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Contribution à l'étude des frottements visqueux (Suite)

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Academic year: 2021

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(1)

HAL Id: jpa-00233084

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00233084

Submitted on 1 Jan 1932

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Contribution à l’étude des frottements visqueux (Suite)

Pierre Ernest-Mercier

To cite this version:

Pierre Ernest-Mercier. Contribution à l’étude des frottements visqueux (Suite). J. Phys. Radium,

1932, 3 (2), pp.73-82. �10.1051/jphysrad:019320030207300�. �jpa-00233084�

(2)

CONTRIBUTION A L’ETUDE DES FROTTEMENTS VISQUEUX (Suite.)

Par PIERRE ERNEST-MERCIER.

Sommaire. - I. L’auteur établit la relation existant entre les courbures et leurs dérivées partielles, au voisinage d’un point dans un réseau curviligne orthogonal.

Il en déduit une nouvelle forme des expressions de 0394u et 0394v en fonction des arcs de filets et de trajectoires et de leur courbure au voisinage d’un point, forme particulière-

ment simple et qu’il était impossible de prévoir en coordonnées ordinaires, dans le cas le plus général du mouvement plan.

II. Signification de 0394u et 0394v au point de vue physique.

-

a) absence de tout effort théo-

rique dans le cas de la convergence pure : résultat en contradictien avec ce qu’on peut attendre d’un fluide réel. Nécessité d’un terme correctif traduisant le travail de laminage

en l’absence de glissement et de torsion.

b) L accroissement de 03BC au voisinage des surfaces solides, résultats complémentaires de

la théorie des états frontières (boundary state des Anglais).

III. L’auteur termine en exposant les difficultés s’opposant à l’emploi pur et simple de

la représentation intrinsèque en 03C8 et ~ : s1 et s2 ne constituant pas des variables indé-

pendantes pour un déplacement le long d’un filet ou d’une trajectoire.

Emploi des expressions

pour définir un réseau en coordonnées curvilignes par les courbures rapportées aux axes curvilignes.

Nouvelle forme de la condition d’orthogonalité. Le potentiel de courbure et le facteur de distorsion du réseau.

La méthode semble susceptible d’intéresser l’hydraulique.

Nous avons exposé précédemment (1) comment il était possible d’exprimer les efforts

visqueux tangents (à u) et normaux (Jv) à la vitesse dans le cas du mouvement plan d’un

fluide visqueux incompressible, en fonction des courbures 1¥ et (D des arcs de filets et de

trajectoires au voisinage du point, de leurs dérivées partielles le long de ces arcs.

Les résultats obtenus étaient :

on Il’ représente la courbure du filet comptée positivement lorsque sa concavité est tournee (t) Phys., avril 1931.

.

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphysrad:019320030207300

(3)

vers les s, positiis ; où m représente la courbure de la trajectoire normale, satisfaisant à la relation :

le long du filet lorsqu’on désigne par E sa distance à un filet infiniment voisin, dsi et ds~

figurant respectivement des arcs de filet et de trajectoire orthogouale.

Comme la relation (i) correspond à une convention de signe inverse de celle qui était adoptée pour 1)! alans le cas où les sens positifs de ,si et s, sont tels qu’on tourne de l’un

vers l’autre dans le sens direct, convenons d’adopter définitivement pour la même convention que pour 4) ce qui donne : -.

et + peuvent prendre en un point des valeurs quelconques, il n’en est pas de lnême pour leurs dérivées ; en effet l’orthogonalité en tout point du plan des courbes IF et ~ entraine une condition entre ces quantités et leurs dérivées partielles.

Recherchons l’expression de cette condition dans le cas de nos notations :

Si l’on considère a partir de M un quadrilatère curviligne infiniment petit M Mi M2 M,

les angles en Mi MM2 étant supposés droits, l’angle en M3 le sera si :

Angle des tangentes en M et MI à l’arc angle des tangentes.enM1 et M3 à l’arc

angle des tangentes en M et M2 â l’arc MM2 -E- angle des tangentes en M2 et M3 à1VCMa. (4)

Pour l’établir nous nous appuierons sur la remarque suivante.

La courbure moyenne d’un arc infiniment petit est égale à la moyenne des valeurs de la courbure en ses extrémités, au terme du 2e ordre près.

Posons

(4)

75

11"0 = courbure du filet en )1.

~o = courbure de la trajectoires en 31.

,

Pour la clarté des formule;, convenons de supprimer l’indice 0 pour les dérivées par- tielles de bo et au point 31.

Angle des tangentes en lI et MI

D’autre part

-

dsi au 3e ordre près.

d’après la formule (4) en désignant par la courbure moyenne de NI 31z et par ô si un

élément d’arc intermédiaire entre ds, et

a pour partie principale dsl (aux termes dru 21 ordre en dsl et ds2).

La partie principale de s, est égale à ds1 pour la même raison et en se limitant aux

termes du 2e ordre dans l’évaluation de d’sz, peut être pris égal à 1)0 au 3e ordre près en ds, ; on a donc

de même

On a donc :

Angles des tangentes en : «.

