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Chapitre 2. Des entiers aux complexes

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(1)

Chapitre 2. Des entiers aux complexes

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 1 / 59

I. Des entiers aux rationnels

1. Rappels sur les entiers naturels

L’ensemble N des entiers naturels est N={0, 1, 2, 3, · · · }, il satisfait :

1 N est infini.

2 N est ordonné.

3 N est muni de deux opérations : l’addition et la multiplication.

Remarques : Il suffit de savoir ajouter 1 pour définir l’addition.

La multiplication se définit comme une addition répétée.

On a les propriétés suivantes pour p, q et r dans N : Commutativité : p +q =q +p et pq =qp.

Associativité : (p +q) +r = p+ (q +r) et (pq)r =p(qr). Distributivité : p(q +r) = pq+pr.

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 2 / 59

Principe de récurrence

Si on considère une famille d’assertions Pn numérotées à l’aide d’entiers n ∈N, que la première P0 est vraie, et qu’il est vrai que chacune implique la suivante :

∀k ∈N , Pk ⇒ Pk+1

alors elles sont toutes vraies :

∀n ∈N , Pn .

Fait : Le principe de récurrence est « équivalent » à la propriété suivante de l’ensemble ordonné N que l’on pose comme axiome :

Toute partie non vide de N a un plus petit élément.

(2)

Exercice

Soit n un entier naturel. Établir l’égalité : Xn k=0

k = n(n+1) 2

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 4 / 59

2. Les entiers relatifs

Question : Que faut-il ajouter à a pour avoir b? C’est l’équation algébrique x +a=b, qui posée dans N n’a de solution que si a ≤ b...

On invente donc les « entiers négatifs » : l’ensemble Z des entiers relatifs est Z= {· · · , −3, −2, 0, 1, 2, 3, · · · } ,

il contient N et on étend l’ordre, l’addition et la multiplication avec la

règle des signes : + fois + = fois – = + et + fois – = fois + = .

I Une conséquence utile du principe de récurrence

Lemme

Pour tout n ∈N non nul et tout N ∈Z, il existe un unique p ∈ Z tel que pn ≤N <(p +1)n .

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 5 / 59

Théorème de la division euclidienne

Pour tous a et b dans Z avec b >0, il existe un unique couple (q,r)∈Z2 tel que a=bq +r et 0 ≤r <b .

Lorsque le reste r de la division de a par b est nul, on dit que b divise a, ou encore que a est multiple de b.

Un entier naturel p, distinct de 0 et de 1, est dit premier s’il n’admet pas d’autre diviseur que lui même et 1.

I Diviseurs communs

Lorsque a et b sont deux entiers on note aZ+bZ le sous-ensemble de Z : aZ+bZ ={au+bv | (u,v) ∈Z2}.

Si a et b ne sont pas tous les deux nuls (aZ+bZ)∩N est non vide et admet donc un plus petit élément.

(3)

PGCD - Proposition et définition

Soient a et b deux entiers non tous les deux nuls et d = min (aZ+bZ)∩N .

1 L’entier d est multiple de tous les diviseurs communs de a et de b.

2 L’entier naturel d est un diviseur commun (le plus grand) de a et de b.

On nomme d le plus grand diviseur commun de a et de b et on le note d =pgcd(a,b).

Théorème de Bezout

Si d =pgcd(a,b) il existe u et v dans Z tels que d =au +bv.

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 7 / 59

L’algorithme d’Euclide

Prenons deux entiers a et b et supposons b >0. Si a =bq +r où q et r sont dans Z alors les diviseurs communs de a et de b sont les mêmes que ceux de b et de r. On obtient donc pgcd(a,b) = pgcd(b,r).

On effectue des divisions euclidiennes successives :

a =bq1+r1, 0 ≤r1 < b si r1 6=0, b =r1q2+r2, 0 ≤r2 < r1

· · · ·

si rn−1 6=0, rn−2 =rn−1qn+rn, 0 ≤rn <rn−1

Comme b = r0 >r1 >r2· · ·>rn il existe un entier n tel que rn+1 = 0, d’où : pgcd(a,b) = pgcd(b,r1) =pgcd(r1,r2) =· · · =pgcd(rn−1,rn) = rn

Le pgcd de a et de b est le dernier reste non nul de cette suite de division euclidiennes.

