’est une p-unité qui n’est pas une unité. Dans cette dernière situation, si p est alors l’unique place de F au-dessus de p, l’égalité e v

p

α F ) = v

p

α F ), pour tout α dans Z ` [G F ] donne l’équivalence :

e v

p

F α ) = 0 ⇔ α ∈ Z

aug

` [G F ], idéal d’augmentation de l’algèbre Z ` [G F ].

Reste dans tous les cas à évaluer les valuations logarithmiques aux places l au-dessus de `.

La formule e v

l

α F ) =

deg1l

Log ` (N F

l

/

Q`

F α )) donne l’équivalence : e v

l

α F ) = 0 ⇔ N F /F

F α ) ∈ `

Z`

⇔ N F /F

F α ) = 1,

où F

désigne, comme précédemment, le sous-corps de décomposition de `. Et cette dernière condition est évidemment remplie lorsque α est contenu dans l’idéal d’augmentation du sous-groupe de décomposition D ` de ` ; autrement dit lorsque c’est un multiple de 1 −( F ` )

−1

. Scolie 2. Sous les mêmes hypothèses, les éléments η F pour ` | f (et η e F pour ` - f ) sont en fait des normes universelles dans la Z ` -tour cyclotomique F

de F, i.e. des éléments de l’intersection N F = T

n∈N N F

n

/F (e E F

n

) des groupes de normes logarithmiques attachés aux étages finis de F

. Preuve. C’est une conséquence immédiate des identités normiques citées plus haut. On a, en effet : N F

n

/FF

n

) = η F , dans le premier cas ; N F

n

/FF

n

) = η e F , dans le second.

(4)

1.3 Unités logarithmiques circulaires

Soient toujours ` un nombre premier arbitraire, F un corps abélien réel, f = f F son conducteur, G F = Gal(F/ Q ) son groupe de Galois et F

= S

n∈

N

F n sa Z ` -extension cyclotomique.

Rappelons que le groupe des normes universelles est l’intersection N F = T

n∈

N

N F

n

/F ( E e F

n

) des sous-groupes de normes d’unités logarithmiques attachés aux étages finis F n de F

.

Pour chaque sous-corps K de F , notons f K son conducteur et η K = N

Qf

K]/K

(1 − ζ f

K

).

Le `-adifié C F

du groupe des éléments circulaires (à la Sinnott) est le Z ` [G F ]-module engendré dans R F = Z ` ⊗ F

×

par les images de −1 et des éléments η K , pour K ⊂ F . Il est donc naturel de définir le pro-`-groupe des unités logarithmiques circulaires (à la Sinnott) du corps abélien réel F comme l’intersection E e F ∩ R

F de R

F avec le pro-`-groupe E e F des unités logarithmiques : Définition 3. Par pro-`-groupe des éléments circulaires de F nous entendons le Z ` [G F ]-module R

F engendré dans R F = Z ` ⊗ F

×

par les images de −1 et des éléments η K , pour K ⊂ F .

Par convention le pro-`-groupe des unités logarithmiques circulaires (à la Sinnott) est l’inter- section de R

F avec le pro-`-groupe E e F des unités logarithmiques : E e F

= E e F ∩ C K

.

Et nous disons que l’intersection N F

= T

n∈N N F

n

/F ( E e F

n

) des groupes de normes d’unités logarithmiques circulaires est le sous-groupe des normes universelles circulaires.

Théorème 4. Soient F un corps abélien réel et F

le sous-corps de décomposition de ` ; puis E F/F

0

, E F/F

et E e F/F

les pré-images respectives du `-groupe des racines µ F

par la norme N F/F

dans les pro-`-groupes des `-unités E F

0

, des unités circulaires E F

et des unités logarithmiques circulaires E e F

. Notons enfin G F le groupe de Galois Gal(F/ Q ) et D ` le sous-groupe Gal(F/F

).

(i) Lorsque F possède plus d’une place au-dessus de `, i.e. pour F

6= Q , il vient : E e F

= E e F/F

= E F/F

.

