HAL Id: jpa-00236767
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Submitted on 1 Jan 1872
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De la propagation de la chaleur et de la distribution de l’électricité
A. Potier
To cite this version:
A. Potier. De la propagation de la chaleur et de la distribution de l’électricité. J. Phys. Theor. Appl.,
1872, 1 (1), pp.145-154. �10.1051/jphystap:018720010014500�. �jpa-00236767�
145 DE LA PROPAGATION DE LA CHALEUR ET DE LA DISTRIBUTION
DE
L’ÉLECTRICITÉ;
PAR M. A. POTIER.
La distribution de l’électricité à la surface des conducteurs soumis à leur influence mutuelle est un
problème complétcment
résolupour les
physiciens ;
la loi trouvée par Coulomb permettant demettre ce
problème
enéquation,
il ne resteplus qu’une question
de pure
analyse; mains,
en dchors d’un nombre de castrès-restreint,
les formules
analytiques auxquelles
on arrive ne se laissent traduireen nombre que difficilement et
péniblement;
sous leurcomplica-
tion il cst
impossible
devoir,
même en gros, l’allure desphéll0- mènes,
cequi
est souvent pour lesphysiciens
lepoint ilnportant;
tandis
qu’en
se laissantguider
parl’analogie,
il estpossible,
leplus
souvent, de se rcndre comptecomplètement
de cette distribll-tion,
en comparant l’étatélectrique
d’unsystème composé
de con-ducteurs
séparés
par un milieu isolant avec l’étatthermique
per-inanent d’un corps conducteur ayant la même forme que le milieu
isolant ,
et danslequel
les conducteurs seraientremplacés
par dessources de chaleur à
température
constante.L’identité des
équations auxquelles Poisson,
Green et Fourieront été conduits en cherchant à
appliquer l’analyse
à ces deux pro-blèmes
implique
nécessairement une relation entre les données etle résultat de l’un et les données et le résultat de l’autre. Je me suis
proposé de montrer,
ainsi que IVI. VV. Thomson l’avaitdéjà
fait(1),
mais d’une manière
plus
élémentaire et enquelque
sortegéomé- trique, qu’il
n’cst pas nécessaire de mettre cesproblènes
enéqua-
tion pour voir
qu’ils
sontidentiques
aufond,
et que de leur coin-paraison
seule résultcnt les théorèmesprincipaux
de la théoric del’électricité.
§1.
Considérons Lixl milieu
homogène indéfini,
conducteur de la chia-leur,
et dont latempérature
uniforme seraprise
comme zéro1’ ] .
(1) Cambridge Mathelnatical Journal, t. Ili, p. Í i est 189.
; (=) Cette supposition ayant pour but de permettre de dire « l~a température d’un point du milieu », au lieu de « la différence entre la température de ce point et la teixi- pérature initiale ».
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:018720010014500
146
Distribuons dans ce milieu différentes sources de chaleur à
tempéra-
ture constante, et proposons-nous de trouvcr l’état
thermique
per-manient, vers
lequel
tcndra lcmilicu9
étatthermique qui, théorique-
~n.cnt~ ne serait atteint
qu’au
bout d’un temps infini.La
température
despoints très-éloignés
des sources de chaleursera
toujours zéro,
et, à mesurequ’on
serapprochera
des sources,cette
température
variera en passant d’unpoint
à un autre, et pren- draenfin,
sur les surfaces parlesquelles
la chaleur scrépand
dansle
milieu,
les différentes valcursV 1, V 2,..., particulières
à chacunedes sources. Le lieu des
points
dont latempérature
est la mémc seraune
surface
iso~hen~~~e. Unesphère
de rayon infini sera l’isotherme àtempérature zéro;
les surfaces des sources ferontpartie
des iso-thermes
V 1, ~’ ~, ....
