A NNALES DE LA FACULTÉ DES SCIENCES DE T OULOUSE
A. B UHL
Sur les transformations et extensions de la formule de Stokes
Annales de la faculté des sciences de Toulouse 3
esérie, tome 7 (1915), p. 181-219
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SUR LES TRANSFORMATIONS ET EXTENSIONS
DE
LA FORMULE DE STOKES
PAR M. A. BUHL
CINQUIÈME MÉMOIRE (I)
La Première Partie de ce nouveau Mémoire est entièrement
inspirée
de la ques- tion463g
de L’Intermédiaire desMathématiciens, posée
parP..A ppell.
La formule de Stokes et ses
analogues,
à un nombrequelconque
devariables,
sont
susceptibles
d’une multitude de transformations à résultats non véritablement distincts aupoint
de vueanalytique;
iln’y
a d’intérêt que si l’une de ces transfor- mations faitapparaître
un termeayant
unesignification géométrique
ouphysique
intéressante. Ainsi on ne
peut
nierl’importance
de la formule d’Ossian BonnetLa formule de
Appell
serapproche
intimement de cettedernière,
mais con-tient la courbure moyenne au lieu de la courbure totale.
J’ai
cherché,
dans les extensionsdéjà étudiées, quelle
était la forme laplus
conve-nable et la
plus générale
à donner à une formulequi comprendrait
à la fois celled’Ossian Bonnet et celle de M. Paul
Appell.
.
L’emploi
du vecteur normal(x, 6, y)
a étéindiqué
parM. Appell
dans l’énoncé desa
question.
La courbu.re nioyenne est ladivergence
de cevecteur; j’ajoute
que la cour- bure totale estforme adjointe
d’uneforme quadratique représentant
lacourbure
d’unesection normale.
(I)
Cescinq
Mémoires ont étéprécédés
par deux autres : : Sur lesapplications géomé- triques
de laformule
de Stokes et Sur laformule
de Stokes dansl’hyperespace, publiés
aussidans ce Recueil. Le
présent
travail est donc, enréalité,
leseptième
d’une série depublica-
tions consacrées au même
sujet.
I82
Tout ceci donne une forme
symétrique spéciale
àl’équation
aux rayons de cour- bureprincipaux
etpermet,
rienqu’en
bordant lejacobien
nuld’en déduire un déterminant
à,
du sixièmeordre,
donnant l’invariantintégral
extrêmement
symétrique
etgénéral,
attachéà
toutes les cloisons hpassant par
uncontour
fermé ;
ettoujours tangentes
entre elles en toutpoint de y.
Dans la Seconde
Partie, je
reviens sur les sommes abéliennes de volumes coni- ques. Des surfacesmerveilleuses,
- dont presque toutes lespropriétés
ont été ré-vélées par le Maître récemment
disparu,
GastonDarboux,
et par M. G.Humbert, -
les
cyclides,
on deremarquables
sommes de cette naturelesquelles s’expriment
par l’intervention des airessphériques
de 1f. Humbertdéjà
utilisées dans mon Troisième Mémoire.Quand
les sommes abéliennes sont déterminées par un côneayant
son sommeten un centre
C)
de la surfaceconsidérée,
il est naturelqu’elles
aient uneexpression particulièrement simple.
Mais ceci n’est pas unepropriété caractéristique
des centresdes surfaces
algébriques;
lasimplicité
enquestion
et lespropriétés géométriques qui peuvent
en résulter ont lieu pour d’autres surfaces non centrées au sommet du cône etqu’il
est intéressant d’associer auxpremières.
Après
ces considérationsgéométriques, j’ai
tenuà en placer
d’autresrelatives
udes courbes rencontrées dans le Mémoire
précédent
et dont les normales et les cen-tres de courbure se
peuvent
construire par une méthode dueà
Mauriced’Ocagne, lequel
m’a trèsobligeamment signalé
lapossibilité
de la chose.Enfin,
dans une TroisièmePartie, j’ai placé quelques
remarques élémentaires et tout à faitsquelettiques
sur laquestion
de savoir ce quereprésentent
lesintégrales généralement
étendues à des variétés ferméeslorsqu’on
ne les étendplus qu’à
desportions
ouvertes des variétés enquestion.
Cette étudedemande,
entre autreschoses,
une réduction à des
types canoniques
des formes différentiellesplacées
sous lessignes d’intégration;
il y aurait donclà,
dèsl’abord,
un desmultiples aspects
duproblème général
de Pfaff.Parmi le peu
que j’ai dit, je signale
surtout le lien établi entre lescourbes gauches
à torsion constante et les aires
sphériques
de G. Humbert.(’)
Au sens 1rplus général
de ce mot.(Voir
n°13.)
