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Résolution du ∂ pour les courants prolongeables définis dans un anneau

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Texte intégral

(1)

Résolution du pour les courants prolongeables définis dans un anneau

Salomon SAMBOU

Prépublication de l’Institut Fourier n537 (2001)

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Introduction

SoientX une variété analytique complexe de dimensionnetΩ ⊂⊂ X un domaine rela- tivement compact à bord

C

deX. PosonsD

=

X - Ω. Un courantT défini surD est dit prolongeable, siT est la restriction àD d’un courant Te défini surX. Supposons queX est une extensionq-convexe deΩ. On veut résoudre∂U

=

T surD, oùT est un courant prolon- geable-fermé. Ce problème entre donc dans le cadre généréal de la résolution du. On sait que pour les formes différentielles de classe

C

surD, cette équation n’a pas toujours une so- lution. Même dans le cas où l’on sait résoudre, on ignore parfois si pour une donnée de classe

C

jusqu’au bord, on a une solution

C

jusqu’au bord. D’après l’isomorphisme de Dolbeault si leadmet une solution pour les formes différentielles de classe

C

-fermées surD, alors il admet une solution pour les courants-fermés surD. Les courants prolongeables sont pour les courants ce que les formes différentielles de classe

C

définies jusqu’au bord sont pour les formes différentielles de classe

C

définies dans un domaine. Il est donc naturel de se deman- der siT est un courant prolongeable-fermé surD, il existe un courant prolongeableU défini surD, solution de∂U

=

T. Ce problème a déjà été étudié dans [13] dans le cas d’un domaine complètement strictementq-convexe à bord

C

.

Sous l’hypothèse

D

=

D, on sait d’après [11] que l’espace ˇ

D

0p,r

D (X)des courants prolon- geables de bidegré(p,r) définis surD est le dual topologique de l’espace

D

np,nr(D)des (n − p,nr)-formes différentielles de classe

C

, à support compact dansD. On va donc comme dans [13] résoudre leavec conditions de support et obtenir par dualité la résolution dupour les courants prolongeables. Mais contrairement au cas convexe,

D

np,nr(D)n’est pas un espace de Fréchet mais simplement une limite inductive d’espaces de Fréchet, d’où des difficultés à appliquer le théorème de l’application ouverte. Grâce à des artifices d’analyse

Math. classification: 32F10, 32F20.

Keywords: Courants prolongeables, équation de Cauchy-Riemann, domaine complètement strictementq-convexe, extensionq-convexe etq-concave généralisée.

(2)

fonctionnelle, on parvient à surmonter ce problème pour prouver le théorème suivant : T. — Soient X une variété de Stein de dimension n,Ω⊂⊂X un domaine relative- ment compact à bord

C

de X tels que X soit une extension q-convexe de,1 q n−1.

Alors

i) Pour1 r q et r n−2,

D

ˇ0p,r1

X (X)

= D

ˇ0p,r

X (X)∩ker∂. ii) Si q

=

n−1,

D

ˇ0p,n2

X (X)

=

nT

D

ˇ0p,n1

X (X)| hT ,ϕi

=

0,∀ϕ

D

np,1(X

- Ω)∩kero . Ce théorème est pour les courants prolongeables l’analogue du corollaire 2.2.13 de [8] sur les formes différentielles définies jusqu’au bord dans un anneau localq-concave.

Notons ˇHp,r(D) respectivement Hp,r (D) le (p,r)ième groupe de cohomologie de Dolbeault des courants prolongeables respectivement des courants. On a comme conséquence du théorème 4.1 de [13] et du théorème ci-dessus, les relations entre ˇHp,r(D)etHp,r (D)sui- vantes :

T. — Soient X une variété analytique complexe de dimension n et D un domaine à bord

C

de X . Supposons que :

a) bD est strictement q-concave,1 q n−1, alors l’application induite par restriction : ˇ

S

: ˇH0,r(D) -→ H0,r (D) est un isomorphisme pour0 r q−1 et

S

ˇ : ˇH0,q(D) -→ H0,q (D), est injective.

b) bD est strictement q-convexe,1 q n−1, l’application induite par restriction : ˇ

S

: ˇH0,r(D) -→H0,r (D) est un isomorphisme si r>nq et

S

ˇ : ˇH0,nq(D) -→H0,nq(D) est surjective.

