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Submitted on 1 Jan 1975
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Diffusion de la lumière par la surface libre d’un cristal liquide au voisinage d’une transition
nématique-smectique A du second ordre
D. Langévin
To cite this version:
D. Langévin. Diffusion de la lumière par la surface libre d’un cristal liquide au voisinage d’une transition nématique-smectique A du second ordre. Journal de Physique, 1975, 36 (7-8), pp.745-748.
�10.1051/jphys:01975003607-8074500�. �jpa-00208310�
DIFFUSION DE LA LUMIÈRE PAR LA SURFACE LIBRE
D’UN CRISTAL LIQUDE AU VOISINAGE
D’UNE TRANSITION NÉMATIQUE-SMECTIQUE A DU SECOND ORDRE
D.
LANGÉVIN
Laboratoire de
Spectroscopie
Hertzienne del’E.N.S., 24,
rueLhomond,
75231Paris,
France(Reçu
le 11 mars1975, accepté
le 20mars 1975)
Résumé. 2014 Nous avons étudié le spectre de la lumière diffusée par les ondes de surfaces excitées
thermiquement à la surface libre d’un cristal liquide dans un
champ
magnétique auvoisinage
d’unetransition
nématique-smectique
A du second ordre. Nous avons mesuré la tensionsuperficielle
et plusieurs coefficients de viscosité : trois dans la phase nématique, un dans la
phase
smectique.Nous avons trouvé que la tension superficielle et l’une des viscosités étaient continues à la transition,
une autre viscosité
divergeant
avec l’exposant critique x = 0,54 ± 0,08 en bon accord avec la théorie de champ moléculaire. Ceci se traduit par une anisotropie trèsprononcée
du spectre de la lumière diffusée au voisinage de la transition.Abstract. 2014 We have studied the spectrum of light scattered by surface waves thermally excited
on the free surface of a liquid crystal in a
magnetic
field close to a second order nematic to smectic Aphase transition. We have measured the surface tension and several viscosity coefficients : three in the nematic phase and one in the
smectic
phase. We find that the surface tension and one of the viscosities are continuous at the transition, anotherviscosity
coefficient diverges with a critical exponent x = 0.54 ± 0.08 in good agreement with mean fieldtheory.
As a consequence we have observed a stronganisotropy
of the spectrum of the scatteredlight
close to the transition.Classification
Physics Abstracts
7.130 - 7.480 - 7.620
L’étude des transitions de
phase nématique-smec- tique
A du second ordre a suscité récemment ungrand
intérêt. Sur le
plan théorique
il a étéprévu
une diver-gence de certaines
propriétés statiques :
constantesélastiques
de Frank[1],
etdynamiques :
coefficients de viscosité[2, 3]. L’origine
de ladivergence
peut êtreinterprétée qualitativement
comme cequi
suit : cer-taines
régions
de laphase nématique
se transformenttemporairement
engouttes smectiques
caractérisées par une dimensionlongitudinale (parallèle
à la molé-cule) jjj
Il et une dimension transversaleç 1. : ç
Il etç 1.
sont les
longueurs
de cohérence. Une forcevisqueuse apparaît lorsque
leliquide
traverse lesplans smectiques
de la
goutte.
Cette force augmenteprès
de la transition où les gouttes deviennentplus grandes
et subsistentplus longtemps :
elle donne une contribution diver- gente aux coefficients de viscosité. Ladivergence
desconstantes
élastiques
a uneorigine analogue.
Dansles cas où
l’hypothèse
dechamp
moléculaire est valable(fluctuations
duparamètre
d’ordre Wnégligeables devant l ’JI 12 »
les exposantscritiques
sont lesmêmes que ceux de la
longueur
de cohérence :v =
0,5 [1]
à[3].
Dans larégion critique (grandes
fluctuations de
IF) l’exposant
des constantesélastiques
est encore
égal
à celuide j : v
=0,66,
etl’exposant
des viscosités est x =
v/2 = 0,33 [1]
à[3].
Sur le
plan expérimental
la situation est encore peu claire. Les mesures donnent des valeurscomprises
entre
0,5
et 1 pour v[4]
à[7],
entre0,33
et1,07
pourx
[8, 9]
ou encore montrent que v = x[10].
Laprin- cipale origine
de ladispersion
de ces résultats est lasuivante : les constantes mesurées sont de la forme
C(T)
=Co(T)
+C(T)
oùCo
etC
sontrespectivement
les contributions normale et
divergente ;
leplus
souvent
C(T) CO(T)
car les mesures n’ont pas étéfaites assez
près
de la transition(T - Tr , k 0,10 excepté
dans la référence[10])
et leurinterprétation
est peu
précise.
