LA PRODUCTION DE CHALEUR CHEZ APIS MELLIFICA L. ( 1 )
M. ROTH
Qilite de la Recherche
scienlifi>iue
ettechnique
Outre-Mer,13on!!- (Seine)
SOMMAIRE INTRODUCTION.
CHAPITRE PREMIER.
i.
Principes expérimentaux.
2
.
Appareillage.
3
.
Pratique
del’expérimentation
-Établissement
des résailtats.4
. Correction concernant
l’apport
de calories dû à latempérature propre
ducorps
des abeilles.
5. Précision des mesures.
CHAPITRE II. -
ÉTUDE
OUAI,ITATIVE DES COURBES THERMIQUES OBTENUES.CHAI,EUR STATIQUE. CHALEUR AVEC MOUVEMENTS. CHALEUR « PULSÉE ».
i.
Di!érents aspects
de laproduction tlaermiq2ce.
2
. Mécanisme de la
thermogenèse.
Résumé du
chapitre
II.CHAPITRE III. - VARIATIONS DE I,A THERMOGENÈSE.
i. Abeilles en diverses conditions
physiolo,,z * qïtes.
a) Abeilles en
hivernage.
b)
Abeilles testées enpériode
de sécheresse.c) Modifications dues à
l’élevage
en cagettes.d) Production
thermique
suivantl’âge.
( 1
) Cette étude a fait l’objct d’une thèse de Docteur-Ingénieur soutenue le 5décembre 1964à la Faculté des Sciences de Pari,.
2
.
Influence
satr lathermogenèse et eflel
d’économiethermique
dugroupe.
a) Effet de
groupe.b) Formation de la agrappeo.
c)
liffet
d’Ùonomielhermi q ue
du !’0;</)f.3
.
Adaptation
de lathermogenèse
à latempérature
ambiante.4. A
beilles en conditions anormales.a et b) Abeilles anesthésiées.
c) Abeilles en t’0)i<f)!<!0</
Résumé du
chapitre
III.CHAPITRE - IV.
I
. Résultats obtenus
par res!r=YOmétyie.
2
. Produetion de claaleur en anaérobiose.
Résumé du
chapitre
IV.CONCLUSION GÉNÉRALE.
RÉSUMÉ.
BIBLIOGRAPHIE.
INTRODUCTION
Les abeilles
domestiques
ont faitl’objet
d’études détailléesdepuis l’époque
desphilosophes
et naturalistes del’Antiquité jusqu’à
nosjours,
où les recherches necessent de nous
apporter
multitudes de nouveautésplus surprenantes
les unes que les autres.Dans cet immense
domaine,
unpoint
fortimportant
nous semble avoir été unpeu
négligé :
celui del’origine
de la chaleurproduite
dans la ruche.De nombreuses
expériences
ont été réalisées pour mesurer latempérature
internedes ruches et ses variations
nycthémérales
et ses variations saisonnières. Vow FRISCH,entre autres, a
constaté,
sanstrop approfondir,
que latempérature
de la ruche avoi- sinaitpendant
la belle saison 35 à3 6 0 C près
des rayons à couvain. Il a vu que, partemps froid,
les ouvrières se rassemblaient sur ces rayons à couvain « pour leur fairecomme un lit de
plume
».Il est bien évident
qu’un
tel processus deprotection thermique
serait fort peu efficace s’il n’existait pas unepossibilité
deproduction
de chaleur chez l’abeille domes-tique
et c’est l’étude de cephénomène qui
n’avait pas étéjusqu’ici entreprise
defaçon
directe et
systématique.
Beaucoup
de chercheurs se sont intéressés à cesproblèmes
detempérature.
Ence
qui
concerne latempérature
des rayons àcouvain,
citons les travaux de GATES( I g I4
),
PHILIPS et DRMLJTH( 1914 ),
HESS!I92Cy,
HIMlBŒR( 193 1, IC!33!,
LINDAUER(
1951
,
I(!j2,I9j.!!,
WOHLGEMUTH( 1957 ),
etc. ,En ce
qui
concerne les travauxplus particulièrement
relatifs à latempérature
de la grappe
d’hiver,
citons ceux d’ARlB1BRUS1’ER( I9 22),
HIMMER(Ig2!),
HESS( I g26),
HERAN
(1952).
