FACULTÉ DE MÉDECINE ET DE PHARMACIE DE BORDEAUX
ANNÉE 189S-S7 N» 31
ESSAI
u
THÈSE POUR LE DOCTORAT EN MÉDECINE
présentée et soutenue publiquement le 9 Décembre 1896
PAR
Jean FONTET
Né à Gornac (Gironde), le 5 juillet 18G".
Examinateurs de laThèse
MM. DE NABIAS, FERRÉ, MESNARD, CASSAËT,
professeur.... Président.
professeur.... i
agrégé ) Juges.
agrégé 1
Le Candidat répondra aux questions qui lui serontfaites sur les diverses parties de l'Enseignementmédical.
BORDEAUX
IMPRIMERIE Y. CADORET
17 RUE MONTMÉJAN 17
1896
FACULTÉ
DEMÉDECINE
ET DE PHARMACIE DE BORDEAUXM. PITRES
Doyen.
MM. MICE. .
AZAM
PROFESSEURS :
Professeurs honoraires.
Cliniqueinterne.
Clinique externe
Pathologieinterne.. .. Pathologieetthérapeu¬
tiquegénérales
Thérapeutique
Médecineopératoire.. .
Clinique d'accouchements
Anatorniepathologique
Anatomie
Anatornie générale et histologie
MM.
PICOT.
PITRES.
DEMONS.
LANELONGUE.
nu pu Y.
VERG EL Y.
ARNOZAN.
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MoUSSOUS.
COYNE.
BOUCHARD.
VIAULT.
Physiologie Hygiène Médecinelégale Physique
Chimie
Histoire naturelle Pharmacie Matière médicale
Médecine expérimentale.. . Clinique ophtalmologique..
Clinique des maladies chirurgicales
desenfants
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LAYET.
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BERGONIE.
BLAREZ.
GUILLAUD.
FIGUIER.
deNABIAS.
FERRÉ.
BADAL.
PIÉCHAUD.
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AGRÉGÉS EN EXERCICE :
section de médecine (Pathologie interneetMédecine lëyale).
MM. MESNARD.
CASSAET.
AUCHÉ.
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Le DANTEC.
Pathologieexterne
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CHAMBRELRNT.
Anatomie.
section des sciences anatomlques et physiologiques
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section des sciences physiques
Physique MM. SIGALAS. I Pharmacie ChimieetToxicologie.. DEN1GÈS. |
COURS COMPLÉMENTAIRES :
Cliniqueinterne desenfants MM.
Cliniquedes maladiescutanéesetsyphilitiques Clinique desmaladiesdes voies urinaires Maladies dularynx,desoreilles etdunez
Maladies mentales
Pathologie externe Accouchements Chimie
LeSecrétairede la Faculté: LEMAIRE.
M. BARTHE.
MOUSSOUS.
DUBREUILH.
POUSSON.
MOURE.
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DENUCE.
RIVIERE.
DENIGÈS.
Pardélibérationdu 5 août 1819,la Facultéaarrêtéqueles opinions émisesdans les Thèses qui lui sont présentées doivent être considérées comme propres à leurs auteurs, et qu'elle n'entend leur donner ni approbation ni improbation.
A mon Président de thèse,
Monsieur le Docteur de NABIAS
Docteur ès-sciences.
Professeurdematièresmédicalesàla Faculté de médecine de Bordeaux, Officier de l'Instruction publique.
ESSAI
SUR
LA LITHIASE INTESTINALE
INTRODUCTION
Les calculs intestinaux sont connus depuis fort longtemps;
cependantnous ne trouvons
dans la littérature médicale
aucuntravail d'ensemble à ce sujet : les traités de pathologie sont
muets sur ce point et,dans les
traités d'anatomie pathologique,
les entérolithes sont à peine signalés. Tout ce que nous savons
aujourd'hui sur eux
consiste
endes faits isolés, perdus
pourainsi dire au milieu des innombrables publications des feuilles périodiques.
Les calculs du rein, de la vessie,du foie, des amygdales, des
poumons même ont
été l'objet de minutieuses recherches et
ont été décrits dans des ouvrages spéciaux. Ceux de l'intestin
sontmal connus; onles confond souventavec ceux qui
viennent
du foie ou même avec des coprolithes.
Sans doute, la plus grande fréquence
de
cetteaffection chez
les animaux, particulièrement
chez les solipèdes,
afait faire à
la médecine vétérinaire plus de progrès en cette
matière. Colin,
Furstemberg, Saint-Cyr, Goubaux, etc., ont
longuement insisté
sur les œgagropiles et les bézoards; ils se sont appliqués à étu¬
dier non seulement leur structure, mais le siège et le mode de leur formation.
