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ChristineBachocAnn´ee2019-2020,S´erieB Alg`ebreLin´eaire1

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(1)

Universit´e de Bordeaux

Licence de Sciences, Technologies, Sant´e Mentions Math´ematiques et Informatique 4TPM201U Alg`ebre Lin´eaire 1

Alg`ebre Lin´eaire 1

Christine Bachoc Ann´ee 2019-2020, S´erie B

(2)
(3)

Table des mati`eres

1 esolution de syst`emes lin´eaires 7

1.1 Syst`emes lin´eaires . . . . 7

1.2 Syst`eme lin´eaire ´echelonn´e . . . . 8

1.3 L’algorithme du pivot de Gauss . . . . 8

1.4 Conclusions . . . . 10

2 L’espace vectoriel Kn 11 2.1 Introduction . . . . 11

2.2 efinition de l’espace vectoriel Kn . . . . 11

2.3 Sous-espaces vectoriels de Kn . . . . 12

2.4 Premier Exemple . . . . 12

2.5 Deuxi`eme Exemple . . . . 13

2.6 Somme et intersection de sous-espaces vectoriels . . . . 14

3 Espaces vectoriels abstraits 15 3.1 efinitions . . . . 15

3.2 Exemples . . . . 16

3.3 Sous-espaces vectoriels . . . . 17

3.4 Combinaisons lin´eaires . . . . 18

3.5 Somme et intersection de sous-espaces vectoriels . . . . 18

4 Familles g´en´eratrices, libres, bases 19 4.1 Familles g´en´eratrices . . . . 19

4.2 Familles libres, li´ees, bases . . . . 20

4.3 Bases et dimension des espaces vectoriels finiment engendr´es . . . . 22

4.4 Espaces vectoriels de dimension infinie . . . . 25

5 Matrices 27 5.1 efinitions, exemples . . . . 27

5.2 Op´erations sur les matrices . . . . 28

5.3 Le rang d’une matrice . . . . 30

5.4 Matrices carr´ees inversibles . . . . 32

6 Applications lin´eaires 35 6.1 efinition et premi`eres propri´et´es . . . . 35

6.2 Noyau et image d’une application lin´eaire . . . . 37

6.3 Matrices d’une application lin´eaire . . . . 38

(4)

6.4 Changement de base . . . . 39

7 Compl´ements 43 7.1 Somme directe de sous-espaces vectoriels . . . . 43

7.2 Projections et sym´etries . . . . 44

7.3 Produit direct d’espaces vectoriels . . . . 45

7.4 Dualit´e . . . . 45

8 Arithm´etique 49 8.1 L’anneau des entiers Z . . . . 49

8.2 Algorithme d’Euclide ´etendu et relation de B´ezout . . . . 50

8.3 Cons´equences du Th´eor`eme de B´ezout . . . . 52

(5)

Introduction

Avertissement : ces notes de cours ne forment pas un cours complet d’alg`ebre lin´eaire et ne sont pas forc´ement compl`etement fid`eles au cours qui sera donn´e ce semestre. En particulier elles ne doivent pas dispenser les ´etudiants d’assister au cours ! L’auteur souhaite qu’elles constituent une aide utile aux ´etudiants qui d´ecouvriront ce semestre les cours donn´es en amphi et devront notamment apprendre `a y prendre des notes.

L’objectif principal de ce cours est l’´etude des espaces vectoriels d´efinis surR ouC. C’est donc le cadre que nous adopterons et nous utiliserons dans tout le cours la notation commune Kpour d´esigner l’un de ces deux ensembles de nombres.