P
ARHON
( I gog),
FREE et BoTH( 195 8)
se sontrespectivement
intéressés au bilanrespiratoire
et à larégulation thermique,
nous avons fait à ces derniers de nombreuxemprunts
dans le cours de cette étude.Citons enfin les travaux de BRUNNICH
( 1922 )
et laremarquable
étude de 1&dquo;,SCH( 19 6 0
)
sur latempérature
interne du corps des abeilles et àlaquelle
nous auronsl’occasion de nous référer
plusieurs
fois au cours de cetexposé.
En 1953, R. CHAUVI)[ nous avait demandé de
reprendre
les études faites par HERAX sur le
thermopréférendum
des abeilles. Nous avions donc utilisé le!c tempera- turorgel
» construit par notre camarade I,.wWd’après
desplans
deHE RT E R , plans
très améliorés par CHAUVIN.
L’orgue
detempérature originel
secomposait
d’unerampe de cuivre chauffée à l’une de ses
extrémités,
refroidie àl’autre,
defaçon
àréaliser un
gradient thermique
continu. Les abeilles sontposées
sur ce trottoir et sefixent
théoriquement
aupoint
detempérature
recherchée. CHAUVINperfectionne l’appareil
en luiadjoignant
une voûte de rhodoïd rougequi
élimine la nécessité de travailler dansl’obscurité,
les abeilles restant tout aussitranquilles
dans ces condi-tions. Il lui
adjoint également
une voîitechauffante,
montrant alors que la direction des radiations est infinimentplus importante
encore à considérer que latempérature
du substrat. Les essais que nous avons faits avec cet
appareil,
nous ontpermis
de retrouver, à très peu de choseprès,
les résultats de Hxx.w. Nous avons pu recueillir des séries de choix detempératures comprises
entre 20 et4 <>°C.
Si l’onreporte
ces chiffres sur ungraphique indiquant
en abscisse le nombre d’abeillesqui
se sont fixéesen un
point
detempérature
donnée et en ordonnée cestempératures,
on obtient unecourbe de Gauss très
aplatie.
Les
caractéristiques
de cette courbe sont donc telles que les résultats nepouvaient
être donnés que dans des limites très
larges,
cequi
était loin de nous satisfaire.Supposant
que les abeilles sontcapables
deproduire
de lachaleur,
retrouvant ainsil’hypothèse
de CIESIEr,sKyet BRUNXICH( 1922 ),
nous avons enfermé une grappe d’abeilles dans une enceinte etplongé
au milieu un thermomètre. Dans cesconditions,
nous avons pu constater que,
systématiquement,
latempérature
au ccrur de la massed’abeilles se stabilise assez
rapidement
auvoisinage
de32 0 C, quelle
que soit latempé-
rature initiale de l’enceinte. Nous en avons conclu <lue cette
température
devaitcorrespondre
authermopréférendum
ou tout au moins à sa limite inférieure. Il y aévidemment certaines
précautions
àprendre
pour obtenir cesrésultats,
il ne faut pas parexemple
enfermer untrop petit
nombre d’abeilles dans une enceintetrop
vasteet
trop
froide. Si l’onprend
soin de veiller ainsi à ne pas demander aux insectes enexpérience
uneproduction
de chaleurqui
excède leurspossiblités,
on obtient trèsfacilement le
thermopréférendum
ou tout au moins latempérature qui paraît
luicorrespondre.
Ce chiffre corrobore les travaux de HERAX. Il est inférieur aux
3!, 36!
habituelle- ment cités par les auteurs, mais ces chiffrescorrespondent,
comme nous l’avonsdit,
à la
température exigée
par le couvain et non par les ouvrières.Cette méthode de mesure est donc basée sur le fait que les abeilles
peuvent
pro- duire desquantités
de chaleur trèsappréciables.
C’estpourquoi
nous avonscomplété
nos
expériences
par des essais de calorimétriequi
ont mis cetteproduction
en évi-dence.
CHAPITRE PREMIER
PRINCIPES
EXPÉRIMENTAUX -
APPAREILLAGE —.
ÉTABLISSEMENT
DESRÉSULTATS
SI.
Principes
e.B’/’f’’)’:M;f);<a;f.’B’Il existe divers
procédés
pourapprécier
uneproduction
animale de chaleur ; nous pouvons les classer en deux groupes : les méthodes directes, les méthodes indirectes.A. 31£lk<><1<s directes.
