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Diffusion de la lumière par la surface libre d'un cristal liquide au voisinage d'une transition nématique-smectique A du second ordre

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Academic year: 2021

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(1)

HAL Id: jpa-00208310

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00208310

Submitted on 1 Jan 1975

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Diffusion de la lumière par la surface libre d’un cristal liquide au voisinage d’une transition

nématique-smectique A du second ordre

D. Langévin

To cite this version:

D. Langévin. Diffusion de la lumière par la surface libre d’un cristal liquide au voisinage d’une transition nématique-smectique A du second ordre. Journal de Physique, 1975, 36 (7-8), pp.745-748.

�10.1051/jphys:01975003607-8074500�. �jpa-00208310�

(2)

DIFFUSION DE LA LUMIÈRE PAR LA SURFACE LIBRE

D’UN CRISTAL LIQUDE AU VOISINAGE

D’UNE TRANSITION NÉMATIQUE-SMECTIQUE A DU SECOND ORDRE

D.

LANGÉVIN

Laboratoire de

Spectroscopie

Hertzienne de

l’E.N.S., 24,

rue

Lhomond,

75231

Paris,

France

(Reçu

le 11 mars

1975, accepté

le 20

mars 1975)

Résumé. 2014 Nous avons étudié le spectre de la lumière diffusée par les ondes de surfaces excitées

thermiquement à la surface libre d’un cristal liquide dans un

champ

magnétique au

voisinage

d’une

transition

nématique-smectique

A du second ordre. Nous avons mesuré la tension

superficielle

et plusieurs coefficients de viscosité : trois dans la phase nématique, un dans la

phase

smectique.

Nous avons trouvé que la tension superficielle et l’une des viscosités étaient continues à la transition,

une autre viscosité

divergeant

avec l’exposant critique x = 0,54 ± 0,08 en bon accord avec la théorie de champ moléculaire. Ceci se traduit par une anisotropie très

prononcée

du spectre de la lumière diffusée au voisinage de la transition.

Abstract. 2014 We have studied the spectrum of light scattered by surface waves thermally excited

on the free surface of a liquid crystal in a

magnetic

field close to a second order nematic to smectic A

phase transition. We have measured the surface tension and several viscosity coefficients : three in the nematic phase and one in the

smectic

phase. We find that the surface tension and one of the viscosities are continuous at the transition, another

viscosity

coefficient diverges with a critical exponent x = 0.54 ± 0.08 in good agreement with mean field

theory.

As a consequence we have observed a strong

anisotropy

of the spectrum of the scattered

light

close to the transition.

Classification

Physics Abstracts

7.130 - 7.480 - 7.620

L’étude des transitions de

phase nématique-smec- tique

A du second ordre a suscité récemment un

grand

intérêt. Sur le

plan théorique

il a été

prévu

une diver-

gence de certaines

propriétés statiques :

constantes

élastiques

de Frank

[1],

et

dynamiques :

coefficients de viscosité

[2, 3]. L’origine

de la

divergence

peut être

interprétée qualitativement

comme ce

qui

suit : cer-

taines

régions

de la

phase nématique

se transforment

temporairement

en

gouttes smectiques

caractérisées par une dimension

longitudinale (parallèle

à la molé-

cule) jjj

Il et une dimension transversale

ç 1. : ç

Il et

ç 1.

sont les

longueurs

de cohérence. Une force

visqueuse apparaît lorsque

le

liquide

traverse les

plans smectiques

de la

goutte.

Cette force augmente

près

de la transition où les gouttes deviennent

plus grandes

et subsistent

plus longtemps :

elle donne une contribution diver- gente aux coefficients de viscosité. La

divergence

des

constantes

élastiques

a une

origine analogue.

Dans

les cas

l’hypothèse

de

champ

moléculaire est valable

(fluctuations

du

paramètre

d’ordre W

négligeables devant l ’JI 12 »

les exposants

critiques

sont les

mêmes que ceux de la

longueur

de cohérence :

v =

0,5 [1]

à

[3].

Dans la

région critique (grandes

fluctuations de

IF) l’exposant

des constantes

élastiques

est encore

égal

à celui

de j : v

=

0,66,

et

l’exposant

des viscosités est x =

v/2 = 0,33 [1]

à

[3].

Sur le

plan expérimental

la situation est encore peu claire. Les mesures donnent des valeurs

comprises

entre

0,5

et 1 pour v

[4]

à

[7],

entre

0,33

et

1,07

pour

x

[8, 9]

ou encore montrent que v = x

[10].