De même

angle des tangentes en

et

1

angle des tangentes en

De la relation IV existant entre ces angles, on déduit après réduction des termes sem-

blables

aux termes du 3e ordre près.

On en déduit :

qui traduit la condition d’orthogonalité des courbes des deux familles en tout point du

réseau.

(5)

76

Application de la condition d’orthogonalité à l’expression Signifi-

cation de AM et de Av.

-

Portons dans l’équation (2) la valeur de 1)2 +à 4) tirée clé ès,

formule précédente :

-

Il vient :

Les termes en V~~~ se détruisent et l’on a :

soit

Comme ul V = vitesse angulaire de l’élément de filin

Le premier terme caractérise l’effort différentiel dans le cas des films sans courbure;

le deuxième caractérise les efforts engendrés par la courbure.

Revenant à l’expression de

.

nous pouvons, soit conserver la première expression soit lui substituer

d’après la formule qui traduit la continuité de l’écoulement le long du filet- si q

Et en remarquant que :

et en posant G ~- glissement il vient :

(6)

77

Sous sa forme (7) on aperçoit immédiatement la symétrie qui existe entre AM et 3v,

efforts tangents et normaux à la vitesse.

Ces expressions doivent leur simplicité, en dépit de leur généralité au fait qu’elles

renferment les courbures et les arcs du système fluide étudié, et non pas des projections

cle vecteurs sur des axes arbitraires, étrangers au système.

En particulier, si au voisinage d’un point, les cercles tangents aux filets sont concen~.

-

triques, on retrouve :

R étant le rayon de courbure des filets. Expression trouvée par Havelocke dans le cas très spécial du mouvement de deux cylindres concentriques.

Analyse et discussion de 6.u. - a) Sous sa forme (2) Au semble dépendre égale-

ment de (b et de llf, en fait, nous avons vu qu’en raison de la dépendance de ces deux fonc-

tisons (équation 5), la nullité de W et de sa dérivée par rapport à S2 entraîne celle de

Comme l’expression finale de le fait prévoir, en l’absence de tout glissement, Au est nul quel que soit m lorsque T et sa dérivée par rapport à s2 sont nuls. Ce

cas est cependant fort important puisque c’est celui d’un faisceau de films plans convergeant

vers une droite commune, et qu’il correspond précisément au cas de la convergence pure.

La démonstration directe en est aisée. Pour un mouvement plan convergent on a la relation

général

V . r = k _-_ constante,

î- étant la distance au centre de convergence et V la vitesse. Prenons un système d’axes rectangulaires ayant pour origine le centre de convergence ; soient u et v les composantes

.de V suivant ces axes. On a

On vérifie facilement que

par conséquent on a

it d’une façon analogue

En l’absence de tout effort tangent, un film sans courbure ne peut donner naissance à un

effort résistant parallèle au mouvement. Ce fait, parfaitement intelligible si on suppose la structure du fluide infiniment petite, soulève des objections très réelles dans le cas où les molécules ont une dimension finie quoique très petite (cas réel) si on considère un film en mouvement accéléré, pour lequel -1) est différent de zéro.

Dans le cas des films en mouvement uniforme, le déplacement moyen, en bloc, de

toutes les particules fluides disposées sur un même film est un fait physique engendré par le caractère uniforme du mouvement considéré.

Dans le mouvement accéléré, il en est tout autrement, et nous ne pouvons définir les

(7)

78

films comme des surfaces affectées d’une certaine épaisseur constante, qu’en admettant en

même temps à chaque instant dans chaque partie de l’espace occupée par le liquide l’appa-

rition ou la disparition par fusion ou génération d’un nombre déterminé de films.

Ces apparitions ou disparitions de films sont réparties vraisemblablement dans la

masse mouvante suivant une loi statistique en rapport avec celle qui régit l’agitation ther- mique ; mais on ne peut admettre qu’elles n’en modifient pas le régime, et qu’elles se produisent sans absorption d’énergie.

Il semble donc qu’il faille rechercher expérimentalement la valeur d’un coefficient de

freinage, consécutif aux efforts de contraction ou de divergence pure, et non prévu dans l’expression classique de A u.

b) Nous savons aujourd"huj par de nombreux travaux que la polarisation des molécules

fluides au voisinage immédiat des surfaces solides est un fait indéniable, manifesté par l’existence d’une pression normale (la pression Leslie) et par le passage du frottement

visqueux au frottement onctueux, (le « boundary state ~~ des Anglais) : à une distance comprise entre 0,7 V. et 0,6 p. la loi du frottement visqueux liquide sur liquide n’est plus

valable.

Mais nous ne savons rien sur les variations de jJ, coefficient de viscosité à des distances

comprises entre 0,7 ¡.L et un ou deux j,i. Il est certain que l’action polarisante des parois

dont on voit l’effet maximum dans l’étude du graissage onctueux, s’étend au delà de la limite de 0,7 [J. et exerce une action décroissante avec la distance sur le coefficient de frotte-

ment

Nous nous proposons d’étudier expérimentalement cette action, et de rechercher un

terme correctif susceptible de traduire dans l’expression des efforts visqueux l’action polari-

sante exercée par les parois à courte distance.