La partieb)du théorème a été démontrée dans [9], théorème 3.13 pour un domaine à bord

C

par morceaux.

SiH0,r(D)respectivementH0,r(D)désigne le(0,r)-ième groupe de cohomologie de Dol- beault pour les formes différentielles de classe

C

surDrespectivement surD, on a sous les hypothèses du théorème ci-dessus les mêmes conclusions pour l’application induite par res- triction

S

:H0,r

(D)→H0,r(D).

On applique ces différentes relations entre groupe de cohomologie à l’étude de l’isomor- phisme de Dolbeault dans les hypersurfaces réelles. On sait que pour une variété analytique complexeX, l’application naturelle entre leHp,r(X)etHp,r (X)est un isomorphisme. Dans le cas d’une hypersurface réelleSdeX, à cause de l’absence du lemme de Poincaré pour leS

(3)

dans les degrés intermédiaires, l’application naturelle entreHp,r(S)etHp,r (S)semble ne pas être toujours un isomorphisme. On montre :

T. — Soient X une variété analytique complexe de dimension n et S une hypersur- face réelle de classe

C

de X . Si la forme de Lévi de S admet en chaque point de S :

i) q valeurs propres de même signe q n+21, l’application naturelle de H0,r(S)→H0,r (S) est surjective si nq r q−1, et H0,r(S)→H0,r (S)est injective si nq

+

1 r q.

ii) q paires de valeurs propres de signe contraire,1 q n21, l’application naturelle de H0,r(S)→H0,r (S)est un isomorphisme si0 r q−1et nq

+

1 r n−1,

H0,q(S) -H0,q (S) est injective et H0,nq(S) -H0,nq(S) est surjective.

Le casii)correspond au cas de la codimension 1 dans [9]. Ces résultats ont été annoncés dans [14].

1. Préliminaires

N1.1. — SoientX une variété analytique complexe de dimensionnetΩ ⊂⊂ X un domaine deX. PosonsD

=

X - Ω). On note

D

p,r(X

- Ω)l’espace des(p,r)-formes diffé- rentielles de classeCsurX et à support compact dansX - Ω. On munit

D

p,r(X - Ω)de sa topologie usuelle de limite inductive d’espace de Fréchet. ˇ

D

0p,r

D (X)désigne l’espace des cou- rants de bidegré(p,r)dansDprolongeables àX. D’après [11], si

D

=

D, alors ˇ

D

0Dp,r(X)est le dual topologique de

D

np,nr(X - Ω).

D1.2. — Une fonctionρde classe

C

surX est diteq-convexe, 1 q n, si sa forme de Lévi possède au moinsqvaleurs propres strictement positives.ρest diteq-concave si−ρestq-convexe.

D1.3. — SoientX une variété analytique complexe de dimensionnetΩ ⊂⊂ X un domaine relativement compact deX.Ωest complètement strictementq-convexe, 0 q n−1, s’il existe une fonctionϕ(q

+

1)-convexe, définie dans un voisinageUdeΩtelle que Ω

=

{zU |ϕ(z)<0}.

S’il existe une fonctionϕqui est(q

+

1)-convexe dans un voisinageUbdu bord deΩ, telle queΩ∩Ub

=

{zUb |ϕ(z)<0}, on dit alors queΩest strictementq-convexe.

X est une extensionq-convexe deΩ, 0 q n−1, s’il existe une fonctionϕ(q

+

1)- convexe, définie sur un voisinageU deX - Ωtelle queΩ∩U

=

{zU | ϕ(z) <0}et pour tout réelα, 0<α< sup

zU

ϕ(z), l’ensemble{zU |0 ϕ(z) α}est compact.

R1. — Puisque siU est un voisinage deX - Ω,U est aussi un voisinage du bord bΩdeΩ, alors siX est une extensionq-convexe deΩ,Ωest stricementq-convexe.

