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Submitted on 1 Jan 1904
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Nouveau procédé de fabrication du platinocyanure de baryum
Joseph Petit
To cite this version:
Joseph Petit. Nouveau procédé de fabrication du platinocyanure de baryum. Radium (Paris), 1904, 1 (7), pp.20-22. �10.1051/radium:019040010702001�. �jpa-00242080�
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dans le doute et ne me permet pas encore, au point
de Bue pratique, une conclusion terme.
Quoi qu’il en soit, il est certain que, chez le jeune
homme dont je parle, un sarcome du maxillaire supé-
rieur. récidive après deux opérations chirurgirales, a guéri par la radiothérapie. Ce fait d’ailleurs n’est pas
unique ; plusieurs observations analogues ou sem-
blables ont déjà été publiées, surtout dans la littéra-
ture médicale étrangère, mais elles ne sont pas très nombreuses et on peut, je crois, en faire le compte
avec les doigts.
De cette observation, intéressante à divers titres, il
est possible de tirer plusieurs conclusions d’une por- tée générale.
La première, c’est quel’action élective et spécifique
des rayons de Röntgen se manifeste aussi bien vis-à- vis des sarcomes que vis-à-vis des épithéliomas.
La seconde, c’est que l’action élective et spécifique
des rayons de Rôntgen sur les néoplasmes peut s’exercer
au travers de la peau saine, sans nuire à son intégrité.
Mais il est évident qu’on ne peut faire absorber dans le même temps aux tissus malades la même quantité
de rayons, suivant qu’il s’agit d’un néoplasme super-
ficiel ulcéré ou d’un néoplasmc profond recouvert par la peau saine. La posologie de l’agent thérapeutique
est, dans l’un ou l’autre cas, forcément très différente.
Dans le cas de néoplasmes sous-cutanés, la préoccupa-
tion de respecter la peau conduit à la méthode de traitement que j’ai communiquée à la Société de der-
matologie i et dont la formule tient dans les deux
règles suivantes :
1° Faire absorber, à chaque séance, la quantité de
rayons maxima compatible aBec l’intégrité du tégu-
ment ;
2° Mettre entre les diverses séances l’intervalle de temps minimum compatible avec l’intégrité du tégu-
ment.
En résumé le maintien de l’intégrité de la peau devient en pareil cas le grand obstacle à la rapidité du
traitement et par suite à son efficacité, si la marche de la maladie le devance de vitesse. Aussi la plus ou
moins grande rapidité d’évolution d’un néoplasme est-
elle au premier rang des facteurs dont il importe de
tenir compte avant d’avoir recours à la radiothérapie, quand il s’agit de peser les chances de succès qu’offre
ce nouveau mode de traitement.
Il n’est pas douteux que, chez ce jeune homme si
heureusement guéri par les rayons de Ilôntgen d’une
récidive de sarcome après deux interventions chirur-
gicales, l’évolution relativement lente du néoplasme
est la principale condition qui a permis à la radiothé- rapie d’être curative.
Dr A. BÉCLÈRE,
Médecin de l’hôpital Saint-Antoine de Paris.
Nouveau
procédé
de fabricationdu
platinocyanure
debaryum
E platinocyanure de baryum, qui n’était qu’une
LE
curiosité de laboratoire, il y a quelques années,a pris une assez grande importance commerciale
depuis la découverte des rayons X. Il se présente généralement sous forme de petits cristaux verts de
formule Pt Cy4 Ba, 4 H20 possédant une fluorescence
remarquable et très caractéristique.
