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Cours et exercices corrigés Topologie

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

“TP20-0080_Main” (Col.:ScienceSup17x24) — 13/06/2020 15:33 — page I — #0

6 e édition

Topologie

Hervé Queffélec

Cours et exercices corrigés

(2)

“TP20-0080_Main” (Col.:ScienceSup17x24) — 13/06/2020 15:33 — page II — #0

Illustration de couverture : maximmmmum – Shutterstock.com

© Dunod, Paris, 2012, 2016, 2020 11 rue Paul Bert, 92240 Malakoff

www.dunod.com ISBN 978-2-10-081178-6

(3)

“TP20-0080_Main” (Col.:ScienceSup17x24) — 13/06/2020 15:33 — page III — #0

À ma famille, très affectueusement

(4)

“TP20-0080_Main” (Col.:ScienceSup17x24) — 13/06/2020 15:33 — page IV — #0

(5)

“TP20-0080_Main” (Col.:ScienceSup17x24) — 13/06/2020 15:33 — page V — #0

T ABLE DES MATIÈRES

Avant-propos VII

Notations VIII

Chapitre 1. Le corps des réels 1

I Définition axiomatique deR 1

II Le théorème de la borne supérieure 4

Exercices 11

Corrigés 15

Chapitre 2. Espaces topologiques ; espaces métriques 21

I Définitions générales ; notations 22

II Sous-espace topologique ; topologie induite 27

III Notion de limite ; continuité 29

IV Espaces métriques 37

V Produit d’espaces topologiques 46

Exercices 53

Corrigés 61

Chapitre 3. Espaces compacts 77

I Définition et premières propriétés 77

II Fonctions continues sur un espace compact 82

III Produit d’espaces compacts 87

IV Espaces métriques compacts 91

Exercices 101

Corrigés 109

Chapitre 4. Espaces connexes 120

I Définition et premières propriétés 120

II Théorèmes de stabilité 122

III Espaces métriques connexes 126

IV Composantes connexes 128

V Applications de la connexité ; homotopie 134

Exercices 152

Corrigés 161

Chapitre 5. Espaces métriques complets 179

I Définition ; premières propriétés 179

II Théorème du point fixe de Picard 184

III Théorème de Baire 191

Exercices 202

Corrigés 209

©Dunod.Toutereproductionnonautoriséeestundélit.

V

(6)

“TP20-0080_Main” (Col.:ScienceSup17x24) — 16/06/2020 13:56 — page VI — #0

Table des matières

Chapitre 6. Espaces localement truc 223

I Définition générale ; premiers exemples 223

II Espaces localement compacts 224

III Espaces localement connexes 231

Exercices 244

Corrigés 247

Chapitre 7. Dimension et fractalité 253

I Dimension de boîte (ou dimension métrique) 254

II Dimension de Hausdorff 269

III Dimension topologique 287

Exercices 297

Corrigés 300

Chapitre 8. Espaces normés de dimension finie 312

I Introduction 312

II Compléments sur les espaces normés 313

III Compléments de topologie 316

IV Uniforme convexité et espacesLp 319

V Applications de la topologie aux espaces normés 321

Exercices 331

Corrigés 332

Références bibliographiques 335

Index 337

VI

(7)

“TP20-0080_Main” (Col.:ScienceSup17x24) — 13/06/2020 15:33 — page VII — #0

A VANT - PROPOS

Nous avons mis à profit cette sixième édition essentiellement sur le point suivant : l’étude des espaces normés de dimension finie est infiniment plus riche, complexe, et utile, qu’on ne pourrait le croire, et a des interactions fortes (compacité, complétude, points fixes, etc..) avec la topologie générale. Nous avons donc ajouté un court cha- pitre 8 sur les applications de cette topologie aux espaces normés de dimension finie et leur ensemble, le continuum de Minkowski ; le théorème du point fixe de Brouwer, qui jouait déjà un rôle important dans l’édition précédente, est démontré ici en toute dimension. Une place importante est donnée à la théorie de l’approximation, en lien avec la stricte convexité, la stricte lissité et le théorème antipodal de Borsuk ; faute de place, ce dernier est seulement prouvé en dimension deux, mais son lien avec le théo- rème de Brouwer est étudié. Le théorème de Bunt-Motzkin est également démontré en détail (nous remercions chaleureusement J. F. Burnol pour des échanges extrêment enrichissants sur ce théorème). Enfin, plusieurs dessins aident à la compréhension des preuves.

Nous prenons l’occasion pour remercier les nombreux collègues de leurs re- marques extrêmement utiles sur l’édition précédente. Et nous accueillerons avec plaisir et gratitude toutes les remarques et suggestions sur cette nouvelle édition, en- voyées à l’adresse :

[email protected]

©Dunod.Toutereproductionnonautoriséeestundélit.

VII

(8)

“TP20-0080_Main” (Col.:ScienceSup17x24) — 13/06/2020 15:33 — page VIII — #0

N OTATIONS

•SiAest une partie deX, on noteAcle complémentaire deAdansX; siAX et BX, on noteA\B =ABc; si lesAi (i∈ I) sont des parties deX, on note leur union par ∪

iIAi,∪

I Ai, ou∪Ais’il n’y a pas de risque de confusion ; on note de même

iI,∩

I Ai,∩Aipour l’intersection, et

iIAi,

I Ai,Ai pour l’union disjointe.

•1A désigne la fonction indicatrice deAX; 1A(x) = 1 sixA, et 1A(x) = 0 si x/ A.

•|A|désigne le nombre d’éléments de l’ensemble finiA.