En particulier, le caractère χ e

F du Z ` [G F ]-module des unités logarithmiques circulaires E e F

est alors l’induit à G F du caractère d’augmentation du sous-groupe de décomposition D ` :

χ e

F = Ind G D

F

`

χ

aug

D

`

.

(ii) Lorsque, en revanche, le corps F admet une unique place au-dessus de `, on a : E F

⊂ E e F

. (ii,a) Si F est ramifié en ` (e.g. pour F ⊂ Q [ζ `

k

+ ¯ ζ `

k

]), le groupe des unités logarithmiques circulaires est contenu avec un indice fini dans le pro-`-groupe des `-unités : E e F

≈ E F

0

. C’est donc alors, tout comme celui-ci, un Z ` [G F ]-module de caractère régulier.

(ii,b) Sinon, E e F

coïncide avec E F

≈ E F et on a directement : χ e

F = χ

F = χ

aug

G

F

. La preuve de ce résultat repose sur le Lemme suivant :

Lemme 5. Pour tout corps abélien réel F 6= Q dans lequel le nombre premier ` se décompose complètement, le pro-`-groupe des unités logarithmiques circulaires E e F

se réduit au `-groupe des racines de l’unité µ F = {±1}

Z`

; i.e. E e F

= 1, pour ` impair ; E e F

= {±1}, pour ` = 2.

Preuve. En l’absence de ramification en ` dans F/ Q , les éléments cyclotomiques η K pour K ⊂ F sont des unités aux places au-dessus de `. On a donc : E e F

= R

F ∩ E e F ⊂ E F ∩ E e F . Puis, sous l’hypothèse de complète décomposition : E F ∩ E e F = µ F (cf. [10], p. 218, l. 11–13, ou [14], Prop.6).

Preuve du Théorème. Regardons d’abord (i). Le Lemme donne N F/F

(e E F

) ⊂ E e F

= µ F

, puis : E e F

= E e F/F

= E F/F

0

∩ E F

= E F/F

,

puisque les places au-dessus de ` ne se décomposent pas dans F/F

. L’expression du caractère χ e

F en résulte immédiatement, puisque E F

≈ E F est un Z ` [G F ]-module de caractère χ

aug

G

F

.

Examinons maintenant (ii). La formule du produit pour les valuations `-adiques montre que,

dans ce dernier cas, les unités logarithmiques sont exactement les `-unités, i.e. que l’on a : E e F = E F

0

.

En particulier, E e F

= E e F ∩ C F

contient alors E F

= E F ∩ C F

, qui est d’indice fini dans E F . Si ` se

ramifie dans F , le groupe circulaire C F

contient l’image de ` et E e F

est ainsi d’indice fini dans E F

0

.

Sinon, les éléments circulaires sont des unités en `, le groupe E e F

se réduit à E F

et tout est dit.

(5)

2 Annulateurs circulaires des groupes de classes logarithmiques

2.1 Application du Théorème de Čebotarev

Prenons désormais ` impair et considérons un corps abélien réel F de conducteur f = f F > 1.

Écrivons G F = Gal(F/ Q ) son groupe de Galois. Notons C e ` F le `-groupe des classes logarithmiques (de degré nul) attaché à F et C` e

F le groupe des classes logarithmiques sans condition de degré.

Prenons m assez grand pour avoir ` m C e ` F = 0, de sorte que C e ` F puisse être regardé canonique- ment comme un sous-groupe du quotient d’exposant ` m du pro-`-groupe des classes logarithmiques de degré arbitraire : C e ` F`

m

C e `

F = C e `

F /` m C e `

F .

Désignons par F e la plus grande extension abélienne de F qui est d’exposant ` m et localement cyclotomique, de sorte que nous avons par la Théorie du corps de classes : Gal( F/F e ) ' `

m

C e `

F . Et notons F m

0

= F e ∩ F

le sous-corps de F e fixé par C` e F .

