UTILISATION COMPARÉE DES CÉRÉALES
COMME SEULS ALIMENTS DU PORC
PENDANT LA PÉRIODE DE FINITION
Y. HENRY
A. GAYE, J.-P. TURC H. BOUSQUET
Station de Recherches sur
l’Élevage
des Porcs,Centre national de Recherches zootechniques, 78 - Jouy-en-Josas
Institut national de la Recherche
agronomique
SOMMAIRE
L’utilisation comparée des céréales (orge, blé, maïs) comme seuls aliments du Porc
pendant
lapériode
de finition, par référence à un régime témoinéquilibré
à base d’orge, a faitl’objet
de deuxexpériences,
lapremière
sur des animaux en cages dedigestibilité,
pesant en moyenne 51 kg et aunombre de 5 par
régime,
la deuxième sur 4lots de 6 animaux, entre 60et 100kg de poids
vif. L’essai dedigestibilité
a fait apparaître une liaison très étroite entre la valeurénergétique
desrégimes
etle taux de cellulose dans la ration totale. Les valeurs d’énergie
digestible,
en kcal par kg de matièresèche de céréale, sont respectivement 3489± 36.· 3g5g ± 18 et 3965 ± 24 pour l’orge, le blé et le
maïs. Ces résultats sont discutés en relation avec les données de la littérature. Par ailleurs, compte
tenu des résultats de croissance et de
composition
corporelle, les meilleures performances sont obte-nues dans le lot témoin, suivi dans l’ordre par
l’orge,
le blé et le maïs. Les différences en faveur du lot témoin et de l’orges’expliquent
en réalité par un meilleuréquilibre
entre lalysine
etl’énergie diges-
tible contenue dans le
régime.
La discussion des résultats met particulièrement l’accent sur l’impor-tance du rapport acide aminé limitant
(lysine)/énergie
dans la ration, paropposition
au rapportazote/énergie qui
n’a designification précise
que pour une source azotée donnée.INTRODUCTION
Les céréales constituent la base de l’alimentation du porc charcutier. En raison d’un
déséquilibre plus
ou moinsprononcé
entre les fractionsénergétique
etazotée,
leur introduction dans lerégime
n’en nécessite pas moins unapport complémentaire
de matières azotées et d’acides aminés
indispensables,
leplus généralement
sousforme de tourteaux’ et de farines animales.
Cependant, compte
tenu desexigences
relativement faibles du Porc en acides aminés
indispensables pendant
laphase
definition,
il estpossible d’envisager
durant cettepériode
l’utilisationquasi
exclusivedes céréales dans la
ration,
à condition dedisposer
de variétés suffisamment richesen matières azotées et de
procéder
à unesupplémentation
par les acides aminés limi- tants,parallèlement
à unapport complémentaire
de minéraux et de vitamines. En mêmetemps qu’a
été abordé un programmed’expérimentation
sur lasupplémenta-
tion des céréales seules
(orge, blé, maïs)
par des aminoacides desynthèse, principa-
lement la
lysine (RÉ RAT
et HENRY in RÉRATig66, zg6 7 ),
nous avonsentrepris
decomparer leur efficacité dans le
régime
du Porc enfinition,
soit entre 60et 100kg
depoids
vif.MATÉRIEL
ETMÉTHODES
L’emploi
des céréales (orge, blé et maïs) comme seuls aliments du Porcpendant
lapériode
de finition, par référence à un régime témoinéquilibré,
a faitl’objet
de deuxexpériences,
l’une en cages dedigestibilité
et l’autre en lots.a) .Ex!6TMM!
en cages dedigestibilité
L’étude de l’utilisation
digestive
des élémentsénergétiques
et azotés derégimes
exclusivement constitués de céréales a été réalisée sur 5 groupes de 4 porcs mâles castrés, de raceLavge
White etd’un
poids
moyen initial de 5I kg. A l’intérieur dechaque
groupe, les animaux sont affectés au hasardaux quatre traitements suivants :
A : régime témoin à base
d’orge,
B : orge seule,
C : blé seul,
D : maïs seul. 1.
La
composition
des céréales et desrégimes
est rapportée dans les tableaux i et 2. Les céréales,préalablement
broyées(tamis
de 3mm), sont introduites dans la ration au taux de 96 p. 100et com-plétées par 4 p. 100d’un mélange minéral et
vitaminique.