PREMIÈRE
Extension de la Formule de Stokes
etCourbure des surfaces.
[1]
Soit unchamp
cle vecteursu(x, y, z), v(x, y, z), iv(x, y, z)
danslequel se
trouveitne cloison I’ de contour 03B3 el- dont l’élément
superficiel
dcpossède
une normale decosinus directeurs ce,
03B2,
03B3.Soient,
enoutre, P, Q, R, S, T,
U sixfonctions dépendant
chacune des six
quantités
x, y, z, il, n, cv.’
Ort aura
en
posant
Si les
fonctions S, ’l’,
U s’annulent el siP, Q,
R nedépendent plus
que de x, y, z, laformule (1)
se réduit ù laformule
de Stokes ordinaireCe théorème
peut
être démontré ouvérifié
deplusieurs
manières. La démons- tration àlaquelle je
donne lapréférence
est cellequi,
aussi directement quepossible,
fait
apparaître ~
sous la forme du déterminantindiqué
en(2).
Pou.r éviter desrépé-
titions un peu
encombrantes, je
renverrai auparagraphe 4I
de mon SecondMémoire.
On trouvera là une cloison l’ à deux dimensions dans
l’espace
àsix,
cloisonayant
pour
équations
et donnant lieu à la formule
en
laquelle
Ici
P, Q, I~~, R3, Rq
sont des fonctionsquelconques de x,
y, z~, z3, z4.Or,
onpeut imaginer
que z1 soit la cote ordinaire z d’une surfaced’équation z=f (x, y)
et que z,, z3, 2~~ soient
respectivement
les fonctionsu(x,
y,z),
y,z), w(x,
y,z),
dont chacune n’aurait que deux
variables,
x et y, en vertu dez=f(x, y).
Maisalors,
dans
J~ ,
les deuxpremiers
termes des troispremières lignes
Si
alors,
des troispremières lignes
de~1,
on retranche laquatrième multipliée
par des facteurs
convenables, 3, prend
la forme .En observant
que
la formule
(S4)
est finalement transformée en la formule(1).
Il y
a là un nouvelexemple
d’une formule établie d’abord dansl’hyperespace
etqui, moyennant
des conventionsconvenables, prend
un senstangible
dansl’espace
ordinaire.
[2]
Aupoint
de vue strictementanalytique,
la formule(i)
n’est pasplus géné-
rale que la formule de Stokes ordinaire
(3).
Certes(3)
se déduit de(i), mais,
bienque ce soit
beaucoup
moinscommode, (i) peut
se déduire de(3).
Si,
dans(3), nous remplaçons P, Q,
Rrespectivement
parle second membre de
(3)
devient le second membre de(i)
et ceci entraîne l’identité despremiers membres,
facile à vérifierd’ailleurs
pardéveloppement
direct. Mais cequi
n’est pas évident et cequi
offre del’intérêt,
même aupoint
de vue strictementanalytique,
c’est que latransformation,
ainsiindiquée
pour lepseudo-déterminant
de
(3),
donne lepseudo-déterminant 0394
d’unesymétrie
siparfaite
et siremarquable.
On remarquera notamment
que A
contient lepseudo-déterminant
de(3)
surmontédu
jacobien
des fonctions u, v, w. Cette remarquepermet
d’écrire 3 demémoire,
sans aucune difficulté.
Si l’on veut, le théorème du début du
paragraphe 1
revient à cet énoncé : : Lepseudo-déterlninant
où
l’ondonne,
àP, Q, R,
lesformes (4 ), prend
lczforme
0394indiquée
en(2).
Ce n’estcertainement
pas évident. *Au
point
de vue du Calculintégral,
il y a encore mieux à fairequ’à rapporter (1)
à
(3) qui
n’est nullement une formule fondamentale. Il vaut mieuxrappeler
ce quej’ai déjà
dit etrépété
dans tous les Mémoiresprécédents,
à savoir que toutes les for- mules enlitige
ne sont que des combinaisons de l’identitéet de
transformationsqui
en résultent parchangement
de variables. C’est dans cette voie que la formule(S,J
du second Mémoire a été établie. Et l’identitéindiquée, qui
exprime
de deux manières une aireplane
A de contourC,
ne semble paspouvoir
serésoudre en
quelque
chose deplus simple ;
c’est bien une formule fondamentale.A
part
cesquestions
deprincipe,
nous allons voir que la formule(1) peut jouer
un rôle
synthétique considérable,
notamment en Géométrie. On rassemble ainsi très aisément des résultatsqu’il
serait fastidieux de tirer de laborieuses transformations de(3).