Donnons-nous enfin un morphisme galoisien ρ ¯ du pro-`-groupe E e F des unités logarithmiques de F vers l’algèbre Z /` m Z [G F ] ; et considérons les extensions emboîtées :

F ζ = F [ζ `

m

] ⊂ F ρ = F ζ [

`

p

m

Ker ¯ ρ ] ⊂ F ε = F ζ [

`m

q

E e F ],

Observons pour cela que tout élément x du tensorisé R F = Z ` ⊗

Z

F

×

peut être représenté par un élément x de F

×

modulo une puissance ` m -ième de R F , disons x = xy `

m

, et que cet élément x est unique modulo F

×

`

m

; ce qui permet de définir sans ambiguïté F ζ [

`

m

x] comme étant F ζ [

`

m

x].

Observons en outre que les trois extensions F ζ , F ρ et F ε sont linéairement disjointes de F e sur F m

0

, de sorte que leurs composés F e ζ , F e ρ et F e ε avec F e donnent lieu au schéma galoisien :

F e

C`eF

F e ζ F e ρ F e ε

F m

0

F ζ

G

Fζ=Gal(Fζ

/

Q)

F ρ F ε

F

G

F

Q

Par construction, le radical kummérien de F ε /F ρ est : Rad(F ε /F ρ ) = E e F / Ker ¯ ρ ' Im ¯ ρ. C’est un sous-module de Z /` m Z [G F ] ; et le groupe de Galois Gal(F ε /F ρ ) ' Hom G

Fζ

(Rad(F ε /F ρ ), µ `

m

), qui s’identifie donc à un quotient de Z /` m Z [G F ], est, de ce fait, Z ` [G F

ζ

]-monogène.

Soient alors σ F

ε

∈ Gal(F ε /F ρ ) un Z ` [G F

ζ

]-générateur de Gal( F e ε / F e ρ ) et σ

F

e

∈ Gal( F/F e m

0

) provenant d’une classe donnée arbitraire [c] de C e ` F regardée dans `

m

C` e

F .

Définissons enfin σ dans Gal( F e ε /F ρ ) en imposant σ

|

= σ F

ε

et σ

|

Fe

= σ

F

e

. Cela étant : Proposition 6. Il existe une infinité de nombres premiers impairs p 6= `, complètement décompo- sés dans F ρ / Q , tels que l’image de l’une des places de F e ε au-dessus par l’opérateur de Frobenius coïncide avec σ. Sont alors satisfaites en particulier les propriétés suivantes :

(i) p est complètement décomposé dans F [ζ `

m

], donc vérifie la congruence : p ≡ 1[ mod ` m ].

(ii) La classe [p] de l’un des premiers p de F au-dessus de p dans `

m

C e `

F coïncide avec [c].

(iii) Les Frobenius dans F ε des places au-dessus de p engendrent Gal(F ε /F ρ ).

Preuve. L’existence est une conséquence immédiate du théorème de densité de Čebotarev. De plus, (i) la congruence résulte de la condition de complète décomposition dans F ρ , donc dans Q [ζ `

m

] ; (ii) provient du fait que σ

F

e

est induit par l’image canonique [c] C`

F `

m

de [c] dans `

m

C` e

F ;

(iii) enfin, résulte du fait que les conjugués de σ

|

par G F

ζ

engendrent Gal(F ε /F ρ ).

(6)

2.2 Lemmes d’annulation logarithmiques

Conservons les mêmes notations, supposons fixé le premier p de F au-dessus de p ≡ 1[ mod ` m ] donné par la Proposition 6 et considérons la restriction à E e F du morphisme de semi-localisation s p induit par le plongement de F dans le produit de ses complétés F

pσ

aux places au-dessus de p.

Par construction, pour chacune des places p σ de F au-dessus de p, le complété F

pσ

s’identifie à Q p et le `-sous-groupe de Sylow µ

pσ

du groupe F

p×σ

est d’ordre ` m

p

avec m p = v ` (p − 1) ≥ m.

En particulier le quotient `

m

µ F

p

= µ F

q

F `

m

p

est un Z /` m Z [G F ]-module libre de dimension 1.