Les animaux sont nourris suivant la tech-nique paired-feeding
de MiTCHELi, (I93o). A cet effet, laquantité
de nourriture distribuée a été volontairement réduite à 1,4kg
parjour,
en 3 repas, en raison desrisques
importants de refus dans le lot « maïs x. Lesrégimes
sont offerts à l’état humide(trois parties
d’eau pour unepartie
d’aliment sec).Les méthodes d’étude de la
digestibilité
ont été décrites dans unepublication
antérieure (HENRYet RÉRAT, 1966). Dans les trois
premières répétitions,
il a étéprocédé
à unepériode
de collecte de 6jours ;
dans les deux dernières, deuxpériodes
de collecte consécutives de 6jours
se sont avérées nécessaires, afin d’améliorer laprécision
des observations. Les contenusénergétiques
des régimes,fèces et urine sont mesurés à l’aide d’un calorimètre
adiabatique Uallenkamp.
Les échantillons d’urine ont étépréalablement
séchés sous vide àaS!C
dans des sacs enpolyéthylène,
selon la méthode de NijKAAIP( I9 6 5 ).
b)
Expévievtce
en lotsVingt-quatre
porcs de raceLarge
White, dont iz mâles castrés et Iz femelles, sont soumis à une croissance normalejusqu’à
60kg
depoids
vif. Ils sont alorsrépartis
par groupes de 4d’après
le sexe,le
poids
et l’âge. A l’intérieur dechaque
groupe les animaux sont affectés au hasard aux quatre trai-tements
précédents
(A, B, C, D), et élevés en loges individuellesjusqu’au
poids de ioo kg. Ils sontnourris selon leur appétit, à raison de trois repas humides par
jour (trois parties
d’eau pour unepartie
d’aliment sec) ; le niveau de la ration
journalière
est réglé de tellefaçon
que les animaux soient à la limite du refus. Lesquantités
de nourriture consommées sontenregistrées quotidiennement.
Au coursde
l’expérience,
il estprocédé
à lapesée
des animaux à intervallesréguliers. (tous
les 14jours).
Aupoids
de 100kg, ils sont abattus et les carcasses sont découpées selon latechnique
habituelle(RÉRAT
et HENRY, I964)·
RÉSULTATS
a) Digestibilité
et rétention azotéeLes résultats
généraux
dedigestibilité
sont résumés dans le tableau 3. Le coeffi- cient d’utilisationdigestive (CUD) apparent
del’énergie
est nettementplus
élevéavec le blé et le maïs
(8 7
p.100 ) qu’avec l’orge
et lerégime
finition(respectivement
8
1 et 7g p.
100 ).
Les valeurs des CUD des matières azotées sontrespectivement :
86 -
8 1 ,6
- 7g et 74,2pour le blé, le maïs, le régime
finition etl’orge. L’utilisation diges-
tive des éléments
énergétiques
et azotés des céréales est ainsi en relation inverseavec le
pourcentage
de constituantscellulosiques,
comme le montre lafigure
i.Malgré
un nombre réduit dedonnées, correspondant
seulementà 4 taux
de celluloseinégalement espacés,
il a étéprocédé
à un calcul derégression
du CUD del’énergie
sur le taux de cellulose brute
rapporté
à la matière sèche(x).
Ce calcul faitapparaître
une décroissance linéaire du CUD de
l’énergie
en fonction du taux decellulose,
sui- vant la relation :CUD - E = g2,45 - 2,39
x (taux
de cellulose p. 100 matièresèche),
le coefficient de corrélation étant o,go.
A
partir
des valeursd’énergie digestible
de la matièreorganique
desrégimes,
nous avons déduit les valeurs
énergétiques
des céréales pures, soitrespectivement :
3
4 8 9 ,
3858
et 39 6 5
keal parkg
de matière sèche pourl’orge,
le blé et le maïs. L’éner-gie
métabolisableapparente représente
uneproportion
sensiblement constante del’énergie digestible (g6
à g7 p.100 ).
Notonscependant
quel’énergie
excrétée dans l’urine a tendance à êtreplus
faible dans le lot « orge » que dans les lots « finition » et « blé »(différence significative
au seuil0 , 10 ).
Parailleurs,
le contenuénergétique
de
l’urine, exprimé
en kcal par gd’azote,
varie d’unefaçon significative
d’un lotà
l’autre ;
ceci estparticulièrement
net pour leblé,
dont les valeurs observées sontsystématiquement plus
faibles que pour les autres céréales.En ce
qui
concerne le coefficient de rétentionazotée,
la valeur laplus
élevée estobtenue avec le
régime
témoin( 4 8,8
p.100 ). Ensuite,
vientl’orge ( 3 g,o
p.ioo),
suiviede très loin par le blé
( 25 , 5
p.100 )
et le maïs( 2 r,8
p.ioo).