(4)

2. Résolution du avec conditions de support

Nous allons d’abord résoudre lepour les formes différentielles appartenant à

D

p,r(X- Ω). T1. — Soient X une variété de Stein de dimension n etΩ⊂⊂X un domaine rela- tivement compact à bord

C

de X tel que X soit une extension q-convexe deΩ,1 q n−1.

Alors,

i) si nq

+

1 r n−1,

D

p,r1(X - Ω)

= D

p,r(X - Ω)∩ . ii)

D

p,n1(X - Ω)est fermé dans

D

p,n(X - Ω).

iii) si r

=

nq et q n−2, soit f ∈

D

p,nq(X - Ω)∩ , alors pour toutε>0et tout

`N, il existe gε

D

p,nq1(X)tels quegε

=

f et|gε|`,<ε, où| |`, <ε, où| |`,désigne la norme C`sur.

Démonstration.

i) Soit f

D

p,r(X - Ω)∩ , f

D

p,r(X) . PuisqueX est de Stein, il existe h

D

p,r1(X), 1 r n1, telle que∂h

=

f surX. CommeX est une extensionq-convexe deΩ,Ωest strictementq-convexe dans une variété de Stein, donc complètement strictement q-convexe, cf. [3], théorème 5.14.

Puisque 2 nq

+

1 r, c’est-à-dire 1 nq r−1 et∂h

=

0 surΩcomplètement strictementq-convexe, il existe (cf. [10], théorème 2) une(p,r −2)-forme différentielle de classe

C

θsurtelle que∂θ

=

hsurΩ. Soiteθune extension

C

à support compact dansX deθ,u

=

h∂θeconvient.

ii) Pour montrer que

D

p,n1(X - Ω)est fermé dans

D

p,n(X - Ω), il suffit de montrer que :

D

p,n1(X - Ω)

=

f

D

p,n(X - Ω)|

X

fg

=

0, pour toute(n−p)-formeg holomorphe dans X . D’après le théorème de Stokes,

D

p,n1(X - Ω)⊂f

D

p,n(X - Ω)|

X

fg

=

0, pour toute(n−p)-formeg holomorphe dans X .

Soit f

D

p,n(X - Ω)telle que X fg

=

0, pour toute(n− p)-formegholomorphe dans X. D’après la proposition 20.2 de [3] et la régularité du, cf. [7], chapitre 5, corollaire 4.5, il existeh

D

p,n1(X) telle queh

=

f. On termine alors comme dansi). Par conséquent

f

D

p,n1(X

- Ω), d’où l’inclusion dans l’autre sens, ce qui donne l’égalité.

iii) Si f

D

p,nq(X - Ω)∩ , alors f

D

p,nq(X)∩ . Il existeh

D

p,nq1(X) telle que :

∂h

=

f sur X .

(5)

∂h

=

0 surΩethest une(p,nq −1)-forme différentielle-fermée surΩ. On ne sait pas résoudre∂U

=

hdansΩ.

Pour compléter iii)nous allons utiliser le lemme ci-dessous qui est une version

C

du théorème 12.11 de [3].

L2.1. — Soient X une variété analytique complexe de dimension n et D ⊂⊂ X un domaine strictement q-convexe tel que X soit une extension q-convexe de D,0 q n−1. Alors pour tous nq−1 r n et`N, l’image de l’application restriction de Z0,r` (X)→Z0,r` (D) est dense pour la norme| · |`,D.

Démonstration du lemme. — Elle est analogue à celle du théorème 12.11 de [3], où les résultats locaux avec estimations uniformes de Henkin et Leiterer sont remplacés par des ré- sultats locaux correspondants avec estimationsc`de Lieb et Range [10].

D’après le lemme 2.1, il existe une famille (ϕε)ε>0 de formes différentielles dans X, - fermées qui convergent vers h|Ω pour la topologie de la convergence uniforme des formes différentielles et de leurs dérivées d’ordre inférieur ou égal à`surΩ. Puisqueq n −2, il existe une famille(ψε)ε>0de(p,nq−2)formes différentielles de classe

C

surX telles que

∂ψε

=

ϕεsurX.