Leslignes qui coupent à angle
droit toutes cessurfaces seront les
lignes
depropagation
de la clxalcur ou, pour êtreplus bref,
leslignes de,)7°e~7~~c~ïZOjt. Si,
sur une surfaceisotherme,
nous
découpons
unepetite
surface M, et que par tous lespoints
ducontour de m nous menons les
lignes
depropagation correspondantes,
nous obtiendrons ainsi un filet
qui
ne recevra ni neperdra
de chaleurlatéralement, puisque
latéralement il ne se trouve en contactqu’a-
vec des
portions
du milieu à la mêmetempérature
que lui. Si nous limitons ce filet dans le sens de salongueur
par deux sections noir-males,
c’est-à-dire faisantpartie
de deux surfacesisothermes,
il re-cevra de la chaleur par une de ses bases et en
perdra
par l’autreune
quantité égale, puisque,
l’état permanent étantatteint,
la tenl-pérature
decaque point
du filet reste Invariable.Cette
quantité
dechaleur, qui
s’écoule ainsi parchaque
sectiondu filet dans l’unité de temps, est le
produit
de la surface M de la section par la variation de latempérature
suivant l’axe duhlct,
etpar un certain coefficient
dépendant
de la nature dumilieu,
etqui
est son coefficient de conductibilité absolu. Par variation de tent-
pérature,
nous entendrons la différence detempérature
de deuxpoints
situés sur l’axe dufilet,
et dont la distance est l’unité(celle-ci
étant
supposée
assezpetite)
ou le rapport de la diflérencc detrempé-
rature de deux
points
de l’axe très-voisins à leur distance(1).
Endésignant
par s cettevariation,
nous dirons quele flux
de chaleur àù
~’ ~ ~’est C’est la déi,1;ée 1 î dérivée~V ,2013
de la de la temi>é:.ature température prise prise sui;ant suivant la normale la norn?ale aux aux surfacessurfaces.-in isothermes.
147
travers un élément w
découpé
sur une surface isotllerme esteo)~,
et ce liux sera le même pour toutes les sections du filet ayant w pour base. Le flux de chaleur à travers une section du filet orientée d’une manière
quelconque,
ayant même centre que ~~, serait encore le mêmes. Si w~désigne
cettesection,
al’angle qu’elle
fait avec la sur-face
isotherme,
oul’angle
de sa normale avec laligne
de propaga-tion,
comme ce =o/cos~,
le flux pourra s’~crire ~ c~o ~ cos a . Il estnul,
comme on devaits’y attendre,
pour toute surface w~ passant par uneligne
depropagation.
Les éléments de l’état
thermique
étant maintenantdéfinies,
ils’agit
de calculer leur valeur.
Or,
si nous supposons les sources de chaleur divisées en deux groupes A etB,
latempérature
d’unpoint quel-
conque du milieu sera la somme des
températures qu’aurait
cepoint
si les groupes A et B existaient seuls.
L’échange
de chaleur entredeux
points quelconques,
e t par suite le flux à travers une surfacequelconque.,
sera la sommealgébrique
des flux dus au groupe A seulet au groupe B seul. Ce l~.ux sera donc nul si la normale à la surface fait avec la
ligne
depropagation
du groupe A et avec celle dugroupe B
deux
angles
a, oei(fig. 1)
dont les cosinus soient en raison inverse Fig. t .des variations e, ~1,
correspondant
à ces deux groupes, et designe contraire,
tels que l’on ait e cos cc -p el cos ai -~. o, d’où résulte la construction suivante : portez sur laligne
depropagation
apparte-nant au
groupe A
unelongueur égale
à -r; sur laligne
depropagation correspondant
au groupeB,
unelongueur égale
à 6j ; composez ces deuxlignes
comme desforces ;
le flux sera nul pour tout élément.passant par leur résultante. Celle-ci est donc
dirigée
suivant laligne
de
propagation
de l’ensemble des groupesA,
B.Quant
à la variation de cetteten2pérature
suivant cetteligne
dechaleur,
elle estprécisément égale
à cette résultante. Eneffet,
leflux
correspondant
à un élément normal à cetteligne,
de suri’ace o,148
sera
kw (E cos~3
-~- e1COS~1)’ {3 et {31 désignant
lesangles
que formecette résultante avec chacune des composantes. Les
longueurs
decelles-ci étant e ct e 1, la
quantité
entreparenthèses
est bien la résul-tante
elle-même,
et,puisque
le flux est leproduit
k oe par cette ré-sultaiite,
celle-ci doit être la variation dans lcsystèmc
résultant del’cnsemble des deux groupes.
