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Economie de l’information 1. Introduction

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Academic year: 2022

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Economie de l’information 1. Introduction

Les m´ethodes de la micro´economie peuvent ˆetre appliqu´ees `a tout probl`eme particulier de la vie ´economique. De nombreuses ´etudes sont consacr´ees `a des march´es ou `a des biens sp´ecifiques mais dans un cours g´en´eral il est impossible de traiter tous ces mod`eles.

R´ecemment, plusieurs travaux ont port´e sur un sujet important et suffisamment g´en´eral pour ˆ

etre inclu dans le corpus de la micro´economie. Il s’agit des mod`eles sur l’information des agents ´economiques. La recherche et la transmission de l’information repr´esente aujourd’hui une activit´e ´economique importante qu’il convient d’expliquer.

L’´economie de l’information ´etudie, en particulier, les cas o`u les agents ne connaissent pas:

(1) la qualit´e des biens ou services ´echang´es, (2) ce que d’autres font, (3) quels sont les renseignements des autres agents, (4) quelles sont les meilleures possibilit´es qui existent.

L’hypoth`ese de l’information parfaite est remplac´ee par celle d’une information imparfaite et dont l’acquisition est coˆuteuse.

Nous examinerons tout d’abord le cas d’une asym´etrie dans l’information et ses cons´equences sur l’´equilibre.

2. Information asym´etrique et s´election adverse

Dans certains cas les ´echanges ont lieu entre des agents qui n’ont pas la mˆeme information sur le bien ou le service ´echang´e. Le mod`ele d’Akerlof (1970) du march´e des voitures d’occasion est souvent utilis´e pour illustrer les cons´equences d’une information asym´etrique.

Dans le mod`ele d’Akerlof il y a quatre types de voitures: des voitures neuves de bonne qualit´e, des voitures neuves de mauvaise qualit´e, des voitures d’occasion de bonne qualit´e et des voitures d’occasion de mauvaise qualit´e.

Supposons que le 20% des voitures fabriqu´ees soient de mauvaise qualit´e. La probabilit´e d’acheter une voiture neuve de mauvaise qualit´e est alors de 20%. Apr`es avoir conduit la voiture un certain temps, on peut d´eterminer sa qualit´e. Par cons´equent, le vendeur d’une voiture d’occasion a beaucoup plus d’information sur la qualit´e de la voiture que l’acheteur.

Cette asym´etrie de l’information a des cons´equences tr`es importantes sur le march´e des voitures d’occasion.

Supposons que la valeur d’une voiture d’occasion de bonne qualit´e soit de 10000 Fr tandis que celle d’une voiture de mauvaise qualit´e soit de 5000 Fr. Si dans le march´e des voitures d’occasion la probabilit´e de trouver une voiture de mauvaise qualit´e est la mˆeme que celle d’acheter une nouvelle voiture de mauvaise qualit´e, un acheteur consid`ere la valeur esp´er´ee (en supposant qu’il est neutre par rapport au risque) et il sera dispos´e `a payer 9000 Fr une voiture d’occasion. Toutefois, ce prix est satisfaisant uniquement pour les vendeurs de voitures de mauvaise qualit´e. Par cons´equent, dans le march´e des voitures d’occasion on ne trouve que des voitures de mauvaise qualit´e. On dit qu’il s’agit d’un cas de s´election adverse ou d’antis´election. Les voitures de mauvaise qualit´e ont chass´e celles de bonne qualit´e comme dans la loi de Gresham o`u la mauvaise monnaie chasse la bonne.

On trouve des cas de s´election adverse dans les assurances. Si une compagnie d’assurances fixe la prime d’une assurance sur le vie en prenant les tables de mortalit´e de toute la population, elle fera des pertes car les personnes en bonne sant´e n’ont pas int´erˆet `a s’assurer.

Il est possible de r´eduire l’asym´etrie de l’information en introduisant des ventes avec des garanties de qualit´e ou en exigeant un contrˆole m´edical avant d’accepter une proposition d’assurance.

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3. Le hasard moral

On parle dehasard morallorsqu’il est impossible de contrˆoler si l’une des partie d’un contrat agit correctement et ses actions ont des r´epercussions sur la valeur de la transaction pour l’autre partie.

Prenons le cas de l’assurance contre l’incendie. La personne assur´ee peut ne pas prendre toutes les pr´ecautions lorsqu’elle allume un feu de chemin´ee et ceci implique que la compagnie d’assurances doit payer plus de dommages qu’en cas de comportement prudent. Dans le cas d’une location de voiture ou d’un travail difficile on a le mˆeme probl`eme.