[3]
Cas oii deviennent a,03B2,
03B3. - Cettehypothèse
faitdépendre
lechamp
de la surface F alors que
jusqu’ici
c’étaient là chosescomplètement
indé-pendantes.
Onpeut
mêmeimaginer
une familleF(x,
y,z)=C
de surfaces Fqui
détermineraient x,
8,
y, en unpoint
x, y, z, par les relationsAlors
P, Q, 11, S, T,
U étant des fonctionsde x,
y, z,x, ~, ,~,
on aL’intégrale
double de(5),
par le seul faitqu’elle
estégale
au second membre dela
formule,
est invariantelorsque
la cloisond’intégration
se déforme en conservantmême contour mêmes
plans tangents,
ou mêmesnormales,
lelong
de y. Ceci était le cas de la formule(D),
en x, y, z, p, q, desprécédents
Mémoires et(5)
n’estqu’une
nouvelle
forme, particulièrement symétrique
de(’D).
Comme on l’adéjà remarqué, (5)
fait donc connaître un invariantintégral,
trèsgénéral, analogue
à la courbured’une cloison
(cf.
PremierMémoire,
1912, n°‘ 22 etsuivants).
Mais que faut-il entendre exactement
par le
mot counbure? La formule(5)
est-elleplus particulièrement
d’accord avec la courbure totale ou avec la courburemoyenne?
Pour élucider ce
point,
nous allonsreprendre
une étude de ces courbures en utilisantnon pas les dérivées secondes de
F,
comme on le faitd’ordinaire,
mais les dérivéespremières
de x,8,
y. On a alors desexpressions remarquablement symétriques,
dontla
comparaison
avec A est aisée. Aupremier abord,
il semble quel’expression (6)
de 3 soit
plus proche
de la courbure totale en unpoint
der,
mais ce n’estqu’une
apparence, car M. P.
Appell,
comme nous le verrons, a donné une formule rentrant dans(5)
etqui
contient la courbure moyenne. Aufond,
cettequestion
de non-prééminence
estanalogue
à celledéjà
discutée par G. Darboux(Surfaces,
t.II,
n°DIGRESSION SUR AUX RAYONS DE COLRBLRE.
[4]
Nous allons formerl’équation
aux rayons de courbureprincipaux,
en unpoint
1~Z(x,
y,z)
d’une surfaceh,
enn’y
faisant intervenir finalement que les cosinus directeurs (x,a, ~
de la normale en"
Le raisonnement
garde
l’allureclassique
que l’on trouvera, parexemple,
dans leTraité
d’Analyse
de II Laurent(t. II,
pp.434
etsuivantes).
En
M,
menons à la surface F unetangente
M’f de cosinus directeurs~r~‘, y’, z’,
lesaccents
désignant
la dérivation de x, y, z parrapport
à l’arc s d’une courbe tracéesur I’ avec
tangente
MT en M.Si,
àl’équation
duplan
normalon
adjoint
sa dérivée parrapport à s,
on définit l’axe du cercle osculateur en à la courbe tracée. Cet axe rencontre la normale en VI en un
point
C et est normal auplan
Observant queX, Y,
Zpeuvent représenter
les coordonnées de C etdésignant
le rayon MC parR,
on aComme
donne
on a
Comme les dérivées de el,
~3,
y, parrapport à s,
doiventrespectivement
s’écrireil vient finalement
Chercher les rayons de courbure
principaux,
c’est chercher les maxima ou minima de cetteexpression quand x’, y’, z’
varient en étantliés, bien entendu,
par larelation
(7) et,
en outre, par l’identité .Il est tout
indiqué d’appliquer
la méthode desmultiplicateurs qui
donneCes trois
équations, impliquant
la combinaisonpeuvent,
avec la valeur de ~,ainsi’obtenue,
être récritesAdjoignant (7)
à cesystème
et éliminantx’, y’, z’, ?,,
il vientTelle est
l’équation
du seconddegré qui
doit donner les rayons de courbureprincipaux R,
etR2.
..Utilisant l’identité
et ses dérivées
partielles
parrapport
à x, y, z, on conclut aisément de(9)
Cette formule a d’abord été écrite par M. P.
Appell. J’y
reviendraiplus
loin(n° 8).
De
même,
donneC’est là une formule moins
simple
que(I 1)
mais néanmoins d’unesymétrie remarquable;
nous allons d’ailleurs lasimplifier. Quoi qu’il
ensoit,
onpeut déjà
énoncer ces deux théorèmes étroitement associes : :
La courbure moyenne est la
divergence
du vecteur normal(x, 03B2, ; ).
La courbure totale est
forme adjointe
de la courbure d’une section normale. Lacourbure
de cette section normale estexprimée
ici par la formequadratique,
en;r’, y’, z’,
écrite en(8).
