A NNALES DE L ’I. H. P.
D.W. S CIAMA
Les bases physiques de la théorie du champ unifié
Annales de l’I. H. P., tome 17, n
o1 (1961), p. 1-11
<http://www.numdam.org/item?id=AIHP_1961__17_1_1_0>
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Les bases physiques
de la théorie du champ unifié
par
D. W. SCIAMA (1).
~ . . Introduction. - La
plupart
desphysiciens
considèrent la théorie duchamp
unifié avec réserve. Monintention,
dans cetarticle,
est desuggérer
que cette réserve n’est pasjustifiée.
Je ne vais pasexpliquer
ou défendre une théorie
particulière,
maisplutôt
discuter lasignifica-
tion
physique
des théories non Riemanniennes engénéral.
Je dois insister dès le début sur le fait que
l’appellation
« théorie duchamp
unifié » aplus
d’un sens. PourEinstein,
ellesignifiait
unethéorie du «
champ total »,
dont la matière se trouvait être unaspect,
et dont les
propriétés
non linéaires devaient rendrecompte
de la quan- tification. Laplupart
desphysiciens
trouvent ce programme erroné.Qu’ils
aient raison ou non, c’est certainement unprojet
ambitieux.beaucoup
tropambitieux,
eneffet,
pour nos ressourcestechniques
actuelles. Pour les besoins de cet
article,
parconséquent, je
meplacerai
dans une
perspective plus
limitée de la théorie duchamp unifié,
et laconsidérerai comme une tentative d’utilisation d’une
géométrie
nonriemannienne pour décrire d’une
façon
nonquantique
tous leschamps
de force
qui
sont observés dans la nature. Ce programmeplus
limiténous permet d’utiliser des variables additionnelles non
géométriques
pour décrire la matière. En
dépit
de la nature clairementprovisoire
dece
procédé,
nouspourrions espérer qu’il
nous apporte un éclaircisse-ment sur le comportement de la matière tout comme en théorie rieman- nienne.
( 1 ) Conférence faite à l’Institut Henri Poincaré le II mai 1959. Texte anglais traduit
par Mme L. Bouche.
Sans
doute, l’argument physique principal qui
a étéinvoqué
contrela théorie du
champ
unifié est le manqued’analogue
auprincipe d’équivalence, qui,
bien sûr, est la basephysique
de la théorie rie- mannienne de lagravitation (par exemple, PAULI,
’!’lreTheory of’
Relativity,
traductionanglaise,
p. 227,I958).
Cetteobjection
esttellement fondamentale que toute discussion
physique
de la théorie duchamp
unifié doit commencer par cela. Dans leparagraphe suivant, je
discute donc ce
point,
et conclusqu’il
y a bien unanalogue
duprin- cipe d’équivalence
pour leschamps
nongravitationnels.
Dans les deux autres
paragraphes je
discute(a)
lasignification
de lapossibilité
de déduire leséquations
duchamp,
et(b)
lasignification physique
du groupe d’holonomie d’un espace. Cette discussion fournitun canevas pour l’élaboration de théories
spécifiques.
2. Le
principe d’Équivalence.
- Lechamp gravitationnel.
-- Leprincipe d’équivalence peut
êtreexposé
de diversesfaçons.
Je veuxl’aborder d’un
point
de vuequi
semble d’abordplutôt mathématique.
De toute
manière,
sasignification physique
est facilement éclaircie à la fin.Considérons d’abord en relativité restreinte une théorie de la
matière, représentée
par un fluide caractérisé par une fonction dechamp §
etqui
se transforme d’unefaçon
connue par une transfor- mation de Lorentz. On suppose que lecomportement
de la matière estrégi
par unlagrangien .e 0 qui
est unedensité,
fonction connuede tf
etde ses dérivées
premières tf,i
.~o ~ .~o ( ~r, v,z ~.
Cette théorie sera Lorentz-invariante si
I~~
se transforme comme unscalaire. En relativité restreinte une transformation de Lorentz
( homo- gène)
estengendrée
par une matriceantisymétrique qui
estindépendante
de laposition.
Nous admettons maintenant que notre théorie reste invariante si
nous prenons pour
o(ap)
une fonction deposition,
différentiable etarbitraire. Cela revient à faire une transformation de coordonnées non linéaire.
L’espace
demeureplat
par cettetransformation,
mais lelagran-
gien
devientest une fonction
de § qui dépend
de lafaçon dont Ç
se trans-forme par le groupe de Lorentz
(et
est la versionclassique
du flux despin) ( ‘-’ ~.