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 8 / 59

Exercice

Déterminer le pgcd de 180 et 378, ainsi que celui de 600 et 264.

(4)

On dit que deux entiers a et b sont premiers entre eux s’ils n’ont pas de diviseur commun autre que 1 ou −1.

Théorème

Soit a et b deux entiers non tous deux nuls. Sont équivalents :

1 pgcd(a,b) = 1 ;

2 Il existe u et v dans Z tels que au +bv =1 ;

3 Les entiers a et b sont premiers entre eux.

Corollaire

Soit a et b deux entiers non tous deux nuls, et d un entier naturel non nul.

On a l’égalité pgcd(a,b) =d si et seulement si il existe deux entiers premiers entre eux a0 et b0 tels que a=da0 et b =db0.

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 10 / 59

Théorème : « Lemme de Gauss »

Première forme : Pour a, b et c dans Z, si a divise bc et a est premier avec b alors a divise c.

Deuxième forme : Pour a, b et c dans Z, si a et b sont premiers entre eux, a divise c et b divise c alors ab divise c.

Théorème

Tout entier naturel supérieur ou égal à 2 s’écrit de façon unique (à l’ordre près) comme produit de nombres premiers.

Une telle écriture d’un entier n s’appelle décomposition de n en facteurs premiers.

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 11 / 59

3. Les nombres rationnels

Question : Par quoi faut-il multiplier a pour avoir b? C’est l’équation algébrique ax =b, qui posée dans Z n’a de solution que si a divise b ....

On invente donc le corps des nombres rationnels Q : on note p

q « la » solution de qx −p = 0 lorsque q et p sont dans Z et q 6= 0.

Remarques :

1 Si r ∈Z, on doit avoir p q = rp

rq.

2 Tout élément de Q admet un unique représentant p0

q0 tel que pgcd(p0,q0) = 1 et q0 >0.

3 L’addition et la multiplication de Z se prolongent à Q pour en faire un corps commutatif.

(5)

La valeur absolue

On souhaite munir Q d’une distance.

On commence par définir la « distance à zéro », c’est la valeur absolue :

|x|=

x si x ≥0

−x si x <0 pour x dans Q. Propriétés : Pour x et y dans Q on a :

1 |x| ≥ 0 et |x|= 0 si et seulement si x =0.

2 |xy|=|x||y|.

3 |x +y| ≤ |x|+|y| (Inégalité triangulaire).

Pour x et y dans Q, la distance entre x et y est alors |x −y|.

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 13 / 59

Propriétés utiles

Pour x, y, a et b dans Q avec b ≥0, on a :

1 |x| =max(−x,x).

2

x

y

= |x|

|y| si y 6=0.

3

|x| − |y|≤ |x −y|.

4 |x −a| ≤ b si et seulement si a−b ≤ x ≤ a+b.

5 |x −a| ≥ b si et seulement si x ≤ a−b ou x ≥a+b.

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 14 / 59

II. Les nombres réels

Question : Quel est la longueur de la diagonale d’un carré de côté 1 ? Et le périmètre d’un disque de rayon 1 ?

Des nombres liés à la géométrie « nous supplient d’exister »....

On invente le corps des nombres réels R qui contient de tels nombres et permet « de faire de l’analyse » ... Un nombre réel est défini par ses approximations rationnelles, c’est-à-dire par une suite infinie de nombres rationnels (xn)n∈N qui est de Cauchy :

∀N ∈N,∃n0 ∈ N,∀p,q ≥n0,|xp−xq|< 10N Beaucoup de suites différentes peuvent définir le même nombre réel...

On « fabrique » ainsi un ensemble R qui contient Q et dont tous les éléments non rationnels sont « aussi proche que l’on veut » d’un rationnel. On étend à R l’addition, la multiplication, l’ordre total et la valeur absolue de Q.

(6)

La droite réelle

On peut utiliser l’ordre total pour représenter Q sur une droite graduée, puis les puissances rationnelles d’éléments de Q et leur opposé. Il reste alors des « trous » et construire R revient à « boucher » ces trous. On représente donc communément R par une droite graduée.

Droite graduée

À tout point M d’une droite graduée correspond un unique nombre réel x, abscisse du point M dans le repère (0;I). Réciproquement, à tout réel x correspond un unique point M de la droite.

