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De la propagation de la chaleur et de la distribution de l'électricité

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(1)

HAL Id: jpa-00236767

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00236767

Submitted on 1 Jan 1872

HAL

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De la propagation de la chaleur et de la distribution de l’électricité

A. Potier

To cite this version:

A. Potier. De la propagation de la chaleur et de la distribution de l’électricité. J. Phys. Theor. Appl.,

1872, 1 (1), pp.145-154. �10.1051/jphystap:018720010014500�. �jpa-00236767�

(2)

145 DE LA PROPAGATION DE LA CHALEUR ET DE LA DISTRIBUTION

DE

L’ÉLECTRICITÉ;

PAR M. A. POTIER.

La distribution de l’électricité à la surface des conducteurs soumis à leur influence mutuelle est un

problème complétcment

résolu

pour les

physiciens ;

la loi trouvée par Coulomb permettant de

mettre ce

problème

en

équation,

il ne reste

plus qu’une question

de pure

analyse; mains,

en dchors d’un nombre de cas

très-restreint,

les formules

analytiques auxquelles

on arrive ne se laissent traduire

en nombre que difficilement et

péniblement;

sous leur

complica-

tion il cst

impossible

de

voir,

même en gros, l’allure des

phéll0- mènes,

ce

qui

est souvent pour les

physiciens

le

point ilnportant;

tandis

qu’en

se laissant

guider

par

l’analogie,

il est

possible,

le

plus

souvent, de se rcndre compte

complètement

de cette distribll-

tion,

en comparant l’état

électrique

d’un

système composé

de con-

ducteurs

séparés

par un milieu isolant avec l’état

thermique

per-

inanent d’un corps conducteur ayant la même forme que le milieu

isolant ,

et dans

lequel

les conducteurs seraient

remplacés

par des

sources de chaleur à

température

constante.

L’identité des

équations auxquelles Poisson,

Green et Fourier

ont été conduits en cherchant à

appliquer l’analyse

à ces deux pro-

blèmes

implique

nécessairement une relation entre les données et

le résultat de l’un et les données et le résultat de l’autre. Je me suis

proposé de montrer,

ainsi que IVI. VV. Thomson l’avait

déjà

fait

(1),

mais d’une manière

plus

élémentaire et en

quelque

sorte

géomé- trique, qu’il

n’cst pas nécessaire de mettre ces

problènes

en

équa-

tion pour voir

qu’ils

sont

identiques

au

fond,

et que de leur coin-

paraison

seule résultcnt les théorèmes

principaux

de la théoric de

l’électricité.

§1.

Considérons Lixl milieu

homogène indéfini,

conducteur de la chia-

leur,

et dont la

température

uniforme sera

prise

comme zéro

1’ ] .

(1) Cambridge Mathelnatical Journal, t. Ili, p. Í i est 189.

; (=) Cette supposition ayant pour but de permettre de dire « l~a température d’un point du milieu », au lieu de « la différence entre la température de ce point et la teixi- pérature initiale ».

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphystap:018720010014500

(3)

146

Distribuons dans ce milieu différentes sources de chaleur à

tempéra-

ture constante, et proposons-nous de trouvcr l’état

thermique

per-

manient, vers

lequel

tcndra lc

milicu9

état

thermique qui, théorique-

~n.cnt~ ne serait atteint

qu’au

bout d’un temps infini.

La

température

des

points très-éloignés

des sources de chaleur

sera

toujours zéro,

et, à mesure

qu’on

se

rapprochera

des sources,

cette

température

variera en passant d’un

point

à un autre, et pren- dra

enfin,

sur les surfaces par

lesquelles

la chaleur sc

répand

dans

le

milieu,

les différentes valcurs

V 1, V 2,..., particulières

à chacune

des sources. Le lieu des

points

dont la

température

est la mémc sera

une

surface

iso~hen~~~e. Une

sphère

de rayon infini sera l’isotherme à

température zéro;

les surfaces des sources feront

partie

des iso-

thermes

V 1, ~’ ~, ....

Les

lignes qui coupent à angle

droit toutes ces

surfaces seront les

lignes

de

propagation

de la clxalcur ou, pour être

plus bref,

les

lignes de,)7°e~7~~c~ïZOjt. Si,

sur une surface

isotherme,

nous

découpons

une

petite

surface M, et que par tous les

points

du

contour de m nous menons les

lignes

de

propagation correspondantes,

nous obtiendrons ainsi un filet

qui

ne recevra ni ne

perdra

de chaleur

latéralement, puisque

latéralement il ne se trouve en contact

qu’a-

vec des

portions

du milieu à la même

température

que lui. Si nous limitons ce filet dans le sens de sa

longueur

par deux sections noir-

males,

c’est-à-dire faisant

partie

de deux surfaces

isothermes,

il re-

cevra de la chaleur par une de ses bases et en

perdra

par l’autre

une

quantité égale, puisque,

l’état permanent étant

atteint,

la tenl-

pérature

de

caque point

du filet reste Invariable.