•Si les ensembles Xi (i ∈ I) ont une propriété (P) sauf peut-être un nombre fini d’entre eux, on dit quepresque touslesXi ont la propriété (P) ; siX=

i∈IXi est leur produit cartésien,pidésigne la projection canonique deXsur lei−ème facteurXi: si x=(xi)iIX,pi(x)=xi.

•N,Z,Q,R,Cdésignent respectivement l’ensemble des nombres entiers naturels, entiers relatifs, rationnels, réels, complexes ; siEest l’un de ces ensembles, ou plus généralement un demi-groupe d’élément neutre 0, on noteE=E\ {0}.

•Pourf :X →Reta∈ R, on note{f >a}pour{xX;f(x)> a}et on définit de même{f a},{f <a},{f a}.

•Pourf :XX,fpdésigne l’itérée def pfois par elle-même :fp = f. . .f p fois.

•Pourf :XY, la restriction def àAXse notef|A.

A := B signifie que l’on définit l’objetA comme étant l’objet déjà connuB; de même,A=:BdéfinitBquand on connaîtA.

P(X) désigne l’ensemble des parties de l’ensembleX.

•SiX,Y sont deux espaces topologiques, C(X,Y) désigne l’ensemble des applica- tions continues deX dans Y; si X est compact et Y métrique,C(X,Y) est toujours muni de la « distance de la convergence uniforme » : d(f,g) = sup{d(f(x),g(x)) ; xX}; cette distance est associée à une norme quand Y est un espace vectoriel normé : ||f|| = sup{||f(x)||;xX}; si X n’est pas compact, cette norme est en- core définie sur l’espaceCb(X,Y) des applications continuesbornéesdeX dansY; Cb(X,R) ouCb(X,C) se note Cb(X) s’il n’y a pas de risque de confusion ; si Y est complet,Cb(X,Y) l’est aussi.

VIII

(9)

“TP20-0080_Main” (Col.:ScienceSup17x24) — 16/06/2020 13:43 — page IX — #0

Notations

•Tous les espaces vectoriels (en abrégéK−ev ou ev) considérés (à l’exception de l’exercice 1, chapitre I) seront sur le corps K = R ou C; on note evn un espace vectoriel normé ; un espace de Banach est un evn complet. Une semi-norme sur un K−evEest une applicationp:E→R+ayant toutes les propriétés d’une norme sauf peut-être l’implicationp(x)=0⇒x=0. Un hyperplan d’un evEest un sous-espace vectoriel deEde codimension 1.

•Le produit scalaire sur un espace de HilbertHest noté (x/y) ou<x,y>, la norme associée |x|; i.e.|x| = √

(x/x). L’inégalité de Cauchy-Schwarz s’écrit : |(x/y)|

|x| |y|pourx,y∈ H. L’espaceL(H) des applications linéaires continues deHdans H est normé par :||f|| = sup{|f(x)|;|x| = 1}. udésigne l’adjoint de uL(H) : (x/u(y))=(u(x)/y) pour tousx,y∈H.

•«Knusuel » désignera toujoursRn(resp.Cn) muni de son produit scalaire euclidien (resp. hermitien usuel) ; la norme associée définit la topologie usuelle surKn, c’est- à-dire la topologie produit de la topologie usuelle deK nfois par elle-même ; la base canonique deKnest notée (e1,. . .,en), et on identifiefL(Kn) et sa matrice sur la base canonique.Snest la sphère unité euclidienne deRn+1:xSn ⇔ |x| =1.

•SiEest un ensemble de référence,I désigne l’identité deEdansE; siE = Kn,I désigne aussi la matrice unité d’ordren. det désigne la fonction déterminant surKn, normalisée par detI =1.

GL(n,K) désigne le groupe des matrices carrées inversibles (n × n) à coefficients dans K, O(n) (resp. U(n)) le sous-groupe des éléments orthogonaux (resp. unitaires) deGL(n,R) (resp.GL(n,C)).O(n) est aussi le groupe des bijections linéaires deRnqui conservent le produit scalaire euclidien.

•Une homographie est une application de la formeh(z) = azcz+d+b avecadbc=0 ; sih2 =I,hest dite involutive.

•SiEest unK−ev,a,bE,A,BE,λ ∈ K, on note : [a,b] =

(1−t)a+tb; t∈ R, 0t1}; c’est le segment d’origineaet d’extrémitéb;A+B= {a+b; aA, bB};λA= {λa; aA}.Aest dite convexe si :a,bA⇒[a,b]A.

•SiA,Bsont deux parties d’un groupe multiplicatif G, on note de même A·B = {ab; aA, bB}.

•Aux rares endroits du livre où intervient la théorie de la mesure, on emploie les notations usuelles à cette théorie ; par exemple sip ∈[1,∞[,Lp(μ) désigne l’espace de Banach des classes de fonctions intégrables par rapport à la mesure positiveμ, normé par (inégalité de Minkowski)||f||p= |f|p1/p

; on pose||μ|| = +∞;μest une mesure de probabilité si||μ|| = 1, une mesure borélienne si elle est définie sur la tribu borélienne (i.e.engendrée par les ouverts) de l’espace topologique X; la mesure de Lebesgue surRnest notéemn, ou mêmem, s’il n’y a pas de risque de confusion.

©Dunod.Toutereproductionnonautoriséeestundélit.

IX

(10)

“TP20-0080_Main” (Col.:ScienceSup17x24) — 13/06/2020 15:33 — page X — #0

Topologie

•Une fonction entière est la somme d’une série entière de rayon de convergence infini. Plus généralement, une fonction holomorphe sur un ouvert U de C est une applicationf :U→Cqui estC−différentiable en tout point deU.Hest l’espace des fonctions holomorphes bornées surD, le disque unité ouvert.