L’autre partie du contrat peut exiger certaines pr´ecautions mais il est impossible de contrˆoler si elles sont respect´ees. Par exemple, le contrat d’assurance peut pr´evoir des inspections de la police du feu, le contrat de location peut exiger que des contrˆoles soient effectu´es, un contremaˆıtre peut surveiller que le travail soit bien fait.

Par ailleurs, on peut formuler le contrat de telle sorte que l’autre partie agisse comme on le d´esire. Par exemple, l’assurance peut ne couvrir que le 90% de la valeur d’une maison ou on peut r´ecompenser un travail bien fait. En d’autres termes, on peut introduire des incitations afin que le comportement de l’autre partie soit aussi dans l’int´erˆet de la premi`ere.

Examinons plus en d´etail le cas d’un principal (ou mandant) et d’un agent (ou mandataire).

Le principal engage un agent afin d’effectuer un certain travail. L’agent est prˆet `a effectuer le travail s’il obtient une utilit´e au moins aussi ´elev´ee que celle qu’il peut avoir avec un autre principal. Cette utilit´e est appel´ee l’utilit´e de r´eservation. L’agent peut travailler peu ou beaucoup et son utilit´e est:

u(w, s) =√ w−s

o`uw est le salaire et s un param`etre ´egal `a 0 en cas de travail normal et `a 7 en cas de travail intensif. L’utilit´e de r´eservation est 50.

Pour le principal, la valeur du travail effectu´e est de 2300 Fr dans le premier cas (travail nor- mal) et de 6300 Fr dans le deuxi`eme cas (travail intensif). Etant donn´e l’utilit´e de r´eservation, il doit payer un salaire d’au moins 2500 Fr pour un travail normal. Dans ce cas, il n’y aura pas d’accord car ce travail lui rapporte 2300 Fr. Par contre, si l’on peut persuader l’agent de travailler beaucoup, on obtient un r´esultat int´eressant pour les deux parties. En effet, l’agent exige une utilit´e au moins ´egal `a 50 et ceci implique que w doit ˆetre au moins ´egal `a 3249. La valeur de ce travail est de 6300 Fr pour le principal. On peut imaginer un contrat o`u le salaire d´epend du travail effectu´e mais l’autre partie peut toujours pr´etendre qu’elle a travaill´e beaucoup.

Prenons le cas d’un repr´esentant de commerce. Il peut obtenir une commande de 8000 Fr, une commande de 5000 Fr ou aucune commande. Le principal ne peut pas contrˆoler s’il a travaill´e beaucoup car il se peut qu’il n’a pas eu beaucoup de chance dans ses visites. Supposons que si l’agent travaille beaucoup les probabilit´es des trois r´esultats ci-dessus soient 0.6, 0.3 et 0.1.

Par contre, s’il travaille peu les probabilit´es sont 0.1, 0.3 et 0.6. Les valeurs esp´er´ees sont 6300 Fr dans le premier cas et 2300 dans le deuxi`eme, comme indiqu´e ci-dessus (Nous avons suppos´e que le principal ´etait neutre par rapport au risque).

Comme le principal ne peut pas fixer le salaire en fonction du travail effectu´e, on doit le d´eterminer en fonction du r´esultat que l’on peut observer (la commande re¸cue). Supposons alors que le contrat pr´evoit que le salaire soit de wo2 Fr si aucune commande n’est obtenue, w21 Fr si une commande de 5000 Fr est obtenue et w22 Fr si une commande de 8000 Fr est obtenue. Si l’on veut que l’agent travaille beaucoup, il faut qu’il obtienne une plus grande utilit´e dans ce cas. Par cons´equent:

0.1wo+ 0.3w1+ 0.6w2−7≥0.6wo+ 0.3w1 + 0.1w2

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Afin que les d´epenses soient les plus faibles pour le principal, on r´esout le probl`eme suivant:

min G= 0.1wo2+ 0.3w12+ 0.6w22 S.C −0.5wo+ 0.5w2−7≥0 0.1wo+ 0.3w1+ 0.6w2−7≥50 La solution est:

wo = 45 ; w1 = 57 ; w2 = 59.

Le salaire vers´e sera alors de 2025 Fr avec aucune commande, 3249 Fr avec une commande de 5000 Fr et 3481 Fr avec une commande de 8000 Fr. L’utilit´e pour le repr´esentant est de 50 dans les deux cas. Il suffit d’augmenter un peuw2 (par exemple, w2 = 60) et alors il aura int´erˆet `a travailler beaucoup. Dans ce cas, le coˆut esp´er´e pour le principal est de 3337.20 Fr et le profit esp´er´e sera de 2962.80 Fr.