Les variables des deuxformes, J;’, y’,
z’ et x,;3, ; ,
doivent êtreliées par une relation
d’orthogonalité qui
est(7).
[5] Étudions
maintenant lessimplincations possibles
de(12). Si,
dans la for- mule de Stokes ordinaire(3),
onprend P, Q,
ilrespectivement égaux
à x,;~,
,, , le second membre estidentiquement nul,
de par1 orthogonal ité
des directions x,8,
yet
dx, cly,
dz. Ceci entraîne la nullitéidentique
dupseudo-déterminant figurant
dansle
premier membre,
c’est-à-dire l’identitéfacile a vérifier par un calcul direct. En
s appuyant
surcelle-ci,
onarrive,
par une succession de transformationsélémentaires,
a mettre(12)
sous la formeJe considérerai ce résultat comme définitif surtout
quant
à une conservation de lasymétrie
nécessaire à cequi
suit.Mais,
si l’on abandonne lasymétrie,
onpeut simplifier
encore.Soit une surface
représentée
parl’équation
~= f (x, y).
_’~lorset a~,
a00FF,
,~~ étantnuls,
il vientUtilisant encore les dérivées de la relation
(10),
on obtient
ce
qui
est un résultat bien connu.Toujours
pour la surfaced’équation Z ==.f(x, y), l’équation
aux rayons de courbureprincipaux peut
ainsi être écriteOn trouvera cette forme dans le Traité
d’Analyse
de II. Laurent(t. II,
p. à celaprès
que cet auteurprend
q,~,
y avec dessignes
contraires à ceuxadoptés
ici.Mais,
sans faire aucunehypothèse
sur la forme del’équation
de lasurface,
autreque celle
qui
consiste à considérer les cosinus directeurs ex,(~,
y de la normale cornme des fonctions de x, y, z,l’équation
aux rayons de courbureprincipaux
estJ’ignore
si cette formeparfaitement symétrique
adéjà
été considérée.LE JACOBIEN J ET LES J BOIIDÉS..
[6J ]
Nous pouvons maintenantrésumer,
d’une manière extrêmementsymétrique,
les résultats essentiels contenus dans les
paragraphes précédents.
Soienttoujours
x,
~3,
y les cosinus directeurs de la normale en unpoint
y,z)
d’une surface.Considérons le
jacobien
Il est
identiquement
nulpuisque
x,~,
y sont liés par unerelation,
savoir larelation
(10),
rnais cette nullité n’intervient pasexplicitement
dans cequi
suit.La courbure totale en M est
Le J ainsi bordé donne naissance au célèbre invariant de Gauss
Bordé
davantage,
il donne naissance aupseudo-déterminant
engendrant
l’invariantintégral
de construction
beaucoup plus générale
que celui de Gauss. Les deux invariants ont la mêmepropriété
essentielle : ils se conservent pour toutes les déformations de la cloison F conservant soncontour y
et toutes les normales lelong
de y. Il reste entendu queP, Q, R, S, T,
U sont des fonctionspouvant
contenir chacune les sixquantités x,
y, z, a,p,
y.[7]
Formule d’Ossian Bonnet. - La recherche del’intégrale
deligne
étendue aucontour y
de la cloison F etégale
à l’invariant de Gauss(i ~)
conduit à la non moinscélèbre formule d’Ossian Bonnet
où w mesure la rotation de la
tangente quand
onparcourt
le contour ,~ d’élément et de rayon de courburegéodésique Pg.
Cette formule adéjà joué
un rôle étendu dans les Mémoiresprécédents,
notamment dans le Premier et .dans leSecond, où
toute une Partie lui a été consacrée sous le titre La Formule d’Ossian Bonnet et ses
analogues.
’ ’
Pour
l’instant, je
meréappuierai
sur lapossibilité plus
élémentaire deremplacer
le second membre par l’une des trois
expressions
Pour que
l’égalité
soit
vraie,
etpuisse justement
être démontrée comme casparticulier
de(5),
il fautque le déterminant
~,
récrit en(18),
se réduise au second membre de(16)
pourP, Q, R, S,
T nuls et pourOr,
dans cesconditions,
iln’y
a que les deuxopérateurs
en a. eten 03B2,
de l’avant- dernièreligne
deA, qui agissent
effectivement surU ;
les autresjouent
le rôle determes nuls et, par
suite, A
devientSi l’on calcule les dérivées
U~, tla,
iln’y
aplus
quedes
transformations trèssimples
pour aboutir au second membre de(16).