Essai d’une représentation intrinsèque applicable à l’hydraulique.

-~

Nous

avons insisté sur le fait que les formules trouvées pour à u et à v n’étaient valables qu’au voisinage d’un point : la raison immédiate en est que l’intégration pure et simple des expressions précédentes, à supposer qu’elle fut possible, s’appliquerait à une représenta-

tion où chaque point du réseau se trouverait défini par ses distances curvilignes à deux

courbes particulières du réseau, prises comme origines des coordonnées de distance.

Or, il apparaît immédiatement que les arcs si et s, ainsi mis en jeu varient simulta- nément lorsqu’on suit une courbe particulière du réseau. On ne peut donc utiliser ce mode de représentation.

Cependant les efforts visqueux ne sont pas les seuls qui prennent une forme particu-

4

lièrement simple lorsqu’on fait intervenir les courbures et les arcs de filets et de trajec-

toires :

L’accélération normale a pour expression :

l’accélération tangentielle peut s’écrire :

expressions rigoureusement symétriques.

C’est pourquoi nous avons cherché un mode du représentation échappant à la diffi-

culté signalée précédemment. Sans prétendre avoir trouvé la solution de ce problème, nous

nous contenterons d’exposer les résultats suivants :

Soit Ci et C, deux courbes particulières du réseau supposées orientées et se coupant en-

0 origine des coordonnées. A chaque point M on peut faire correspondre les arcs de filets

(8)

79

et de trajectoires M1M et définissant une abcisse et une ordonnée curvilignes (fig. 2 ) 1

W et ~, courbures en M peuvent être considérées comme fonctions de x et ~.

.

Fig. 2.

Considérons un point N très voisin de NI sur M2M et P sur M1M soit 04N, -- x + dx

l’abcisse de N et 0 P2 = y + d y l’ordonnée de P, les rapports

et

ont généralement un sens quand N et P tendent vers M.

Introduisons alors les nouvelles fonctions 1J;~’ et 1)’ liées à 1F et + par

ces fonctions sont évidemment telles que

le long d’Un filet quelconque et

-

elles conservent donc les angles engendrés par les courbures.

Cherchons directement la nouvelle forme de la condition d’orthogonalité pour U" et 4t’, elle s’écrit :

soit

(9)

80

Equation qui est satisfaite si et - (1)’ sont les dérivées partielles d’une fonction A que nous dénommerons potentiel de courbure du réseau :

D’ . 1. à S, S2

h 1 l 1.. t t

Désignons

"

par il et v les expressions 2013, as2 et cherchons les relations existant àx 11

entre u, v et 1>’ : u et v peuvent être considérés comme fonctions de x et y.

Considérons deux trajectoires voisines N et Ni et les arcs dst, ds’, qu’elles interceptent

sur deux filets voisins F F’ (figure 3).

Cherchons la limite de

d’où l’on déduit :

11’"’

mais comme, T = ---

u

et par symétrie

D’autres relations se déduisent des précédentes et permettent d’exprimer la vitesse en

(10)

81 un point du réseau en fonction de sa valeur à l’intersection du filet considéré et des axes

curvilignes

-

ceux-ci ont en effet pour équation intrinsèque :

Nous avons fait intervenir les 7 fonctions A, u, V, et 4) qui sont liées par les 7 relations distinctes :

Les deux équations 9.

,

L’équation 10.

Les deux équations 11.

Les deux équations 1~.

On montre facilement quc la connaissance de A suffit à définir le réseau. En effet on

peut déduire de A la fonction t = v facteur de distorsion de la façon suivante :

u

On part des équations 12 que l’on écrit :

~en remarquant quc

on en déduit :

d’où d’après (XI)

relation qui définit t à partir de A.

On peut donc calculer u et v d’après (13) et connaître et 1) en tout point du réseau d’après 9.

A titre d’exemple A = constante définit un quadrillage de droites (t = 0) A =y donne (avec t == x) la représentation d’une série de cercles concentriques et le

faisceau de droites concourantes formé par leurs rayons. (En prenant comme courbes de

références ox un rayon quelconque et oy le cercle de rayon =1 )

A .d 1

,

t l 11.’ h..

A = x qui donne - t = y représente le même réseau avec un choix inverse de courbes de références.

L’application de ces méthodes aux problèmes de l’hydraulique (en mouvement plan)

ne soulèverait aucune difficulté si l’expression de t était aisée à trouver. La formule 14 ou

les expressions écluivalentes (12) ne sont pas en général d’un maniement aisé

-

et le

champ est ouvert à toute autre mode de représentation intrinsèque plus maniable possé-

dant les avantages exposés en faveur de celui-ci.

Remarquons cependant en terminant que la seule connaissance de t, permet

(11)

82

d’exprimer les équations de l’hydraulique non visqueuse en fonction des nouvelles variables 11’" et (1)’.

En effet ces équations s’écrivent :

ou

Manuscrit reçu le 10 novembre i93~.

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