Cela ´etant dit, il se trouve que tout ce qui suit est valable pour des ensemble de ’nombres’

plus g´en´eraux qu’on appelle des corps. Les corps seront ´etudi´es pour eux-mˆemes dans les cours d’Alg`ebre de L2 et L3 du cursus de Math´ematiques ; pour le lecteur curieux, en voici la d´efinition. Il s’agit d’un ensemble muni d’une addition et d’une multiplication v´erifiant les egles de calcul suivantes :

L’addition est :

commutative :λ+µ=µ+λ

associative : (λ+µ) +ν =λ+ (µ+ν)

poss`ede un z´ero i.e. un ´el´ement not´e 0 v´erifiant λ+ 0 =λ

tout ´el´ement λposs`ede un oppos´e not´e−λerifiant λ+ (−λ) = 0

La multiplication est :

commutative :λµ=µλ

associative : (λµ)ν =λ(µν)

poss`ede un ´el´ement not´e 1 v´erifiant λ1 =λ

tout ´el´ement λ6= 0 poss`ede un inverse not´eλ−1 erifiant λ(λ−1) = 1

La multiplication est distributive sur l’addition :

λ(µ+ν) =λµ+λν

Les ensemblesQ (nombres rationnels), R (nombres r´eels) et C (nombres complexes) sont des corps connus et ´etudi´es au niveau L1. D’autres exemples de corps seront rencontr´es au cours de la Licence, notamment l’ensemble Z/pZ des entiers modulo p o`u p est un nombre premier, ou encore le corps des fractions rationnelles.

(6)
(7)

Chapitre 1

R´esolution de syst`emes lin´eaires

Ce chapitre est essentiellement un chapitre de r´evisions puisque les syst`emes lin´eaires ont

´

et´e ´etudi´es dans l’UE de S1 Bases de Math´ematiques pour les Sciences.

1.1 Syst`emes lin´eaires

Un syst`eme lin´eaire (S) sur K `a ninconnues (appel´ees aussi variables)x1, x2, . . . , xn et k

´

equations (E1), . . . ,(Ek) se pr´esente sous la forme :

(S)

a1,1x1+a1,2x2+· · ·+a1,nxn =b1 (E1) a2,1x1+a2,2x2+· · ·+a2,nxn =b2 (E2)

...

ak,1x1+ak,2x2+· · ·+ak,nxn =bk (Ek) On noteS l’ensemble de ses solutions, c’est-`a-dire

S=

(x1, x2, . . . , xn)Kn tels que (x1, . . . , xn) v´erifie (E1), . . . ,(Ek) .

Notre but dans ce chapitre est de d´ecrire un algorithme permettant de d´eterminer S exac- tement et en toutes circonstances. C’est l’algorithme du pivot de Gauss. Tout d’abord intro- duisons un peu de vocabulaire.

efinition 1.1.1. 1. On dit que le syst`eme (S) est homog`ene sib1 =b2 =· · ·=bk= 0.

2. Deux syst`emes lin´eaires sont dits ´equivalents s’ils ont le mˆeme ensemble de solutions.

On note alors

(S)⇐⇒(S0)

Exemple 1.1.2. Voici un syst`eme lin´eaire `a trois inconnues et trois ´equations (n= k= 3).

Un syst`eme de ce type est dittriangulaire pour des raisons ´evidentes.

(S1)

x + 2y + 3z = 0

−y + 2z = 1 2z = 5

Il se r´esout facilement, de bas en haut, en calculant successivementz, puisy, puisx. On trouve S =

(−31/2,4,5/2) .

(8)

1.2 Syst`eme lin´eaire ´echelonn´e

efinition 1.2.1. Un syst`eme lin´eaire (S) est dit ´echelonn´es’il est de la forme :

a1,j1xj1 +· · ·+ a1,j2xj2 +· · ·+ a1,jkxjk +· · ·+a1,nxn = b1 a2,j2xj2 +· · ·+ a2,jkxjk +· · ·+a2,nxn = b2

... ...

ak,jkxjk +· · ·+ak,nxn = bk

o`u on a 1 j1 < j2 < · · · < jk n, et o`u les coefficients a1,j1, a2,j2, . . . , ak,jk sont non nuls. Remarquons que dans ce cas on a k n. Les variables xj1, xj2, . . . , xjk s’appellent les variables pivot et il y en a exactement autant que d’´equations. Les autres variables s’appellent les variables auxiliaires.