°Pour que le
lagrangien J:
soit invariant par cettetransformation,
nous devons introduire une nouvelle
quantité
dechamp
etexiger :
( i )
que toutes les dérivéesde §
dans 1: soient des dérivées cova-riantes, par
exemple si §
est un vecteur alors03C8(03B1);p= 03C8(03B1),p + Op(03B103B2)
03C8(03B2);
( ii )
que par notre transformation de Lorentzvariable, Op(03B103B2)
ne setransforme pas comme un tenseur de second rang, mais que le terme
- ~O(03B103B2) ~xp
s’y ajoute.
Notre
lagrangien original
devient maintenantL0 + Op(03B103B2)jp(03B103B2).
Il est
invariant,
car le Lermesupplémentaire
de(i)
est maintenant rem-placé
par un terme similaire dû auchangement
non tensoriel deOp(03B103B2).
Finalement,
nous formulons une troisièmeexigence
pourc’est-à-dire
que :(iii) Op(03B103B2)
ne soit pas, engénéral,
ungradient.
Op(03B103B2) ~
~O(03B103B2) ~xpdans tout
l’espace.
La condition pour ceci est queRpq ,
~Op(03B103B2) ~xq-
~Oq(03B103B2) ~xp +
op
( r )oq
(03B303B2) -q
(03B103B3, >p ( r g )
~ o.Nous considérons maintenant le sens
physique
de ceprocédé.
Leterme
supplémentaire
de( i ) représente
une relation entre lechamp §
et le
champ ~~U ( u’~ )
. C’est une relationfictive,
dans ce sensqu’il
estpossible
de la fairedisparaître partout
par une transformation variable de Lorentz convenable.Cependant, plutôt
que d’introduire un tel sys-( z ) Pour une discussion plus détaillée voir mon article dans le livre dédié au Pro- fesseur INFELD ( sous presse ).
4
tème de coordonnées
privilégié,
nous «légitimons »
la relation fictiveen
supposant qu’il
existe dans la nature un nouveauchamp 0~,
nonintégrable,
relié à la matière exactement comme~O(03B103B2) ~xp.
Le nouveaulagrangien
contient une relationqui
n’est pas fictivepuisque Op(03B103B2)
nepeut disparaître
nullepart.
De cette
façon,
nos conditions d’invariance ont «engendré »
un nou-veau
champ physique (qu’on
nepeut
à ce stade identifier avec aucunchamp connu).
Nous devons clairementajouter
aulagrangien
un termereprésentant
lapartie
du nouveauchamp qui
n’entre pas en interactionavec la matière. Le
lagrangien
devient alors~n+
+.~(~,~(«~))~
Nous sommes en mesure maintenant d’introduire le
principe d’équi-
valence. Le
principe
est lié au fait que nous avons la liberté d’introduireun nouveau terme de
couplage
contenant le tenseur decourbure,
dansle
lagrangien,
parexemple
un terme de la formeRpq(03B103B2)jpq(03B103B2),
où
jpq (03B103B2)
est une fonction de03C8.
L’existence d’un terme de cette formeest
compatible
avec la structure de notrelagrangien original, puisque
la courbure est
automatiquement nulle
dans un espace de Minkowski.Le
principe d’équivalence
affirme maintenant que tous les termes decette sorte sont nuls.. Ceci
signifie qu’on
suppose que toute l’interactionentre la matière et notre nouveau
champ apparaît uniquement
par laconversion des dérivées ordinaires en dérivées covariantes.
Nous devons maintenant examiner le sens
physique
duprincipe d’équivalence.
Pour cefaire,
nous considérons leséquations
du mou-vement pour notre
champ
de matière~, qui peuvent
êtredéduites
dulagrangien
par des méthodes variationnelles. Lapartie ..~o prise
seuleentraînerait que les
lignes
de courant sont desgéodésiques
.03B42xi
nt
os~ "
. = u.
Le terme
Op j~ (
donne des termes contenant la courbureNous voyons ainsi que tous les corps ne se
déplacent
pas sur la même orbite dans unchamp donné ;
leurspin
est en interaction avec la cour-bure
(cf.
A.PAPAPETROU, Proc. Roy.
Soc., I95I, p.209-248). Par suite, aussi,
leprincipe d’équivalence
n’affirme pas que tous les corps sedéplacent
sur desgéodésiques.