Nous croyons avoir cependant des faits assez nombreux dans la pathologie humaine pour donnerune description satisfaisante
decet état morbide et pour nous risquersur le terrain de l'étio-
logie et de la pathogénie; nous pensons, en un mot, que la
lithiase intestinale mérite droit de cité dans le cadre nosogra-
phique.
Loin de nous la prétention de faire une étude complète de
cette question encore pour ainsi dire à l'état embryonnaire.
Nous voudrions simplement appeler l'attention des praticiens
sur une affection peu connue parce qu'elle a été peu cherchée.
Nousy avons été conduit et encouragé par les conseils de notre bienveillant ami, M. leD' Mongour, médecin des hôpitaux. Qu'il reçoive nos plus sincères remerciements. Nous n'oublierons
jamais sa gracieuse amabilité.
Nous sommesheureuxqu'unusagetraditionnel nouspermette
de remercier publiquement tous nos maîtres de l'hôpital ou de
la Faculté qui ont su nous inspirer l'amour de la médecine et ont contribué à notre instruction médicale.
Nous devons un témoignage tout particulier de gratitude à M. le professeur agrégé Cassaët, à M. le professeur Piéchaud,
à M. le professeur Vergely, à M. le Dr Dubourg, à M. le Dr Rondot et à M. le Dr Martin du Magny.
M. le professeur de Nabias nous fait le très grand honneur d'accepterla présidencede cette thèse.Qu'ilveuille bien agréer l'hommage très respectueux de nos sincères remerciements.
HISTORIQUE
Si nous voulions étendre noire étude à toutes les concrétions calculeuses de l'intestin, corps étrangersou autres, évidemment
nous aurions à remonter bien haut dans l'histoire de la méde¬
cine, mais si nous nous bornons à signaler les calculs d'origine purement intestinale, nous trouvons d'abord le professeur Ehremberg qui a observé des petits cristaux microscopiques
de phosphate calcaire dans le méconium de nouveau-nés; d'où
il conclut qu'on peut aussi les rencontrer chez les adultes. On
trouve encore toujours des cristaux de cliolestérine dans le méconium; on sait, en effet, qu'ils sontun moyen de diagnose
dans les expertises médico-légales.
Le professeurSchœnlein de Zurich (Archives de Millier, 1836)
annonça que, dans une épidémie de typhus abdominal qui régna à Zurich en 1835, il avait trouvé dans les fèces d'un
malade un grand nombre de cristaux microscopiques, com¬
posés surtout de phosphate et de sulfate
de chaux,
etd'un sel
de soude. Un peu plus tard même, il affirma, à cause de leur
extrême fréquence chez les malades atteints de typhus, qu'il
y voyait un élément de diagnostic de cette
maladie;
lescris¬
taux ne se rencontreraientjamais pour lui ni dans l'état de santé, ni dans d'autres maladies.
Millier, qui dirigea son attention sur ce point, en trouva dans
des autopsies diverses, chez des
individus dont l'intestin était
sain.
En 1838, O'Brian Bellinghan, chirurgien à l'hôpital Saint- Vincent, découvrit un nombre considérable de cristaux dans
les fèces contenues dans l'intestin d'un individu mort d'une
pleuro-pneumonie compliquée de gastrite.
«Dans les matières
— 10 —
qui remplissaient le côlon, dit-il, je trouvai des cristaux en
quantité énorme, parfaitement réguliers (bien qu'ils n'eussent
pas un tiers de ligne de longueur). Ils étaientblancs, quelques-
unsjaunâtres à leur surface, teints par les matières du côlon :
leur forme était un prisme mince à quatre pans, terminéspar |
des pyramides à quatre côtés, à bords et angles parfaits ». Il
fait remarquer qu'à ce niveau la muqueuse de l'intestin n'était pas ulcérée. L'analyse chimique montra qu'ils étaient composés
de phosphate ammoniaco-magnésien.
Dans le The Dublinjournal de la même année, le docteur Harrison donne la description de quelques petits cristaux pris¬
matiques trouvés par lui dans le péritoine enflamméd'individus apportés à la salle de dissection. Ils étaient formés de phos¬
phate ammoniaco-magnésien. Nous trouvons ces cristaux de l'intestin également signalés dans l'ouvrage de Bizzozéro, inti¬
tulé
Microscopie
clinique. On pourrait rapprocher de ces faitsceux signalés par Wirchow : il a décrit sous le nom de grains calcaires, une altération consistant en une infiltration calcaire de la muqueuse stomacale et des glandes qui sont contenues
dans l'épaisseur de l'estomac. P
Les Archives générales de médecine renferment des observa¬
tions éparses de concrétions intestinales; mais les auteurs ont confondu dans leurs descriptions tous les calculs de l'intestin
quelsque soient leur provenance et leur mode de formation; ce
sont pour la plupart des calculs biliaires, des noyauxdefruits,
des œgagropiles provenant de caryopses d'avoine, des matières
ligneuses, des coprolithes ou matières fécales durcies, des cal¬
culs venus du vagin ou de la vessie et divers autres dont la nature n'est pas indiquée.