Pour r´esoudre un tel syst`eme lin´eaire, on se ram`ene `a un syst`eme triangulaire en passant dans toutes les ´equations les variables auxiliaires `a droite du signe ”=”. Ensuite on exprime successivement de bas en haut les variables pivot xjk, puis xjk−1, et ainsi de suite, jusqu’`a xj1, en fonction des variables auxiliaires, c’est-`a-dire des xi pour i /∈ {j1, . . . , jk}. On obtient un ensemble de solutions param´etr´ees par les variables auxiliaires xi pour i /∈ {j1, . . . , jk}.

Exemple num´erique :

(S2)

x1 + x2 + x3 + x4 = 0 x2 + x3 6x4 = 0 3x4 = 1 On a

(S2)⇐⇒

x1 + x2 + x4 = −x3 x2 6x4 = −x3

3x4 = 1

⇐⇒

x1 = −x2x3x4 x2 = −x3+ 6x4

x4 = 1/3

⇐⇒

x1 = −7/3 x2 = −x3+ 2 x4 = 1/3 A chaque` x3Kcorrespond une solution du syst`eme. On obtient

S=

(−7/3,−x3+ 2, x3,1/3)|x3 K ou encore

S =

(−7/3,1,0,1/3) +x3(0,−1,1,0)|x3 K}.

1.3 L’algorithme du pivot de Gauss

On va d´ecrire maintenant les op´erations que l’on peut ex´ecuter sur un syst`eme sans changer son ensemble de solutions, c’est-`a-dire en le transformant en un syst`eme ´equivalent.

efinition 1.3.1. On appelleop´erations ´el´ementaires sur le syst`eme lin´eaire(S) les op´erations suivantes :

(1) ´Echange de deux ´equations.

(9)

(2) Remplacement de l’´equation (Ei) par λ(Ei) pourλK, λ6= 0.

(3) Remplacement de l’´equation (Ei) par (Ei) +µ(Ej) pourj6=ietµK.

Remarque 1.3.2. Il faut bien sˆur ex´ecuter ces op´erations sur les deux membres des ´equations, i.e. `a gauche comme `a droite du signe ”=”.

Proposition 1.3.3. On obtient un syst`eme lin´eaire ´equivalent en appliquant `a (S) une op´e- ration ´el´ementaire, ou une succession de telles op´erations.

emonstration. Il est clair que les op´erations (1) et (2) ne changent pas l’ensemble des solutions S. V´erifions-le pour (3) : soitj6=i. Il est clair que si (Ei) et (Ej) sont v´erifi´ees alors (Ei)+µ(Ej) l’est aussi. R´eciproquement, supposons avoir remplac´e (Ei) par (Ei) +µ(Ej). L’´equation (Ej) elle n’a pas chang´e. On remarque que (Ei) = ((Ei) +µ(Ej))µ(Ej) donc, si (Ei) +µ(Ej) et (Ej) sont v´erifi´ees alors (Ei) l’est aussi.

La ethode du pivot de Gauss est un algorithme qui, par une succession d’op´erations

´

el´ementaires, permet de ramener la r´esolution d’un syst`eme lin´eaire `a celle d’un syst`eme ´eche- lonn´e.

Description informelle de l’algorithme : On proc`ede variable par variable, en travaillant successivement sur les colonnes du syst`eme.

Soit xj1 la premi`ere variable qui apparait dans le syst`eme. Supposons pour simplifier les notations quej1 = 1. On cherche de haut en bas la premi`ere ´equation qui contienne un terme en x1, et si ce n’est pas la premi`ere, on l’´echange avec (E1). Puis, on divise (E1) par le coefficient de x1. Ensuite, on ´elimine les termes en x1 dans les ´equations (E2), . . . ,(Ek) en rempla¸cant (Ei) par (Ei)ai,1(E1). On ne modifiera plus (E1).