L’analyse spectrale
de la lumière diffusée par la surface libre d’unnématique
permet de déterminer la tensionsuperficielle
et trois coefficients de viscosité reliés aux coefficients de Leslie par[11] :
La théorie
[2] prévoit
que les deuxpremiers
sontrégu-
liers à la transition
fil
=n2
= 0 et que la contribu- tiondivergente
à f/3 est :Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01975003607-8074500
746
Nous avons
entrepris
ces mesures sur le CBOOA(cyanobenzilidène-octyloxyaniline),
pourlequel
desexpériences
de rayons X ont montré que :(ç il /-L), - 11
[12].
Nousespérions
ainsi être dans la situationn3 » r30 et pouvoir
déterminerl’exposant critique x
avec
précision.
1. Mesures dans la
phase nématique.
- Nous avonsétudié le spectre de la lumière diffusée par les ondes de surface excitées
thermiquement
à la surface libre du CBOOA dans unchamp magnétique
H de 3 000G,
pour différents vecteurs d’onde q.
Lorsque
q estperpendiculaire
àH,
l’orientation des molécules estentièrement
découplée
du mouvement duliquide
et lespectre est
identique
à celui d’unliquide
ordinaire de tensionsuperficielle
Q et viscosité n2(1) [11]. Lorsque
q estparallèle
à H le spectre estplus complexe,
ildépend
de trois
paramètres
6, r 1, ’13[11].
Près de la transition l’amortissement des ondes de surface dans la directionperpendiculaire
auchamp
va peu varier alorsqu’il diverge
dans la directionparallèle
auchamp.
Ons’attend donc à observer une
anisotropie
notable duspectre de la lumière diffusée.
La
figure
1 montrel’aspect
d’un spectreexpéri-
mental pour q 1 H. La courbe en traits
pleins
est lacourbe
théorique [11].
Loin deTc,
’13 est faible et les spectres relatifs à q//
H ont le même aspect. On peutFIG. 1. - Spectre de la lumière diffusée par la surface libre du CBOOA en champ magnétique horizontal H 1 q pour
T - Tc = 0,1° et q = 263 cm -1.
ainsi déterminer Il et "’3
jusqu’à
T -Tc > 3°, en prenant
pour tensionsuperficielle
la valeur obtenue pourq 1
H(2).
Mais laprécision
sur "’3 est assez mauvaise[11].
Près deTc
l’amortissement lié à 113 devientimportant,
les ondes de surface ne sepropagent
(1) Le mouvement du fluide ayant lieu perpendiculairement aux
molécules on conçoit bien : n2 = 0.
(2)
alp = (27 ± 2) CGS dans la gamme de température étudiée.plus
etl’anisotropie
du spectre devient deplus
enplus prononcée.
Ceci est illustré par lesfigures
1 et 2repré-
sentant des spectres
expérimentaux
pour q 1 H et q// H respectivement, pris
dans les mêmes conditions : q = 263cm-l,
T -T,
=0,1°.
Le spectre de la
figure
2 est Lorentzien(courbe
entraits
pleins)
dedemi-largeur :
FIG. 2. - Spectre de la lumière diffusée par la surface libre du CBOOA en champ magnétique horizontal H // q pour
avec A =
n3/n1
et y =Qp/4 l’ q,
pdésignant
ladensité. Nous avons effectué une étude
systématique
du
spectre
en fonctionde q
pour168 ’q ,
509cm-1
et de la
température
pour0, 1°
T -Tc
22°. Surla
figure
3 nous avonsreprésenté
les valeurs deY/2 et
tl,en fonction de
1/T
en coordonnéessemi-logarith- miques.
On en conclut que :. n2 reste fini à la transition : Y/2 oc
e2880/T.
2022 qi que l’on n’a pu déterminer
qu’à plus
de 30de
7c
semble néanmoins avoir un comportementrégulier :
il 1 oce6930/T,
avec uneénergie
d’activationplus
élevée que Y/2, maiscomparable
à celles mesurées pour la contributionrégulière
de YI :FIG. 3. - Résultats des mesures des viscosités n1 et n2 pour le CBOOA.
Afin
d’exploiter
nos résultats pour T -Tc
30nous avons
supposé
que n1 restait fini à la transition ainsi que leprévoit
la théorie et cequi
a été vérifié par desexpériences d’absorption
ultrasonore(Martinoty, P.,
Communicationprivée).