Ce contrat incitatif permet de r´esoudre le probl`eme du hasard moral mais le partage du risque n’est pas optimal. Etant donn´e que le principal est neutre vis-`a-vis du risque et l’agent a de l’aversion pour le risque, le principal doit supporter le risque. En effet, l’agent ´evalue son salaire risqu´e au-dessous de la valeur esp´er´ee qui est celle consid´er´ee par le principal. Si l’agent re¸coit toujours un salaire de 3249 Fr, son utilit´e esp´er´ee est de 50 tandis que le profit esp´er´e du principal est de 3051 Fr. Le m´ecanisme incitatif conduit `a une baisse de profit esp´er´e de 16.80 Fr. C’est le prix `a payer pour avoir un m´ecanisme incitatif.

Par contre, si le principal est aussi averse au risque, alors il faut que le risque soit partag´e.

Supposons que l’utilit´e du principal soit:

u=√

3249 +π

On obtient une utilit´e esp´er´ee de 77.59 lorsque le risque est partag´e et de 74.88 si le principal supporte enti`erement le risque.

4. Les signaux et les prix

Dans le cas des voitures d’occasion, on avait suppos´e que les agents ne pouvaient pas connaˆıtre la qualit´e des voitures. Toutefois, on peut demander une expertise qui repr´esente une esti- mation de la qualit´e.

Dans certains march´es les signaux existent. Prenons le cas des march´es des actions. Sup- posons que le rendement de l’action (y) d´epende d’un signal observable s et d’une variable al´eatoire e (y =s+e). Par exemple, s pourrait ˆetre le b´en´efice de la soci´et´e anonyme. Sup- posons qu’il y ait deux sortes d’acheteurs: des acheteurs inform´es qui connaissent s et des acheteurs non inform´es. La demande moyenne des premiers est q1(p, s) et celle des autres est q2(p) (p est le prix de l’action). La proportion d’acheteurs inform´es est de α. L’´equilibre implique que:

αq1(p, s) + (1−α)q2(p) =qo

o`u qo est la quantit´e moyenne offerte. Le prix d´ependra de la valeur s observ´ee par les acheteurs inform´es. Les autres acheteurs comprendront qu’il y a un lien entre le prix et s, ils vont alors d´eduire la valeur de s en prenant le prix. Le march´e donne l’information n´ecessaire. Ce raisonnement suppose toutefois que l’´equilibre existe et ceci n’est pas toujours le cas. Supposons qu’il soit coˆuteux d’observer s(il faut lire le rapport annuel). S’il n’y a pas d’acheteur inform´e et le coˆut de l’information est bas, on aura certains acheteurs qui vont se procurer cette information. Par cons´equent α = 0 n’est pas un ´equilibre. Par ailleurs, si certains acheteurs sont renseign´es, le prix d’´equilibre permet d’estimer cette information. Par cons´equent, on va observer le prix plutˆot que de se procurer l’information. Toutefois, si tout le monde fait le mˆeme raisonnement, on a α= 0 et on a vu que ceci n’est pas un ´equilibre.

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On dit qu’il est impossible d’avoir des march´es efficients lorsque l’information est coˆuteuse.

Un arbitrage parfait ne peut pas exister si cette activit´e n’est pas gratuite. On retrouve le cas de l’inexistence du march´e des voitures d’occasion de bonne qualit´e, ´etudi´e par Akerlof.

Supposons maintenant que l’information obtenue par le prix est imparfaite. Par exemple, l’offre peut ˆetre al´eatoire et alors le prix peut ˆetre ´elev´e `a cause d’une offre faible et non pas

`

a cause d’une valeur ´elev´ee de s. Le prix sera alors une fonction de s et de qo. On ´ecrira p(s, qo) ous=s(p, qo). Les acheteurs non inform´es auront une distribution de probabilit´e des diff´erentes valeurs de qo. Dans ce cas, on peut montrer qu’un ´equilibre existe sous certaines conditions. Les agents inform´es ach`etent `a un meilleur moment mais leurs profits servent `a payer les coˆuts de l’information.