• Logx désigne le logarithme népérien du réel x > 0 ; Arc cos, Arc sin, Arctg désignent les déterminations principales des fonctions réciproques des fonctions tri- gonométriques cosinus, sinus, tangente et on a des bijections Arc cos : [−1, 1] → [0,π], Arc sin : [−1, 1]→

π2 , π2], Arctg :R→

π2 , π2 .

•Dans le plan complexeC, on emploie les notations suivantes :|z|est le module de z;z=xiyest le conjugué dez=x+iy.Rz=x, Imz=ysont respectivement les parties réelle et imaginaire dez.

D(a,r)= {z∈C; |z−a|<r}est le disque ouvert de centreaet de rayonr.

D(a,r)= {z∈C; |za|r}est le disque fermé de centreaet de rayonr.

C(a,r)= {z∈C; |za| =r}est le cercle de centreaet de rayonr.

D = D(0, 1) est le disque unité ouvert ; = C(0, 1) est le cercle unité. C’est aussi l’ensemble deseit, oùtparcourt un intervalle de longueur 2π.

•Une courbe est une application continue γ : [u,v]→C où u,v ∈ R etu < v; γ=γ([u,v]) s’appelle l’image deγ.

•Une progression arithmétique dansZest une partie deZde la formea+bZ, où a,b∈Z. On emploie les abréviations usuelles pgcd et ppcm pour plus grand commun diviseur et plus petit commun multiple.

•Pourf,g : C→ C, la notation (de Landau)f = O(g) signifie qu’on peut trouver M>0 etδ >0 tels que|f(z)|M|g(z)|si|z|δ.

•Un ensemble inductifEest un ensemble partiellement ordonné (E,) dans lequel toute partie totalement ordonnée possède un majorant ;bEest dit maximal sixE etx bentraînex = b. SiEest inductif etaE, on peut trouverbmaximal avec ba(lemme de Zorn ; cf. [HL]). SiaEvérifiea xpour toutxE, on dit que aest le minimum deE et on notea = minE; on définit de même maxE, quand il existe.

•SiX,Y sont deux espaces métriques,f :XX est dite lipschitzienne s’il existe k > 0 tel qued[f(a),f(b)] k d(a,b) pour tousa,bX. f est dite isométrique si d[f(a),f(b)]=d(a,b) pour tousa,bX.

• On dit (supposant connue la notion d’action de groupe) que le groupe G agit transitivement sur l’ensemble X si, étant donné a,bX, il existeg ∈ G tel que ga=b.

X

(11)

“TP20-0080_Main” (Col.:ScienceSup17x24) — 25/05/2020 18:5 — page 1 — #0

L E CORPS DES RÉELS 1

I D ÉFINITION AXIOMATIQUE DE R

I.1 Corps archimédiens ; segments emboîtés

On adopte ici le point de vue de Dieudonné ([D], chapitre II), c’est-à-dire qu’on prend en cours de route la construction de Dedekind par la méthode dite « des coupures », qui consiste à adjoindre aux rationnels déjà connus de nouveaux éléments ; cette construction possède des propriétés dont la preuve n’est au début qu’une vérifica- tion ennuyeuse ; on prend ces premières propriétés comme axiomes (axiome voulant dire propriété admise) et on renvoie à [L] pour leur vérification ; à partir de ces

« axiomes », on démontre de façon rigoureuse d’autres propriétés fondamentales du nouvel ensembleRconsidéré, notamment celle de la borne supérieure. On suppose donc qu’il existe un ensembleR(appelé corps des (nombres) réels) tel que :

Axiome 1.R est un corps commutatif (de lois notées+, et·), les éléments neutres pour l’addition et la multiplication étant respectivement notés 0 et 1 (zéro et un).

Axiome 2.Rest un corps ordonné,i.e.il existe surRune relation d’ordre total notée , compatible avec la structure de corps au sens où pour tousx,y,zdeR:

xy⇒x+zy+z (I.1)

x0 , y0⇒xy0 . (I.2)

On posera max(x,y)=ysixyet=xsixy; on définit de même min(x,y).

Axiome 3.Rest un corps ordonnéarchimédien,i.e. x > 0,y 0 entraîne l’exis- tence den∈Ntel quenxy(oùnx=x+ · · · +x nfois). Pourab, on appelle segmentab, et on note [a,b], l’ensemble desxtels queaxb.

Axiome 4.Ra la propriété des segments emboîtés, c’est-à-dire : toute suite décrois- sante [an,bn] de segments (cela équivaut à dire an+1 an et bn+1 bn) a une intersection non vide.

Remarque. Le corps Q des rationnels vérifie les axiomes 1, 2, 3 ; il est donc prévisible que c’est l’axiome 4 qui jouera le rôle essentiel dans les preuves à venir.

©Dunod.Toutereproductionnonautoriséeestundélit.

1

(12)

“TP20-0080_Main” (Col.:ScienceSup17x24) — 25/05/2020 18:5 — page 2 — #0

Chapitre 1 rLe corps des réels

I.2 Partie positive, négative, valeur absolue ; intervalles ; distance sur R

Étant donnéx∈R, on pose :

x+=max(x, 0)=

x si x0

0 si x<0, (I.3)

etx+s’appelle la partie positive dex; x=max(−x, 0)=

x si x0

0 si x>0, (I.4)

etxs’appelle la partie négative dex;

|x| =max(x,−x)=

x si x0

x si x<0, (I.5)

et|x|s’appelle la valeur absolue dex.

Les premières propriétés de ces trois symboles sont données par la proposition simple qui suit ; pour plus de clarté, définissons d’abord les intervalles deR;aetbdésignent des réels.

