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Academic year: 2022

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Texte intégral

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C o m m i s s i o n d u r e n o u v e a u

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Groupe de travail sur Une société juste

R A P P O R T S U R

Par : Dr. Austin Bowman

L E S P E R S O N N E S

A Î N É S

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Les besoins et le rôle des aînés au Canada

Résumé

Les aînés, c’est-à-dire les personnes de 65 ans ou plus, représentent environ 13 pour cent de la population canadienne, soit près de quatre millions de personnes. Au cours des trente prochaines années, on estime que le nombre d’aînés augmentera pour atteindre 25 pour cent de la population. Ces aînés ont accumulé tout un bagage de compétences, d’expérience et de maturité qui représente un investissement énorme de leur part et de celle de leurs employeurs et de l’ensemble de la société canadienne.

Cette vaste ressource humaine devrait pouvoir servir à améliorer la société canadienne et, compte tenu de la chute du taux de natalité, pourrait bien s’avérer nécessaire pour maintenir la viabilité économique de notre pays.

Comme tous les segments de notre population, les aînés ont de nombreux besoins, différents d’une personne à l’autre. Cependant, pour des raisons liées à l’âge, certains besoins sont plus importants et plus urgents chez les aînés que dans d’autres segments de notre population.

D’un point de vue stratégique, le rôle du gouvernement se résume donc à répondre aux besoins particuliers des aînés et à créer des mécanismes permettant d’exploiter au maximum le potentiel des aînés pour en faire profiter tous les Canadiens. Le présent document tente d’exposer ces enjeux et de recommander des solutions. Au cours de cet exercice, nous avons pu dégager plusieurs points importants.

Par l’entremise de la Commission du renouveau, le Groupe de travail sur les aînés recommande respectueusement que l’Exécutif national, la Commission permanente de l’élaboration des politiques et le Comité de la plateforme du Parti libéral du Canada prennent note des recommandations ci-dessous et en tiennent compte au moment de rédiger les politiques et les programmes du Parti libéral et dans le cadre de

l’engagement d’un éventuel gouvernement libéral envers tous les Canadiens, aussi bien les aînés que ceux et celles qui envisagent le jour inévitable où ils le deviendront.

I. Un gouvernement libéral mettra en place des mécanismes permettant aux aînés de continuer d’utiliser une partie des compétences qu’ils ont acquises pour en faire profiter tous les Canadiens. (Pour de plus amples détails, voir la section 3 du document annexé.)

II. Un gouvernement libéral préservera l’intégrité des régimes de retraite d’État et améliorera la situation économique des aînés de demain en luttant contre les facteurs connus de pauvreté et de dépendance financière des retraités.

(Voir la section 3, paragr. 3.)

III. Un gouvernement libéral modifiera l’application de la Loi de l’impôt sur le revenu afin d’accroître le revenu disponible des aînés. (Voir la section 3, paragr. 3b.)

IV. Un gouvernement libéral prendra l’initiative d’établir un réseau de programmes de soins à domicile dans tout le pays, dans le cadre d’une gamme intégrée de services de santé qui respecte les principes de la Loi canadienne sur la santé et offre des services de grande qualité aux aînés et aux autres citoyens. (Voir la section 4.4, paragr. ii.)

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établissements de soins de longue durée et la pratique de tels soins; en outre, il incitera les provinces à fonder leurs accréditations sur ces normes.

(Voir la section 4.4, paragr. iii.)

VI. Un gouvernement libéral étendra le remboursement du coût des

médicaments aux patients des établissements de soins de longue durée;

actuellement, le régime d’assurance-santé ne couvre les médicaments que pour les patients des hôpitaux de soins actifs. (Voir la section 4.4, paragr. iv.) VII. Un gouvernement libéral mettra en place un régime d’assurance-

médicaments pour tous les aînés du Canada, afin de leur donner accès aux produits médicalement nécessaires, aussi bien à la maison que dans les établissements de santé. (Voir la section 4.4, paragr. iv.)

VIII. Un gouvernement libéral prendra les mesures nécessaires pour intégrer tous les soins visuels des aînés à la Loi canadienne sur la santé. (Voir la

section 4.4 paragr. v.)

