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Reference
Numérique: pas assez de compétences
AMEZ-DROZ, Philippe René
Abstract
Étude de l'Office fédéral de la statistique sur les compétences numériques des Suisses en 2019 (publication: avril 2021). Critères d'évaluation: pas de compétences, compétences basiques, compétences plus que basiques. 31% des catégories d'âge de 35 à 55 ont des compétences plus que basiques.
AMEZ-DROZ, Philippe René. Numérique: pas assez de compétences. La Tribune de Genève , 2021
Available at:
http://archive-ouverte.unige.ch/unige:153300
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Date: 24.06.2021
Tribune de Genève 1204 Genève 022/ 322 40 00 https://www.tdg.ch/
Genre de média: Médias imprimés Type de média: Presse journ./hebd.
Tirage: 31'148
Parution: 6x/semaine N° de thème: 377.116
Ordre: 1094772 Page: 2
Surface: 28'704 mm²
Référence: 81067886
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Numérique: pas assez de compétences...
Planète Réseaux
D' Philippe Amez-Droz
Chargé de cours au Medi@lab
UNIGE
Quelles sont les compétences numériques des Suisses en 2019
et quelles sont les principales faiblesses observées auprès d'un
échantillon représentatif de 3000 personnes? Une étude pu- bliée en avril dernier par l'Office fédéral de la statistique le dé- taille et il vaut la peine de s'y pencher pour relever que l'arbre
de la connaissance numérique cache une forêt bien épaisse d'ignorance.
Intitulée sobrement «Répartition inégale des compétences numé- riques parmi les utilisateurs
d'internet en Suisse», elle per- met de définir plus précisément les compétences numériques en matière d'usage des technolo- gies de l'information et de la
communication. Ces compé- tences sont au nombre de
quatre: d'information, de com- munication, de résolution des problèmes et d'utilisation des lo- giciels pour la création. L'étude propose trois principales distinc- tions: pas de compétences, com- pétences basiques, compétences plus que basiques.
81% des personnes disposent de compétences qualifiées de «plus que basiques» en matière d'in- formation et 7% de basiques. Il
est vrai que les activités décrites comme des compétences infor- mationnelles consistaient à «co- pier ou déplacer des fichiers/
dossiers, utiliser de l'espace en ligne pour la sauvegarde de do- cuments, images, musique, vi- déo, chercher de l'information administrative ou relation avec la santé», notamment. Pas d'in- formation au sens journalis- tique. Rien que du basique.
La définition de la compétence de communication relève aussi d'aptitudes sommaires: envoyer ou recevoir des mails, utiliser des applications telles que Skype ou WhatsApp, participer à un réseau social ou mettre en ligne du contenu généré par soi- même. Là aussi, la population observée rassure, avec 16% de compétences basiques et 75% de plus que basiques. Des taux as- sez proches en ce qui concerne la résolution des problèmes avec, respectivement, 17 et 70%.
Ces problèmes consistaient à:
acheter ou vendre quelque chose en ligne, transférer des fi- chiers, installer des logiciels ou des applications, suivre un cours en ligne, faire de l'e-banking, etc. Du basique, encore.
Dernière compétence étudiée, l'utilisation de logiciels pour la création: traitement de texte, Excel, édition de contenus pho- tos ou vidéo, création de pré- sentations, codage, programma- tion. Les personnes recensées comme disposant de compé- tences basiques s'élèvent à 21%, contre 55% plus que basiques et... 17% qui n'ont aucune com-
pétence. Sans surprise, l'âge, l'éducation et la catégorie pro- fessionnelle permettent d'identi- fier les personnes à plus faibles
«L'enquête se révèle très utile pour saisir
l'importance du travail de formation continue nécessaire
aux générations actives, entre 25 et 55 ans.»
compétences numériques. Le statut migratoire, la situation fi- nancière du ménage et le nombre d'enfant(s) dans le mé- nage sont aussi pris en considé- ration. Ainsi, un ménage sans enfants de moins de 16 ans pré- sentera plus de risques de faibles compétences numé- riques (21%) qu'un ménage avec au moins un enfant (15%).
L'enquête se révèle finalement très utile pour saisir l'impor- tance du travail de formation continue nécessaire aux généra- tions actives, entre 25 et 55 ans, pour ne pas décrocher d'un marché du travail fortement di- gital. 31% des personnes obser- vées dans ces tranches d'âge présentent de faibles compé- tences numériques. Les facteurs de risque sont identifiés et leurs origines, dans la population suisse, soulignent d'indéniables inégalités. En a-t-on vraiment conscience?