Cequ’il
affirme en fait estqu’il n’y
aplus,
dansl’équation
du mouvement de terme dérivé d’un termelagran- gien
de la forme(03B103B2) jpq (03B103B2)
et donccomportant
les dérivées de la courbure.Ce
principe suggère
maintenant que nous pouvons identifier notrenouveau
champ
avec unchamp déjà
connu. Car lesexpériences
deGalilée-Eötvös ont montré que la
gravitation
secomporte
comme notrenouveau
champ
dans ce fait que, lecouplage spin-orbite
étantnégli- geable
dans ce cas, différents corps ont la même orbite dans unchamp.
gravitationnel
donné. Bien sûr, le coefficient d’un terme commeRpq(03B103B2) jPq(ap)
devrait être trèsgrand
pour influencer de manièreappréciable
leséquations
du mouvement, mais apriori
ilpourrait
avoir
n’importe quelle
valeur(au
contraire du coefficient du termespin-orbite, qui
est déterminé par nos conditionsd’invariance).
Dansl’absence de toute autre
possibilité,
l’identification duchamp 0~, (a)
avec la
gravitation
semble trèsplausible.
b. Le
champ électromagnétique.
- Nous revenons maintenant à notrelagrangien original L~ o,
mais considéronsque §
estcomplexe.
Enplus
de la transformation deLorentz,
nous avons la transformation dephase
’
’f ~
ei~03B803C8
,qui,
nous le supposons, laisse lelagrangien
invariant(2).
Si maintenantnous
permettons
à e d’être une fonction deposition arbitraire,
nousavons
’
où
y
est une fonctionde § (et
est la versionclassique
du flux decharge,
si nous
anticipons
notre future identification avec lechamp
électro-magnétique).
.( 2) Pour une interprétation géométrique de cette supposition, voir D. W. SCIAMA Nuovo Cimento, t. 8, 1958, p. 417. ,
6
Pour que le
lagrangien
1: soitinvariant
par cettetransformation,
nousdevons introduire une nouvelle variable de
champ Ap
etexiger : (i)
que toutes les dérivéesde ~
dans ; soient des dérivéescovariantes,
c’est-à-dire
si §
se transforme avec un facteur e, alors== + i
(ii)
que par notre transformation dephase variable, Ap s’adjoigne
le terme.
__ . ~6
i ~
Notre
lagrangien original
devient maintenant L0 + i~Apjp,
Ceci est invariant parce que le terme
supplémentaire
de( 2 )
est main-tenant transformé en un terme similaire né du
changement
non tensorielde
A~.
Finalement,
nous formulons une troisièmeexigence
pourAp,
c’est-à-dire que
(iii) Ap
ne soit pas, engénéral,
ungradient
Ap ~ ~03C6 ~xp
dans’ tout l’espace.
La condition pour ceci est queFpq =
~Ap ~xq - ~Aq ~xp
~ o.
Il est clair que la condition
mathématique
icirappelle
exactementcelle donnée dans a. Comme nous utilisons des groupes
différents,
lastructure détaillée de nos
équations
estquelque
peu différente. En par-ticulier,
alors que lespropriétés
de transformationde §
par le groupe de Lorentz conduit au flux despin,
sespropriétés
de transformation par le groupe dephase (c’est-à-dire
la valeur deE)
détermine le flux decharge.
,Pour
justifier
l’identificationde J’p
avec le flux decharge,
nous consi-dérons les
aspects physiques
de la théorie. Commeprécédemment,
nousconsidérons les
Ap
comme un nouveauchamp qui
nécessite unlagran-
gien
libreindépendant.
Lelagrangien
total devient alorsEncore comme
précédemment,
nous pouvons considérer un terme additionnel de liaison contenant la courbureF pq,
c’est-à-direF pq jpq, où jpq
est une fonction de03C8.
Leprincipe d’équivalence
affirme main-tenant que tous les termes de celte sorte sont nuls.
Les
équations
de mouvement peuvent être dérivées commeprécé- demment,
et sontm03B42xi 03B4s2 + ~Fipjp = o
sans termes contenant la dérivée de
F.
La relationspin-courbure
estici
remplacée
par une relationcharge-courbure.
Ceséquations
de mou-vement
suggèrent
fortement que devrait être identifié avec lechamp électromagnétique.
Nous verronsqu’avec
cetteidentification,
leprincipe d’équivalence
devient évidentexpérimentalement.
Un terme de la forrne
Fpqjpq
adéjà
étéproposée
par Pauli pour rendrecompte
des momentsmagnétiques irréguliers
desnucléons,
maisce
phénomène
est maintenant attribué d’habitude aux nuages de mésonsqui
entourent les nucléons. Unepièce
à conviction en faveur duprin- cipe d’équivalence
fut d’abord mise en évidence par Gell-Mann(Nuovo Cimento, Suppl.,
t.~~, 1956,
p.8/8) qui appela
ceprincipe
« leprincipe
de
couplage
minimalélectromagnétique » ;
elle consiste dans le fait que le nombrequantique d’étrangeté
est conservé par des interactions élec-tromagnétiques. Maintenant,
si seulement de telles interactions sont de la forrneApjp,
ce fait serait uneconséquence automatique
de la pro-priété
de conservation del’étrangeté
de1:0.