5. Les signaux endog`enes

Dans certains march´es la qualit´e des signaux est endog`ene. Prenons le cas du march´e du travail ´etudi´e par Spence (1974). Le niveau de formation est souvent consid´er´e un signal de la productivit´e des travailleurs. On fixe alors la r´emun´eration des travailleurs en fonction du niveau de formation. Supposons qu’il y a deux types de travailleurs. Le type I a un niveau E1 et la proportion des travailleurs de ce type est de α. Le type II a un niveau E2 et la proportion est de 1−α. Les coˆuts de la formation sont, respectivement, c1E1 et c2E2. Supposons, pour simplifier, que le niveau de formation n’a aucun effet sur la productivit´e marginale qui est def1 pour les travailleurs du premier groupe et def2 pour ceux du deuxi`eme groupe (avec f1 < f2).

Les travailleurs choisissent le niveau de formation en faisant une analyse coˆut-b´en´efice. Les entreprises ne peuvent pas observer la productivit´e des travailleurs et elles fixent alors le salaire en prenant le niveau de formation. Examinons les diff´erents ´equilibres possibles:

1) Soit c2 > c1 (lien positif entre productivit´e marginale et coˆut) et w le salaire qui est le mˆeme pour tout le monde. Si w(E) = αf1 + (1− α)f2 et E1 = E2 = 0 on obtient un ´equilibre. L’entreprise n’a pas int´erˆet `a augmenter le salaire car alors elle paierait un salaire sup´erieur `a la moyenne des productivit´es marginales. Les travailleurs, de leur cˆot´e, ne d´esirent pas augmenter le niveau de formation car ils re¸coivent le mˆeme salaire. Cet ´equilibre est appel´e un “´equilibre m´elangeant” (“pooling equilibrium” en anglais) car il implique un choix identique du niveau de formation.

2) Soit maintenant c2 < c1 (lien n´egatif entre productivit´e marginale et coˆut). Prenons un niveau de formation E tel que

f2−f1

c1 < E < f2c−f1

2

Si E1 = 0, E2 = E, w(E) = f1 pour 0 ≤ E < E et w(E) = f2 pour E ≥ E (salaire diff´erent selon le niveau de formation) alors on a un ´equilibre. En effet, les travailleurs de type I n’ont pas int´erˆet `a accroˆıtre leur niveau de formation. Le coˆut de la formationc1E est sup´erieur aux b´en´eficesf2−f1 car l’in´egalit´e ci-dessus impliquec1E > f2−f1. D’autre part, les travailleurs de type II ne choisissent pasE2 = 0 car le coˆut de la perte de salaire (f2−f1) est sup´erieur `a l’´epargne dans la formation c2E (c2E < f2 −f1). Les entreprises, de leur cˆot´e, paient les travailleurs selon leur productivit´e marginale. Cet ´equilibre est appel´e un

“´equilibre s´eparant” (“separating equilibrium” en anglais) car il implique un choix diff´erent du niveau de formation.

Il y a une infinit´e d’´equilibres qui satisfont l’in´egalit´e ci-dessus. Comme la production est

´

egale `a celle obtenue sans formation, on a toutefois un gaspillage de ressources. Les signaux servent uniquement `a s´electionner les travailleurs. Ceux-ci ont int´erˆet `a choisir un niveau de formation diff´erent de 0 mˆeme si la productivit´e est la mˆeme. En effet, dans ce deuxi`eme

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cas les travailleurs de type II choisissent un niveau de formation diff´erent de z´ero afin de se diff´erencier de ceux du type I.

D’autres exemples de signaux endog`enes sont la garantie qui signale une certaine qualit´e, le taux d’int´erˆet que l’emprunteur est dispos´e `a accepter (qui peut signaler la probabilit´e de faillite), la prime d’assurance qu’une personne est dispos´ee `a accepter (qui est une indication de la probabilit´e d’avoir un accident), le type de travail que les employ´es sont dispos´es `a accepter (qui est un signal de leurs capacit´es), etc.

6. La recherche de l’information

Dans beaucoup de cas, le consommateur peut connaˆıtre les diff´erents prix fix´es par les en- treprises mais il doit effectuer une quˆete coˆuteuse pour obtenir cette information. On pourrait imaginer qu’il se rend dans un certain nombre de magasins et ensuite il choisit celui qui a le prix le plus bas. Toutefois, cette solution n’est pas optimale car le consommateur devrait chercher jusqu’au moment o`u le rendement marginal est ´egal au coˆut marginal.

Dans certains cas, on peut obtenir l’information en achetant un catalogue qui donne les prix d’un certain bien (les voitures par exemple) dans tous les magasins.

Selon le syst`eme de quˆete envisag´e, on obtient un mod`ele qui donne une explication de la solution choisie par le consommateur.