Ensuite on recommence le proc´ed´e avec les ´equations (E2), . . .(Ek) : on passe `a la premi`ere variable pr´esente dans (E2), . . .(Ek), soit xj2. On a j2 > j1. On cherche parmi (E2), . . .(Ek), de haut en bas, la premi`ere ´equation qui contienne un terme en xj2, et on l’´echange avec (E2). On divise (E2) par a2,j2, puis, comme avec x1, on ´elimine la variable xj2 des ´equations (E3), . . .(Ek). On proc`ede ainsi jusqu’`a la derni`ere ´equations.

Au cours de l’algorithme, on a pu transformer une ´equation en une ´equation du type “0 =b”.

Si b 6= 0, il n’y a pas de solutions, et on peut conclure que S = ∅. Si b = 0, on enl`eve cette

´

equation du syst`eme.

On a d´emontr´e le r´esultat suivant :

Proposition 1.3.4. L’algorithme du pivot de Gauss conduit soit `a une ´equation sans solutions du type ”0 =b” avec b6= 0 (et dans ce cas on peut conclure que le syst`eme initial n’a pas de solutions) soit `a un syst`eme lin´eaire ´equivalent, ´echelonn´e, et dont le nombre d’´equations est inf´erieur ou ´egal `a celui du syst`eme initial.

emonstration. En effet, la seule chose qui peut arriver c’est que l’on ´elimine une ´equation du type ”0 = 0”.

Exemple num´erique :

(S3)

x3 + x4 = 4 x1 3x2 + x3 x4 = 0

−8x1 + 24x2 4x3 + 16x4 = 8

(10)

(S3)⇐⇒

x1 3x2 + x3 x4 = 0 (E1)(E2) x3 + x4 = 4

−8x1 + 24x2 4x3 + 16x4 = 8

⇐⇒

x1 3x2 + x3 x4 = 0 x3 + x4 = 4

4x3 + 8x4 = 8 (E3)(E3) + 8(E1)

⇐⇒

x1 3x2 + x3 x4 = 0 x3 + x4 = 4

4x4 = −8 (E3)(E3)4(E2)

On a obtenu un syst`eme lin´eaire ´echelonn´e, que l’on r´esout suivant la m´ethode du para- graphe 1.2 :

(S3)⇐⇒

x1 = 3x2x3+x4= 3x28 x3 = 6

x4 = −2 On obtient

S =

(3x28, x2,6,−2)|x2K

=

(−8,0,6,−2) +x2(3,1,0,0)|x2 K

1.4 Conclusions

En plus de l’aspect calculatoire, on retiendra de ce chapitre le r´esultat th´eorique suivant, qui nous sera utile par la suite :

Proposition 1.4.1. Pour qu’un syst`eme d’´equations lin´eaires `a n inconnues et k ´equations poss`ede une solution unique, il est ecessaire d’avoir k n i.e. au moins autant d’´equations que d’inconnues.

emonstration. Soit (S) un syst`eme lin´eaire ayant une solution unique, `a n inconnues et k

´

equations. D’apr`es la proposition 1.3.4, il est ´equivalent `a un syst`eme (S0) ´echelonn´e, `a n inconnues et k0 k ´equations. Comme il y a autant de variables pivot que d’´equations, si k0 < n, il y a des variables qui ne sont pas des variables pivot, c’est-`a-dire des variables auxiliaires, qui vont param´etrer les solutions. Il y a donc une infinit´e de solutions. Si (S) a une solution unique, (S0) aussi, et donc k0 net `a fortiori kn.