En 1854, Cloquet établit une distinction entre les calculs du
« canal alimentaire ». Il les divise en deux classes : la première comprend lesentérolithes chez l'homme (bézoards des animaux),
« résultat les uns et les autres d'un dépôt de matière calcaire fournie parles parois de l'intestin »; laseconde classe embrasse tous les agrégats de matières étrangères (poils des animaux ou
des végétaux,sables, matièrespurulentes diverses, médicaments,
calculs biliaires). Un des premiers, il avance que l'état patholo¬
gique des membranes muqueuses peut déterminer le dépôt de
môme nature que ceux qui se produisent normalementchezcer¬
tains animaux(œufs, mollusques, crustacés);mais cesconcrétions
demandent toujours, selon lui, pour se former, un noyau primi¬
tif constitué par des corps étrangers, tels que épingle, pessaire, sonde, boule de cire, etc. L'année suivante, dans un Mémoire déposé au bureau de l'Académie, il reprend ces mêmes idées.
IIuss et Mosander, dans le Muséum ancitomicum Holmensie (1855), rapportent une curieuse observation d'un calcul intesti¬
nal qui mesurait 17 cent, sur 6 centimètres. C'est un des plus
volumineux qui aient été signalés; il remplissait le caecum et l'appendice vermiforme. Entraient dans sa composition des
caryopses d'avoine et des éléments minéraux et organiques.
En 1873, Laboulbène crée l'expression de sable intestinal
pour désigner une matière sableuse trouvée par lui dans l'in¬
testin de six malades dont il relate les observations. Pour lui,
cette matière sableuse proviendrait du dehors et s'observerait
dans les garde-robes des malades atteints d'affections aiguës : elle « parait se former à la suite d'une alimentation trop exclu¬
sivementvégétaleetpar l'ingestion inaperçueoupeut-être volon¬
taire de particules siliceuses ». Ces substances ingérées forment
des noyaux et autour d'eux comme centre, se déposent des
couches azotées ou du phosphate ammoniaco-magnésien.
L'année suivante, nouvelle observation de sable intestinal de
M. V. Bioggi (de Porto-Rico).
Puis, suit celle deM. Marquez (d'Hyères). Il s'agit d'une femme
de 48 ans qui, avecdes glaires plus ou moins épaisses et par¬
fois sanguinolentes, rendait du sable dans ses selles.
L'auteur fait remarquer que l'alimentation de cette malade
était purement animale et que l'on ne peut soutenir pour ce cas, avec Laboulbène, l'origine végétale du sable intestinal. De
là à émettre, avec M. Dieulafoy, l'idée d'un catarrhe lithogène,
il n'yavait plus qu'un pas.
Cet auteur, eneffet, dans sa célèbre communication sur l'ap¬
pendicite, oùil fait table rasede la typhliteet de la pérityphlite,
i
]2
propose la dénomination de lithiase appendiculaire pour la genèse des calculs de l'appendice, par analogie avec la lithiase urinaire ou biliaire. « Il est, dit-il, lin fait acquis, c'est que l'ap¬
pendicite dite calculeuse est associée à un processus de lithiase i
appendiculaire, comparable dans sa genèse auxautres lithiases.
Il avait été précédé dans cette voie par Rochaz (de Lausanne)
dont nous rapporterons quelques observations. Ce dernier avait
déjà battu en brèche la théorie de Talamon d'après laquelle les
calculs arrivent tout formés dans l'appendice; il avait essayé de
démontrer que les calculs intestinaux ne peuvent passer à tra¬
vers l'orifice appendiculo-caecal et que les calculs se forment dans l'appendice lui-même; il n'avait pas parlé de la patho¬
génie.
Cette même année, M. Mongour (de
Bordeaux)
présente uneremarquable observation de lithiase intestinale survenue chez
une jeune femme. Et aussitôt, l'attention étant éveillée de ce
côté,apparaissent deux publications de M. A. Mathieu (de Paris)
sur ce sujet etune de M. Oddo (de Marseille) que nous publie¬
rons dans le cours de ce travail.