Lemme 7. Sous les hypothèses de la Proposition, le morphisme galoisien ρ ¯ : E e F → Z /` m Z [G F ] s’écrit ρ ¯ = ¯ ρ p ◦ s ¯ p , où s ¯ p : E e F → `

m

µ F

p

est induite par l’application de semi-localisation et ρ ¯ p est un morphisme galoisien de `

m

µ F

p

vers Z /` m Z [G F ].

Preuve. Le noyau de s p dans E e F est formé des unités logarithmiques qui sont localement puissances

` m -ièmes aux places au-dessus de p, i.e. des ε ∈ E e F pour lesquelles les extensions F [

`

m

ε]/F sont complètement décomposées aux places p σ (ou, ce qui revient au même, pour lesquelles l’extension F ζ [

`

m

ε]/F ζ est complètement décomposée aux places au-dessus de p). Du fait du choix de σ F

ε

, cela revient à exiger que les conjugués de α F

ε

agissent trivialement sur F ζ [

`

m

ε] ; autrement dit, que ε soit une puissance ` m -ième dans F ρ , i.e. le produit d’un élément de Ker ¯ ρ et d’une puissance

` m -ième dans F ζ et finalement dans F , puisque, ` étant impair, les éléments de F qui sont des puissances ` m -ièmes dans F ζ sont déjà des puissances ` m -ièmes dans F (cf. e.g. [20], Lem. 5.7). En fin de compte, il suit : Ker ¯ s p = Ker ¯ ρ, ce qui assure, par Z /` m Z [G F ]-injectivité de `

m

µ F

p

, l’existence du morphisme factorisant ρ ¯ q .

Soit maintenant ζ p une racine primitive p-ième de l’unité. L’extension F[ζ p ]/F possède une unique sous-extension F

0

de degré ` m , laquelle est cyclique, totalement ramifiée au-dessus de p et non-ramifiée en dehors. En particulier, si p

0

= p

F0

désigne l’unique place de F

0

au-dessus de p = p

F

et F

p0

son complété en la place p

0

, on a d’une part p

F

= p `

Fm0

; et, d’autre part, l’égalité entre

`-groupes de racines locales de l’unité : µ F

0

p

= µ F

p

.

Le lemme qui suit peut être regardé comme l’analogue logarithmique du Th.5.1 de [20].

Lemme 8. Avec les notations ci-dessus, soient E e F

0

/F = {η F

0

∈ E e F

0

| N F

0

/FF

0

) = 1} le groupe des unités logarithmiques relatives de l’extension F

0

/F et s p l’homomorphisme de semi-localisation à valeurs dans la somme directe µ F

0

p

= µ F

p

= ⊕

p|p

µ F

p

' µ

Q

p

⊗ Z ` [G F ] ' ( Z /` m

p

Z )[G F ].

Tout α ∈ Z ` [G F ] qui annule le quotient µ F

p

/s p (e E F

0

/F )µ ` F

m

p

annule la classe de p dans `

m

C e `

F . Preuve. Écrivons F

p00

= F

p

[

`

p

m

π

p

] pour une uniformisante π

p

∈ F

p

; et x

F0

∈ R F

0

un relèvement de (

`

p

m

π

p

, 1, · · · , 1) ∈ Q

pF0|p

R F

0

pF0

; notons enfin δ un générateur de ∆ = Gal(F

0

/F ) ' Gal(F

p00

/F

p

).

Par construction, nous avons s p (x

F0

) δ−1 = s p (x δ−1

F0

)) = (ζ

p

, 1, · · · , 1) pour une racine ` m -ième de l’unité ζ

p

∈ F

p

; puis, par hypothèse, s p (x α

F

) δ−1 = s p (x δ−1

F

)) α = s p (η

F0

), pour un η

F0

∈ E e F

0

/F . Le Théorème 90 de Hilbert nous permet alors d’écrire η

F0

= y

F

δ−1

0

pour un y

F0

∈ R F

0

, qui engendre donc un diviseur logarithmique ambige. Il suit (en notations additives) :

f div y

F0

= P

σ∈G

F

α

0

σ p σ

F0

+ a

0F

; puis : f div N F

0

/F (y

F0

) = P

σ∈G

F

α σ

0

p σ

F

+ ` m a

0F

de sorte que l’élément α

0

= P

α

0

σ σ ∈ Z ` [G F ] annule bien la classe de p = p

F

dans C e `

F /` m C e `

F . Reste à vérifier que α

0

et α sont dans la même classe modulo ` m Z ` [G F ]. Pour cela, observons que l’identité s p (x α