Cette

quantité

de

chaleur, qui

s’écoule ainsi par

chaque

section

du filet dans l’unité de temps, est le

produit

de la surface M de la section par la variation de la

température

suivant l’axe du

hlct,

et

par un certain coefficient

dépendant

de la nature du

milieu,

et

qui

est son coefficient de conductibilité absolu. Par variation de tent-

pérature,

nous entendrons la différence de

température

de deux

points

situés sur l’axe du

filet,

et dont la distance est l’unité

(celle-ci

étant

supposée

assez

petite)

ou le rapport de la diflérencc de

trempé-

rature de deux

points

de l’axe très-voisins à leur distance

(1).

En

désignant

par s cette

variation,

nous dirons que

le flux

de chaleur à

ù

~’ ~ ~’est C’est la déi,1;ée 1 î dérivée

~V ,2013

de la de la temi>é:.ature température prise prise sui;ant suivant la normale la norn?ale aux aux surfacessurfaces.

-in isothermes.

(4)

147

travers un élément w

découpé

sur une surface isotllerme est

eo)~,

et ce liux sera le même pour toutes les sections du filet ayant w pour base. Le flux de chaleur à travers une section du filet orientée d’une manière

quelconque,

ayant même centre que ~~, serait encore le mêmes. Si w~

désigne

cette

section,

a

l’angle qu’elle

fait avec la sur-

face

isotherme,

ou

l’angle

de sa normale avec la

ligne

de propaga-

tion,

comme ce =

o/cos~,

le flux pourra s’~crire ~ c~o ~ cos a . Il est

nul,

comme on devait

s’y attendre,

pour toute surface w~ passant par une

ligne

de

propagation.

Les éléments de l’état

thermique

étant maintenant

définies,

il

s’agit

de calculer leur valeur.

Or,

si nous supposons les sources de chaleur divisées en deux groupes A et

B,

la

température

d’un

point quel-

conque du milieu sera la somme des

températures qu’aurait

ce

point

si les groupes A et B existaient seuls.

L’échange

de chaleur entre

deux

points quelconques,

e t par suite le flux à travers une surface

quelconque.,

sera la somme

algébrique

des flux dus au groupe A seul

et au groupe B seul. Ce l~.ux sera donc nul si la normale à la surface fait avec la

ligne

de

propagation

du groupe A et avec celle du

groupe B

deux

angles

a, oei

(fig. 1)

dont les cosinus soient en raison inverse Fig. t .

des variations e, ~1,

correspondant

à ces deux groupes, et de

signe contraire,

tels que l’on ait e cos cc -p el cos ai -~. o, d’où résulte la construction suivante : portez sur la

ligne

de

propagation

apparte-

nant au

groupe A

une

longueur égale

à -r; sur la

ligne

de

propagation correspondant

au groupe

B,

une

longueur égale

à 6j ; composez ces deux

lignes

comme des

forces ;

le flux sera nul pour tout élément.

passant par leur résultante. Celle-ci est donc

dirigée

suivant la

ligne

de

propagation

de l’ensemble des groupes

A,

B.

Quant

à la variation de cette

ten2pérature

suivant cette

ligne

de

chaleur,

elle est

précisément égale

à cette résultante. En

effet,

le

flux

correspondant

à un élément normal à cette

ligne,

de suri’ace o,

(5)

148

sera

kw (E cos~3

-~- e1

COS~1)’ {3 et {31 désignant

les

angles

que forme

cette résultante avec chacune des composantes. Les

longueurs

de

celles-ci étant e ct e 1, la

quantité

entre

parenthèses

est bien la résul-

tante

elle-même,

et,

puisque

le flux est le

produit

k oe par cette ré-

sultaiite,

celle-ci doit être la variation dans lc

systèmc

résultant de

l’cnsemble des deux groupes.