• ]a,b[ := {x;a<x<b}s’appelle l’intervalle ouvert d’extrémitésaetb; on définit de même les intervalles ouverts

]a,∞[ := {x;x>a}, ]− ∞,b[= {x;x<b}, ]− ∞,+∞[=R.

• [a,b] := {x;ax b}s’appelle le segment (ou intervalle fermé) d’extrémitésa etb (cf. axiome 4) ; on définit de même les intervalles fermés

[a,+∞[ := {x;xa}, ]− ∞,b]= {x;xb}, ]− ∞,+∞[=R.

• [a,b[ := {x;a x < b}s’appelle l’intervalle d’extrémitésa etb, fermé ena et ouvert enb.

• ]a,b] := {x;a < x b}s’appelle l’intervalle d’extrémitésa etb, ouvert ena et fermé enb.

• Par convention, ∅ est un intervalle ouvert et fermé ; ∅ et R sont les deux seuls intervalles à la fois ouverts et fermés.

Proposition I.1. Soit a,b,x∈Ravec ab, et soit c= a+2b; alors

x=x+x; |x| =x++x (I.6)

]a,b[=

u;|uc|< ba 2

; [a,b]=

u;|uc| ba 2

. (I.7)

2

(13)

“TP20-0080_Main” (Col.:ScienceSup17x24) — 25/05/2020 18:5 — page 3 — #0

I. Définition axiomatique deR

Démonstration. (I.6) est évidente, mais utile ; on voit que a<u<b⇔ −ba

2 =ac<uc<bc= ba 2 ,

d’où la première égalité de (I.7) ; la seconde se prouve de même. q Les notions de partie positive, partie négative et le couple de formules (I.6) se révèlent très utiles en Analyse (cf. exercice 9) ; la notion de valeur absolue permet de définir une distance surR, appelée distance usuelle et notéed, qui est une fonction des deux variables réellesxetyà valeurs dans la « demi-droite positive »R+:=[0,∞[

d(x,y)= |x−y|. (I.8)

Proposition I.2. La distance d jouit des propriétés suivantes : a) d(x,y)=d(y,x)(symétrie)

b) d(x,y)=0⇔x=y(séparation)

c) d(x,z)d(x,y)+d(y,z)(inégalité triangulaire).

Démonstration.a) et b) sont évidents ; c) Posonsx−y=uety−z=v; il est clair que

−(|u|+|v|)u+v(|u|+|v|) ; d’où|xz| = |u+v||u|+|v| = |x−y|+|y−z|,

i.e. d(x,z)d(x,y)+d(y,z). q

Remarque I.3. En anticipant sur les définitions du chapitre II, les propositions I.1 et I.2 expriment l’importante propriété suivante :

sur R, les topologies de l’ordre et de la distance coïncident. (I.9) En effet, la topologie de l’ordre (resp. de la distance) est celle engendrée par les in- tervalles ouverts (resp. les boules ouvertes) ; or, intervalles ouverts et boules ouvertes coïncident d’après (I.7).

I.3 Densité de Qdans R

Notons d’abord queRest, comme tous les corps ordonnés, un corps de caractéristique zéro au sens où

x∈R, x=0 , n∈Nnx=0 . (I.10) En effet,x>0 entraînenxx>0 d’après l’axiome 2 et une récurrence surn(noter queb1 a1 etb2 a2 entraîne b1 +b2 a1 +a2) ; de même,x < 0 entraîne nx < 0. Comme tous les corps commutatifs de caractéristique zéro,Rcontient une copie du corpsQdes rationnels ; plus précisément, l’applicationϕ :Q→ Rdéfinie parϕp

q

= (p·1)(q·1)−1, oùp ∈ Z, q ∈ N, est un isomorphisme croissant du corps ordonnéQsur un sous-corps deR, qu’on note encoreQpar abus de langage.

Le théorème suivant est fondamental.

©Dunod.Toutereproductionnonautoriséeestundélit.

3

(14)

“TP20-0080_Main” (Col.:ScienceSup17x24) — 25/05/2020 18:5 — page 4 — #0

Chapitre 1 rLe corps des réels

Théorème I.4. Qest dense dansR.

Démonstration.En vertu de (I.9), il s’agit de montrer que tout intervalle ouvert ]a,b[,a<b, contient un rationnelpq; d’après l’axiome 3, il existeq∈Ntel queq> b1a, ou 1q <ba; soitp∈Zle plus petit entier tel quepq >a; alors pq1 a, d’où

a< p

q = p−1 q +1

q <a+(b−a)=b,

et pq répond à la question. q

II L E THÉORÈME DE LA BORNE SUPÉRIEURE

II.1 Le théorème

Donnons d’abord deux définitions ; soit (X,) un ensemble totalement ordonné, A une partie non vide deX,x,mX.

x est un majorant de A si xa pour tout aA. (II.1) m est la borne supérieure de A si m est un majorant de A

et si x majorant de A entraîne xm. (II.2)

La borne supérieure, si elle existe, est par définition le plus petit des majorants : elle est donc unique et se note supA; on définit de même un minorant deAet la borne inférieure (si elle existe) deA, qui est le plus grand des minorants et se note infA;A est dite majorée (resp. minorée) si elle possède un majorant (resp. un minorant) ; le théorème suivant est lui aussi fondamental.

Théorème II.1 (Théorème de la borne supérieure).

a) Toute partie A non vide majorée (resp. minorée) de R possède une borne supérieure (resp. une borne inférieure) m.

b) m est caractérisé par les deux propriétés suivantes : i) ma pour tout aA,

ii) pour toutε >0, il existe a∈A tel que amε.

c) mA, autrement dit tout intervalle ouvert contenant m coupe A.