Soitχune fonction dans

C

(X) à support compact dansX qui vaut 1 dansΩ. Posons θε

=

χψεetgε

=

h∂θε. f

=

∂gε,gεest une(p,nq −1)forme différentielle à support compact dansX avec|gε|`,.

Notons que pour les assertionsi)etii)il suffit que D soit complètement strictementq- convexe. Le fait queX soit une extensionq-convexe deDne sert que pouriii).

R2. — Le théorème 1 reste vrai sous les hypothèses légèrement plus faibles sui- vantes :X est une variété analytique complexe de dimensionn etΩ ⊂⊂ X est un domaine relativement compact à bord

C

deX. On suppose queX est une extensionq-convexe deΩ et qu’il existe un ouvert de SteinU tel queΩ⊂⊂UX.

3. Résolution du pour les courants prolongeables

Comme conséquence de la résolution à support compact et de la dualité entre ˇ

D

0p,r

D (X)et

D

np,nr(X - Ω), nous avons le théorème suivant :

T2. — Soient X une variété de Stein de dimension n,Ω⊂⊂X un domaine relati- vement compact à bord

C

de X tels que X soit une extension q-convexe deΩ,1 q n−1.

Alors,

i) Pour1 r q et r n−2,

D

ˇ0p,r1

X (X)

= D

ˇ0p,r

X (X)∩ ∂.

(6)

ii) Si q

=

n−1,

D

ˇ0p,n2

X (X)

=

nT

D

ˇ0p,n1

X (X)| hT ,ϕi

=

0,ϕ

D

np,1(X - Ω)∩ o .

Pour faire la démonstration du théorème, on a besoin de deux lemmes :

L3.1. — Sous les hypothèses de la remarque 2, soit K un compact d’intérieur non vide de U -. Si T est un courant de bidegré(p,r)sur U -,∂-fermé et prolongeable à U , il existe un courant S(K)défini dans U -prolongeable à U tel que∂S(K)

=

T dansK , pour 1 r q et r n−2.

Si q

=

n−1pour tout TF

D

ˇ0p,n1

U (U)| hF ,ϕi

=

0,∀ϕ

D

np,1(U - Ω)∩ker , il existe un courant S(K)défini dans U -prolongeable à U tel que∂S(K)

=

T dansK .

Démonstration du lemme. — D’après la remarque 2,

D

np,nr(U - Ω)est fermé dans

D

np,nr+1(U

- Ω)pour 2 nq

+

1 nr

+

1 n, c’est-à-dire 1 r q.

Donc si 1 r q, pour un compactK deU - Ω, notons

D

np,nr+1

K (U - Ω)le sous- espace des formes différentielles appartenant à

D

np,nr+1(U - Ω)et qui ont leur support dansK.

D

np,nr+1

K (U - Ω)∩

D

np,nr(U - Ω)est fermé dans

D

np,nr+1

K (U - Ω)qui est un espace de Fréchet, c’est donc un espace de Fréchet.

D

np,nr+1

K (U- Ω)∩

D

np,nr(U- Ω)

=

S

ν∈N

D

np,nr+1

K (U- Ω)∩

D

np,nr

Kν (U- Ω)

; où(Kν)ν∈Nest une suite exhaustive de compacts deU - Ω. Il existeν0tel que

D

np,nr+1

K (U -

Ω)∩

D

np,nr

Kν0 (U- Ω)soit de deuxième catégorie de Baire. L’opérateurest alors un opérateur fermé de domaine de définitionϕ

D

np,nr

Kν0 (U - Ω)|∂ϕ

D

np,nr+1

K (U- Ω) entre les espaces de Fréchet

D

np,nr

Kν0 (U - Ω)et

D

np,nr+1

K (U - Ω)∩

D

np,nr(U - Ω)dont l’image est de seconde catégorie de Baire. Le théorème de l’application ouverte implique alors que cet opérateur est surjectif et ouvert. Donc

D

np,nr

Kν0 (U - Ω)∩

D

np,nr+1

K (U - Ω)

= D

np,nr+1

K (U - Ω)∩

D

np,nr(U - Ω). PosonsKe

=

Kν0. L’application

LKT :

D

np,nr+1

K (U - Ω)∩

D

np,nr

Ke (U - Ω) -C

∂ϕ -→ hT ,ϕi

est bien définie. En effet, si∂ϕ

=

∂ϕ0, on a(ϕϕ0)

=

0.ϕϕ0est une(np,nr)forme différentielle,-fermée à support compact dansKe, en particulier dansU - Ω.