Elles consistent à
placer
dans des calorimètres les insectes à tester et à mesurer directement lesquantités
de chaleurproduites.
Ce sont ces méthodes que nous avons essentiellement utilisées.Il existe de très nombreux modèles de calorimètres : à eau,
a glace, électriques... simples
ou différen- tiels, etc., on peut les classer en deux types : a) les calorimètresadiabatiques qui
isolent aussi bien quepossible
le milieu interne du milieu externe et emmagasinent la chaleur produite que l’on mesure, et b) les calorimètresisolhermiques
dont le milieu interne est maintenu il une température déterminée ;on mesure alors
l’importance
duphénomène
physique qui est responsable de ce maintien de tempé-rature (fonte de la glace, effet PEI.’1’11,--R, etc.).
Nous traiterons dans le paragraphe «
appareillage
» destechniques calorimétriques
utilisées lors de nos travaux.B. l1Uthodes 1»<iireiies.
On peut, comme l’a fait ES(,11(r!6o), mesurer la température interne des abeilles et observer
ses variations suivant les circonstances
expérimentales. Compte
tenu de ladéperdition
de chaleurque subit le corps des abeilles, il est
possible
d’évaluer lesquantités
de chaleurproduites,
mais ceprocédé
est très imprécis car il faut apprécier la différence entre la température interne et la tempé- rature ambiante, l’état de repos oul’agitation, l’importance
des pertes parévaporation,
etc.La méthode indirecte la
plus
aisément utilisable consiste à mesurer la consommation enoxygène
et à établir le
quotient respiratoire
de l’insecte. C’est ce que l’nxHOV aentrepris
de faire en 1909. Ces travaux ont étérepris
par FxEE et BOTIIen ig.!8 ; citonségalement
SOTAVALTA(i 9 ; 4 ),
ALLE!(I959)! JûNGBLŒD et Wt>Jxsntn
(r 935 ),
BEUTLER (1936).Les résultats obtenus ont été souvent contradictoires et nous pensons ’1ce propos que ces diverses
expérimentations
ont sans doute été faites, sinon avec desappareils
insuffisammentprécis,
mais toutau moins
qui
nepermettaient
pas de faire face à toutes les conditionsexpérimentales
nécessaires à lacompréhension
du problème.Nous avons
repris
ces études en collaboration avec HEUSNKR au laboratoire dePhysiologie
deM. le PrKAYSER de la Faculté de Médecine de
Strasbourg.
Il ne nous
appartient
pas de décrire ici lesappareils
mis aupoint
par IIEUSNER, nous en donne-rons
cependant
leprincipe
fondamental décrit par KEaRFV(r95!-54)
et Rum..9NV et 11>;USVrx (r959)·
Les insectes à tester sont
placés
dans unrécipient
étanche contenant de la chaux sodée ou barytéeet
communiquant,
d’une part avec ungénérateur d’oxygène (voltamètre
à sulfate decuivre),
d’autrepart avec un manomètre contacteur. Ce dernier est lui-même relié à un vase compensateur, ce
qui
permet d’éliminer les variations de
pression
dues latempérature (voir fig.
i).L’ensemble est par ailleurs
placé
dans une enceinte maintenue àtempérature
constante.Lorsque
l’insecte consomme del’oxygène
etrejette
du CO2, ce dernier est immédiatement absorbé par la chaux et unedépression
seproduit
dans le manomètre.Le circuit est alors fermé.
Périodiquement
(toutes les 2ou 3minutes parexemple),
on laisse passer un courantélectrique
dans ce circuit ; il se
produit
alors un dégagementd’oxygène qui
diffuse vers le vase où estplacée
l’abeille.
Lorsque
cet apportd’oxygène
a compensé très exactement la consommation de l’insecte,le manomètre revient à sa
position d’équilibre
et le circuit est rompu.Il suffit donc de mesurer le temps de passage du courant
électrique pendant
la reconstitution del’atmosphère originelle
et de calculer laproduction d’oxygène correspondante
dans le voltamètre pour connaître laquantité
de gaz absorbée par l’insectependant
lapériode
de temps clioisie(dégage-
ment gazeux d’un voltamètre : 1 v
= !
ËX = -t 2/1 t X It).
Bous donnons ci-dessous l’une des courbe, obtenue lors de nos
expériences.