Démonstration. a) SoitM l’ensemble non vide des majorants deA; fixons aA etbM; pour tout n ∈ N, il existe p ∈ Ntel quea+p 2−n b,a fortiori tel

4

(15)

“TP20-0080_Main” (Col.:ScienceSup17x24) — 25/05/2020 18:5 — page 5 — #0

II. Le théorème de la borne supérieure

quea+p2nM; soitpn le plus petit entier ayant cette deuxième propriété, et In =

a+(pn−1) 2−n,a+pn2−n

; observons d’abord que

2pn−1pn+1 2pn. (II.3)

En effet,a+2pn2n1 = a+pn2nM, doncpn+1 2pn; d’autre parta+ (2pn−2) 2−n−1 =a+(pn−1) 2−n/M, doncpn+1>2pn−2.

(II.3) entraîne

In+1In. (II.4)

En effet, a+(pn+1 −1) 2n1 a+(2pn−2) 2n1 = a+(pn −1) 2n, et a+pn+12n1 a+2pn2n1 =a+pn2n. D’après l’axiome 4, l’intersection des segments emboîtésIncontient au moint un pointm; on voit que

xAxa+pn2−n =a+(pn−1) 2−n+2−nm+2−n.

Faisant tendrenvers+∞, on obtientxm, d’oùmM. Soityun autre élément de M; pour toutn, il existexnAtel quexn>a+(pn−1) 2−n, puisquea+(pn−1) 2−n/ M; d’oùyxn >a+(pn−1) 2n m−2n; faisant tendrenvers+∞, on obtient ym, ce qui montre quemest la borne supérieure deA.

b) L’inégalitéxn m−2−n dans a) montre quemvérifie i) et ii) ; sim vérifie ces conditions, on a en particulierm amεd’oùm mvu l’arbitraire surε, et de mêmemm,i.e. m=m.

c) Il s’agit (cf. chapitre II) de trouver une suite (xn) deAconvergeant versm; or la suite (xn) du a) fait l’affaire, puisqu’elle vérifie la double inégalitém−2nxnm.

q Remarque II.2. Le théorème de la borne supérieure, vrai pourR, ne l’est plus pour Q(cf. exercice 13) ; c’est l’une des grandes supériorités des réels sur les rationnels, et une des justifications de leur introduction ; en voici d’autres.

II.2 Suites de Cauchy ; suites monotones

Une suite (xn) de réels est dite de Cauchy si elle vérifie la propriété suivante, qui sera reprise entre autres au chapitre V :

(∀ε >0)(∃n0 ∈N)(∀p,qn0) :d(xp,xq)= |xpxq|ε. (II.5) En termes intuitifs, (xn) est de Cauchy si xpxq → 0 quand p,q → ∞; une suite (xn) convergeant vers est de Cauchy (cf. chapitre II) d’après l’inégalité d(xp,xq) d(xp,)+d(,xq), mais l’intérêt de (II.5) est de ne pas faire intervenir la

©Dunod.Toutereproductionnonautoriséeestundélit.

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(16)

“TP20-0080_Main” (Col.:ScienceSup17x24) — 25/05/2020 18:5 — page 6 — #0

Chapitre 1 rLe corps des réels

limite éventuelle et de pouvoir parfois conclure à son existence sans être capable de la calculer. Voici d’autres définitions importantes :

(xn) estcroissantesi xn+1 xn pour tout n∈N. (II.6) (On a alorsxq xp pourqp).

(xn) estdécroissantesi xn+1 xn pour tout n∈N. (II.7) (On a alorsxq xp pourqp).

(xn) estmonotonesi elle est soit croissante soit décroissante . (II.8)

« Tout ce qui monte converge » selon Teilhard de Chardin ; voici la version mathéma- tique qui dit la même chose en termes peut-être moins poétiques ...

Théorème II.3.

a) Toute suite de réels croissante, majorée converge dansRvers sa borne supérieure.

b) Toute suite de réels croissante, non majorée converge vers+∞.

Démonstration. a) SoitA l’ensemble des termesxn de la suite ; A étant majoré, sa borne supérieurem = supA existe d’après le théorème II.1 ; soitε > 0 ; toujours d’après II.1, il existen0 tel quexn0mε; la suite étant croissante, on voit que :

nn0mε xn0 xn m, d’où |xnm|ε. Par définition (cf. chapitre II)xnconverge versm.

b) Soityun réel ;Aétant cette fois non majoré, il existen0tel quexn0 yet on voit que :

nn0xn xn0 y.

Par définition, cela signifie quexnconverge vers+∞. q On a bien sûr un énoncé analogue avec des suites décroissantes.

Théorème II.4. Toute suite de Cauchy deRconverge dansR; en d’autres termes, Rest complet (cf. chapitre V).

Démonstration. Soit (xn) une suite de Cauchy de R; définissonsn1 comme le plus petit entier tel que|xpxn1|2−2pour toutpn1, puis par récurrencenkcomme le plus petit entier 1+nk1 tel que |xpxnk| 2k1 pour toutp nk; nous avons alors

nk+1 >nk; |xnk+1xnk|2k1. (II.9)

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II. Le théorème de la borne supérieure

Il en résulte que les segments Ik =

xnk − 2k,xnk + 2k

sont décroissants, puisque xnk+1 + 2k1 xnk + 2k1 + 2k1 = xnk + 2k et de même xnk+1 −2k1 xnk −2k1 −2k1 = xnk −2k; d’après l’axiome 4, leur intersection contient un réel, avec

|xnk|2k. (II.10)

(II.10) montre que la suite (yk)=(xnk) converge versquandk→ ∞; et une suite de Cauchy qui contient une sous-suite convergente converge, vérifions-le ici ; soitε >0, n0comme dans (II.5),k0 ∈Nassez grand pour qu’on ait 2k0 εetnk0 n0(c’est possible d’après (II.9)) ; alorsn nk0 entraîne|xn||xnxnk0| + |xnk0| ε+2k0 2ε, ce qui prouve le théorème puisqueεest arbitrairement petit. q Remarque II.5. Là encore (cf. exercice 13) le fait d’être complet est une propriété possédée par le corps des réels, et non par celui des rationnels.