Remarque 1.4.2. La condition k n (au moins autant d’´equations que d’inconnues) est ecessaire mais bien ´evidemment pas suffisante pour avoir unicit´e de la solution, comme le montrent les exemples stupides suivants :

x+y = 0

−xy = 0 (infinit´e de solutions) x+y = 0

x+y = 1 (aucune solution)

(11)

Chapitre 2

L’espace vectoriel Kn

2.1 Introduction

On apprend au lyc´ee comment rep´erer un pointM dans le plan par deux coordonn´ees (x, y) dans un rep`ere (O,~i,~j). Cela revient `a identifier le vecteur−−→

OM =x~i+y~j avec l’´el´ement (x, y) R2. Dans l’espace, on a besoin de trois coordonn´ees (x, y, z)R3. Nous allons g´en´eraliser cette approche aux ´el´ements deRnet deCn, en se d´etachant de notre vision intuitive de la g´eom´etrie.

Dans ce chapitre, un vecteur sera simplement un ´el´ement de Kn, pour n1.

2.2 efinition de l’espace vectoriel Kn

Notation. Un ´el´ement deKnsera not´ev= (v1, v2, . . . , vn). On dit quev estun vecteur et les vi Ksont ses coordonn´ees.

efinition 2.2.1. On consid`ere deux op´erations dansKn :

L’addition de deux vecteursu= (u1, u2, . . . , un) et v= (v1, v2, . . . , vn) est u+v= (u1+v1, . . . , un+vn).

La multiplication d’un vecteuru= (u1, u2, . . . , un) par un scalaire λKest λu= (λu1, . . . , λun).

Notation. On note 0= (0,0, . . . ,0) et on l’appelle levecteur nul. Siu= (u1, . . . , un), on note

−u= (−u1, . . . ,−un) et on l’appellel’oppos´e de u.

Proposition 2.2.2. Les op´erations d’addition et de multiplication par un scalaire dans Kn ont les propri´et´es suivantes : pour toutu, v, wKn et tout λ, µK,

1. u+v=v+u (commutativit´e de l’addition)

2. (u+v) +w=u+ (v+w) (associativit´e de l’addition) 3. u+0=u

4. u+ (−u) =0 5. 1u=u, 0u=0.

6. λ(µu) = (λµ)u

(12)

7. (λ+µ)u=λu+µu 8. λ(u+v) =λu+λv

efinition 2.2.3. On dit que uKn est unecombinaison lin´eaire des vecteurs v1, v2, . . . , vk s’il existe des scalaires λ1, . . . , λk tels que

u=λ1v1+· · ·+λkvk.

Les nombres λ1, . . . , λk s’appellent les coefficients de la combinaison lin´eaire.

Exemple 2.2.4. DansR3, est-ce que (1,1,0) est combinaison lin´eaire de (1,2,0) et de (0,1,0) ? On cherche s’il existe λ1 etλ2 tels que (1,1,0) =λ1(1,2,0) +λ2(0,1,0). On a

(1,1,0) =λ1(1,2,0) +λ2(0,1,0)⇐⇒(1,1,0) = (λ1,1+λ2,0)

⇐⇒

1 = λ1 1 = 1+λ2

⇐⇒

λ1 = 1 λ2 = −1

On a trouv´e la relation (1,1,0) = (1,2,0)(0,1,0). On remarque que, pour calculer les coefficients λ1, λ2, on a ´et´e amen´es `a r´esoudre un syst`eme lin´eaire.

2.3 Sous-espaces vectoriels de Kn

efinition 2.3.1. Soit F Kn. On dit queF est unsous-espace vectoriel de Kn siF erifie les propri´et´es suivantes :

1. F est non vide

2. Pour toutuF,vF,u+vF. 3. Pour toutuF,λK,λuF.

Exemple 2.3.2. {0} etKn sont des sous-espaces vectoriels deKn.

Remarque 2.3.3. Il est important de remarquer qu’un sous-espace vectoriel contient toujours 0. En effet, si F est un sous-espace vectoriel de Kn alors il contient au moins un ´el´ement u; mais alors il contient aussi 0u =0. Par cons´equent, si F est un ensemble candidat `a ˆetre un sous-espace vectoriel, pour d´emontrer qu’il est non vide le mieux la plupart du temps est de montrer qu’il contient 0.