Chaque
bâtonnet de cethistogramme
représente la consommationd’oxygène
en ,; minutes. A lalongueur
en millimètres, on faitcorrespondre
un temps t, de passage du courant,d’après
des para- mètres établisexpérimentalement,
parétalonnage,
etqui
varient avec lesappareils.
On peut alors calculer la consommation
d’oxygène
grâce a la formule ci-dessus citée.Ces calculs sont évidemment assez
complexes,
on peut cependant les réaliser avec uneprécision
très satisfaisante.
Pour transposer les résultats obtenus en calories, il suffit de considérer
qu’un
litred’oxygène équivaut
environ à 5,o<> kilocalories.Nous devons faire observer :
t° que ce chiffre de ;.06 kilocalories est un chiffre
expérimental
moyen et ne valant d’ailleurs due pour les glucides (’).2
° que la
quantité
de calorics trouvée par ce calcul est valable au sensphysiologique
du terme,mais ne
correspond
pas obligatoirement, dans le moment del’expérience,
à un réeldé b agernertt
dechaleur.
Ainsi, dans son travail sur la température du corps des abeilles, H. ESCII, reprenant des mesures de JOIBCBI.ŒDet llur·_xsn:!, expose les calculs suivants :
Au moment de l’envol, la consommation
d’oxygène
est de r,4!o ml par minute et par grammed’abeille, ce
qui correspond
il : 5 , 06 X 1,4,! = 7,,,-l calories soit environ 0,i3.. calories par abeille et par minute.
laco déduit alors du chiffre obtenu o,oi calories nécessaires aux a
échanges organiques
»,puis
3à ¢ p. roo du reste sont
comptés
comme étant absorbés parl’énergie
du vol.Il reste alors o,6o calories effectivement transformées en chaleur.
(1) Lipides : 4,7- protiçles : a,5.
Ce chiffre, comme nous le verrons
plus
loin, est très fort par rapport à ceux que nous avons trou- vés par nos diverses méthodes, mais constatonsqu’il
est lié au casparticulier qu’est
l’envol, cas quenous n’avons pas étudié, en ce sens que nos essais intéressent essentiellement la
régulation thermique
de la ruche.
Remarquons
à ce propos que ce calcul fait intervenir lepoids
moyen d’une abeille, considéré icicomme étant 0,10 g. Ce chiffre nous paraît un peu faible.
l3eaucoup
d’abeilles que nous avonspesées
lors de nos essais accusaient le
plus
souvent unpoids
de o,ij,5 it o,r3j g. Il est vrai que nous avonspesé des abeilles en bon état
physiologiquc,
fraîchement tirées de la ruche.Signalons
toutefoisqu’après quelques jours passés
en cagettes de 100à 200individus, à l’étuve, abondamment pourvue.en sucre et en eau, le
poids
moyen des abeilles peut tomber cn 4àjours,
à 0.90, o,ooo g, mais ceci est unproblème
surlequel
nous reviendrons auchapitre
III.7!sCn
poursuit
le calcul de laproduction
de chaleur en évaluant ladéperdition
occasionnée par la circulation del’hémolymphe
du thorax vers l’abdomen(le
thorax étant considéré comme lesiège
de lathermogenèse).
Volume moyen
d’hémolyrnphe
circulant cher une abeille : 0,01 mm3(B ECTLER , 193 6).
Vitesse de circulation : minutes pour un circuit total.
Il passe donc, par minute, 0,005 mm3
d’hémolymphe,
cequi correspondrait
à unéchange
de0 , 005
calories par minute et par
degré thermique
de différence detempérature
entre thorax et ab-domen.
Il nous semble finalement que,
quoique
infiniment plus délicate, la méthode directe, éliminantles diverses évaluations ci-dessus décrites, est en définitive
plus
valable pour obtenir l’exactdégage-
ment de chaleur chez l’abeille
domestique.
§ z.
Apbareillage
_1. Le calorinrètre électrique de CAr,VE’r et PxAT.
Le calorimètre Cm.vFn-YxnT est un calorimètre
isothermique
deconception
trèsparticulière.
A l’inverse des calorimètres
classiques
chezlesquels
on recherche un isolementthermique
aussiparfait
que
possible,
on permet ici ledéplacement
de la chaleurproduite
de l’enceinte interne vers une en-ceinte externe, et c’est ce flux de chaleur que l’on mesure par des
procédés thermoélectriques.