A coupsûr,
cettedigression
estsuperflue
et encombrante en tant quedémonstration
de(20),
mais cette démonstration n’est nullement l’essentiel. Je voulais montrer que, polir desformes
convenables deP, Q, R, S, T, U,
lepremier
membre de(5),
ou 0394 donné en(6), pouvaient dépendre explicitement
de la courbure totale de la cloison i’. On obtiendrait vraisemblablement des formules de même nature et nouvelles[alors
que(20)
est loin d’être une nou-veauté]
en modifiantlégèrement
les formesadoptées
ici pourP, Q, R, S, T, U;
parexemple,
enconservant,
il un facteurprès, l’expression (21)
de U et en donnant àP, Q, R, S,
T desexpressions
non toutes nulles et trèssimples.
Je me borne àsignaler
cette étudequi n’exige
que des essaispatients.
Mais la courbure totale est-elle la seulequ’on puisse
faireapparaître explicitement
dans lepremier
membrede
(5)?
Nous allons voirqu’il
n’en est rien etque (5) peut
donner uneformule,
construite directement par M. P.
Appell, laquelle
contient la courbure moyenne.[8]
Formule de M. P.Appell.
- SoientX, Y,
Z trois fonctions dont chacune necontient que x, y, z, mais non a,
6, y.
SoientS,
T, U nuls etDans ces
conditions,
de brèves transformations de £ donnent à(5)
la formeCe
premier
résultatpourrait
être déduit de la formule de Stokesordinaire (3)
eny donnant à
P, Q,
R les valeurs(22)
et en y traitant«, ;~,
y comme des fonctions de x, y, z surlesquelles pourraient agir
lesopérateurs
de dérivation. Peuimporte
ladémonstration;
cequi importe,
c’est que, dans la secondeintégrale double,
on a fai tapparaître
le facteurqui, d’après (11), représente
la courbure moyenne deI’,
de même que, dans la formule d’OssianBonnet,
ons’arrange à
faireapparaître
le’
facteur
représentant
la courbure totale.Si l’on pose .
le déterminant contenu dans la
première intégrale
doublepeut
sedévelopper
sousla forme
’
On a alors la formule de M.
Appell,
telle que l’éminentgéomètre
l’a donnée dans L’Intermédiaire des Mathématiciens(mai I9I6, question 4639).
Elle aété,
aufond,
le
point
dedépart
de laprésente
PremièrePartie;
elle me fit récrire la formule(D)
de mes Premier et Second Mémoires en y introduisant x, y, z, a, au lieu de x, y, z, p, q. J’obtins ainsi la formule
(5) donnée,
pour lapremière fois,
dans L’In-termédiaire
(juillet I9I6)
enréponse
à laquestion précédente. Appell signala également l’équation (i I),
relative à lacourbure
moyenne, cequi
me fit rechercherle résultat
correspondant,
relatif à la courbure totale.[9]
La formule de M.Appell paraît pouvoir
donner des résultatsparticuliers
très
élégants.
Soient notamment
X, Y,
Zrespectivement égaux
à x, y, ~. On obtienty
représentant
l’aire de la cloisonGy -E- ~ ~
étant la distance de l’ori-gine
auplan tangent.
Il y a là une très intéressantegénéralisation
du théorème de laprojection
des airesplanes.
Si,
eneffet,
la cloison l’ est toute entière dans unplan
dont la normale a pour cosinus directeurs les constantes «,~,
y, on a, commeconséquence
de(23),
c~, s3
désignant
lesprojections
de c sur lesplans
coordonnés. C’est une forme bien connue du théorème desprojections.
Sur les surfacesminima, l’intégrale
doublede
(23)
estidentiquement
nulle etl’analogie
avec(24)
estparticulièrement étroite..
DEUXIÈME PARTIE
.Volumes coniques.
-Cyclides (1~.
-Théorèmes abéliens et divers.
[10]
Jerappelle
brièvement despoints
démontrés en détail dans le Mémoireprécédent.
Soit la surfacealgébrique d’équation
Dans la
suite, je
ne me suis pas astreint àtoujours
écrire cette formule avec desvariables
majuscules.
Un cône
quelconque,
de sommet0, ayant
pour directrice un contour ferméE,
découpe,
sur la surfaceprécédente,
in cloisonscomprenant,
entre elles et0,
m vo-’
lumes
coniques,
~1, ~~, ..., T~", dont la somme abélienne estLa surface
d’intégration
c, en x; y, z, est une cloisonquelconque jetée
sur E.L’élément ~(? est situé en un
point
de c où cette surface admet une normale de’
cosinus directeurs x,
~j, ~ .
Onpourrait
donner à la somme(2)
desexpressions analy- tiques
différentes enintégrant,
parexemple,
sur la surface( i ) elle-même,
lelong
d’une des m cloisons servant de base aux volumes Ti. Mais
l’expression (2)
a unavantage
fondamental. Commeest
homogène
d’ordre-3,
onpeut
écrireF, G,
H étanthomogènes
d’ordre - 2 , et alors(1)
Sur les sommes abéliennes de volumesconiques.