Il y a deux exemples tr`es importants de sous-espaces vectoriels de Kn, que l’on va voir maintenant.

2.4 Premier Exemple

Le premier exemple de sous-espace vectoriel deKnest l’ensemble des solutions d’un syst`eme d’´equations lin´eaires homog`ene.

(13)

Proposition 2.4.1. L’ensemble des solutions d’un syst`eme d’´equations lin´eaires homog`ene `a k´equations etninconnues est un sous-espace vectoriel de Kn.

emonstration. SoitS l’ensemble des solutions du syst`eme lin´eaire homog`ene (S) :

(S)

a1,1x1+a1,2x2+· · ·+a1,nxn = 0 a2,1x1+a2,2x2+· · ·+a2,nxn = 0

... ak,1x1+ak,2x2+· · ·+ak,nxn = 0

On remarque d’abord que 0 ∈ S, donc cet ensemble n’est pas vide. Soit u ∈ S et v ∈ S, on doit v´erifier que u+v∈ S, soit que, pour tout 1ik,

ai,1(u+v)1+ai,2(u+v)2+· · ·+ai,n(u+v)n= 0.

On a, avec w=u+v :

ai,1w1+ai,2w2+· · ·+ai,nwn=ai,1(u1+v1) +ai,2(u2+v2) +· · ·+ai,n(un+vn)

=ai,1u1+ai,1v1+ai,2u2+ai,2v2+· · ·+ai,nun+ai,nvn

= (ai,1u1+ai,2u2+· · ·+ai,nun) + (ai,1v1+ai,2v2+· · ·+ai,nvn)

= (ai,1u1+ai,2u2+· · ·+ai,nun)

| {z }

=0

+ (ai,1v1+ai,2v2+· · ·+ai,nvn)

| {z }

=0

= 0.

On doit v´erifier ´egalement queλu∈ S :

ai,1(λu)1+ai,2(λu)2+· · ·+ai,n(λu)n=ai,1(λu1) +ai,2(λu2) +· · ·+ai,n(λun)

=λ(ai,1u1+ai,2u2+· · ·+ai,nun)

=λ(ai,1u1+ai,2u2+· · ·+ai,nun)

| {z }

=0

= 0.

Exercice. Montrez que, si le syst`eme lin´eaire n’est pas homog`ene, l’ensemble de ses solutions n’est pas un sous-espace vectoriel.

2.5 Deuxi`eme Exemple

Le deuxi`eme exemple de sous-espace vectoriel est construit `a partir d’un ensemble fini de vecteurs v1, . . . , vk en prenant toutes leurs combinaisons lin´eaires.

efinition et Proposition 2.5.1.Soitv1, v2, . . . , vkdes vecteurs deKn. On note Vect(v1, . . . , vk) l’ensemble des combinaisons lin´eaires dev1, . . . , vk :

Vect(v1, . . . , vk) ={uKn| ∃(λ1, . . . , λk)Kn|u=λ1v1+· · ·+λkvk} Alors Vect(v1, . . . , vk) est un sous-espace vectoriel deKn.

(14)

emonstration. PosonsF = Vect(v1, . . . , vk). On remarque d’abord que0= 0v1+· · ·+ 0vk F donc F est non vide. Soit u F, w F, λ K. Il existe (λ1, . . . , λk) Kn tels que u=λ1v1+· · ·+λkvk et il existe (µ1, . . . , µk)Kn tels que u=µ1v1+· · ·+µkvk. Alors,

u+v= (λ1v1+· · ·+λkvk) + (µ1v1+· · ·+µkvk)

= (λ1+µ1)v1+· · ·+ (λk+µk)vkF.