F0

/y

F0

)

(δ−1)

= 1 nous donne s p (x α

F0

) = s p (y

F0

z

F

), pour un z

F

convenable de R F . Écrivant alors α = P α σ σ et prenant les diviseurs logarithmiques respectifs des deux membres de l’identité, nous restreignant enfin aux seules composantes au-dessus de p, nous obtenons ainsi :

P

σ∈G

F

α σ p σ

F0

= P

σ∈G

F

α

0

σ p σ

F0

+ a F

pour un diviseur logarithmique a F de F , donc finalement, comme attendu : P

σ∈G

F

α σ σ ≡ P

σ∈G

F

α

0

σ σ [ mod ` m Z ` [G F ] ],

puisque les diviseurs logarithmiques au-dessus de p sont totalement ramifiés dans F

0

/F .

(7)

2.3 Annulation des classes logarithmiques réelles

Nous pouvons maintenant énoncer le Théorème principal sur les annulateurs circulaires.

Théorème 9. Étant donné un corps abélien réel F de groupe de Galois G F et ` un premier impair, pour tout morphisme galoisien ρ de E e F dans Z ` [G F ], l’image ρ(e E F

) du sous-groupe des unités logarithmiques circulaires annule le `-groupe des classes logarithmiques C e ` F .

Preuve. Choisissons m assez grand pour que ` m annule le `-groupe C e ` F des classes logarithmiques ; prenons un élément α dans ρ(e E F

) ; et partons d’une classe [c] de C e ` F regardée dans `

m

C e `

F .

Notons ρ ¯ la réduction de ρ modulo ` m , à valeurs dans Z /` m Z [G F ], et faisons choix d’un premier impair p 6= ` satisfaisant les conditions de la Proposition 6. Par construction p ≡ 1[ mod ` m ] est complètement décomposé dans F et l’on a [c] = [p] dans `

m

C e `

F pour l’un des premiers p de F au-dessus de p.

Tout revient donc à montrer que l’on a : α[p] = 0 ¯ dans `

m

C e `

F , où α ¯ ∈ Im ¯ ρ est la réduction de α modulo ` m . Or, par le Lemme 7, ρ ¯ se factorise via l’application de semi-localisation s ¯ p . Et : Lemme 10. Pour toute unité logarithmique circulaire η ∈ E e F

, il existe une unité logarithmique circulaire relative η

0

∈ E e F

0

/F telle qu’on ait : s p (η) = s p (η

0

).

Ainsi α, qui est l’image par ¯ ρ ¯ d’une unité logarithmique circulaire η, provient d’une unité logarithmique circulaire relative η

0

∈ E e F

0

/F ; et il résulte alors du Lemme 8 qu’il annule la classe de p dans `

m

C e `

F . D’où le résultat annoncé.

Preuve du Lemme. Il s’agit de vérifier que les unités logarithmiques circulaires sont mutatis mutan- dis ce que Rubin appelle des unités spéciales dans [20]. Reprenons pour cela dans le cadre logarith- mique les calculs de All (cf. [1], §3) : partons d’une unité logarithmique circulaire ε = Q

K⊂F η

K

α

K

avec α

K

∈ Z ` [G F ] ; notons Q

0

l’unique sous-corps de degré ` m de Q [ζ p ] et K

0

= K Q

0

, pour K ⊂ F ; identifions G F = Gal(F/ Q ) à G

0

F = Gal(F[ζ p ]/ Q [ζ p ]) ; et raisonnons modulo m

0

= Q

p0|p

p

0

. De ζ p ≡ 1, nous tirons : η

Q[ζ

f]

= 1 − ζ f ≡ 1 − ζ f ζ p = (1 − ζ f p ) ρ = η

Q[ζ

ρ

f p]

pour un ρ de G

0

F ; et, plus généralement : η

K

≡ η ρ

KK0

, pour un ρ

K

de G

0

F .

