Mettre en adéquation les risques et les
instruments dans les banques de développement
1Stephany Griffith-Jones (Initiative for Policy Dialogue, Université Columbia) Shari Spiegel (Département des affaires économiques et sociales, Nations unies) Jiajun Xu (Institut de la nouvelle économie structurelle – INSE, Université de Pékin) Marco Carreras (Institute of Development Studies, Université du Sussex)
Natalya Naqvi (London School of Economics)
Objectifs et questions de recherche
Ce papier général vise notamment à définir les principaux sujets d’un futur programme de recherche sur les modèles économiques des banques de développement. La question fondamentale est de déterminer comment les banques de développement devraient déployer des instruments financiers appropriés pour optimiser l’impact sur le développement.
C ette étude porte sur la façon dont les banques de développement (BD) devraient déployer des instruments financiers appropriés pour encourager une véritable prise de risques économiques, tout en minimisant les risques en matière d’ingénierie financière. Elle examine les avantages comparatifs des différents instruments financiers – comme les prêts, garanties et capitaux propres – pour maîtriser les risques en temps normal ; synthétise les caractéristiques communes des réponses des BD à la crise de la Covid-19 ; et propose de futurs axes de recherche.
Méthodes
L’article se base sur trois méthodologies : analyse conceptuelle, entretiens et analyse statistique.
Sur le plan conceptuel, il s’appuie sur la litérature existante pour distinguer différents types de risques. Sur le plan empirique, les auteurs mènent des entretiens avec des experts des banques de développement pour comprendre la logique qui sous-tend l’utilisation des différents instruments financiers et les réponses à la crise de la Covid. Exploitant les données de première main relatives aux instruments financiers recueillies par l’INSE de l’université de Pékin, il identifie les modèles empiriques des principaux instruments financiers de 50 BD nationales sélectionnées.
L’essentiel
1 Titre original : Matching risks with instruments in development banks Cette synthèse est publiée dans le cadre des groupes de travail de l’International Research Initiative on Public Development Banks, et à l’occasion de la 14ème conférence internationale de recherche de l’AFD sur le développement
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MATCHING RISKS WITH INSTRUMENTS IN DEVELOPMENT BANKS
Mettre en adéquation les risques et les instruments dans les banques de développement Stephany Griffith-Jones (IPD, Université Columbia), Shari Spiegel (UNDESA), Jiajun Xu (INSE, Université de Pékin), Marco Carreras (IDS, Université du Sussex) et Natalya Naqvi (LSE)
Résultats
Recommandations
è L’augmentation du capital des BD mérite d’être poursuivie, à la fois aux niveaux nationaux et multilatéraux, notamment en période de Covid et compte tenu des défis majeurs que présentent les transitions structurelles vers des économies bas-carbone et plus équitables.
è Lorsque des subventions sont utilisées, elles doivent être juste suffisantes pour inciter les acteurs privés à investir, sans trop compenser l’investisseur privé. Une façon d’aborder cette question consisterait à lancer un appel d’offres, dans le cadre duquel la banque nationale de développement (BND) pourrait fixer un montant et confier le projet au moins-disant.
è Les banques de développement doivent adapter leurs instruments financiers pour faire face à l’évolution des demandes de l’économie réelle à différents stades de développement.
Idéalement, les banques de développement cherchent à optimiser l’impact sur le développement, tout en minimisant le risque en matière d’ingénierie financière. Un prêt direct ou des capitaux propres pourraient optimiser l’orientation de la politique de la banque de développement afin de garantir un impact maximum sur le développement, mais cela mobiliserait plus de capital.
Sinon, la BD peut utiliser des instruments financiers plus complexes, conçus ou créés pour attirer davantage de financements et avoir plus de poids. Cependant, l’utilisation de ces instruments peut entraîner une trop grande prise de risques, notamment par le biais de dettes éventuelles, et restreindre la politique visant à optimiser l’impact sur le développement durable.
Les différents instruments financiers présentent des avantages comparatifs pour faire face aux défaillances du marché et réduire les risques spécifiques.
• Le crédit subventionné est particulièrement utile lorsque le rendement d’un investissement est insuffisant pour attirer des investisseurs privés, mais a des externalités sociales ou environnementales positives.
• Les garanties peuvent être appropriées lorsqu’elles sont utilisées pour faire face à des risques ponctuels dans le cas où les investisseurs ou prêteurs privés manifestent une forte aversion au risque ; et dans les moments de forte incertitude comme après la crise financière de 2008-9 ou durant la crise de la Covid.
• Les capitaux propres pourraient être particulièrement bien adaptés pour les projets ambitieux, comme le développement d’une nouvelle technologie, qui peuvent peiner à attirer des
financements privés en raison de la forte incertitude. Un instrument de capitaux propres permettrait également à la BD de tirer pleinement profit du projet si celui-ci réussit.
• Durant la première phase de la pandémie de Covid-19, des mesures communes ont été adoptées par les BD nationales et multilatérales, notamment : des procédures rapides pour accélérer les transactions ; la fourniture de fonds de roulement aux entreprises ; le gel des prêts existants ; l’allongement des délais de grâce ; et des formes d’aide supplémentaires pour le secteur de la santé et les gouvernements, en particulier au niveau local.
L’essentiel
Le programme de recherche « Réaliser le potentiel des banques publiques de développement pour atteindre les ODD » est initié par l’INSE et financé par l’AFD, la Fondation Ford et l’IDFC.
2020 ©AFD