II.3 Le théorème de Borel-Lebesgue

•Une partie deRs’appelle un ouvert si c’est une réunion d’intervalles ouverts (avec la convention∪

. . .= ∅).

• On dit qu’une famille (ωi)iI de parties de X est un recouvrement de AX si A⊂ ∪

I ωi.

Le théorème suivant semble avoir été découvert par Borel et Lebesgue lorsqu’ils ten- tèrent d’établir de façon rigoureuse que la longueurbad’un segment [a,b] est plus petite que la somme des longueurs des segments non triviaux le recouvrant.

Théorème II.6 (Théorème de Borel-Lebesgue). Soit(ωi)iI un recouvrement ouvert du segment[a,b] =K ; alors il existe J fini, JI tel que(ωi)iJsoit encore un recouvrement de K (on dit que K admet un sous-recouvrement fini extrait desωi).

Démonstration. SoitAl’ensemble desxKtels que [a,x] puisse être recouvert par un nombre fini deωi, et soitm=supAb; nous allons voir que

mA; m=b. (II.11)

En effet,mK, donc il existejtel quemωj, eth>0 tel que [m−h,m+h]ωj; on peut trouverxAtel quexmh; [a,x] est recouvert par un nombrepdeωi; en leur ajoutantωj, on voit que [a,m+h] est recouvert parp+1 desωi; en particulier mA; sim<b, en diminuant au besoinh, on am+hKet doncm+hA, ce qui contredit la définition demet achève de prouver (II.11). Or, (II.11) dit queK est

recouvert par un nombre fini deωi. q

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Chapitre 1 rLe corps des réels

II.4 Racine carrée ; caractérisation des réels positifs

Le théorème de la borne supérieure permet d’avoir une caractérisation algébrique remarquable de la demi-droite positiveR+=[0,∞[.

Proposition II.7. Soit x∈R; on a équivalence entre : a) x∈R+,

b) x est un carré parfait : x=y2,y∈R.

Démonstration. b)⇒a) est facile ; siy 0,x = y2 0 par l’axiome 2 ; siy < 0, x=(−y)20.

a)⇒b) : six=0, il n’y a rien à prouver ; six>0, posons A= {y∈R+;y2x}.

Aest non vide car 0∈A;Aest majoré parx+1 caryx+1 entraîney2(x+1)2 = x2+2x+1>x;Aadmet donc une borne supérieurem∈R+;m>0 car, sip∈N et 1p x, p12 1p xet1pA; je dis que

m2 =x. (II.12)

Soit en effetε > 0 ; d’après l’axiome 3, il existen∈ Ntel que 1n met 2mn ε: d’après les propriétés dem=supA, il existey∈Atel queym1n; d’où

xy2m2−2m

n m2ε.

εétant arbitraire, il vientm2 x; sim2 <x, on trouveε >0 tel que (m+ε)2 x, d’oùm+εA, ce qui contredit la définition dem; on a donc (II.12). q Remarque II.8.Siz∈Rest une racine carrée dex(i.e. z2 =x), on a (z−y)(z+y)= z2−y2 =xx =0, doncx >0 a exactement deux racines carrées : l’une positive y, l’autre négative−y.ys’appelle la racine carrée positive dexet se note√

x. Voici une application classique mais frappante de la caractérisation algébrique deR+. Proposition II.9. Soit f :R→Run homomorphisme d’anneau(f(x+y)=f(x)+ f(y);f(xy)=f(x)f(y),∀x,y) non identiquement nul ; alors f est l’identité.

Démonstration. Lasimplehypothèse d’additivité surf suffit à impliquer

f(rx)=rf(x) , ∀r ∈Q, ∀x∈R. (II.13)

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II. Le théorème de la borne supérieure

On vérifie (II.13) d’abord pour r ∈ N, par récurrence ; puis pour r ∈ Z, d’après l’imparité def; sir = pq avecp ∈ Z,q ∈ N, on voit que pf(x) =f(px) = f(qrx) = qf(rx), d’oùf(rx) = pqf(x) = rf(x). Malgré la densité de QdansR, on ne peut en général aller plus loin sans condition de régularité surf. Maisles deux hypothèses vont permettre de montrer que f est croissante, la proposition II.7 jouant un rôle décisif :

uvf(u)f(v) . (II.14)

En effet,uvvu0⇒vu=y2f(vu)=(f(y))2f(vu) 0

f(v)−f(u)0⇒f(u)f(v). Il est maintenant facile de conclure, en observant d’abord que

f(1)=1 . (II.15)

(Il existe x0 tel que f(x0) = 0 ; alors (1 −f(1))f(x0) = f(x0) −f(1x0) = 0, et 1−f(1)=0).