IX. Un gouvernement libéral intégrera les soins dentaires des aînés à la Loi canadienne sur la santé. (Voir la section 4.4, paragr. vi.)

X. Un gouvernement libéral reconnaîtra le besoin urgent de développer des ressources d’aide aux aînés aux prises avec des problèmes de santé mentale, de renforcer les ressources existantes et de soutenir le travail des aidants, ainsi que le besoin d’adapter la formation du personnel, les

programmes et l’environnement physique des établissements de soins de longue durée aux besoins particuliers des personnes atteintes de démence.

(Voir la section 4, paragr. vii.)

XI. Un gouvernement libéral mettra en place un programme de sensibilisation du public à la maltraitance et la négligence souvent infligées aux aînés, à la maison ou dans les établissements pour personnes âgées, et encouragera la mise en œuvre de stratégies visant à remédier aux conséquences de la maltraitance et de la négligence. (Voir la section 5.)

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Les besoins et le rôle des aînés au Canada 1. Introduction

Au cours de leur vie, les aînés du Canada ont énormément contribué au bien-être de notre pays. Il ne faut jamais oublier ni sous-estimer leur engagement envers ce pays, l’importante ressource que représentent leur savoir et leur expérience, ni ce que les personnes vieillissantes continuent d’apporter au pays à titre de contribuables, de consommateurs et de bénévoles.

Dans le passé, le Parti libéral du Canada a fait preuve de son engagement envers le bien-être des aînés canadiens. Le présent document vise à définir la contribution et les aspirations des aînés, à préciser les problèmes qui leur sont propres et à recommander des solutions susceptibles de favoriser leur bien-être. Il ne faut surtout pas oublier que le groupe des aînés est celui qui affiche la croissance la plus rapide de toute la population canadienne.

Il y a quelques années, le Parti libéral du Canada a entrepris de mettre sur pied une entité spéciale au sein du Parti, la Commission des aînés, afin de promouvoir les besoins particuliers des aînés tout en incitant ces derniers à participer davantage aux affaires du Parti et à d’autres facettes de la société.

2. Qui sont ces aînés?

En général, on définit les aînés comme étant les personnes de 65 ans ou plus. Au Canada, on estime à quatre millions, soit environ 13 pour cent de la population, le nombre de personnes de 65 ans ou plus. D’ici 2016, les aînés représenteront 16 pour cent de la population, un pourcentage qui devrait s’accroître d’ici 2046 pour atteindre 25 pour cent. Le vieillissement de la génération du baby-boom entraînera sans aucun doute une forte croissance du segment des aînés.

On décrit souvent les aînés comme des êtres fragiles, atteints de troubles de tout genre qui risquent de surcharger indûment le réseau des soins de santé et de les empêcher de contribuer pleinement à la société canadienne. Il est indéniable qu’avec l’âge, le risque de contracter une grande diversité de maladies chroniques et d’affections couramment associées au vieillissement augmente parfois, mais il n’en reste pas moins que de nombreux aînés demeurent relativement actifs et en santé jusqu’à un âge très avancé.

3. Quelles sont les capacités des aînés?

Les aînés du Canada ont accumulé tout un bagage de compétences, d’expérience et de maturité qui représente un investissement énorme de leur part et de celle de leurs employeurs et de l’ensemble de la société canadienne. Malheureusement, quand vient l’heure de la retraite, une grande part de cet investissement se perd. Chacun voit la retraite à sa façon, mais certains indices portent à croire qu’en raison de la chute du taux de natalité, les compétences acquises par nombre de nos aînés pourraient devenir indispensables à la viabilité de l’économie canadienne. Un gouvernement libéral devrait mettre en place des mécanismes permettant aux aînés de continuer à utiliser une partie de ces compétences pour en faire profiter tous les Canadiens.

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Comme tous les segments de notre population, les aînés ont de nombreux besoins, différents d’une personne à l’autre. Cependant, pour des raisons liées à l’âge, certains besoins sont plus importants et plus urgents chez les aînés que dans d’autres segments de notre population.

Plusieurs programmes destinés aux aînés relèvent de la compétence provinciale, mais le gouvernement fédéral peut guider et soutenir les provinces qui doivent élaborer et mettre en œuvre des programmes. Les bénéficiaires de ces programmes sont souvent des aînés à faible revenu et en mauvaise santé.