Nous allons consid´erer ici un mod`ele simple propos´e par Salop et Stiglitz (1976). Il y a deux groupes de consommateurs. Chaque consommateur ach`ete une unit´e du bien. Il y a n magasins qui vendent ce bien et qui ont les mˆemes coˆuts. Le magasin j vend le bien au prix pj (j = 1,2, . . . , n).

Le consommateur connaˆıt les prix mais ne sait pas quel magasin applique le prix pj. Il peut faire une enquˆete sur les prix du bien qu’il d´esire acheter. Dans ce cas, il peut acheter le bien au prix le plus bas (pmin). Le coˆut total du bien est alorspmin+ci o`u ci est le coˆut de l’enquˆete pour le consommateur i.

Si le consommateur choisit au hasard un magasin, il devra payer le prix moyen ou esp´er´e ¯p.

Cette solution sera choisie si ¯p < pmin+ci, en supposant que le consommateur soit neutre par rapport au risque.

Les magasins sont en situation de concurrence monopolistique avec un profit nul (situation `a long terme selon Chamberlin). Ils savent que le consommateur doit supporter un coˆut pour obtenir une information parfaite et ils en tiennent compte dans la fixation des prix. Salop et Stiglitz montrent que, lorsque l’´equilibre existe, il y a les cas suivants:

1) Si le prix est unique, il doit ˆetre ´egal au coˆut moyen minimum ou au prix de monopole (le prix maximum que le consommateur est dispos´e `a payer). En effet, on peut montrer que si le prix se trouve entre ces deux extrˆemes il n’est pas un prix d’´equilibre.

2) S’il y a deux prix d’´equilibre, le premier doit ˆetre le prix correspondant au coˆut moyen minimum et le deuxi`eme celui correspondant au prix de monopole.

Salop et Stiglitz (1982) ont aussi propos´e un autre mod`ele avec deux p´eriodes. Le consom- mateur consomme une unit´e du bien `a chaque p´eriode. Il choisit au hasard un magasin. Si le prix est avantageux, il ach`ete deux unit´es dont une pour la p´eriode suivante. Dans ce cas, il aura un coˆut de stockage ´egal `a δ. Les coˆuts de transaction sont ´egaux `a c et un coˆut de quˆete ´elev´e dissuade le consommateur d’aller dans un autre magasin (`a la mˆeme p´eriode).

Dans ce mod`ele, Salop et Stiglitz supposent que chaque magasin a le mˆeme profit “normal”.

Les magasins fixent le prix en prenant comme donn´ee les prix des autres magasins (´equilibre de Nash en prix).

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Soit ˆple prix qui laisse le consommateur indiff´erent entre l’achat de deux unit´es et celui d’une seule unit´e. On a:

ˆ

p+δ = ¯p+c

o`u ¯p est le prix moyen `a la deuxi`eme p´eriode.

A l’´equilibre, il y aura deux prix (lorsque c > 0), un prix bas (pb) ´egal `a ˆp et un prix ´elev´e (ph) correspondant au prix de monopole. En effet, sipb >pˆtous les consommateurs ach`etent une seule unit´e du bien et alors le profit ne peut pas ˆetre le mˆeme pour tous les magasins.

Si pb <pˆles magasins qui vendent le bien au prix pb peuvent augmenter le prix sans perdre de clients et alors on n’est pas en situation d’´equilibre. Le mˆeme raisonnement peut ˆetre fait dans le cas d’un prix ´elev´e inf´erieur au prix de monopole.

Plusieurs autres mod`eles particuliers ont ´et´e propos´es et on a utilis´e des mod`eles similaires pour d´ecrire le choix d’un travail.

Malgr´e tous les progr`es accomplis dans ce domaine, une th´eorie g´en´erale de la recherche de l’information n’existe pas encore.

L’information incompl`ete ou cach´ee et la s´election adverse

Il arrive souvent qu’un agent a plus d’information qu’un autre. Cette information cach´ee a des effets importants sur les contrats entre les agents. Supposons qu’il y a deux types de travailleurs, par exemple des secr´etaires travaillant `a domicile. Le coˆut du travail est diff´erent pour les deux secr´etaires. La premi`ere a plus de temps libre que la deuxi`eme et son coˆut est plus bas. Soient les fonctions de coˆut suivantes:

c1 = 181 q12 ; c2 = 19q22 (c1 < c2)

o`uqi est la quantit´e produite (par exemple le nombre de pages dactylographi´ees). Le principal ne connaˆıt pas ces coˆuts. Il peut uniquement v´erifier la production. Le salaire d´epend de la quantit´e produite:

si =f(qi)

et l’utilit´e du travailleur est:

ui =si−ci

On a alors:

u1 =s1181 q12 ; u2 =s219q22

Les courbes d’indiff´erence ne se croisent qu’une seule fois et la pente de la deuxi`eme est plus forte que celle de la premi`ere (voir graphique I.1). Cette caract´eristique des courbes d’indiff´erence est appel´ee la propri´et´e de croisement unique. Le coˆut total et le coˆut marginal du deuxi`eme travailleur sont plus ´elev´es que ceux du premier.