Soit ensuitex ∈ R,ε >0,r1 etr2 ∈ Qtels quexε r1 x r2 x+ε; (II.13), (II.14), (II.15) entraînentr1 =f(r1)f(x)f(r2)=r2, d’oùx−ε f(x)

x+ε;εétant arbitraire,f(x)=x. q

Remarque II.10. Il existe des fonctions très irrégulières (non mesurables au sens de Lebesgue) vérifiant :

(∗)f(x+y)=f(x)+f(y) pour tousx,y∈R. Mais on peut montrer que, dès quef est un peu régulière (mesurable au sens de Lebesgue précisément !),

(∗) suffit à entraînerf(x)=xf(1) pour toutx∈R.

cf. Exercices 1 et 16, et remarque II.15.

II.5 Intervalles se coupant deux à deux ; propriété des deux boules deR

Voici encore une conséquence du théorème II.1, qui joue notamment un rôle clé dans la preuve du théorème de Hahn-Banach et peut aussi passer pour un cas particulier du théorème de Helly (cf. [Eg]) : « des convexes compacts deRnqui se coupentn+1 àn+1 se coupent tous ».

Proposition II.11. Soit (It)tT une famille de segments se coupant deux à deux ; alors les It se coupent tous :

tTIt = ∅.

Démonstration. PosonsIt =[at,bt],A= {at;tT},B= {bs;sT}et notons que

at bs, ∀s, tT. (II.16)

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Chapitre 1 rLe corps des réels

En effet, [at,bt] ∩ [as,bs] contient un point c, et at c bs. Fixons s; (II.16) montre que A est majoré par bs, donc a := supA existe et a bs, puis aIs; faisant maintenant variers, on voit quea∈ ∩ Is. q Remarque II.12. Il est facile de voir qu’on a plus précisément∩It = [a,b] avec a=supA,b=infB.

D’après (I.7), la proposition II.11 admet la reformulation suivante (cf. chapitre II pour la définition d’une boule).

Proposition II.13 (Propriété des deux boules). Toute famille de boules fermées deRse coupant deux à deux a une intersection non vide.

Cette propriété est partagée par très peu d’espaces métriques : par exemple, il est clair qu’on peut trouver dansR2 euclidien trois boules fermées se coupant deux à deux et d’intersection vide (cf. figure 1.1) ; pour insister sur l’importance de la proposition II.11 ou de la remarque II.12, voici encore une proposition qui n’est autre, comme on l’a déjà dit, que le point central du théorème de Hahn-Banach (forme analytique ; cf. par exemple [R], p. 106).

B2 B3

B2 B3

B1

B1 =

Figure 1.1

Proposition II.14. Soit E unR−ev, M un hyperplan de E, p une sous-norme sur E, f une forme linéaire sur M telle que f(x) p(x)pour tout xM ; alors, f peut être prolongée en une forme linéairegsur E telle queg(z)p(z)pour tout zE.

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Exercices

Démonstration. Par hypothèse, il existex0Etel queE = M⊕Rx0; il s’agit de définirg(x0)=a, puisg(x+t x0)=f(x)+ta, de façon que

f(x)+tap(x+t x0) , ∀t∈R, ∀xM. (II.17) t=0 correspond à l’hypothèse ;t>0 s’écrit aussi bien, vu l’arbitraire surxet le fait quepest positivement homogène :

f(x)+ap(x+x0) , ∀xM. (II.17+) De même,t<0 donne

f(x)−ap(xx0) , ∀xM. (II.17) En d’autres termes, on veut trouver : a∈ ∩

xMIx, où Ix=[ax,bx],

ax=f(x)−p(xx0),bx= −f(x)+p(x+x0) ; d’après II.11, tout revient à montrer que, pour tousx,y∈M:axby; mais

axbyf(x)−p(xx0)p(y+x0)−f(y)

f(x+y)p(xx0)+p(y+x0) ; or, cette dernière inégalité est vraie puisqu’on a

f(x+y) p(x+y)=p(xx0+y+x0)p(xx0)+p(y+x0) . q

Exercices

Certains exercices font appel à des notions et définitions des chapitres suivants.

1.1 a)Soit f : R → Rcontinue avec f(x+y) = f(x)+f(y) pour tousx,y ∈ R; montrer quef(x)=cx, oùc=f(1).

b)Soit (ei)iI une base duQ-espace vectorielR, et (ei)iIle système dual, i.e : ei ∈R; etei(ej)=δi,j, ∀i,jI.

Montrer que, pour tout i, ei vérifie l’équation fonctionnelle précédente, mais n’est pas continue surR(ei n’est même pas mesurable-Lebesgue ; cf. remarque II.15 et exercice 16).

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Chapitre 1 rLe corps des réels

1.2 Soitf :R→Risométrique,i.e.|f(x)−f(y)| = |x−y|pour tousx,y.

a)Montrer quef(0)=0 entraînef(x)f(y)=xypour tousx,y.

b)Montrer quef est une application affinexa+xouxax.

1.3 Soit a > 0 et (xn) la suite de réels définie par x0 = 1 etxn+1 = 12

xn + xan , n∈N.

a)Montrer que (xn)n∈N décroît et en déduire quexn tend vers√ a.

b)Soitεn= xxna

n+

a; montrer queεn+1=εn2; quelles informations cela donne-t-il sur la vitesse de convergence dexnvers√

a?

1.4 On sait que (cf. par exemple [HL]) pour tout ensembleX le cardinal deP(X) est strictement supérieur à celui deX.

a)Soit ω = (εn(ω)) ∈ {0, 1}N; montrer que la suite de terme général

n 1

εk(ω) 3k est croissante majorée ; on note sa limite parϕ(ω) ou par

1

εk(ω) 3k.

b)Montrer queϕest une injection de{0, 1}N dansR; en déduire que la cardinalité deR est strictement supérieure à celle deN; on dit que Rn’est pas dénombrable (théorème de Cantor).