Distance et valeur absolue

La distance entre deux réels a et b correspond à la distance sur la droite graduée entre les points d’abscisse a et d’abscisse b; elle est donnée par leur valeur absolue, |a−b| (on rappelle que |a−b| =|b−a|).

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 16 / 59

Exemples

• La distance entre -2 et 5 est 7 : le point A a pour abscisse -2, le point B a pour abscisse 5, on peut « compter » la distance entre les deux points, c’est 7.

• Il y a deux réels qui sont à la distance 4 de 3 (abscisse de C) : -1 (abscisse de D) et 7 (abscisse de E).

• La distance entre -2 et 5 est donnée par | −25|= | −7|= 7, ou

|5−(−2)|= |5+2| =|7| =7.

• |x −2| donne la distance entre x et 2.

• |t +5| =|t −(−5)| donne la distance entre t et -5.

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 17 / 59

Exercice

1 Résoudre l’équation |x +2| =3.

2 Décrire l’ensemble des réels x tels que |x +4| <|x −2|.

(7)

Partie entière

Soit x ∈R, il existe un unique N ∈ Z tel que N ≤ x <N +1.

On note E(x) = N et on appelle ce nombre entier la partie entière de x.

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 19 / 59

Puissances rationnelles

• Puissance entière

Lorsque x est un réel non nul et n un entier naturel non nul on définit : xn =x| ·x · · · · ·{z x}

n fois

et xn = 1 xn On a :

x0 =1 si x 6=0 et 0n =0 si n6= 0 00 n’est pas défini.

• Puissance fractionnaire

Si a est un réel positif et n ∈N l’équation xn = a admet une unique solution positive dans R, c’est la racine nième que l’on note √n

a ou a1n.

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 20 / 59

Propriétés

On se donne deux réels x et y non nuls et m et n dans N.

1 xm·xn =xm+n,

2 (x ·y)n =xn·yn,

3 (xn)m = xnm,

4 xn = 1

x n

,

5 xn

xm =xnm,

6 xmn = √m

xn pour m6= 0 et x >0.

Les propriétés précédentes sont vraies pour m et n dans Z et lorsque x et y sont positifs, pour m et n dans Q.

(8)

Exercice

Calculer :

1 5−2 =· · · ·

2 1

5 2

=· · · ·

3 1

25 32

=· · · ·

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 22 / 59

Puissances réelles

Soit a∈R. On note : xa = exp(aln(x)) pour x > 0.

Ainsi : ln(xa) = aln(x) pour tout x >0.

La fonction ]0,+∞[ → R, x 7→ xa est dérivable et sa dérivée est la fonction x 7→ axa−1.

Elle est constante égale à 1 lorsque a =0, strictement croissante de 0 à +∞ quand a >0, et, strictement décroissante de +∞ à 0 quand a <0.

On a : (xa)b =xab, xa+b =xaxb et xab = xa

xb pour tous a,b ∈R et x > 0.

Remarques

1 On pose : e = exp(1). On a donc : ex = exp(x) pour tout x ∈R.

2 Soit a >0. On prolonge l’application x ∈]0,+∞[7→ xa par continuité en 0 en posant 0a =0.

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 23 / 59

II. Les nombres complexes 1. Définition de C

Question : On sait résoudre dans R les équations algébriques du premier degré ax +b =c. On sait aussi résoudre, à condition que d soit positif, les équations du deuxième degré x2 =d et même xr =d pour tout rationnel r.

Comment résoudre l’équation x2+1=0 ?

On va construire un nouveau corps de nombres, le corps C des nombres complexes en ajoutant à R un nombre imaginaire noté i.

Pour définir l’ensemble C :

on « décide » que i satisfait i2 =−1 et on pose C ={a+ib | a, b ∈R}. Ainsi i est une des solutions dans C de l’équation x2+1=0.

(9)

Propriétés

L’ensemble C ={a+ib | a, b ∈R} est construit pour satisfaire aux propriétés suivantes :

1 Il contient R : R ={a+i ·0 | a∈ R} ⊂ C.

2 L’application R×R→ C, (a,b)7→ a+ib est bijective.

3 Les lois d’addition et de produit de R se prolongent à C pour en faire un corps commutatif :

I addition (x +iy) + (a+ib) =x +a+i(y +b)

I produit (x +iy)(a+ib) =ax −by +i(xb +ya) pour x, y, a, b ∈R

4 L’équation X2+1=0 (et plus généralement toute équation polynomiale) admet des solutions dans C.

! ! !