On a aussi : λu =λ(λ1v1+· · ·+λkvk) = (λλ1)v1+· · ·+ (λλk)vk F. Donc F est bien un sous-espace vectoriel de Kn.

2.6 Somme et intersection de sous-espaces vectoriels

Dans ce paragraphe nous allons d´ecrire deux fa¸cons de construire un nouveau sous-espace vectoriel `a partir de deux sous-espaces vectoriels.

Proposition 2.6.1. SiF etGsont deux sous-espaces vectoriels deKn, alors leur intersection F G est aussi un sous-espace vectoriel deKn.

emonstration. PosonsV =FG. On a vu que0F et 0Gdonc on a 0V et celui-ci est non vide. Soit u etv deux ´el´ements de V. En particulier,u etv appartiennent `a F, donc, puisqueF est un sous-espace vectoriel deKn,u+vF. Par le mˆeme raisonnement, on montre queu+vG. On a donc que u+vFG=V. De la mˆeme fa¸con, on montre que, si λK etuV, alorsλuV.

Remarque 2.6.2. Attention, la r´eunion de deux sous-espaces vectoriels n’est pas en g´en´eral un sous-espace vectoriel. La bonne notion est celle desomme de deux sous-espaces vectoriels.

efinition et Proposition 2.6.3. Si F et G sont deux sous-espaces vectoriels de Kn, on note F+G et on appellesomme de F et Gl’ensemble

F+G={u+v tels queuF etvG}.

Alors F+G est un sous-espace vectoriel de Kn.

emonstration. Tout d’abord, F +G contient 0 = 0+0 donc il est non vide. Ensuite, on erifie qu’il est stable par addition : en effet, si u, u0 F et v, v0 G, (u+v) + (u0+v0) = (u+u0) + (v+v0)F+G. L’ensembleF+Gest aussi stable par multiplication par les scalaires car λ(u+v) =λu+λv F+G.

Remarque 2.6.4. Remarquons queF+GcontientF etG. En effet, siuF, on peut ´ecrire u=u+0doncuF+G. On peut d´emontrer queF+Gestle plus petit sous-espace vectoriel de Kn contenant F et G.

(15)

Chapitre 3

Espaces vectoriels abstraits

Nous commen¸cons par g´en´eraliser la notion d’espace vectoriel mise en ´evidence surKn au chapitre pr´ec´edent dans un cadre abstrait. Lorsqu’un ensemble d’objets math´ematiques entre dans ce cadre, l’id´ee est d’oublier la ’nature’ de ses ´el´ements pour ne retenir que les propri´et´es des op´erations que l’on peut effectuer sur ces ´el´ements.

3.1 efinitions

efinition 3.1.1. Soit E un ensemble non vide, muni de deux op´erations : une op´eration (ou loi) interne appel´eeaddition et not´ee + :

E×EE (u, v)7→u+v et une op´eration (ou loi) externe appel´eemultiplication et not´ee·:

K×EE (λ, u)7→λ·u

On dit que (E,+,·) est un espace vectoriel sur K ou un K-espace vectoriel si les propri´et´es suivantes sont v´erifi´ees :

L’addition sur E est :

(1) commutative :u+v=v+upour tout (u, v)E2

(2) associative : (u+v) +w=u+ (v+w) pour tout (u, v, w)E3

(3) poss`ede un ’z´ero’ (appel´e vecteur nul) : il existe0E tel queu+0=u, pour tout uE

(4) tout ´el´ement poss`ede un oppos´e : pour toutuE, il existe un ´el´ement not´e−u tel queu+ (−u) =0.

La multiplication externe v´erifie : (5) 1·u=u pour toutuE

(6) λ··u) = (λµ)·upour tout (λ, µ)K2,uE.

La multiplication estdistributive sur l’addition :

(7) λ·(u+v) =λ·u+λ·v pour toutλK, pour tout (u, v)E2 (8) (λ+µ)·u=λ·u+µ·v pour tout (λ, µ)K2, pour toutuE.

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