Cas descyclides. (Comptes
rendus, 19 mars~g~ ~.)
~
Pour un même être
géométrique,
cette dualitéd’expression,
par uneintégrale
decloison et une
intégrale
de contour, nepeut probablement
pas être vueplus
sim-plcment
que par une telleapplication
de la formule deStokes, application
surlaquelle je
me suisdéjà expliqué longuement. (Troisième Mémoire,
IrePartie.)
.Cas où la
surface (1)
unplan.
-J’emploierai
la méthodegénérale
bienqu’un
cas aussisimple puisse, plus
que tout autre, être traité directement.Soit le
plan
M W rY
Alors ~;~ est le
premier
membre de cetteéquation
et -~o ---_ - i. Iln’y a
évidem-ment
qu’un
seul volume soit r, et(2)
donneSi l’on pose
on
peut prendre
d’où
Ainsi nous avons, en
(t~)
et(7),
deuxexpressions
du volumecompris,
entre 0 etle
plan (5),
dans un cône défini par le sommet 0 et une directrice fermée ~~ayant
une forme et une
position quelconques
dansl’espace.
Enparticulier,
si le contour s devient l’intersection duplan (5)
et desplans coordonnés, (6)
et(7)
admettent des vérifications immédiates.[12]
Toutes lesmodifications
rlel’équation (1) qui
n’allèrentpoint
.1point
la somme(2).
- là une assertion évidente. Ellepeut
êtrel’origine
d’ungrand
nombre d’associations entre surfacesalgébriques
différentes et donnanttoutes,
cependant,
des sommes(2) équivalentes.
Ainsi,
sans modifier la somme abélienne(2),
onpeut multiplier
lesquatre
pre- miers termes de(i)
par un même facteurhomogène ~~~(x, y,z)
et modifier les termes suivants au hasard. Pour que cette remarques’applique effectivement,
i’1 fautque
l’équation (i)
ait au moinscinq termes, c’est-à-dire
soit duquatrième degré.
Maiscertaines transformations de
(1) peuvent changer
.1 de manière à rendrepossibles
certaines
comparaisons
entre sommes abéliennes de volumesconiques attachées à
des surfacesdifférentes,
cescomparaisons
étant aussiintéressantes,
sinonplus,
quel’égalité proprement
dite.Ces remarques si
simples
vont t donnerd’élégants
théorèmesgéométriques.
J’em- ,prunte
lesprincipaux points
dedépart
àl’ouvrage
de G.Darboux,
Sur une classeremarquable
de courbes el desurf aces algébriques (A . Hermann, 1896, réimpression
du
tirage
de18~3),
ainsiqu’au
Mémoirepurement géométrique
de G.Humbert,
Sur les
sur faces cyclides (Journal
del’École Polytechnique,
55eCahier, 885).
Je mesuis
également
servi desQuartic Surfaces
de C. XI.Jessop (Cambridge, 1916),
ouvrage où sont habilement résumés des résultats de G. Darboux et de JI. Humbert.
[13] Surfaces à
centre. - Considérons toutes les droitespassant
par unpoint C,
chacune
coupant
naturellement en lnpoints
une surfacealgébrique telle
que(i).
Si C est centre des moyennes distances pour ces iii
points d’intersection,
C est dit ’centre de la surface. Ceci rentre
d’ailleurs,
comme cas trèsparticulier,
dans lathéorie
générale
despolaires.
Lorsque
le centre C est en0,
ce que nous allons supposer,l’équation (i)
necontient pas de terme
d’ordre
i. Nous l’écrironsquand
il y auraavantage,
aupoint
de vue de laclarté,
àsignaler
l’absence du termeen
question.
’
Pour les
surfaces
de centre0,
la somme(2)
se réduit àC’est là un résultat fondamental
déjà susceptible
de nombreuses etélégantes applications.
Soient les surfaces pour
lesquelles (À
étant un facteur deproportionnalité)
surfaces dont
l’équation générale peut
s’écrireEn se
reportant
àl’expression (6),
on voit que, pour lessurfaces (ro),
la sommeabélienne des volumes
coniques
de sommel 0 estégale
à 03BBfois
levolume,
de mêmecône,
compris
entre 0 et la baseplane (5).
La surface
(10)
laplus simple
est au moins du troisièmedegré.
Sonéquation peut
s’écrireC’est un
cylindre
dont la direction desgénératrices
est en évidence. Onsimpli-
fierait aisément en
prenant
la direction de celles-ciparallèle
à l’un des axes descoordonnées.