On n’a plus de relation d’ordre total naturelle sur C.

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 25 / 59

2. Forme algébrique

Soit z =a+ib un nombre complexe où a, b sont réels.

Le réel a est la partie réelle de z : Rez = a. Le réel b est la partie imaginaire de z : Imz = b. Le complexe conjugué est z¯=a−ib.

Le module de z est |z| =√

a2+b2, il étend à C la valeur absolue de R.

Proposition

Soit z ∈C.

a z = z , zz = zz = |z|2 , |z|=|z|, Rez = z +z

2 et Imz = z −z 2i .

b Si z 6=0 ; on a : 1 z = z

|z|2 et 1 z

= 1 z .

c |Rez| ≤ |z| et |Imz| ≤ |z|.

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 26 / 59

Exercice

Écrire sous forme algébrique les nombres complexes suivants :

1 (2+5i) + (i +3)

2 (1−4i)(1+2i) +2i +8

3 −3(4−i) + (3+2i)(1−i)

4 (−2+3i)2

5 2

1−2i

6 1

1−2i + 1 1+2i

7 2+i

3−2i

(10)

Proposition

Pour z, w ∈ C.

a z +w =z +w et zw = z w.

b |zw|=|z||w|.

c Inégalité triangulaire : |z +w| ≤ |z|+|w| .

Remarque En appliquant l’inégalité triangulaire à (z −w) +w et à (w −z) +z, on obtient aussi :

|z| − |w|

≤ |z −w| pour z,w ∈ C .

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 28 / 59

3. Interprétation géométrique

On considère le plan P munit d’un repère orthonormé direct R = (O, −→u , −→v ).

• Le plan complexe - Affixe d’un point

Un nombre complexe z =x +iy, où x, y sont des réels, se représente par un unique point M(z) de coordonnées (x,y) = (Rez,Imz) dans le repère R.

On dit que z est l’affixe de M(z).

La distance entre le point O et le point M(z) est OM(z) = |z|.

Le point d’affixe z est le point de coordonnées (x,−y), c’est le symétrique du point M(z) par rapport à l’axe (O, −→u ) (axe des abscisses).

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 29 / 59

• Le plan complexe - Affixe d’un vecteur

Soient (a,b),(c,d)∈ R2, z =a+ib et w = c +id.

Notons M et N les points du plan complexe P d’affixes respectives z et w. Le vecteur −→

OM a pour coordonnées (a,b) dans la base (−→u , −→v ). Le vecteur −→

MN a pour coordonnées (c −a,d −b) dans la base (−→u , −→v ) : MN−→ =−−→

OM + −→

ON = (c −a)−→u + (d −b)−→v Le vecteur MN−→ a pour affixe w −z. On a en particulier :

MN−→ = |w −z|

(11)

Exercice

Soient A, B et C trois points du plan complexe d’affixes

zA =1+i, zB =4+2i, zC =−5−i.

Calculer les affixes des vecteurs −→

AB, −→

AC et montrer que A, B et C sont alignés.

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 31 / 59

• Cercle trigonométrique

Le cercle trigonométrique S est le cercle de rayon 1 centré en O du plan P. Les coordonnées (xM,yM) d’un point M de S sont xM =cos θ, yM = sinθ θ ∈[0,2π[ est la mesure de l’angle (orienté) entre la demi-droite

Ox+ = {(x,0) | x ≥0} et la demi-droite OM. Notation

Soient a,x,y ∈R. On écrit y ≡ x[a], ce qui se lit y est congru à x modulo a, s’il existe k ∈ Z tel que : y = x +ka.

Pour eθ ∈R il existe un unique θ ∈[0,2π[ tel que θe−θ ∈ {2kπ | k ∈Z}, ou encore θe≡θ[2π]. On définit alors cos(θ) = cos(θ)e et sin(θ) = sin(θ)e .

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 32 / 59

Propriétés remarquables des fonctions sinus et cosinus Proposition

1 cos2x + sin2x =1 pour tout x ∈R (Pythagore).

2 Pour tous x,y ∈ R, on a : cosy = cosx ⇐⇒ y ≡x [2π] ou y ≡ −x [2π]

; siny = sinx ⇐⇒ y ≡x [2π] ou y ≡ π−x[2π]

.