Si le principal pouvait observer les coˆuts des agents, il verserait un salaire ´egale `a l’utilit´e de r´eservation. Il pourrait ainsi extraire tout le surplus des agents. La solution est obtenue en maximisant l’expression suivante:

S =q1+q2181 q2119q22

La solution est q1 = 9 ; q2 = 4.5 ; S = 6.75. Si l’utilit´e de r´eservation est nulle, le salaire est ´egal au coˆut des agents (si =ci) et on trouve alors s1 = 4.5 ; s2 = 2.25. Graphiquement (voir graphique I.2a), le salaire correspond `a la surface sous la fonction de coˆut marginal. Le premier agent aura alorsA+B et le deuxi`emeA+D. Cette r´etribution n’est pas conforme `a la th´eorie des incitations car le premier travailleur peut dire qu’il a les coˆuts c2 et il produit

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alors la quantit´e q2 = 4.5. Son surplus sera alors de D (1.125) et ceci est mieux que 0 (s1 = 2.25 ; c1 = 1.125 ; S = 4.5).

Il faut alors choisir un autre syst`eme de r´emun´eration. On pourrait donner A+D lorsque l’output est q2 et A+D+B lorsqu’il est ´egal `a q1. L’agent 1 serait alors indiff´erent entre q1

et q2. Toutefois, ce syst`eme n’est pas optimal pour le principal (S=5.625). Si l’on r´eduit l´eg`erement la production de l’agent 2, la diminution du profit est de α (voir graphique I.2b) mais l’agent 1 sera aussi moins r´etribu´e et alors le profit augmente deβ. Le principal a int´erˆet

`

a r´eduire l’output.

Si l’on passe de 4.5 `a 4, α = 1/36 ; β = 17/12 ; S = 5.833. La solution est obtenue en maximisant (q1−s1) + (q2−s2) sous les contraintes:

s1181 q21 ≥0 (1) s219q22 ≥0 (2)

s1181 q21 ≥s2181 q22 (3) s219q22 ≥s119q12 (4)

Les deux premi`eres contraintes disent que les utilit´es de r´eservation des agents doivent ˆetre sup´erieures ou ´egale `a 0 (u1 ≥0 ; u2 ≥0). Les deux derni`eres contraintes sont les contraintes d’autos´election [u1(q1)≥u1(q2) ; u2(q2)≥u2(q1)].

Le lagrangien est:

L=q1−s1+q2−s21(s1181 q12) +λ2(s219q22) +λ3(s1181 q12−s2+ 181 q22) +λ4(s2

1

9q22 −s1 + 19q12)

Les conditions de Kuhn-Tucker sont:

∂L

∂q1 = 1− 19q1λ119q1λ3 + 29q1λ4 ≤0

∂L

∂q2 = 1− 29q2λ2 + 19q2λ329q2λ4 ≤0

∂L

∂s1 =−1 +λ13 −λ4 ≤0

∂L

∂s2 =−1 +λ2 −λ34 ≤0

∂L

∂λ1 =s1181 q12 ≥0

∂L

∂λ2 =s219q22 ≥0

∂L

∂λ3 =s1181 q12−s2+ 181 q22 ≥0

∂L

∂λ4 =s219q22−s1+ 19q22 ≥0

La solution est q1 = 9 ; q2 = 3 ; s1 = 5 ; s2 = 1 ; λ1 = 0 ; λ2 = 2 ; λ3 = 1 ; λ4 = 0 ; S = 6 Graphiquement (voir graphique I.3), le premier re¸coit A+B+D et le deuxi`eme A+D.

Le travailleur avec des coˆuts bas produit l’output optimal et il re¸coit un surplus de telle sorte qu’il soit indiff´erent entre une production de q1 et une production de q2. Le travailleur avec des coˆuts ´elev´es re¸coit une r´emun´eration ´egale `a son utilit´e de r´eservation.