La

prin- cipale origine

de la

dispersion

de ces résultats est la

suivante : les constantes mesurées sont de la forme

C(T)

=

Co(T)

+

C(T)

Co

et

C

sont

respectivement

les contributions normale et

divergente ;

le

plus

souvent

C(T) CO(T)

car les mesures n’ont pas été

faites assez

près

de la transition

(T - Tr , k 0,10 excepté

dans la référence

[10])

et leur

interprétation

est peu

précise.

L’analyse spectrale

de la lumière diffusée par la surface libre d’un

nématique

permet de déterminer la tension

superficielle

et trois coefficients de viscosité reliés aux coefficients de Leslie par

[11] :

La théorie

[2] prévoit

que les deux

premiers

sont

régu-

liers à la transition

fil

=

n2

= 0 et que la contribu- tion

divergente

à f/3 est :

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01975003607-8074500

(3)

746

Nous avons

entrepris

ces mesures sur le CBOOA

(cyanobenzilidène-octyloxyaniline),

pour

lequel

des

expériences

de rayons X ont montré que :

(ç il /-L), - 11

[12].

Nous

espérions

ainsi être dans la situation

n3 » r30 et pouvoir

déterminer

l’exposant critique x

avec

précision.

1. Mesures dans la

phase nématique.

- Nous avons

étudié le spectre de la lumière diffusée par les ondes de surface excitées

thermiquement

à la surface libre du CBOOA dans un

champ magnétique

H de 3 000

G,

pour différents vecteurs d’onde q.

Lorsque

q est

perpendiculaire

à

H,

l’orientation des molécules est

entièrement

découplée

du mouvement du

liquide

et le

spectre est

identique

à celui d’un

liquide

ordinaire de tension

superficielle

Q et viscosité n2

(1) [11]. Lorsque

q est

parallèle

à H le spectre est

plus complexe,

il

dépend

de trois

paramètres

6, r 1, ’13

[11].

Près de la transition l’amortissement des ondes de surface dans la direction

perpendiculaire

au

champ

va peu varier alors

qu’il diverge

dans la direction

parallèle

au

champ.

On

s’attend donc à observer une

anisotropie

notable du

spectre de la lumière diffusée.

La

figure

1 montre

l’aspect

d’un spectre

expéri-

mental pour q 1 H. La courbe en traits

pleins

est la

courbe

théorique [11].

Loin de

Tc,

’13 est faible et les spectres relatifs à q

//

H ont le même aspect. On peut

FIG. 1. - Spectre de la lumière diffusée par la surface libre du CBOOA en champ magnétique horizontal H 1 q pour

T - Tc = 0,1° et q = 263 cm -1.

ainsi déterminer Il et "’3

jusqu’à

T -

Tc > 3°, en prenant

pour tension

superficielle

la valeur obtenue pour

q 1

H

(2).

Mais la

précision

sur "’3 est assez mauvaise

[11].

Près de

Tc

l’amortissement lié à 113 devient

important,

les ondes de surface ne se

propagent

(1) Le mouvement du fluide ayant lieu perpendiculairement aux

molécules on conçoit bien : n2 = 0.

(2)

alp = (27 ± 2) CGS dans la gamme de température étudiée.

plus

et

l’anisotropie

du spectre devient de

plus

en

plus prononcée.

Ceci est illustré par les

figures

1 et 2

repré-

sentant des spectres

expérimentaux

pour q 1 H et q

// H respectivement, pris

dans les mêmes conditions : q = 263

cm-l,

T -

T,

=

0,1°.

Le spectre de la

figure

2 est Lorentzien

(courbe

en

traits

pleins)

de

demi-largeur :

FIG. 2. - Spectre de la lumière diffusée par la surface libre du CBOOA en champ magnétique horizontal H // q pour

avec A =

n3/n1

et y =

Qp/4 l’ q,

p

désignant

la

densité. Nous avons effectué une étude

systématique

du

spectre

en fonction

de q

pour

168 ’q ,

509

cm-1

et de la

température

pour

0, 1°

T -

Tc

22°. Sur

la

figure

3 nous avons

représenté

les valeurs de

Y/2 et

tl,

en fonction de

1/T

en coordonnées

semi-logarith- miques.

On en conclut que :

. n2 reste fini à la transition : Y/2 oc

e2880/T.

2022 qi que l’on n’a pu déterminer

qu’à plus

de 30

de

7c

semble néanmoins avoir un comportement

régulier :

il 1 oc

e6930/T,

avec une

énergie

d’activation

plus

élevée que Y/2, mais

comparable

à celles mesurées pour la contribution

régulière

de YI :

FIG. 3. - Résultats des mesures des viscosités n1 et n2 pour le CBOOA.

