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Le nucléide 28Al et le nombre magique 14

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HAL Id: jpa-00234995

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Submitted on 1 Jan 1954

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Le nucléide 28Al et le nombre magique 14

M. E. Nahmias

To cite this version:

M. E. Nahmias. Le nucléide 28Al et le nombre magique 14. J. Phys. Radium, 1954, 15 (7-9),

pp.568-570. �10.1051/jphysrad:01954001507-9056800�. �jpa-00234995�

(2)

568

LE NUCLÉIDE 28Al ET LE NOMBRE MAGIQUE 14

Par M. E. NAHMIAS,

Laboratoire de Physique et Chimie nucléaire du Collège de France.

.Sommaire.

2014

On montre que l’énergie totale de désintégration du nucléide 28Al est de 4,58 ± 0,I5 MeV et qu’il subsiste ainsi une anomalie de I,4 MeV due à une discontinuité dans la packing fraction du 28Si,

en accord partiel avec les prévisions du modèle en couches de Maria Mayer, au sujet du nombre magique I4.

LE JOURNAL DE PHYSIQUE ET LE RADIUM. TOME 15, JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 19a1, PAGE 568.

Introduction.

-

D’après le modèle en couches nucléaires de M. G. Mayer [ 1 ], la couche d 2 2 5 devrait être remplie pour 14 particules, neutrons ou pro- tons. Si le couplage spin-orbite pour les noyaux

légers est suffisamxnent important et si l’on admet

un potentiel sphérique (1) le nombre 14 devrait être

un nombre magique. L’énergie de liaison de chaque

nucléide contenant i4 neutrons (isotones, , 25Na, 26Mg, 27 Al, , 28Si, 29P) ou 1 4 protons (isotopes de Si)

et a fortiori le ’2’Si", doublement magique, devrait

être particulièrement élevée. Ces nucléides devraient

présenter un défaut de masse anormalement grand

par rapport à leurs voisins à couches non saturées.

Fig. i.

-

Énergies totales de désintégration, Q, en fonction du nombre de masse des nucléides de spin

isotopique 7B = I (courbe supérieure) ou T = 3 2 (courbe inférieure). On a porté sur ces courbes nos résultats expé-

rimentaux pour 28A1, Q

=

4,58 MeV et pour 29Al, Q

=

3,97 MeV. Cette dernière valeur a été obtenue dans les expériences décrites dans l’article suivant [10].

Il en résulterait, dans les transitions P, aboutissant

au Si, des énergies totales de transition, Q, parti-

culièrement élevées.

C’est bien ce que l’on observe, dans une certaine

mesure. Si l’on porte sur un graphique Q en ordonnées

(1) Dans le cas du trou de potentiel rectangulaire, et cou- plage spin-orbite, on a les couches saturées à 2, 8, 20, 28, 50, 82 et 126 nucléons, la configuration d 5 2 à 14 nucléons

étant une sous-couche saturée. Dans le cas du trou de poten-

et le nombre de masse A en abscisse, en groupant (voir fig. 1) d’une part les radioéléments de spin isotopique T = N - Z

=

o ou i (16N, 20F, 24Na, 28Al,

2

32P, ssCl, 40K) et d’autre part ceux de spin isoto- pique fractionnaire (17N, 190, 23Ne, 25Na, 2’Mg, 29 Al, 3lSi, 35s, on obtient deux courbes assez régu-

lières avec toutefois deux points expérimentaux

nettement au-dessus de celles-ci [2]. Le premier point anormal est celui du nucléide 2sAl, avec une énergie totale observée de QI

=

4,6 ± o, I MeV, pré-

sentant ainsi une anomalie de l’ordre de I,4 MeV et le second point est celui de 29 Al avec Q2

=

3,7 =t o, i MeV,

et dépassant la courbe de 1,7 MeV.