Ce
cylindre peut
sedécomposer
en troisplans parallèles. Soient,
parexemple,
ceux de cotes
respectives
z~, z3, contenus dansl’équation
Un même
cône,
de sommet0,
détermine des volumesconiques qui, ayant
cesplans
pourbases,
sontrespectivement proportionnels
à~i, z2, z3.
La somme de cescubes, d’après l’équation précédente,
est Donc la somme des trois volumesconiques
vaut ), fois le volumeconique,
de mêmecône,
limite auplan
~=c;c’est
là une
petite
vérificationpartielle.
[14] Cyclides.
- Parmi les surfacesquartiques,
pourlesquelles l’origine peut jouer
tout naturellement le rôle decentre,
lesplus
intéressantessont, à
coupsûr,
celles
qui passent
deux fois par le cercleimaginaire
del’infini,
oucyclides.
Je pren-drai leur
équation
sous la formerendue
homogène
parrapport
à toutes leslettres y figurant.
AlorsConsidérons maintenant la
sphère
Le
cûnj qui transperce
lescyclides,
pour donner la somme de volumes(12), transperce
cettesphère
en y détachant deux cloisonsd’aires 03C32
et c, .Or, d’après
lesrésultats de G.
Humbert,
surlesquels je
suisdéjà
revenu(Troisième Mémoire,
n°
12),
on aDonc
C’esl là un théorème
remarquable
entre unecyclide
et lasphère
associée(13).
Onne
changerait
rien àl’aspect
de ce théorème en modifiant le rayon de lasphère
ou enremplaçant a, b,
c par des valeursproportionnelles,
cequi
revient àdéplacer
lecentre C de cette
sphère
sur une droite fixe lejoignant
àl’origine.
Cette remarquepermet
d’utiliser un autrethéorème,
dû encore à M. G. Humbert (Sur lessurfaces cyclides,
p.I3o).
Soittoujours S~x2 + y2 + z2.
La
famille
clequadriques
fl(U
+L00FF)
+ 03BB(S
-zL)
= o coiipe lczcyclide
S00FF+ 4U
--- osur les
sphères
S - 2 L = o etS +
2L-03BB=o.Or,
comme lessphères
en ~, ont un centre communC’) symétrique
de C parrapport
à0,
chacune d’elles est dans les conditionsrequises
pour donner un théo- rèmeanalogue
à(i5).
Enfin,
comme nous l’avons vu, la formule de Stokespermet
deremplacer
l’inté-grale
de surface de(12)
par uneintégrale
deligne
étendue au contour ~ de lacloison 7.
On a ainsi
Cette
intégrale
deligne, déjà
étudiée par QI. Humbert à propos de la différenced’aires sphériques
c2 - c1,prend
ainsi uneimportance
nouvellequant
aux sommes abéliennes de volumesconiques
attachées auxcyclides.
Il est clairqu’on peut
laformer
uniquement
à ce dernierpoint
de vue, sans passer par aucune considération d’airessphériques.
SURFACES ASSOCIÉES A DES SURFACES CENTRÉES EN O.
[15]
Les surfaces queje désigne
ainsi n’ontpoint
de centre en 0 etcependant
lasomme abélienne de volumes
coniques
attachée à ces surfacess’exprime
exactement tcomme pour d’autres surfaces centrées en 0. Ceci tient à ce que
l’expression A,
écrite en
(3),
se réduit a son dernier terme non seulement pour -~,?~_ ~identiquement
nul,
mais aussi pour ,Cette relation définit toute une nouvelle classe de surfaces aussi
importantes
que celles de centre 0.Son étude
comprend
autant de casparticuliers qu’il
y a de manières de décom- poser le second membre en facteurs distincts.Soit d’abord ne contenant aucun facteur
multiple,
cequi
est le casgénéral.
.~Alors,
endésignant
parB
un facteurhomogène
dupremier degré,
on doit avoirDonc,
pour lessurfaces d’équation complète
comme pour les
surfaces
de centre 00~ ~
Ce théorème
peut
avoir uneprernière application
dans le cas de surfaces dusecond
degré,
trèsdégénérées
il est vrai. Soient lessystèmes
de deuxplans parallèles
Pour le second
système,
lesplans
sont depart
et d’autre deOxy
etéquidistants
de ce dernier
plan.
Les volumesconiques
àajouter
sontégaux
et designes
con-traires et il
n’y
a rien que de très banal dans la nullité de leur somme. Mais il estremarquable
que lesplans imaginaires
dupremier système
donnent le même résultatsans
qu’il
soitexplicable
par la mêmesymétrie.