Etant donn´e ces propri´et´es, on aurait pu obtenir la solution en ne tenant compte que des deux contraintes satur´ees (utilit´e de r´eservation de 2 et contrainte d’autos´election de 1). On aurait alors:

max π12 =q1−s1 +q2−s2 s.c. s219q22 = 0

s1181 q12 =s2181 q22

En utilisant les courbes d’indiff´erence, on a le graphique I.4. Le principal fait un profit de 4 avec l’agent 1 (π1 = 4) et de 2 avec l’agent 2 (π2 = 2). La courbe d’isoprofit π2 coupe la courbe d’indiff´erence de l’agent 2. Ceci signifie qu’il y a la possibilit´e d’accroˆıtre le profit et

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l’utilit´e de l’agent 2. La surface hachur´ee repr´esente la r´egion o`u les gains r´eciproques sont possibles. La contrainte d’incitation de l’agent 1 cr´ee une in´efficience repr´esent´ee par cette surface hachur´ee.

S’il y a la concurrence entre les principaux, le profit diminue. A long terme et en concurrence parfaite on aura donc un profit nul. Ceci signifie queπi =qi−si sera ´egal `a 0 et alorssi =qi. D’autre part, les agents maximisent leurs utilit´es:

max ui =si −ci =qi−ci On obtient:

dui

dqi = 1−c0i = 0→1 =c0i

Dans notre exemple, on trouve q1 = 9 ;s1 = 9 ; q2 = 4.5 ; s2 = 4.5 ; u1 = 4.5 ; u2 = 2.25 et ceci correspond `a l’output optimal (voir graphique I.5).

Il y a alors un contrat sp´ecifique pour chaque agent. Cet ´equilibre o`u diff´erents types d’agents ont diff´erents types de contrat est appel´e un ´equilibre s´eparant car les agents sont s´epar´es.

Il convient de noter qu’il est impossible d’avoir un ´equilibre o`u les deux types d’agents auraient le mˆeme contrat. Cet ´equilibre est appel´e un ´equilibre m´elangeant car les deux types sont m´elang´es. Le graphique I.6 montre qu’il est impossible d’avoir un ´equilibre m´elangeant. En effet, au point F on a une solution optimale pour l’agent 1 mais la r´egion hachur´ee repr´esente des points o`u il est possible de trouver un contrat que l’agent 2 pr´ef`ere `a celui choisi par l’agent 1. Par cons´equent F n’est pas un ´equilibre. Un raisonnement similaire permet de voir qu’un point o`u l’agent 2 a une solution optimale ne correspond pas `a un ´equilibre car on peut trouver des contrats que l’agent 1 pr´ef`ere. En conclusion, il est impossible ici d’avoir un

´

equilibre m´elangeant.

Supposont maintenant que la productivit´e des deux types de travailleurs est diff´erente et que les travailleurs qui ont les coˆuts bas sont aussi les plus productifs.

Soit:

q1 = 1.5L1 ; q2 = 0.5L2

o`u L1 et L2 sont les heures de travail. Les coˆuts des travailleurs sont:

C1 = 181 L21 ; C2 = 19L22

La moiti´e des travailleurs est du premier type et l’autre moiti´e est du deuxi`eme type.

Si les entreprises offrent un mˆeme contrat `a tous les travailleurs (mˆeme salaire: s1 = s2

et mˆemes heures de travail L1 = L2) et le profit est nul, alors elles doivent gagner sur le travail des agents productifs et perdre sur celui des autres. La production moyenne est q = 0.5(1.5L1+0.5L2) =L1 =L2 =L. L’´equilibre devrait alors se trouver sur la droites =L (voir graphique I.7) car sur cette droite le profit est nul (le travailleur re¸coit le salaire corre- spondant `a la productivit´e moyenne). Supposons que l’´equilibre soit au point F. Repr´esentons les courbes d’indiff´erence des deux agents qui passent par ce point. Etant donn´e que la courbe d’indiff´erence de l’agent 1 a une pente plus faible, il y a des contrats dans la zone hachur´ee que l’agent 1 pr´ef`ere mais que l’agent 2 ne d´esire pas avoir. Une entreprise quelconque peut offrir ce type de contrat et attirer les travailleurs de type 1. Par cons´equent F n’est pas un

´

equilibre. Il n’y a pas d’´equilibre m´elangeant dans ce cas.

Prenons maintenant le cas d’un ´equilibre s´eparant. Le contrat A pour les travailleurs de type 1 (voir graphique I.8) et B pour les travailleurs de type 2 sont des contrats optimaux mais ils ne satisfont pas la contrainte d’autos´election. Les travailleurs de type 2 pr´ef`erent eux aussi le contrat A. Si une entreprise quelconque propose le contrat A dans le but d’avoir les bons travailleurs, elle aura aussi les travailleurs de type 2. Nous avons ici un exemple de s´election adverse.