Donc l’état
tllcrmiquc
dû au groupe A et celui dû au groupe B étant connus, on connaitra dans tous ses éléments l’étatthermique
dû au groupe A + B. On pcut diviser de même chacun des groupes A
et B. En continuant ainsi
indéfiniment,
nous arriverons à décom- poser l’cnsemble des sources de chaleur donné en une induite desources de surfaces infiniment
petites,
et, pour obtenir l’état tlicr-niique final,
on devra : 10ajouter
lestempératures
et les flux dus àchacunc de ces sources Infiniment
petites ;
2° composer comme des forces lcs variatiolls( ~ ~ supposées dirigées
suivant lcslignes
de pro-pagation.
On pourra suivre lepremier procédé
ou ledeuxième;
carde la connaissance des
températures
il est facile de déduire celle deslignes
depropagatioll
et de lavariation,
etréciproquement.
Lesecond
procédé
est celui queje
suivrai.Il faut commencer par déterminer les
lignes
depropagation
et lavariation
quand
la source de cl1aleur se réduit à U11 élément infini-ment
petit unique.
Les surfaces isothermes sont alors dessphères,
les
lignes
depropagation
deslignes
droites convergents. Les filetsortll0gonaux
aux surfaces isotherines sont des cônes d’unepetite
ouverture
angulaire.
Le flux e mk est le même pour un de cespetits cônes,
àquelque
distance du sommet que se fasse la section. Si adésigne
la surface de la section faite à l’unité de distance du som-met, 1 la distance à
laquelle
est faite la section c~, on a ~ ~77’~,
et le flux est s n 2 ~ ~ 7~ . Ce flux étant
indépendant
de r~, on voitque e doit varier en raison inversc du carré de la distance.
Si nous
désignons
par F laquantité
totale de clialeu1- queperd
notre source infiniment
petite pendant
l’unité de temps, cette quan- tité est encoreégale
à la somme des fluxqui
traversent lcs éléments d’uncspl1ère
de rayonquelconque,
e 1est-à-dire z À- X la surface decette
sphère,
ou 4 ^ n ~ E ~ . Leproduit
si,’ estdonc -.2013,?
et E v autF 1 1 ’d ., ’1 ’
-
lorsque
la source se réduit a un élément.~7:A~
Donc,
si l’on connaissait pourcliaque
élément infinimentpetit
1
149 des surlaces cles sources de chaleur la
quantité
F de chaleurqu’il pcrd
dans l’unitc de temps, il faudraitjoindre
unpoint quelconque
1B1du milieu à cliacun de ces
éléments,
porter sur chaeune de ces droitesune
longueur égale
à~ 7t h Ît’ r 2
L~ ’IT n r ’]. puis composer ’ toutes ces droites comme,des forces : la direction de la résultante serait celle de la
ligne
depropagation
aupoint l~’I~
et sagrandeur
donnerait la valeur de lavariation e en ce
point.
§ II.
Considérons
maintenant,
en même temps que le milieuqui
nousoccupe, un autre
milieu,
mauvais conducteur de l’électricité et danslequel
nousplacerons
diflërents corps ayant mêmes surfaces quenos sources de
chaleur,
etchargeons
chacun des él~’nlents de ces sur-faces l’ . , l, ’1 .." l F
· C . , d"
faces d’une
quantité
d’électricitéégale
~n à -,2013.-’ . Cettequantité
d’é-47-~
lclectri cité
repousserait
une masse d’électricitépositive égale
à l’unitél, au . 1B1 avec une force l, à F d..’ . 1
placée
aupoint
avec une forceégale
à 4 TI" If r2’ @dirigée
suivant la1 o
~7r/f/~
"droite
qui joint
lepoint
I12 à l’élémentconsidéré,
ct la force totalequi agirait
sur cette masseégale
à l’unité s’ obticndrait en composanteces diverses forces. Par
suite,
cette force aura même direction que laligne
depropagation,
et sagrandeur
seraprécisément s.
Il est facile de voir à
quoi répond
cette distribution de l’électri- cité.Considérons,
eneffet,
un élément de la surface d’une de nos sources. En cepoint,
comme aupoint M,
la direction de la résul-tante des actions
électriques
est celle de laligne
depropagation.