Avant d'entrer dans le cœur de notre sujet, nous tenons à
préciser surquelles espèces de calculs intestinaux nousdésirons faire porternotre étude; notre intention n'est point de décrire
toutes les concrétions de l'intestin; tout le monde sait combien grand en est le nombre et notre travail ne présenterait pas les
caractères d'actualité qu'il comporte. Nous avons parlé, dans le
cours de
l'historique,
de la classificationproposée par Cloquet;nous croyons qu'on pourrait établir la suivante :
Les concrétions intestinales pourraient être divisées en trois
grandes classes : la première embrasserait tous les agrégats
de matières étrangères venant du dehors, tels que poils des
animaux ou desvégétaux ayant résisté au travail de la digestion
et s'aggiutinant pour former des œgagropiles; corps étrangers,
dents, noyaux de fruits, terre ou sable ingérés par les aliénés, -c,
biscuits, matières stercorales durcies c'est-à-dire coprolithes
oucopromes, comme veutles désignerM. Démons, boules grais¬
seuses, caséeuses chez les sujets qui suivent le régime lacté.
%
— 13 —
La seconde classe comprendrait tous les calculs formés dans l'organisme, mais en dehors de l'estomac ou de l'intestin (cal¬
culs biliaires les plus fréquents, calculs pancréatiques, calculs
4 amygdaliens ou bronchiques déglutis, calculs vésicaux ou vagi¬
naux dans le cas de fistules vésicoou vagino-rectales).
Dans la troisième classe rentreraient tous les calculs formés dans l'intestin lui-même, cntérolithes chez l'homme, bézoards
chez les ruminants indigènes, résultant les uns et les autres d'un dépôt de matière calcaire fournie par l'intestin.
Ici nous établirons une subdivision:d'un côté ceux constitués par un dépôt de matières sécrétées par 1a. muqueuse intestinale
autour d'un noyau comme centre d'origine et ceux qui sont produits de toutespièces par une sorte de catarrhe lithogène de
l'intestin.
Nous allons, en effet, essayer de démontrer que la muqueuse de cet organe peut, sous des influences pathologiques diverses,
donner naissance à des concrétions semblables,au point de vue de leur genèse, à celles qui se forment dans le foie, les reins,
les glandes salivaires, le pancréas, les bronches, etc.
P Nous ne nous occuperons donc que des concrétions réelle¬
ment formées dans l'intestin, sans noyau du moins apparent ou
peut-être ayantpour noyau des débris de la muqueuse intesti¬
nale, ou plutôt des restes organiques provenant probablement
des lésions de cette muqueuse, en un mot de celles appartenant
à la deuxième catégorie de notre troisième classe,
i Nous diviserons notre sujet de la façon suivante : Unpremier chapitre sera consacré à l'étiologie.
Dans unsecond chapitre nous ferons la description de la ma¬
ladie avec ses principaux symptômes : signes physiques, signes généraux et signes fonctionnels.
Dans le chapitre trois, nous donnerons l'analyse aussi dé¬
taillée que possible des calculs; cette tâche nous sera facile
. puisque, dans les observations rapportées, elle a été faite avec
V . ...
le plus grand soin; un point bien intéressant à connaître, selon
nous, restera à élucider; c'est l'état de la muqueuse intestinale;
il serait, en effet, très important de noter concurremment avec
v
- 14 —
la présence de ces graviers du canal alimentaire, l'état de la muqueuse à leur niveau; nous ne pouvons l'établird'une façon catégorique puisque aucune autopsie n'a été faite, du moins à notre connaissance, dansce processus morbide; nous essayerons
d'y suppléer en rappelant les lésions observées dans les affec¬
tions concomitantes. Nous terminerons par une étude compa¬
rative des divers calculs de l'organisme.
La pathogénie fera l'objet du chapitre IV.
Dans le chapitre V, le diagnostic sera discuté.
Nous envisagerons au chapitre VI les complications, ladurée,
la terminaison de cette lithiase; le pronostic yseraétablid'après
les observations recueillies.
Dans le chapitre VII, nous ferons découler le traitement de lapathogénie et nous tirerons des conclusions générales.
CHAPITRE PREMIER
ÉTIOLOGIE
Les causes écologiques de la lithiase intestinale paraissent
tenir au sexe, à l'âge, à la constitution du sujet, à certains trou¬
bles des fonctions digestives, en particulieràl'alimentation et à la constipation, au genre de vie, aux maladies antérieures.
Ce processus morbidepourrait se produire à tout âge, même pendant la vie intra-utérine, puisque le professeur Ehremberg
a rencontré des cristaux dans le méconium des nouveau-nés. Il
se rencontre plus souvent chez l'adulte qu'à toute autrepériode
de la vie; la plupart des cas ont étéobservés entre 25et 50 ans ;
en dehors decettepériode, il diminuenotablement defréquence;
nous n'avons pas de cas publiés au-dessous de 25 ans, si ce n'est ceux qu'on a signalés chez le fœtus et ceux d'appendicite calculeuse, plus fréquente peut-être chez les enfants. Cette
maladie devient rare au-dessus de 50 ans.