Le
procédé
habituel pour effectuer de telles mesures consiste àdisposer
de deux calorimètresjumelés ;
dans l’un estplacé
le corps à tester et dans l’autre unsystème d’équilibrage,
parexemple
une résistance chauffante. Sur
chaque
enceinte est fixé unthermocouple
et ces éléments sont en oppo- sition et reliés à ungalvanomètre (voir fig.
3).Si l’on
place
un corps chaud dans lepremier
calorimètre,l’aiguille
dugalvanomètre
dévie. On la ramène au 0 en chauffant le deuxième calorimètre à l’aide de la résistance et lesquantités
de chaleuralors mises en jeu sont rigoureusement
égales
si l’on a soin de maintenir legalvanomètre
aupoint
mort.On peut alors calculer,
d’après
laquantité
de courantenvoyée
dans la résistance, laquantité
de cha-leur produite.
Dans le calorimètre CaLVE’r-PRaT, le rôle de ces deux éléments est tenu par l’enceinte interne
et l’enceinte externe, cette dernière étant maintenue à une
température
constante. Lephénomène
électrique
compensateur est ici inverse ; en effet, si lephénomène
mesuré estexothermique,
l’enceinteexterne doit être refroidie (CALVETutilise ici l’effet
l’eltier),
si lephénomène
estendothermique.
l’enceinte externe est réchauffée par l’effet Joute. CALVE’r et PRAT n’ont d’ailleurs pas cherché à obtenir une
compensation rigoureuse
duphénomène
mesuré, mais unecompensation
approchée,constante et bien inesurable ; la
partie
noncompensée (généralement
10p. 100) estenregistrée
et mesurée ; l’erreur finale n’atteint pas le IIIooo del’énergie
totale mise enjeu.
Nous donnons
ci-après
le schéma trèssimplifié (fig.
q) d’un élémentmicrocalorimétrique
du type 1’ian, c’est sur ceprincipe
que sont construits les calorimètres CALVET, avec de très nombreuxperfectionnements (signalons
parexemple
que la liaison entre les deux enceintes etqui
sert de pas- sage au fluxthermique
se fait par l’intermédiaire de 800à i ooocouples thennoélectriqucs,
reliés soit à une pile détectrice, soit à lapile d’équilibrage
(effet Peltier).L’ensemble du calorimètre est
placé
dans un bloc il températureréglable,
et le tout dans unepièce
climatisée. Précisons que ces calorimètres comprennenttoujours
au moins deux ensemblescalorimétriques
enopposition ;
ce montage différentiel permct de compenser les variations éventuelles du zéroexpérimental,
on ne produit en effetjamais
d’elfetsthermiques
dans l’enceinte témoin.Ces calorimètres sont d’une précision vraiment
remarquable
et d’une très grande sensibilité demesures. Les déviations
galvanométriqaes
sont d’ailleursamplifiées
par l’utilisation d’un faisceau lumineuxqui
se réfléchit sur le miroir dugalvanomètre
et est recueilli par des cellulesphotoélectri<lues
mobiles et
qui
suivent le spot dans sesdéplacements.
Undéplacement
de i/io de mm est enre-gistré.
Signalons
enfin que l’enceinte interne étant presque totalement recouverte par les thermocou-ples,
ils’opère
une véritableintégration
du fluxthermique
et il n’est pas nécessaired’homogénéiser
les
températures
l’intérieur del’appareil
comme avec les calorimètresclassiques.
Nous avons pu utiliser un tel calorimètre grâce à l’amabilité de MM. les Prs LE(;AY et NIGONde la Faculté des Sciences de I,von.
B. Les calorintètres Berthâot.
Il nous est apparu que les chaleurs mises en
jeu
dans la thermométrie des abeilles étaient tellesqu’il
n’était pas nécessaire(tout au
moins pour les groupessupérieurs
à 5 ou 6 insectes) dedisposer
de calorimètres extrêmement sensibles. Il reste bien entendu que l’étanchéité
thermique
devait enêtre aussi
parfaite
quepossible
pour que les erreurs soient bien inférieures aux variations individuelles deproduction
de chaleur des insectes mis enexpérience.