Posant alors ε

0

= Q

K⊂F η

K

α

0K

ρ

K

, nous obtenons bien ε ≡ ε

0

, i.e. s p (ε) = s p

0

), puisque ε est une unité aux places au-dessus de p, et N F

0

/F (ε

0

) = 1, puisque p est ramifié dans chaque K

0

mais complètement décomposé dans chacun des sous-corps K.

Le résultat obtenu ci-dessus pour les classes logarithmiques peut naturellement être mis en parallèle avec celui de Rubin [20] sur les classes d’idéaux tel que présenté par All (cf. [1], §3).

Désignons pour cela par C ` F

0

le sous-groupe du `-groupe des classes d’idéaux C` F engendré par les idéaux de degré nul, de sorte que l’on a C ` F

0

' Gal(F

F

nr

/F

), où F

nr

désigne le `-corps de classes de Hilbert de F . Il vient alors :

Corollaire 11. Soient ` un premier impair, F abélien réel de groupe G F et ρ un morphisme galoisien du `-adifié E F

0

= Z ` ⊗

Z

E F

0

du groupe des `-unités de F dans l’algèbre Z ` [G F ]. Alors :

(i) L’image ρ(E F

) du pro-`-groupe construit sur les unités circulaires annule C ` F

0

. (ii) L’image ρ( E e F

) du pro-`-groupe des unités logarithmiques circulaires annule C e ` F .

L’assertion (i) n’est autre qu’une réécriture `-adique du résultat initial de Rubin ; l’assertion (ii) provient directement du Théorème 9. Les classes logarithmiques sont conventionnellement de degré nul (sauf mention explicite du contraire), mais non les classes au sens ordinaire ; de ce fait l’introduction du sous-groupe C ` F

0

renforce le parallélisme des résultats.

Remarque. Lorsque le corps F possède plusieurs places au-dessus de `, i.e. lorsque le sous-corps

de décomposition F

de ` n’est pas le corps des rationnels Q , le Théorème 4 affirme en particulier

que E e F

est contenu dans le noyau de la norme N F /F

. Le Théorème 9 ne donne donc de ce fait

aucune information directe sur le groupe C` e F

.

(8)

Appendice : lien avec la conjecture de Solomon

Supposons toujours F abélien réel et ` impair, mais fixons maintenant l’une l des places au- dessus de `. Solomon a conjecturé dans [22] que si ` ne se ramifie pas dans F l’élément

ϑ F

Sol

=

1

` P

σ∈G

F

Log

l

F σ

−1

annule le tensorisé Z

l

Z`

C ` F du `-groupe des classes d’idéaux de F .

Conséquence du Théorème principal de Mazur-Wiles [17] dans le cas semi-simple ` - [F : Q ], ce résultat a été prouvé par Belliard et Nguyen Quang Do dans [4] pour ` décomposé, et sans restriction par All (cf. [1], Th. 1.1) sous une forme plus générale qu’on peut réécrire comme suit : Théorème (All). Soient F un corps abélien réel, G F son groupe de Galois, ` un nombre premier impair, l une place de F au-dessus de ` et Z

l

l’anneau des entiers du complété l-adique F

l

; puis ϑ le Z ` [G F ]-morphisme du `-adifié E e F = Z ` ⊗

Z

E F du groupe des unités dans F

l

[G F ] défini par :

ϑ(ε) = P

σ∈G

F

Log

l

σ

−1

.

Alors, pour tout a de F

l

[G F ] tel qu’on ait aϑ(E F ) ⊂ Z

l

[G F ], l’image aϑ(E F

)du pro-`-groupe des unités circulaires annule le tensorisé Z

l

Z`

C` F

0

du `-groupe des classes d’idéaux de degré nul.