Donc l’état

tllcrmiquc

au groupe A et celui dû au groupe B étant connus, on connaitra dans tous ses éléments l’état

thermique

au groupe A + B. On pcut diviser de même chacun des groupes A

et B. En continuant ainsi

indéfiniment,

nous arriverons à décom- poser l’cnsemble des sources de chaleur donné en une induite de

sources de surfaces infiniment

petites,

et, pour obtenir l’état tlicr-

niique final,

on devra : 10

ajouter

les

températures

et les flux dus à

chacunc de ces sources Infiniment

petites ;

composer comme des forces lcs variatiolls

( ~ ~ supposées dirigées

suivant lcs

lignes

de pro-

pagation.

On pourra suivre le

premier procédé

ou le

deuxième;

car

de la connaissance des

températures

il est facile de déduire celle des

lignes

de

propagatioll

et de la

variation,

et

réciproquement.

Le

second

procédé

est celui que

je

suivrai.

Il faut commencer par déterminer les

lignes

de

propagation

et la

variation

quand

la source de cl1aleur se réduit à U11 élément infini-

ment

petit unique.

Les surfaces isothermes sont alors des

sphères,

les

lignes

de

propagation

des

lignes

droites convergents. Les filets

ortll0gonaux

aux surfaces isotherines sont des cônes d’une

petite

ouverture

angulaire.

Le flux e mk est le même pour un de ces

petits cônes,

à

quelque

distance du sommet que se fasse la section. Si a

désigne

la surface de la section faite à l’unité de distance du som-

met, 1 la distance à

laquelle

est faite la section c~, on a ~ ~

77’~,

et le flux est s n 2 ~ ~ 7~ . Ce flux étant

indépendant

de r~, on voit

que e doit varier en raison inversc du carré de la distance.

Si nous

désignons

par F la

quantité

totale de clialeu1- que

perd

notre source infiniment

petite pendant

l’unité de temps, cette quan- tité est encore

égale

à la somme des flux

qui

traversent lcs éléments d’unc

spl1ère

de rayon

quelconque,

e 1est-à-dire z À- X la surface de

cette

sphère,

ou 4 ^ n ~ E ~ . Le

produit

si,’ est

donc -.2013,?

et E v aut

F 1 1 ’d ., ’1 ’

-

lorsque

la source se réduit a un élément.

~7:A~

Donc,

si l’on connaissait pour

cliaque

élément infiniment

petit

1

(6)

149 des surlaces cles sources de chaleur la

quantité

F de chaleur

qu’il pcrd

dans l’unitc de temps, il faudrait

joindre

un

point quelconque

1B1

du milieu à cliacun de ces

éléments,

porter sur chaeune de ces droites

une

longueur égale

à

~ 7t h Ît’ r 2

L~ ’IT n r ’]. puis composer toutes ces droites comme,

des forces : la direction de la résultante serait celle de la

ligne

de

propagation

au

point l~’I~

et sa

grandeur

donnerait la valeur de la

variation e en ce

point.

§ II.

Considérons

maintenant,

en même temps que le milieu

qui

nous

occupe, un autre

milieu,

mauvais conducteur de l’électricité et dans

lequel

nous

placerons

diflërents corps ayant mêmes surfaces que

nos sources de

chaleur,

et

chargeons

chacun des él~’nlents de ces sur-

faces l’ . , l, ’1 .." l F

· C . , d"

faces d’une

quantité

d’électricité

égale

~n à -,2013.-’ . Cette

quantité

d’é-

47-~

lc

lectri cité

repousserait

une masse d’électricité

positive égale

à l’unité

l, au . 1B1 avec une force l, à F d..’ . 1

placée

au

point

avec une force

égale

à 4 TI" If r2’ @

dirigée

suivant la

1 o

~7r/f/~

"

droite

qui joint

le

point

I12 à l’élément

considéré,

ct la force totale

qui agirait

sur cette masse

égale

à l’unité s’ obticndrait en composante

ces diverses forces. Par

suite,

cette force aura même direction que la

ligne

de

propagation,

et sa

grandeur

sera

précisément s.

Il est facile de voir à

quoi répond

cette distribution de l’électri- cité.

Considérons,

en

effet,

un élément de la surface d’une de nos sources. En ce

point,

comme au

point M,

la direction de la résul-

tante des actions

électriques

est celle de la

ligne

de

propagation.