Lasurface de la source étant une surface isotherme, cette résultante
lui est
perpendiculaire :
l’électricité accumulée sur l’élément 7 seradonc sollicitée à sortir
( 1 )
de la surface surlaquelle
elle est retenue( 1 ) Si nous représentons par
Lk
la quantité d’électricité accumulée sur l’unité fi -,rkde surface de l’élément c, de telle sorte que F ~ f ~-, la force qui sollicite la quantité
F d’ "l ... f~ e . t
l fi d h 1 .. l,.. d
r d’électricité sera
-¡--k’
s étant le flux de chaleur qui passe à travers l’unité de4~ j«
surface de dans le problème thermique,
c’est-à-dire -
F, ou f; par suite, la force est,
c
Fl /"* ....
f 1 . l. ] FI"
I ’Tr F3 ~ c
ou c ‘ E ~ k ; ce qui est toujours positif, quel que soit le signe de F ou y, c’est-,T,- r OE 4,-r It
à-dire la nature de l’électricité. La force est donc toujours dirigée ver s l’extérieur de la
source.
150
par le
pouvoir isolant,
niais 110n à se mouvoir dans un sens (lll dans l’autre sur cette surface. Cette électricité sera donc enéquilibre,
etla distribution
électrique
que nous avonsimaginée
estprécisément
celle
qui
seproduirait
si les diiférel1ts corps étaientchargés
chacund’une
quantité
d’électricitéégale
à la somme des valeurs de F pourses
éléments,
et soumis à leur influence mutuelle.On peut aller
plus
loin et chercher àquoi correspond,
dans leproblème électrique,
latempérature
V de chacune de nos sources.Considérons,
enetret,
une moléculeélectrique
de masse ~ i ~placée
en unpoint quelconque
sur la surfacc isotherme detrempé-
rature vo, et donnons-lui un mouvement
qui
la fasse passer sur la surface isotherme voisine detempérature v1 :
la forcequi
la solli-cite est ~ ~ la
projection
de chemin parcouru sur la direction de laforce, qui
est normale aux surfacesisothermes,
est la distance IL deces deux surfaces au
point considéré :
le travail effectué par les forcesélectriques
sera dlMais,
par définitione.=201320132013??
lorces
électriques
sera donc sfi.H aIS,
par (e Il1Itlon E ‘-r’
ce travail est
donc f,l
vo;donc,
si l’on fait arriver d’unpoint
situéà l’infini une molécule
électrique
de masse Ijusque
sur la surfaceisotherme de
température
v, le travail des forcesélectriques
sera lasomme des accroissement successifs de ~, et comme la
température
est zéro pour les
points
situés àl’infini,
ce travail serasimple-
ment v. Si nous faisons arriver cette molécule
jusqu’à
la surface de la source àtempérature ~’ 1,
parexemple,
on trouveraitV,
pour le travailtotal,
c’est-à-dire pour lepotentiels
de l’électricité sur cettesurface
(~).
La distribution
électrique
considérée est donc celle que pren- dront les différentes surfaces des sources considérées si elles étaientchargées d’électricité,
de telle manière que lepotentiel
soitvi ~ V9, ... ,
c’est-à-direreprésenté
par le même nombre que laten1.pé-
rature.
En
résumé,
nous avons ramené l’un à l’autre les deuxproblèmes
suivants : -.
I. Un
système
de corps , àtempératures fixes, v, , V 9, ...,
étantplongé
dans un milieuconducteur,
de conductibiliték, homogène
et
indéfini,
dont latempérature
est zéro pour lesrégions
infini-( ~) Voir ce Journal, même tome, p. çc.
151 ment
éloignées,
trouver la distribution de latempérature
et lesquantités
de chaleurqui
passent par un élémentsuperficiel
dumilieu.
Il. Un
système
de corpschargés d’électricité,
depotentiel ’11’
V 2,
... , étantséparés
par un milieuisolant.,
trouver la valeur dupotentiel
en unpoint quelconque
et la distribution de l’électricitésur ces différentes corps.
Les surfaces isothermes du
problème 1
sont les surfacesd’égal potentiel
duproblème II;
le nombrequi exprime
latet~~~.~~.’ °~.-~tu~~e
dans le
premier exprime
lepotentiel
dans lesecond
leslignes
de~~~o~.~~t~ ~tio~z
dupre~n.ier
sont tangentes el la direction de laforce
que solliciterait une molécule
électrique
dans lesecond,
et la gran- deur de cette force estprécisément
la (variation s de latempérature
ou I du flux
due ~I~ccle~~~° ~ travers l’unité de surface isotherme. Laquaiitité
d’électricité existant encliaque point
des surfaces donnéesur l’unité de surface
(ou
’ la densitéélectrique) esl 1
~- ’ çz e(e
’ étant.
pris
pour cepoint
enparticulier
et extérieurement à lasurface),
tandis que la perte de chaleur de cette mème surface est h s.