Le prix de ce sel est très élevé ; cela tient, d’une part, d la quantité de métal précieux qu’il contient
(environ 40 pour 100 de platine) et, d’autre part, aux manipulations longues et délicates qu’exige sa fabri-
tioii. 1 ne des méthodes les plus employées actuelle-
n1l’nl. pour le préparer, consiste à faire le platino-
cyanure du potassium pur et a passer ensnite au sel de baryum. A cet effet, un transforl11e de la
mousse de platine en chlorure platiniquc, puis en
chlorure platineux que l’on traite par le cyanure de potassium ; on obtient alors le platinocyanure de
potassium. La solution de ce sel une fois purifiée est
additionnée de sulfate de cuire, qui précipite le sel cuivrique correspondant ; le précipité gélatineux, bien lavé, est traité par l’eau de baryte et, par double dé-
composition, il se forme du platinocyanure de baryum
et de l’oxj-de de cuivre. L’excès de baryte est enlevé
par le gaz carbonique et, après filtration, on obtient
une solution de platinocyanure de baryum que l’on
purifie. Les traces de cuivre qu’il contient encore sont
difficiles à éliminer entièrement, et ce n’est qu’après
de nombreuses purifications qu’on arrive a faire dis-
paraitre complètement cette impureté. Le sel obtenu ainsi est peu soluble dans l’eau froide, assez soluble
dans l’eau chaude et cristallise très facilement par refroidissement. Fait remarquable, ce sel, qui est
fortement coloré, a une solution absolument incolore
lorsqu’il est pur.
1. Séance du il avril 1904.
Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/radium:019040010702001
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A la suite de, recherches que M. A. Brochet et moi
avons faites sur la dissolution de, métaux dans le
cyanure sous l’action du courant alternatif1, nous
avons remarque que le platine se dis...oh ait dans les cyanures lorsqu’on emploie ce métal comme électrode,
ce qui est d’autant plus curieux que, dans l’électro-
lyse par courant continu, le platine comme anode y est totalenlent insoluble.
Le premier sel que nous avions ainsi préparé a été
le platinocyanure de potassium obtenu directement en
partant du platine et de la solution de cyanure de
potassium. Sous l’action du courant, le liquide
s’échauffe et donne, par refroidissement, des cristaux
qu’une seule cristallisation snffit à purifier.
Étant donnée cette propriété remarquable du cou-
rant alternatif vis-à-vis du platine et du cyanure de
potassium, nous avons essayé de faire le platino-
cyanure de baryum, qui présente beaucoup plus d’in-
térêt que le sel potassique. Nous avions constaté que la dissolution se faisait très bien et que l’on pouvait
ainsi obtenir directement le sel pur.
La réaction totale qui se passe est la suivante :
Pt+2BaCy2+2H2O=PtCy4Ba+Ba(OH)2+H2.
A la suite de cette étude théorique, nous avons
voulu voir si l’on pourrait préparer facilement, mêmc
en assez grande quantité, le sel par ce procédé ; tous
les essais que nous avions faits dans ce but, jusqu’à présent, nous ont donné pleine satisfaction.
Pour préparcr en grand le platinocy anure de bar-vum,
il faut avoir à sa disposition un courant alternatif
menant soit d’un secteur, soit d’une machine. Le cou- rant étant en général à 110 volts et colnme, pour
l’électrolyse, il laut moins de 6 volts, il est nécessaire
de mettre en tension anec l’appareil un rhéostat approprié (lampes, bobine de self, etc.). Il est plus économique d’abaisser la tension au moyen d’un transformateur.
Plus souvent on dispose de courant continu, c’est
le cas de beaucoup d’usines où il y a une dynamo
sercant à l’éclairage ; une transformation s’impose alors, car le courant continu ne donne absolument rien. Le dispositif le plus commode â employer comprend une petite commutatrice recueillant du con-
tinu à 110 volts, par exemple, et fournissant de l’al-
ternatif, dont la tension est abaissée au moyen d’un transforlnatelrr réglable. Aux bornes du secondaire de celui-ci, est monté l’appareil d’électrolyse relié à
un ampèremètre thermique.
L’appareil dans lequel b’eifectuc la dissolution élec-
trolytique du platine est très simple; il est formé par
un bocal de 1 litre environ fermé par un bouchon de caoutchouc au centre duquel se trouBe un tube pour 1. A. RROCHET et J. PETIT. Comptes rendus, 2 mai 1904.
1(’ dégagement de l’hydrogène produit. Les deux élec-
trodes sont des lames en platine pur de 10x5 centi- mètres soudées à deux tiges en platine également pur
qui servent al amener lr courant: ces tiges pénètrent
dans le bouchon et sont tiBées à un support.