3 Pour tout α, β ∈ R, on a :

cos(α+β) = cosαcosβ −sinαsinβ et sin(α+β) = sinαcosβ + sinβcosα

(12)

• Coordonnées polaires

Si z =x +iy 6=0, où x, y sont dans R. Il existe r ∈ R+ et θ ∈R tels que

z = r(cosθ +isinθ). On dit que (r, θ) est un couple de coordonnées polaires de z (ou de M(z)). On a :

x = rcosθ

y = rsinθ ⇐⇒

r =p

x2+y2

z =r(cosθ+isinθ) ⇐⇒

Cf.Chap.suivant

r =|z|

θ ≡argz [2π]

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 34 / 59

4. Forme exponentielle

Soit z =x +iy ∈C avec x,y ∈R.

L’exponentielle (complexe) de z est l’élément de C\ {0} suivant : ez =ex(cosy +isiny)

que l’on note aussi exp(z). Pour tout θ ∈R :

e = cosθ +isinθ et e=1.

Formules d’Euler : cosθ=e +e

2 et sinθ=e −e

2i pour θ∈R

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 35 / 59

Proposition

Soient z,u,v ∈C et α, β ∈ R.

a ez =ez.

b eu+v = euev donc 1

eu =eu, puis euv = eu ev.

c e =e ⇐⇒ α ≡β [2π].

En particulier : e =1 ⇐⇒ α ≡0 [2π].

Remarque : Soit α, β ∈ R. L’égalité ei(α+β) =ee issue du (b) permet de retrouver les égalités :

cos(α+β) = cosαcosβ −sinαsinβ et sin(α+β) = sinαcosβ + sinβcosα .

(13)

Un argument de z ∈C\ {0}, que l’on note par abus « argz » (il n’y a pas unicité), est un nombre réel θ, tel que z =|z|e.

Tout z ∈C\ {0} admet un argument. Si θ est un argument de z, les arguments de z sont les réels congrus à θ modulo 2π.

L’unique argument de z dans ]−π, π] est appelé argument principal de z.

Proposition

Soient z,u,v ∈C.

a arg(uv)≡ arg(u) + arg(v) [2π] et arg u v

≡arg(u)−arg(v) [2π]. On en déduit

que : arg(−z) ≡arg(z) +π [2π], arg 1 z

≡ −arg(z) [2π].

b arg(z)≡ −arg(z) [2π].

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 37 / 59

Exercice

I. Écrire sous forme trigonométrique et sous forme exponentielle les nombres complexes suivants :

13

2 24

3i 3 3+3i

II. Calculer le module et l’argument de u =

√6−i√ 2

2 et v =1−i. En déduire le module et l’argument de u

v puis la valeur de cos( π

12) et de sin( π 12). III. Soient E,F et G trois points du plan complexe d’affixes

zE =−2i, zF = −√

3+i, zG =√ 3+i. Donner la forme algébrique de zF −zE

zG −zE et la forme trigonométrique.

En donner une interprétation géométrique.

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 38 / 59

5. Equation du second degré

• « Racine carrée »

Pour z0 ∈ C, on cherche z ∈C tel que z2 =z0.

Une telle équation a exactement deux solutions opposées l’une de l’autre.

I Première approche. z0 =a+ib où a,b ∈R. Soit x, y ∈R et z = x +iy. On a les équivalences :

z2 =z0 ⇐⇒ x2−y2+2ixy =a+ib

⇐⇒



x2−y2 = a Egalité des parties réelles 2xy = b Egalité des parties imaginaires x2+y2 =√

a2+b2 Egalité des modules (redondante)

On résout le système d’inconnues réelles x et y en commençant par trouver x2 et y2 avec une condition de signe sur xy.

(14)

I Deuxième approche. z0 =re où r ∈R+ et θ ∈ R.

Proposition

L’équation z2 =z0 d’inconnue z ∈C a deux solutions qui sont :

√r eiθ2 et −√ r eiθ2 .

• « Equation de degré 2 »

Proposition

Soient a, b, c ∈C avec a 6=0. On pose ∆ =b24ac et on choisit δ ∈ C tel que δ2 = ∆. Les solutions de l’équation az2+bz +c =0 d’inconnue z ∈ C sont :

−b−δ 2a et

−b+δ

2a si ∆6=0 ou − b

2a si ∆ =0

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 40 / 59

Remarques

Soit a, b, c ∈ C et δ ∈ C tel que δ2 = ∆ = b24ac.