Il n’existait pas dans le commerce de calorimètres
simples
dont la taille convienne à nos travaux, aussi les avons-nous réalisés au laboratoire. ’Nos
appareils
sont du type Berthelot. Ils se composent d’unpetit
bac en matièreplastique
conte-nu dans un deuxième bac
plus grand ;
entre les deux estplacé
du coton cardé. Plusieurs thermomètres àtige
fine, typegrain d’orge,
traversent ces deux enceintes, l’un aboutissant dans la masseliquide placée
au fond du bac interne, les autres soit dansl’atmosphère
ducompartiment
réservé aux abeilles,soit dans
l’atmosphère
des autres chambres. I,e bac interne est en effet cloisonné par desparois métalliques qui
ont pour but de conduire, aussi vite quepossible
et aussi uniformément cluepossible,
la chaleur
produite
vers l’eau du bac interne.Nous avons été amenés, en raison de la variabilité du nombre des abeilles à tester, à construire des calorimètres de deux tailles différentes ; nous en
indiquons
les cotes ci-dessous :Il est
indispensable d’adapter
la taille du calorimètre au nombre des abeilles à tester carplusieurs précautions
doivent êtreprises :
- il faut mettre le moins d’eau
possible
à l’intérieur pour que les variations de sa températuresoient
plus appréciables,
mais il est bon que sa hauteur soit aussigrande
quepossible
afind’augmenter
rles contacts entre la masse
liquide
et ledispositif métallique
thermoconducteur.- il faut éviter
l’asphyxie
et autoriser une certaine liberté de mouvements mais il estcependant
nécessaire que le calorimètre ne soit pas trop
grand ;
on a en effet intérêt à limiter la valeur en eaupropre à
l’appareil
car les températures finalesn’w
sont pashomogènes,
et ceci occasionne des calculs de correction assezcomplexes.
Enfin, si l’on veutpouvoir apprécier
la température au sein d’unegrappe d’abeilles,
pendant
l’expérimentation, il faut que la taille de la chambre soit telle que les in- sectes nepuissent
pas trop sedisperser.
En ce
qui
concerne lesdispositifs métalliques
thermoconducteurs, ils nous ont donné entière satisfaction.Ils se composent d’une
plaque
rectangulaire formant une cloison verticale. Cette cloison est soudée à une rondellemétallique (qui épouse
le fond du bac interne) et porte une grille semi-circulaire horizontale formant leplancher
de la chambre aérienne réservée aux abeilles. Elle porteégalement
des
jambes
de forcequi rejoignent
laplaque
basale etqui
ont pour but de conduire les calories dansune direction
perpendiculaire
il celle de la cloison verticale.Ainsi, la chaleur
produite
par les abeilles est rapidement conduite vers l’eau du calorimètre etéquitablement répartie
dans la masseliquide.
Si l’on
place
un corps chaud dans lecompartiment
réservé aux insectes, on voit latempérature
de l’eau interne s’élever instantanément et d’une façon uniforme en différents
points
de la masseliquide,
ainsi que nous avons pu le constater grâce il différents thermomètres.Cette
disposition
permet d’éviterd’agiter
l’eau dans le calorimètre ; les mouvements debrassage
ayant pour effet de
perturber
les abeilles (’).Nous avons toutefois effectué
plusieurs
essais enagitant
l’eau du calorimètre et nous n’avons pas observé de différencessignificatives
entre les résultats de cesexpériences
et nos mesures habituelle.Comme nous l’avons vu, les températures sont lues à l’aide de
simples
thermomètres. Enprin- cipe,
il suffit d’unelégère
correction de lecture pour obtenir la température réelle, correctionqui
relève de la
profondeur
d’enfoncement du thermomètre dans le corps étudié etqui
est donnéepar la
formule :
IL nous est apparu très
rapidement,
que cette correction étaitnégligeable
surtout par rapportaux erreurs
apportées
par la présence même des thermomètres, le verre se révélant relativement bon conducteur de la chaleur pour des excès detempérature
assezgrands.
(’’est
pourquoi, après
avoir analysé dans le détail, lors de nospremiers
essais, l’évolution destempératures à l’intérieur de nos calorimètres, nous avons par la suite,
supprimé
laplus grande partie
des thermomètres, ne laissant subsister que ceux
indiquant
la température dans la masseliquide
etau sein de la grappe d’abeilles.