(9)

La solution consiste alors `a choisir le contrat C. L’agent 2 est indiff´erent entre B et C. Par contre l’agent 1 pr´ef`ere C. Nous avons ici un ´equilibre s´eparant (type 1 C, type 2 B).

Il se peut qu’aucun ´equilibre n’existe. La r´egion hachur´ee repr´esente des points que l’agent 1 et l’entreprise pr´ef`erent. En effet, l’agent 1 a une utilit´e plus ´elev´ee et l’entreprise verse un salaire plus bas. Aucun contrat n’est propos´e dans cette r´egion car on aurait aussi les travailleurs de type 2. Toutefois, s’il y a beaucoup de travailleurs de type 1 la droite de profit nul passera dans la r´egion hachur´ee. Les entreprises ont int´erˆet `a proposer un contrat unique et nous avons vu ci-dessus qu’il n’y a pas d’´equilibre m´elangeant. Par cons´equent, aucun

´

equilibre en strat´egie pure n’existe.

Agents avec information cach´ee (I.1)

0 1 2 3 4 5 6

0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 3.5

qi

si

u1 = 1 u2 = 0.5

...........................................................................................................................................................................................

......................................................................................................................................................

u1 =s1181 q12 ; u2 =s219q22

Agents avec information cach´ee (I.2)

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 0.0

0.2 0.4 0.6 0.8 1.0 1.2 1.4

q Cm

....................................................................................

.........................................................................................

Cm1

Cm2

C

A D

B E

Cm1 = 19q ; Cm2 = 29q

A= 1.125 ; B = 3.375 ; C = 2.25

D= 1.125 ; E = 1.125 ; S =C+ (C+D+E)

(10)

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 0.0

0.2 0.4 0.6 0.8 1.0 1.2 1.4

q

Cm Cm1

Cm2 α

β

....................................................................................

.........................................................................................

α = 1/36 ; β = 17/72

Agents avec information cach´ee (I.3)

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 0.0

0.2 0.4 0.6 0.8 1.0 1.2 1.4

q Cm

.................................................................................................................................

.............................................................................................................................................

Cm1

Cm2

C

A

D B

E α

Cm1 = 19q ; Cm2 = 29q

A= 0.5 ; B = 4 ; C = 2

D= 0.5 ; E = 1.75 ; α = 0.25

S =C+C+E+α

Agents avec information cach´ee (I.4)

(11)

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

−4

−3

−2

−1 0 1 2 3 4 5 6

qi si

u1 = 0.5 u2 = 0

π1 = 4 π2 = 2

.......................................................................................................................................................................................................................................................................................................

...............................................................................................................................................................................................................

.......................................................................................................................................................

.........................................................................................................................................................................

π1 =q1−s1 ; π2 =q2−s2

Agents avec information cach´ee (I.5)

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 0

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12

qi

si

u1 = 4.5

u2 = 2.25

s =q

.....................................................................................................................................................................................................................................................................

....................................................................................................................................................................................

....................................................................................................................................................................................................................

q1 = 9 ; s1 = 9 ; u1 = 4.5 q2 = 4.5 ; s2 = 4.5 ; u2 = 2.25

Agents avec information cach´ee (I.6)

(12)

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 0

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12

qi si

u1 = 4.5

u2 = 0

s =q F

.....................................................................................................................................................................................................................................................................

.........................................................................................................................................................................................................................................................................

..............................................................................................................................................................................

Agents avec information cach´ee (I.7)

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 0

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12

Li si

u1 = 4.5

u2 = 0

s =L F

s1 = 1.5L1

s2 = 0.5L2

.....................................................................................................................................................................................................................................................................................................

......

......

......

......

......

......

......

......

......

......

......

......

......

......

......

......

......

......

......

......

......

......

......

......

....

....................................................................................................

..........................................................................................................................................................................................................................................................................

...............................................................................................................................................................................

Agents avec information cach´ee (I.8)

(13)

0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 0

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21

Li

si

u1 = 5.3

u2 = 0.56

B

A

C

s1 = 1.5L1

s2 = 0.5L2

..................................................................................................................................................................................................................................................................................................................

.......................................................................................

.......................................................................................................................................................................................................................................................................................

....................................................................................................................................................................................................................

u1 = 6.75

... ...... .....................................

......

......

......

......

......

......

......

......

......

......

......

......

......

...

u1 =s1121 L21 ; u2 =s219L22

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