∗ Sir q−1, d’aprèsi)du théorème 1 et la remarque 2, il existeθ

D

np,nr1(U -

Ω)tel queϕϕ0

=

∂θcarnr nq

+

1. Par densité de

D

np,nr1(U - Ω)dans

(7)

D

np,nr1(U - Ω), il existe une suite(θj)j∈Nd’éléments de

D

np,nr1(U - Ω)qui conver- gent uniformément versθdans

D

np,nr1(U - Ω)et par conséquenthT ,ϕi

=

hT ,ϕ0i

+

hT ,∂θi

=

hT ,ϕ0icarT étant-fermé,hT ,∂θi

=

lim

j+hT ,∂θji

=

0. Donc LKT(∂ϕ)

=

LKT(∂ϕ0).

∗∗ Sir

=

qetr n−2, soitTe une extension deT àU.∂Te est un courant à support compact surΩ, donc∂Teest d’ordre fini`. Puisqueϕϕ0

D

np,nq(U

- Ω)∩ pour toutε > 0, on a d’aprèsiii)du théorème 1 et la remarque 2, une(np,nq −1)forme différentiellehεde classe

C

à support compact dansUtelle queϕϕ0

=

∂hεet|hε|`, ε.

|hT ,e ∂hεi|

=

|h∂T ,he εi| c|hε|`,. Donc|hT ,e ∂hεi| -

ε→00, d’oùhT ,ϕi

=

hT ,ϕ0i, ainsiLKT(∂ϕ)

=

LKT(∂ϕ0).

∗ ∗ ∗ Siq

=

n−1 etTF

D

ˇ0p,n1

U (U)| hF ,ϕi

=

0,∀ϕ

D

np,1(U - Ω)∩ , ϕϕ0

D

np,1(U

- Ω)∩ et d’après l’hypothèse surT,hT ,ϕϕ0i

=

0. D’oùLKT(∂ϕ)

=

LKT(∂ϕ0).

L’applicationLKT est linéaire, mais également continue comme composée de deux applica- tions continues :

T :

D

np,nr

e

K (U - Ω) -C

et

δ:

D

np,nr+1

K (U - Ω)∩

D

np,nr

Ke (U - Ω) -

D

np,nr

Ke (U - Ω)

qui vérifieδ

=

I et qui est obtenue par application du théorème de l’application ouverte appliqué à

:ϕ

D

np,nr

e

K (U - Ω)|∂ϕ

D

np,nr+1

K (U - Ω) ⊂

D

np,nr

e

K (U - Ω)

-→

D

np,nr+1

K (U - Ω)∩

D

np,nr

e

K (U - Ω).

D’après le théorème de Hahn-Banach, on peut étendreLTK à une applicationLeKT :

D

np,nr+1 (U - Ω) → Cqui est linéaire et continue. DoncLeTK est un courant prolongeable défini dans U - Ωet∂LeTK

=

(−1)p+rT surKcar si ϕK,∂ϕ

D

np,nr+1

K ((U - Ω)ethLeKT,∂ϕi

=

(−1)p+rhT ,ϕi. On poseS(K)

=

(−1)p+rLeTK.

L3.2. — Sous les hypothèses du théorème 2, soient K1, K2, K3trois compacts d’intérieur non vide tels queK1 ⊂⊂ K2 ⊂⊂ K et Ki∪Ω

=

zX - ρ(z) < ηi ,i

=

1,2,3, oùρest une fonction d’exhaustion strictement plurisousharmonique qui existe du fait que X est de Stein. Soit T un courant prolongeable sur X -tel qu’il existe S2et S3deux(p,r−1)courants définis sur K2etK3et prolongeables à X tels que, pour tout indice i

=

2,3,∂Si

=

T surKiet soitε>0, alors il existe un courant prolongeableSe3défini surK3tel que :∂Se3

=

T surK3et

i) Se3K1

=

S2K1si2 r q ;

ii) |hSe3S2i||ϕ|0,K1, pour touteϕ

D

np,n(K1bΩ)si r

=

1.

