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Article p.81 du Vol.44 n°3 (2014)

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ÉDITORIAL /EDITORIAL

Les congrès en l’ an 2030 !

Congresses in 2030!

G. Lesur

© Springer-Verlag France 2014

Pierre Dac avec son humour légendaire disait « Les prédic- tions sont difficiles… surtout lorsqu’elles concernent l’ave- nir ». À quelquesjours du grandcongrèsannuelfrancophone de pathologie digestive, risquons-nous à réfléchir à ce que pourraient êtreles congrès médicaux en 2030. Car hormisle sexe des participants qui y sera très certainement majoritai- rementféminin… beaucoup d’inconnues persistent! « Mais nous n’y serons plus » penserontles plus âgés d’entre vous, cependant qui sait sil’âge delaretraite ne va pas encore être reculé ?

Le mot congrès vient dulatin « congressum » et signifie

«réunion de personnes qui délibèrentsur desrecherches, des études communes ou des intérêts communs en différents domaines ». Les congrès dans leur forme actuelle rentrent naturellement dans ce cadre avec cette notion de réunion, c’est-à-dire de rassemblement de personnes. Mais les hom- mes du dictionnaire étaient prévoyants puisque rien n’in- dique que ces personnes aux centres d’intérêt communs soient nécessairement réunies dans un même endroit. Quant au moment ? Vous me voyez venir…

Sans être ni devin ni Cassandre, on peut sans grand risque penser que les congrès dans leur forme actuelle seront bientôt du passé et il y a à cela plusieurs raisons. D’abord, desraisonsfinancières carle coût del’inscription à ces congrès augmente alors même que chacun est de plus en plus souvent contraint derégler sa participation avec ses propres deniers. Et comme cela est unfait nouveau, on peut comprendre qu’il y ait, sur ce point, quelques grincements de dents et de la résistance. Et ce d’autant qu’il n’yapas beaucoup de professions qui se forment aussi régulière- ment et consciencieusement que la profession médicale. L’obligation de formation qui nous est faite pourrait, comme dans d’autres domaines, valoir compensation. Mais ce combat n’est pas à mener, car dans les circonstances actuelles,il est perdu d’avance.

Maissicoût nouveauil ya pour nous médecins,coûtcrois- santil y a aussi pourles organisateurs. Pour ces organisateurs qui pourraient voir progressivement diminuer le nombre de participants, une façon de réduireles coûts est naturellement de ne plus faire de réunion physique... mais avec le risque pour ces mêmes organisateurs de disparaître. Surtout à ces freinsfinanciers pourraient venirs’ajouter des «accélérateurs » techniques. Latechnique moderne permet chaquejour un peu plus et un peu mieux dansle domaine destransmissions, des échanges et du partage d’informations qui sont le cœur et le nœudfédérateur desréunions physiques actuelles. Etl’exem- ple de certaines réunions post-congrès organisées sous forme de vidéoconférencesinteractives va certainement se dévelop- per. Ce n’est donc pas de la science-fiction que d’imaginer qu’il en sera de même pourla plupart des congrès médicaux dans les années à venir. Dans un autre domaine, qui aurait imaginé il y a seulement dix ans que tous les concerts de l’Orchestre Philharmonique de Berlinsont désormais visibles partous 24 heures sur 24surInternet ? Car sile congrès dans saformeactuelleréunit dans un mêmelieu,illefaitégalement dans untemps donné. Àl’avenir,il est plus que probable que ces deux éléments,lieu ettemps, soient dissociés, permettant à chacun de seformer commeill’entend.

En attendantlefutur où vous vous mettrez à niveau surle traitement minute d’Helicobacter pyloriou la guérison des cancers coliques par vidéocapsule chargée de molécules anticancéreuses efficaces, tout en commandant votre micro-onde et en téléchargeant (gratuitement ?) les derniers tubes de Stromae depuis votre montre/smartphone/CB/code génétique, c’est pour moi un grand plaisir que de vous per- mettre grâce à ce numéro d’Acta Endoscopicad’avoir de nouveauaccès à une version papier desrésumés des commu- nications de ces JFHOD consacrées à l’endoscopie. Car comme disait Pierre Dac, «l’avenir, c’est du passé en prépa- ration ». Bonnes JFHOD 2014 et bonnelecture !

G. Lesur (*)

Rédacteur en chef, hôpital Ambroise Pa, F-92100 Boulogne e-mail : gilles.lesur@apr.aphp.fr

Acta Endosc. (2014) 44:81 DOI 10.1007/s10190-014-0005-9

Cet article des Editions Lavoisier est disponible en acces libre et gratuit sur archives-acen.revuesonline.com

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