Nous avonspris
pour valeur de n1près
deTr
les valeursextrapolées
de ladroite de la
figure
3. La valeur de Q est obtenue àpartir
FIG. 4. - Résultats des mesures de la viscosité 173 pour le CBOOA.
des
spectres
q 1 H(2).
Nous en avons déduit les valeurs de ’13 àpartir
del’éq. (2).
L’ensemble desmesures de n3 sont
reportées
sur lafigure 4,
en coor- donnéeslogarithmiques.
On en conclut que la varia- tion avec latempérature
de ’13 est bienreprésentée
par :
---
Dans cette estimation nous n’avons tenu compte que des
points
pour T -Tc 1°,
les autres valeurs de n3 étant peuprécises.
Estimons àprésent
la contribu- tion normale de 113 :alo est en
général petit,
OE20 sembletoujours négatif,
(X3o est
positif
pour lesnématiques
connusprésentant
une
phase smectique
A[13] (3).
On en déduit queYI0 > Y20 et
n30 5 Yio 5 0,5 poise [8, 9].
Ceci est del’ordre de notre incertitude de mesure sur n3. Par
ailleurs,
si l’onreprend
les résultats des mesures de y 1 des références[8]
et[9]
en lesinterprétant
avec x =0, 50
on obtient pour T -
Tc
=1 °, YI "-1 0,22 poise.
Nous avons mesuré
n3 ~ 2 poises (en
prenant p -1)
à cette même
température.
On en déduitd’après l’éq. (1)
en bon accord avec la valeur mesurée par rayons
X [12].
2. Influence de la
pureté
de l’échantillon. - Nousavons fait des mesures sur un deuxième échantillon de CBOOA de même
température
de transition7c
=83,8
OC. Les échantillons ont été conservés sousvide et
7c
n’a pas variépendant
despériodes
deplusieurs
mois. Lesénergies
d’activation pour il, et ’12 sont les mêmes pour les deux échantillons.Cependant,
Il et ’13 étant un peu
plus
faibles pour lesecond,
lerégime
des ondes de surface reste du typepropagatif jusqu’à
T -Tc > 0,80,
et laprécision
sur ’13 est bienmoins bonne que pour le
premier
échantillon. On obtient en effet :Nous
projetons
actuellement de faire des mesures avec un fourplus perfectionné
permettant des’approcher plus près de Tc
afin d’avoir une meilleureprécision
sur
l’exposant critique
de n3 et étudier éventuellement l’influence de lapureté
duproduit
sur cetexposant.
3. Mesures dans la
phase smectique.
- Nous avonsfait des
expériences
dans le domaine detempérature 0,1° Tc -
T 1°. PourT,,-
T > 1° lerapport signal
sur bruit sedégrade
à cause de laprésence
d’une
importante
diffusionstatique, probablement
attribuable aux défauts d’orientation dans la
phase smectique.
Nous avons obtenu pour q 1 H des spectres tout à faitanalogues
à ceux de laphase
néma-tique (cf. Fig. 1).
Pourq // H
le spectre obtenu étaittrop
étroit et nous n’avons pas pu déterminer salargeur.
Moyennant
certaineshypothèses
que nousjusti-
fierons ultérieurement
[14]
nous avons calculé le spectrethéorique
et nous avons déduit des spectresexpérimentaux
pour q 1 H des valeurs de a et n2égales
à celles de laphase nématique près
deTe
Nous
envisageons
de faire des mesuresplus près
de
7c
où nousprévoyons
que les spectres pour q// H
seront moins étroits.
4. Conclusion. - Nous avons montré que le coef- ficient de viscosité n2 restait fini à la
transition néma- tique-smectique
A duCBOOA,
et avait la même valeuren dessus et en dessous de
Tc.
Nous avons mesurél’exposant critique
pour le coefficient n3 :en bon accord avec la théorie de
champ
moléculaire.Le
régime critique
pour le CBOOA se situerait donc dans la zone detempérature
T -Tr « 0,1°.
Nousenvisageons
de refaire ces mesuresplus près
deT,,
afin d’améliorer la
précision
surl’exposant
x, et decompléter
l’étude de laphase smectique.
Remerciements. - Nous remercions J. Dubois de la
Thompson
CSFqui
nous aprocuré
du CBOOAtrès pur, et L.
Léger
pour de fructueuses discussions.(3) Pieranski, P., Communication privée.
748
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