(8)

Démonstration du lemme.

i) Comme∂S2

=

T surK2et∂S3

=

T surK3,(S2S3)

=

0 surK2. Puisque surK2, on peut résoudre lepour les formes différentielles à support compact dansK2bΩde bidegré(p,r) avec 2 nq

+

1 r n−1 et

D

np,n1(

K2bΩ)est fermé dans

D

np,n(

K2bΩ), cf. Remarque 2, on a d’après le lemme 3.1 et pourK un compact tel queK1 ⊂⊂ K ⊂⊂ K2un courantS(K)surKprolongeable àK2∪Ωtel queS2S3

=

∂S(K)surK.

Soientχune fonction dans

C

(X)à support compact dansK∪Ωqui vaut 1 dansK1 et Se(K)une extension deS(K)àX

S3

+

(χSe(K))

=

S2((1−χ)Se(K)) sur K1. On pose

Se3

=

S3

+

(χSeK).

ii) Sir

=

1, comme∂S2

=

T surK2et∂S3

=

T surK3,(S2S3)

=

0 surK2. Il existeθune p-forme holomorphe surK2telle queS3S2

=

θsurK2.

K2∪Ωest une variété de Stein,Ωest un compact deK2∪ΩetK2

=

(K2∪Ω)- Ωest connexe.

Par le phénomène de Hartogs, toutep-forme holomorphe surK2se prolonge holomorphique- ment àK2∪Ω. Soitθeun tel prolongement deθàK2∪Ω. Il existe alors, cf. [5], théorème 5.2.8, une suite(θj)j∈Nde p-formes holomorphes dansK3∪Ωqui convergent uniformément vers θesurK1∪Ω. Il existe j0tel que sup

K1∪Ω

|θj0θe|. PosonsSe3

=

S3θj0, on a|hSe3S2i| ε sup

K1∪Ω

|ϕ|, pour toutϕ

D

np,n(K1bΩ). Démonstration du théorème. — Considérons une suite exhaustive(Kj)jNde compacts deX - Ω. Supposons queKj∪Ω

=

zX | ρ(z) < ηj où(ηj)jNsont des réels tels que ηj < ηj+1etρest une fonction d’exhaustion strictement plurisousharmonique deX. Pour 2 r q, on associe à(Kj)j∈Ngrâce aux lemmes 3.1 et 3.2 une suite de courants(Sj)j∈N définis dansKj et prolongeables àX telle que∂Sj

=

T surKjet si j, j

+

1, j

+

2 sont trois indices consécutifs,Sj+2

=

Sj+1surKj.

La suite(Sj)j∈Nconverge vers un courantSdéfini surX - Ωet prolongeable. De plus,S est solution de l’équation∂U

=

T dansX - Ω.

Pourr

=

1, soitε > 0, il existe d’après les lemmes 3.1 et 3.2, une solutionSe3de∂S

=

T dansK3, une solutionS2de∂S

=

T dansK2telles que|hSe3S2i| ε|ϕ|0,K1, pour toute ϕ

D

np,n(

K1bΩ). On construit ainsi une suite(Sej)j∈Nde courants définis surKj et prolongeables àX tels que si j, j

+

1, j

+

2 sont trois indices consécutifs,|hSej+2Sej+1i|<

ε

2j|ϕ|0,Kj pour touteϕ

D

np,n(KjbΩ). La suite(Sej)jNest une suite de Cauchy pour la topologie faible. En effet, soitϕ