Le sexe féminin y paraît particulièrement prédisposé; les sujets qui ont fait l'objet des dernières publications sur le sable intestinal,sontpresque tous des femmes dansles observations de
Laboulbène; nousnerelevons cetteaffectionquechez deux hom¬
mes. Il faut sans doute rechercher la cause de cette plus grande fréquence dans l'entérité muco-membraneuse qui s'observe de préférence chez la femme, peut-être aussi dans le tempérament
nerveux. Cette constitution, en effet, ne parait pas tout à fait étrangère àla lithiase intestinale : nous voyons plusieurs hysté¬
riques, des névropathes, des gens présentant des tares ner¬
veuses héréditaires, atteints de cette affection.
L'influence du système nerveux peuts'expliquer par les trou¬
bles circulatoires qui surviennent du côté de l'intestin à la suite
deperturbations apportées à l'innervation de cet organe. Une
— 16 —
émotion, un léger surmenage intellectuel peuvent amener du désordre dans ses fonctions. On connaît, en elfet, les phénomè¬
nes diarrhéiques survenus parfois chez les candidats au mo¬
ment des examens; on cite encore les cas de constipation opi¬
niâtre desjeunes gens cjui préparent un concours.
Cette fatiguedu système nerveux existe sous une autre forme chez les névropathes qui présentent de l'épuisement nerveux, comme en témoigne l'élimination de certains excréta, notam¬
ment des phosphates.
Ce serait ici le moment de rappeler les diverses diathèses rhu¬
matismales, goutteuses, arthritiques; mais nous en parlerons à l'article pathogénie.
La constipation favorise également la production des calculs
probablement par la rétention des matières fécales qui finissent
par irriter, grâce à leur contact, les parois de l'intestin.
Une alimentation grossière, composée surtout de végétaux, aurait, pour Laboulbène, uneinfluenceincontestable : « Le sable
intestinal, dit-il, parait se former à la suite d'une alimentation
trop exclusivement végétale, par l'ingestion de particules sili¬
ceuses ».
Les professions ne sont pas signalées dans la plupart des observations; nous ne pouvons, par conséquent, les faire inter¬
venir comme facteurs étiologiques qu'avec certaines réserves :
cependant nous sommes porté à croire que les professions sé¬
dentaires, n'exigeant aucun exercice physique et favorisant par conséquent la constipation, doivent entrer en ligne de compte parmi les données étiologiques de la lithiase intestinale.
Les maladies antérieures fournissant peut-être des causes moins variées que les précédentes, sont à coup sûr plus impor¬
tantes et mieux analysées.
Si l'on a rencontré des cristaux dans des intestins présentant
une muqueuse saine, ce sont des trouvailles d'autopsie (Muller,
Arch. gén. de méd., 1839) et peut-être l'intestin n'a pas été
examinéassez attentivement. Nous trouvons habituellementdans les antécédents des malades quelque affection aiguë ou chro¬
nique portant surtout son atteinte sur le tube digestif.Ainsinous
- 17 -
pouvons signalerparmi les
maladies infectieuses le typhus et la
fièvre typhoïde; nous avons suffisamment
insisté
àl'historique
sur les nombreux cas duprofesseur Schoenlein (de Zurich), et
sur l'importance qu'il y attachait; la
malade
deM. Mongour
avait subi une atteinte de dothiénentérie. Mais au-dessus de
toutes ces causes prédisposantes, prédomine un
élément bien
plusimportant, selonnous;lalithiase intestinale
nesemble
passeulement un accident isolé, simple effet d'une hygiène défec¬
tueuse comme le veut Laboulbène; elle est unie à un étatmor¬
bide qu'elle accompagne constamment :
la gastrite et surtout
l'entéro-colite sont ses compagnes habituelles, comme nos recherches nous ont permis de le constater.
Nous
voyons en effet la plupart des malades de Laboulbèneatteints de
cesdeux
affections; la malade de M. Marquez a été atteinte de«
diarrhée
dysentérique à laquelle asuccédéuncatarrhe chronique du
grosintestin avec fluxions périodiques,irrégulières et
parfois hémor-
rhagiques » et d'un étatdyspeptique tel qu'elle pouvait à peine
supporter le laitage, le
bouillon
et un peude viande blanche.
Celle de M.Mongouravait éprouvémanifestement
des
symptômesd'entérite muco-membraneuse. Les deux sujets de M. Mathieu
souffraient depuis longtemps du ventre et
rendaient des selles
glaireuses avec des fausses membranes.