Les solutions de l’équation az2+bz +c =0 sont appelées racines (complexes) du polynôme az2+bz +c.

az2+bz +c =a(z + b+δ

2a )(z + b−δ 2a ). Si ∆ = 0, az2+bz +c = a(z + b

2a)2.

Si a, b, c sont réels et ∆ <0, on peut choisir δ =i√

−∆. Dans ce cas, les racines sont conjuguées :

−b−δ

2a = −b +δ 2a .

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 41 / 59

Exercice

Résoudre dans C les équations suivantes : z2+4z +5= 0.

z22z −15 =0.

z2+2z +1+i =0.

(2+i)z2−(1−i)z − 12 =0.

2z2+3z +5i =0. (On pourra utiliser que 412 =1681).

(15)

6. Puissances entières

Pour z ∈C et n ∈Z on pose :





z0 =1

zn =z × · · · ×z (n fois) quand n ≥ 1 zn = 1

zn quand n < 0 et z 6=0 Pour p, q ∈Z et z ∈ C\ {0} on a zpzq =zp+q et (zp)q =zpq

Proposition - Formule de Moivre

Soient θ ∈R et n ∈Z. On a en

= einθ, c’est-à-dire

(cosθ +isinθ)n = cos(nθ) +isin(nθ)

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 43 / 59

Rappel : formule du binôme de Newton

I Factoriel. On pose 0! =1 et n! =1×2× · · · ×n pour n ∈N.

I Coefficient binomial. Pour n, k ∈N avec k ≤ n : n

k

= n!

k!(n−k)!. Pour n, k ∈N avec 1 ≤ k ≤ n :

n k −1

+

n k

=

n+1 k

et

n k

= n

n−k

.

Formule du binôme de Newton

Pour u, v ∈ C et n ∈N on a : (u +v)n = Pn k=0

n k

ukvnk

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 44 / 59

Exercice

Calculer les nombres complexes suivants : (2+3i)3

(1−2i)4 (1+i

2 )8 (1+i√

3)2000

(16)

Applications

Soit θ ∈R et n ∈N.

La formule du binôme permet de calculer cos(nθ) et sin(nθ) à l’aide des réels (cosθ)k et (sinθ)k avec 0 ≤ k ≤n. Pour cela :

1 On développe (cosθ+isinθ)n.

2 On utilise cos(nθ) =Re(cosθ+isinθ)n et sin(nθ) =Im(cosθ+isinθ)n.

La formule du binôme permet d’exprimer (cosθ)n et (sinθ)n à l’aide des réels cos(kθ) et sin(kθ) avec 0 ≤k ≤ n. Pour cela :

1 On développe e +e−iθ 2

n

et on se souvient que c’est égal à(cosθ)n.

2 On développe (sinθ)n= eiθeiθ 2i

n

.

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 46 / 59

Exercice

1 Exprimer cos(3α) en fonction de (cosα) et de (sinα).

2 Linéariser (sinα)4.

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 47 / 59

III. Fonctions polynômiales

On désigne par K le corps R ou le corps C.

Définitions

Une fonction polynômiale sur K est une fonction P :K → K de la forme P(x) = a0+a1x +. . .+anxn =

Xn k=0

akxk

où n est un entier naturel et a0,a1, . . . ,an sont des éléments de K. Les nombres a0,a1, . . . ,an sont appelés les coefficients de P.

Lorsque P n’est pas la fonction nulle et si an 6=0 on dit que n est le degré de P et on note deg(P) = n.

(17)

On utilisera souvent, par abus de langage, le terme de polynôme à coefficients dans K, ou polynôme sur K, à la place de celui de fonction polynômiale sur K.

Proposition

Soit P et Q deux polynômes à coefficients dans K.

1 La fonction P +Q définie pour tout x de K par (P +Q)(x) =P(x) +Q(x) est un polynôme.

2 La fonction PQ définie pour tout x de K par PQ(x) = P(x)×Q(x) est un polynôme.

3 La dérivé P0 de P est encore un polynôme.

Théorème

Deux polynômes à coefficients dans K sont égaux si et seulement si ils ont le même degré et les mêmes coefficients.