1. Le logement

Beaucoup d’aînés demeurent dans leur propre logement jusqu’à un âge avancé.

Cependant, ceux qui ne peuvent le faire, pour une raison ou une autre, ont un besoin crucial de logement sécuritaire, adéquat et abordable, situé près des services essentiels et de transport et dotés d’un moyen de communication. De plus en plus d’aînés vivent seuls et, s’ils ne sont pas propriétaires de leur logement, voient le coût du logement augmenter par rapport à leur revenu. Une grande part des habitations actuellement en développement se situent dans le haut de gamme, donc dans une fourchette de prix souvent inaccessible, tandis qu’un grand nombre des logements à prix modique construits dans les années 1970 sont maintenant décrépits et inadaptés aux aînés. Il faut élargir le choix offert aux aînés aux revenus modestes. S’il y avait plus de logements supervisés et de logements avec assistance, les aînés pourraient « vieillir sur place », dans leur milieu, ce qui retarderait ou même leur éviterait un placement en

établissement.

Le transport est un autre besoin lié de près au logement. Plusieurs aînés ont cessé de conduire et ont besoin d’aide pour se rendre au magasin, à l’église, à des spectacles, chez le médecin, chez des amis ou ailleurs. Les petites villes et les régions rurales étant souvent dépourvues de réseau de transport, il faut recruter des conducteurs bénévoles. Même dans les villes dotées de services de transport en commun, les aînés ont parfois du mal à marcher jusqu’à l’arrêt d’autobus ou craignent de se perdre dans le dédale du réseau.

2. L’alimentation

On présume généralement que tous les Canadiens se nourrissent correctement et en quantité suffisante, mais il en est souvent autrement. Plusieurs raisons font que certains aînés s’alimentent de façon inadéquate, notamment les difficultés financières ou une mauvaise connaissance des principes nutritionnels. Parmi les autres facteurs importants, mentionnons les problèmes visuels qui limitent la capacité à lire les étiquettes des produits, les affections buccales qui entravent la mastication et la déglutition, les mauvaises habitudes alimentaires bien ancrées, la consommation abusive de substances nocives telles que l’alcool et le tabac et, parfois, l’usage inapproprié de médicaments d’ordonnance ou autres. La

politique gouvernementale doit tenir compte de tous ces problèmes.

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3. La sécurité financière

Les aînés disposent de quatre sources de revenu possibles : les paiements de transfert gouvernementaux, les régimes de retraite privés, le revenu d’emploi et la richesse accumulée durant leur vie. Selon certains indices, la proportion d’aînés vivant sous le seuil de la pauvreté serait en baisse, mais le nombre total de personnes à faible revenu continue d’augmenter. Dans son rapport de 2005 intitulé Vieillir pauvre au Canada, le Conseil consultatif national sur le troisième âge précise que près de sept pour cent des aînés du Canada vivent toujours sous le seuil de faible revenu (SFR) établi par Statistique Canada et que ce pourcentage est nettement plus élevé pour les aînés seuls, notamment les femmes divorcées ou séparées. Selon le rapport, les femmes immigrantes sont les plus touchées, ayant eu peu de possibilités de contribuer à un régime de retraite ou d’accumuler un patrimoine personnel.

Au Canada, on a souvent du mal à s’entendre sur une définition de la pauvreté.

Les critères varient d’un gouvernement à l’autre. Statistique Canada a créé une formule, appelée Mesure fondée sur un panier de consommation, qui mesure une série de coûts donnés afin de calculer le coût de la vie à divers endroits. La formule prend en compte le coût du logement, de la nourriture, de l’habillement, du téléphone, de l’assurance, du transport, etc. On la considère généralement comme le meilleur indicateur des frais qu’une personne doit débourser pour vivre dans l’une ou l’autre région du Canada.