Le bocal est enlp1i jusqu’aux deux tiers enB iron d’une solution de cyanure (lu baryum obtenu par neutralisa- tion de baryte an moyen d’acide cyanhydrique en
solution. Le titre en cyanure de baryum dépend iei-
demment de la quantité de platinocyanure que 1 On désire faire. Les lames de platine sont ensuite ajustée-
de telle façon qu’elles plongent entièrement dans
l’électrolyte.
L’appareil étant ainsi nlonté et les connexions
électriques bien établies, on peut envoyer un courant d’environ 20 ampères pour les dimensions indiquées
de lame et d’appareil. Ct’ qui correspond a une densité
de courant de 40 ampères par déciiiiét1-e carré. I’n abondant dégagement d’hydrogène se produit en même temps que les électrodes se dissolvent, et le liquide se
trouble à cause de la formation de carbonate de
baryum. L’appareil s’échauffe et, à un moment donné, le thermomètre placé dans celui-ci donne une tempé-
rature stationnaire qui reste constante pendant toute
la durée de l’électrolyse.
Lorsque l’on juge que l’on a suffisamment mis de
platine en dissolution, on arrête le courant, B itk le bocal et traite le liquide. Celui-ci contient te ptatino-
cyanure de baryum formé, de la baryte, du carbonate de baryum provenant de l’oxydation électrolytique du
cyanure avec formation d’ammoniaque et un excès de
cyanure de baryum non décomposé. Le liquide avec le précipité est traité il chaud par un courant de gaz
carbonique; la précipitation complète, on filtre, con-
centre et, par refroidissement, on a dll platinocyanure
de baryum cristallisé chimiquement pur. En effet, dans la préparation nous n’avons comme élément non
volatil que du baryum, lequel est entièrement élimi- nal)le par le gaz carbonique.
Dans une préparation de ce genre on obtient une
dissolution de 40 grammes de platiné en 8 heure..
soit une production de 100 grammes de piatino-
cyanure. La tension aux bornes de l’appareil est d en-
viron 5 Nolts pendant toute l’opération et l’intensité 20 alnpères. L’énergie maximum absorbée est d’envi-
l’on 800 watts-heure, ce qui fait que pour ta produc-
tion de 1 kilogramme de platinocyanure de baryum il
faut compter une dépense d’environ 10 kilowatts- heure. Cette dépense est insignifiante vis-à-vis du prix
du produit.
D après ce qui précède on Boit facilement que cette nouvelle méthode de préparation ne demande (pi une
surveillance très relative t’t des manipulations simples
pour arriver au stil pur. Toutes les opérations que
nécessitent les méthodes chimiques (filtrations, la- vages de précipité, cristallisation, t’tr. J entraînent
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nécessairement des pertes notables en même temps qu’elles demandent un temps assez grand.
Le poids de sel que l’on peut fabriquer par ce pro- cédé peut être quelconque ; étant donnée la rapidité
aBcc laqueHe on opère, on peut préparer pour ainsi dire n importe quelle quantité de sel pur en deux jours,
tandis que, par la méthode chimique indiquée au début
de cet article, il faudrait au moins un mois pour réaliser
la même production. Cette rapidité présente un avan- tage non négligeable au point de vue industriel si l’on
pense à la valeur du produit et à l’intérêt qu’il doit
donner le temps qu’il séjourne au laboratoire.
Nous espérons que, par sa simplicité, ce nouveau
mode de fabrication remplacera de lui-même le pro- cédé chimique et constituera de ce fait une des pre- mières applications vraiment sérieuses de l’électrolyse
par courant alternatif.
JOSEPH PETIT,
Sous-chef du laboratoire d’électrochimie.
à l’école de Physique et de Chimie industrielles.
CORRESPONDANCE
La Rédaction n’est pas responsable des opinions exprimées par ses Correspondants. Toute communi- cation anonyme n’est pas insérée dans ces colonnes.
Sur les rayons N.
De très nombreux travaux ont été présentés depuis quelque temps sur les rayons N, et la complexité des phénomènes
observés obscurcit tellement la question que l’on s’égare, le plus souvent, au milieu d’une série de faits entre lesquels
aucune liaison ne paraît exister. Essayons cependant de nous
faire une idée sur l’ensemble de ces travaux.