La

surface de la source étant une surface isotherme, cette résultante

lui est

perpendiculaire :

l’électricité accumulée sur l’élément 7 sera

donc sollicitée à sortir

( 1 )

de la surface sur

laquelle

elle est retenue

( 1 ) Si nous représentons par

Lk

la quantité d’électricité accumulée sur l’unité fi -,rk

de surface de l’élément c, de telle sorte que F ~ f ~-, la force qui sollicite la quantité

F d’ "l ... f~ e . t

l fi d h 1 .. l,.. d

r d’électricité sera

-¡--k’

s étant le flux de chaleur qui passe à travers l’unité de

4~

surface de dans le problème thermique,

c’est-à-dire -

F, ou f; par suite, la force est

,

c

Fl /"* ....

f 1 . l. ] FI"

I ’Tr F3 ~ c

ou c ‘ E ~ k ; ce qui est toujours positif, quel que soit le signe de F ou y, c’est-

,T,- r OE 4,-r It

à-dire la nature de l’électricité. La force est donc toujours dirigée ver s l’extérieur de la

source.

(7)

150

par le

pouvoir isolant,

niais 110n à se mouvoir dans un sens (lll dans l’autre sur cette surface. Cette électricité sera donc en

équilibre,

et

la distribution

électrique

que nous avons

imaginée

est

précisément

celle

qui

se

produirait

si les diiférel1ts corps étaient

chargés

chacun

d’une

quantité

d’électricité

égale

à la somme des valeurs de F pour

ses

éléments,

et soumis à leur influence mutuelle.

On peut aller

plus

loin et chercher à

quoi correspond,

dans le

problème électrique,

la

température

V de chacune de nos sources.

Considérons,

en

etret,

une molécule

électrique

de masse ~ i ~

placée

en un

point quelconque

sur la surfacc isotherme de

trempé-

rature vo, et donnons-lui un mouvement

qui

la fasse passer sur la surface isotherme voisine de

température v1 :

la force

qui

la solli-

cite est ~ ~ la

projection

de chemin parcouru sur la direction de la

force, qui

est normale aux surfaces

isothermes,

est la distance IL de

ces deux surfaces au

point considéré :

le travail effectué par les forces

électriques

sera dl

Mais,

par définition

e.=201320132013??

lorces

électriques

sera donc sfi.

H aIS,

par (e Il1Itlon E ‘

-r’

ce travail est

donc f,l

vo;

donc,

si l’on fait arriver d’un

point

situé

à l’infini une molécule

électrique

de masse I

jusque

sur la surface

isotherme de

température

v, le travail des forces

électriques

sera la

somme des accroissement successifs de ~, et comme la

température

est zéro pour les

points

situés à

l’infini,

ce travail sera

simple-

ment v. Si nous faisons arriver cette molécule

jusqu’à

la surface de la source à

température ~’ 1,

par

exemple,

on trouverait

V,

pour le travail

total,

c’est-à-dire pour le

potentiels

de l’électricité sur cette

surface

(~).

La distribution

électrique

considérée est donc celle que pren- dront les différentes surfaces des sources considérées si elles étaient

chargées d’électricité,

de telle manière que le

potentiel

soit

vi ~ V9, ... ,

c’est-à-dire

représenté

par le même nombre que la

ten1.pé-

rature.

En

résumé,

nous avons ramené l’un à l’autre les deux

problèmes

suivants : -.

I. Un

système

de corps , à

températures fixes, v, , V 9, ...,

étant

plongé

dans un milieu

conducteur,

de conductibilité

k, homogène

et

indéfini,

dont la

température

est zéro pour les

régions

infini-

( ~) Voir ce Journal, même tome, p. çc.

(8)

151 ment

éloignées,

trouver la distribution de la

température

et les

quantités

de chaleur

qui

passent par un élément

superficiel

du

milieu.

Il. Un

système

de corps

chargés d’électricité,

de

potentiel ’11’

V 2,

... , étant

séparés

par un milieu

isolant.,

trouver la valeur du

potentiel

en un

point quelconque

et la distribution de l’électricité

sur ces différentes corps.

Les surfaces isothermes du

problème 1

sont les surfaces

d’égal potentiel

du

problème II;