~
III.Tout théorème relatif à l’état
calorifique
a donc son correspond- dant dans l’étatélectrique,
etinversement
tel résultat quesuggère
l’évidence
physique
dans l’un d’eux se traduit immédiatement pour l’autre en un énoncé que le calcul n’aurait tiréqu’avec peine
de laloi de l’attraction : tel est, par
exemple,
lepouv oir
despointes.
Ilest clair
qu’un
corps d’une forme voisine del’ellipsoïde
et maintenuà une
température
constante laisseras’échapper,
par chacun des éléments de sasurface ,
unequantité
de chaleur d’autantplus grande
que la courbure seraplus prononcée,
et que l’élément con- sidéré verra uneplus grande portion
del’espace.
La loi de distribu- tion de l’électricité étant la même que celle des flux dechaleur,
ladensité
électrique
sera aussi d’autantplus grande
que la courbure de laportion
de la surface seraplus grande.
Si l’on considère une cage dont tous les barreaux soient chauffés
et maintenus à une
température
constante au sein d’Llll milieu con-152
ductcur,
il est clair que,lorsque
l’état permanent seraatteint,
latempérature
scra forcément constante dans laplus grande partie
decette cage.
Si,
cneffet,
on essaye de tracer autour des barreaux la surface isothermecorrespondant
à unetempératurc (correspondant
à latempérature
despoints également
distants desbarreaux)
un peu in- férieure à laleur,
on verra que cette surface doit être tout entière u l’extéricLlr de la cage, sansquoi
il cntrcrait dans celle-ci un flux continu dechaleur j
et par suite latempérature
ne sauraits’y
main-tenir constante. Il
n’y
a donc sur tout le côté interne des harreauxqu’un
de chaleurtrès-faible,
et parsuite,
si on les supposechargés d’électricité,
presque toute celle-ci sc portera vers leurcôté externe, d’autant
plus complètement qu’ils
serontplus
rappro- C11és.C’est
l’expérience
bien connue de la chambre deFaraday,
àlaquelle
M.Terquenl
a récemment donné une formetrès-élégante ( 2~oir
même tome, p.2g ~,
et que M. w~. Thomson arépétée
pour les forcesmagnétiques.
§ lV.
Nous avons vu que, dans tout filet
orthogonal
aux surfaces iso-thermes,
laquantité
de chaleur kméqui
entrait par une des bases étaitégale
à cellequi
sortait par l’autre base. Leproduit
oos est doncconstant pour un méme filet dans toute sa
longueur,
et ceproduit
n’est autre
chose,
dans leproblème électrique,
que la forcequi agirait
sur de l’électricitérépandue
avec la densité i sur la surface de 1’élément w.Donc,
si l’on considère deux surfaces isothermescouverte d’électricité de densité i , la somme des forces
appliquées
sur les dinérents éléments de l’une sera
égale
à la somme corres-pondantc
pour l’autre surface. Cette somme étant constante,quel
que soit
l’épanouissement
de la surface isothermeconsidérée,
celle-ci ne diffère des autres que par la manière dont cette somme
de forces
s’y
distribue.Découpons
l’une de ces surfaces en ungrand
nombrc d’élémentsd’inégale grandeur, tels,
que leproduit
cos soit le même pour cha-cun d’eux et
égal
à l’unité. Considérons les filets ayant pour base153
ces difrérents éléments et les
lignes
depropagation
passant par leurs centres; si nous coupons un de ces filets en unpoint quel-
conque par un
plan,
le flux de chaleur à travers la section obtenuesera le même et
égal
à la valeur de maqui
nous a servi depoint
dedépart. Donc,
pour connaitrc laquantité
de chaleurqui
passera àtravers une surface
quelconque,
il sufl’Zra de compter combien elle coupe de cesfilets,
ou combien delignes
depropagation qui
leurservent
d’axe,
et ce nombre donnerait en même temps l a forcequi agirait
sur unepetite
surfacechargée
d’électricité de densité r .Ces
lignes, dirigées
de telle sorte que la forcequi
sollicite unemolécule attirable leur est
toujours
tangente, et dont le nombre par unité de surface estproportionnel
àl’intensité,
sont leslig7zes
deforce
de.,~ W ~~t~e~~;
leur ensenible constitue lechainp (électrique
oumagnétique
suivant que l’ons’occupe
d’électricité ou demagné- tisme), l’emploi
d’unpareil système
delignes
supposanttoujours
que les forces mises en
jeu
varient en raison inverse du carré de ladistance,
cette condition étantindispensable
pour que leproduit
oeisoit constant pour un mcme filet.