Les valeurs « anormalement » élevées des Q

observés ne s’accordaient pas avec les masses ato-

miques admises avant 1946. L’accord, au contraire,

est excellent avec les valeurs trouvées depuis au spectrographe de masse par Duckworth et ses collaborateurs [3] et qui sont :

En utilisant QI’ on tire

confirmée par ailleurs par la réaction 27 Al (d, p)

28Al [4] qui donne :

Si ces deux valeurs élevées des énergies dispo-

nibles sont conformes à la théorie des couches de M. Mayer, il reste à expliquer : io pourquoi l’écart (1,4 MeV) est plus petit, lors de la formation de 28Si, doublement magique, alors qu’il devrait être plus grand que l’écart 29Al.-¿.29Si.

20 pourquoi les nucléides 1; Nal -- ; 2Mg13, et 2 1 7mgià 2 -->. 2 1 ?l 7Al’I, contenant cette fois i4 neutrons

tiel sphérique et couplage spin-orbite, on a les couches

saturées à

c’est-à-dire à fi, 14, 28, 50, 82 et 126 nucléons. On voit que pour n

=

2 on a une couche saturée à 14 nucléons, donc un vrai nombre magique.

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphysrad:01954001507-9056800

(3)

569 ne présentent-ils pas d’anomalie dans leur énergie

respective de désintégration ? Dans le premier cas

devrait observer un àQ négatif tandis que dans le second f1Q devrait être positif. L’indépendance des charges dans les forces nucléaires est pourtant bien

établie dans ces parages, l’anomalie observée avec le 29P ayant été infirmée récemment [5].

Il était donc intéressant de vérifier, avec une technique différente de celles jusqu’ici employées,

les rayonnements émis par les nucléides 28Al et 29Al.

Schéma de désintégration de 28Al.

-

Grâce

aux facilités accordées obligeamment par le C.E.A..,

Fig. 2.

-

6°Co. Raies photoélectriques à 2 3,5 V, soit I,33 MeV

et à g V, soit 1,17 MeV.

Fig. 3.

-

28Al. Raie photoélectrique à 32,5 V, soit 1,83 MeV.

j’ai irradié à maintes reprises, de l’aluminium pur à plus de 99,99 pour 100, pendant 2 mn, avec un

flux total de neutrons lents de I,2.IC,12 par centi- mètre carré, dans un canal de la pile Zoé. La réac-

tion 27Al (n, y) a une section de capture assez élevée

de o,2 barn [6]. J’ai également irradié à la pile de

Châtillon 1 o mg de 28Si enrichi à plus de 99 pour oo, fourni sous forme de Si02 par A.E.R.E. Harwell,

à l’intérieur d’un cylindre d’uranium. On a ainsi la réaction avec les neutrons rapides de fission de l’U : 2gSi (n, p) 28A1.

Le rayonnement y de 2gAl était ensuite analysé

au moyen d’un spectromètre à cristal de NaI (Tl) couplé avec un EMI 5 311. L’étalonnage (voir

Fig. 4.

-

Courbe d’absorption des particules j3 de 28 Al.

fig. 2) de l’appareil était fait avec les raies photo- électriques de 60Co : r,33 et I, 17 MeV et celle du 22Na : 1, 27 MeV. Ces trois points suffisent à établir la relation linéaire, dans cette bande d’énergies, entre

les indications du discriminateur et les énergies

des pics photoélectriques. On trouve respecti-

vement : 23,5, 19 et 22,5 V. Pour le pic photo- électrique de 28Al (voir fig. 3) on trouve 32,5 V, ce qui donne une énergie de 1,83 --t- o,o5 MeV, en

bon accord avec celle donnée par Bleuler et Zunti [7].

J. Rutherglen et collaborateurs [8] viennent éga-

lement de confirmer, par la réaction 2’Al (p, y) 28Si,

le spin de 27 AI étant connu et égal à 2, qu’il existe, parmi les états excités de 28Si un niveau 2 (pair)

à 1,80 MeV.

Simultanément à ces mesures des impulsions de

fluorescence dans NaI, on comptait les particules p

devant un Geiger à fenêtre de I o mg /cm2, relié à

une échelle de iooo. Le discriminateur du spectro-

mètre à cristal étant placé sur la raie de 1,8 MeV de 2gAl, c’est-à-dire à 32,5 V, on envoyait ses impul- sions, avec celles du Geiger, à un appareil à coïn-

cidences actionnant une échelle de 100. En plaçant

des absorbants entre la source radioactive et le

Fig. 5.