le nombre

qui exprime

la

tet~~~.~~.’ °~.-~tu~~e

dans le

premier exprime

le

potentiel

dans le

second

les

lignes

de

~~~o~.~~t~ ~tio~z

du

pre~n.ier

sont tangentes el la direction de la

force

que solliciterait une molécule

électrique

dans le

second,

et la gran- deur de cette force est

précisément

la (variation s de la

température

ou I du flux

due ~I~ccle~~~° ~ travers l’unité de surface isotherme. La

quaiitité

d’électricité existant en

cliaque point

des surfaces donnée

sur l’unité de surface

(ou

la densité

électrique) esl 1

~- çz e

(e

étant

.

pris

pour ce

point

en

particulier

et extérieurement à la

surface),

tandis que la perte de chaleur de cette mème surface est h s.

~

III.

Tout théorème relatif à l’état

calorifique

a donc son correspond- dant dans l’état

électrique,

et

inversement

tel résultat que

suggère

l’évidence

physique

dans l’un d’eux se traduit immédiatement pour l’autre en un énoncé que le calcul n’aurait tiré

qu’avec peine

de la

loi de l’attraction : tel est, par

exemple,

le

pouv oir

des

pointes.

Il

est clair

qu’un

corps d’une forme voisine de

l’ellipsoïde

et maintenu

à une

température

constante laissera

s’échapper,

par chacun des éléments de sa

surface ,

une

quantité

de chaleur d’autant

plus grande

que la courbure sera

plus prononcée,

et que l’élément con- sidéré verra une

plus grande portion

de

l’espace.

La loi de distribu- tion de l’électricité étant la même que celle des flux de

chaleur,

la

densité

électrique

sera aussi d’autant

plus grande

que la courbure de la

portion

de la surface sera

plus grande.

Si l’on considère une cage dont tous les barreaux soient chauffés

et maintenus à une

température

constante au sein d’Llll milieu con-

(9)

152

ductcur,

il est clair que,

lorsque

l’état permanent sera

atteint,

la

température

scra forcément constante dans la

plus grande partie

de

cette cage.

Si,

cn

effet,

on essaye de tracer autour des barreaux la surface isotherme

correspondant

à une

températurc (correspondant

à la

température

des

points également

distants des

barreaux)

un peu in- férieure à la

leur,

on verra que cette surface doit être tout entière u l’extéricLlr de la cage, sans

quoi

il cntrcrait dans celle-ci un flux continu de

chaleur j

et par suite la

température

ne saurait

s’y

main-

tenir constante. Il

n’y

a donc sur tout le côté interne des harreaux

qu’un

de chaleur

très-faible,

et par

suite,

si on les suppose

chargés d’électricité,

presque toute celle-ci sc portera vers leur

côté externe, d’autant

plus complètement qu’ils

seront

plus

rappro- C11és.

C’est

l’expérience

bien connue de la chambre de

Faraday,

à

laquelle

M.

Terquenl

a récemment donné une forme

très-élégante ( 2~oir

même tome, p.

2g ~,

et que M. w~. Thomson a

répétée

pour les forces

magnétiques.

§ lV.

Nous avons vu que, dans tout filet

orthogonal

aux surfaces iso-

thermes,

la

quantité

de chaleur kmé

qui

entrait par une des bases était

égale

à celle

qui

sortait par l’autre base. Le

produit

oos est donc

constant pour un méme filet dans toute sa

longueur,

et ce

produit

n’est autre

chose,

dans le

problème électrique,

que la force

qui agirait

sur de l’électricité

répandue

avec la densité i sur la surface de 1’élément w.

Donc,

si l’on considère deux surfaces isothermes

couverte d’électricité de densité i , la somme des forces

appliquées

sur les dinérents éléments de l’une sera

égale

à la somme corres-

pondantc

pour l’autre surface. Cette somme étant constante,

quel

que soit

l’épanouissement

de la surface isotherme

considérée,

celle-ci ne diffère des autres que par la manière dont cette somme

de forces

s’y

distribue.

Découpons

l’une de ces surfaces en un

grand

nombrc d’éléments

d’inégale grandeur, tels,

que le

produit

cos soit le même pour cha-

cun d’eux et

égal

à l’unité. Considérons les filets ayant pour base

(10)

153

ces difrérents éléments et les

lignes

de

propagation

passant par leurs centres; si nous coupons un de ces filets en un

point quel-

conque par un

plan,

le flux de chaleur à travers la section obtenue

sera le même et

égal

à la valeur de ma

qui

nous a servi de

point

de

départ. Donc,

pour connaitrc la

quantité