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 49 / 59

Proposition

Soit P et Q deux polynômes à coefficients dans K.

1 deg(P+Q)≤ max{deg(P),deg(Q)} et si deg(P)6=deg(Q) on a toujours égalité.

2 deg(PQ) = deg(P) +deg(Q).

3 deg(P0) = deg(P)−1 lorsque P n’est pas une fonction constante et P0 est la fonction nulle sinon.

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 50 / 59

Exercice

Soit P et Q les polynômes à coefficients dans C suivants :

pour tout z ∈ C ,P(z) = iz3+z25z −1 et Q(z) = (iz −4)3 Donner le degré des polynômes P, Q, P +Q, 2P +3Q, PQ.

(18)

Définition

Soit P un polynôme à coefficients dans K et α ∈K. On dit que α est racine de P lorsque P(α) = 0.

Proposition

Soit P un polynôme à coefficients dans K et α ∈K.

Le nombre α est racine de P si et seulement si on peut trouver un polynôme Q telle que pour tout x de K, P(x) = (x −α)Q(x).

On dit alors que P est divisible par x −α ou que x −α divise P.

proposition

Si α1, . . . αn sont n racines distinctes de P, on peut trouver un polynôme Q telle que pour tout x de K, P(x) = (x −α1)· · ·(x −αn)Q(x) = Qn

i=1(x −αi)Q(x).

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 52 / 59

Définition

On dit que α est racine d’ordre k de P (k ∈N) lorsqu’il existe un polynôme Q telle que :

∀x ∈K, P(x) = (x −α)kQ(x)

et Q(α) 6=0. k est appelé ordre de multiplicité de la racine α.

Si k =1, α est dite racine simple de P.

Si deg(P) =n, l’ordre d’une racine de P est inférieur ou égal à n.

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 53 / 59

Proposition

Soit k ∈N. Les trois assertions suivantes sont équivalentes :

1 α est racine d’ordre k de P.

2 α est racine d’ordre k −1 de P0 et α est racine de P.

3

P(α) = P0(α) = . . .=P(k−1)(α) = 0, P(k)(α)6=0.

(19)

Exercice

Soit n ∈N tel que n > 2 et P la fonction polynômiale donnée pour tout x de R par P(x) = x2n−n2xn+1+2(n21)xn−n2xn−1+1.

Démontrer que 1 est racine de P. Quel est son ordre de multiplicité ?

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 55 / 59

Factorisation dans C Théorème (admis)

Tout polynôme non constante sur C admet une racine dans C.

En convenant de compter k fois une racine multiple d’ordre k, toute fonction polynômiale P de degré n 6=0 sur C admet exactement n racines. Si an est le coefficient dominant de P, on a pour tout x dans K :

P(x) = an(x −α1)r1· · ·(x −αp)rp, avec r1+. . .+rp =n ,

où α1, . . . , αp sont les p racines distinctes de P et r1, . . . ,rp leurs ordres de multiplicité respectives.

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 56 / 59

Factorisation dans R Proposition

Soit P un polynôme à coefficients réels et k ∈ N.

Le nombre complexe α est racine d’ordre k de P si et seulement si α est racine d’ordre k de P.

Proposition

Soit P un polynôme à coefficients réels de degré n, an son coefficient dominant, α1, . . . , αp ses racines réelles, d’ordres respectifs r1, . . . ,rp. Il existe un entier q et des réels β1, γ1. . . , βq, γq tels que βj24γj <0 pour tout j =1, . . . ,q de sorte que :

∀x ∈R, P(x) =an

Yp i=1

(x −αi)ri Yq j=1

(x2jx +γj) et

Xp i=1

ri +2q = n

(20)

Proposition

Tout polynôme à coefficients réels de degré impair admet au moins une racine réelle.

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 58 / 59

Exercice

1 Factoriser dans R et dans C le polynôme P(x) =x3−3x2+7x −5 (on pourra remarquer que P(1) = 0).

2 Déterminer une fonction polynômiale P à coefficient réels qui s’annule en 2, en 3−i et en i. Cette fonction est-elle unique ?

3 Factoriser dans R et dans C le polynôme P(x) =x41.

4 Factoriser dans R et dans C le polynôme P(x) =x6+1.

Chapitre 2. Des entiers aux complexes 59 / 59

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