Celui de M. Oddo avait
toujours éprouvé des accidents
douloureux du côté de l'intestin;
il se rappelle toujours
avoir
eudes coliques
seterminant
pard'abondantes évacuations. Une question pourrait peut-être se poser ici : Quelle est celle
des deux affections qui précède
l'autre? La lithiase intestinale est-elle primitive ou secondaire?
N'est-ce pas elle qui,
déterminant des phénomènes d'irritation,
amène l'inflammation de la muqueuse
intestinale? Cette évolu¬
tion peut se présenter
peut-être quelquefois, mais le plus
sou¬vent nous voyons l'entérite
précéder de longtemps les concré¬
tions de l'intestin. C'est donc l'entérite muco-membraneuse qui apparaît la première,
c'est elle
que nousplaçons
aupremier
rang des agents
étiologiques de la lithiase intestinale. Nous
verrons dans un article suivant quelle part elle
prend
et com¬ment elle intervient dans la genèse de cette affection.
Fontiît 2
CHAPITRE II
S Y M P T0M A T0L0 GI E
La svmptomatologie des calculs intestinaux se résume à peu
près complètement dans l'existence d'un seul signe physique : constatation de visu de calculs émis en même temps que les matières fécales. Quelques malades (il doit même en exister
beaucoup
qui n'ont pas de raison pour regarder attentivement leurs selles) n'ont été avertis de la présence d'entérolithes quepar le bruit fait par eux en tombant dans Je vase. Cloquet a
signalé plusieurs fois cette particularité.
C'est qu'en etfet il n'existe pas (du moins les observations
que nous avons pu étudier nous permettent de
l'affirmer)
de signes fonctionnelspropres àla lithiase intestinale. Par analogieaveclacolique hépatique et la colique néphrétique, on pourrait décrire une colique intestinale calculeuse, mais cette colique
calculeuse n'est en somme que l'expression symptomatique de l'entérite muco-membraneuse; cela est si vrai, que chez quel¬
ques malades atteints delithiase intestinale sans entérite, on ne trouve pas le syndrome colique. Toutefois il faut enexcepter les
cas où un calcul se trouve inclus dans l'appendice vermiforme;
on peut voir éclater alors tous les accidents propres à l'appen¬
dicite et relevant de la contracture de l'intestin; mais rien ne nous permettra d'affirmer que nous sommes en
présence d'un calcul intestinal tel que
nous l'avons défini.
Comme le reconnaît Cloquet, pour que les entérolithes pro¬
duisent des troubles fonctionnels, ils faut qu'ils aientun certain volume ou qu'ils soient placés au niveau d'une partie rétrécie de l'intestin, et encore la valeur de ces signes fonctionnels est-
elle toute relative. Cloquet, en effet, parle de douleur
fixe,
pro¬fonde, d'un poids comprimant les viscères,
d'une corde étrei-
gnant l'abdomen.
Dans d'autres observations, certains détails plus précis au¬
raient pufaire penser àl'existence de
calculs intestinaux
:ainsi
la malade de M. Mongour accusait la sensation « d'une
multi¬
tude da graviers qui se promenaient dans son ventre »
tantôt
remontant le long du gros intestin, tantôt
redescendant suivant
un trajet inverse. La malade observée par
M. Oddo, accusait
une sensation d'évacuation de terre; mais les cas dans lesquels
on a pu observer ces symptômes en quelque sorte
révélateurs
sont extrêmement rares, puisque nous n'en pouvons
signaler
que deux. Ajoutons qu'étant donné le caractère
des malades
présentant de la lithiase intestinale, on est
sujet
àentendre la
description des phénomènes les plus étranges et sur
lesquels il
estimpossible d'établir undiagnostic.
Cloquet signale encore des hoquets,
des vomissements
mu-queux et bilieux, quelquefois mélés de sang;
il
y adans
ces symptômes une preuve d'irritationpéritonéale,
peut-êtremême
l'indice d'une obstruction intestinale au début, mais rien qui permette d'affirmer l'existence
d'un calcul. Quant
auxselles
diarrhéiques, séreuses, sanguinolentes, alternantavec une cons¬
tipation opiniâtre etmentionnéespar le même auteur,
elles sont
symptomatiques d'une lésion de la muqueuseintestinale dont la
cause estbien rarementun calcul.
Les symptômesgénéraux ne sont pas plus
précis
:si
on setrouve enprésence d'un malade atteint de typhus ou
de
touteautremaladie infectieuse, rien ne permetdepenseràl'existence possible d'un calcul;
si,
commec'est le
casle plus général, le
malade estporteurd'uneentérite
muco-membraneuse, les
symp¬tômes généraux sont ceux de la neurasthénie, compagne
habi¬
tuelle de cette affection.