(4)

Afin

d’exploiter

nos résultats pour T -

Tc

30

nous avons

supposé

que n1 restait fini à la transition ainsi que le

prévoit

la théorie et ce

qui

a été vérifié par des

expériences d’absorption

ultrasonore

(Martinoty, P.,

Communication

privée).

Nous avons

pris

pour valeur de n1

près

de

Tr

les valeurs

extrapolées

de la

droite de la

figure

3. La valeur de Q est obtenue à

partir

FIG. 4. - Résultats des mesures de la viscosité 173 pour le CBOOA.

des

spectres

q 1 H

(2).

Nous en avons déduit les valeurs de ’13 à

partir

de

l’éq. (2).

L’ensemble des

mesures de n3 sont

reportées

sur la

figure 4,

en coor- données

logarithmiques.

On en conclut que la varia- tion avec la

température

de ’13 est bien

représentée

par :

---

Dans cette estimation nous n’avons tenu compte que des

points

pour T -

Tc 1°,

les autres valeurs de n3 étant peu

précises.

Estimons à

présent

la contribu- tion normale de 113 :

alo est en

général petit,

OE20 semble

toujours négatif,

(X3o est

positif

pour les

nématiques

connus

présentant

une

phase smectique

A

[13] (3).

On en déduit que

YI0 > Y20 et

n30 5 Yio 5 0,5 poise [8, 9].

Ceci est de

l’ordre de notre incertitude de mesure sur n3. Par

ailleurs,

si l’on

reprend

les résultats des mesures de y 1 des références

[8]

et

[9]

en les

interprétant

avec x =

0, 50

on obtient pour T -

Tc

=

1 °, YI "-1 0,22 poise.

Nous avons mesuré

n3 ~ 2 poises (en

prenant p -

1)

à cette même

température.

On en déduit

d’après l’éq. (1)

en bon accord avec la valeur mesurée par rayons

X [12].

2. Influence de la

pureté

de l’échantillon. - Nous

avons fait des mesures sur un deuxième échantillon de CBOOA de même

température

de transition

7c

=

83,8

OC. Les échantillons ont été conservés sous

vide et

7c

n’a pas varié

pendant

des

périodes

de

plusieurs

mois. Les

énergies

d’activation pour il, et ’12 sont les mêmes pour les deux échantillons.

Cependant,

Il et ’13 étant un peu

plus

faibles pour le

second,

le

régime

des ondes de surface reste du type

propagatif jusqu’à

T -

Tc > 0,80,

et la

précision

sur ’13 est bien

moins bonne que pour le

premier

échantillon. On obtient en effet :

Nous

projetons

actuellement de faire des mesures avec un four

plus perfectionné

permettant de

s’approcher plus près de Tc

afin d’avoir une meilleure

précision

sur

l’exposant critique

de n3 et étudier éventuellement l’influence de la

pureté

du

produit

sur cet

exposant.

3. Mesures dans la

phase smectique.

- Nous avons

fait des

expériences

dans le domaine de

température 0,1° Tc -

T 1°. Pour

T,,-

T > 1° le

rapport signal

sur bruit se

dégrade

à cause de la

présence

d’une

importante

diffusion

statique, probablement

attribuable aux défauts d’orientation dans la

phase smectique.

Nous avons obtenu pour q 1 H des spectres tout à fait

analogues

à ceux de la

phase

néma-

tique (cf. Fig. 1).

Pour

q // H

le spectre obtenu était

trop

étroit et nous n’avons pas pu déterminer sa

largeur.

Moyennant

certaines

hypothèses

que nous

justi-

fierons ultérieurement

[14]

nous avons calculé le spectre

théorique

et nous avons déduit des spectres

expérimentaux

pour q 1 H des valeurs de a et n2

égales

à celles de la

phase nématique près

de

Te

Nous

envisageons

de faire des mesures

plus près

de

7c

nous

prévoyons

que les spectres pour q

// H

seront moins étroits.

4. Conclusion. - Nous avons montré que le coef- ficient de viscosité n2 restait fini à la

transition néma- tique-smectique

A du

CBOOA,

et avait la même valeur

en dessus et en dessous de

Tc.

Nous avons mesuré

l’exposant critique

pour le coefficient n3 :

en bon accord avec la théorie de

champ

moléculaire.

Le

régime critique

pour le CBOOA se situerait donc dans la zone de

température

T -

Tr « 0,1°.

Nous

envisageons

de refaire ces mesures

plus près

de

T,,

afin d’améliorer la

précision

sur

l’exposant

x, et de

compléter

l’étude de la

phase smectique.

Remerciements. - Nous remercions J. Dubois de la

Thompson

CSF

qui

nous a

procuré

du CBOOA

très pur, et L.

Léger

pour de fructueuses discussions.

(3) Pieranski, P., Communication privée.

(5)

748

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