Bien que les aînés aient vu leur situation financière s’améliorer, beaucoup ne disposent encore que d’un revenu modeste et risquent de devenir vulnérables en cas de dépenses imprévues. En 1994, les paiements de transfert

gouvernementaux représentaient 55 pour cent du revenu total des aînés, comparativement à 47 pour cent en 1981. En 1994, 19 pour cent du revenu des aînés provenait de régimes de retraite privés liés à l’emploi; en 1981, ce taux atteignait seulement douze pour cent. Toujours en 1994, à peine quatre pour cent du revenu des aînés provenait de régimes enregistrés d’épargne-retraite, mais on prévoit une augmentation de ce pourcentage, étant donné le grand nombre de Canadiens qui contribuent à des REER et l’échéance des REER existants. Le pourcentage de travailleurs qui contribuent à un régime de retraite d’employeur est relativement stable à 44 pour cent. Cependant, un grand nombre de personnes versent moins que le maximum admissible dans leur REER. Le défi des gouvernements consiste à préserver l’intégrité des régimes de retraite d’État et à améliorer la situation économique des aînés de demain en luttant contre les facteurs connus de pauvreté et de dépendance financière des retraités. Pour ce faire, il faut réduire la polarisation du marché du travail. En outre, les gouvernements doivent promouvoir l’égalité d’accès à l’emploi et réduire les écarts salariaux entre les hommes et les femmes, en accordant une attention particulière aux travailleurs âgés exclus du marché du travail, lesquels doivent puiser dans leur épargne-retraite pour traverser de longues périodes de chômage.

L’apport de quelques modifications à la Loi de l’impôt sur le revenu pourrait aider à rehausser le revenu disponible de certains aînés. On pourrait par exemple relever le niveau d’exemption et réduire ou éliminer l’impôt sur les gains en capital réalisés par les aînés lors de la vente de leurs avoirs. À très long terme, la

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acquièrent les compétences professionnelles nécessaires pour accroître leur revenu potentiel, ce qui multipliera leurs chances de devenir des aînés financièrement autonomes.

4. La santé

La santé, c’est plus que l’absence de maladie. À plusieurs égards, c’est une question de mode de vie. L’Institute of Health Promotion Research de l’Université de la Colombie-Britannique a défini la santé comme suit : « la capacité des gens de s’adapter ou de réagir aux difficultés comme aux changements ou de les contrôler ». La santé est un enjeu très complexe, certainement l’un des facteurs les plus complexes qui influencent le bien-être des aînés.

i. L’autonomie des aînés

Depuis des années, Anciens Combattants Canada administre le Programme pour l’autonomie des anciens combattants, lequel offre de l’aide aux clients du Ministère. Grâce à ce programme, de nombreux anciens combattants peuvent demeurer à la maison et mener une vie relativement autonome. Ce programme a fait ses preuves, tant du point de vue de l’efficacité que de la rentabilité. Depuis des années, les hauts fonctionnaires d’Anciens Combattants Canada

recommandent qu’on adapte ce programme pour en faire profiter tous les aînés.

C’est ainsi que des résolutions ont été présentées aux congrès d’orientation du Parti libéral, aux niveaux fédéral et provincial, pour recommander aux

gouvernements libéraux d’adapter ce programme éprouvé et en faire profiter tous les aînés canadiens.

ii. Les soins à domicile

En vieillissant, les gens sont de plus en plus susceptibles d’avoir besoin d’aide pour continuer à mener une vie autonome. Pourtant, les compressions

budgétaires des hôpitaux ne se sont pas traduites par un financement comparable des soins à domicile. La Loi canadienne sur la santé ne prévoit aucune assurance pour les soins à domicile; chaque province est libre de

financer ou non ce type de services et peut même refuser d’en offrir. C’est ce qui explique la grande disparité des types de services offerts dans les différentes provinces et même, à l’intérieur d’une même province, entre les régions urbaines et rurales. En outre, cette situation écarte toute transférabilité d’une province à l’autre. Au Canada, les soins à domicile sont le plus souvent prodigués par des aidants naturels non rémunérés, habituellement des membres de la famille ou des bénévoles. Les soins à domicile doivent être considérés comme un service essentiel et intégrés à la Loi canadienne sur la santé. Le gouvernement du Canada doit prendre l’initiative d’établir un réseau de programmes de soins à domicile dans tout le pays, dans le cadre d’une gamme intégrée de services de santé qui respecte les principes de la Loi canadienne sur la santé et offre des services de grande qualité aux aînés et aux autres citoyens. Selon le rapport de la Commission Romanow sur l’avenir des soins de santé au Canada, les soins à domicile seront les prochains services essentiels en matière de soins de santé.