Si nous passons au troisième
degré,
nous avons les surfaces associéesLa
première
est uncylindre,
laseconde, coupée
par lesplans
suivantdes
droites,
est une surfaceréglée
àplan
directeur.[16] Supposons
maintenant que -~~r~_$ contienneÀi
comme facteur double.Alors, d’après (16),
Pour les
surfaces d’équation complète
comme
pour
lessurfaces
de centre 0on a
Ici il y a des
applications
très intéressantes. D’abord les surfaces de centre 0peuvent
être identifiées auxcyclides (11).
Ilsuffit,
pourcela,
de poserPour les surfaces
associées, d’équation complète,
on a alorsl’équation
Ce sont encore des
cyclides n’ayant point,
cettefois,
leur centre en 0. Pourpré- ciser,
soitAlors
l’équation précédente peut
s’écrireCette
cyclide
a son centre en unpoint 0’(-3a’, -3b’, -3c’).
Si l’onprend 0’ pour origine,
enposant
il vient
Les termes du troisième
degré
ont biendisparu.
Ceux dupremier degré
sont ,Dans ces
conditions,
en revenant au théorème duparagraphe y,
théorèmeexprimé particulièrement
parl’égalité (15),
on voit que, relativement à la dernièrecyclide,
la somme abélienne des volumesconiques,
de sommet0’, s’exprime
par.
Le cône
découpe
des aires ~2 et a1 sur unesphère (a, b,
c,R)
et des aires et sur.une
sphère (a’, b’, c’, R’).
En résumé : :Soil la
cyclide C,
de centreU,
’Elles ont toutes
deux,
parrapport
à0,
même somme abélienne cle volumesconiques
.le
cône,
de sommet0, découpant,
sun unesphère (a, b,
c,R),
des aires 6, et .Si une translation du cône
transporte
son sommet en0’,
on aalors que ce cône
découpe
sur unesphère (a’, b", c’, R’)
des aires el .’
On
pourrait
varier la forme du dernier,résultat
enprenant,
pour centre de la dernièresphère,
unpoint
dont les coordonnées seraientproportionnelles
àa’, l~’, c’,
ce
qui
revient à direqu’on peut toujours s’arranger
àplacer
le centre de cettesphère
en un
point quelconque
de 00’.On voit que les sommes abéliennes de volumes
coniques offrent,
dans lescyclides,
des associations
particulièrement intéressantes,
surtout parcequ’y
interviennent lesaires
sphéro-coniques
de G. Humbert. ’[17] Quadriques
elsurfaces
dérivées. -Jusqu’ici
nous avons eu surtout en vuedes
égalités
entre sommes de volumesconiques
déterminées par un même cône dans des surfaces différentes.Or,
comme on l’adéjà remarqué
auparagraphe
12, detelles sommes
peuvent
ne pas êtreégales
et avoir une différence intéressante.Voyons quelques
cas de ce genre.Soit la
quadrique Q
et la
surface,
d’ordrequelconque, qui
en dérive trèssimplement
D’après (3),
on a, pour chacune de ces surfacesrespectivement,
On conclu t de lâ
Pour
appliquer
cetteformule,
prenons les deux surfacesdont les
équations
sont construites de manière à êtrehomogènes
parrapport
àtoutes les lettres
qui,
de cefait, représentent
toutes deslongueurs.
On auraOr,
si l’on poseon obtient
et, d’après
la formule de SLokesemployée
comme auparagraphe
~o,On a
ici,
tant par le second membre de(17)
quepar
celui de(18),
unegénérali-
.sation des résultats de M. G. Humbert
quant
à ses différences d’airessphéro- coniques;
ces différencess’exprimaient, en effet,
pardes intégrales analogues
où l’onavait A = B = C
(Troisième Mémoire,
n°12).
’Il suit de là que c’est encore cette dernière
hypothèse qui
donnera les résultatsgéométriques
lesplus élégants;
elle donnera une nouvelle association entresphères
et
cy cl ides.
Ainsi,
si l’on considère lasphère
Set la
cyclide
Con a,
toujours
avec un cône de sommet0,
si c~ et c1 sont les aires
découpées
par le cône sur une nouvellesphère (a, b,
c,R).
La somme z~ + T$, relative à une
sphère
telle que S a été forméeexplicitement
dans le
Quatrième
Mémoire(n° 17);
onpourrait
doncexprimer,
tout aussiexplici-
tement,
la somme, des relative à lacyclide
G.[18]
Associations diverses. - En somme, les A relatifs à des surfaces différentes n’ont étécomparés jusqu’ici
que dans des casparticuliers.
Onpourrait
vraisembla- blementpoursuivre
indéfiniment des recherches de ce genre.Voici,
parexemple,
un autre mode d’association entre surfaces