D

np,n(X - Ω), il existeNNtel que ϕKNbΩ et pour toutm>N etp>0

|hSem+pSemi| ε

2m1

+

· · ·

+

ε 2m+p1

|ϕ|0,KN ,

(9)

par conséquenthSem+pSemi -

m+ 0. Donc(Sej)j∈Nconverge faiblement versS.Sest li- néaire. En effet, soientϕ,ψ

D

np,n(X

- Ω).ϕ

+

ψ

D

np,n(X

- Ω). Il existeKNtel que

ϕ, ψ, (ϕ

+

ψ)soient inclus dansKN. hS,ϕ

+

ψi

=

lim

j>NhSj

+

ψi

=

lim

j>NhSji

+

lim

j>NhSji

=

hS,ϕi

+

hS,ψi. Soit(ϕν)ν∈Nune suite d’éléments de

D

np,n(X - Ω)avecϕν -→

ν→+0 dans

D

np,n(X - Ω). Il existe un compactKN tel que pour toutν, ϕνKN.|hS,ϕνi|

=

|limj>NhSjνi|et

|hSjνi| ε j1

k=N

1

2k|ϕν|0,KN

+

|hSN+1νi|. SN+1est un courant donchSN+1νi -

ν→+0 et par hypothèseϕν -→

ν→+0, donc|ϕν|0,KN -

ν→+

0. D’oùhSjνi -

ν→+0.Sest alors continu et est un courant prolongeable solution de l’équa- tion∂U

=

T dansX - Ω.

4. Invariance de la cohomologie pour les extensions q -concaves et q-convexes

Soient X une variété analytique complexe de dimension n etD un domaine de X. On noteHp,r(D)respectivementHp,r (D)le(p,r)ièmegroupe de cohomologie de Dolbeault des formes différentielles de classe

C

dansDrespectivement des courants dansD.

Si ˇZp,r(D)désigne l’espace des courants de bidegré(p,r)surDprolongeables,-fermés et Eˇp,r(D)

=

D

ˇ0p,r1

D (X), alors on note

Hˇp,r(D)

=

Zˇp,r(D) Eˇp,r(D) ,

le(p,r)ièmegroupe de cohomologie de Dolbeault des courants prolongeables définis surD.

Nous étudions dans ce paragraphe l’injectivité et la surjectivité de l’application induite par restriction :

ˇ

S

: ˇH0,r(D) -→H0,r (D).

D4.1. — Un domaineDX est dit à bord strictementq-convexe, respective- mentq-concave, si :

i) bDrencontre toutes les composantes connexes deX.

ii) Il existe un voisinageUdebD, une fonctionρ:UR,(q

+

1)-convexe, respectivement (q

+

1)-concave, tels que

DU

=

zU |ρ(z)<0 .

X est dit extensionq-convexe généralisée, respectivementq-concave généralisée, deDsi : 1) Drencontre toutes les composantes connexes deX.

2) Il existe une applicationρ:[0,

+

∞[×U →RU est un voisinage deX - Dtelle que :

(10)

a) Pour toutt ∈[0,

+

∞[,ρ(t ,·)est(q

+

1)-convexe, respectivement(q

+

1)-concave.

b) Pour toutzU,ρ(·,z)est une fonction décroissante.

c) L’applicationtρ(t ,·)est continue de[0,

+

∞[dans

C

(U ,R).

d)DU

=

{zU | ρ(0,z) < 0}et pour toutt > 0,{zU | ρ(t ,z)< 0} ∩ Dest relativement compact dansX.

SoitGun domaine deX. Supposons queGest une extensionq-concave généralisée deD, 1 q n−1. On a d’après [6] les résultats suivants : l’application induite par restriction

S

:H0,r

(G)→H0,r(D)est un isomorphisme pour 0 r q−1, (théorème 1.1.3).

S

:H0,q(G)H0,q(D)est injective, (théorème 1.1.4).

De plus, pour tout domaine Ω de X, l’application naturelle de H0,r(Ω) → H0,r (Ω), 0 r n, est un isomorphisme appelé isomorphisme de Dolbeault. On en déduit l’équivalent pour les courants de l’invariance de la cohomologie pour les extensionsq-concaves suivant : l’application induite par restriction

S

0 :H0,r (G)H0,r (D)est un isomorphisme pour 0 r q−1 ,

S

0 :H0,q (G)H0,q (D), est injective.

Dans le cas convexe, on a l’analogue suivant du lemme 1.1.2 de [6].