Nota. Dans l’isomorphisme du corps de classes C` F ' Gal(F

nr

/F ), où F

nr

désigne la `-extension abélienne non ramifiée de F (i.e. son `-corps de classes de Hilbert), le sous-groupe C` F

0

des classes de degré nul correspond à Gal(F

nr

/(F

nr

∩ F

)), où F

est la Z ` -extension cyclotomique de F .

En parfaite analogie avec ce résultat, nous pouvons énoncer en termes logarithmiques : Théorème 12. Soient F un corps abélien réel, G F son groupe de Galois, ` un nombre premier impair, l une place de F au-dessus de ` et Z

l

l’anneau des entiers du complété l-adique F

l

; puis ϑ le Z ` [G F ]-morphisme du pro-`-groupe E e F des unités logarithmiques de F dans F

l

[G F ] défini par :

ϑ(ε) = P

σ∈G

F

Log

l

σ

−1

.

Alors, pour tout élément a de l’algèbre F

l

[G F ] tel qu’on ait aϑ( E e F ) ⊂ Z

l

[G F ], l’image aϑ( E e F

)du pro-`-groupe des unités logarithmiques circulaires annule Z

l

Z`

C e ` F .

Preuve. Elle est strictement identique à celle donnée dans [1], §3. Rappelons-en brièvement l’argu- mentation : donnons-nous une Z ` -base (v

1

, · · · , v d ) de Z

l

et notons (v

1

, · · · , v

d ) la base duale de la codifférente. Partons d’un élément a = P

a σ σ

−1

de F

l

[G F ] et posons L

a

(ε) = P

σ∈G

F

a σ

−1

Log

l

σ ).

Nous obtenons aϑ(ε) = P

L

a

σ

−1

, avec L

a

σ ) ∈ Z

l

par hypothèse.

Écrivons maintenant L

a

σ ) = P d

i=1 Tr(v

i L

a

σ ))v i la décomposition de L

a

σ ) dans Z

l

. Nous obtenons : aϑ(ε) = P

σ∈G

F

P d

i=1 Tr(v

i L

a

σ ))v i

σ

−1

= P d i=1

P

σ∈G

F

Tr(v

i L

a

σ ))σ

−1

v i , i.e.

aϑ(ε) = P d

i=1 ϑ

vi

(ε)v i avec ϑ

vi

(ε) = P

σ∈G

F

Tr(v

i L

a

σ ))σ

−1

; et l’application ϑ

v

i

: ε 7→ P

σ∈G

F

Tr(v

i L

a

σ ))σ

−1

est un Z ` [G F ]-morphisme de E e F dans Z ` [G F ].

En fin de compte, si x est un élément de Z

l

et [c] une classe de C e ` F , il vient : aϑ(ε).(x ⊗ [c]) = P d

i=1 xv i ⊗ ϑ

vi

(ε)[c].

Or, on a ϑ

v

i

(ε)[c] = 0, si ε est une unité logarithmique circulaire, en vertu du Théorème 9 ; d’où le résultat annoncé.

Remarque. Prenant ε = η F et a =

1

` , on obtient l’élément de Solomon

1

` P

σ∈G

F

Log

l

F σ

−1

, lequel annule donc Z

l

Z`

C ` F

0

, comme établi dans [1], puisque η F est bien une unité circulaire.

Si la place ` se ramifie dans F , on a N F /F

(η F ) = 1 en vertu de l’identité 1 et N F

n

/F (η F

n

) = η F ,

de sorte que η F est à la fois une unité logarithmique circulaire et une norme universelle. L’élément

de Solomon annule alors aussi le groupe logarithmique Z

l

Z`

C e ` F . C’est en particulier le cas, dès

que F contient le sous-corps réel Q [ζ ` + ¯ ζ ` ] du corps cyclotomique Q [ζ ` ].

(9)

Références

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Institut de Mathématiques de Bordeaux Université de Bordeaux & CNRS 351 cours de la libération

F-33405 Talence Cedex

courriel : [email protected]

https://www.math.u-bordeaux.fr/~jjaulent/

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