En résumé, il faut reconnaître, comme nous l'avons
dit
au début de cettesymptomatologie forcément courte, que pouraffir¬
mer l'existence d'un calcul, il faut l'avoir vu. Si les médecins
avaient l'attention plus fixée sur cette
affection, bien des
casn'échapperaient pas à leur observation, et nous sommes con¬
vaincu qu'il suffirait de faire tamiser les selles des malades atteints d'entérite muco-membraneuse ou de colique de cause
inconnue, poury découvrir fréquemment soit du sable, soit des calculs intestinaux.
CHAPITRE III
ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Nous éliminerons tout d'abord les lésions de l'intestin qui peuvent coexister avecla
lithiase.
Ces lésions sont le plus souvent celles
de l'entérite
muco-membraneuse et que l'on trouve
décrites dans les communica¬
tions de Siredey etde Guyot à la
Société médicale des hôpitaux
1868,etdans lestravauxconsacrés par
G. Sée et Potain à l'étude
de cette question (1).
Du reste, malgré ces travaux, l'opinion
n'est
pasdéfinitive¬
ment fixée sur la nature de la maladie, précisément parce que l'on a rarement l'occasion de faire l'autopsie des malades qui
en sont atteints, ce qui tend àprouver que
les lésions sont très
superficielles. Nousn'indiquerons
pasdavantage les lésions de
l'appendice
iléo-csecal
; ceserait sortir de notre sujet.
Nous n'étudierons donc que le calcul seul. A l'état
de
santéet à l'étatpathologique, on
observe dans les selles
nonplus des
calculs mais des cristaux décrits par Bizzozero (2). « On trouve
» d'habitude dans les selles en grande abondance, des cris-
» tauxde phosphate
ammoniaco-magnésien;
ceséléments sont
» dedimension très variable, et les plus grands sont souvent
» brisés, surtout si l'on a pressé sur
le couvre-objet
pour» étendre la substance à examiner.
« Nothnagel a trouvé
parfois dans les selles, tant à l'état de
» santé qu'àl'état
pathologique, des cristaux de phosphate cal-
» caire neutre, de forme pyramidale,
mais
assezmal limités
(1)G.Sée,Recherches cliniques et anatomiques sur les affections pseudo-mem¬
braneuses,1861;Potain,SemaineMédicale,1887,p.341.
(2)BizzozeroetFirket,Microscopieclinique.
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» réunis par leur sommet en masse plus ou moins volumineu-
» ses. L'oxalate de chaux n'a été trouvé qu'une seule fois par
» cet auteur.
» Les cristaux de phosphate ammoniaco-magnésien quipeu-
» vent, nous l'avons dit, s'observer dans les selles à l'état de
» santé, y sont cependant plus fréquents dans certaines mala-
» dies, par exemple, dans la fièvre typhoïde.
» J'ai été le premier à signaler la présence, dans les matières
» fécales, de ces cristaux octaédriques connus dans la science
» sous le nom de Cristaux de Charcot. Je les avais trouvés chez
» un sujet atteint d'anémie
anchylostomasique
et, depuis lors,» ils ont été vus aussi par Perroncito et Baumler. Plus tard ils
» ont été vus aussi, mais assez rarement, par Nothnagel dans
» les affections variées, telles que le typhus, la phtisie pulmo-
» naire, l'entérite et la dysenterie. Jusqu'ici, d'ailleurs, on
» ignore dans quelles conditions ils se forment, et, par suite, il
» est impossible de leur assigner une signification quelconque
» au point de vue du diagnostic. Dans les cas quej'ai observés,
» ces cristaux étaient très abondants et s'accompagnaient de la
» présence de phosphate ammoniaco-magnésien; de même que
» ce dernier produit, ils se dissolvaient dans les acides acétique
» et nitrique, mais ils s'en distinguaient parleur solubilité dans
» l'ammoniaque et la potasse ».
Après avoir indiqué l'existence de ces cristaux à l'état normal et àl'état pathologique, il nous reste à étudier le calcul et le sable intestinal.
Aspect. — Il est des plus variables tant au poiut de vue de la forme que du volume.
Le plus souvent toutefois on est en présence de concrétions arrondies, à surface tantôt lisse, tantôt granuleuse ou hérissée de piquants; on peut même rencontrer des formes cristallisées (O'Brian
Bellinghan).
Quant auvolume de concrétions pouvant être appelées cal¬
culs, il varie depuis la grosseur d'unetêted'épingle aux dimen¬
sions d'une grosse amande (Obs. de M. Mongour). A propre¬
ment parler, ilne s'agitpas toujours de calcul, puisque l'on ne
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trouve décrit dans le plus grand nombre
des observations
quedu sable.