D’un autre côté, un terme de la formeFpqjpq pourrait
relier deuxparticules
de différentesétrangetés
avec le
champ électromagnétique.
L’absence d’un telcouplage
mélan-geant les
étrangetés
nécessiterait alors uneexplication spéciale.
Nous pouvons conclure cette discussion en définissant le
principe d’équivalence
d’une manièregénérale : Quand
on introduit un nouveauchamp
en interaction avec la matière à cause de l’existence d’un grouped’invariance,
lelagrangien
ne contient aucune interaction entre la matière et la courbure duchamp.
Il est clair que ceprincipe
nesingu-
larise pas le
champ gravitationnel,
et que tous leschamps
liés à desgroupes d’invariance sont sur le même
pied.
Une méthodegénérale
pour les inclure dans la
géométrie
del’espace
seraindiquée
dans leparagraphe 4;
que tous leschamps
soient de ce type est encore unequestion
ouverte.8
3. Les équations de mouvement. - l,e sens
physique
d’unegéo-
métrie non riemannienne est
grandement
clarifié par le faitqu’on peut
déduire leséquations
du mouvement, deséquations
duchamp.
Carceci
permet
d’avoir unegéométrie plus compliquée qu’une géométrie riemannienne,
à condition quel’équation
du mouvernentqu’on
déduitpour un corps neutre et sans
spin
soit unegéodésique
d’un espace rie- mannien. Cet espaceriemannien, qui
sera déduit del’espace original
d’une manière bien
définie, peut
être identifié àl’espace physique
danslequel
onreprésente
le mouvement de corpsmacroscopiques
parexemple
lesystème
solaire.L’espace plus compliqué
demeure derrière la scène, mais se révèle :a. parce que
l’espace
riemannien ne satisfaitplus
auxéquations
d’Einstein
(il
y aura, engénéral,
des termessupplémentaires );
b. dans le mouvement de corps
plus compliqués,
parexemple
lescorps
chargés.
Nous pouvons décrire cette situation en disant
qu’un
corps neutre estune sonde insensible de la
géométrie
del’espace.
Ilindique
seulementla
part riemannienne.
Engénéral,
différents types departicules
met-tront en évidence différents
aspects
de lagéométrie
totale.Cette situation
peut
être illustrée comme suit :Supposons
que nousavons une théorie dans
laquelle
gij etTij
sont des valeurscomplexes
hermitiennes. Les
équations
de conservation sont alors(SCHRÖDINGER,
Proc.
Roy.
IrishAcad.,
t.51, I948,
p.205).
(gijEik + gjiEki),j + Ersgrs,k = 0.
Maintenant,
la matière neutre et sansspin
sera décrite par unTij
réelet
symétrique (SciAMA,
Proc. Camb. Phil. Soc.t, ~~, 1958,
p. ~2; ; NuovoCimento,
t,8, 1 g58,
p.4I7).
Car dans ce cas, on a(gij ik),j + I 2 rsgrs,k=
o’ou
Cette
équation
de conservationimplique
que la matière neutre et sansspin
sedéplace
lelong
desgéodésiques
d’un espace riemannien dont lamétrique
estlu (F
oÙEn
général,
en donnant àTi~
de.spropriétés spéciales,
la matièrequ’il
décrit révélera des
aspects spéciaux
de lagéométrie
totale. Nous arri- verions à la même conclusion si nous utilisions lessingularités
duchamp
pour décrire la matière.Je dois insister sur le fait que la situation est
complètement
différentesi l’on
généralise
la théorieoriginale
d’Einstein en introduisant un espacepenta
ou hexadimensionnel. Car dans de telles théories on doit faire unesupposition spéciale
sur les dimensionssupplémentaires
pourretrouver les
quatre
dimensions del’espace-temps physique.
D’autrepart,
dans les théories dutype invoqué plus haut,
laposition spéciale
de
l’espace
riemannien est une déduction de lathéorie,
une théoriequi
n’a pas été construite de
façon
arbitraire afin d’obtenir ce résultat. Nous concluonsqu’une
tellegénéralisation
de la théorieoriginale
d’Einsteinest à la fois naturelle et
physiquement
satisfaisante.4. . Le groupe d’holonomie. " Le groupe d’holonomie
apparaît
commeun instrument commode pour lier la
géométrie
del’espace
à laphysique
des
particules
élémentaires et de leurs interactions. Le groupe est définicomme suit :
Quand
unobjet géométrique placé
en unpoint
est trans-porté parallèlement
lelong
d’un contourfermé,
sa valeur finale différeraen
général
de sa valeuroriginale.