Il faut en conclure que lesprotéines
de blé et de maïs sont nettementplus déséquilibrées
que celles del’orge.
En
comparant
les teneurs en acides aminés des céréales aux besoins du Porcpendant
la
phase
definition,
ilapparaît,
eneffet,
que lalysine
constitue le facteur limitantprimaire
de cesdernières,
lesquantités
pour 16 g d’azote étantrespectivement
-3
,73-2,7o et 3,09 pour
l’orge,
le blé et le maïs(tabl. 2 ).
Ilimporte
toutefois d’inter-préter
ces valeurs de rétention azotée avec une certaineprudence, compte
tenu desdifficultés rencontrées pour
égaliser l’apport journalier
de nourriture à un niveaucompatible
avec une vitesse de croissancesatisfaisante ;
cette dernière a été respec- tivement de 240, Igo, 27o et 240g/jour
dans les lotsA, B,
C et D,pendant
lespériodes
de collecte.
I,’analyse statistique
des résultats dedigestibilité
sur les deux dernières sériesd’animaux, qui comportaient
chacune 2périodes
de collectesuccessives,
apermis
deséparer
dans la variationrésiduelle,
lapart
de variation entrepériodes
intra-animal(ou
erreuranalytique)
et lapart
de variation entre animaux(ou
erreurindividuelle).
Ces deux sources
d’erreur, exprimées
en coefficient devariation,
sont sensiblement du même ordre degrandeur ;
parexemple, lorsque
l’onprend
en considération le CUD del’énergie,
ellesreprésentent respectivement
1,1 et 1,4 p. 100 de la valeur moyenne. Ceciindique
que pour une mêmeprécision expérimentale,
on aavantage
à
multiplier
le nombre d’animaux par traitementplutôt
que le nombre d’observa- tions par animal.Quoi qu’il
ensoit,
il est bon deprévoir
deuxpériodes
de collecte par animal si l’on désire contrôler l’erreuranalytique.
b) Croissance,
consommation etcomposition corporelle
Comme
l’indiquent
le tableau 4 et lafigure
2 concernant l’évolution dupoids vif,
les meilleuresperformances
de croissance sont obtenuesdans
le lot « témoin finition », suivi dans l’ordre par les lots cc orge », « blé » et « maïs ».Remarquons
à ceteffet que les 4 lots se
séparent
en 2 groupes(Témoin-Orge)
et(Blé-Maïs), significa-
tivement différents entre eux, non seulement du
point
de vue de lacroissance,
maiségalement
dupoint
de vue de la valeurénergétique,
elle-même fonction du taux decellulose ;
dans tous les cas, la vitesse de croissance observée est en relation inverseavec la valeur
énergétique
durégime,
tout au moins dans nos conditionsexpéri-
mentales.
Les écarts de croissance
enregistrés
selon la nature de la céréales’expliquent
en fait par des différences dans le niveau
d’ingestion, qu’il s’agisse
des résultats moyens ou de leur évolution dans letemps
en fonction dupoids
vif moyen parquin-
zaine
(fig.
3a). Ainsi,
laquantité
de nourriture consommée est sensiblement la même dans les lots « finition » et « orge » et nettementplus
élevée que dans les lots « maïs » et « blé ».Exprimée
en kcaldigestibles,
la consommationd’énergie
est laplus
faibledans les lots « orge » et « blé » et la
plus
élevée dans le lot « maïs» (fig.
3b).
Dupoint
de vue de l’indice de
consommation, exprimé
en kcaldigestibles
parkg
degain,
lesrégimes
se classent dans l’ordre inverse de celui dugain
moyenjournalier,
l’indicele
plus
favorable étant obtenu avec lerégime
témoin « finition ».L’évolution de la consommation
journalière
de matières azotéesdigestibles
enfonction du
poids
vif estprécisée
dans lafigure
3 c. Les animaux au maïs et au bléingèrent
sensiblement la mêmequantité
de matières azotéesquel
que soit leurpoids
mais nettement moins que ceux recevant
l’orge
et afortiori
lerégime
témoin. Enréalité,
si l’onprend
en considération l’acide aminé limitant de chacune dès troiscéréales,
en l’occurence lalysine,
ons’aperçoit
que c’estl’orge qui
fournitl’apport journalier
delysine
leplus élevé, puis
le blé et le maïs(fig.