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iii. Les soins de longue durée

Les établissements de soins de longue durée offrent à leurs pensionnaires le logement, les repas et des services de santé sur place. En général, ils disposent de services infirmiers nuit et jour pour répondre à des besoins tels que le

contrôle des médicaments, les soins aux personnes malades et la surveillance des pensionnaires sous appareil respiratoire. Les pensionnaires reçoivent de l’aide pour leurs soins personnels : on veille à ce qu’ils mangent, s’habillent, se lavent et obtiennent l’aide nécessaire pour leurs autres activités quotidiennes. Un médecin de garde est toujours disponible. Normalement, ce type d’établissement accueille des aînés de tout âge, mais la majorité des pensionnaires ont plus de 85 ans. Bien que le pourcentage d’aînés qui fréquentent ces établissements soit légèrement en baisse, la hausse de la population d’aînés ne peut qu’intensifier la demande globale pour ce type d’installations. Malheureusement, la Loi

canadienne sur la santé ne vise pas les établissements de soins de longue durée.

La majorité des provinces comptent à la fois des établissements publics et privés de soins de longue durée. Il en résulte une grande disparité entre les provinces en ce qui a trait au coût des soins de longue durée. Les normes qui régissent les soins varient aussi. La plupart des provinces offrent un certain soutien aux aînés qui ne peuvent se prévaloir de soins de longue durée sans aide financière. Les modalités du soutien varient aussi d’une province à l’autre. Actuellement, dans la majorité des provinces, l’admissibilité est fonction du revenu net, mais quelques provinces tiennent toujours compte de l’actif des demandeurs et confisquent les biens des aînés qui ont besoin d’aide. Dans plusieurs provinces, le congrès d’orientation du Parti libéral a adopté une résolution stratégique qui recommande de ne plus tenir compte de l’actif pour décider de l’aide apportée et du coût des soins de longue durée. Plusieurs autres organisations, en particulier l’Association nationale des retraités fédéraux, ont émis des recommandations en ce sens. Le gouvernement du Canada devrait intégrer les soins de longue durée à la Loi canadienne sur la santé, établir des normes nationales visant les établissements de soins de longue durée et la pratique de tels soins, et inciter les provinces à fonder leurs accréditations sur ces normes.

iv. Les médicaments

En général, ce sont les patients eux-mêmes qui doivent assumer le coût des médicaments administrés dans les établissements de soins de longue durée.

Une part relativement limitée des aînés possèdent les assurances nécessaires.

Souvent, les patients qui reçoivent un soutien de leur gouvernement provincial bénéficient aussi d’une assurance-médicaments de même source. Dans plusieurs provinces, le congrès d’orientation du Parti libéral a adopté une résolution stratégique qui recommande d’étendre la couverture du coût des médicaments aux patients des établissements de soins de longue durée;

actuellement, le régime d’assurance-santé ne couvre les médicaments que pour les patients des hôpitaux de soins actifs.

Les progrès de la pharmacologie ont entraîné une amélioration du traitement des maladies et, dès lors, une réduction de la morbidité et de la mortalité. Dans de nombreux cas, grâce aux médicaments modernes, on peut réduire de beaucoup

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médicaments pour tous les aînés du Canada afin de leur donner accès aux produits médicalement nécessaires, aussi bien à la maison que dans les établissements de santé.

Malheureusement, il existe des cas d’usage inapproprié de médicaments d’ordonnance. C’est pourquoi le gouvernement du Canada doit collaborer avec l’industrie pharmaceutique afin de promouvoir une information de qualité et d’améliorer la réglementation sur l’usage des médicaments d’ordonnance.

v. Les soins visuels

La perte de l’acuité visuelle est souvent une des conséquences fâcheuses du vieillissement. Grâce à la chirurgie, il est possible de corriger plusieurs causes des problèmes visuels. Notre système national de soins de santé prend en charge l’intervention chirurgicale et l’éventuelle hospitalisation. Ce n’est toutefois pas le cas pour les examens réguliers de la vue, ni pour l’achat de lentilles correctrices. Le gouvernement du Canada devrait prendre les mesures

nécessaires pour intégrer tous les soins visuels des aînés à la Loi canadienne sur la santé.

vi. Les soins dentaires

Des gencives et des dents saines sont essentielles à la santé de l’organisme.