I)e
plus,
nous avonsplacé
le calorimètre dans une masse d’eau dont latempérature
est maintenueconstamment au même
degré
que celle de la masseliquide
interne. Ceciimplique
bien entendu un nsystème
d’échauffement doux et continu de cettepremière
masse. In excellent moyen consiste àreprendre
leprincipe
desdispositifs thermoélectriques
utilisés par ÏAYLOR et CRESCITELLI( 1937 )
pour leur microcalorimètre et dont nous donnons ci-dessous un schéma très
simplifié (fig.
8).Ces calorimètres se composent de deux vases aussi semblables que
possible.
Chacun d’eux contientune sonde
thermoélectrique
et une résistance chauffante suivant leprincipe
habituel de la mesuredes flux
thermiques
parcouples thermoélectriques
ainsi que nous l’avons exposéplus
avant. Undispositif électrique équilibre
en permanence la température des deux vases et un semblabledispo-
sitif est
prévu
pouréquilibrer
lestempératures
des vases et de l’enceinte. En cequi
nous concerne,( 1
) Ajoutons que l’agitation de l’eau produit par elle-même de la chaleur, mais cela ne peut perturber que des mesures de grandeurs extrêmement petites.
il
s’agit simplement d’équilibrer
la température de l’eau d’environnement et de celle contenue dans le bac interne. Nous nous sommes donc contenté deplacer
dans cette eau d’environnement, desrésistances électriques dont le contact est fermé ou rompu au gré de
l’expérimentateur,
celui-ci lisant directement sur les thermomètres A et B (voirfig.
7) lestempératures
àéquilibrer.
Nous avons pu constater d’ailleurs
qu’il
n’v avait pasd’échanges thermiques appréciables,
par l’intermédiaire des thermomètres,lorsque
la différence des températures entre les masses interneet externe n’excède pas i°C.
Nous avons tenté de
pallier
ces difficultés d’une autre façon par l’utilisation de sondes thermo- résistantes de trèspetite
taille. Cespièces métalliques
sontintégralement plongées
dans le milieu testé et necommuniquent
avec l’extérieur que par des filsgainés
de caoutchouc,imperméables
à touteinfluence externe.
Cependant, l’emploi
de ces sondes ne nous a pas donné satisfaction car les filsmétalliques
conducteurs apportent desperturbations
en libérant dans l’eau interne des calories enquantités
incontrôlables. Il faut veillerégalement
à ce que les ponts de Wheatstone ou lesmégohmètres
utilisés pour les mesures soient de
qualité
suffisante pour être fidèles.Ces calorimètres Berthelot présentent
l’avantage
d’être d’un maniement aisé et peuvent être facilement réalisés au laboratoire, comme nous l’avonsindiqué.
On peut leur fairequelques critiques :
1
° la
température
est variable au cours del’expérimentation
et les insectes testés ne se trouvent pas dans des conditions rigoureusement constantes,2
° les corrections
calorimétriques
sont délicates et apportent incontestablement un pourcentage d’erreurs trèssupérieur
à cequ’on
peut obtenir avec un calorimètreélectrique.
Quoi qu’il
en soit, euégard
auxquantités
de chaleur mises enjeu
et la brièveté relative desexpérimentations, ils nous ont permis des résultats d’une précision satisfaisante.
Nous avons essayé d’utiliser un autre type de calorimètre,
adiabatique également,
construit àpartir
d’un vase de Dewar.Il se compose donc d’un vase à double
paroi
argentée entrelesquelles
est réalisé un videpoussé.
Ce vase est
placé
dans unépais
manchon de coton cardé ou de laine de verre et obturé par unbouchon, lui-même recouvert d’un tampon thermo-isolant.
L’ensemble de ce couvercle étanche est percé par une
tige
de bois et un thermomètre àtige
fine typegrain d’orge.
Les abeilles sont
placées
dans un tubemétallique
d’un diamètre un peu inférieur à celui du vasede Dewar
( 30 mm) qui
estrempli
d’eau.Ainsi la
production
de chaleur, dont la diffusion se fait dans toutes les directions, peut être absorbée sans aucune latence à l’inverse de cequ’on pourrait reprocher
à nos calorimètres de type Berthelot. Comme la température estprise
seulement à lapartie supérieure
de l’eau, il faut, cette fois, brasser cette dernière. On le faitsimplement
et sans tropperturber
les abeilles enenfonçant
letube