La ’considération de ces lignes ou des surfaces auxquelles elles sont nor-
males est si importante et si utile dans toutes les questions d’électricité (sta- tique et dynamique) et de magnétisme, qu’il est bon d’indiquer ici les plus simples de ces surfaces. La température ou le potentiel est toujours représenté
par V.
I. Plans.
Si on les prend parallèles au plan des xy, V = az + b, a == a.
II. Cylindres.
10 ’Les cylindres de révolution autour d’un même axe. V= a logr + b) E
== a)
r r étant le rayon.
21 Les cylindres de révolution ayant pour base les cercles V = logr - logr’,
r et r’ représentant les distances à deux points fixes; les lignes de force sont
des cercles, lieux des points d’où l’on voit ces deux points sous un angle constant.
3° Les cylindres ayant pour bases des ellipses ou des hyperboles homofocales.
III. Slllfaces de révolutiort.
10 Des sphères concentriques
2° Les surfaces de révolution
Y == 2013 2013 2013,?
> r et r’ étant les distances à deuxr r
1 points fixes.
154
On trouvera dans les ouvrages de M. Lame
(Théorie
de la cha-leur et Théorie des coordonnées
curvilignes)
tous les détails rcla- tifs à la théorie de ces surfaces.LA TEMPÉRATURE DU SOLEIL PAR M. A. BOUTAN.
La
question
relative à latempérature
du Soleil aoccupé,
dansces derniers tc111pS , les Recueils
scientifiques
et les Académies.Astronomes et
physiciens
ont dit leur mot en cetteoccasion,
etpourtant les résultats obtenues sont tcllement discordants
qu’il
estimpossible,
à l’heurequ’il
est, de se faire sur cepoint
uneopinion qui s’appuie
surquelque
fait concluant.Le P. Secchi et 1_~T. Watterston ont été
conduits,
par leursexpé- riences,
à évaluer cettetempérature
à c~ Olt 10 iiiillioiis dedegrés.
Celles de M. Soret conduiraient à 5 zzzzllions 300 ooo
degrés. Après
un examen
plus
attentif de laquestion,
le P. Secchi estimequ’en fixant,
comme limiteinférieure,
5 oit 6 7~zilliozzs dedegrés,
il seplace
dans des conditionstelles ~07z
ne pezct ~’cccczcset°d’e.x.czbéna~-
iiozz. 1B1. Ericsson déduit de ses essais un chiffre
compris
entre2 et 3 millions de
degrés.
1B1. Zôllner estplus
modéré dans sonestination;
selonlui,
latempérature
interne du Soleil serait com-prise
entre 68 ooo et 102000degrés.
1B1.Spoerer adopte
le llo1nbre 27 ooodegrés.
1B1. H. Sainte-ClaireT~eville,
prenant, commepoint
de
départ,
ses propres déterminations et celles de 1~~.Debray
surla combustion de
l’hydrogène,
inclinerait à penser que latempéra-
ture de la surface du Soleil ne doit pas
s’éloigner l~c~zccozrp
de2500 à 280o
degrés. Enfin,
1B1. E.Vicaire,
sOL~mettallt à une cri-tique sérieuse,
etparfaitement
fondée suivant nous, la méthodeemployée
par le P. Secchi pour le calcul de sesexpériences,
et la(’ ) P. A. SECcm : Le Soleil, p. et suiv. - J. Emcsso~ : ( Solar Beat) Natiii-e,
t. VI, p. 3A4; 1872. - FAYE : Comptes rendus de l’flcadérraie des Sciences, t. LXXIII, p. I 1 23 ; I8~ I . - E. VICAIRE: Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t. LXXIV, p. 3 ï ; ~ 1872. - H. SAINTE-CLAIRE DEVILLE : ConzhteS rendus de l’Académie des Sczences,
t. LXXIV, p. i ! 5 ; 1872. - ci. RAYF.T :~Revzce des cours scientifiques. Article sur Zollner.
i8~2, nl 2~, p. 5oi.