L4.2. — Soitρ:[0,

+

∞[×XRune application vérifiant les propriétés suivantes : a) Pour tout t ∈[0,

+

∞[(t ,·)est(q

+

1)-convexe.

b) Pour tout zX ,ρ,z)est une fonction décroissante.

c) L’application tρ(t ,·)est continue de[0,

+

∞[dans

C

(X ,R).

d) ρn’a pas de point critique dégénéré.

Posons Dα

=

{zX | ρ(α,z) < 0}pour toutαRet on suppose qu’il existeα0tel que α< α00 < α00 < αet Dα - Dα0, est relativement compact dans X . Il existe alors un réel ε > 0tel que pour toutα,βvérifiant0 α β ε, il existe un nombre fini de domaines (Ai)Ni=0tels que : Dα

=

A0A1 ⊂ · · · ⊂ AN

=

Dβet pour tout j,1 j N , Ajse déduit de Aj1à l’aide d’un élément d’extension q-convexe de X .

Démonstration. — Elle est identique à celle de [6], on définitAk par

Ak

=

zX |ρ(α,z)ρ(β,z)ρ(α,z) k

j=1 χj <0

χjest comme dans la preuve du lemme 12.3 de [3].

En utilisant le lemme 4.2, le lemme 12.4 de [3] et en procédant comme dans le paragraphe 12 de [3], on a

(11)

T3. — Soient X une variété analytique complexe de dimension n, q un entier,0 q n−1et D un domaine de X . On suppose que X est une extension q-convexe généralisée de D. Alors l’application induite par restriction :

S

:H0,r

(X) -H0,r(D) est un isomorphisme si r >nq et

S

:H0,nq

(X) -H0,nq(D), est surjective.

Si D est relativement compact, alors

S

:H0,nq(X)H0,nq(D), est en plus injective.

Dans le cas compact le théorème 3 correspond au théorème 12.14 de [3].

T4. — Soient X une variété analytique complexe de dimension n, D un domaine à bord bD

C

de X . Supposons que :

a) bD est strictement q-concave,1 q n−1, alors l’application induite par restriction : ˇ

S

: ˇH0,r(D) -→H0,r (D) est un isomorphisme pour0 r q−1 et

S

ˇ : ˇH0,q(D) -→H0,q (D), 1 q n−1, est injective.

b) bD est strictement q-convexe,1 q n−1, l’application induite par restriction ˇ

S

: ˇH0,r(D) -→H0,r (D) est un isomorphisme si r >nq et

S

ˇ : ˇH0,nq(D) -→H0,nq(D) est surjective.

Si de plus D est relativement compact, on a :

S

ˇ : ˇH0,nq(D) -→ H0,nq(D)qui est en plus injective.

Démonstration.

a) Soientρune fonction définissante deDet(Kν)ν∈Nune suite exhaustive de compacts deX. Considérons une fonctionχ1

D

(X)à support dansK2qui vaut 1 dansK1. Il existet1 >0 tel queρ1

=

ρt1χ1soit(q

+

1)-concave dans un voisinage de{ρ1

=

0}.

PosonsD1

=

D∪{ρ1 <0}.D1est un domaine deX à bord

C

strictementq-concave.D1- D

=

{0 ρ <t1χ1}est relativement compact etD1est une extensionq-concave généralisée deD.

Soitχ2

D

(X)à support dansK3qui vaut 1 dansK2. Il existet2>0 tel queρ2

=

ρ1t2χ2 soit(q

+

1)-concave dans un voisinage de{ρ2

=

0}.D2

=

D1∪ {ρ2<0}est un domaine à bord

C

strictementq-concave,D2- D1

=

{0 ρ1 <t2χ2}est relativement compact etD2est une extensionq-concave généralisée deD1. On construit ainsi une suite de domaines(Dν)ν∈Navec D0

=

D,DνDν+1,Dν+1- Dνest relativement compact etDν+1est une extensionq-concave généralisée deDν·De

=

S

ν∈NDνDet est une extensionq-concave généralisée deD.

Surjectivité de

S

ˇ : ˇH0,r(D)H0,r (D), 0 r q1.

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