L’effet dutransport parallèle peut
êtrereprésenté
par unopérateur agissant
surl’objet original.
L’ensembledes
opérateurs correspondant
à tous les cheminsqui
commencentet finissent à un
point
donné forment un groupe : le groupe d’holo- nomie.Dans un espace Riemannien le
prototype
d’unobjet géométrique
estun vecteur, et
puisque
leslongueurs
sont conservées par touttransport
parallèle,
le groupe d’holonomiecorrespondant
est le groupe de Lorentz( ou peut-être
un sous-groupe du groupe deLorentz,
sil’espace
satisfaitquelques
restrictions engros).
’
Il est
important
decomprendre
que ce groupe de Lorentz a un sens différent de celui du groupe de Lorentz en relativité restreinte. Ce der- nier groupe est un groupe dedéplacements
dansl’espace
de Minkowski.Physiquement
il relie les observations de deux observateurs différentsen
déplacement
relatif uniforme l’un parrapport
à l’autre. D’autrepart,
le groupe d’holonomie de Lorentz se réduit à l’identité dans un espace de Minkowski. -La
signification physique
du groupe d’holonomiepeut
êtrecomprise
si nous considérons notre vecteur
prototype
commereprésentant
lespin
d’une
particule.
Si noustransportons
deux vecteursparallèles
en unpoint,
à un autrepoint,
les vecteurs résultants engénéral,
ne serontplus parallèles.
Cequi
veut dire que lesspins
desparticules
ne serontplus parallèles. Physiquement,
celasignifie
que lesspins
desparticules
ont été en interaction avec le
champ
degravitation
defaçons
différentes lelong
des deux chemins(cf. § 3). Autrementdit,
le groupe d’holonomie de Lorentzimplique
l’existence d’une interaction. Enconséquence,
nousdistinguerons
les deux types de groupes de Lorentz en lesappelant
ciné-matique
etdynamique.
L’objet
de cette distinction est, àl’origine,
de faciliterl’adaptation
du groupe de
spin isotopique
à lagéométrie
différentielle del’espace.
Ilfaut
regarder
ce groupeplutôt
comme un groupedynamique
que commeun groupe
cinématique ( e ), puisque quand,
parexemple,
un proton se transforme en neutron par uneiso-rotation,
celacorrespond physique-
ment à l’émission ou à
l’absorption
d’un méson 7r. Parsuite,
le groupe despin isotopiquc implique
l’existence d’une interaction. De cepoint
de vue le
champ 7!
estengendré
par la courbure associée au groupe d’holonomieapproprié.
Pour voir comment on
peut adapter
ce groupe à lathéorie,
nousconsidérons la table de
possibilités
suivante :ObjcL géométrique. Groupe d’holomonie. Tenseur métrique.
Vecteur réel Orthogonal (Lorentx) Réel symétrique
» complexe Unitaire (») ) Complexe hermitien
» quaternion Symplectique ( » ) Quaternion hermitien
la’objet géométrique
nepeut
pas êtreplus compliqué qu’un
vecteurquaternion, puisque
sur des basesphysiques,
nous devons travailler avec des coefficients d’unchamp algébrique,
cequi
nous limite auxnombres
réels, complexes
ou auxquaternions. (Le
même argument a été utiliséindépendamment
parFinkelstein,
Jauch etSpeiser (Cern, 59-7,
1959)
pour construire unemécanique quantique
dequaternions ) .
Un
quaternion
scalaireparaît
un choix naturel pour décrire les(3) C’est aussi le point de vue de Yang et Mills t. 96, I954, p. I9I) qui, cependant, n’incorporent pas leurs iso-rotations a la géométrie de l’espace. .
nucléons, puisque
si son groupe d’holonomie est le groupe dequater-
nions de normeunité,
les iso-rotations seront correctementreprésentées.
Donc la
quantité
maximale degénéralité mathématique
semble être reliéeau
degré
decomplexité
desparticules
élémentaires.Cependant,
notreobjet
n’est pasd’exposer
ici une théorie duchamp
unifiéparticulière,
mais
plutôt
de décrire les idéesphysiques sous-jacentes
à de tellesthéories. La relativité des
quaternions
sera décrite ailleurs.Je suis reconnaissant au Docteur R. Penrose pour d’utiles discussions.