3d),
cette différence enfaveur de
l’orge
réside dans unrapport lysine (ou
acide aminélimitant) /énergie plus
élevé.
Les résultats de
composition corporelle (tabl. 5 )
ne sont d’ailleurs que la consé- quence directe des variations de cerapport lysine /énergie.
Ainsi les animaux rece- vant lerégime
témoin accusent un rendement àl’abattage
et unpourcentage
demorceaux gras dans la carcasse
plus
faibles que ceux nourris de céréalesseules,
tandis que lepourcentage
de morceauxmaigres
estplus
élevé. De lacomparaison
des céréales entreelles,
il résulte quel’orge
donne les carcasses lesplus maigres,
suivie par le blé et le maïs. Par contre, aucune différencen’apparaît
dans lepoids
des viscères. Endéfinitive,
il est intéressant de constater que la vitesse decroissance,
et d’une manièreplus précise,
laproduction
de morceauxmaigres,
est en relation directe avec la quan- tité delysine
par i ooo kcaldigestibles
dans la ration(fig. 4 ).
DISCUSSION
L’examen des résultats de
digestibilité
des matières azotées fait ressortir unedifférence très
marquée
entrel’orge ( 74
p.100 )
et le maïs(8 2
p.100 )
et surtout le blé(86
p.100 ),
cequi
est conforme aux donnéesclassiques
de la littérature(S CHN E ID E R , rcl4!).
Il convientcependant
de nuancer cetteconstatation,
en raison des différences de concentration des matières azotées dans lesrégimes.
Parallèlement à l’utilisationdigestive globale
des matièresazotées,
il a été observé par ailleurs une différenceimportante
dans ladisponibilité
de lalysine :
cette dernière serait moins élevée dansl’orge
que dans le maïs(NIELSE!’et al., io6 3 ).
Un deuxième
point
concerne l’utilisationdigestive
des substancesénergétiques.
Depuis
les travaux d’Ax!!,ssow( 1055 ),
POND et al.( 19 6 2 ), puis
de N!xRrnrG( 19 66)
et
plus
récemment de DRENNAN et MAGUIRE( 19 66),
il est maintenant bien établi que les variations du coefficient d’utilisationdigestive (CUD)
des élémentsénergé- tiques
de laration,
chez le Porc,peuvent
êtreexpliquées,
pour laplus grande part,
par la
proportion
de matériauxcellulosiques
contenus dans lerégime.
Il est intéres-sant de remarquer que dans le cas
présent,
le CUD del’énergie
diminue d’environ2p. IOO
lorsque
le taux de cellulose bruteaugmente
de i p. ioo d’une céréale àl’autre,
ce
qui correspond
sensiblement aux résultats trouvés par les auteursprécédents
avec des
régimes
à base de céréales.Quoi qu’il
ensoit,
pour une céréaledonnée,
les fluctuations de la valeurénergétique
sont relativementfaibles,
comme leprouvent
les différentes valeurs trouvées dans la littérature(tabl. 6).
Il faut en conclure que les variations intervenues dans lacomposition chimique
des céréales ou dans lesméthodes de détermination de leur valeur
énergétique,
ont eu relativement peu derépercussions
sur l’estimation de cettedernière,
tout au moinslorsqu’elle
estexpri-
mée en
énergie digestible.
Il en va sensiblement de même des valeursd’énergie
méta-bolisable
apparente,
dont les variations sont toutefois sous ladépendance
des tauxrespectifs
de matières azotées et d’acides aminésindispensables
dans la ration. Ceci constitue unargument
deplus
en faveur de la nécessité de déterminer la valeurénergétique
desrégimes
dans les conditionsoptimum d’apport
des acidesaminés,
ainsi
qu’en témoignent
les valeurs obtenues sur Rat par V!RMOx!!, et KELLER(1967).
La
comparaison
durégime
témoin de finition et desrégimes
exclusivement à base de céréales apermis
de mettre en évidence dans cesdernières,
un déficit azoté à la foisquantitatif
etqualitatif, qui
se traduit par desperformances
de croissance réduites et undéveloppement
excessif desdépôts
gras dans la carcasse. L’influence favorable d’unesupplémentation
des céréales seules par lalysine (facteur
limitantprimaire)
chez le Porc, a d’ailleurs été démontrée par un certain nombred’auteurs, qu’il s’agisse
del’orge (Di!NussoN, ig62 ;
ROBINSON etLEwis, rg63 ;
SOLDEVILLA et MEADE
,
rg6 4 ; RÉ RAT , 19 66, rg6 7 );
du blé(E R icsoN
etal., 19 6 2 ; JE NS E N et al., 1967;
RÉ RA
T et
HENRY,
données nonpubliées);
ou du maïs(POND
etJ ON E S , rg64;
PONDet
al., rg6 4 ).