Dans l'immeose majorité des cas, les malades
rendent
àla
fois des calculs et du sable. Ces concrétions peuvent exister en nombre plus oumoins
considérable.
Leur coloration est également variable, elle va
du jaune clair
au gris noirâtre; elle est le
plus souvent grisâtre, d'un gris
terne ; d'autres ont uneteinte brunâtre
qui
seconfond
aveccelle
des matières fécales.
Consistance. — Elles sont friables, cassantes; l'analyse chi¬
mique nous donnera la
raison de cette faible consistance.
Enfin, et faitimportant, leur structure est
absolument homo¬
gène, on netrouve pas de noyau
central. Nous ajouterons
queces calculs sont généralement amorphes; nous
n'avons guère
trouvé que deux descriptions
de forme cristalline (O'Brian Bel-
linghan et Bizzozero).
Lesanalyses chimiques sont
nombreuses,
nousdonnons dans
notre travail lesplus récentes et les
plus complètes. En tenant
compte de celles qui ont été
publiées antérieurement,
onpeut
dire que la composition de ces
calculs
nevarie guère.
1° Aupoint de vue de l'analyse
qualitative,
onytrouve
:i Phosphate
Phosphatede
ammoniaco-magnésien.chaux.
Orthophosphate de magnésie.
Phosphatetricalcique.
Traces dechlorures.
Matièresminérales diverses,fer, etc.
2°Matièresorganiques L'analysequalitativen'a jamais étéfaite.
Absencetotale d'ammoniaque, desacides
uriques
etoxaliques
en général, des
pigments biliaires, des sels biliaires et de cho-
lestérine.
2° Aupoint de vue
quantitatif, tout
entenant compte
que cer¬taines analyses ont été faites
après lavage, d'autres
sanslavage,
il faut reconnaître qu'il existe des
variations importantes dans la
composition de cescalculs
sousle rapport de la teneur
en ma¬tières organiques et en
éléments minéraux.
Le tableau suivanten est la preuve.
MATHIEU ODDO
DÉSIGNATION
MARQUEZ LAIÎOULBÈNE
MONGOUR MATIÈRES
analyse analyse
IJ Matièresorganiques
Phosphatedechaux Phosphateammon,magn
Phosphate de magnésie, II. Matières minérales,
Carbonatede chaux
Magnésie
Matièresminer,diverses.
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En résumé donc, il existe plusieurs types de calculs intesti¬
naux.
1° Les uns, qu'on peut dire à type organique, sont presque exclusivement constitués d'éléments organisés dont l'analyse chimique n'apas révélé la nature
(obs.
deLaboulbène, Odclo).
2° Des calculs à type minéral. Ce sont à beaucoup près
les
plus fréquents,commel'indique le tableau
que nous avons sousles yeux. Ce type de calcul est même le seul
qui ait
été rencon¬tré dans l'appendice (thèse de Rochaz, 1895).
Dans ce second type, on peut distinguer deuxvariétés d'après
la prédominance des composés :
1° Calculs phosphatiques (obs. de Mathieu).
2° Calculs carbonatés (obs. de Mongour).
Il est probable qu'il existe des
calculs
d'oxalate,puisque
nousavons trouvé dans quelques observations des calculs extrême¬
ment durs, bruns et qui par conséquentfontpenser aux calculs
d'oxalate que l'on rencontre dans la vessie; mais ces
calculs
n'ont pas été analysés. Entout cas, ils
doivent
être rares,puis¬
que Nothnagel, comme nous
l'avons indiqué, n'a trouvé qu'une
seule fois l'oxalate de chaux à l'état de cristaux dans les selles.
Nous en dirons autant des cristaux de cholestérine qui exis¬
tent aussi très rarement dans les matières fécales d'après Noth¬
nagel; « toutefois, Iloppe Seyler
(1) croit pouvoir affirmer la
présence de
cholestérine dans les fèces, même chez l'adulte
;il
se fonde sur le résultatd'ungrand nombre d'examens pratiqués
par lui àl'aide des
méthodes chimiques. Quant à la recherche
microscopique de cette substance,
Nothnagel (2)
ainsisté
surla facilité aveclaquelle on pourrait prendre pour
des cristaux
déformés de cholestérine desimpleslambeaux de cuticule végé¬
tale contenus dans l'intestin » Bizzozero (Microscopie clinique).
Legouest a signalé une
seule fois des calculs d'urate chez
un goutteux.Tout ce que nous avons
dit des calculs intestinaux s'applique,
(1)Pijysiolozische chemic, p.336.
(2) ZurKlinik derDarmkeiten,Zeisch. f. klin. mecl.,p. 240.