de chaleur

qui

passera à

travers une surface

quelconque,

il sufl’Zra de compter combien elle coupe de ces

filets,

ou combien de

lignes

de

propagation qui

leur

servent

d’axe,

et ce nombre donnerait en même temps l a force

qui agirait

sur une

petite

surface

chargée

d’électricité de densité r .

Ces

lignes, dirigées

de telle sorte que la force

qui

sollicite une

molécule attirable leur est

toujours

tangente, et dont le nombre par unité de surface est

proportionnel

à

l’intensité,

sont les

lig7zes

de

force

de

.,~ W ~~t~e~~;

leur ensenible constitue le

chainp (électrique

ou

magnétique

suivant que l’on

s’occupe

d’électricité ou de

magné- tisme), l’emploi

d’un

pareil système

de

lignes

supposant

toujours

que les forces mises en

jeu

varient en raison inverse du carré de la

distance,

cette condition étant

indispensable

pour que le

produit

oei

soit constant pour un mcme filet.

La ’considération de ces lignes ou des surfaces auxquelles elles sont nor-

males est si importante et si utile dans toutes les questions d’électricité (sta- tique et dynamique) et de magnétisme, qu’il est bon d’indiquer ici les plus simples de ces surfaces. La température ou le potentiel est toujours représenté

par V.

I. Plans.

Si on les prend parallèles au plan des xy, V = az + b, a == a.

II. Cylindres.

10 ’Les cylindres de révolution autour d’un même axe. V= a logr + b) E

== a)

r r étant le rayon.

21 Les cylindres de révolution ayant pour base les cercles V = logr - logr’,

r et r’ représentant les distances à deux points fixes; les lignes de force sont

des cercles, lieux des points d’où l’on voit ces deux points sous un angle constant.

3° Les cylindres ayant pour bases des ellipses ou des hyperboles homofocales.

III. Slllfaces de révolutiort.

10 Des sphères concentriques

Les surfaces de révolution

Y == 2013 2013 2013,?

> r et r’ étant les distances à deux

r r

1 points fixes.

(11)

154

On trouvera dans les ouvrages de M. Lame

(Théorie

de la cha-

leur et Théorie des coordonnées

curvilignes)

tous les détails rcla- tifs à la théorie de ces surfaces.

LA TEMPÉRATURE DU SOLEIL PAR M. A. BOUTAN.

La

question

relative à la

température

du Soleil a

occupé,

dans

ces derniers tc111pS , les Recueils

scientifiques

et les Académies.

Astronomes et

physiciens

ont dit leur mot en cette

occasion,

et

pourtant les résultats obtenues sont tcllement discordants

qu’il

est

impossible,

à l’heure

qu’il

est, de se faire sur ce

point

une

opinion qui s’appuie

sur

quelque

fait concluant.

Le P. Secchi et 1_~T. Watterston ont été

conduits,

par leurs

expé- riences,

à évaluer cette

température

à c~ Olt 10 iiiillioiis de

degrés.

Celles de M. Soret conduiraient à 5 zzzzllions 300 ooo

degrés. Après

un examen

plus

attentif de la

question,

le P. Secchi estime

qu’en fixant,

comme limite

inférieure,

5 oit 6 7~zilliozzs de

degrés,

il se

place

dans des conditions

telles ~07z

ne pezct ~’cccczcset°

d’e.x.czbéna~-

iiozz. 1B1. Ericsson déduit de ses essais un chiffre

compris

entre

2 et 3 millions de

degrés.

1B1. Zôllner est

plus

modéré dans son

estination;

selon

lui,

la

température

interne du Soleil serait com-

prise

entre 68 ooo et 102000

degrés.

1B1.

Spoerer adopte

le llo1nbre 27 ooo

degrés.

1B1. H. Sainte-Claire

T~eville,

prenant, comme

point

de

départ,

ses propres déterminations et celles de 1~~.

Debray

sur

la combustion de

l’hydrogène,

inclinerait à penser que la

tempéra-

ture de la surface du Soleil ne doit pas

s’éloigner l~c~zccozrp

de

2500 à 280o

degrés. Enfin,

1B1. E.

Vicaire,

sOL~mettallt à une cri-

tique sérieuse,

et

parfaitement

fondée suivant nous, la méthode

employée

par le P. Secchi pour le calcul de ses

expériences,

et la

(’ ) P. A. SECcm : Le Soleil, p. et suiv. - J. Emcsso~ : ( Solar Beat) Natiii-e,

t. VI, p. 3A4; 1872. - FAYE : Comptes rendus de l’flcadérraie des Sciences, t. LXXIII, p. I 1 23 ; I8~ I . - E. VICAIRE: Comptes rendus de l’Académie des Sciences, t. LXXIV, p. 3 ï ; ~ 1872. - H. SAINTE-CLAIRE DEVILLE : ConzhteS rendus de l’Académie des Sczences,

t. LXXIV, p. i ! 5 ; 1872. - ci. RAYF.T :~Revzce des cours scientifiques. Article sur Zollner.

i8~2, nl 2~, p. 5oi.

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