D’un autrecôté,
lacomparaison
des céréalesseules, pendant
laphase
de
finition,
a fait ressortir unavantage
très net del’orge
parrapport
au blé et aumaïs,
en raisonprécisément
d’un meilleuréquilibre
entre l’acide aminé limitant(lysine)
et le contenuénergétique
de lacéréale ;
à noter que TERROINE et VA-Li,Aavaient
déjà montré,
en 1933, quel’orge
constitue la meilleure céréale pour le porc, dupoint
de vue de laqualité
de sesprotéines.
Non seulementl’orge présente
uneteneur
plus
élevée enlysine ( 3 , 9
g parkg
de matière sèche contre 3.5 et 3,2 pour le blé et lemaïs),
mais encore, elle est moins riche enénergie ( 3 4 8 9
kcaldigestibles
par kilo de matière sèche contre 3
8 5 8
et 39 6 5
pour le blé et lemaïs),
cequi
se tra-duit par une consommation accrue de
nourriture,
donc delysine,
alors que le niveaud’ingestion d’énergie
utilisable estplus
faible. L’amélioration desperformances
decroissance et de carcasses avec le blé et le maïs, dans les conditions d’alimentation selon
l’appétit, exigerait
donc à la fois :- une diminution de la valeur
énergétique
durégime, grâce
à l’introduction d’un diluantcellulosique ;
- une
quantité
suffisante delysine
relativement àl’énergie grâce
à unapport complémentaire
d’une source azotée riche enlysine.
La dilution du contenu
énergétique
de la céréalepeut
sans doute être obtenue à l’aide d’un matériaucellulosique quelconque (rafles, fourrages grossiers),
maiscompte
tenu de la nécessité d’unapport complémentaire
delysine,
ilapparaît plus judicieux
d’associer à une céréaleénergétique,
comme le blé ou le maïs, uncomplé-
ment à la fois riche en acides aminés
indispensables, principalement
enlysine,
etrelativement peu
énergétique,
en l’occurence une farine de luzernedéshydratée
parexemple.
Dans le même ordred’idée,
il semble peuavantageux
de maintenir dansune
céréale,
commel’orge,
un taux élevé de matériauxcellulosiques,
cequi
limited’autant la
possibilité
de recourir à certains aliments decomplément
riches enlysine,
mais d’une teneur relativement élevée en cellulose. En
définitive,
il ressort des obser- vationsprécédentes
que lerapport
azote/énergie, qu’on peut exprimer
parexemple
par la
quantité
de matières azotéesdigestibles
pour i ooo kcald’énergie digestible,
n’a de
signification
réelle que s’il serapporte
à une source azotéedonnée ;
il ne per- met aucune discrimination entre desrégimes
constitués deprotéines
dequalité
différente. Dans tous les cas, au
contraire,
les résultats de croissance et decomposi-
tion
corporelle
sont en relation directe avec lerapport
acide aminé limitant(lysine) / énergie, qu’on peut exprimer
par laquantité
d’acide aminé(lysine),
en g pouri ooo kcal
d’énergie digestible.
Si l’on considère l’évolution des résultats de consommation en fonction de la nature de la
céréale,
ons’aperçoit
que d’une manièregénérale,
le niveaud’ingestion
varie en raison inverse de la valeur
énergétique
durégime,
conformément à ce que l’on observe habituellement chez le Porc(HENRY, 19 66)
et chez le Rat(HENRY
etRÉ
RAT
(zg66). Cependant,
cette relation n’est passystématique. Ainsi,
le maïs estconsommé en
plus grande quantité
que leblé, malgré
une valeurénergétique légère-
ment
supérieure.
Enréalité,
laquantité
de nourriture librementingérée
par l’animalest, tout au moins pour une
large part,
la résultante des influencesréciproques
de laconcentration en
principes énergétiques
et du taux de matières azotées ou d’acides aminésindispensables.