1.5 SoitI =[0, 1],aI.

a)En écrivant|xa| =

1−(1−(x−a)2), montrer que la fonctionx → |xa| est limite uniforme surI de polynômes ;idempourx→(x−a)+.

b)Soitf :I →Rcontinue, affine par morceaux ; montrer qu’il existeλ01,. . .n∈ Reta1,. . .,anI tels quef(x)=λ0+ n

k=1

λk(x−ak)+,xI.

c)Soitf :I →Rcontinue ; montrer quef est limite uniforme surIde fonctions conti- nues affines par morceaux ; en déduire quef est limite uniforme surI de polynômes (preuve par Lebesgue du théorème de Weierstrass).

1.6 Théorie de la mesure

Soit (X,A,μ) un espace mesuré, avecμpositive etμ(X)=1 ; soit (Ai)iIune famille d’éléments deA ; siJIest dénombrable, on poseAJ= ∪{Ai;iJ};AJA. a)Montrer que l’ensemble desμ(AJ) admet une borne supérieurem, et qu’il existe J0dénombrable tel quem=μ(AJ0).

b)Soit A = AJ0A ; montrer queAcontient « presque » tous lesAi au sens où : iIμ(AiAc) = 0. Et que si BA vérifieμ(AiBc) = 0 ∀iI, on a μ(ABc)=0.

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Exercices

1.7 Soit (an) une suite de réels non bornée ; on se propose de montrer qu’il existe x∈Rtel queeianxne tend pas vers 1.

a)Construire par récurrence des segments emboîtés non réduits à des points I1. . .

IkIk+1... et des entiersn1 < . . . <nk<nk+1... avecy∈Ikeianky−11.

b)Montrer que l’intersection desIkn’est pas vide et conclure.

1.8 (Suite). Soit (an) une suite de réels.

a)On suppose queeianxtend vers 1 pour toutx∈R; montrer queantend vers 0.

b)On suppose queeianxconverge pour toutx ∈ R; montrer que (an) est de Cauchy, puis que (an) converge.

1.9 Avec les notations de l’exercice 6, soit (fn), f des fonctions positives de L1(X,A,μ) telles que

i) fnf,μ−presque partout ; ii)

fnf dμ. Montrer que

|ffn| → 0 (on pourra appliquer le théorème de convergence dominée à la suite (f−fn)+).

1.10 Soit F un espace normé ayant la propriété des deux boules (une famille de boules fermées se coupant deux à deux a une intersection non vide) ; soitM un hy- perplan d’un espace norméE etf : MF linéaire continue de norme 1,i.e.:

||f(x)||1 pour||x||1 ; montrer quef se prolonge eng:EFlinéaire continue de norme1.

1.11 Montrer que l’espacedes suites bornéesx = (xn)n0 de réels, normé par

||x|| =supn |xn|, a la propriété des deux boules.

1.12 a)Soit (xn)n1 une suite de réels ; montrer qu’on peut en extraire une suite monotone.

b)SoitX =(x1,. . .,xp) une suite depréels distincts avecp=n2+1,n∈N; i) soitf :X → N2 définie parf(xi) = (ai,bi) oùai (resp.bi) est la longueur de la

plus grande suite croissante (resp. décroissante) commençant parxi et extraite de X; montrer quef est injective.

ii) Montrer qu’on peut extraire deXune suite monotone de longueurn+1 ; en consi- dérant l’exemplen,. . ., 2, 1, 2n,. . .,n+2, n+1,. . .,n2,. . .,n2n+1, montrer que ce résultat est optimal en général.

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Chapitre 1 rLe corps des réels

1.13 On considère les deux suites de rationnels an = 1+ 1!1 +. . .+ n!1 etbn = an+n·n!1 , (n∈N).

a)Montrer que (an) est strictement croissante, (bn) strictement décroissante, et que ai bj pour tousi,j∈N.

b)Montrer que les segments de rationnelsIn =[an,bn] sont emboîtés et d’intersec- tion vide.

c)Montrer que l’ensembleAdesann’a pas de borne supérieure dansQ. d)Montrer que la suite (an) est de Cauchy, mais divergente dansQ.

1.14 a)SoitGun sous-groupe deRnon réduit à zéro ; on pose G+= {x; xG, x>0}, et m=infG+. i) Sim>0, montrer queG=mZ.

ii) Sim=0, montrer queGest dense dansR, c’est-à-dire : tout intervalle ]a,b[, où a<b, contient au moins un point deG.

b)Soitα ∈Run irrationnel ; montrer que le sous-groupeZα+Zest dense dansR. 1.15 Montrer que√

2 est irrationnel.

1.16 Théorème de Steinhaus

Soit n un entier 1, m = dx la mesure de Lebesgue sur Rn (on note x = (x1,. . .,xn), dx=dx1· · ·dxn),AetBdeux parties mesurables deRn. On se propose de montrer que :

m(A)>0 etm(B)>0⇒A+Bcontient un ouvert non-vide Ω. (1.1) (A+B désigne l’ensemble des sommesa+b, oùaA, bB).

a)Montrer qu’on peut, sans perte de généralité, supposer en plus quem(A) <∞et m(B)<∞, hypothèse qu’on fait dans la suite.

b)Soitu=1A, v =1BL(Rn)∩L1(Rn) etw=uvleur produit de convolution défini par

w(x)=

Rnu(x−y)v(y)dy.

Montrer quewest continue, non identiquement nulle.

c)Montrer qu’il existe un ouvert non-videΩsur lequelw >0.

d)Montrer queΩ⊂A+B, ce qui prouve (1.1) (théorème de Steinhaus).

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