M. Jean Becquerel vient de débuter dans ce genre de re- cherches par une découverte des plus surprenantes. On sait que M. Edouard Meyer avait trouvé que le rayonnement des v égétaux est diminué en grande partie par la vapeur de chloroforme. M. Becquerel a retrouvé une action analogue
sur les sources inorganiques des rayons N. Un courant d’air
chargé de vapeurs de chloroforme, d’éther ou de protoxyde d’azote, provoque d’abord une augmentation énorme de leur émission, puis cette émission diminue progressivement.
Elle reparaît avec un courant d’air pur. Le cuivre, l’alumi- nium, le quartz, qui transmettent ces radiations, devien-
nent opaques sous l’influence des anesthésiques2. Le bois, le carton, le verre, ne sont pas influencés; ce qui permet à M. Becquerel d’expliquer pourquoi les larmes
bataviques se comportent comme si elles n’étaient pas anesthésiées : cette anesthésie n’atteignant que la surface, les rayons qui prennent naissance dans la masse peuvent sortir à travers cette surface restée transparente.
Comme l’avait déjà remarqué M. Charpentier, la transmis- sion dans les métaux parait être un phénomène plus coin- plexe que celui de la transmission de la lumière dans une
tige de verre. Les réBexions multiples ne semblent pas en effet expliquer les retards observés. M. Becquerel pense que l’on pourrait attribuer l’origine des rayons N à des mou-
veements moléculaires s (les longueurs d’onde observés par )1. Blondlot étant sensiblement entre elles dans des rap- purts simples) et considérer pour leur transmission deux modes d’énergie : l’un semblable aux ondes lumineuses et
1. CR., 9 mai 1904, p. 1159. - 2. CR., 6 juin 1904, p. i41j. - 5. CR., 50 mai 1904, p. 1552.
se propageant avec la méme vitesse, l’autre se pro
pageant lentement de proche en proche. Ce dernier serait seul capable de se caractériser à la sortie comme
rayon N ou N1 et serait arrêté à la surface des métaux anesthésiés 1.
La vapeur de chloroforme émet des rayons N1. Dans les conditions où s’était placé M. Becquerel, cette émission
était négligeable. Cependant, pour éviter cette objection,
M. Julien Meyer2 a étudié l’action des anesthésiques sur les
sources de rayons N1. Un fil de cuivre tendu dans la vapeur de chloroforme ne provoque aucun changement dans
l’éclat de l’écran détecteur; les ampoules de lampes à in- candescence, sources puissantes de rayons Ni sont de même
anesthésiées.
MM. Jean Becquerel et A. Broca 3 ont également étudié
l’action des anesthésiques sur l’émission du cerveau et sur
l’émission des centres de la moelle épinière décrits par MM. Broca et Zimmern4. Au début, l’émission cervicale
augmente considérablement comme pour les sources inorga- niques, puis décroît et fait place à des rayons N1. L’émission
des centres de la moelle, moins sensible, ne donne de
ravons N1 que tard et le sujet est alors en danger. Après
la mort, on retrouve des rayons N pendant un temps
relativement long qui peut atteindre près d’une demi-
heure.
M. A. Charpentier 5 a pu également constater un cas
d’émisssin de rayons N après la mort, sur des momies de
grenouilles mortes à la suite d’intoxication par le curare.
Cette émission a duré plusieurs mois.
Continuant ses recherches au sujet des actions électives de certains centres sur des écrans à base de toxiques ayant
une affinité particulière pour ces centres ou à base d’ex- traits d’organes, M. Charpentier6 trouve que les centres ol- factifs et visuels jouissent de propriétés analogues. Une
tache de sulfure faite sur une tablette de camphre ou sur
du papier noir recouvrant une petite lampe à incandescence sous-voltée brille plus devant les centres correspondants que partout ailleurs. Il en conclut que les centres sensoriels sont spécifiquement différents, et qu’il y a adaptation et
certaines propriétés communes entre les agents excitants et
leurs organes percepteurs.
1. CR., 6 juin 1904, p. 1415. - 2. CR., 50 mai 1904, p. 1335. - 5. CR., 24 mai 1904, p. 1280. - 4. CR., 16 mai 1904, p. 1 269. - 5. CR., 50 mai 1904, p. 1351. - 6. CR.,
24 mai 1904, p. 1282. -