Al’appui
d’observations effectuées sur le Rat(HENRY
etRÉ
R
AT, 19 65)
et sur le Porc(RÉ RAT
etHENRY, zg6q),
il semblerait que l’animal encroissance cherche à
satisfaire,
non seulement son besoinénergétique,
maiségale-
ment, dans la mesure dupossible,
son besoinazoté ;
de cefait,
ilréagit
à undéséqui-
libre par défaut de
protéines
vis-à-vis del’énergie (régime hypoazoté)
en élevant sonniveau
d’ingestion,
et ceci d’autantplus
que ledéséquilibre
estplus prononcé.
Onpeut expliquer
de cettefaçon
les différences de consommation entre maïs et blé enrelation
simplement
avec le taux de matièresazotées,
nettementplus
faible dans le maïs que dans le blé. Onpeut
se demanderégalement
si la consommation relative- ment réduite de blé parrapport
aux deux autres céréales nepourrait
pas être attri- buée au mode deprésentation
desrégimes.
Si l’on se réfère aux récentes observations de LAWRENCE( 19 6 7 ),
ilapparaîtrait
que le Porcaccepte plus
volontiers le blé lors-qu’il
estprésenté
sous formeaplatie qu’à
l’état defarine,
comme c’est le cas dans laprésente
étude.En
conclusion,
l’utilisation des céréales seules par le Porc pour la croissance est en relation directe avec lerapport lysine /énergie
de lacéréale,
les meilleuresperfor-
mances étant obtenues avec
l’orge,
suivie par leblé, puis
le maïs. L’amélioration des conditionsd’emploi
desrégimes
à base decéréales,
chez lePorc, implique
ainsiun
réajustement
del’apport
du ou des acides aminés limitants relativement àl’énergie, grâce
à unesupplémentation
par des sourcesprotidiques riches, accompagnée
ounon d’une dilution de
l’énergie
de la céréale par un alimentcellulosique.
Reçu pour
publication
en mars ig68.SUMMARY
COMPARATIVE UTILIZATION OF CEREALS AS THE ONLY FEED BY PIGS IN THE FINISIIING PERIOD
Comparative
utilization of cereals(barley,
wheat,maize),
in relation to a balanced control died based onbarley,
as theonly
feed forpigs
in thefinishing period,
was thesubject
of 2experiments
each with 4groups of Large White
pigs, given, respectively :
- a control diet based on
barley,
oilmeals and animalprotein
meals, with 14.5per cent crudeprotein (Group A).
- - diets with 96 per cent of one of the three cereals,
barley (Group B),
wheat(Group C)
or maize(Group D)
and 4 per cent minerals and vitamins tocomplete
the diet.Utilization of energy and
nitrogen
was studied in adigestibility
triallasting
21days
with castra-ted males of average initial
weight
51kg.
Thepigs
werepair-fed
and weregiven
1.4kg
feed perday.
day.
The secondexperiment
was with groups of 6pigs,
half castrated males and half females,kept
inindividual pens between 60and 100
kg liveweight
andgiven
moist feed toappetite
in 3 meals aday.
The results for
digestibility
show a very close relation between the energy value and the fibre content of the whole ration(fig.
I) :digestibility
of energy fellby
2.3 percentage units when the crude fibre(Weende)
in thedry
matter increasedby
I per cent. Values fordigestible
energy, in kcal perkg dry
matter of the cereal, were 3489 ± 36, 3 858 ± 18 and 3 g65 ± 24for barley,
wheat and maize,
respectively, corresponding
to apparentdigestibility
of energy of 81.0 ; 87.0 and 87.8 per cent(table
3). Apparentdigestibility
of crudeprotein
washigher
for wheat(86. 0 )
andmaize
(8 1 .6)
than forbarley
(74.2) and the control diet (79.0). The results are discussed in relation to data from the literature(table
6).Considering
the results forgrowth
andbody composition (tables
4and 5), the bestperformances
were in the control group
(A),
followedby barley
(B), wheat(C)
and maize(D)
in that order.Respec-
tive
daily gains
were 828, 733, 618 and 596 g ;daily
intakes of feed were 3.34, 3.30, 2.97and 3.16kg,
and intakes per kg
gained
were 4.03, 4.59, 4.89and 5.38 kg. As proportion of carcassweight
ham andloin were 50.8, 48.8, 47.6 and 47.0 per cent and back fat and kidney fat were 19.4, 22.4, 22.7 and 23
.
4per cent. The difference in favour of the control diet and
barley
could beexplained
in factby
thebetter balance between
lysine
anddigestible
energy in the diet ; the diets had 2.05, r.r3, 0.92 and 0.8
0 g
lysine
per i ooo kcaldigestible
energy for groups A, B, C and D,respectively.
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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