--

Schéma de désintégration de 18AI (p indique une parité pure).

Geiger on observe une décroissance dans les coïn- cidences (3y et un rapport 1 sensiblement constant.

y

(4)

570

Ainsi avec 4 mm d’Al comme absorbant on tota- lisait g5 ooo c. pendant une période au Geiger

et 2g3 ccïncidences, tandis qu’avec 4,4 mm d’Al

on totalisait, durant la seconde période, et compte

tenu de la décroissance de la source, 35 ooo c. au

Geiger et 110 coïncidences. Le rapport est ainsi

de 324 dans le premier cas et de 318 dans le second.

Il y a donc bien un y pour chaque particule P.

La courbe d’absorption des particules g a été

établie comme suit. La source de 28Al placée devant

un Geiger relié à une échelle de iooo, était mesurée

pendant une période avec un absorbant de 4,4 mm d’Al. La seconde période de décroissance était

intégrée avec un absorbant de 4 mm, la troisième

avec 3 mm et la quatrième avec 2 mm. Les chiffres, corrigés de la décroissance et du temps mort du Geiger donnent un parcours R extrapolé (voir fig. 4) de 5 mm d’Al, soit 1,35 g jcm2. En utilisant

la formule empirique de Feather, modifiée par Glendenin :

on déduit pour l’énergie maximum du spectre P : :

On a par conséquent (voir fig. 5) pour l’énergie

totale de désintégration de 28Al :

L’anomalie signalée précédemment est donc bien

réelle en ce qui concerne le nucléide 28Al. Tout récemment Olsen et O’Kelly [9] ont trouvé pour

l’énergie maximum du spectre p de 28Al :

Avec cette valeur de E"? et avec E,,

=

1,83, on

aurait

ce qui donne une anomalie àQ de 1,5 MeV encore

bien inférieure à celle de 2 MeV relative à 29 Al [10].

J’adresse mes remerciements à M. F. Perrin,

Haut Commissaire à l’Énergie atomique et à

MM. Ertaud, Beaugé et Viénot de la pile de Châtillon,

et à M. F. Joliot, directeur du laboratoire de Phy- sique et Chimie nucléaire du Collège de France pour l’intérêt qu’il a porté à ce travail.

Manuscrit reçu le 18 février 1954.

BIBLIOGRAPHIE.

[1] MAYER M. G.

2014

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[9] OLSEN J. L. et O’KELLY G. D.

2014

Phys. Rev., I954, 93, II25.

[10] NAHMIAS et WAPSTRA. 2014 Article suivant. J. Physique Rad., I954, 15, 570.

LE NUCLÉIDE 29Al ET LE NOMBRE MAGIQUE 14

Par M. E. NAHMIAS,

Laboratoire de Physique et Chimie nucléaire du Collège de France.

et A. H. WAPSTRA,

Laboratoire de Recherches nucléaires, Amsterdam.

Sommaire.

-

On montre que l’énergie totale de désintégration du nucléide 29Al est de 3,97 ± 0,I5MeV et qu’il subsiste ainsi une anomalie de près de 2 MeV due à une discontinuité dans le packing fraction

de 29Si, en accord partiel avec les prévisions du modèle en couches de M. Mayer, au sujet du nombre magique I4.

LE JOURNAL DE PHYSIQUE ET LE RADIUM. TOME i5, JUILLET-AOUT-SEPTEMBRE 195À, PAGE 5î0

Poursuivant la recherche exposée dans l’article

précédent [1], nous avons irradié du Mg avec le fais-

ceau de particules « du synchro-cyclotron Philips

d’Amsterdam. On obtient, par réaction (a, p) les

nucléides 28Al et 29Al. On dissout rapidement le Mg

irradié et l’on précipite l’aluminium par l’oxine à pH 5. Le précipité est placé devant un cristal

de Na 1 (Tl) avec photomultiplicateur Dumont.

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