Les aînés qui souffrent d’une mauvaise santé bucco-dentaire risquent en outre de contracter de graves affections ou d’aggraver certains problèmes existants.

Au Canada, de nombreux aînés ont grandi à une époque ou dans des endroits où il était difficile de trouver des soins dentaires. Comme les soins dentaires ne sont pas assurés aux termes du système canadien de soins de santé, plusieurs aînés ignorent leur importance ou ne peuvent se payer les soins nécessaires. Le système de soins de santé du Canada devrait prévoir une assurance-soins dentaires pour les aînés.

vii. La santé mentale

Par santé mentale, on entend la capacité des personnes à se sentir bien dans leur peau, à interagir de façon positive avec les autres et à éviter de poser volontairement des gestes qui risqueraient de les blesser ou de blesser

quelqu’un d’autre. Les problèmes de santé mentale les plus courants vont de la dépression à la déficience cognitive. Peu importe le problème, il est essentiel de poser un diagnostic rigoureux. En effet, la nature et la gravité du trouble

déterminent souvent si le patient peut continuer à vivre de façon sécuritaire et autonome. L’un des principaux défis de demain consistera à fournir un soutien pratique aux personnes chargées de prendre soin les aînés atteints de

déficiences cognitives, afin de respecter le choix des aînés qui voudront demeurer dans leur milieu au lieu de déménager dans un établissement

spécialisé. On sait que le secteur de la santé mentale est un des maillons faibles du système canadien de soins de santé. Il faut y investir davantage de

ressources. Il est urgent de développer des ressources d’aide aux aînés aux prises avec des problèmes de santé mentale, de renforcer les ressources

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existantes et de soutenir le travail des aidants. Il faut aussi adapter la formation du personnel, les programmes et l’environnement physique des établissements de soins de longue durée aux besoins particuliers des personnes atteintes de démence.

5. La sécurité

L’Organisation mondiale de la Santé définit la maltraitance des personnes âgées comme

« un acte isolé ou répété, ou l’absence d’intervention appropriée, qui se produit dans toute relation de confiance et cause un préjudice ou une détresse chez la personne âgée. Il peut s’agir de violence physique ou psychologique, d’exploitation financière ou de négligence. » Comme on estime que les cas de maltraitance et de négligence sont rarement signalés, la fiabilité des statistiques demeure incertaine. Les sondages saisissent uniquement les actes que les victimes veulent bien divulguer, tandis que les données des services de police révèlent uniquement les cas signalés.

On croit que la maltraitance est souvent perpétrée par une personne connue de la victime, qu’il s’agisse d’un membre de la famille, d’un ami, d’une personne soignante, d’un locateur ou d’un membre du personnel d’un établissement. Les aînés les plus à risque sont les plus âgés, les femmes, les personnes isolées, ceux qui souffrent de problèmes cognitifs, les handicapés non autonomes et ceux qui sont sous la garde de personnes alcooliques ou toxicomanes. La communication joue un rôle majeur dans la prévention de la maltraitance. À long terme, il faut approfondir nos connaissances en la matière en se procurant des données nationales plus étoffées sur les déterminants de la maltraitance et de la négligence, en enquêtant sur la maltraitance dans les

établissements et en élaborant des stratégies efficaces pour prévenir la maltraitance et y remédier. Il faut en outre sensibiliser davantage le public au problème en lui enseignant entre autres comment détecter la maltraitance et apporter le soutien nécessaire.

6. En bref

Les aînés du Canada constituent une ressource inestimable de compétences, de formation, de savoir et d’expérience qu’il faut mobiliser pour en faire profiter tous les Canadiens. Ils représentent un investissement auquel nous avons tous contribué et dont la société canadienne devrait tirer profit. Les aînés ont des besoins particuliers de toutes sortes, des plus fondamentaux aux plus complexes. Le Parti libéral du Canada doit se préparer en vue des grands changements démographiques à venir. N’oublions jamais que la plupart des Canadiennes et des Canadiens vivent assez longtemps pour devenir à leur tour des aînés!

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